‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 4)Chapitre 71 sur 79 · I. Les conduits de la génération, à l'état d'indifférence · texte numérisé non relu

I. Les conduits de la génération, à l'état d'indifférence

4° Chez les animaux sans vertèbres et les Poissons osseux. sont des prolongemens immédiats des organes génitaux plastiques. |

(Dans l'Ecrevisse, ces derniers envoient de chaque côté un petit prolongement, qui augmente de longueur avec rapidité, se porte vers le bas, s’infléchit du côté du foie, en-passant:au dessus de lui, cherche à atteindre la racine d'une des pattes: de derrière, et en même temps devient de plus en plus manifestement creux, c'est-à-dire acquiert de plus en plus la forme d'un canal.

Les conduits se forment de même, chez les. Poissons osseux , par l'allongement des organes plastiques de la. génération ; en d’autres termes, la substance plastique qui.se dépose derrière ces organes va toujours en augmentant d'avant en arrière.

2° Dans les Squales , les Raies et tous les autres animaux. vertébrés supérieurs, ces mêmes conduits. naissent comme parties indépendantes , séparées des organes. plastiques de la. génération, et sous la forme de filamens étendus en. ligne droite , de même grosseur partout, qui ne tardent pas à, se. creuser intérieurement et à se transformer ainsi en Canaux.

Chez les Raies , les Squales et les Batraciens , ils se forment. à la face inférieure ou au bord externe des reins et dans. toute la longueur de ces orsanes : chez les Batraciens, ils naissent aussi en partie des uretères ; mais chez tous les autres. animaux vertébrés , ils se développent dans toute la longueur des faux reins, et à leur bord externe, soit à leur face supérieure , soit à leur face inférieure) (4).

Dans l'embryon humain, ils ne sont pas beaucoup plus gréles, pendant leur état d’indifférence, que les organes plastiques, de la génération; mais ils ont plus de longueur, car ils. les dépassent d'abord, puis descendent à leur côté externe, et se réunissent, au dessus du bassin, en un conduit com-

(1) Addition de Rathke.

mun (1). Ce qui prouve qu'ils se forment d’une manière indépendante, c'est que, dans les cas d’anomalie, on trouve quelquefois une matrice sans ovaire, ou des canaux déférens sans testicules (2); l’oblitération anormale des oviductes (3) ou des canaux déférens (4) paraît être aussi le résu!tat d’un arrêt de développement, qui a fait que ces parties sont demeurées pleines dans une certaine étendue, ou ne se sont pas transformées entièrement en canaux.

IT. La cessation de l’état d’indifférence consiste sous le point de vue le plus général, en ce que les conduits déférens deviennent plus longs et les oviductes plus larges.

3° (Dans l’Ecrevisse, les conduits déférens s’allongent, assez long-temps seulement après l’éclosion, mais à tel point qu'ils sont obligés de s’enrouler plusieurs fois sur eux-mémes. Les oviductes ne croissent qu’en proportion de la totalité du corps, mais ils acquièrent beaucoup plus d'ampleur que les canaux déférens. Chez les Lépidoptères, ces derniers partent du bord interne des testicules, et se portent en arrière , puis en bas, en contournant l'intestin ; ils s’élargissent beaucoup et se raccourcissent un peu pendant l’état chrysalidaire ; mais, comme le raccourcissement du corps ramène les testicules plus en arrière, ils sont forcés de décrire quelques circonvolutions. Les oviductes, qui suivent la même marche , se dilatent également, mais se raccourcissent davantage encore, de sorte qu'à la fin ils semblent avoir entièrement disparu.

h° Chez les animaux vertébrés supérieurs, dont les conduits génitaux naissent séparés des organes plastiques de la génération, l'extrémité antérieure de l’oviducte s’allonge d’abord en pointe, s'ouvre quand le tout devient creux, et s’élargit peu à peu en entonnoir ; le canal entier acquiert également une ampleur toujours croissante , s’allonge, et décrit plus ou moins de circonvolutions ; en même temps, ses parois s’épaississent , et il s’y développe une membrane muqueuse,

(4) Meckel , Manuel d’Anat., t. IT,

(2) Meckel, Handhuch der pathologischen Anatomie ,t. T, p. 686, (3) Jbid., p. 662.

ainsi qu’une tunique celluleuse, et de plus une membrane musculeuse, chez la plupart des animaux. Le conduit déférent n'acquiert jamais autant d’ampleur que l'oviducte de la même espèce d'animal , et il n'arrive pas non plus à la même longueur chez un grand nombre d'animaux ; dans le Cochon et la Brebis , par conséquent aussi chez tous les Mammifères probablement, au bout d’un certain laps de temps äl s'ouvre à son extrémité antérieure, comme le fait l’aviducte, mais plus tard il se referme de nouveau ) (1).

Dans l'embryon humain , l’oviducte est d'abord beaucoup plus épais et plus long ; il s’ouvre en entonnoir au quatrième mois, acquiert alors une cavité très-spatieuse , et décrit des circonvolutions , de sorte qu’à partir du huiuème mois il est plus contourné que chez l'adulte. Quant au canal déférent , tant que le testicule se trouve dans la cavité abdominale , il descend en ligne droite, comme continuation de l’épididyme ; cependant , au quatrième mois , il se réfléchit un peu de bas en haut, à son extrémité inférieure, pour redescendre ensuite, et dès le cinquième mois il est un peu contourné à son extrémité supérieure.

III. Du côté de l’organe génital plastique il se dévelo ppe, aux conduits génitaux , des canaux contournés, qui représentent les épididymes et les ovaires accessoires.

5° ( L'épididyme se forme de la manière suivante, dans les Sauriens ; tandis que le canal déférent commence à perdre ses connexions avec le faux rein, qui disparaît , il s’allonge, s'entortille, et forme, dans sa moitié antérieure , qui est la plus grosse, un Corps pyramidal , dont l'extrémité antérieure se confond peu à peu avec le testicule , de sorte qu’elle finit par se continuer immédiatement avec les vaisseaux séminifères de ce dernier.

Dans les Ophidiens , après leur sortie des enveloppes de l'œuf , j'ai trouvé , à l'extrémité antérieure du canal déférent qui marche le long du faux rein, un tubercule gélatineux , paraissant encore entièrement plein, qui était uni d’une manière intime avec le testicule, par le moyen d’une pointe de

(4) Addition de Rathke.

médiocre longueur, et qui probablement se développe plus tard en épididyme. |

Dans des embryons de Brébis du troisième mois, chez lesquels:les vaisseaux particuliers du faux rein déjà réduit de beaucoup , n'avaient plus aucune connexion avec le conduit déférent, j'ai vu que l'extrémité antérieure de ce dernier ‘décrivait une multitude de circonvolutions, très-rapprochées les unes des autres et unies ensemble par un tissu cellulaire lîche , et qu'elle était soudéé au testicule. J'ai aperçu la même chose dans les Cochons , vers le milieu de leur vie embryonnaire. L'épididyme ne tiré donc pas son origine du faux vein , pendant la disparition de ce corps, comme je le ‘pensais autrefois ; mais il est formé par le conduit déférent Jui-même ) (1).

Chez lembryon humain l'épididyme, durant la dixième semaine , descend derrière le testicule, ét un peu en dehors de lui ; au quatrième mois, il est plus gros , proportionnellement à cet organe , que dans les temps antérieurs et subséquens; au Cinquième mois, son extrémité inférieure est déjà un peu contournée , et au sixième, son extrémité supérieure s'élève légèrement au dessus du testicule.

6° Dans les embryons femelles, on trouve un organe analogue , mais qui disparaît biemôt, et que nous appellerons ovaire accessoire. Il s'arrête de très-bonné heure à un degré inférieur de formation ; car ses Canaux ne se continuent jamais avec les oviductés. Wrisberg (2) l'avait déjà observé dans le Cochon , et décrit sous le nom de corps pampiniforme. Rosenmuller (3) l’a découvert dans les embryons humains. C’est un corps conique et aplati, contenu dans un repli du péritoine, et dont le sommet se dirige vers l'extrémité supérieure de l'ovaire. Il consiste en conduits très-déliés, qui marchent flexueusement à sa base, mais se redressent vers l'ovaire et y disparaissent. Meckel n'a pu injecter ces conduits ni par l'ovaire ni par l'oviducte (4).

(1) Addition de Rathke.

(2) Commentationes , p. 285.

(3) Quædam de ovariis embryonum , p. 14.

(4) Beitræge , t. II, €ah, 2, p. 180,

IV. Les réservoirs de la génération, ou les dilatations des conduits génitaux du côté de la sphère extérieure du système génital, n'existent point primordialement, et se forment peu à peu.

4° Dans les larves de Lépidoptères, les vésicules séminales paraissent sous la forme de petits tubercules blanchâtres, qui se rapprochent l'un de l’autre pendant l'état chrysalidaire, se distendent considérablement sur les côtés, et se métamorphosent peu à peu en deux longs canaux fortement contournés. |

Dans les Batraciens, les extrémités des oviductes se renflent , durant l'été au devant du cloaque en des sacs qui ne tardent pas à croître, et qui, à l'automne, s'appliquent l’un contre l’autre. Vers la même époque se forment les vésicules séminales , qui sont des dilatations des conduits déférens.

Chez les Oiseaux, la dilatation de l'extrémité postérieure de l’oviducte se développe dès le onzième ou douzième jour.

8o Dans les Mammifères, selon Valentin (4), les conducteurs de la génération se réunissent, pendant leur état d’indiftérence, en un conduit impair, qui s'abouche dans le canal uro-génital. Chez le sexe masculin, ce canal se raccourcit et rentre dans le canal uro-génital, de sorte qu’alors les conducteurs ont ici deux orifices, tandis qu'en méiné temps ils produisent, par .une sorte de hernie, les deux vésicules séminales , qui demeurent petites et peu développées: Chez le sexe féminin, le conduit impair se développe en matrice. Par conséquent, dans l'embryon humain aussi, celle-ci se montre la continuation des oviductes réunis sous un angle aigu. Au troisième mois, les extrémités inférieures des oviductes se dilatent un peu, et forment les cornes de la matrice, qui peu à peu deviennent plus courtes et plus larges, ne se réunissent plus sous un angle si aigu, et disparaissent à la fin du quatrième mois, de sorte qu’alors il se produit une cavité simple. En mémoire des cornes qui existaient précédemment , le bord supérieur de la matrice offre

(4) Entwickelungschichte des Menschen, p. MAT,

encore une Concavité à cette époque; il devient droit au cinquième mois, et convexe au sixième. Les orifices des oviductes sont d’abord larges , et deviennent peu à peu plus étroits. Comme la matrice est d'abord munie de deux corps, le col est la partie impaire qui se forme la première , et c’est de lui que part le développement pour gagner peu à peu vers le fond : de là résulte qu'au cinquième mois, la paroi, d'abord également mince partout, est plus épaisse au col qu’au fond. Jusqu'au sixième mois la matrice se trouve encore toute entière dans le grand bassin, puis elle descend en partie seulement dans le petit , et vers la fin de la vie embryonnaire elle acquiert un volume proportionnellement plus considérable que celui qu'elle aura plus tard. D'abord elle se continue avec le vagin sans faire de saillie, ensuite l'ouverture extérieure se forme peu à peu, et la portion vaginale croît rapidement, de sorte qu'elle est, proportion gardée, beaucoup plus grosse, plus bngue et plus large, qu’à une époque postérieure.

L'occlusion de la matrice (4), sa scission (2), et l'absence des vésicules séminales (3) sont différentes formes de l'arrêt de développement de ces organes.

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