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1° L'eau se place au premier rang. On l'extrait par l'éva poration à une douce chaleur , et l'on en calcule la quantité d’après la diminution que subit le poids du sang. A la vérité, l'évaluation à laquelle on arrive ainsi n’est point rigoureuse , puisque la vapeur aqueuse entraîne avec elle quelques autres parties du sang ($ 667, 2°); mais l’inexactitude qui résulte de là n'est pas assez considérable pour qu'on ne puisse la négliger.
Terme moyen, la proportion de l’eau aux parties solides du sang est d'environ 0,75 : 0,25. Denis (1) a trouvé pour maximum d'eau 0,86, et pour minimum 0,70, de sorte qu'il porte le terme moyen à 0,78. Thackrah l’évalue à 0,75, Whitinget Lecanu à 0,78, Bostock à 0,88, Berzelius à 0,90 ; les anciennes évaluations, qu’on trouve réunies dans Haller (2), varient de 0,63 à 0,93. D'après les recherches de. Berthold, le sang de la Grenouille contient 0,90 d'eau, celui de la Carpe 0,85 , celui de la Chèvre 0,83, celui du Pigeon et du Mouton 0,82 , celui du Veau et de la Poule 0,80, celui du Bœuf 0,79, celui du Chien, du Chat et du Cochon 0,75, celui de l’homme 0,73 à 0,76.
Le sérum contient à peu près les neuf dixièmes d'eau, de sorte que ce liquide y est, par rapport à l’albumine et aux sels, dans la proportion de 0,9 à 0,1. L’eau du sérum s'élève à 0,678 selon Read Clanny , 0,888 d'après Bostock, 0,875- 0,905 suivant Berzelius, 0,900 d'après Marcet, 0,907 selon Davy. Prevost et Dumas ont examiné le sérum de plusieurs animaux sous ce point de vue , mais sans arriver à aucun résultat spécial ; le sérum du Lièvre était celui qui contenait le moins d’eau (0,890); venaient ensuite ceux de l’homme, du Cochon d'Inde et de l'Anguille , puis du Veau, du Cheval, du Canard, de la Tortue, etc., jusqu’au Pigeon, dont le sérum était le plus riche en eau (0,944). Cependant il ressort de là que la proportion de l’eau aux parties solides du sérum est , à très-peu de chose près, la même chez les divers animaux vertébrés.
(4) Loc, cit., p. 265.
(2) Elem, physiology, 4, I, p. 98, À
On trouve dans le caillot, terme moyen, 0,730 d’eau et 0,270 de parties solides.
Les matériaux coagulés du sang retiennent de l’eau, le cruor moins que les deux autres (0,54), la fibrine davantage (0,05), et l’albumine plus encore (0,85 à 0,90).
2° Le sang frais et encore chaud, mis sous le récipient de la machine pneumatique, dégage de l'air, répand des vapeurs , et devient écumeux. Il faut que cet air ait été contenu en lui ; car, bien que le sang absorbe l'air atmosphérique avec beaucoup d’avidité, après sa sortie des vaisseaux , il ne se couvre pas moins d’écume lorsqu'on le porte sous le récipient immédiatement après l'avoir tiré. Il bout aussi à gros bouillons sur le feu. Rosa croit que cet air est mêlé, à l’état de gaz, avec le sang. Suivant Ackermann , il y existerait à celui de demi-gaz. L'une et l’autre hypothèses manquent de preuves. Nous n’avons rien qui nous autorise à concevoir l’air autrement que combiné dans le sang, et par conséquent sous forme liquide. Mais il est très-naturel que des circonstances mécaniques et chimiques le déterminent à s'échapper sous celle de gaz. Presque tous les sangs qu'on examine au microscope contiennent des bulles d'air ($ 665), dont il se dégage beaucoup pendant la coagulation ($ 669, 4°). La quantité d’air que le sang laisse échapper paraît être très-variable et dépendre en partie de circonstances accidentelles : Hales l’estimait à un trente-troisième du sang (1). Quant à la nature de cet air, Parmentier et Deyeux le regardaient comme de l'air atmosphérique, tout en avouant que leurs nombreuses expériences n'avaient pas toujours donné le même résultat à cet égard. Krimer (2) dit avoir trouvé;, dans quatre expériences , 0, 18 à 0 26 d'acide carbonique, 0,17 à 0,52 d'oxygène, et 0,56 à 0, 62 d'azote. Ackermann (3) le considérait comme de l'oxygène. La plupart des observateurs ont constaté que le sang frais donne de l'acide carbonique sous le récipient de la machine pneumatique. Brande dit en avoir retiré deux pouces
(4) Haller, Elem. physiol., t. I, p. 421.
(2) l’ersuch einer Physiologie des Blutes, p. 181 , 184.
(3) De combustionts lentæ phænomentis, quæ 7. or ganicam Consti= tuunt , p. 7,
cubes d'une once de sang (1), quantité qui paraît être trop forte. D’après Scudamore (2), la plus grande proportion est d'un demi-pouce cube pour six onces de sang. Cependant, suivant Read Clanny, elle s'élève à 0,06 du sang à l'état de santé (3). Humphry Davy a obtenu de douze onces de sang 1,8 pouce cube de gaz, consistant en 4,1 pouce cube d'acide carbonique et 0,7 d'oxygène. Jean Davy nie, au contraire, que du gaz acide carbonique se dégage hors du cas de putréfaction ; car il refuse cet acide au sang frais, prétend qu'il l'absorbe, et assure qu'il ne le laisse point échapper à la température de soixante-quinze degrés (4). Cependant il se dégage du gaz acide carbonique quand on ajoute de l'acide phosphorique étendu ou de l'acide acétique au sang (5).
3° Outre cet acide et l'acide lactique , dont il a été parlé précédemment ($ 682, 2°), on trouve encore de l'acide hydrochlorique et de l'acide phosphorique quand on décompose le sang; celui-ci principalement combiné avec du fer et de la chaux, dans la cendre du cruor et de la fibrine , celui-là surtout, uni à la soude, dans l'extrait alcoolique de l'albumine. Lorsqu'on rencontre de l'acide sulfurique , il paraît n'être qu'un produit de décomposition , et devoir naissance à l'oxygénation du soufre.
4° Le sang contient de la soude pure , de sorte qu’il verdit le sirop de violettes ; l'action sur les couleurs végétales se prononce plus encore dans le sérum. La soude est unie avec l'albumine , et d’une manière si intime, qu'il est difficile de l'en séparer, qu'on n’y parvient que par de fréquenslavages. Lorsque l’albumine coagulée commence à se décomposer peu à peu , la soude s’eflleurit. Du reste, suivant Denis (6), elle s'élève de 0,001 à 0,002 du sang.
5° Du carbonate de chaux se trouve dans la cendre du sang et de chacun de ses principes immédiats ; on peut l'en ex-
(1) Home, Lectures, t. IL, p. 8.
(2) V’ersuch ueber das Blut, p. 89.
(3) Archives générales de médecine , t. XVIII, p. 290.
(4) Heusinger, Zeitschrift fuer die organische Physik, t, IX, p. 394. (5) Hunefeld , Physiologische Cehmie , t, 1, p. 242,
(6) Loc. cit., p, 274. +
traire par les acides , d'où on le précipite par les alcalis. On le découvre aussi , à l’aide des réactifs, dans une dissolution aqueuse de laquelle on a précipité les substances animales par le moyen du chlore gazeux. Suivant Denis, sa quantité égale à peu près celle de la soude.
6° Les sels forment, suivant lui, 0,0086, et selon Stevens, 0,013 dusang. Ils se composent de chlorure de sodium (0,0042 du sang , d'après Davy}, de chlorure de potassium (0,0036), et de phosphate calcaire (0,0008 ), avec des traces de phosphate de magnésie. Selon d'autres, Berzelius surtout , on y trouve aussi du phosphate de soude. Ces sels s’obtiennent tant en lessivant la cendre et faisant cristalliser la liqueur, qu’en ayant recours aux acides convenables, qu’on précipite ensuite par l’ammoniaque.
7° Parmi les substances combustibles, on distingue le soufre, combiné avec de l'hydrogène , qui annonce sa présence tant par la propriété qu'il a de noircir l'argent exposé aux vapeurs du sérum bouillant, que parce qu'il:se dégage du gaz hydrogène sulfuré pendant la putréfaction ou la distillation de l’albumine et du cruor. Le phosphore , combiné avec du gaz hydrogène , se manifeste également pendant la distillation du sang.
8° On reconnaît la présence du fer dans le cruor brülé : son charbon est attiré par l'aimant, et la cendre donne avec l'acide hydrochlorique une dissolution rouge, de laquelle du fer est précipité par l’ammoniaque , l'hydrosulfate d'ammoniaque , l’hydrocyanate de potasse, et aussi, quand la dissolution a été saturée au moyen de l'ammoniaque , par l’infusion de noix de galle. Le seul cas où l’on ne trouve pas de fer dans la cendre est celui où l’on a ajouté de l'acide hydrochlorique au sang, parce que le chlorure de fer qui se produit alors se volatilise | comme l’a éprouvé Rhades (1), qui, en distillant avec de l'hydrochlorate d'’ammoniaque le résidu de la combustion du caillot, obtint du chlorure dé fer et d’ämmoniaque. Imhof prétendait aussi avoir attiré du fer avec l'aimant, en faisant agir celui-ci sur le caillot non brülé, mais desséché
(4) Diss. de ferro sanguinis humani, p. M,
et réduit en poudre; mais il est vraisemblable qu’une carbonisation partielle avait eu lieu, car l'expérience générale a enseigné que le sang desséché avec circonspection n’est point
affecté par l'aimant (4). Comme on ne peut non plus démon- .
trer la présence du fer dans le cruor liquide à l’aide d'aucun réactif , elle a été totalement révoquée en doute par Wells. Mais Engelhart (2) a découvert que, quand on a fait passer un courant de chlore gazeux à travers une dissolution aqueuse de cruor, de manière à précipiter toute la matière animale , le fer (à l’état de chlorure } peut être démontré dans la liqueur à l’aide de tousles réactifs’, et obtenu en même quantité que de la cendre. IL se précipite également lorsqu'on ajoute de l'acide nitrique à une dissolution de cruor dans de l'hydrocyanate de potasse ou dans de l’hydrosulfate d'ammoniaque (3), comme aussi, selon Prevost et Dumas, quand.on commence par décomposer la matière animale du cruor par l'ébullition avec de l'acide nitrique, et qu'après avoir filtré la liqueur on y ajoute de l’hydrocyanate de potasse où d’ammoniaque (4). |
Quant à ce qui concerne les quantités proportionnelles , Rhades a trouvé dans la cendre du cruor 0,517 de sels solubles dans l’eau et 0,483 de fer; Berzelius a obtenu de cette même cendre 0,500 d’oxyde de fer et 0,075 de sous-phosphate de fer, en tout, par conséquent, 0,546 d'oxyde de fer, ce qui équivaut à 0,379 de fer métallique. Engelhart a trouvé (5) qu'il y avait 0,05 de fer dans le cruor sec. La quantité du fer, dans le sang entier, est, terme moyen, d’un millième. Rhades l’a trouvée, dans un cas, de 0,0049, et dans un autre de 0,0023. Les nombreuses recherches que Denis à faites (6), lui ont procuré un minimum de 0,0005 et un maximum de 0,0020.
(1) Hunefeld, Physiologische Chemie, &. I, p. 49. (2) Loc. cit., p. 50.°
(3) Zbid., p.25.
(4) Loc. cit., t, IT, p. 60.
(b) Loc. cit., p. 51.
(6) Loc. cit., p. 272.
Wurzer dit avoir trouvé, dans le charbon du sang humain, outre 0,054 d'oxyde de fer, 0,017 d'oxyde de manganèse (1).