acte, du développement d'un antagonisme dans la membrane proligère
(1) Meckel, Handbuch der Pabhologischen Anatomie , t1,p.94.
A° Mais, chez l'Oiseau , le feuillet séreux commence à acquérir une configuration dans sa partie centrale , pendant que le feuillet muqueux devient seulement plus transparent. De cette partie centrale , ou germinative , se développe la bandelette primitive , qui ne tarde pas à se diviser en corde spinale et en lames spinales ($ 398, 6°, 7°, 8°), et qui, de cette manière , non seulement devient la base du système central de la vie animale (le cerveau et la moelle épinière . le crâne et Ja colonne vertébrale), mais encore en représente la forme dans ses premiers linéamens. Ainsi ce qu’il y a de proprement animal est aussi ce qui apparaît le plus tôtchez l'animal, et la formation commence de suite par l'essentiel. Dans les végétaux parfaits , la radicule se développe d’abord , attendu que chez eux la racine, comme portion tellurique, est l’essentiel; en effet, elle persiste, dans beaucoup de plantes , tandis que la tige meurt annuellement. Ainsi, dans les deux règnes , là du moins où l'organisation est parvenue au plus haut degré, les parties caractéristiques sont aussi les premières de toutes à se développer.
2° Après que le feuillet séreux a produit ces diverses formations dans sa partie centrale , il continue de se développer vers la périphérie, et, la partie centrale du feuillet muqueux arrivant alors à prendre une confisuration, il forme les lames viscérales ( $ 399, 4°), qui sont la portion animale de la cavité du corps, c’est-à-dire la base des muscles, des os et de la peau des parois.
3° Pendant que le feuillet muqueux ne forme les premiers rudimens d’un organe , le canal digestif, que par plissement, c'est-à-dire par une limitation de ses parties centrale et périphérique , résultant d’une direction en sens inverse , le feuillet séreux produit déjà un organe réel et particulier dans l'axe de sa partie centrale. La centralisation, le refoulement de la masse sur elle-même, la coagulation, prédominent donc sur la ligne médiane. Si nous reconnaissons, dans ce feuillet , une tendance générale à la centralisation , la coagulation plus précoce qui en est le résultat peut dépendre en partie de ce que, l’albumine qui entre dans sa composition étant plus pure , il jouit d’une plus grande coagulabilité , de même que,
dans le cas d’un double embryotrophe, il n'est séparé du blanc que par la membrane vitelline déjà distendue , amincie et devenue plus transparente , tandis que le feuillet muqueux repose sur le jaune, qui est moins susceptible de se coaguler ; mais elle peut tenir aussi à ce qu'il se trouve immédiatement à la surface , et par conséquent plus exposé à l’action de Y'air extérieur , dont l'oxygène est apte à favoriser cette coagu- Jation.
4° Enfin le feuillet séreux se montre à nous comme l'expression de la tendance à l'individualité ; car sa portion persistante forme non seulement l'organe de l’individualité animale elle-même , le cerveau et la moelle épmière, mais encore la peau et la paroi du corps, c’est-à-dire les parties limitantes, enveloppantes, individualisantes , tandis que sa portion transitoire enveloppe immédiatement l'embryon, sous la forme d’amnios , et l'entoure d’une atmosphère de sérosité, absolument de même qu'une membrane séreuse enveloppe les organes principaux de la vie.
ARTICLE I
Du développement de la partie permanente du feuillet séreux.
6 419. En nous représentant le feuillet séreux comme un disque , tel qu’il est réellement d’abord, du moins chez les ovipares , et en reconnaissant que la partie interne ou centrale de ce disque est persistante, ou prend la forme d'embryon ($ 417, 6°, nous distinguons encore ici la partie centrale proprement dite , ou la première zône , la partie germinative, qui contient le centre, qui l’entoure immédiatement, et où se forme l'organe central du système nerveux ($ 419 -424), de la partie qui tient à celle-là , qui se développe en périphérie animale de lembryon, et que nous appellerons la seconde zône, la partie excentrique du feuillet séreux (8 425-434).
I, Partie centrale du feuillet séreux.
Lorsque l’organe central de la sensibilité s’étend le long du corps, nous distinguons , dans ce dernier, deux côtés opposés;
l'un où se trouve cet organe central, et l'autre qui contient la cavité pour les différens viscères., La désignation de ces deux côtés par les épithètes de haut et de bas, ne convient pas partout , attendu que les rapports de l'organe central avec les dimensions varient suivant la situation du corps et de ses diverses régions; que, par exemple, il est en bas chez les animaux sans vertèbres , que, chez les Oiseaux, il est en haut au tronc et en arrière au col, qu’enfin chez l'homme il est en arrière au tronc et en haut à la tête. Les épithètes mêmes de côté ventral et côté dorsal semblent également de nature à introduire une sorte de confusion, parce qu’elles sont tirées de segmens déterminés du corps. Cependant, comme il faut déterminer les rapports de situation de tous les organes d'après cet antagonisme , et que, les noms étant indiflérens en eux-mêmes , il s’agit seulement d'en trouver qui ne puissent donner lieu à aucun malentendu , nous prendrons le parti, quand il sera question de l'embryon animal considéré dans sa totalité , de donner à ces deux côtés les épithètes de viscéral et spinal , et par conséquent aussi d'appeler , pour abréger , cordons viscéraux , ceux de l'organe central de la sensibilité qui sont le plus rapprochés de la cavité viscérale, et cordons spinaur, ceux qui sont tournés vers la surface libre , notamment vers les apophyses épineuses.
Maintenant, quant à ce qui concerne la formation de l’organe central de la sensibilité :
e La bandelette primitive ne la précède que de quelques heures chez les Oiseaux (8 398, 6°). Après qu'elle a disparu, on aperçoit les rudimens de la colonne vertébrale , représentés par la corde dorsale et les lames spinales ($ 398, 7°, 8°), qu’on à trouvées aussi dans les Poissons, les Batraciens et les Mammifères. Or on a de la peine à croire que le rudiment du squelette soit ce qui arrive en premier lieu à la vie ; nous devons plutôt présumer , d'après les observations indiquées précédemment ($ 399, 3°), que la bandelette primitive se partage en substance sensible et enveloppe de cette substance , que par conséquent cette substance et son enveloppe apparaissent simultanément, par l'effet d'un même acte, mais que la substance sensible est encore à cette époque un liquide transpa-
rent, tandis que les parties destinées à produire les parois se sont déjà coagulées, en vertu de leur prédisposition à acquérir un plus haut degré de cohérence. D'après cela, le rudiment de l'organe central de la sensibilité et de ses enveloppes, qui est ce qu'il y a de plus essentiel dans l'embryon, serait aussi ce qui se manifeste en premier lieu. En cas d’anomalie, une colonne vertébrale peut se former chez l'embryon humain, tandis que l'organe central de la sensibilité continue de demeurer à l’état liquide, et n’acquiert ni solidité ni forme fixe (1).
2° Chez les animaux vertébrés, la masse centrale du système sensible se développe à la face externe du feuillet séreux ; par conséquent à l'opposé du jaune et du côté’viscéral futur. "à Suivant Rathke, le cordon ganglionnaire de l'Ecrevisse naît, EE ,, au contraire , à la face interne , celle qui est tournée vers le Pr #7 + + Plaune. Peut-être devons-nous voir dans cette particularité une | 0. preuve de la différence fondamentale entre les animaux ver- Î tébrés et les animaux sans vertèbres, consistant en ce que, | chez ces derniers, l'organe central de la sensibilité n’a pas
le pouvoir de se détacher complétement du côté teliurique de
l'œuf, du jaune et de la cavité viscérale.
3° L'organe central de la sensibilité existe d’abord, chez
les animaux vertébrés, sous la forme d’un liquide renfermé Ro dans son enveloppe, du sein duquel se précipite ensuite , de parue la périphérie vers le centre, une substance solide, qui con- 4 siste en granulations opaques , unies par une masse visqueuse | et transparente , et qui, après être demeurée pendant quelque temps accolée à l'enveloppe , s'en détache peu à peu. Les amas de sérosité dans le cerveau et la moelle épinière d’enfans nouveau-nés, chez lesquels ces organes sont réduits à de minces lamelles , doivent être considérés , du moins en 1% partie , comme un arrêt anormal à ce degré de formation (2). #22 Du reste, la coagulation dont il s'agit ici a lieu avant qu'il existe encore de vaisseaux (S 399, 3°, 8° ). L'organe central de la sensibilité se forme donc immédiatement de l'embryo- 7, trophe, et ne reçoit que plus tard du sang apportant les mal. Fa (@) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie RER LE | (2) Meckel , Loc, cit, t, XL, p, 260.
tériaux de son développement ultérieur. Il suit de là que nous ne devons considérer ni le cerveau comme un produitsdes vaisseaux, ni l’acéphalie comme l'effet de l'absence du cœur et des vaisseaux cérébraux (4). La substance sensible est d'abord un. liquide pur, puis un liquide mêlé de granulations , et que ceux-ci, er se multipliant , font passer peu à peu à l'état solide ; plus tard , après le troisième mois , chez l'em- ‘bryon humain, cette substance se sépare en deux autres substances . l’une fibreuse ou médullaire,, dont les fibres ne tardent pas, surtout après l'immersion dans l'alcool , à devenir beaucoup plus prononcées que chez l'adulte, l'autre sans fibres,
ou ganglionnaire , qui consiste en amas de globules pressés les uns contre les autres. A ‘une époque plus reculée en-
core, se manifeste aussi une légère différence de couleur, la .’,*
substance médullaire paraissant plus blanche, et la médul- e
lire plus rougeatre ; cette dernière teinte se montre surtout:
dans le noyau ganglionnaire de l'organe central de la sensi- ;
bilité; on laperçoit moins, on ne la distingue même pas du tout, à la surface du cerveau , ou dans l'écorce.
ss A | CHERE HAT LÉ #
A° La membrane plastique de l'organe central de la sensipiasuiq ÿ
bilité paraîtse diviser à sa surface, et se fendre peu à peu en
pie-mère et arachnoïde ; car on ne distingue point d’abord :
cette dernière dans l'embryon humain ; mais elle ne tarde pas à devenir plus épaisse, plus humide et plus opaque que chez les adultes; la pie-mère est aussi plus développée et plus riche en vaisseaux , et les plexus choroïdes, qui ne se forment qu'au bout de quelque temps, sont, proportion gardée, plus volumineux que chez l'adulte.
5° La partie qui se développe la première est le système .: Â. longitudinal de l'organe central de la sensibilité, par consé-
quent la moelle épinière et le tronc cérébral, avec ses premiers ganglions. Ce système semble aussi se produire dans
toute sa longueur à la fois, et non sur un point seulement, : auquel s’ajouterait, par un accroissement successif, ce qui
serait nécessaire pour le compléter. La corde spinale ne dé-°”°, bute pas par un petit point, qui prendrait ensuite du déve-
(4) Tiedemann, Aaatomie der kopflosen Missgeburten, p. 94,
loppement ; elle naît tout à coup , de même que la bandeletté prunitive ($ 398, 6°), dans une étendue d’une ligne et demie, et avec une extrémité renflée en manière de bouton, qui est le rudiment de la tête ($ 395, 8°), tout comme aussi la paroi de la tête forme dès l'origine une cavité dilatée (S 399, 3°). Nous ne pouvons donc point admettre que le cerveau soit une
+ éflorescence de la moelle épinière, et il faut reconnaître que
que tous deux naissent simultanément, par l'effet d'un antagonisme dans la direction longitudinale. Les monstres acéphales et hémicéphales, chez lesquels la moelle épinière existe et le cerveau manque, ne sont point un argument qu'on puisse faire valoir pour prouver que ce dernier se
à. développe plus tard ; car on trouve aussi, chez les monstres,
des membres inférieurs sans membres supérieurs, des os pelviens sans côtes, des organes urinaires et génitaux sans cœur, un intestin grêle sans œsophage, un foie sans cerveau, et, quoique tous ces organes se forment plus tard que ceux qui manquent, nous ne voyons point, dans l'état normal, que l'accroissement parte du bas-ventre, pour s'étendre peu à peu vers la tête, et nous ne pouvons considérer ces monstruosités que comme de simples arrêts de développement (4). Mais comme la moelle épinière est presque exclusivement constituée par le système longitudinal, qui ne fait , au contraire , que la base ou le fond du cerveau, la première doit avoir d’abord la prépondérance, et se rapprocher plus tôt du terme de son développement complet , tout comme elle précède le cerveau sous le point de vue de la solidification, de l'acquisition des fibres, et de la distinction de sa masse en
- ‘substances grise et blanche. Ce n'est que quand le système
er
de renforcement s'ajoute peu à peu au tronc central, que le
cerveau acquiert la prédominance. En effet, si nous prenons pour unité la masse de la moelle épinière, celle du cerveau péut être évalué à dix-huit dans l'embryon humain de trois mois, àsoixante-trois dans celui de cinq mois, à cent sept dans celui de dix mois, à quarante chez l'adulte (2).
(4) Voyez Isid. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire des {anomalies de l’organisation chez homme et les animaux , Paris, 4836, 3 vol. in-8 , fig. (2) Meckel, Manuel d’anal., t, I, p. 706.
Go Il résulte des recherches de Bacr que, comme l’admet-
tait Carus (1), la forme de l'organe central de la sensibilité est :; $ \
celle d’une cavité; que par conséquent la moelle épinière est
tubuleuse ($ 399, 8&), etle cerveau vésiculeux ($ 400, 25°), de --
telle sorte cependant que les parties latérales sont plus développées et plus épaisses , que leur réunion sur la ligne médiane ne représente qu’un feuillet extrêmement mince. Ces observations ont été faites avec tant d’exactitude, et à une époque si rapprochée de l'origine , que nous pouvons avoir pleine et entière confiance en elles. Elles s'accordent d'ailleurs parfaitement avec ce que j'ai vu sur des embryons humains de six semaines. Nous devons donc rejeter l'opinion qui représente
l'organe central de la sensibilité comme originairement formé |
de deux moitiés latérales complétement séparées (2). 7° Mais bientôt le développement latéral devient prédomi-
nant, avec une différence entre les cordons situés vers le côté” * "|
viscéral et le côté spinal. Ceux du côté viscéral, qui, chez
l'homme, sont placés en avant à la moelle épinière, et en *>
dessous au cerveau, se développent de meilleure heure ($ 401,
20°) : c’est en eux aussi que les fibres commencent à paraître
à la moelle épinière de l'embryon humain (3); ce sont eux
qui se développent les premiers au cerveau, de sorte qu'ici |
la formation marche de la base vers la voûte ou la calotte. Leur réunion sur la ligne médiane est déjà plus forte dès l'o-
rigine que celle des autres cordons ($ 399, 8°), et elle per
siste.
S° Les cordons situés du côté spinal (chez l’homme, en arrière à la moelle épinière , et en dessus au cerveau) se
développent plus lentement, et le plus grand accroissement ME qu'ils prennent en largeur fait disparaître leur réunion sur :
la ligne médiane, de manière qu'il s'opère là une scission. Dès-lors la moelle épinière ne représente plus un tube, mais une gouttière ouverte du côté spinal, et tapissée par la piemère; gouttière dont le fond est formé par les cordons viscé-
(4) Fersuch einer Darstellung des Nervensystems , p. 248, (2) Meckel, Deutsches Archiv , t. 1, p. 334-344, (3) Tiedemann , Analomie dy cerveau , p, 427.
raux , tandis que les parois latérales le sont par les cordons spinaux. C’est qui a lieu dans l'embryon du Poulet, depuis le quatrième jour ($ 401, 20°) jusqu'au dixième ($ 404, 18%
et, dans celui de l'homme, depuis environ la fin du second
mois jusqu'au cinquième ; la scissure qu'on observe quelque-
77e . #ois , chez les eafans, à la face postérieure de la moelle épi-
nière, doit être considérée comme un arrêt à ce dégré de développement. On observe aussi, à la partie supérieure du cerveau, une scissure qui, d’après Serres, commence au troisième jour dans le Poulet, et pendant la sixième semaine chez l'embryon humain (1), de sorte que le cerveau représente en quelque sorte une gouttière , à l'instar de la moelle épinière.
Ce n'est qu'en grossissant du côté spinal que les cordons spinaux de la moelle épinière se rapprochent l’an de l’autre, finissent par se toucher sur la ligne médiane , et s’y soudent ensemble; de sorte que la gouttière, après S'être rétrécie peu à peu, devient un canal logé entre les deux paires de cordons, qu'on suit au sixième mois, ou même plus tôt encore, chez l'embryon humain. Les parois latérales de la gouttière que le cerveau représente pendant un certain laps de temps, s’infléchissent également de plus en plus l’une vers l’autre , jusqu'à ce qu'enfin elles arrivent à se toucher ; alors elles se soudent, de meilleure heure toutefois sur quelques points que sur d’autres, et forment ainsi les ventricules cérébraux; mais ici la soudure part tantôt des cordons viscéraux (tubercules quadrijumeaux), tantôt des cordons spinaux (cervelet), tantôt enfin du système de renfoncement (corps calleux, voûte à trois piliers et cloison transparente).
9 L’organe central de la sensibilité est d’abord la paroi mince et lamelleuse d’une cavité spacieuse ou d'une gouttière. Mais comme la membrane plastique s’accolle à sa face interne et à s1 face externe, et que des vaisseaux viennent S'v Joindre , elle augmente peu à peu d'épaisseur, tant en dedans qu'au dehors, par des additions de nouvelle substance qui se dépose couche par couche , de manière que la cavité diminue
(4) Anatomie comparée du cerveau , p. 6, 89,
DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET SÉREUX, 585 ou même finit par s’oblitérer entièrement, comme à la partie inférieure de l’entonnoir et dans la glande pituitaire. Mais le
.dépôt est plus considérable. à la face interne qu’à la face . externe , ce qui fait que le volume de l'organe central de la sensibilité diminue peu à peu, proportionnellement au reste du Corps: Cependant cet organe et les deux organes des sens supérieurs acquièrent un tel volume et un tel développement, sous le rapport de la masse et de la forme, PERSAN la vie embryonnaire, qu'ils se rapprochent plus qu'aucun autre organe du terme de-leur perfection, et que, de toutes les parties du COrps , ils sont celles qui croissent le moins et subissent le moins de métamorphoses après la naissance.
10° La formation est d’abord fort simple ; peu à peu seulement les parties se multiplient, jusqu'à ce qu'enfin cette
multiplicité soit enchaînée par une unité supérieure ( $ 520, 3°; A1, 2).
A. Moelle ide:
g 420. A la moelle épinière
1° La masse non fibreuse conserve la prépondérance sur la substance médulläre fibreuse , pendant toute la durée de la vieembryonnaire , dans les quatre cordons et au pourtour du canal.
2° Le canal se rétrécit peu à peu, en raison de la masse nouvelle qui se dépose ; mais 1l reste ouvert chez les Mammifères , et, dans l'embryon humain lui-même, il ne se ferme pas complétement , du moins à la région du cou. La pie-mère qui tapissait la gouttière de la moelle , ne pénètre pas dans ce canal, mais passe au dessus de la scissure de la surface spinale , et ne s'enfonce que dans celle du côté viscéral.
3° La moelle épinière commence par être un cylindre HEUT : il s'y développe ensuite , aux extrémités centrales de tous 12 nerfs, des renflemens qui plus tard n'existent plus qu'aux membres ($ 402, 20°), de même que, chez les Insectes, le cordon ganglionnaire, uniforme dans la larve, prend une forme spéciale sur divers points dans la chrysalide ($ 389, 5°).
h° De même que le cordon ganglionnaire des Insectes se raccourcit ou s’allonge selon que le corps entier subit un chan-
Il. 20
sement Correspondant, de même aussi la moëlle épinière conserve, chez les Mammifères, la longueur du tronc, où aussi de la colonne vertébrale entière. Dans l'embryon humain, elle n’a cette longueur que pendant les trois premiers “mois ; à partir du quatrième où du cinquième environ, elle cesse de croître, comme le fait la colonne vertébrale, de sorté qu’au septième mois , elle n'arrive qu’à la dernière vertèbre lombaire, et qu’au neuvième elle ne s'étend que jusqu'à la première. S'il lui arrive de descendre plus bas chez l'enfant naissant, c’est un arrêt de développement, qui s’accompagné souvent d’hydrorachis (2).
B. Cerveau.
$ A21. Le cerveau,
1e Paraît consister originairement, chez tous les Mammifères', en trois vésicules qui représentent la moelle allongée , les tubercules quadrijumeaux et le rudiment du cerveau proprement dit. Ges vésicules sont. situées à la suite l’une de l'autre, et formées d’abord uniquement par la paroï spinale séreuse ($ 430 ), sur laquelle se dépose peu à peu de la substance sensible. Au reste , elles sont remplies d’un liquide clair et transparent, et ne sont pas divisées sur la ligie médiane.
2° Les diverses parties qui se forment au cerveau semblent d’abord séparées les unes des autres et isolées ; les vésicules sont distinctes, et représentent une série de formations en quelque sorie indépendantes ; le tronc cérébral affecte des directions tout-à-fait différentes ; car il s'écarte de la moelle épinière sous un angle aigu , et se porte vers le côté viscéral, pour produire la moelle allongée; puis il s’infléchit vers le côté spinal, à l'endroit où il supporte les tubercules quadrijumeaux; enfin il revient à angle aigu vers le côté viscéral, pour servir de support aux couches optiques. Peu à peu l'unité s'établit entre les diverses parties : le tronc cérébral cesse de décrire ces fortes courbures, et il prend une direcion plus uniforme, tandis que les parues qui étaient situées
(1) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie, 1, 1, p. 354,
à la suite les unes des autres se concentrent davantage et se réunissent en un tout.
3° Au quatrième mois seulement, le cerveau se développe davantage en largeur; mais ensuite [a longueur paraît aller toujours en augmentant, proportionnellement à la largeur ; du moins, d'après les observations de Wenzel (1), son rapport avec cette dernière était-il, dans quelques embryons humains, au quatrième mois comme 1,07, à neuf et à dix mois comme 1,13 à 1,21, c'est-à-dire à peu près comme chez l'adulte , la largeur étant prise pour unité. D'après cela, la prédominance de la dimension en largeur paraît être restreinte à une période intermédiaire de courte durée.
h° Le cerveau a, proportion gardée, beaucoup plus .de masse chez l'embryon que chez l'adulte, et il ne diminue que peu à peu sous ce rapport. Chez l'embryon humain, son poids est d’1/S environ de celui du corps au cinquième mois , et d'1/10 au dixième mois , tandis que , chez l'adulte, il n’est que d’1/40. D'après Wenzel (2) le rapport de sa masse à celle ; du corps augmente, chez le Poulet, depuis le sixième jusqu'au dixième jour, période pendant laquelle il croît de 1/24 à 1/15; mais, du onzième au vingt-unième jour, il diminue, et descend de 1/20 à 1/51, l'accroissement portant de préférence sur le reste du corps pendant cette dernière période. Chez la Poule adulte le cerveau n’est que 1/400 du corps entier.
& 422. I. La moelle allongée, ou la plus postérieure des vésicules cérébrales primordiales,
4° S'infléchit à angle aigu sur la moelle épinière , peu de temps après son apparition , et produit ainsi le tubercule cervical visible à l'extérieur. Il résulte de là que l'organe central de la sensibilité offre une sorte de coude sur ce point, et que le cerveau est brusquement séparé de la moelle épinière. Peu à peu l'angle devient plus ouvert, le passage d'une partie à l’autre de l'organe central s’adoucit , et la moelle al- Jongée prend une direction obliquement ascendante, en
(4) De penitiori structurà cerebri , p. 258.
(2) Jüid,, pl, V,
même temps que le pont de Varole et l'apophyse basilaire de los occipital se forment au dessous d'elle.
2° La moelle allongée est d'abord très-développée proportionnellement au cerveau, et elle ne diminue que fort peu, sous ce rapport , pendant la vie embryonnaire. D'après les mesures prises par Tiedemann , sa largeur, comparée à celle du cerveau est! © 1 : 1,25 au second mois, : : 1 ° 2 ou 3 au troisième , : : 1; 3,20 au quatrième, : : 4 : 4,80 au cinquième, ; ; 1 : 5 au sixième, : : 1 : 5,63 au dixième, : : À : 6 ou 7 chez l'adulte. À dix mois, elle est déjà près de moitié aussi large que chez l'homme adulte.
3° Quant à sa structure, l’entrecroisement des cordons pyramidaux s'aperçoit dès la cinquième semaine , suivant Tiedemann (1), et lesolives se forment peu de temps après, sous l'apparence de petites cavités ramifiées , qui sont remplies au sixième mois (2), de sorte qu’alors on les distingue mieux aussi À l'extérieur, Du reste, la moelle allongée a une teinte rougeâtre uniforme, pendant la vie embryonnaire. 4° D'après la découverte de Baër , la moelle allongée, .sembiable en cela à l'organe central tout entier , ‘est d'abord un tube fermé chez l'embryon du Poulet. De même aussi Girgensobhn (3) à trouvé, chez un embryon humain de deux à trois mois , le sinus rhomboïdal fermé par une lame médullaire qui s’appliquait aux cuisses de la moelle allongée, et touchait en devant au cervelet. Il ne reste de cette lame, chez l’homme adulte, que la petite bandelette médullaire qui forme le commencement du sinus rhomboïdal; mais, chez les Reptiles, elle persiste pendant la vie entière, et continue de couvrir complétement ce sinus (4). Le sinus lui-même est la continuation du canal de la moelle épinière : d’abord très-large , il se rétrécit peu à peu, par suite de l'épaisseur qu’acquièrent les cuisses du cervelet. Les bandelettes grises, ou ganglions auditifs, deviennent visibles au quatrième mois ; ensuite elles
(4) Anäiomie du cerveau , p. 446.
(2) Carus, Versucheiner Darstellung des Nervensystems, p. 289, (3) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 1827 , p. 362.
(4) Garus , loc, cit., p. 178, 183 , 485.
prennent un volume plus considérable d’une manière absolue, mais plus petit en proportion des autres parties du cerveau : les stries médullaires situées derrière elles ne sont point encore visibles pendant la vie embryonnaire.
If. Le cervelet ne fait point partie des formations primordiales. | |
1° Il naît entre la moelle allongée et les tubereules quadrijumeaux : les cordons spinaux constituent , avec une partie des cordons latéraux, les cuisses postérieures du cervelet sortent de la moelle allongée, se portent d’abord de dedans en dehors et de bas en haut vers les côtés, puis se recourbent de dehors en dedans, pour former une sorte de voûte au dessus d'un sinus rhomboïdal , et parviennent ainsi à se toucher sur la ligne médiane. Mais les.cuisses postérieures du cervelet semblent avoir déjà toute cette étendue au moment même de leur apparition ; car, lorsqu'on les aperçoit pour la première fois, au quatrième jour, dans l'embryon du Poulet, pendant la sixième ou la septième-semaine, chez l'embryon humain , elles affectent la forme de deux minces feuillets , qui s'étendent déjà jusqu’à la ligne médiane, au dessus de l’extrémité cérébrale du sinus rhomboïdal, mais sans être encore unis l'un avec l'autre. Serres attribue leur production aux ramifications de l'artère vertébrale (1); maiscomme, au dire même de cet auteur, l'artère vertébrale ne se forme qu’au troisième mois , elle ne peut servir qu’à la nutrition de ce qui existait déjà avant elle. + s
20 Les deux moitiés se soudent ensemble sur la ligne médiane, au commencement du troisième mois, chez l'homme S et constituent une lamelle étroite ét mince, qui couvre une partie du sinus rhomboïdal ; et qui, à la fin de ce mois , est déjà plus forte, offrant une convexité en dessus , une concavité en dessous. | habiie #
3° Au quatrième mois, paraissent les ganglions ciliaires, qui, suivant Carus (2), représentent d’abord des cavités closes ou des vésicules. {ls reçoivent un grand nombre de vaisseaux.
(4) Anatomie comparée du eerveau, p. 419.
(2) Loc. cit., p. 985.
A° Au cinquième mois , les hémisphères du cervelet commencent à se développer, et dépassent davantage le ver en avant qu’en arrière.
5° Entre les couches superposées et parallèles les unes aux autres du cervelet, dont la formation est due aux fibres qui partent en rayonnant de la moelle épinière , de nouvelles couches s'appliquent en des directions différentes, et la masse se partage en cinq branches, qui représentent des lobes; les quaire sillons transversaux situés entre les branches paraissent d’abord à l'éminence vermiforme, au commencement du quatrième mois, mais d’une manière moins prononcée aux hémisphères. Pendant le sixième mois, les branches se partagent en rameaux, et les lobes en lobules, tandis que la cavité du cervelet devient plus étroite. Au septième mois, les sillons deviennent plus profonds et plus nombreux, par suite de la multiplication des rameaux et de la formation des ramilles : les lobules deviennent plus marqués à la face inférieure du ver, On voit paraître les toufles et la valvule postérieure. Au huitième mois , les hémisphères sont plus développés en bas et en arrière, de sorte qu'à cette époque se forment, sur la ligne médiane ; en dessous la vallée, et en arrière l'é chancrure Darsifomne. À dix mois enfin, les dernières ramifications ou les folioles sont, développées et les amygdales apparaissent ; la substance grise et la blanche se distinguent aussi l’une de Taie par leur teinte.
6° La masse de renforcement, qui s'applique aux rayonnemens du tronc cérébral, parait vers le commencement du quatrième mois. Le pont de Varole est d'abord étroit, et n'existe que dans sa partie. postérieure , de manière que le nerf de la cinquième paire sort de son bord antérieur; son diamètre d'avant en arrière s'élève à une ligne au quatrième mois, à deux au cinquième, à à quatre au neuvième , à cinq et demie au dixième, à quinze ou dix-huit lignes chez l'homme adulte. Les prolongemens ascendans, avee la valvule , apparaissent sous la forme d’une mince lamelle , Qui va gagner les tubercules quadrijumeaux , ‘et. ils se déve Pb ent à mesure que le ver augmente d'épaisseur. Ceux des lobules du ver (pyramide, luette et nodule ) et des hémisphères (amygdales,
touffes et voile ), qui se forment des couches ascendantes , des couches descendantes et des renforcemens, se développent plus tard que ceux qui proviennent des rayonnemens des cuisses du cervelet, et seulement à dater du septième mois.
je Pendant toute la durée de la vie embryonnaire, le cervelet se comporte, eu égard au volume, comme la partie la plus arriérée du cerveau. Tandis que le volume des parties cérébrales primitives de l'embryon à terme est à celui des mêmes parties chez l’adulte . : 1 :1, 80 ou2?, le cervelet du premier est à celui du second : : 4 : 2, 66 dans son diamètre longitudinal, : : 1: 3 dans son diametre transversal, enfin : : 1: 3, 29 par rapport au diamètre antéro-postérieur du pont de Varole. Le poids du cervelet est à celui du restant du cerveau : : 1 : 23 chez le fœtus à terme, et. 1: 7 chez l'adulte. S'il semble acquérir avant le cerveau le terme de sa
… perfection sous le point de vue de li texture intime (1), ce
phénomène tient uniquement à la simplicité plus grande de son organisation. ue $ 423. Les tubercules quadrijümeaux des Mammifères, et les ganglions optiques qui leur correspondent chez les autres animaux vertebrés, :
4e Sont du nombre des formations primordiales. Au moment où le cerveau apparaît pour la première fois , ils.en constituent la masse médiane, représentant une vésicule non divisée, et pleine d'un liquide clair, qui est située derrière le cerveau proprement dit , et au devant de la moelle allongée , qui s'élève plus haut que l’un et l’autre, et qui forme ainsi le point culminant de l’encéphale: | 3e Comme le développement s’accomplit latéralement, le liquide, en.se coagulant, produit de chaque côté un feuillet médullaire, qui naît de la face intérieure de la moelle allongée (les futurs cordons olivaires et siliqusires externes), monte obliquement d'arrière en avant, et s’infléchit de dehors en dedans àu dessus du tronc cérébral situé devant la moelle allongée. Les deux feuillets sont séparés l'un de l'autre, sur là ligne médiane , à peu près depuis la sixième semaine jusqu'à
(4) Meckel, Manuel d’anat, , t. IE, p. 710.
la neuvième. Leur face périphérique, dirigée en dessus , est convexe; la face centrale, ou inférieure , est concave. Ils représentent par conséquent deux demi-sphères creuses, qui sont séparées l’une de l’autre par une scissure longitudinale. La grande cavité qu'ils circonscrivent, est la continuation du sinus rhomboïdal , et, de même que ce dernier , elle constitue à proprement parler une gouttière, dont l'entrée seulement est rétrécie et en forme de fente.
3° À la fin du troisième mois, les deux feuillets se rencontrent sur [a ligne médiane, tandis que les prolongemens ascendans du cervelet viennent se joindre à eux. Au quatrième mois , ils se soudent ensemble, et forment une vaste cavité close ; bientôt la prédominance du développement latéral fait apparaître sur la ligne médiane un sillon longitudinal, et, il s’en produit aussi un transversal , qui divise la partie en deux
lé
paires d'éminences , l’une antérieure, l’autre postérieure.
> Au sixième mois , ils sont couverts parle cerveau pro-
prement dit. Leur paroi devient plus épaisse ; il se dépose à sa surface une couche de substance ganglionnaire non fibreuse, mais de même couleur encore que la moelle:: on commence aussi à distinguer les fibres, qui passent dans les couches Optiques. A sept mois, les tubercules.quadrijumeaux sont devenus si épais qu'il ne reste plus de leur cavité qu’un simple canal, l’aquéduc, analogue au canal de la moelle épinière.
5° Les tubercules quadrijumeaux Ont toujours à peu près la même largeur que la moelle allongée : de même que celleci, ils sont d'autant plus volumineux, en proportion du cerveau proprement dit, que l'embryon est plus Jeune ; pendant
la durée de la vie embryonnaire, ils acquièrent plus de
a moitié du volume qu'ils doivent avoir chez lhomme adulte.
6° Chez les Oiseaux, où , comme chez lêés Mammifères et les Poissons (6388, 11°), ils constituent, pendant quelque temps la partie prédominante du cerveau ($ 404, 20°, 404, 19°), le cervelet, qui se glisse entre eux dans sa croissance d’arrière en avant, les écarte peu à peu l'un de l’autre , et les refoule vers la base du crâne, où ils trouvent leur situation permanente, mais conservent leurs cavités spacieuses.
$ 424. La troisième partie primitive, où la masse cérébrale la plus antérieure, est la base du cerveau proprement dié.