‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 47 sur 79 · I. Examinons d’abord les cuisses du cerveau · texte numérisé non relu

I. Examinons d’abord les cuisses du cerveau

1° Prolongemens des cordons viscéraux de la moelle épinière , les cuisses du cerveau se développent de fort bonne heure ; il résulte de 1à qu’elles sont, proportionnellement aux autres parties du cerveau, plus volumineuses dans l'origine qu’à une époque subséquente, et que, vers la fin de la vie embryonnaire , elles deviennent fermes, sans changement de couleur néanmoins dans leur substance, tandis que les autres parties du cerveau proprement dit sont encore molles; à peu près.vers le quatrième mois, la couche qui repose sur elles se développe davantage, par l'accroissement des cordons spinaux de la moelle épinière et le prolongement toujours eroissant des fibres qui proviennent des tubercules quadrijumeaux. ,

2° De très-bonne heure, dès le quatrième jour, chez le Poulet (8 401, 20°), les cuisses du cerveau paraissent fendues à leur côté supérieur, de manière qu'elles représentent pendant quelque temps une gouttière ouverte par le haut, jusqu’à ce qu’elles soient couvertes par les hémisphères.

3° À partir de la région des tubercules quadrijumeaux , elles s’infléchissent d'abord sous un angle aigu, et descendent vers la base du crâne. Cette inflexion, qui s’efface peu à peu, paraît indiquer la formation de l'entonnoir. En effet, d'après les observations de Baër sur le Poulet (6 399 , 8°, 400 , 26°), l’entonnoir, prolongement des cordons gris qui reposent sur les cordons viscéraux de la moelle allongée, dont ils renferment encore le canal, paraît être formé primordialement, et constituer l'extrémité céphalique proprement dite de l'organe central de la sensibilité.

L° L’entonnoir figure un tube proportionnellement assez large , qui se continue avec la glande pituitaire. Dans l'embryon humain , cette glande renferme jusqu’au sixième mois une cavité qui représente Ja dernière extrémité du canal de la moelle épinière, et s'oblitère plus tard, après quoi la partie inférieure.de l’entonnoir se convertit également en un cylindre plein. La glande pituitaire est d’abord plus volumi-

neuse Proportionnellement au Cerveau ; sa longueur est à celle de ce À. ie *. 1:9, 50 au quatrième mois, et :: 4 : 16 au septième, tandis que, chez l'adulte, elle est :° 4 © 48. Dans certains cas d’hémicéphalie, elle est la seule partie du cerveau qui se soit développée, ce qui annonce non seulement qu'elle se forme de très-bonne heure, mais encore qu'elle joue un rôle essentiel, comme antag SonISe du filament terminal de la moelle épinière, et comme la plus extrême de L toutes les formations cérébrales.

IT. Les ganglions du cerveau proprement dit pullulent des cuisses de cet organe, sans subir de notables métamorphoses. Ils paraissent se former simultanément : du moins, les couches optiques et les corps striés commencent-ils à être visibles au cinquième jour dans l'embryon de Poulet (8 403, 21°), et pendant la huitième semaine chez l embryon humain.

f° Les couches optiques sont creuses d’abord (à la fin du Second mois); c’est avec le temps seulement qu'elles se remplissent. Elles deviennent proportionnellement plus volumineuses que chez l'adulte; mais, malsré la texture fibreuse qu'elles acquièrent, elles demeurent rougeâtres dans toute leur masse. Pendant les premiers temps, on les trouve quelquefois réunies en haut par une lame médullaire mince, qui est peut-être un reste de la formation vésiculeuse primitive des cuisses du cerveau. La commissure molle se forme au quatrième mois, et la postérieure à la fin du troisième ; celle-ci semble résulter du plissement ($ 404, 49°) de la portion restante de la voûte de la vésicule des cuisses du cerveau (1). Le soulèvement de cette voñte produit la glande pinéale, comme l’annoncent les recherches de Baër (8 405 ,15°), et comme Meckel (2) l'avait déjà indiqué, mais d'une manière vague. Serres(3) a prétendu qu’elle devait naissance à la coalition de ses deux pédicules ; cette assertion paraît reposer sur une erreur d’observation. Du reste, la glande pinéale est d’abord aplatie ;

(4) Valentin, Handbuch der Eniwickelungsgeschichte des Menschen , p. 166.

(2) Meckel , Deutsches Archiv, 1, X, p. 378.

(3) Loc, cjt.,t. I, p. 158.

elle devient peu à peu plus épaisse, mais demeure cependant molle et dépourvue de sable intérieur. |

2° Les corps striés sont d’abord plus étroits que les couches optiques, et n’ont pas beaucoup plus de longueur qu’elles ; mais ils se développent rapidement, et ne tardent pas à les surpasser dans l’une et l’autre direction. Ils sont d'abord séparés d'elles par un sillon profond, que les bandelettes cornées ne remplissent qu'au dixième mois ; vers cette époque, ils s'enfoncent aussi plus profondément dans les hémisphères, qui ont acquis une épaisseur plus considérable.

III. La couronne rayonnante, ou l'expansion flabelliforme qui part de ces ganglions et du lobe ( Zobus caudicis ) par lequel ils sont couverts à l'extérieur, forme Îles hémisphères. Comme elle n’est couverte que d'une couche mmce de masse de renforcement, on l’aperçoit mieux chez l'embryon que chez l'adulte. Elle est d’abord ‘assez courte, et son accroissement tient à ce que des fibres de plus en plus parallèles s’appliquent au bord inférieur de ses extrémités antérieure et postérieure. Le grand renflement cérébral de Dœlinger (1) est l’ensemble des lobes férmés par cette éxpansion à sa surface externe. |

1° Les hémisphères sont d’abord une vésicule imdivise, que partage ensuite-un sillon longitudinal. Telle est sa disposition chez Les Poissons (8 388, 11°), les Oiseaux-($491, 2°, 405, 24) et les Mammifères (2). Ilarrive quelquefois, dans les monstruosités humaines (3), où même chez des enfans et des adultes (4), qu'on trouve le cerveau proprement dit arrêté à ce point de développement et non divisé.

2° Jusqu'au commencement du troisième mois, les hémisphères consistent en des feuillets minces , qui montent de la partie externe et antérieure des Corps striés, se recourbent de dehors en dedans ets d'avant en arrière , forment les lobes que j'appelle lobi caudicis et lobi anteriores, et ne couvrent

(A) Beitræge zur Entwickelungsgeschichte des Gehirns, P. D,

(2) Meckel, Deutsches Archiv, t. I, p. 378.

(3) Klinkosch , Diss. med. select. Prag., p. 204.

(4) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie, t, L,p. 299.

qu'une partie des corps striés. A la fin du troisième mois, se forment aussi les lobi superiores, qui couvrent les couches optiques , dont ils reçoivent peu à peu des fibres de plus en plus nombreuses, en sorte qu'ils s’étalent aussi de plus en plus d'avant en arrière. À quatre mois, ils s'étendent jusqu’au dessus de Ja partie antérieure des tubercules quadrijumeaux, at-

tendu que les rudimens des lobi posteriores et des lobi infe-

riores S'Y Sont joints comme autant d’appendices courts. Les lobi caudicis sont alors encore‘entièrement à nu sur la surface externe, parce que Îles lobi anteriores ne S’étendent point encore assez sur le côté par leur partie inférieure , que les lobi superiores n'ont point encore de partie latérale pendante (operculum), et que les lobi inferiores ne font point encore assez de saillie en avant.’A six mois, les hémisphères s’étendent jusqu'au dessus de la partie antérieure du cervelet, et à sept, ils la dépassent ; il résulte de l'accroissement de cestrois lobes que le Zobus caudicis se trouve couvert peu à peu, de sorte que l'enfoncement qui existait auparavant aux faces latérales du cerveau proprement dit, se rétrécit en une fente ( Scissure de Sylvius), qui est cependant encore assez srande pour laisser apercevoir le obus caudicis, et qui nese resserre davantage que dans les mois suivans. |

Les hémisphères deviennent plus grands parce que les fibres de la couronne rayonnante, qui ressemblent à des rayons situés l'un derrière l’autre ou sur le même plan ; se multiplient et augmentent de longueur ; ils deviennent plus épais, tant par l'augmentation du nombre des fibres de la couronne situées à côté les unes des autres ou sur la même longueur , que par l'addition de la masse de renforcement: de ces deux Circon-

stances , la première est la plus importante , “parce que l’en-

droit où les hémisphères ont le plus d'épaisseur correspond au point d’où les rayons partent, et où par conséquent les fibres sont encore serrées les unes contre les autres ; en effet, ils ont un quart de ligne d'épaisseur au troisième mois , deux lignes déjà au quatrième , et près de cinq au septième, tandis qu'ils vont toujours en s’amincissant vers le haut et en dedans, c'est-à-dire vers l'extrémité des rayons.

3° Les hémisphères, par l'accroissement de leur masse,

DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET SÉREUX. 393 ne tardent pas à acquérir la prépondérance sur la moelle épinière, la moelle allongée, le cervelet et les tubercules quadrijumeaux ; cette prépondérance est même plus prononcée dans l'embryon que chez l'adulte. Si, par exemple, on prend la largeur du cervelet pour unité, celle du cerveau s'élève à 1,25 chez l'adulte ; à 0,75 chez l'embryon de deux mois; à 4 au commencement du troisième mois; à 1,25 vers la fin de ce mois ; à 1,45 au quatrième; à 1,75 au cinquième ; à 1,87 au sixième ; et à 2 au neuvième ; après quoi elle retombe à 4,95 au dixième.

IV. Vers la fin du troisième mois, le système de renforcement commence à se développer, à la fois dans le sens longitudinal et dans le sens transversal. On ignore si ces formations secondaires sont produites par le détachement d’une partie de la masse encore molle des formations primordiales, ou si elles naissent d’un liquide nouvellement épanché, du sein duquel elles se précipitent sur ces dernières. Iln’est point hors de ressemblance que , comme l’a dit Wenzel (1), le corps calleux résulte de deux moitiés latérales qui se soudent ensemble sur la ligne médiane; car on possède l'exemple d’un adulte chez lequel ces deux moitiés n’étaient point réunies (2). Mais Serres paraît avoir émis une opinion problématique en disant que tous les organes qui se rapportent ici doivent naissance à la coalition de deux moitiés d’abord séparées , savoir les commissures antérieure et postérieure de deux parties gauches et deux droites, la voûte à trois piliers d’une partie antérieure ( colonne } et d’une postérieure ( corne d’Ammon), la cloison transparente d’une partie inférieure montant de la voûte et d’une supérieure descendant du corps calleux {3).

A° Le corps calleux est produit , au commencement du troisième mcis , par de nouvelles fibres qui s'appliquent à la face interne de la couronne rayonnante des deux côtés , et se portent vers la ligne médiane , au dessus de la gouttière du cerveau proprement dit. On voit d'abord paraître le genou ,sous la forme d’une lamelle située presque perpendiculairement

(4) De penitiori structura cerebri , p. 302.

(2) Reil, Archiv ,t. XI, p. 541.

(3) Loc. cit, t. I, p. 448, 154, 456,

598 DÉVELOPPEMENT DM FEUILEET SÉREUX.

au devant des ( Corps striés. Le corps calleux couvre ces gang'ions à cinq MOIS , puis aussi les couches optiques à six mois, et à huit mois il s'étend au-de!à de ces dernières, formant les ventricules du cerveau.

2° Les: parties antérieures de la voûte se forment en même temps que le corps calieux. A la fin du troisième mois, cette voûte se PURE des éminences mamillaires, qui ne constituent encore qu’une masse impaire, des piliers ascendans dans les couches optiques, et des piliers antérieurs, qui montent derrière le genou du corps calleux, sans s 'appliquer l'un contre l’autre, se courbent d'avant en arrière , mais ne parviennent point encore jusqu'au dessus des D. optiques , et se perdent dans les hémisphères. Au quatrième mois, ces piliers s'appliquent l’un contre l’autre, derrière le Senou du corps calleux, et s'étendent en arrière jusque dans les cornes inférieures : on découvre alors les deux extrémités de la voûte, savoir , en devant, les piliers antérieurs, qui descendent dans les couches optiques, vers les éminences mamillaires, et, en arrière , les cornes d'Ammon, qui sont encore des plis creux et non remplis. À sept mois, les deux éminences mamillaires sont distinctes l’une de l’autre.

3° La commissure antérieure paraît au troisième mois , sous la forme d’un filament grêle ; elle augmente ensuite dans la même proportion que les hémisphères.

4° Les pédicules de la cloison transparente, us marchent de dehors en dedans, à la face inférieure du lobus caudicis, naissent peut-être dès la fin du troisième mois; mais leurs lames méduliaires épanouies vers le haut, ou la cloison proprement dite, n'apparaissent qu’au cinquième mois, entre le corps calleux et les piliers de la voûte ; elles ne-sont point encore appliquées l'une contre l’autre, mais laissent entre elles un vide, avec lequel le troisième ventricule se continue entre les piliers de la voûte, et dans lequel pénètre aussi un prolongement du plexus choroïde. C’est dansles derniers mois seulement que les lames se rapprochent l’une de l’autre, ét se soudent en bas et en arrière, d'où résulte une cavité close, ou un ventricule de la cloison, qui diminue également peu à peu de capacité.

DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET SÉREUX. 599 5o À Ja face extérieure de la couronne rayonnante s’applique la masse de renforcement, qui devient manifestement fibreuse au sixième mois (1). Les couches de fibres s'écartent les unes des autres vers la périphérie, et dans les vides qui résultent de là s'insinuent les fibres de la masse de renforcement, qui ont leurs extrémités à la surface , el qui passent d'une lame à l'autre en se repliant sur elles-mêmes au fond des vides. De là proviennent les anfractuosités , dont les bords ( circonvolutions ) sont formés par les ST - des rayons de la couronne et par celles des fibres de renforcement, ét dont les fonds le sont par les écartemens des lames rayonnantes et les inflexions des fibres de renforcement. Les preiières sont produites, au cinquième Mois, par des rayonnemens du corps calleux à la face interne et à la partie interne de la face supérieure ; au septième mois, on en voit paraître quelques unes à la face supérieure et externe. D'après Valéntin (2), elles se manifestent dès la fin du troisième mois. D'abord isolés et épars, ces sillons se muluplient peu à peu et acquièrent plus de profondeur ; cependant ils deviennent assez pêéu prononcés pendant toute la durée de là vie embryonnaire. V. A l'épard des ventricules du cerveau proprement dit, ils sont originairement clos et indivis. Lorsqu'ensuite a vésicule cérébrale antérieure vient à s'ouvrir, le troisième ventricule apparaît sous la forme d’une gouttière étendue entre les couches optiques, et avec laquelle la gouttière de la moelle épinière ($ 419, 8; 420, 2°) se continue par le moyen du sinus rhomboïdal et du ventricule des tubercules quadrijumeaux. Les hémisphères venant ensuite à croître, on voit paraître les ventricules latéraux ; qui sont ouverts, sur la ligne médiane, par une scissure Jongitudimale. La formation du corps éitièux comménce ensuite, vers la fin du troisième mois , à les clore par le haut, et leur clôture est achevée au huitième mois. Au cinquième, ils commencent à être séparés longitudinalement l’un de l’autre, par la formation de Ja cloison transparente , mais de telle manière cependant qu'il reste

(4) Tiedemann, Anat, du cerveau, p. 85, 86, (2) Loc, cit, p. 165,

encore une Ouverture au dessous des piliers de la voûte: La cavité se continue, ep devant el en haut, avec celle de la cloison, en devant et en bas avec celles des bandelettes olfactives (ou nerfs olfactifs), et précisément en bas avec celle de … l'entonnoir et de la glande pituitaire. A peu près vers le hui-tième mois, les cavités des nerfs olfactifs et de la glande pituitaire disparaissent , et l'ouverture de la cavité de la cloison s’oblitère. Les plexus choroïdes se forment à la fin du troisième mois, mais ne tardent pas à devenir proportionnellement bien pius luméièux qu'ils ne doivent l'être dans la suite, de manière qu’ils remplissent presque entièrement les vélrieules Du reste, la capacité des ventricules latéraux augmente à mesure que s'accroît le volume des hémisphères , et diminue | à proportion que ceux-ci acquièrent plus d'épaisseur : de. cette manière , ils sont pendant quelque temps fort petits et 1 bornés à la région des corps striés ; ensuite ils acquièrent leur

| plus grande ampleur vers le sixième mois, lorsque les hémil sphères s'étendent jusqu'au dessus du cervelet, mais sont en- | core minces; enfin, à dater du septième mois , ils se rétrécissent peu à peu, par suite de l'accroissement des hémisphères en épaisseur, et chez les Poissons osseux ils s’oblitèrent entièrement, à cause de la masse qui s’y dépose (8 386, I).

If. Partie périphérique du feuillet séreux.

$ 425. La seconde zône, ou la portion excentrique du feuillet séreux , dont les limites aboutissent immédiatement à l'organe En de la sensibilité, forme à cet organe ($ 430), et plus tard aussi aux organes plastiques ($ 431), une paroi protectrice, qui délimite l'organisme, le met en conflit immédiat avec le monde extérieur, et est le siége du sentiment et du mouvement volontaire. Nous désiencrons cette paroi sous le nom de périphérie animale. Elle a des relations intimes avec le noyau animal ( cerveau et moelle épinière }, à l'égard duquel elle se comporte comme l'extérieur par rapport à l’intérieur. Une harmonie parfaite règne entre son développement et le sien, et elle se met en connexion avec lui. Mais elle n'est point sous sa dépendance d'une manière absolue , et on ne

DÉVELOPPEMENT DU FEUILLET SÉREUX. {oi

peut la considérer comme en étant la suite ou le produit; elle se forme librement, indépendamment de lui, en vertu d'une force à elle propre , et cependant d'après un type qui correspond à celui du noyau. Ainsi, on rencontre certains monstres chez lesquels la portion centrale du feuiliet séreux est restée sans développement , de manière que le cerveau et la moelle épinière manquent, tandis qu'il s’est formé une paroi du corps, avec des membres, de la peau et de la substance osseuse , bien que ces diverses parties s’éloignent toujours alors plus ou moins de la disposition normale, tant sous le rapport de la texture que sous celui de la configuration générale (4). La formation de la périphérie animale procède de dedans en dehors : elle commence donc d'abord immédiatement auprès de l'organe central de la sensibilité, sur les côtés du cerveau et de 1a moelle épinière, et elle s’accomplit en trois périodes, sous le point de vue de ia substance. 4° D'abord le feuillet séreux lui-même, ou une pullulation qui lui ressemble parfaitement, forme la paroi de l'embryon, qui est fort mince et transparente, et qui, en se soudant sur la ligne médiane , établit la première délimitation de l'embryon, dont elle clôt les cavités à l'extérieur. Nous le désignerons sous le nom de paroi séreuse. .

2° Cette paroi s'épaissit peu à peu, par l'addition de masse or2anique primordiale ; elle devient ainsi grenue et opaque. Wolf, Autenrieth (2) et Baer ont parfaitement établi que cette masse grenue apparaît aux deux côtés de l'organe central de la sensibilité , tandis que le reste de la paroï est encore à l’état séreux; elle se montre donc sous la forme de deux bandelettes longitudinales, moins transparentes et plus épaisses, que nous appellerons lames pariétales. Ces lames, d’abord étroites , s’élargissent peu à peu vers la ligne médiane, jusqu’à ce qu’elles aient attemt cette dernière , en refoulant la paroi séreuse , ou plutôt la convertissant en masse grenue. 3° Cette masse se sépare enfin en tissus déterminés , peau

(1) Meckel , Handbuch der pathologischen Anatomie , t. T, p. 142. —

Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire des anomalies de l’organisation, t, II, p. 464.

(2) Supplemenia ad historiam embryonis, p. 53. III,

[æp)

et os, muscles et nerfs , qui représentent dès-lors ia véritable périphérie animale,

Mais la métamorphose n’est point simultanée dans toute l'étendue de la paroi; elle marche de dedans en dehors, de manière qu'il y a déjà quelque temps que la paroi est périphérie animale immédiatement auprès de l'organe central de la sensibilité, tandis que plus en dehors elle est grenue , et plus en dehors encore, ou vers la ligne médiane, simplement séreuse.

D'après les dernières recherches de Rathke, la périphérie animale permanente ne se développe point par métamorphose de là paroi séreuse, qu’il nomme membrane unissante (membrana reuniens), mais c’est une partie ertièrement nouvelle, qui vient s'ajouter sur les côtés de la bandelette primitive, dont elle écarte de plus en plus Ia portion séreuse à la paroi viscérale , de sorte que là cette portion diminue, d’abord par rétraction sur elle-même , puis par résorption, jusqu'à ce qu'elle finisse par ‘disparaître en totalité, tandis qu'à la paroi spinale elle ne s’efface point entièrement, et entre en partie dans la texture de la peau.

Nous allons examiner d'abord les élémens de la périphérie animale ($ 426-429), puis ses configurations spéciales ($ 430- 3/7).

À. Elémens constituans.

À. PEAG.

$ 426. La paroi séreuse, qui, chez l'embryon humain, forme encore la plus grande partie de la surface pendant la sixième semaine , pourrait être regardée comme la peau primordiale, à la face interne de laquelle se développent plus tard des muscles et des os; mais on prétend avoir observé des cas dans lesquels la peau manquait, soit aux membres, soit par tout le corps, et où les muscles se trouvaient à nu (1), de sorte que nous devons considérer cette paroi séréuse comme un rudiment commun, qui se métamorphose en muscles et os à son côté interne, en peau à son côté externe,

4° La peau, lorsqu'elle se sépare de la couche musculeuse

(1) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie, 4, T, p. 410,

sous-jacente , est encore mince et molle. Vers le milieu seulement de la vie embryonnaire, elle acquiert plus de solidité, comme aussi l'abondance des vaisseaux lui donne une forte teinterouge, qui diminue un peu vers la fin. D'après Valentin (4), on y aperçoit, durant la huitième semaine , des granulations ayant 0,0036 à 0,0048 ligne de diamètre, qui, vont en diminuant de volume à mesure qu’elle acquiert plus de solidité, de sorte qu'au cinquième mois, leur diamètre n’est plus que de 0,0024 ligne. Dès le troisième mois, elle a des sillons spirales, et au quatrième on y distingue fort bien des papilles.

2° Les follicules sébacés paraissent au troisième mois, et vers cette époque ils ont environ 0,0096 ligne de diamètre, dans le sens de leur largeur. Ils croissent rapidement en profondeur , de manière qu’au huitième mois leur largeur est de 0,0192 ligne à l'entrée, et de 0,0132 au fond, et leur profondeur de 0,0864 à 0,01452 (2). À partir du cinquième mois environ, la surface de la peau se couvre d’un vernis caséeux, qui est glissant , visqueux et d’un blanc jaunâtre ; ce vernis, d'abord peu abondant et presque mucilagineux, de-

vient bientôt plus épais et onctueux. Il graisse le papier, ne

se dissout ni dans l’eau, ni dans l’alcool, ni dans l'huile, fond sur Îles charbons 2+rdens, y noircit, et brûle en laissant un charbon difficile à incinérer, dont la cendre se compose de carbonate calcaire. Ce vernis caséenx paraît tenir le milieu entre le mucus et la graisse. Ce qui prouve qu'il est sécrété par la peau, et non déposé par les eaux de lamnios, c’est qu’on ne le trouve que sur l'embryon lui-même, et qu'il ne se rencontre ni au cordon ombilical ni sur l'amnios. Comme en outre il est plus abondant à la tête, sous les aisselles et aux aînes, en un mot partout où l’on voit beaucoup de follicules sébacés, on est en droit d'attribuer sa formation à ces organes. |

3° On distingue l'épiderme dès la fin du second mois : il ressemble alors à une couche extrêmement mince et trans-

(13 Handbuch der Entwichelungsgeschichte des Menschen, p. 272. (2) Iid., p. 274.

parente. Suivant toutes les apparences, il est le résultat de la coagulation d’un liquide albumineux exhalé par la peau, de même que, chez le Limacon , le mucus sécrété par la surface de la peau, au dessous de lépiderme, s’endurcit déjà en coquille dans l'œuf, comme aussi, chez les Crustacés , Le test extérieur se produit d’une manière analogue. L’épiderme devient déjà plus épais et plus solide à la plante des pieds et à la paume des mains que partout ailleurs.

° Au troisième mois, on distingue déjà les ongles , qui cependant sont encore très-mous et courts. Ils ne se durcissent qu'au neuvième mois; au dixième, ils deviennent plus soli-

des et plus longs.

Heusinger a le premier observé (1) que les poils se déve-

Joppent au dessous de l'épiderme, sous la forme de petits

globules bruns où noirs, qui, en grossissant, deviennent creux , et qui ensuite s’allongent en tiges coniques, les glo- Pules représentant les bulbes. 11 admet que ces globules ne sont autre chose que du pigment. Mais Valentin , dont l’opinion est bien plus vraisemblable (2), pense que le pigment n'est qu’une addition qui vient se joindre au germe du poil. Du reste, 1l à trouvé ces taches noires de forme sphérique à la fn du troisième mois ou au commencement du quatrième , et coniques pendant la seconde moitié du cinquième. A la fin de ce dernier, on voit paraître, sur toute la surface du corps, les poils lanugineux (lanugo), qui se sont produits de cette manière. Ce sont de petits poils mous, soyeux , et d’un blanc jaunâtre , don!’ la plupart sont déjà tombés à la fin du dixième mois.

Au sixième mois poussent les cheveux, ainsi que les sourcils et les cils. Les petites fossettes cutanées qui leur sont destinées étaient devenues visibles quelque temps déjà auparavant.

5° Comme la formation des poils n’a pu être suivie dans tous ses détails, à cause de la finesse de ces organes, nous donnerons ici l'histoire du développement d’un tissu analogue, celui des plumes, telle qu’Albert Meckel l'a tracée (3). Cette

(1) Meckel, Deutsches Archiv, t. VII, p, 409. (2) Loc. cit., p. 275.

(3) Reil, Archive , t, XIT, p. 37-96.

FT

DÉVELOPPEMENT DU FÊUILLET SÉREUX. 405 histoire ne repose, à la vérité , que sur des observations faites pendant la mue annuelle; mais comme celle - ci n'est qu’une répétition du travail de la formation primordiale, nous pouvons admettre que cette dernière ne diffère pas, du moins quant aux points essentiels.

Au fond d’un creux tubuliforme de la peau, dans lequel la plume doit prendre racine , les vaisseaux cutanés se développent, et versent un liquide séreux sous l’épiderme. La portion périphérique de ce liquide se coagule en une membrane, qui représente une vésicule pleine de sérosité, à laquelle on donne le nom de gaîne. Gette vésicule est percée à sa base d'une ouverture par laquelle pénètrent des prolon-

gemens des vaisseaux cutanés, et qu'on nomme trou vascu- |

laire. À mesure qu’elle croît et s’allonge da côté de la superficie du corps , elle devient ovale ; la partie tournée vers la superficie s’allonge en pointe, mais le fond conserve toujours plus de largeur , de sorte que la gaîne acquiert la forme d’un cylindre terminé par une extrémité conique. Les vaisseaux qui pénètrent dans l’intérieur constituent, avec un cylindre gélatineux à la surface duquel ils se répandent en manière de réseau, ce qu'on appelle le noyau ou le bulbe de la plume. Dutrochet (1), Blainville et F. Cuvier assurent qu'il s’y introduit aussi des nerfs. La surface du noyau est couverte d’un liquide albumineux, qui joue le rôle de substance plastique à l'égard de la plume. Entre ce noyau et la gaîne se produit alors, immédiatement auprès du trou vasculaire, une couche de globules demi-transparens, qui se disposent en séries ; deux de ces séries, réunies par une masse qui se forme entre elles, représentent une barbe de l’étendard. Sur les bords latéraux de chaque fibre se déposent d'autres séries courtes et simples de globules, qui forment les barbules. Toutes les barbes ont leur extrémité libre dirigée vers la pointe, et leur extrémité adhérente vers la racine. A l’orifice interne du trou vasculaire, la masse #renue se condense en une bandelette ovale, sur les bords latéraux de laquelle s'implantent

(1) Mém. pour servir à l'Hist, anat, et physiol. des animaux et des végétaux, t. II, p. 364,

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les barbes de l’étendard; cette bandelette s’allonge bientôt en une lame cornée et composée de fibres longitudinales, qui va en se rétrécissant vers le sommet de la gaîne, mais qui, du côté du trou vasculaire, se termine par un anneau; c’est la hampe de la plume, dont la portion vexillaire ou la tige est représentée par la lame, et dont la portion tubuleuse a l’anneau pour rudiment. st la face opposée se produit le rachis, tissu spongieux , naissant des bords latéraux de la lame de la bampe, sous la forme de deux bandelettes, qui vont en s’épaississant, se rencontrent sur la ligne médiane, et forment, avec la lame de la hampe, une cavité close, dans laquelle se trouve contenue Îa por Lion terminale du noyau gélatineux. Après que l'étendard s’est développé, l'anneau de la hampe s'allonge en un tube, qui offre à sa racine seulement une ouverture pour le ‘passage des vaisseaux. Les deux bandelettes du rachis s'enfoncent un peu dans l'anneau ou le commencement du tube, mais de manière cependant qu'entre elles il reste une ouverture , le trou aérien, par laquelle pénètre l'air qui doit se répandie dans le tissu du rachis et dans le tube de la hampe. L’étendard s’est développé à partir du sommet; de même, le noyau et ses vaisseaux périssent du sommet vers la racine, et se convertissent en un sac vide ; les diverses portions se dessèchent ainsi l’une après l’autre, et se resserrent en forme d’entonnoir, de manière que le noyau finit par ressembler à une série dore emboîtés les uns dans les autres, qu'on appelle l'âme de la plume. D'abord la gaine croit uniformément avec son contenu, et sort du creux de la peau ; mais, une fois qu'elle est arrivée au point culminant de son accroissement, elle se fend au sommet et laisse sortir l'étendard. Celui-ci, qui était roulé sur lui-même du côté dorsal vers le côté net , se déploie alors; mais la gaîne reste fixée à la hampe, sous la forme d'une membrane adhérente , qui finit par tomber en écailles. F. Cuvier admet encore deux membranes appliquées, l'externe à la gaine et l'interne au noyau; il dit que ces membranes s'unissent ensemble par des cloisons transversales, et qu’entre elles se forment es fibres de l’étendard.

& 427, Étudions maintenant la substance osseuse ,

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