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5o/ DÉVELOPPEMENT DES OISEAUX.

de sang”passait dans le ventricule par les deux canaux du canal auriculaire peu à peu divisé par une cloison ; il le fait encore maintenant, puisqu'il coule dans les deux ouvertures veineuses des deux ventricules, qui ont reçu le canal auricuaire, et que les sacs veineux ne sont, comme l’étaient d’abord les appendices auriculaires du cœur, que des dilatations latérales de ce courant.

Je n'ai parlé que d'une veine cave, et il est parfaitement clair, pendant la seconde période, qu'il n'arrive au cœur qu'un seul tronc veineux, qui, avant d'y pénétrer, reçoit des deux côtés les veines caves antérieures, comme autant de branches ; chaque veine cave antérieure est composée des veines jugulaire, brachiale et intercostales de son côté. Cette disposition change actuellement, en ce sens seulement que le petit tronc commun de la veine cave paraît de plus en plus court; au huitième et au neuvième jour, il n’y a plus qu'un orifice commun ; mais plus tard encore les deux orifices se séparent l'un de l’autre.

19° Le bulbe aortique avait, dès le septième jour, la forme d’un large tronc vasculaire, quelquefois déjà sillonné, plutôt que celle d’un bulbe : aujourd'hui on le trouve profondément sillonné, et paraissant divisé en quatre canaux par les sillons. En y regardant de près, on trouve que les trois canaux du côté droit se réunissent en un tronc commun court, et que le canal du côté gauche a encore une branche supérieure et cachée, à droite. Ce sont là les deux troncs principaux qu’au septième jour déjà on voyait séparés dans l’intérieur du bulbe aortique , et qui maintenant sont devenus visibles aussi à l'extérieur et fort courts ; leur ancienne réunion antérieure à complétement cessé. L'un de ces courans princlpaux vient du ventribule gauche : à son origine il se trouve plus en dessus, de sorte qu'en regardant par la face inférieure il est couvert par l'autre ; ils se partage en deux troncs, qui sont les artères innominées, entre lesquelles passe l'æso: phage, et en un troisième arc, qui se porte au côté droit, derrière le tronc innominé de droite. Le second courant principal vient du ventricule droit; à son origine il est placé plus en dessous, mais en même temps dirigé vers la gauche, et il se

DÉVELOPPEMENT DÉS OISEAUX. 305 partage en deux canaux, dont l’un, situé en dessous, marche vers la gauche, le long du tronc innominé gauche, tandis que l’autre, placé à droite et en haut, passe au dessus des arcs vasculaires qui du premier tronc principal se rendent vers ce Côté.

La brièveté des troncs communs est frappante. La métamorphose des arcs vasculaires est maintenant parvenue à un degré qui permet de concevoir le passage de la première forme à la distribution ultérieure des vaisseaux. Nous avions d’abord un canal simple, qui sortait de l'oreillette du cœur, et se partageait en cinq paires d’arcs naissant à la suite les uns des autres ; tous les arcs d’un côté se réunissaient en une racine de l'aorte, et les deux racines produisaient ensemble le tronc de l’aorte. Dans cinq arcs, nous avons vu disparaître d’abord l'antérieur, puis le second ; il n’en restait donc que trois au cinquième jour, et la racine de l’aorte semblait s’être convertie, en tant du moins qu'elle appartient aux deux premiers arcs, en tronc de l'artère carotide. Cependant l’origine de l'aorte s’est épaissie ; elle contient, en effet, deux courans, qui se séparent d’autant plus, que la séparation des venticules devient plus complète, mais qui, pendant un certain laps de temps encore, se réunissent ensemble en avant ; l’un sort du ventricule gauche , et se dirige vers les troisièmes arcs primitifs des deux côtés et vers le quatrième du côté droit ; l'autre va du ventricule droit au quatrième are de gauche et au cinquième de droite , attendu que le cinquième de gauche disparaît, et qu'en même temps les arcs quittent la cavité gutturale pour se reporter en arrière. Enfin, à l’époque où nous sommes parvenus, les deux courans sont distincts l’un de l'autre, même à l'extérieur ; l'aorte naît encore de deux racines, qui sont proportionnellement plus courtes qu'elles ne l'étaient auparavant ; la droite est alimentée par les troisième, quatrième et cinquième arcs de son côté , et la gauche, qui est plus petite, par les troisième et quatrième de gauche. L’aorte reçoit donc encore le sang des deux ventricules, c'est-à-dire que chaque racine reçoit un arc du ventricule droit, mais qu’en outre la droite en reçoit deux da gauche, et la gauche un seulement, Le cinquième arc du côté droit a un peu changé

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de situation , puisqu'il passe au dessus de l’origine de l'aorte provenant da ventricule gauche ; on peut attribuer ce changement à la direction du courant de sang qui sort du ventricule droit.

Les cinq arcs qui existent actuellement persistent désormais toujours, mais changent de signification. Les deux troisièmes Se converlissent encore, avec leur courant assez fort, en la racine de l'aorte de leur côté ; mais qu'on se figure ces passages devenant plus faibles, comme nous le dirons ailleurs, et la transition en artères carotide et brachiale plus forte, ce qui montre ces artères Comme ramifications immédiates des arcs, et ceux-ci auront tous les caractères des troncs innominés , auxquels nous les avons déjà rapportés. Le cinquième arc de droite et le quatrième de gauche envoient déjà de petites branches au petmon:, tandis que leur courant principal passe dans l'aorte; qu’on se figure les branches pulmonaires assez grosses pour constituer la continuation des ares, et le passage dans l'aorte s’affaiblissant de plus en plus, nous aurons avec ces deux arcs les deux artères pulmonaires envoyant chacune un canal de communication, où de Botal, à Faorte. Lorsque ce dernier conduit disparaît après l’éclosion , toute la partie de l’aorte qui naissait du ventricule droit se trouve convertie en artère pulmonaire. Pendant que toutes les autres transitions dans l'aorte s'affaiblissent, le quatrième arc du côté droit se fortifie de plus et plus, et avant l'éclosien du Poulet il forme la principale racine de l’aorte descendante ; peu après la naissance , il est la seule.

J'ai tracé par avance l'exposition qu’on vient de lire, afin de pouvoir dès à présent imposer aux diflérens arcs des noms corrélatifs au rôle qu'ils prennent peu à peu. Ainsi désormais les premiers arcs de la période actuelle , qui étaient primitivement les troisièmes, s’appelleront les troncs innominés, ou mieux les troncs artériels antérieurs ; les postérieurs, c’està-dire le cinquième de droite et le quatrième de gauche, de la formation primitive, seront les artères pulmonaires ; enfin l'avant-dernier arc de droite sera l’aorte descendante ou le tronc artériel anse

Les deux corps qu'on a appelés tantôt la thyroïde et tantôt

le thymus de l'Oiseau, reçoivent des branches de l'artère carctide, au point d'origine de laquelle ils sont situés ; ils ont des connexions plus intimes encore avec la veine jugulaire, et

semblent résulter d'un assemblage de vaisseaux ramifiés et

entortillés.

18° À la moelle épmière, les renflemens d’où naissent les nerfs des membres grossissent. Aux époques précédentes, cette moelle paraissait être épaissie dans toute l'étendue du tronc ($ 402 , 20°); maintenant elle diminue de calibre proportionne! dans le milieu , et les renflemens antérieur et postérieur s’écartent l’un de l’autre ; du reste, l'entrée de chaque nerf à son petit renflement spécial. Les lames de la moelle épinière s'écartent manifestement l’une de l'autre, surtout au cou; les cordons inférieurs sont beaucoup plus forts que les supérieurs à la sortie des nerfs destinés aux membres. |

19° La forme générale du cerveau change beaucoup pendant ces trois jours. Les tubercules quadrijumeaux , Qui crois. saient déjà moins au septième jour, restent tellement en arrière , sous le point de vue du développement, qu'ils semblent S’aflaisser, et cela d'autant plus que, dans leur accroissement limité , ils n’acquièrent ni plus de hauteur ni plus de largeur. Le développement le plus considérable a lieu maintenant dans les hémisphères du cerveau, qui deviennent convexes de tous les côtés , mais s’allongent surtout vers les tubercules quadrijumeaux. Comme il résulte de là que là vésicule du troisième ventricule , dont le développement était déjà resté fort en arrière au sixième et au septième jours, se trouve presque entièrement recouverte, si l’on examine le Cerveau de haut en bas , ou par sa convexité, On n’aperçoit presque plus que les tubercules quadrijumeaux et le cerveau proprement dit, devenu fort considérable ; entre ces deux parties règne une fente transversale profonde, et encore assez large , au fond de laquelle on trouve la vésicule du troisième ventricule, avec sa voûte ouverte et déprimée. Derrière les tubercules quadrijumeaux ; paraît le cervelet, avec un corps moyen bien prononcé. Mais le changement le plus essentiel consiste en ce

qu'on voit presque partout se développer des fibres, qui se réunissent pour la plupart en faisceaux épais.

À mesure que le cerveau proprement dit croît, sa forme extérieure change , mais surtout celle de ses parties intérieures. La partie que nous avons comparée à la voûte à quatre piliers des Mammifères, n’est presque plus reconnaissable au huitième jour ; l’affaissement médian devient plus profond ; mais comme en même temps les corps striés croissent beaucoup, surtout en arrière , les piliers postérieurs de la voüte se trouvent fortement soulevés et écartés l’un de l’autre, d'où il suit que la ligne médiane de la voûte se place de plus en plus perpendiculairement par rapport à la base du cerveau proprement dit. L'affaissement médian, qui résulte de deux feuillets de plus en plus rapprochés l’un de l’autre, et qui atteint jusqu’à la ligne médiane de la voûte , est donc déjà bien évidemment la partie. du cerveau de l'Oiseau qu'on appelle la cloison rayonnée. Les ventricules latéraux se rétrécissent ; on trouve des fibres entrecroisées vers la base du cerveau.

Comme la ligne médiane de l’ancienne voüte, ou le bord inférieur de la future cloison, se place plus perpendiculairement, et que les piliers postérieurs sont repoussés vers le haut et écartés l’un de l’autre , le passage de la cavité du cerveau dans le troisième ventricule se trouve agrandi, et comme Île troisième ventricule est ouvert au sommet, le cerveau a là une issue médiate, qui existait déjà au septième et au sixième jours, même plus tôt. Mais, à cette époque, le cerveau n'avait point d'autre issue immédiate, de sorte que les ventricules latéraux ne communiquaient qu'avec la cavité médiate traversant tout l’encéphale. Au huitième jour, et au commencement du neuvième, les ventricules cérébraux sont encore clos de toutes parts; mais, au dixième, le passage de la cloison à la calotte de chaque ventricule m'a paru offrir , avec quelque précaution que j'enlevasse les membranes cérébrales, une solution de continuité, entourée de rebords aigus.

En même temps que le cerveau proprement dit et la vésicule du quatrième ventricule se rapprochent l'un de l'autre, Jes couches optiques grossissent ets’élèvent considérablement,

On en voit sortir une bandelette saillante et large , qui marche de dedans en dehors et de haut en bas, en contournant les cuisses du cerveau , prend une structure manifestement fibreuse , s’unit à celle du côté opposé, la croise en partie, etse continue avec les nerfs optiques. C’est donc la bandelette optique, qui met ces nerfs en connexion avec la couche optique et la moitié des tubercules quadrijumeaux de chaque côté. Antérieurement, en effet, cette dernière moitié surtout était fort éloignée des nerfs optiques, et n’y paraissait tenir que par des parties étrangères; mais maintenant les tubercules quadrijumeaux sont appliqués immédiatement aux nerfs optiques. Cependant la bandelette optique n’est point une partie de nouvelle formation; elle doit naissance au développement de la paroi externe dela base du cerveau, et je crois avoir aperçu , dès le septième jour, une petite élévation qui l'indiquait.

Le fond du troisième ventricule conduit dans l’entonnoir. La glande pituitaire est plus sensiblement séparée de ce dernier, et embrassée d'une manière plus étroite par une fossette du sphénoïide en train de se produire. La fosse optique se remplit aussi peu à peu, et l’on n’aperçoit plus d'entrées dans les nerfs optiques. Pour concevoir comment la décussation se produit sans que lesnerfs subissent jamais aucun changement à leur origine ni à leur fin, il faut se rappeler l’état des choses au quatrième et au cinquième jour. Chaque nerf a alors son entrée creuse particulière dans la paroi latérale d’une fosse infundibuliforme : qu'on imagine maintenant que chacun d'eux s’allonge, en sortant de plus en plus du cerveau , et qu'on se représente cette exsertion s’effeciuant d’une manière purement mécanique, comme elle pourrait se faire d’une pâte molle et visqueuse , une portion de plus en plus considérable de la paroi de la fosse optique commune se convertira en la substance des nerfs , de manière que le sommet de Ja fosse des deux nerfs finira par devenir commun , que les deux entrées creuses se réuniront au dessus, et que les sommets seront alors le lieu de l’entrecroisement. Si maintenant les fibres sont devenues apparentes sur ces entrefaites , ‘elles se réuniront des deux côtés sur ce point : au quatrième et au

cinquième jour, on ne distingue point encore de fibres , et il semble que le nerf optique vienne de toute la paroi du troisième ventricule ; qu'on se figure alors la périphérie du passage de l’une à l’autre assez étendue ( quoiqu'elle ne soit réellement indiquée par rien ), non seulement une partie de la paroi droite du troisième ventricule , mais encore une peüée partie de la paroi gauche voisine servent d'origine au nerf | optique du côté droit, et il ne peut point être surprenant que plus tard, quand les fibres seront bien dessinées, chaque nerf optique vienne des deux côtés. Mais cette ex position semble prouver que les nerfs sensoriels sortent du cerveau, ce qui est parfaitement clair pour la première formation.

La calotte du troisième ventricule se plisse, par le rapprochement du cerveau proprement dit et des tubercules quadrijumeaux. La partie postérieure de cette calotte, qui n’avait pas d'ouverture , se plisse bien un peu aussi, mais elle ne s'élève pas, et acquiert seulement plus d'épaisseur, à cause des plis qui s'y forment ; elle a déjà très-distinctement, au dixième jour, le caractère de la commissure postérieure. Au dessous d'elle se”trouve un canal, que j'appellerai l’aquéduc antérieur ; c’est la partie postérieure de la vésicule du troisième veniricule, qui ne formait originairement qu’un tout, mais qui s’est ensuite partagée en deux segmens , l’un antérieur, l’autre postérieur. La portion de la calotte qui part immédiatement des couches optiques, et qui est en partie ouverte , s’élève et se plisse, non pas tant par l'effet du rapprochement du cerveau et des tubercules quadrijumeaux , quine se touchent point encore en dessous, qu’à ce qu’il paraît par le fléchissement des cuisses elles-mêmes du cerveau et le rapprochement des parties situées à la base de l'encéphale.

Les tuberculés quadrijumeaux sont les parties dont l’apparence change le plus. Les plis que nous avons décrits au sepaième jour, augmentent le huitième ; en même temps, l’affaissement médian devient plas large. Si l’on ouvre à cette époque une moitié des tubercules quadrijumeaux , on voit une cavité latérale se ramifer entre les plis; ceux-ci occupent la partie antérieure des tubercules quadrijumeaux , et laissent en arrière une petite partie lisse ; c’est là tout ce que j'ai vu

de la division des tubercules quadrijumeaux en pairé antérieure et paire postérieure , dont Serres fait mention. Au neuvième jour les plis commencent à se souder ensemble , et au dixième jour on n’aperçoit presque , de chaque côté, qu’une cavité simple, à parois épaisses, qui communique avec sa congénère , au dessus de l’affaissement médian, dont la largeur va toujours en augmentant. Les tubercules quadrijumeaux consistent donc en deux vésicules, qui se rejettent de plus en plus sur les côtés, et qui sont unies ensemble par un large canal. Ce canal, qu’en peut appeler aquéduc moyen, se continue en devant avec l’aquéduc antérieur, en arrière avec le postérieur, et n'est maintenant qu'un peu plus large que ces deux là; sa calotte est fort mince en arrière. Dans l’intériéur des tubercules quadrijumeaux, la cuisse du cerveau qui les traverse s’infléchit de bas en haut, et c’est là sans doute ce qui les raccourcit; vu en dedans, cette flexion a quelque analogie avec un ganpglion cérébral; mais maintenant elle n’est point encore à beaucoup près aussi libre que les ganplions internes des tubercules quadrijumeaux le sont chez les animaux vertébrés inférieurs.

Le cervelet croît rapidement, après que les deux lames se sont réunies. Au devant de la réunion, on aperçoit, vers la fin du septième jeur, au lieu du feuillet simple , un feuillet doublé par plissement et crénelure, rarement un triple pli. . Au dixième jour, le ver se voit déjà très-bien; car le milieu de l’adhérence acquiert de l'épaisseur. Quoiqu’on n'aperçoive pas de pont de Varole en dessous, les cuisses du cerveau sont cependant fort épaissies sous le cervelet.

Le quatrième ventricule change beaucoup d'aspect. Les inflexions des cuisses du cerveau deviennent de plus en plus prononcées, en sorte que le quatrième ventricule se cache aussi de plus en plus sous le cervelet. Il ne se continue pas immédiatement, en arrière, avec la fente de la moelle épinière ; car non seulement les lames de celle-ci sont soudées sur ce point, mais même leur union forme une saillie, qui ressemble au cervelet, quoique étant beaucoup plus petite.

Tous les prolongemens de la duremère, la faux, la tente, etc, sont fortement développés. Mais ce qu’il y a,de remarqua-

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312 DÉVELOPPEMENT DES OISTAUX.

ble, c'est que le crâne a encore presque la consistance d'une membrane : le sphénoïde, l'occipital et les alentours de l'oreille interne sont les seules régions qui aient un peu plus de solidité. A la colonne vertébrale , les vertèbres sont annu- Jaires, le corps dépassant très-peu les arcs sous le rapport de l'épaisseur; cependant la corde dorsale n'est plus aussi facile à extraire vers la fin de cette période, qu'elle l'était auparavant. La vertèbre entière est encore cartilagineuse. 20° Le volume des yeux est tel, qu’on pourrait presque le dire énorme. A eux deux ils font plus de la moitié de ja tête. Jusqu'au septième jour, l'œil était complétement découvert ; au huitième jour la peau forme tout autour de lui une bride presque circulaire ; le cercle est un peu allongé du côté interne, où il se produit, en dedans de la bride, un mince repli, qui est la membrane nictitante. La bride s'élève en forme de pli vers le milieu, plus cependant en haut et en bas que sur les côtés ; de là résulte peu à peu une ellipse, qui est encore assez large , au dixième jour, pour que la plus grande partie de l'œil reste à découvert. La sclérotique est encore fort mince. La choroïde a encore ‘une tache oblongue sans pigment, qui va en se rétrécissant depuis l'entrée du nerf optique jusqu’au bord, à quelque distance duquel elle cesse. Mais, plus en dehors, à la face interne du corps ciliaire, on voit de nouveau un trait blanc, qui cependant paraît exister à la face interne du corps ciliaire, et non dans son intérieur, et résulter d’un pli, duquel j'ai quelquefois extrait une masse coagulée par l'alcool, qui rappelle la campanula Halleri de l'œil des Poissons. A l'endroit dépourvu de pigment, la rétine forme un pli bien prononcé vers l'intérieur, et qui imprime sa trace dans le corps vitré. Le corps ciliaire croît, et il est couvert, à sa face postérieure, par une membrane mince, qui se sépare maintenant très-bien de la rétine et que j'ai déjà précédemment appelée la lame rayonnée ; elle paraît cesser à [a capsule cristalline , ou être adhérente avec elle; il est très-manifeste que la rétine se sépare de cette lame par une bride renversée et quelquefois crénelée. Vers la fin de cette période , l'iris paraît sous la forme d'un étroit anneau à l'ouverture de la choroïde : il est encore sans couleur.

21° Le canal nasal prend peu à peu une situation plus horizontale, attendu que le bec devient plus proéminent, mais surtout parce que, la mâchoire supérieure, après avoir atteint l'apophyse frontale, continue encore de s'étendre vers les parties voisines, et que depuis la pointe du bec jusqu’en arrière , il y a une portion de plus en plus considérable de ce dernier qui se soude avec elle, ce qui produit en même temps la cloison nasale. Par-là se forment donc les arcs palatins; en avant, ils s’adossent l’un à l’autre; en arrière, ils sont séparés par une scissure dans laquelle se prolongent les conduits nasaux ; vers la fin de cette période, ils commencent déjà à se cartilaginifier. Les cornets croissent de la surface de la fosse nasale vers le canal nasal.

22° Le conduit auditif externe est large et profond. La trompe d'Eustache n’est point tout-à-fait aussi ample qu'auparavant, mais elle n’est pas encore embrassée par le sphénoïide. Si on la fend, elle mène dans l'oreille interne. Celleci laisse apercevoir plusieurs parties que je ne puis déterminer, parce que je n’ai point suivi pas à pas leur développement. On voit entre autres une vésieule blanchâtre, entourée encore d’une masse molle, qui est probablement le vestibule. Les canaux demi-circulaires sont aussi hors du crâne à la fin de cette période.

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