‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 68 sur 79 · CHAPITRE Ir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ir

Du développement du système uro-génital.

ARTICLE EH

Du développement de la portion transitoire du système uro-genital.

$ 450. Le système uro-génital naît” de la” masse organique primordialement déposée entre le feuillet séreux et le feuillet muqueux. En se développant , il contracte des connexions tant avec les productions de ces deux feuillets (la membrane muqueuse intestinale, médiatement ou immédiatement, et la périphérie animale), qu'avec le feuillet vasculaire. On voit paraître d’abord les corps de Wolff, appelés faux reins par Rathke, et reins primitifs par Jacobson, dont Valentin {1) a tracé l'histoire littéraire.

Les corps de Wolff sont, comme l'ont démontré Jacobson (2) et Muller (3), des organes sécrétoires., ayant des canaux de sécrétion disposés en travers , et parcourus dans leur longueur par des conduits excréteurs , dont le tronc impair s'abouche dans le cloaque ou le canal uro-génital. Ils sont revétus par le péritoine, et, chez les animaux supérieurs , il se développe vers leur côté dorsal les reins, vers leur côté ventral, en dedans , et dans des plis particuliers du péritoine , les organes plastiques de la génération, tandis que les conduits de ces derniers organes apparaissent à leur côté externe. Sans avoir de connexions organiques avec aucune de ces formations, ils paraissent les précéder et en tenir lieu , surtout des organes urinaires , pendant les premiers temps de la vie embryonnaire.

1° (Chez les Batraciens, ils paraissent à une époque où la cavité du corps ne contient encore d’autres viscères que le cœur et le canal intestinal. Ils se montrent à la partie la plus

(4) Loc. cit., p. 355-375.

(2) Die Okenschen Kærper oder die Primordiatnieren , p. 4. (3) Bildungsgeschichte der Genitalien, p. 94, 407.

antérieure de cette cavité, sous la forme de deux corps lenticulaires , très-éloignés l’un de l’autre, placés sur les côtés de la racine aortique à deux branches, et qui n’acquièrent jamais un volume considérable. Il en part deux longs canaux, médiocrement amples , qui convergent l’un vers l’autre en arrière , et sont attachés à l'extrémité de l'intestin , dans lequel ils s’abouchent sans le moindre doute. Mais, chez tous les autres animaux vertébrés supérieurs aux Batraciens , les corps de Wolff se produisent sous de bien plus fortes dimensions ; primordialement ils apparaissent, et cela également à une époque où le cœur et le canal intestinal sont encore les seuls viscères contenus dans la cavité du corps, sous l’aspect de deux longues masses, étroites, minces, eflilées vers leurs deux extrémités , la postérieure surtout ; ces masses, constituées par un blastème amorphe, s'étendent depuis l'extrémité antérieure de la cavité du tronc jusqu'à la postérieure, par conséquent à peu près depuis la région des arcs branchiaux postérieurs jusqu'à l'issue de l'intestin; elles sont très-rapprochées l’une de l’autre, et placées sur les deux côtés de l'aorte, au dessous des deux troncs postérieurs des veines du corps ( veines cardinales), ou en général immédiatement au dessous de la paroi dorsale du corps, et sous le rapport de la forme , de la couleur, du volume, elles ont une grande analogie avec tes reins de beaucoup de Poissons osseux. Plus tard, chez les animaux vertébrés supérieurs, elles s’écartent de plus en plus l’une de l'autre, mais s éloignent bien plus encore tant du cœur que de l'extrémité de l'intestin , parce qu’elles ne s’allongent point dans la même proportion que le tronc. Plus une espèce est élevée dans la série animale , plus aussi les corps de Wolff augmentent de volume et de largeur, en proportion de la durée entière du développément de l'animal. Chez les Mammifères, ils acquièrent leurs plus fortes dimensions long-temps avant le milieu de la vie embryonnaire, chez les Oiseaux, vers le milieu à peu près de cette vie, et chez les Reptiles supérieurs, long-temps seulement après qu'elle est parvenue à la moitié de sa durée. Ensuite, comme le corps enter grossit, ils augmentent également de volume absolu, mais diminuent relativement à la masse totale du

corps. Plus tard encore ils diminuent d'une manière absolue, par lefait de la résorption , et enfin ils dispar Re ment. Mais plus ils ont mis de rapidité à croître, en proportion de toute la durée du développement , plus aussi ils s'effacent de bonne heure , ce qui à lieu un peu plus tôt chez le sexe féminin que chez l’autre. Les Mammifères n’en offrent plus aucune trace après la naissance. Chez une Couleuvre, au contraire, qui avait quitté l'œuf depuis un an et un jour déjà, j'en ai encore trouvé des debris considérables. Chez les Oiseaux , la résorption du faux rein droit commence avant que celui du côté gauche ait acquis son plus grand volume, et il ne reste plus aucune trace du premier, que l'autre est encore assez gros. Dans la Couleuvre, au contraire, le gauche est plus gros que le droit, vers le milieu de la vie embryonnaire, et il disparaît aussi à un plus haut degré que celui-ci. Chez les Mammifères , les deux corps de Wolff ont toujours un volume à peu près él

2° Du blastème primordialement amorphe ‘de chacun des corps de Wolff se produisent de très-bonne heure un vaisseau particulier, un conduit excréteur, que j'appelle faux uretère, et un très-grand nombre de ramifications vasculaires sanguines. Chez les Batraciens , le conduit excréteur du faux rein lenticulaire part à peu près du milieu du côté interne de ce dernier. Mais, chez les animaux supérieurs, notamment les Mammifères ($ 329, 1°), chez lesquels chaque corps de Wolff est allongé et d’abord fort étroit, un canal semblable se forme dans toute sa longueur, à son bord externe , quoique néanmoins tantôt plus haut et tantôt plus bas, selon les espèces. Il s’insère à l'extrémité du canal intestinal , s’y abouche, et ne tarde pas à acquérir une texture membraneuse.

3° Dans le reste du blastème du faux rein, il se produit, comme Muller l’a reconnu le premier chez les Oiseaux et les Mammifères, et comme je l'ai remarqué depuis chez la Couleuvre , de petits sacs courts, en forme de paniers ou de massues, dont chacun se continue, à angle droit , avec le conduit excréteur , par son extrémité amincie, tandis que l’autre extrémité, terminée en cul-de-sac, est placée à distance du conduit. Ces petits sacs sont disposés en une série simple, et

retenus ensemble par le reste du blastème. J'ai trouvé à dans Ia Couleuvre, que les antérieurs paraissent les premiers , LE les postérieurs en dernier lieu. Chez les Batraciens, ils n’acquièrent qu'une médiocre longueur, affectent également plus ou moins la forme de massue après avoir pris tout leur développement , et leur ensemble représente en quelque sorte un goupillon ou un pinceau. Chez les animaux vertébrés supérieurs , au contraire , ils s’allongent beaucoup, ce qui fait qu'ils se transforment en vaisseaux particuliers et d’une longueur considérable. Si l'on examine le faux rein après que sa Structure vasculaire s’est déjà complétement développée , on trouve que chacun de ses vaisseaux particuliers se compose de deux moitiés , l’une plus large , l’autre plus étroite et la plupart du temps aussi plus longue. La première est située à Ia surface, et l'autre en grande partie dans la profondeur de l'organe. Les moitiés plus larges de tous ces canaux sont étalées les unes à côté des autres en une couche ; en général isolées, plus rarement, ce qui arrive surtout chez les Ophidiens et les Sauriens, réunies deux à deux en un tronc fort court, elles aboutissent l’une après l’autre au faux uretère; elles sont peu flexueuses, et forment, par leur portion la plus large, des demi-anneaux plus ou moins ouverts, suivant les espèces d'animaux. C’est chez les Mammifères que les extrémités de ces demi-anneaux sont le plus distantes l’une de l’autre ,et chez les Oiseaux qu'elles le sont le moins. Quant aux moitiés plus grêles, elles sont très-flexueuses et contournées, unies ensemble par une plus grande quantité de substance muqueuse que les autres moitiés , et tellement entrelacées, qu'il est diflicile d’en suivre la marche et d'arriver jusqu'à leur extrémité : elles conservent à peu près la même ampleur dans tout leur trajet, tandis que les autres moitiés sont fréquemment un peu étranglées çà et là ; elles se terminent en Cul-de-sac , et généralement ne se divisent point : les Mammifères sont les seuls animaux chez lesquels il m'ait semblé voir quelquefois un de ces vaisseaux se partager ‘en deux branches. Relativement à leur direction et à toute leur marche, chez les Reptiles supérieurs et les Oiseaux, ils partent du côté inférieur du faux uretère , se réfléchissent d'a-

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