‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 19 sur 81 · SUBSTANCES ORGANIQUES EXTRAITES DU SANG PAR L'ART · texte numérisé non relu

SUBSTANCES ORGANIQUES EXTRAITES DU SANG PAR L'ART

$ 682: Outre les matériaux immédiats dans lesquels le Sing des Mammifères se partage toujours de lui-même , ôn à encore extrait de cé liquide d’autres sortes de substances animales, dont l'existence réelle et générale dans le sang est plus ou moins problématique. En effet , quelques ünes d’éntre elles n'ont été trouvées qu'après l’action de puissances chimiques douées d’une grande énergie, de sorte qu'il n’est point hors de vraisemblance qu'elles tiraient leur originé d’une portion dü sang, dont on connaît la grande tendance à sè décomposer , et qu’en conséquence elles n'étaient que des métamorphoses ou de nouvelles combinaisons d'albumine , de cruôf et de fibrine. Si l’on rencontre quelquefois dans le sang des substänces qui appartiennent en propre à certains liquides sécrétoires, ce n'est point là une preuve que leur présence y soit normale, puisque le sang vivant lui-même est continuellement en échange de matériaux avec le reste de l’organisation. Il se peut qu'après la suppression d’une sécrétion, une substance

analogue à son produit se développe dans le sang, sans qu'on soit pour cela autorisé à croire qu’elle y préexiste généralement. D'un autre côté , et plus fréquemment encore, des produits de sécrétions peuvent arriver dans le sang par voie de résorption , car il n'est pas rare, comme le dit Velpeau (4) entre autres, qu'en Cas de suppuration d'une partie quelconque , le sang contienne du pus, qu'on ne peut pas plus considérer comme un de ses matériaux essentiels, que le plomb , le mercure, etc., qu'on y remarque également après l’application de ces métaux à la surface de la peau ou des membranes muqueuses.

Les'principes immédiats et les plus essentiels du sang (l’albumine, la fibrine, le cruor) en sont précipités par l'alcool, sousla forme de flocons, après quoi l'on peut extraire du liquide limpide et spiritueux qui surnage des substances organiques particulières et des sels neutres. La méthode la plus simple en pareil cas, est la suivante , qu'indique Lecanu : on évapore la liqueur alcoolique jusqu'à siccité, et l'on traite le résidu par de l’éther.

I. Une portion de ce résidu se dissout dans l’éther, après l’évaporation duquel on traite le reste par l'alcool à froid.

1e L'alcool en dissout une partie, que l’on extrait ensuite, et qui constitue une matière oléagineuse.

2° La portion non dissoute représente une graisse cristallisable.

II. Le résidu insoluble dans l’éther est traité par l'alcool à froid.

1° Une partie se dissout, et donne par l'évaporation une matière extractive.

2° Ce qui n’a point été dissous par l'alcool à froid est mis en contact avec de l'alcool bouillant. On obtient ainsi :

a. Une dissolution d’hydrochlorates, avoc un peu de matière extractive.

b. Un résidu insoluble , qui, traité par l’eau froide,

æ. se dissout en partie, abandonnant à l’eau une combinaison d'albumine avec de la soude et des sels ;

(4) Archives générales, t. VIT, p. 306,

b. laisse un résidu constitué par un mélange d'albumine et de cruor (1).

A l'égard de ces diverses substances :

1° La matière extractive, autrefois appelée sérosité, a été regardée jusqu'ici comme identique avec la substance que Thénard nomme osmazome ( extrait de viande , de Thouvenel; extractif animal, de Marcet). On obtient l’osmazome en faisant agir la chaleur ou l'alcool sur l’un ou l’autre des trois matériaux du sang , comme aussi sur une partie quelconque, solide ou liquide, du corps animal. Quand le sérum ou le cruor est coagulé par la chaleur, l'osmazome reste à l’état liquide, soit autour du caillot, ses dans ses interstices. On peut l'en retirer par l'expression ou par la digestion dans l'eau; après l'évaporation et le refroidissement, elle se présente sous l'aspect d'une gelée. Si l’on fait cuire ensemble de la fibrine et de l’eau, dans une machine de Papin, une partie de la première se convertit en osmazome et se dissout dans le liquide, qui: soumis ensuite à l’évaporation, laisse un résidu blanc, sec et friable ; la fibrine restante à perdu sa so- Jubilité dans l'acide acétique, ce qui annonce qu'elle a subi une décomposition. On obtient également de l’osmazome en faisant digérer de l’albumine sèche ou coagulée , du cruor, ou de la fibrine. Si l’on évapore l’eau ou l'alcool, l’osmazome paraît sous la forme d’une substance extractiforme jaune ou d'un brun rougeâtre. Elle n’est point susceptible de cristalliser; son odeur et sa saveur sont celles du bouillon de viande; à l'état sec, elle attire l'humidité de l'air ; exposée à la chaleur, elle entre en fusion, se charbonne, en répandant des vapeurs âcres de carbonate d'ammoniaque et d'huile empyreumatique, et laisse une cendre qui contient du carbonate de soude. Elle se dissout dans l’eau, tant à chaud qu'à froid, et dans l’alcool. Le tannin la précipite de sa dissolution, sous la forme de flocons , qui, à chaud, ne tiennent point les uns aux autres, comme ceux:qui se produisent dans la gélatine. L’acide sulfurique , l'acide hydrochlorique , le nitrate d'argent, celui de mercure et l’acétate de plomb la précipitent également.

(4) Bulletin des sc, méd., t. XXVI, p. 438.

Sa’consistance gélatineuse et sa propriété dé précipiter par ‘le tannin l'avaient fait considérer comme de la gélatiné par Hewson, Fourcroy, Vauquelin ; Parmentier et Deyeux. Mais sa solubilité. dans l'alcool et la nâture du précipité qu’elle donne par le tannin ne permettent point d'admettre ce rapprochement. Bostock l’assimile au mucus, parce que l’acétate de plomb la précipite ; mais cette propriété appartient aussi à l’albumine, et le mucus n’est point précipité par le nitrate de mercure. Brande (1) soutient que la sérosité est de l’albumine, avec un excès de soude, parce qu’une dissolution alcaline d’albumiie ne se coagule point complétement par la chaleur, et que le palvanisme , en séparant la soude , empêche totalement la formation de la sérosité ; mais la ressemblance de la sérosité avec l’osmazome s'élève contre cette manière de voir. Suivant Berzelius, c'est un mélange de matière soluble dans l'alcool et l'eau, avec du lactate de soude, du chlorure de. potassium et du chloruré de sodium, mélange dans lequel lacide lactique se fait reconnaître par l’âcreié de $a saveur, par sa propriété de précipiter au moyen du tannim, par sa coloration en brun jaune, et par l'attraction exercée sur l’humidité atmosphérique. Cependant plusieurs chimistes nient l'existence de l'acide lactique, dans lequel ils ne voient que de lacide acétique; et, en admettant uñe matière particulière soluble dans l'alcool , Berzelius n’a fait que Signaler une lacuüne de la science. Treviranus (2) soutient que l'osmazome ést de l’albumine avec de l'acide lactique , parce qué les acidés font passer l’albumine à l’état gélatineux ; mais cette opinion doit être restreinte en ce sens qu'on peut aussi obtenir de l’osmazome avec la fibriñie pure etavec le cruor. Il est donc permis de conjécturer que , sous l'influence de la chaleur où de l'alcool , une partie de la matière animale attire à elle les chlorures et les lactates , à la faveur desquels elle acquiert là propriété dé se dissoudre dans l’eau et dans l'alcool. Au reste, Lécanu prétend que la matière extractive du sang diffère de l’osmäzome, notamment en ce qu'elle ést PRCIPRADIS par les acides:

(4) Meckel, Deutsches Archiv, t, XI :P. 284.

(2) Biolofé, t, IV, p. 552. :

\ MATÉRIAUX IMMÉDIATS DU SANG: 45 20 L'acide lactique s'obtient de la dissolution d’osmazome dont on a précipité la matière animale par le tannin. Il est d’un jaune brun, fait naître une saveur acide dans la bouche , répand à chaud une odeur piquante, ne cristallise pas, s’humecte à l'air, se dissout dans l’eau et l'alcool ; ne se volatilise point , et donne des sels particuliers , tant avec les terres et les alcalis, qu'avec les oxides métalliques. On ne le trouve qu’en petite quantité dans le sang ; Car, suivant Berzelius, ilne forme , avec la matière animale quireprésente l'osmazome par son mélange avec lui, qu’un deux cent cinquantième du sérum. Berzelius admet , il est vrai seulement pour être conséquerit avec ses idées sur la nature excrémentitielle des acides animaux, qu'il ne se forme point dans le sang, mais s’y introduit par là résorption , afin d'être ensuite évacué. Cependant on peut aussi se demander s'il ne se produirait pas dans le sang par l’effet d’une décomposition, comme il prénd naissance dans le lait et dans plusieurs substances végétales par celui dela fermentation acide. | 3° On ne découvre ordinairement point de graisse libre dans lé sang. Deyeux et Parmentier n’en ont jamais trouvé. De quelque quantité d’eau qu'on étende lé sérum et le cruor, ils demeurent toujours clairs , et si l'on prétend qu'un péu de graisse s'imprègne dans le papier à travers lequel où filtre du sang frais (1), toujours est-il que ce phénomène n’a point lieu dans les cas ordinaires , et que la tache qu’on remarque alors sur le papier n’est pas #rasse. On a quelquefois trouvé le sang, où son sérum, blanchâtre et d'apparence laiteuse. Ce n’est pas toujours de la graisse qui lui communique alors ces qualités , comme il résulte manifestement dés recherches de Hunter ; elles dépendent parfois d'un mélange de chyle, car Prout, entre autres, les a surtout observées dans le sang tiré quelques heures après le repas (2), ou bien elles sont dues à du lait absorbé , ce dont Anderson à vu un cas chez un homme qui , trois heures après avoir bu beaucoup de lait, fut saighé pour des douleurs qu’il éprouvait à la région épigastrique , et

(4) Weber, Anatomie des Menschen,'t. 1, p. 99. (2) Meckel, Déutsches Archiv, it. V, p.245.

dans le sang duquel l'analyse chimique démontra la présence du Jait (1). Mais il y a des cas où l'apparence laiteuse du

sang tient réellement à la présence de la graisse. Thackrah (2) s’en est convaincu chez des animaux chargés d'embonpoint, comme aussi chez de jeunes animaux (à la mamelle? ), à la surface du sang desquels se formait quelquefois une pellicule crémeuse. Adams dit avoir trouvé, sur le sang de la veine cave et°des sinus cérébraux d'un homme replet ,et mort tout à coup d’empoisonnement , une si grande quantité de graisse qu’on pouvait l'enlever avec une cuiller (3). Hewson n’a rencontré de la graisse dans le sang que chez les personnes qui avaient une mauyaise digestion et qui éprouvaient de fréquens vomissemens (4). Thackrah (5) en a observé chez un épileptique, atteint en outre de pléthore et d’une inflammation du bas-ventre; Stoker (6) chez un diabétique; Marcet (7) , dans la diabète et l'hépatite ; Sewart Traill (S) dans l’inflammation et le delirium tremens ; Christison (9) dans le rhumatisme aigu et l’inflammation. Suivant ce dernier, le sérum avait une pesanteur spécifique moindre que'de coutume; la graisse s’y élevait de 0,03 à 0,05 ; elle avait une: forte odeur d'huile, conservait l’état solide à vingt-cinq degrés de l'échelle réaumurienne , ne devenait complétement liquide qu’à vingt-huit, et, à trois degrés au dessus de zéro, se séparait en élaïne et en oléine, quand on l’étalait sur du papier gris. Sewart Traill a extrait 0,025 à 0,045 de graisse d’un sérum lactescent, en le faisant évaporer. D'après tous ces faits la graisse n'existe que rarement à l’état de liberté dans le sang , et l’on ne peut douter qu’elle n'y soit parvenue par absorption, chez des sujets dont la plupart étaient frappés de maladie.

(1) Archives générales, t. XXIIT, p. 416.

(2) Loc. cit., p. 34.

(3) Bulletin des sc. médic., t. XI, p. 248.

(4) Experimental Inquiries , t. 1, p. 441-450. (5) Loc. cit., p. 420,

(6) Scudamore, Versuch ueber das Blut, p. 146. (7) Hunefeld , Loc, cit., t, IT, p. 225.

(8) Archives générales, t. IL, p. 294.

(9) Froriep, Notizen ,t. XX VII, p. 284,

MATÉRIAUX IMMÉDIATS DÜ SANG. sd

Home (1) a trouvé de la praisse dans le sang des Raies et des Saumons, et il admettait qu'elle existe également dans celui de l'homme, mais à l’état de combinaison. Cette opinion est assez généralement adoptée, parce qu’en effet on obtient de la graisse lorsqu'on agite du sang avec de l’éther , ou qu'on le fait soit digérer, soit bouillir dans de l'alcool , et qu'après avoir filtré la liqueur, on l'évapore à siccité , ot on la précipite par l’eau. Mais, quoique Chevreul étedé que ces manipulations ne font rien perdre de leurs qualités primitives aux matériaux immédiats du sang , il ne s’en élève pas moins des doutes contre l’opinion qui suppose l'existence de la graisse toute formée dans le sang. Une substance grasse ou huileuse se produit dans diverses décompositions de matières végétales, comme lorsqu'on traite le gluten par des acides, ou même seulement'quand on fait agir des vapeurs aqueuses sur du charbon de bois incandescent. Il s’en forme une aussi pendant la décomposition complète du sang par la putréfaction , de même que par l’action de l'acide sulfurique ou de l'acide nitrique. Pourquoi l'éther et l'alcool ne donneraient-ils pas lieu au même phénomène? L’éther a besoin, pour se charger d'huïle, de rester mêlé pendant plusieurs jours avec le sérum, suivant Babington (2), et l'alcool ne prend de la graisse qu’à la condition du concours de la chaleur. Or un traitement semblable fait obtenir de la graisse non seulement de chacun des trois matériaux immédiats du sang indistinctement, mais encore du cerveau, des nerfs, des muscles, des membranes fibreuses , de l’épiderme , des poils, des ongles et de tous les liquides albumineux , même des substances azotées en général. D'après cela, si cette graisse préexistait, elle ne serait point une substance particulière , mais bien la matière animale générale. De plus, si elle entrait réellement dans le sang, Comme principe constituant, sa quantité devrait être jusqu'à un certain point proportionnée à l’état de la nutrition; mais Denis ( G), qui d’ailleurs voit en elle un véritable élément du sang, n'a jamais remarqué rien de semblable ,

(4) Fdétur MU II, p'24

(2) Medico-chir uit review, t. XX VII, p. 208.

(3) Rech. expér sur le sang, p. 296.

nà + MATÉRIAUX IMMÉDIATS DU SANG.

malgré le grand nombre de ses recherches , et le sang traité par l'alcool lui a donné , terme moyen, 0,0076 de graisse chez les personnes grasses et pléthoriques, tout comme chez les sujets maigres et exsangues. Il fait remarquer (1) que cette graisse exhale encore une odeur d’esprit-de-vin, quoiqu'on ait employé une chaleur forte et soutenue pour en chasser l'alcool, circonstance qui indique une combinaison intime. D'ailleurs, elle diffère d’une manière essentielle, non pas seulement de celle qui existe dans le tissu cellulaire, mais même encore de celle qui, d’après les observations précédentes, se rencontre parfois à l’état de liberté dans le sang; en effet, d'après Chevreul, elle contient de l'azote et du phosphore, ce qui fait qu’en brûlant elle donne de l’ammoniaque et de d'acide phosphorique ; elle cristallise en lames brillantes , elle forme émulsion avec l'eau , et elle n’est point sanoni fable par les alcalis, de sorte qu ‘elle ne peut pas être combinée avec la soude dans le sang. Tout porte donc à penser, qu'elle n’est qu'un simple produit de la décomposition. Du reste, indépendamment de la graisse rouge , Denis (2) a encore trouvé des traces d'une autre graisse blanche; mais Lecanu distingue une matière huileuse, qui se dissout à froid dans l’alooo! , et qui laisse à l'incinération un résidu sans Ga. se dissout dans l'alcool Danillas es et donne par la combustion une cendre contenant de lie phosphorique.

A° On a admis une série de matières colorantes. particulières comme entrant dans la composition du cruor, parce qu’en variant les modes de décomposition, on a obtenu des produits diversement colorés, et ces diverses matières ont reçu des noms Spéciaux. | |

Suivant Vauquelin, on obtient la matière colorante du sang en versant sur le caillot quatre parties d'acide sulfurique, préalablement étendues de, huit parties d'eau, chauffant le tout pendant six heures à une température de 56e Réaumur , filtrant la liqueur, et ajoutant de l'ammoniaque; le précipité

(1) Loid., p. 85.

(2) Jbid., p. 404,

Le

qui se produit est purpurin; la dessiccation le rend noir et brillant , et il ne contient pas de fer (1). Mais il est impossible que ce soit là un principe organique ; car nulle substance organique ne pourrait supporter une telle action de la part de l'acide sulfurique et de la chaleur, sans se résoudre en ses élémens, qui donneraient lieu à de nouveaux produits. Du reste , cette matière colorante se distingue suffisamment du cruor par son insolubilité dans l’eau et sa grande solubilité dans les acides et les alcalis, avec lesquels elle donne des liqueurs purpurines. |

5° La globuline de Lecanu se prépare en prenant du sang frais , fouetté et étendu d’eau, y versant du sous-acétate de plomb, pour précipiter l’albumine , filtrant la liqueur, précipitant le plomb par du sulfate de soude, séparant l'acide hydrochlorique par l'alcool et l’ammoniaque, et lavant le résidu avec de l’eau bouillante. Elle est d'un rouge brun, contient du fer, ne se dissout ni dans l’eau ni dans l'alcool , forme avec l'acide hydrochlorique une combinaison soluble dans l'alcool, et donne par les alcalis une dissolution rouge, dans laquelle le chlore, l’acide hydrochlorique, l'acide acétique et VPinfusion de noix de galle font naître des précipités (2).

6e Suivant Treviranus, il faut comprendre au nombre des matériaux du sang l'acide hématique, qui s'obtient en faisant rougir du charbon de sang avec de la soude, et traitant ensuite le tout par l'alcool ; la liqueur évaporée donne des eristaux jaunâtres et un liquide rouge-brun, qui tous deux rougissent par l'addition du nitrate de fef. Cependant il est reconnu, surtout par Engelhart (3), que cet acide est une combinaison d'acide hydrocyanique avec du soufre ; ou ce qu'on nomme l'acide hydrosulfocvanique , et qu'il ne doit sa production.qu'à la décomposition du sang par la chaleur.

7° Gmelin considère comme le principe colorant du sang la gliadine, que l'on obtient en faisant bouillir le caillot avec de l'alcool , et filtrant la liqueur, d'où elle se dépose en flocons

(1) Meckel, Deuisches Archiv ;'t. TTL, p, 298. (2) Bulletin des sc, médicales, t, XXII, p, 242, | (3) Loc. cit,, p. 28.

gélatiniformes d'un rouge clair. Elle contient beaucoup de fer. Suivant Berzelius , la gliadine est de l'albumine végétale.

8° L’érythrogène est une substance verte, cristallisable , et soluble dans l'alcool , que Bizio a trouvée dans un sang dégénéré par la maladie et putride , et qui, d’après lui, produirait la matière colorante rouge du sang en se combinant avec de l'azote (1).

9° Sigwart admet dans le cruor un pigment brun, de saveur particulière, avec un arrière-sgoût amer, qui se dessèche en une masse résiniforme , s'humecte à l'air, et se dissout complétement dans l’eau. Il en suppose également un jaune dans la sérosité. L’un et l’autre s’obtiennent par la digestion avec l'alcool , et ne sont probablement autre chose que de l’osmazome.

A0° La cruorine, que Denis (2) range parmi les. principes

immédiats du sang, s'obtient en faisant bouillir du cruor où |

de l’albumine, mais surtout de la fibrine , dans de l'eau, filtrant la liqueur, l’évaporant jusqu’à siccité, et lavant le résidu avec de l'alcool chaud. C’est une substance incolore, de saveur agréable , mais cependant un peu styptique , insoluble dans l'alcool, soluble dans l’eau, et précipitable par le tannin. Comme elle est soluble dans l’eau froide, et que cependant on ne peut l'extraire du sang au moyen de l’eau, ces deux circonstances indiquent bien positivement qu'elle n'existe pas toute formée dans ce liquide.

11° On a encore admis Arerses substances indéterminées dans le sang.

Berzelius indique, outre l’osmazome, une matière animale

soluble dans l’eau seulement, et non dans l'alcool. Lecanu regarde cette substance comme de l'albumine gélatineuse , c'est-à-dire comme un mélange particulier d’albumine et de soude.

Home (3) admet, dans le sang, un mucus transparent, élastique et soluble dans l’eau, plus une gelée transparente,

(4) Froriep, Notizen, t, VI, p. 461.

(2) Loc. cit., p. 108.

(3) Loc, cût., t, IIT, p. 27; t, V, p. 400.

également soluble dans l’eau , au milieu de laquellé nage. raient les globules formés de fibrine.

Sigwart dit avoir trouvé , après l'extraction des deux ma-— tières colorantes indiquées plus haut, que le résidu contenait non seulement une matière soluble dans l’eau et l'alcool , et précipitable par le tannin, mais encore une autre matière animale, qui ne se coagule point par la chaleur, et qui produit seulement, par l'évaporation, des pellicules insolubles dans l'eau et l'alcool.

Il n’est pas douteux qu’en variant le mode d'application de la chaleur, de l'alcool, des alcalis , etc., on ne puisse découvrir d’autres substances encore, qui seraient des variations seulement de celles dont nous venons de parler (1°-8°). La connaissance de ces produits pourra enrichir la chimie animale, pourvu toutefois qu’on s'attache à bien faire connaître la série des transformations dont une même substance est susceptible quand on la soumet à des agens divers, qu'on procède d'une manière comparative, et qu'on embrasse le sujet dans sa totalité, au lieu de ne s'attacher qu’à trouver des substances nouvelles, qu'on isole ensuite les unes des autres , et qu'on présente comme autant de matériaux réels du corps organisé.

12° Tiedemann (1) place la ptyaline parmi les principes immédiats du sang. On en a fait de même à l'égard de l’urée, parce qu'elle a été trouvée dans le sang après l’extirpation des reins. Nul doute que, quand les sécrétions seront dérangées ou la résorption augmentée, ce liquide ne puisse contenir aussi de la matière biliaire , de la spermatine , etc.; mais on n'a point encore présenté d’argument satisfaisant à l'appui d'une opinion rangeant un produit sécrétoire quelconque parmi les principes normaux du sang , et, d'après ce que nous savons de cette humeur, il n’est pas à présumer qu'on arrive jamais à établir sûrement de telles hypothèses.

B. Substances inorganiques qui existent dans le sang.

$ 683. Plusieurs substances inorganiques entrent dans la composition du sang.

(4) Traité de physiologie , t. I, p. 337.

Page 1