III. Mais les preuves les plus concluantes sont celles qui
suivent : ’
7° Dans l'embryon, le sang se rend des membranes de l'œuf au cœur, avant que ces membranes en aient reçu de lui ($ 399, 9°).
8 On a trouvé des embryons sans cœur, et qui cependant étaient développés ; du moins en partie , d’une manière complète (4). |
9° Le sang ne se répand point toujours uniformément dans toutes les parties, et l'inégalité de sa répartition ne dépend pas de dispositions mécaniques permanentes, mais de l’état de la vie.
À. Causes inhérentes aux vaisseaux.
$ 732. Le cœur se compose de la membrane vasculaire commune , à laquelle sont joints des fibres musculaures, des nerfs, des vaisseaux nourriciers et une gaîne séreuse. Nous retrouvons tous ces élémens dans les vaisseaux, mais moins développés : les vaisseaux ressemblent donc au cœur, quant aux points essentiels, et, suivant la remarque déjà faite par Senac, on peut is en considérer comme des PépÉdHons affectant une forme spéciale et ne “différant de lui qu'eu égard au
(4) Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie , t. II, p. 473, (2) Joid., p. 174.
(3) Lbid., p.476.
(4) Jhid., 1. I, p. 463.
degré. Aussi, chez les animaux articulés, dont le système vasculaire est incomplétement développé, le cœur et les vaisseaux passent-ils de l’un à l’autre sans ligne de démarcation bien tranchée ; on ne saurait décider si les Annelides ont des cœurs en forme de vaisseaux, ou des vaisseaux remplissant l'office de cœur ; nous ne voyons là que des organes qui contiennent le sang et le mettent en mouvement , et dans lesquels ne s’est encore développé ni le caractère du cœur ni celui des vaisseaux. Le cœur est l'expression de l’unité dans le système sanguin, ce qui fait qu'on ne le voit apparaître que quand celui-ci est parvenu à un haut degré de formation. Mais il n’acquiert point encore son unité complète dans les classes inférieures d'animaux vertébrés.
1° L’artère qui naît du cœur à un seul ventricule, et qui conduit le sang, chez les Poissons , aux seuls organes respiratoires, chez les Batraciens, en partie à ces organes et en partie aussi au reste du corps , estrenflée en un bulbe musculeux qui, à titre de répétition du cœur, exécute des pulsations indépendantes de celles de cet organe. Lorsque Spallanzani (1) excisait ce bulbe chez desSalamandres, il le voyait continuer encore de battre pendant une demi-heure ; s’il le coupait en travers, les deux moitiés battaient ; s’il l’enlevait avec le cœur, l’un et l'autre organe battaient ensemble pendant un certain laps de temps , puis Le bulbe s’arrétait, tandis que le cœur continuait encore de battre , de même que, dans d’autres cas, celui-ci perdait son mouvement, pendant que l’autre conservait le sien; mais (2) le tronc artériel commun n’exécutait pas de pulsations indépendantes. Wedemeyer (3) a fait des observations ‘analogues sur des Poissons , des Grenouilles , des Salamandres et des embryons de Poulet ($$ 400, 12% ; 442, 2°). Spallanzani (4) a également vu l'arc aortique des Lézards battre encore après qu'il l'avait embrassé d’une double ligature ou excisé et mis sur la table; la forte pulsation de l'artère pul-
(A) Loc. cit., p. 356.
(2) Loc. cit., p. 360.
(3) Untersuchungen , p. 20, 48, — Meckel, Arohiv fuer Anatomie ; 4898, p. 339, 347.
(4) Loc, cit., p. 363, :
monaire, au contraire, ne provenait que du battement du cœur, car elle cessait après une double ligature.
2° De même aussi les veines caves battent chez les animaux à sang froid ; Haller (1) et Spallanzani (2) ont reconnu que les pulsations de l’antérieure s'étendent depuis le cœur jusqu’à ses branches , et celles de la postérieure jusqu’au foie. Leur systole précède celle de l'oreillette, de même que celle du bulbe aortique succède à la systole du ventricule et termine le battement du cœur, comme l'ont observé Haller (3) et Wedemeyer (4). Elles battaient encore après que Spallanzani les avait ouvertes et en avait laissé couler le sang.