‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 69 sur 79 · PRES · texte numérisé non relu

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bord autour du côté interne et inférieur, puis autour du bord supérieur du faux rein, et s’enfoncent ensuite dans le côté externe de l'organe, au dessus du faux uretère.Chezles Mammifères, au contraire, ils affectent une direction inverse, c’est-à-dire qu'ils partent du côté supérieur du faux uretère, montent au côté externe de l'organe, en contournent le bord supérieur, pour se porter en dedans, et s’infléchissent là, pour pénétrer dans la profondeur; mais ici la moitié la plus épaisse de chacun d'eux ne se continue point encore avec la plus mince, et elle se rend encore jusqu'à peu près à la région du faux uretère , attendu que cette partie plus profonde se rattache immédiatement à l’autre superficielle, et forme avec elle une anse. Relativement à la texture , il y aurait à noter que tous ces canaux sont formés d’une substance peu transparente, peu élastique, friable et rigide, tandis que le faux uretère est très-transparent et entièrement membraneux ; leur paroi , qui est assez épaisse, proportionnellement à la cavité ,se maintient toujours tendue, de sorte que le canal ne s’affaisse point, même lorsqu'on vient à le couper en travers.

4° Les faux reins sont très-riches en ramifications vasculaires , et, une fois parvenus au point culminant de leur développement , ils sont, après le foie , les organes qui reçoivent le plus de sang. Chez tous les animaux supérieurs aux Batraciens, chacun d'eux reçoit immédiatement de l'aorte une multitude de branches courtes, transversales, et médiocrement grosses, qui sa ramifient ensuite dans son intérieur. Les corps de Wolff des Ophidiens sont ceux auxquels il arrive ainsi le plus de vaisseaux ; maisils sont aussi ceux qui présentent le plus de longueur. Ceux des Mammifères en reçoivent beaucoup moins, six à sept chez le Cochon, et ceux des Oiseaux moins encore. Aux branches vasculaires tiennent une multi-

tude de glandes sanguines , qui , en général, ressemblent aux

granulations de Malpighi des reins, et dont les plus nombreuses se voient chez les Ophidiens. Chez ces derniers animaux , Comme aussi chez les Sauriens et les Oiseaux, elles figurent de petites grappes , attendu qu'elles semblent consister en plusieurs vésicules arrondies très-petites, ct en un

fort court pédicule grêle et droit. Du moins m'a-t-il été impossible jusqu'ici de déterminer si les points rouges qu’on y aperçoit sont autre chose que des vésicules. Chez les Mammifères , chacune de ces glandes sanguines représente un petit bouquet composé d’un peiit nombre de branches artérielles, dont on compte ordinairement trois à quatre dans le Cochon, etquatre à huit dans la Brebis, qui sont très-dilatées, indivises, contournées presque en vrille, ou même entortillées ensemble. Les animaux qui en ont le plus sont les Ophidiens, et ceux qui en ont le moins les Mammifères ; on n’en voit que trente à quarante chez le Cochon. Elles se trouvent toujours au côté concave du faux rein , celui qui regarde en dedans et en bas, et d’abord elles sont placées tout à la superficie, sous le péritoine ; mais, plus tard, Surtout chez les Mammifères , elles S'enfoncent un peu davantage entre les vaisseaux particuliers de ÂBurs organes : cependant ces vaisseaux n'en tirent point leur origine , ainsi que J. Muller l'a démontré le premier pour les Mammifères.

be Le sang amené aux faux reins par l’aorte est ramené d’abord par les deux gros troncs veineux ( veines cardinales ), qui, de la queue, se rendent à la région du cœur, immédiatement au dessous de la paroi du corps et sur Les deux côtés de l'aorte , et qui reçoivent des corps de Wolff un grand nombre de petites branches disposées à la suite les unes des autres. Mais lorsqu'ensuite la veine cave postérieure se forme, c'est elle qui reçoit le sang de chaque organe, et qui même finit par le ramener à elle seule, chez les Ophidiens, les Sauriens et les Oiseaux par deux, chez les Mammifères par quatre branches , d’inégale calibre, dont la plus grosse sort du milieu des deux organes, et la plus petite de leur partie postérieure. Chez les Mammifères, les deux troncs veineux finissent par diminuer de volume, et même disparaître , ce qui fait que toute connexion cesse entre eux et les faux reins; mais chez les Ophidiens, les Sauriens et les Oiseaux, leur partie postérieure persiste, et continue d’avoir des relations avec ces organes ; Cependant , lorsque leur moitié antérieure a disparu totalement, la postérieure n’en ramène point de sang, ce dont je suis au moins certain en ce qui concerne les Ophi-

diens et les Sauriens ; loin de là même , elle leur en amène de la queue et des parties du tronc situées immédiatement au devant de celle-ci. |

6° Les faux reins correspondent aux véritables reins, sous le rapport non seulement de leur structure, mais encore de leurs fonctions , et ils en sont les remplaçans. Chez les Mammifères , ils sécrètent, comme ces glandes, un liquide aqueux, ténu et limpide; mais, chez les Ophidiens et les Oiseaux (1), leur sécrétion est plus consistante, et l'on remarque, tant dans leurs vaisseaux propres que dans leurs conduits excréteurs , une matière blanchâtre ou jaune , qui, suivant toutes les probabilités , consiste principalement en acide urique. |

7° Les faux reins augmentent beaucoup de volume en tous sens, pendant un laps de temps assez long après leur apparition ; cependant ils ne s’allongent point proportionnellement au tronc, en arrière duquel ils restent beaucoup sous ce rapport , de sorte qu'ils s'éloisnent de l'extrémité postérieure de sa cavité et bien plus encore de l’antérieure. La portion de leurs conduits excréteurs saillante en arrière, qui est d’abord fort courte, et qui prend son attache à l'extrémité du canal intestinal, va toujours en s’allongeant, et, chez les Serpens surtout, elle acquiert une longueur considérable. Mais dès avant que les faux reins eux-mêmes soient devenus plus petits d’un manière absolue, leurs conduits excréteurs commencent à disparaître , ce qui a lieu d'avant en arrière : en même temps, un nombre de plus en plus considérable de canaux propres de ces organes semblent s'unir ensemble, également d'avant en arrière, avant de se continuer avec les conduits excréteurs. Il est de règle que les conduits excréteurs aient disparu jusqu'aux moindres traces avant l'effacement complet des faux reins : du reste, il n'a pu être complétement démontré jusqu'ici que les conduits de Gaertner, qu'on trouve chez les individus femelles de quelques Ruminans, soient des débris de ces canaux , comme Jacobson (2) le prétend ) (3).

(1) Muller, loc. cit., p. 26.

(2) Loc. cit., p. 47.

(3) Addition de Rathke.

ARTICLE IX

Du développement de la portion permanente du système uro-genital.

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