‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 53 sur 81 · E = 2 LE · texte numérisé non relu

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des globules situés à la superficie de la colonne sanguine eten contact avec la paroi vasculaire , et ceux qui occupent le milieu du courant, est d'autant plus forte, à l'avantage des premiers, que le vaisseau est plus étroit, ou la colonne de sang plus grêle; par conséquent, l’adhésion doit étre plus faible et le courant plus fort dans les troncs que ‘dans les branches. L'observation immédiate constate le fait ($ 714, 3°; 742, 2°). Aussi les anévrysmes sont-ils plus communs dans les troncs que dans les branches; aussi le sang coule-t-il avec plus de lenteur des artères d’un petit calibre, etc.

3° Ce qui est vrai du diamètre transversal des vaisseaux, l'est évalement de leur diamètre longitudinal. Plus le courant sanguin est long, plus il s'éloigne du cœur, et plus aussi il doit perdre de sa force motrice, plus par conséquent il doit devenir lent. Les artères coronaires du cœur sont celles dans lesquelles le sang parcourt la carrière la plus courte ; viennent ensuite les poumons. La carrière la plus longue que fournisse le sang, est celle des membres, surtout inférieurs. Aussi , quand la force des battemens du cœur diminue, est-ce d’abord dans les membres pelviens que la circulation s’affaibit, et l'on ne sent déjà plus le pouls radial, chez un moribond , que les artères battent encore au tronc , à l’aine et au cou. La circulation est mcomparablement plus lente dans la veine porte que dans les vaisseaux pulmonaires ($ 716, 5°), parce que la première se trouve entre les longues arières mésentériques et les veines hépatiques , par conséquent à une plus grande distance du cœur. La lenteur doit croître surtout quand le vaisseau est en même temps long et fort étroit, particularité qu’on observe dans les artères. spermatiques, qui, Sous ce point de vue, forment un contraste des plus LAIT avec les artères rénales

ho Dans les vaisseaux capillaires, ceux surtout qui ne charrient qu'une seule série de globules, l’adhésion, qui prend ici le nom de force capillaire, et la résistance au choc du cœur, doivent être plus fortes que partout ailleurs. La capacité plus considérable du système capillaire envisagé dans son ensemble, mais principalement l'adhésion plus grande des colonnes de Sang , qui sont elles-mêmes plus grêles, rendent le courant

plus lent dans ce système, et font que la systole du cœur ne l'accélère point ($ 714, 1). Keïl a vu six parties de sang s'écouler de la veine crurale coupée en travers, et l'artère, coupée transversalement aussi, en donner quinze parties, d'où il tira la conclusion que, pendant son passage à travers les vaisseaux capillaires, le liquide avait perdu les neuf quinzièmes de sa vélocité par le fait de l'adhésion. Or, c'est cette résistance des vaisseaux capillaires qui devient, à proprement parler , la source du pouls artériel. L’artère ne peut-être mise en mouvement que quand le sang trouve un obstacle dont la présence ne permet pas qu'au même moment où une quantité quelconque de liquide sort du cœur , il en passe une égale dans les vaisseaux capillaires. Nous trouvons déjà la confirmation de ce théorème dans l'accroissement d'intensité qu'éprouve le pouls lorsque les artères viennent à être comprimées, comme par exemple quand les membres sont fortement fléchis ou des organes creux contractés sur eux-mêmes, l’allongement des artères pendant le battement du cœur se voit surtout après qu'elles ont été liées (1). Mais le pouls devient aussi plus fort et plus prononcé toutes les fois que le sang traverse avec peine les vaisseaux capillaires ; on trouve ces derniers imperméables, par exemple, dans les inflammations. Spallanzani(2) n’a pu voir un mouvementsaccadé du sang, dans l’artère pulmonaire de la Salamandre, qu’une heure après l’ouverture de la poitrme; cet effet pouvait tenir, ou à ce que la pression de l'air atmosphérique avait accru l'obstacle dans les vaisseaux capillaires des poumons , ou à ce que le cœur avait perdu de sa force. Cette dernière circonstance est effective ment susceptible d'amener le même résultat, car les observations de Spallanzani (3) et de Wedemeyer ont constaté que la manifestation de la faiblesse influe sur la circulation jusqu'alors continue des vaisseaux capillaires, qu’elle la rend d'abord rémittente , c’est-à-dire semblable à celle des. branches artérielles, ou, ce qui revient au même, plus.lente

(4) Treviranas, Bioloyie, t. IV, p. 256.

(3) Joid,, p.460, 242.

pendant la diastole du cœur, et que, quand la débilité fait des progrès, cette même circulation devient intermittente , comme dans les troncs artériels , c’est-à-dire qu’elle s'arrête pendant la diastole.

$ 726. Le sang et son vaisseau sont, l’un par rapport à

l'autre, dans un état de tension, qui n'existe plus à la mort, car, pendant la vie, l'expansion du sang ($ 693) et la turgescence du vaisseau ($ 762) sont plus considérables. Aussi, par exemple, une artère vivante produit-elle la sensation d’un cordon rénitent, tendu, ferme, et qui ne cède qu’à une assez

forte pression, surtout quand elle est libre de tous les côtés,

un seul excepté, comme à la face interne de la ganache du Cheval. Le sang fait effort pour distendre les vaisseaux ; lorsqu'un obstacle ‘quelconque rend son écoulement dificile ou impossible , et l’oblige par conséquent de s'accumuler, le vaisseau devient le siége d’un gonflement visible et perma. nent; c’est Ce qui arrive, par exemple, à la suite d’une liga: ture (1), ou quand le sang stagne dans les branches (2), ou lorsqu'il éprouve de la peine.à pénétrer dans les vaisseaux

capillaires , telS que ceux de l'artère pulmonaire sur un pou:

| mon qui est demeuré quelque temps exposé à l'air et qui ensuite admet moins de sang dans son intérieur (3). Mais les vaisseaux ont de l’élasticité , en vertu de laquelle ils exercent une pression sur le sang, de manière qu'après avoir été distendus , ils reviennent sur eux-mêmes, et restituent ainsi à la force impulsive que le sang a reçue du cœur, ce que la distension des parois lui avait fait perdre.

lo Quand un vaisseau est blessé, la pression n’a plus lieu

* dans l'endroit endommagé , et celle qui continue d'agir dans le reste du système vasculaire, doit chasser le sang avec vio-. lence vers la plaie, de sorte que le mouvement du liquide s’accélère dans les vaisseaux qui normalement l’amènent à l’endroit malade, et devient rétrograde dans ceux qui l’en éloignent. Le sang afflue de tous les côtés vers la plaie ;

(4) Spallanzani, loc. cit., p. 346.

(2) bid., p. 350.

(3) Zbid., p. 362.

quand une artère ou une veine à été coupée en travers, il coule des deux bouts, et reflue du bout supérieur de la veine, d'aussi loin que le permettent les valvules (1); si l'on excise le cœur, la circulation s'accélère dans les veines et devient rétrograde dans les artères (2); après l'ouverture d'une veine mésentérique, le sang coule aussi bién de l'intestin que du foie (3); lorsque l'aorte se trouve ouverte, il reflue même des vaisseaux capillaires (4). Ce n’est que peu à peu qu'on voit s'affaiblir ce mouvement rétrograde. Le sang coule plus rapi- dement dans les vaisseaux qui l’amènent à la plaie , dé sorte . que, même quand il était auparavant à l'état de stagnation, sa déjà épaissi, il rentre de nouveau en mouvement (5); circulation S’anime aussi dans les vaisseaux voisins (6); re l'ouverture d'une veine, elle devient plus vive jusque dans l'artère correspondante (7). Une hémorrhagié suflit même pour activer la circulation devenue languissante, ét pour la faire entrer en jeu si elle s'était arrêtée; car, par exemple , les vieux Chevaux qui Viennent de recevoir le coup de là mort aux vaisseaux du cou, reprennent de la vivacité, renaissent en quélqué sorte à une nouvelle vie, et exécutent des mouvemens aussi remarquables par leur vitesse que par leur énergie. Une hémorrhagie provoquée peut donc servir à titre de dérivatif, comme la saignéé du bras dans l'hémoptysie, ou les sangsues dans les inflammations des organes internes; elle peut être utile aussi pour amener le sañg vers üné partie, et rétablir une hémorrhagie salutaire qui s'était supprimée, ou pour ranimer la vie générale, comme dans le cas d’asphyxié.

2° Lorsque l'élasticité diminue , le sang afflue en plus aie quantité , distend le vaisseau, coule plus lentement, ou s'arrête. L'artère mésentérique dont Haller (8) avait entévé |

(1) Züid., p. 312.

(2) Ibid., p. 337.

(3) Haftérs Opera minora , t. I, p. 99.

(4) Medicinisch- chirurgische Zeitung, 1828, t. IV, p. 1%. (5) Haller, Loc. cût., t. I, p. 99 , 213.

(6) Spallanzani, Loc. cit., p. 373, 376.

(7) Haller, Loc. cit., t. I, p. 114, 217.

(S) Jid., 1. I, p. 85.

la gaîne celluleuse, se gonflait en un sac anévrismatique , dans léquel le sang ne faisait plus que fluctuer , sans pouvoir s’en écouler. Ges dilatations et ces stases ont lieu dans diverses formes de l’atonie, dans le scorbut, dans les inflammations chroniques et les ulcères fongueux, dans les poumons à la suite de maladies qui ont forcé de garder le lit pendant longtemps , après les inflammations , après la section des nerfs de la paire vague , etc.

3° Les veines ont des parois plus faibles , plus susceptibles de céder , et moins faciles à déchirer ; aussi les trouve-t-on quelquefois , dans les varices, trois à cinq fois plus volumineuses que dans l’état normal; aussi Le sang y coule-t-il plus lentement que dans les artères, et comme celles-ci lui font éprouver une plus forte pression, cette circonstance contribue à favoriser son passage dans les veines.

As À mesure que les troncs se ramifient, la paroi s’amincit, la pression diminue par conséquent, et la circulation devient plus lente. L’épaisseur relative de la paroi, ou la proportion entre-elle et la lumière du vaisseau, peut être plus forte dans les branches que dans les troncs , sans apporter le moindre changement à cette circonstance; car si le sang forme une colonne non interrompue, qui , par tous les points de sa surface, exerce une pression uniforme sur la paroi , il ne s’agit non plus que de la force absolue de la paroi qui résiste à cette pression.

5° Lorsque l’on ouvre une artère sur un animal vivant, et qu’on assujettit un tube perpendiculaire au bout tourné vers le cœur, le sang, échappant à la pression qu’il éprouve dans l'intérieur du système artériel, pénètre dans le tube , et y monte jusqu'à ce que le poids de la colonne qu'il y forme égale la pression qui a lieu dans l'intérieur des artères. Mais cette pression doit être la même partout, et, en effet, Poiseuille à trouvé que le sang parvenait à la même élévation dans le tube, quelle que fût l'artère à laquelle on avait appliqué celui-ci (1). Hales a tenté de mesurer ainsi la pression que le sang éprouve dans le système artériel : il a reconnu que le

(1) Répertoire général d'anatomie , t, VI, p. 70. .

sang de l'artère d’un Cheval montait dans le tube , depuis huit pieds jusqu'à neuf et demi, celui d’un Agneau, de six pieds et demi, celui d'un Daim, de quatre pieds et plus, celui d’un Chien , de quatre pieds et demi; à chaque battement du cœur le sang s'élevait davantage , et sa hauteur augmentait d’un à trois pouces chez le Cheval. Le sang de la veine jugulaire d'un Cheval s'éleva à douze pouces, celui d'un Agneau à cinq pouces et demi , celui d’un Chien, depuis quatre jusqu’à sept pouces; la pression du système veineux était donc à celle du système artériel dans la proportion d'environ 1 : 10.

Cette différence tient en partie à ce que le cours du sang ar-

tériel trouve plus de résistante dans les vaisseaux capillaires, et à ce que celui du sang veineux en rencontre moins dans le cœur; lorsque l'entrée du sang veineux dans le cœur était rendue diflicile par les mouvemens de l'animal, ou par d’autres circonstances , ce liquide montait plus haut dans le tube,

et si une ligature empêchait totalement son passage, il s'é=

levait presque à la même hauteur que le sang artériel. Poiseuille s’est servi, pour des mesures analogues; d'un appareil particulier (hémo-dynamomètre) , dans lequel le sang était mis en contact avec du carbonate de soude, pour empêcher qu'il ne se coagulât, et qui lui permettait de peser de bas en haut sur une colonne de mercure. De cette manière,

il a trouvé que la colonne mercurielle à laquelle le sang ar“

tériel faisait équilibre était de cent cinquante et un millimètres, chez les Chiens, de cent cinquante-neuf chez les Chevaux, et de cent soixante et un chez les bêtes bovines, ce qui équivaut à des colonnes d’eau de six pieds et demi, six pieds huit pouces , et six pieds neuf pouces.

6° Les diflérens organes sont dans un état de tension les

uns à l'égard des autres, de sorte que les vaisseaux , notam- |

ment les veines, sont comprimés par les parties voisines , ce qui favorise la circulation. Aussi le cours du sang se ralentitil d'une manière notable dans les veines du bas-ventre, après l'ouverture de la cavité abdominale : on voit surtout les veines mésentériques se gonfler et devenir variqueuses (1). De là

(4) Haller, Opera minora, 1. T, p, 89, 232,

vient encore qu'une compression exercée sur la peau peut activer la circulation ; car lorsque cette dernière est ralentie par l’atonie du système cutané, on l’accélère au moyen de bandages, ce qui rend l'application d’une bande roulée utile dans les cas d’ulcères atoniques et de varices. Dans les contusions , les parties sont relâchées, et le sang s’y accumule jusqu'à ce que l'équilibre de la tension contre la pression qui s'exerce dans le reste du système vasculaire soit rétabli par sa masse : mais si l’on exerce une compression prompte et soutenue sur la partie qui vient d'être contuse , on prévient l'accumulation du sang et la formation de la tumeur qui en serait le résultat.

6° Le mouvement des organes, notamment du canal intestinal et des poumons, ou des muscles soumis à l'empire de la volonté ($ 773), tels que ceux de l'abdomen et le diaphragme , doit accroître la pression sur les veines, et par suite accélérer la marche du sang dans leur intérieur : les veines cutanées paraissent avoir des parois plus fortes que les veines profondes , précisément parce qu’elles sont moins soumises à l'influence du mouvement musculaire ; cependant elles n'y sont point entièrement soustraites, et de là vient, par exemple, que, dans la saignée du bras, le sang coule par un jet plus fort quand la personne -remue la main, ou tient qi. ue chose entre les doigts , parce qu’alors les muscles de l'avantbras se contractent d’une manière intermittente ou soutenue. ” Les artères peuvent diflicilement agir du dehors sur les veines par leurs pulsations, Car il n’y a que les troncs et les gros rameaux qui se meuvent, et ils ne touchent point ceux des veines. En observant une veine mésentérique qui passait sur une artère , Spallanzani (1) ne put apercevoir aucun changement de la circulation produit par les pulsations artérielles.

7° La pression de l'atmosphère, qui, sur la surface du corps humain, est évaluée à quinze ou seize pieds carrés, égale, à une hauteur de deux cents pieds au dessus du niveau de la mer, un poids de trente à trente-six mille livres, maintient les

dispositions mécaniques de l'organisme dans leur état normal , et concourt notamment à favoriser la circulation , en restreignant l'afilux du sang vers la surface. Quand on soustrait une partie du corps à cette pression , par l'application d’une ventouse sèche, elle se gonfle , rougit et devient gorgée de sang. Rien ne prouve mieux combien la soustraction de la pression atmosphérique borne le mouvement du sang vers le cœur , que la découverte faite par Barry (4), et constatée par les nombreuses expériences de Kupfer (2), du pouvoir qu'ont les ventouses d'empêcher les poisons portés dans une plaie d'exercer leur action délétère. On a quelquefois remarqué sur les hautes montagnes , où l'air est très-raréfié, des accidens causés par des congestions vers divers organes. Les observations de Roulin (3) n’ont rien appris de positif sur l'accroissement de la fréquence du pouls à de grandes hauteurs; mais, suivant Parrot', cette fréquence , qui est de soixante et dix pulsations

par minute au niveau de la mer, devient de soixante-quinze

à mille mètres, de quatre-vingt-deux à quinze cents mètres, de quatre-vingt-dix à deux mille, de quatre-vingt-quinze à deux mille cinq cents, de cent à trois mille, de cent cinq à trois mille cinq cents, et de cent dix à quatre mille (4).

8 727. Le temps que le sang emploie à faire sa ‘révolution est en raison inverse de l’espace qu'il doit parcourir ; par

conséquent aussi l'amplitude des vaisseaux est en raison in-.

verse de la vélocité de la circulation.

1° Le sang marche avec lenteur dans un anévrysme , et si la tumeur est très-volumineuse, elle ne bat presque pas, ou chasse si peu de sang, que le pouls des parties situées au dessous est faible et petit, que le membre entier devient blême, froid , flétri et faible. Dans les vivisections , Haller (5),

Spallanzani (6) et Wedemeyer (7) , ont souvent trouvé les vais- |

(1) Archives générales , t. IX , p. 431.

(2) Commentatio de vi quam aer pondere suo et inmotum sanguinis et in absorptionem exercet. Léipzick , 14828 , in-8°.

(3) Journal de Magendie, t, VI, p. 4-13. ï

(4) Froriep, Notizen, t. X, p. 216.

(5) Opera minora , t. I, p. 88, 494.

(6) Loc, cit., p. 444. Le

(7) Loc, cit., p. 498.

seaux offrant des dilatations, où le sang coulait avec lenteur, mais au sortir desquelles il reprenait sa vélocité précédente. Spallanzani a vu également la circulation marcher plus vite dans tout point accidentellement rétréci d'un vaisseau, qu'au dessus et au dessous (1). Quand on pratique une saignée, la bande dont on entoure le membre rétrécit les.veines cutanées , et celle qu'on pique donne alors un jet de sang , tandis que , si l’on n’appliquait pas de lien, ce liquide ne coulerait qu’en nappe. Lorsque Wedemeyer vidait plusieurs vaisseaux capillaires, en exerçant une compression sur eux (2), cette limitation apportée au développement des courans rendait les autres d’autant plus rapides. Bichat (3) a prouvé, par ses expériences , que la circulation dans les organes creux n’est point favorisée par leur distension : cet état paraît même la ralentir; du moins Spallanzani (4) a-t-il remarqué que, pendant la diastole des artères, le sang s’arrétait dans les veines disséminées au milieu de leurs parois, et qu'il coulait avec vitesse durant leur diastole.

2° Les veines sont plus nombreuses que les artères, surtoute dans tous les organes de la vie animale (cerveau et moelle épinière, crâne et colonne vertébrale, membres et peau) et dans les viscères du bassin (rectum, organes génitaux et urinaires). Elles ont aussi un diamètre qui surpasse le leur. Cette différence se prononce jusque dans les vaisseaux capillaires, où les deux systèmessont en communication immédiate l'un avec l'autre. Dœllinger (5) a trouvé les petits courans artériels moins nombreux, plus grêles, mieux délimités, plus dendritiques ; les veineux, au contraire , plus nombreux, plus larges , moins nettement tranchés , et plus réticulaires. Il est difficile de déterminer exactement la proportion de la capacité des deux systèmes , attendu qu'elle change beaucoup pendant la vie, et qu’elle varie aussi en raison du genre de mort, car on l’a trouvée plus grande après une apoplexie ,

(4) Loc. cit., p 155, 258.

(2) Loe, cit., p. 208.

(3) Rech. sur la vie-et la mort, p. 205.

(4) Loc. cit,, p. 200.

(5) Denksohriften, t, VIL, p. 199. ’

et moins considérable à la suite d’une hémorrhagie mortelle, attendu enfin qu'après la mort les artères se rétrécissent davantage et les veines se dilatent plus, par l'effet des injections, que pendant la vie et dans l’état normal, où on les trouve ps plutôt flasques que rénitentes. Quand donc on admet que le rapport du système artériel au système veineux, eu égard à la capacité, est de 1 4, ou de 1 : 2,25 (4 « 9P, ou de 1 : 1,66 (3: 5),ce ne sont là que des évaluations . approximatives, dont la dernière semble s’écarter moins que les autres de la vérité. Maintenant, comme tout liquide quelconque coule plus rapidemeñt dans un espace resserré que dans un autre où il trouve plus de place pour s'étendre, on peut aussi supposer un courant plus rapide dans les artères que dans les veines. Or l'expérience journalière atteste que le sang coule avec plus de lenteur et moins de force d'une plaie veineuse que d’une plaie artérielle. D'ailleurs, l’observation directe de la circulation dans les vaisseaux parle en faveur de cette hypothèse : Haller (4) a vu le sang marcher ordinairement avec plus de lenteur, couler même deux ou trois fois moins vite (2), dans les veines que dans les artères, et il ne s’est offert à lui qu’un petit nombre de cas dans lesquels la vélocité fût égale de part et d'autre. Spallanzani, 1l est vrai, admet que ce dernier cas est la règle (3); mais, dans un autre endroit (4), il restreint l'égalité aux vaisseaux de moyen calibre, et dit (5) que le courant à la même rapidité dans les artérioles et les veinules, mais qu'il est plus lent dans les branches veineuses que dans les artères correspondantes. L'inépalité des deux courans est confirmée aussi par les observations de Dællinger (6) et de Wedemeyer (7); le premier a remarqué un mouvement plus rapide dans les points

(1) Opera minora , 1. I, p.82, 83 , 91, 98.

(2) Zbid., p. 206.

(3) Loc. cit., p. 268.

(4) Jbid., p.190.

(5) Loid., p. 163.

(6) Loc. cit., p. 241,

(7) Loc. cit,, p. 198.

d' une veine où s’abouche une artère, et l'autre (1) n’a observé quelquefois une rapidité plus g grande dans les artères que dans les veines qu’en cas de faiblesse des battemens du cœur , et surtout pendant l’agonie. On ne peut également considérer que comme des à peu près les évaluations anciennes , d’après lesquelles le sang franchirait, par minute, soixante-six pieds dans les veines et centquarante-quatre dans les artères.

Du reste , nous reconnaissons , dans le cœur ($ 707, 7°), que la capacité et la force propulsive sont en raison inverse l'une de l’autre ; le ventricule pulmonaire a une colonne de sang plus courte à mettre en mouvement ; il a donc besoin d’une force propulsive moins considérable , et, par suite, sa capacité dépasse celle du ventricule aortique ; mais, quand celui-ci à subi une dilatation morbide, il ne pousse plus le sang avec l'énergie nécessaire, d’où résulte que ce liquide s’accumule dans les poumons et que la respiration devient gênée (2).

3° Toutes les artères se partagent ou se ramifient, les unes plus, les autres moins ; en général , on admet qu'elles se divisent vingt fois environ en branches. Or les branches, prises ensemble, l’emportent en capacité sur le tronc, de sorte que le système artériel représente un cône, dont le sommet se trouve au cœur et la base à Ta périphérie. A la vérité, cette différence n'est point réellement assez considérable pour sauter aux yeux quand on compare les diamètres, puisque la capacité des cylindres ne peut être comparée que d’aprèsle carré de leurs diamètres; mais, même en se bornant à ce moyen d'appréciation ,. elle est encore assez grande pour qu’on juge qu’elle doit influer sur la vélocité de la circulation. Ainsi, par exemple, Man be a trouvé la circonférence de l'artère crurale = 12, et celle des deux branches dans lesquelles elle se bifurque — 18 ; de sorte que le rapport de la branche aux rameaux serait, d’après les diamètres , de 42 : .A8 = 1:1,50 ; mais, d’après les carrés des diamètres , c’està-dire d’après lacapacité réelle, elle est de 144 : 162 = 44 4,42.

(4) Loc. cit., p. 214.

(2) Legallois, OEuvres, t. I, p. 338,

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