‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 45 sur 81 · Héron (7). : -: . Monoculmebpu- | lex · texte numérisé non relu

Héron (7). : -: . Monoculmebpu- | lex

Ici non plusnous ne remarquons point de gradation correspondante à celle de l'organisation animale en général; nous apercevons bien plutôt un concours de circonstances diverses. L'une des plus importantes paraît être la quantité du sang; le cœur bat près de deux fois plus dans le maigre Papillon que dans la Chenille abondamment pourvue de sucs. Les troncs vas- -culaires de la Sangsue battent sept à huit fois, quélquefois dix à quinze fois par minute, ceux du Verdeterre quatorzeà dix-huit fois , et quand on irrite l'animal, vingt-quatre fois, Les Mollusques marchent à peu près de pair avec les Annelides, quant à l'abondance des sucs, et aussi quant au peu de fréquence des battemens du cœur. De même, les Oiseaux étant ceux des animaux chez lesquels là quantité relative du sang est le moins considérable , c’est aussi chez eux que la fréquence du . pouls arrive à son maximum. Dans les Mammifères , le volume du corps paraît être une des circonstances déterminantes ; mais l'activité de la vie animale entre aussi en ligne de compte , car le Singe a le pouls plus fréquent que le Hérisson , malgré sa taille plus grande, parce qu'il à aussi plus de vivacité. Les Ruminans et les Rongeurs sont en antagonisme les uns avec les autres eu égard tant à l'abondance des sues qu'au plus ou moins de fréquence des battemens du cœur.

(4) D’après les mêmes.

(2) Jurine, Hist. des Monocles, p. 57.

(3) D'après Prevost et Dumas.

(4) D’après les mêmes.

(5) D’après les mêmes.

(6) D’après Meckel.

(7) D'après Prevost et Dumas.

(8) Jurine , Loc. cit., p. 403.

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| 2e Letemps que le sang emploie à faire sa révolution complète dans le corps, ne peut être détermimé que d’une manière

approximative , parce que les quantités d’après lesquelles on

aurait à le calculer n’ont rien de fixe. Nous considérerons

comme termes moyens Les plus sûrs, chez l'homme, un nombre

de soixante-quinze battemens du cœur par minute, et un

poids de cent soixante livres ; mais, quant à ce qui concerne

la proportion entre la quantité de sang qu'une systole chasse du cœur et celle qui existe dans le corps entier , nous indiquerons les extrêmes, dont la moyenne nous donnera! ensuite la proportion la plus probable.

En admettant , comme on peut le faire d’après les remar= ques de Wrisberg , que la masse totale du sang est de trente livres, et, comme le dit Senac (1) entre autres, qu’une once de ce liquidé est lancée chaque fois par le cœur, une circulation comprend quatre cent quatre-vingts pulsations ; et exige six minutes vingt-quatre secondes ; le sang circule donc neuf fois trois huitièmes dans l’espace d’une heure , et en trente-quatre minutes huit secondes il passe, par le ventricule aortique, une quantité de ce liquide équivalente au poids du corps entier. Si, au contraire, nous admettons le minimum de la masse du sang , fixé par Herbst à dix livres, et le maximum de l'onde sanguine , qui est de deux onces selon Prochaska , une circulationexige quatre-vingts pulsations, et dure une minute quatre secondes ; elle se répète cinquante-six fois et un quart dans l’espace d'une heure , et en dix-sept minutes quarante secondes elle fait passer dans le ventricule aortique une quantité de sang égale à celle du corps entier. Ce sont là les extrêmes ; mais, en admettant , comme terme moyen, qu'un homme a vingt livres de sang, et que le cœur en chasse une once et demie à chaque systole , ce liquide fera en deux minutes et cinquante et une secondes une révolution entière, comprenant deux cent quatorze pulsations ; ; il Circulera Vie etre fois dans une heure , et la masse qui traversera le ventricule aortique en vingt-deux minutes cinquante et üne secondes égalera le poids du corps. Suivant Hales’, le ventricule aortique est

(4) Loc, cit,, t, IT, p. 44:

traversé par une masse de sang égale au poids du corps en six à onze minutes dans le Chien, dix-huit à trente-six chez l'homme, vingt dans la Brebis, soixante dans le Cheval, et quatre-vingt-huit dans le Bœuf.

L'incertitude où nous sommes relativement à la quantité du sang dans le corps entier, les différences que la capacité des ventricules présente chez les individus, et l’inconstance de la fréquence du pouls, ont déterminé Hering (1) à rejeter cette estimation comme trop vague. Il a tenté de déterminer d’une manière directe la rapidité de la circulation chez les Chevaux, en injectant du cyanure de fer et de potassium dans la veine jugulaire , et observant combien de temps s'écoulait jusqu’à ce qu'il retrouvât ce sel dans le sang de divers vaisseaux, mais surtout dans celui de la veine jugulaire du côté opposé, c'està-dire jusqu'à ce que le sérum , étalé sur du papier blane , se colorât en bleu par la dissolution du sulfate de fer, avec addition de quelques gouttes d'acide hydrochiorique. Voici quels ont été les résultats de ses expériences ; le cyanure se montra au bout de dix à vingt-cinq secondes dans l'artère maxillaire, de quinze à vingt dans la massétérine , de vingt à trente dans la métatarsienne , de vingt à vingt-cinq dans la veine jugulaire opposée , de vingt-trois à trente dans la thoracique externe , et de vingt dans la saphène. Mais il me semble qu'on se tromperait beaucoup si l’on voulait tirer de ces expériences fa

conclusion que la circulation s'opère d’une manière complète en vingt à vingt-cinq secondes chez le Cheval. Tant de rapidité paraît réellement impossible ; car le ventricule aortique de cet animal a tout au plus une capacité de dix onces (ordinairement de six et quelquefois de trois). En supposant qu'à chaque systole il lance dix onces de sang (maximum), que quarante-quatre pulsations aient lieu par minute, ce qui est déjà une fréquence peu ordinaire, nous aurions onze livres et quatre onces de sang en vingt-cinq secondes ; or il est évident que ce ne peut point être là l'entière masse du sang. Hales, après avoir enlevé: vingt-huit livres de sang à un Cheval, en ayant trouvé encore dans les veines, le cœur et l'aorte abdo-

(4) Zeitschrift fuer Physiologie, t. 1, p. 89-126.

minale, admit que la masse totale de ce liquide s'élevait à une quarantaine de livres , ce qui n’est certainement pas trop pour un animal pesant au-delà de huit cents livres : or si le maximum d’une onde de sang est de dix onces , un intervalle d’une minute et trente-sept secondes est le moindre espace de temps que la masse entière du sang puisse employer pour une révolution complète. L’impossibilité d'admettre le résultat qui découle des expériences de Hering ressort déjà de ce que le cyanure parut dans la veine jugulaire opposée tout aussi rapidement après quarante-quatre pulsations par minute qu'après soixante , et qu'il n’y eut un retard de quelques secondes que dans les cas de trente à quarante-trois battemens, tandis qu'il aurait dû y avoir une diflérence considérable , si le phénomène s'était rattaché uniquement à ‘la révolution du sang. On pourrait présumer , d'après ces expériences, que certaines substances hétérogènes, comme le cyanure de potassium, se répandent dans la masse entière du sang avec plus de rapidité que ne marche le courant lui-même, ou qu’elles ne pénètrent pas aussi facilement dans les vaisseaux capillaires de certains organes, restent davantage dans le courant principal, et passent plus vite dans les veines, si la circonstance suivante n’avait pas pu prendre part au résultat. 3° Nous touchons ici un point qui n’a point encore été assez examiné jusqu’à présent, et qui seul prouve le défaut de précision de notre manière d'évaluer la vitesse de la circulation, comme aussi celle de toute autre méthode ; nous voulons dire la longueur inégale des carrières que le sang parcourt. Le courant sanguin est une agrégation d'un grand nombre de petits courans, qui diffèrent beaucoup les uns des autres, eu égard à leur longueur , par conséquent aussi, sous le rapport du temps qui s'écoule depuis leur sortie du ventricule aortique jusqu’à leur rentrée dans cette cavité. Ainsi le sang qui coule de l'aorte dans les veines coronaires du cœur doit retourner à l'oreillette droite après un petit nombre de pulsations , et plus tôt que celui de tout le reste du corps ; celui qui passe de la première branche de la carotide dans la partie inférieure de la veine jugulaire, en traversant la glande thyroide , parcourt un chemin bien plus court que celui qui, des, :

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branches terminales de la carotidé, va gagner le cerveau et d’autres parties de la tête; celui qui parvient du tronc de l'aorte dans celui de la veine cäve, en traversant les reins, revient au cœur avant celui qui parcourt les longues artères mésentériques , puis le système de la veine porte, ou que célui qui est dirigé dans le bassin et les membres inférieurs par . les ramifications terminales de Faorte. D’après cela, parmi les globules du sang qui se rencontrent dans l'oreillette droite, quelques uns pourraient n'avoir mis que cinq ou six secondes pour y venir du ventricule aortique, tandis que d’autres auraient employé un laps de temps plus considérable, peut-être même einquante fois plus long, pour parcourir le: même trajet. Ç

4° La quantité. du sang qui arrive aux divers organes varié en raison du nombre et du diamètre de leurs vaisseaux. Les poumons reçoivent autant de sang que le reste du corps, plus même que lui, puisqu'ils lui en soustraient encore un peu parles vaisseaux bronchiques. On’a cru trouver là une grande difliculté, qu'on a cherché à écarter, soit, comme Hales, en admettant que la circulation se fait avec plus de vélocité dans les poumons, soit, comme Bichat , en proposant d’autres conjectures. Mais cette égalité entre les poumons ét le reste tout entier du corps est détruite par Finégalité de la carrière que le sang parcourt et par celle de la masse de liquide qui la remplit. Le courant sanguin passe des veines caves dans l'aorte par une sorte de diverticule latéral que représentent l'artère et les veines pulmonaires. Que ce détour soit grand ou petit, la proportion entre le courant contenu dans les veines caves et celui qui coule dans l'aorte demeure le même : que les poumons renferment dans leurs vaisseaux une demi-livre ou une livre entière de sang, ils peuvent, sans nul changement dans la vélocité de ce liquide, en recevoir deux onces de la veine cave, et en rendre tout autant à l'aorte durant le même laps de temps. Ainsi, d’après le calcul de Hales, le courant du sang pulmonaire ne serait pas cinq fois plus rapide, mais là carrière qu'il parcourt serdit cinq fois plus courte que celle du sang dans le reste du corps. Haller à vu le sang ne pas couler plus vite dans les

MOUVEMENS DU COEUR, 205 poumons que dans d'autres organes (1), et s'élincér dé la veine pulmonaire par un jet presque aussi fort que de l'aorte (2). Kerr (3) allègue, comme objection contre la doctrine de la circulation , que la plus grande partie des poumons peut être détruite par la suppuration sans que les vaisseaux du reste éprouvent aucune dilatation : mais, pourvu qu'il én demeure assez pour pouvoir contenir quatre onces de sang, ils sont aptes encore à maintenir l’uniformité du courant sanguin, puisqu'ils reçoivent deux onces de liquidé et en expulsent simultanément autant, quoique, en pareil cas, l'onde du sang puisse aussi ne s'élever qu’à une once , ou même à une demionce; sans que le courant qui a lieu dans le système aortique vienne à être troublé. |

5° La rapidité de la marche du sang peut étre plus ou moins considérable dans certains organes que dans d’autres ; mais il ne résulte de là aucun dérangement tant que la masse de liquide que l'organe reçoit du courant général est égale à celle qui en sort pour aller regagner ce dernier. Spallanzani (4) a trouvé que la circulation avait la même vélocité dans toutes les parties des Grenouilles, mais qüe, chez les Salamandres (5), elle était plus lente dans le mésentère que dans les poumons et la tête, plus‘lente que partout ailleurs dans les veines hépatique et splénique (6), et parfois même trois fois plus lente là que dans les veines mésentériques. Des observations analogues ont été faites par Wedemever (7). J. Muller (8) a vu la circulation plus lente dans le foie que dans d’autres parties , et dans les veines hépatiques que dans la veine porte.

6° Toutes ces circonstances réunies font qu’on chercherait en vain à trouver une mesure générale de la vélocité du cours du sang. On part d'hypothèses dont la démonstration ne peut

(4) Opera minora, t. À, p. 491.

(2) Zbid., p. 73, 225.

(3) Observations on the haïveian doctrine, p.446, (4) Expér. sur la circulation, p. 271.

(5) Jbid., p. 269.

(6) Ibid., p. 497. | (7) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 1828, p. 349. - (8) Zbid,, 1829, p, 488,

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