VI. De ces expériences il résulte donc que des substances
(1) Scheel, Loc. cit., t. IL, p. 207.
(2) Dieffenbach, Loc. cit., p. 49-55.
(3) Scheel , loc. cit., t. I, p. 193.
(4) Journal de Magendie , t, LE p. 466, 242.
(5) Loc cit,, p: 173.
(6) Loc. cit, p. 70, ; -
/j10 EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME.
aptes à maintenir la vie, où qui du moins se montrent indifférentes à son égard, péivens: lorsqu'elles sont portées immédiatement , et en Brané quantité , dans le sang du système de la veine cave , arrêter la respiration et la circulation pulmonaire , de sorte qu'il n'arrive plus de sang du tout dans le cœur gauche et le système aortique, ou du moins que ce liquide y parvienne peu abondant et noir, et que par consé quent la vie des différens organes soit abolie. Mais c’est surtout à travers les vaisseaux ‘capillaires d'un organe quelconque que ces substances , introduites en grande quantité, passent difficilement, ou même ne passent point du tout. Le phénomène peut tenir à des causes mécaniques, puisque toutes traversent aisément les capillaires sur le cadavre, et que plusieurs sont celles que nous employons avec le plus d'avantage pour nos injections. Une constriction vivante des vaisseaux capillaires contribuerait plutôt, une fois qu'elles auraient pénétré dans ce système , à les DANSE plus loin qu'à les arrêter, et d’ailleurs cette constrictionn'est jamais tellement complète , qu'il soit impossible à à de l'air ou à du mercure de passer d'un autre côté. Si les capillaires étaient dilatés par un effet de paralysie , l'impulsion des artères et la succion des veines les viderait. Il ne nous reste donc d'autre ressource que d'admettre entre ces substances étrangères et les organes un rapport quine permet pas qu'elles soient attirées et repoussées ( $ 758 ), de sorte que, quand elles prédominent dans le sang, elles enraient la circulation.
Nous expliquons aussi par R les effets d’un sang étranger (8 743, II ). Quand bien même ce sang proviendrait d’un individu de la même espèce , il n'est cependant pas un produit de l'organisme propre , par conséquent il entre en contact avec des organes qui ne sont point de la même lignée que lui , il n’est pas susceptible de se mettre convenablement en° conflit avec eux , ét il ne passe pointavec facilité à travers les Vaisseaux capillaires, ceux surtoutdes PARUS: Lemême Cas a lieu, et encore bien plus prononcé, lorsqu'il s ‘agit de la transfusion d’un sang provenant d’un individu qui appartient à un autre genre , et surtout à une classe différente. Les effets d’un sang étranger ne deviennent intelligibles pour nous qu'autant
srrerS Dù SANG SUR L'ORGANISME, 4ai que nous admettons, entre le sang et les parties solides, un rapport mutuel, un conflit fondé sur ce qu’ils sont les produits d’une seule et même vie. Les Oiseaux meurent quand du sang de Mammifère pénètre dans leurs veines , et la mort, suivant Prevost et Dumas, est alors aussi prompte qu'après un empoisonnement : la substance de ce sang ne saurait être assez hétérogène à la composition de leur corps pour pouvoir agir comme poison , Car beaucoup d'Oiseaux de proie vivent de la chair et du sang des Mammifères , et plusieurs autres, tels que les Ganards, supportent ce genre de nourriture sans en être incommodés. Le volume et la forme des globules du sang ne peuvent constituer un obstacle mécanique , puisque , d’après Prevost et Dumas, les globules des Oiseaux sont de même largeur ou même plus larges , et toujours plus longs (&664,7°), que ceux de la plupart des Mammifères. On ne concevrait pas non plus que les globules également larges ou plus étroits d'un Mammifère s'arrétassent dans les vaisseaux capillaires d’un Oiseau, uniquement parce qu'ils sont circulaires, au lieu d'être elliptiques. Les expériences de Dieffenbach nous apprennent que les Oiseaux supportent moins bien encore le sang d’autres Oiseaux, qui ne les ranime point après une hémorrhagie épuisante ; ce dernier phénomène peut certainement tenir à ce que, chez ces animaux, l'irritabilité en général et celle du cœur en particulier s'éteignent avec une grande promptitude ($ 626, 2° }; cependant il serait possible qu'on düt mettre aussi au nombre des causes coopérantes, chez les Oiseaux et chez les autres animaux ovipares, cette circonstance que, pendant la vie embryonnaire , ils ne forment leur sang qu'aux dépens des produits sécrétoires de la mère, avec le concours de l’eau et de l'air, tandis que l'embryon des Mammifères forme, de sien avec le sang maternel lui-même , entre lequel et son-propre sang il y à conflit et réaction dans l’intérieur du placenta. Quoi qu'il en soit, nous trouvons des faïts qui annoncent un obstacle à ce que le sang étranger traverse les vaisseaux capillaires des poumons. Blundell (1).a vu, chez un Chien, dont
(1) Loc, cit, p. 75.
il avait entretenu la vie pendant trois semaines par la transfusion du sang de Chien, le cœur droit dilaté à un point extraordinaire. D’autres Chiens que la transfusion n'avait pas ranimés après une hémorrhagie épuisante (1), lui ont offert, comme aussi à Dieffenbach , le cœur droit distendu par du sang caillé et le cœur gauche vide. La même chose avait lieu chez un Chien que du sang humain avait rappelé à la vie, mais dont la respiration était demeurée stertoreuse, et qui succomba au bout d’une heure (2). Après avoir injecté du sang de Limaçon à un Lièvre, Gaspard observa une accélération de la respiration, et la mort étant survenue douze heures après, on découvrit des traces d'inflammation sur plusieurs points de l'étendue des PRUOR (3).
2e SUBSTANCES IRRITANTES ET AUTRES.
$ 745. L’infusion des substances connues sous le nom d'irritantes, poisons ou médicamens , peut être envisagée eu égard à sa quantité. Ainsi nous trouvons que des Chiens ont supporté dix gouttes d'huile essentielle de sauge (4), un demigros de sel d'urine (5), un gros de sel ammoniac (6), un gros et demi de sel marin (7), deux onces de vinaigre (8), etc. Mais les effets relatifs aux qualités diverses de ces substances ont plus d'importance. Malgré la multitude des observations recueillies à cet ere nous sommes pauvres en résultats ; - cependant, comme il s’agit là d’un point qui intéresse vivement la physiologie, nous essaierons de ramener les faits consignés surtout dans les recueils de Scheel (9), de Dieffenbach (10) et
(4) Loc. cit., p. 66.
(2) Loc. cit., p. 86.
(3) Journal de Magendie , t. IT, p. 339.
(4) Scheel , Loc. cit., t. I, p. 490.
(5) Loc, cit., ibid.
(6) Loc. cit., t. IX, p. 256.
(7) Loc. cit.,t.1 ,P- 487.
(8) Loc, cit., t. II, p. 46.
(9) Die Tr AREA des Blutes und Einspritzung der Arzneien in den Adern. Copenhague , 4802, 4803, 2 vol. in-8°.
(40) Die Transfusion des Blutes und die Infusion der. Arsneien in die Blutyefæsse, Berlin , 4828 , in-8o.
EFTETS DÜ SANG SUR L'ORGANISME. 415
d'Orfila (1) à quelques déductions dont la science puisse tirer profit, et, pour abréger, nous supprimerons ici toutes les citations. Quant aux effets, nous les partagerons en ceux ‘qui dépendent d’une disposition individuelle et momentanée de la vie , et en ceux qui tiennent à une relation spécifique entre telle ou telle substance et telle ou telle direction donnée de la vie.
I. Les substances en question agissent, quand on les introduit dans le sang, d'une manière analogue à celle des substances qui ont été précédemment examinées, et cela parce qu'il y a également hétérogénéité entre elles et ce liquide.
4° Une affection des organes respiratoires a été observée dans presque tous les cas sans exception. La respiration est devenue difficile , en partie intermittente ou inégale, parfois bruyante , stertoreuse , ou bien 1l est survenu des symptômes de suffocation, quand on à injecté dans les veines du gaz oxide de carbone, de l'hydrogène pur, carboné ou phosphoré, du gaz oxidule d'azote, du gaz ammoniaque , du gaz chlore, de l'acide sulfurique, dé l'acide oxalique, de l'acide tartrique , du vinaigre, du phosphore, du camphre , de l’essence de térébenthine, de l’huile de croton , de la ciguë , de l'opium, de la levure de bière, du sang pourri, d’autres matières animales en putréfaction, de l'écorce de chêne, de la noix de galle, de l'encre, de la teinture martiale, du chlorure d'or, du nitrate d'argent, du nitrate de bismuth, du chlorure de mercure, du tartrate de potasse et d’antimoine , du chlorure d’étain, du sulfate de zinc, dé l’acétate de cuivre, etc. Dans d’autres cas, on n’a remarqué qu'une accélération de la respiration , après l'injection du gaz oxygène, du gaz azote et de l'air putride, de l’acide nitrique, du chlorure d’or et du nitrate d'argent, du nitre et du sel ammoniac, de l'alcool et de l’éther, des cantharides et des feuilles de séné, de l’opium, de la pomme épineuse , de la laitue vireuse et de l'acide hydrocyanique. La rareté et le ralentissement de la respiration ont été observés quelquefois sous l'influence du gaz oxygène et du gaz azote, de l'acide hydrochlorique et de
{4) Toxicologie générale. Paris , 4844 , 4 Vol, in-8°, :
l'acide sulfurique. Du reste, Ségalas prétend qu’en cas de mort 3
par l'injection de l'alcool, la respiration cesse déjà au. bout de quelques secondes , tandis que les battemens du cœur ne s'arrêtent qu'au bout de deux à trois minutes (1). On a trouvéles poumons enflimmés après l'injection du deutochlorure de mercure, de l’éther , de l’eau de viande putréfiée ; de la ciguë, du camphre et de l'essence de térébenthine; gorgés de sang,
d'une couleur foncée ; condensés et non crépitans, après celle
des chloruresd'oret d’étain, des nitratesd'argentetde bismuth, des acétates.de plombet de cuivre du tartrate d’antimoine et
de potasse, des acides sulfurique et nitrique, du phosphore, des cantharides, de l’opium, de la jusquiame , de la pomme épi
neuse et de la digitale; pleins de sang coagulé, après celle de l'acétate de Dornb , des acides sulfurique et hydrochlorique , de l'alcool, du sang-dragon, de l’eau distillée de laurier-cerise et du venin de la yipère; parsemés d'épanchemens sanguins , après celle de l’acétate de, plomb, de l'huile de cro-
ton , de la levure et du sang pourri. En outre, on a rencontré
une dilatation anormale du cœur après l'infusion des gaz azote, oxidule d'azote, acide carbonique et hydrogène, de l'acétate de plomb, de l'éther, du sang-dragon, du quinquina et de la ciguë; des amas de sang noir dans le système aortique, après celle, des gaz oxygène et oxidule d'azote, des chlorures d'or et d'étain,, des nitrates d'argent.et de Dinde des acides sulfurique et “Arch ph de la potasse caustique, de l'ammoniaque, du chlorure de barium et du phosphore. 2° Il est facile de concevoir que toute substance étrangère, mêlée immédiatement avec le sang, détermine une irritation anormale du cœur: Ainsi l'infusion du sang de Limaçon, chez un Lièvre, accrut, la violence des battemens de cet organe ; celle de l'huile d'olive rendit le pouls petit, accéléré et irrégulier ; celle de.la gomme arabique provoqua des battemens de cœur rapides et.irréguliers, avec un pouls dur ou faible. Aussi Regnaudes @)4 et Hufeland (3) ont-ils observé, chez
(1) Archives béretviits t xiit , p.408.
(2) Scheel, loc, cit., 1. II, p. 90.
(3) Dieffenbach , Loc, cüt., p, 43,
EFFETS DU SANG SUR. L'ORGANISME: 415 l'homme, d’abord une grande agitation, un état fébrile et un ‘ pouls irrégulier , puis Ja sueur , après l’infusion des substances les plus diverses, telles que feuilles de séné, bois de gaïac; somme arabique, tartre stibié, camphre, opium, etc.
II. D'autres symptômes sont accidentels, tant parce qu'ils n’ont aucun rapport avec le mode d'action connu d’une sub= tance, que parce qu'ils se manifestent quelquefois après l’im= pression de substances tout-à-fait différentes. Mais, en nous servant du terme d'accidentels, nous entendons seulement que les suites dépendent d’un état individuel et. momentané de la vie en général , ainsi que des divers systèmes etorganes. En effet, nous pouvons concevoir les différentes activités de la vie sous l’image d’un réseau d'anastomoses; l'impression sur le courant entier se manifeste de préférence dans la bran- - chequi, en vertu de sa disposition momentanée , a le plus de réceptivité pour elle, et elle y détermine, suivant la nature des
circonstances } une accélération ou un ralentissement ; une stagnation ou un mouvement rétrograde. Ainsi un changement du sang, peut apporter dans la respiration un trouble qui réagit sur le sensorium, dont l'affection retentit elle-même sur l'action musculaire, de sorte que cette dernière seule s'exprime par des symptômes, tandis que les affections par lesquelles lsienne a été occasionée demeurent insensibless il est également possible qu'une partie musculaire , après avoir été mise dans un état momentané de désaccord, manifeste son affection de telle ou telle manière. Ainsi l'étude de la vie, envisagée même sous d'autres points de vue que nous examinerons plus tard, nous apprend qu'un seul ét même symptôme peut dépendre des états les plus diversifiés, et un seul etmême état s'annoncer par les symptômes les plus disparates. Donc celuiquis'en tiendrait uniquementaux symptômes, qui, par exemple, après avoir lu dans Orfila (1) qu'un Chien dans les veines duquel on avait injecté du nitrate d'argent ;. présenta des mouverhens convulsifs de la patte antérieure droite ef un écoulement de sérosité sanguinolente par la:narine gauche , voudrait conclure delà que le nitrate d'argent agit uni-
(1) Loc. cit, t, I, P. IX, p. 39,
quement sur le membre pectoral droit et le côté gauche des fosses nasales, qu'il peut par conséquent être employé à titre de moyen curatif dans des affections de ces parties, celui-là, dis-je, s'égarerait en dehors du cercle de l'observation raisonnée. À la vérité, il ne nous est pas donné d’assigner la cause de pareils symptômes, et de dire, par exemple, pourquoi, de deux chiens auxquels Lanzoni avait injecté de l'eau de cannelle , l’un devint aveugle, sourd, furieux et mourut, tandis que l’autre éprouva seulement des vomissemens (1); mais il nous suffit de reconnaître que ce sont là des phénomènes accidentels. Or cette ‘distinction s'applique principalement à la vie animale et aux fonctions sur lesquelles elle exerce une influence immédiate.
° Hufeland a ordinairement observé une constriction de la gorge après l'injection du camphre, de l’opium, etc. Celle du sang humain dans les veines de certains Chiens, celle de l'eau pure, de l’eau de cannelle, du carbonate d'ammoniaque, de l'acide sulfurique , des feuilles de séné, de la teinture de cantharides, de la jusquiame, de la laitue vireuse, de la pomme épineuse , de la digitale , etc., a déterminé le vomissement, de sorte qu'on demeure dans l'incertitude de savoir si le tartre stibié et autres sels métalliques produisent cet effet en vertu d’une propriété qui leur appartienne spécifiquement.
Lo Les évacuations intestinales et les flux d'urine qu'on a coutume d'observer chez les animaux qui éprouvent des angoisses , sont plus équivoques encore.
b°-Toute substance qu’on injecte dans le sang peut, par le trouble qu'elle apporte dans la vie animale , occasioner la débilité musculaire et des spasmes sous différentes formes. Ainsi l'air produit tantôt le tremblement, tantôt des convulsions ou le tétanos; mais si l’on en injecte peu à la fois, et qu'on répète souvent l'opération, la mort a lieu sans spasmes, d’après Nysten (2). L'eau, l'huile d'olive, la gomme arabique déterminent tantôt la prostration des forces , tantôt des con-
(2) Scheel , Loc. cit, t. I, p. 32. Has:
(2) Loc. cit., p. 32. CR eh (M
vulsions. On doit donc attacher peu d'importance à ce que des sels métalliques et des substances narcotiques ont occasioné des convulsions , à ce que les acides et le tannin ont paru faire naître surtout le tétanos , à ce que d’autres substances , par exemple, l'ammoniaque ou l’opium, ontamenétantôtle tétanos, et tantôt des convulsions. Les animaux exécutaient des mouvemens de mastication et de déglutition quand on leur avait injecté de l'huile d'olive ou de croton, de l’alcool ou de l’eau de vie campbhrée, du tartre stibié ou du vert de gris.
6° De même, le cri des animaux n’est que l'expression générale d’une sensation désagréable, qui peut dépendre de troubles organiques très-différens. On l’a remarqué après l'injection de l'air atmosphérique ou de l'huile d'olive, comme après celle des acides, des sels métalliques, de l’ammoniaque, des cantharides, des substances narcotiques et des liquides animaux en putréfaction.
7e Les vertiges, la stupeur et l’état apoplectique eurent lieu aussi, non seulement après l'injection de poisons narcotiques et de sels métalliques, mais encore après celle d’eau, d'huile d'olive ou de gomme arabique.
IT. Certaines substances, quand on les injecte dans le sang”, comme lorsqu'on les met d’une autre manière en contact avec l'organisme, exercent une action spécifique sur des directions déterminées de la vie. Aussi a-t-on essayé quelquefois d’injecter des médicamens. Le tartre stibié et le sulfate de zinc, introduits dans les veines , provoquent le vomissement ; le nitrate d'argent (1), le deutochlorure de mercure (2), l'opium (3), la ciguë (4) , les liquides animaux en putréfaction (5) ont déterminé l'inflammation du tube intestinal ; l'acétate de plomb a supprimé les évacuations alvines (6); les cantharides ont produit une phlegmasie de la vessie (7); le deutochlorure de
(4) Orfila , Loc. cit., t. I, P. II, p. 38.
(2) Journal de Magendie , t. I, p. 482.
(3) Scheel, Loc. cit., t. I, p. 251.
(4) Ibid., p. 245.
: (5) Dieffenbach, Loc. cit., p. 164.
(6) Journal de Magendie , t. I, p. 284.
(7) Orfila, Loc. cit,, 1. I, P. II, p. 241.
vI. 27
mercure a donné lieu à la salivation (1) ; l’opium tantôt a développé la série complète de ses effets , c’est-à-dire d'abord l’excitation de tous les sens et l'exaltation de la vie animale, puis la paresse et l'engourdissement, enfin la stupeur (2), tantôt a provoqué de suite ces derniers phénomènes en accablant la vie animale (3), Le vin (4) et l'alcool (5) ont déterminé li yresse. Nous aurons plus tard à examiner si ces substances n'agissent qu'après être passées dans le sang.
ARTICLE I
Dé la manière d'agir du sang sur l'organisme.
$ 746. A l'égard de la manière d'agir du sang ,
I. Il fournit les matériaux nécessaires à la formation des solides et des liquides; mais il en reçoit aussi d’autres en échange, comme nous le démontrerons plus amplement en traitant de la plasticité organique, et comme on peut déjà le conclure de l'expérience rapportée plus haut (S 741, 1°), qui établit que, quand il y a trop peu de sang, la nutrition et la sécrétion se font d’une manière incomplète, On pourrait également citer en preuve que les jeunes sujets, chez lesquels la plasticité déploie davantage d'énergie, succombent, proportion gardée, plus tôt que les sujets avancés en âge, à la perte de leur sang ($ 741, 2°). Mais les suites d’une hémorrhagie épuisante se manifestent instantanément, tandis que la nutrition s’accomplit peu à peu et d’une manière insensible, de sorte que son interruption ne peut point anéantie aussi promptement la vie. L’extinction des sécrétions ne saurait non plus produire d'effets aussi soudains, d'autant mieux que, même dans les pertes considérables de sang, les vaisseaux Capillaires sont les derniers à se vider complétement.
* (4) Journal de Magendie , t. I, p. 482.
(2) Dieffenbach , Loc. cit., p. 80.
(3) Orfila, Loc, cit.,t. IL, P. I, p.135.
°1 (4) Scheel, loc, cit,,t, T, p. 490, 2143 t,1T, p, 29. Grue» loc, cit, p. 439.
(5) Journal de Magendie, t, 1, p, 33.
IT. Le sang agit aussi comme sumulus. Car , partout où lac. cès des organes lui est interdit, on n'observe d'abord qu'un trouble de l’activité vitale, et, à part la vacuité des vaisseaux, avec les résultats mécaniques qu’elle entraîne , on ne découvre absolument aucun changement, Au dessous d’un anévrysme, le membre, que cette tumeur empêche de recevoir assez de sang , devient froid et flasque , mais ce n’est qu’au bout d'un certain laps de temps qu'il maisrit. Les phénomènes quisemanifestent à la suite d’une forte hémorrhagie, comme défaut d'appétit , faiblesse de la digestion , et disposition à des sueurs abondantes , à la diarrhée , ou à des épanchemens séreux dans le tissu cellulaire, annoncent que la vie plastique manque non pas seulement de substance, mais encore et surtout de force. De même , dans les congestions , on ne voit d'abord que turgescence , pléthore et exaltation de la vitalité ; ce n'est que plus tard qu'il survient hypertrophie. Enfin l’action du sang se règle en tous points d’après les lois de l’excitement.
4° Tout changement de la quantité du sang dans le corps entier ou dans un organe quelconque , exerce une influence d'autant plus prononcée, que le nouvel état qui résulte de là s'éloigne davantage de celui qui avait lieu jusqu'alors. Si le sang jaillit d’une plaie faite à une forte artère, la syncope et même la mort sont le résultat d’une hémorrhagie qui n’entraînerait aucun inconvénient si elle proyenait d'une plus petite branche, et si elle avait lieu lentement, goutte à goutte. Il est vrai que, dans ce dernier cas, l'économie gagne du ‘temps pour réintroduire de nouveaux liquides dans le système vasculaire, à la place du sang perdu ; mais la différence entre les effets est trop considérable , comparativement à celle du temps, pour que cette dernière puisse être la cause en raison de laquelle on supporte mieux une hémorrhagie lente. Lorsque, dans la saignée , on ouvre largement la veine, de manière que le sang puisse couler avec rapidité , il suflit d'une perte médiocre de ce liquide, non seulement pour déterminer sur-lechamp une grande faiblesse et beaucoup de propension à la syncope , mais encore pour donner lieu à une débilitation prolongée, ce qui rend cette manière de pratiquer la saignée eflicace surtout quand il s'agit de déprimer l’activité vitale,
d'apaiser la fièvre et l’inflammation. Ainsi, d’après Pemberton, une émission de huit onces de sang, dans un cas de phlegmasie, peut agir d'une manière salutaire quand elle a lieu dans l’espace de trois minutes, et ne plus produire cet effet quand elle s'opère en dix minutes seulement. Au contraire , il faut pratiquer une moins large ouverture au vaisseau, et déterminer ainsi un écoulement moins prompt, lorsqu'il s'agit de diminuer la masse du sang , sans affaiblir la vitalité, par conséquent dans les cas où il y a excès du liquide, sans que cette dernière présente de traces d’excitation. La quantité du sang peut être extrêmement faible chez une personne qui a contracté l'habitude des saignées , et cependant donner lieu à tous les phénomènes de la pléthore, lorsqu'on n’a pas soin de la diminuer de temps en temps. D'un autre côté, la même quantité de sang accumulée dans un organe provoque des symptômes beaucoup plus violens lorsque la congestion ou l'inflammation s'établit d'une manière subite, que quand l'ancmalie se manifeste peu à peu et lentement.
2° Tout stimulus apte à exalter une certaine direction de la vie , la déprime quand il agit avec trop de force. Cette règle s'applique aussi au sang. Dans un état de pléthore médiocre, ‘le pouls est grand, plein et fréquent, la turgescence vitale augmentée , ainsi que la production de chaleur et les sécrétions , enfin la vie animale stimulée et énergique ; mais si la pléthore se trouve portée plus loin, la circulation , la nutrition et toutes les manifestations de la vie se ralentissent , il survient des maux de tête, des étourdissemens, de la propension au sommeil, de la gêne dans la respiration , des engourdissemens dans les membres, Rien ‘ne nous éclaire d'une manière plus immédiate à cet égard que les expériences dans lesquelles on injecte à un animal du sang provenant d’un autre animal, après lui en avoir tiré trop peu à lui-même, ou négligé entièrement cette précaution ; les battemens du cœur deviennent faibles et ondulatoires, la respiration est difficile , profonde , fréquente et stertoreuse, l'animal témoigne une grande agitation et beaucoup d'anxiété, ou bien il tombe dans un état de paresse et d’engourdissement , dans une sorte de stu-
peur, et périt. Après la mort on trouve (1) le cœur en partie plein de sang coagulé. De même, en s’accumulant dans un organe , le sang opprime les fonctions de cet organe, il produit au cerveau la stupeur ét l’apoplexie , à la rétine la cécité, dans les poumons l’asphyxie , etc. Au point culminant d'une fièvre inflammatoire , le pouls est lent et déprimé ; il ne devient fort, grand et fréquent, qu'à la suite d’une saignée. De même une perte de sang a souvent pour effet de stimuler davantage la vie, et même d’en porter les manifestations jusqu'au degré qui constitue la maladie ; en pareil cas, une saignée entraîne des mouvemens fébriles, des battemens de cœur , un pouls fort et fréquent. D'après cela, un seul et même symptôme peut dépendre d'états directement opposés ; les palpitations de cœur peuvent se rattacher à l'excès comme à la pénurie du sang , le délire et les convulsions peuvent survenir lorsque le sang se porte en trop grande abondance au cerveau, de même que quand ce viscère n’en reçoit point assez , etc.
3° Du reste, ce n’est jamais à la quantité absolue du sang qu'il faut avoir égard, mais à la proportion entre ce liquide et l'organisme. Il peut être trop abondant d’une manière relative et déterminer des symptômes de pléthore lorsqu'il y a défaut de corrélation entre lui et le pouvoir réactionnaire des organes ou la capacité du système vasculaire. Le premier cas (plethora ad vires) a lieu quand, chez un sujet qui habituellement n’a pas beaucoup de sang, la quantité de ce liquide vient à augmenter, même assez peu, en même temps que l’excitabilité devient plus grande. L'autre ( plethora ad spatium ) est celui dans lequel plusieurs organes reçoivent moins de sang qu'à l'ordinaire, par l'effet d’un état spasmodique , ou celui d’un sujet qui, après avoir perdu un membre entier, continue de produire autant de sang qu'avant sa mutilation.
IT. Il est clair que le sang agit comme stimulant sur tous les organes ; et!
4e Mais cette action de sa part s'exerce principalement sur son propre organe, le cœur (8 717, 6°). Rien, suivant la re-
(4) Scheel, loc. cit., t. I, p. 180; t. IT, p. 136, 144 , 150, — Dieffenbach , loc. cit., p. 27, ,
marque de Wedemeyer (1), n'affaiblit autant qu'une hémorrhapie l'influence que le cœur exerce sur la circulation ; chez un animal qui perd tout son sang, les battemens du cœur deviennent plus faibles et plus rapides , puis irréguliers ét intermittens , Jusqu'à ce qu’énfin ils cessent tout-à-fait. Humboldt (2) à ranimé le mouvement, dans des cœurs de Grénowilles, qui étaient déjà immobiles, en les plongeant dans du sang, et après que la répétition de cette expérience les avait épuisés, ils recommençaient à battre avec vivacité lorsqu'on les introduisait dans la cavité pectorale d’une Grenouille où venait tout récemment de s’épancher du sang. Le cœur d’un Crapaud, qu'aucune irritation mécanique ne pouvait plus déterminer à se contracter, exécuta des pulsations faibles après avoir été remis dans la poitrine de l'animal, et battit plus vite quand on l'introduisit dans la poitrme d’une Grenouille qui venait d'être ouverte. L’immersion des cœurs de Poissons dans du sang de Lézard , et celle du cœur de la Taupe dans du sang de Chat, produisirent le même résultat ; mais le cœur d’une Souris ne fut point ranimé par du sang d'animaux à sang froid.
5° En remplissant les cavités du cœur, le sang excite cet organe, ce qui lui imprime à lui-même le mouvement. Dans les vaisseaux capillaires, au contraire , il trouve son but , et il y entre en rapport plus intime , en conflit chimico-dynamique, avec les organes dont ces vaisseaux font partie intégrante, car le système vasculaire perd là son mdépendance ($ 702, 1°). Admis aïnsi dans la substance des organes , il stimule lactivité vitale propre de chacun d'eux, et exerce son influence sur la vie générale, de même qu'il agit encore jusque sur la raideur cadavérique ($ 635, 8°). Mais les phénomènes qui résultént d’un changement soudain, principalement dans Ia quantité ($ 741) ou la qualité ($ 743) du sang, nous donnent la conviction que c’est la vie animale seule, et non la vie Végétative, qui a besoin de l'impression continuelle et constamment renouvelée du sang artériel, que par conséquent le sing dirige de préférence sa vertu stimulante vers les fonctions
(A) Untersuchungen, p. 189.
(2) Ueber die gereiste Muskelfaser, t, II, p. 264.
EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISME. la3 animales. Voilà pourquoi une hémorrhagie abondante et subite produit des vertiges , l'obscurcissement de la vue ; l'abolition de la conscience ,. la syncope , êt laisse à sa suite, toujours l'accablement , souvent aussi des paralysies ; ou l’affaiblissement des facultés intellectuelles, où le délire. Epuiser de sang un animal, c’est le priver d'abord de sa vie animale , après la perte de laquelle le cœur continue encore pendant quelque tempsde battre, comme l'ont constaté les observations de Piorry (1). Aussi Richerand a-t-il remarqué que des Chiens auxquels il lait les deux carotides et les deux artères verté= brales ; tombaient par terre et mouraient en peu de secondes, tout comme ceux dont il avait lié l'aorte elle-même immédiatement auprès du cœur (2); le défaut de sang artériel dans le cerveau produisait le même effet que son défaut dans le corps entier. Les irrégularités de la circulation qu'entraînent les vices de conformation du cœur déterminent un trouble plus ou moins considérable: des facultés de l'âme , et l’action que le sang exerce particulièrement sur le caractère ressortira des con: sidérations dans lesquelles nous entrerons plus tard au sujet de cette direction de l'âme.
IV. La propriété stimulante du sang repose sur la nature intime de sa substance , et sur la manière chimico-dynamique dont elle se comporte à l'égard des parties solides ; mais le rapport mécanique y entre aussi pour quelque chose.
6° En vertu de sa quantité ($ 691) et de son expansion ($S 690), le sang met les parties solides dans un état de tens sion et de rénitence favorable à l'influence qu'elles exercent les unes sur ies autres. Quand on épuise un animal de sang, toutes les parties se flétissent et se relàchent ; lorsque l’afllux du sang augmente vers elles, elles acquièrent et plus de volume et une rénitence plus prononcée. Ainsi, quand le cerveau reçoit une plus grande quantité de sang qu'à l'ordinaire, 1l fait effort contre le crâne, y creuse peu à peu des excavations , | fait même parfois éclater les sutures, et s'échappe ordinairement à travers les ouvertures accidentellés de la boîte osseuse.
(1) Froriep, Notizen, t. XIII, p. 489.
(2) Mémoire de la Soc. médic, d’Emulaticn, t. IX, p. 296.
PNA
Le volume du corps change également dans toutes les circonstances qui accroissent ou diminuent le mouvement du sang vers la périphérie en général, ou vers un point quelconque de la surface. D’après les mesures de Martini (1), le pourtour de la poitrine et du ventre augmente d'environ cinq lignes après qu’on amangé ($ 767); après un repas copieux, ou l'usage d’une grande quantité de vin et de café, celui de la poitrine s'accrut d'à peu près sept lignes, et celui du ventre de dix à douze; au contraire, après avoir bu de l’eau- de-vie, la partie supérieure de la poitrine se trouva plus étroite de cinq lignes, l’inférieure de douze , et le ventre de cinq. La circonférence de la poitrine augmenta de huit lignes après avoir joué d’un instrument; de six lignes en haut et huit en bas, pendant un accès de colère ; elle diminua, au froid , d'environ six lignes. Après la marche, le mollet se trouva plus gros de cinq lignes, et la cuisse de sept.
7° La force avec laquelle le choc du cœur agit sur le sang dans les artères produit un ébranlement, non seulement dans ces derniers vaisseaux, mais encore dans les organes voisins. Si, par exemple, on pose le coude sur une table, en tenant un corps long dans la main, on voit celui-ci éprouver une élévation etun abaissementisochrones aux battemens du pouls. La même chose arrive à la cuisse qu'on croise sur l’autre étant assis. Or, si nous considérons le système vasculaire comme un appareil mécanique de tubes liés les uns avec les autres, dans le cercle desquels le cœur est renfermé comme pompe aspirante et foulante, il nous semble que cette pompe pourrait accomplir la circulation, même en déployant une force bien moins considérable; et si nous réfléchissons encore qu’indépendamment du cœur on découvre d’autres forces qui déterminent la fonction (S$ 758 }, il devient évident que sa puissance n’est point-indispensable. Cependant, comme il répugne d'admettre un déploiement inutile de force dans une fonction qui est si générale, nous ne pouvons non plus croire que cet ébranlement soit sans importance, et nous devons penser qu'il influe sur la vitalité des organes, hypothèse dont
(4) Abhandlunyen der Schwedischen Akademie , t. XXXI , p. 73.
Bichat a essayé le premier d'établir la vraisemblance (1). En effet, l'agitation mécanique qui résulte des alternatives continuelles d'ampliation et de resserrement de la cage thoracique, des poumons et du cœur, comme aussi du mouvement des parois abdominales, de l'estomac , du canal intestinal et de la vessie urinaire, semble influer d'une manière puissante sur la vitalité des organes , et dès lors on ne voit pas pourquoi l’impulsion du sang artériel ne contribuerait point aussi à cette action. Les flexuosités des artères paraissent indiquer que tel est effectivement le rôle qu’elle joue; en multipliant les points de contact des artères, et les étendant plus loin sur les côtés, elles leur permettent dé ‘branler davantage les organes voisins ; aussi les rencontre-t-on surtout, comme le fait remarquer Bell (2), dans les parties qui jouissent d'une vitalité trèsprononcée , de sorte qu’il y en a plus, par exemple , à la tête qu'aux membres inférieurs. De même aussi, quand le‘placenta, les glandes mammaires, etc., déploient une vie plus énergique , leurs artères deviennent plus fortes et plus flexueuses qu'elles ne l’étaient auparavant. Mais le cerveau est de tous les organes celui dans lequel on reconnaît au plus haut degré l'influence de cet ébranlement , et si elle s'y montre plus prononcée que partout ailleurs, c’est qu'il n’est aucun organe non plus, dans l’économie, qui ressente plus vivement l’action stimulante du sang que ce centre de la vie animale. En effet, nous apercevons , dans le cerveau de l’homme , des dispositions qui lui permettent d’être ébranlé par les effets des battemens du cœur. Les branches artérielles qui s'yrendent, avant de se partager en rameaux, décrivent des flexuosités à sa base et y forment un cercle dans lequel un courant sanguin, dirigé d'avant en arrière, se rencontre avec un autre dirigé d'arrière en avant, de sorte qu'à chaque systole du cœur ces vaisseaux s een de bas en baut, et soulèvent l'organe encéphalique reposant sur eux, d'autant plus qu'étant dépourvus de membrane fibreuse, ils doivent non seulement céder avec une grande facilité à l'impulsion du cœur,
(4) Recherches sur la vie et la mort, p. 485-202. (2) An essay on the forces by which ciroulates the blood, p. 42,
mais. éncore la transmettre aisément à Ja masse molle de l'encéphale. Aussi voit-on, tant sur le cadavre, quand on injecte de l'eau par saccades dans les carotides, que sur le vivant , lorsque les circonstances permettent de faire cette observation, le cerveau se soulevér à chaque battement du cœur, et s'affaisser aussitôt après. Ces mouvemens céssent quand les forces diminuent , s’affaiblissent dans les hémorrhagies , S'nterrompent durant la syncope, augmentent lorsque le sang afflue en’plus srande quantité vers la tête, et s'arrétent quand les artères cérébrales viennent à être obturées : en un mot, ils correspondent exactement à l'impulsion du cœur et à sa propagation au cerveau (1). Mais, d'un autre côté, ils sont aussi en raison directe de l’activité des facultés de l'âme; on ne les observe point dans la stupeur qui accompagne les commotions cérébrales, et, à mesure qu’ils se rétablissent, la conscience renaît. IIS sont plus faibles chez les Mammifères que chez l'homme, et manquent totalement chez les Oiséaux, les Reptiles et les Poissons. Dans les Poissons et les Urodèles, le cœur ne peut point exercer cette influence immédiate sur le cerveau, puisqu’entre les deux organes se trouve interposé le système vasculaire des branchies. Chez les autres Reptiles, il n’y à qu’un des deux troncs dans lesquels l'aorte se partage qui donne les artères de la tête et des membres supérieurs, encore même de telle sorte que, la plupart du témps, l’artère céphalique n’est qu'une faible branche de la sous-clavière, et l'artère cérébrale le dernier rameau de lä céphalique. Chez les Oiseaux, il n’y à également point d'aorte ascendante, l’aorté se partageant, aussitôt après sa sortie du cœur, en un tronc gauche , l'artère sous-clavière gauche, ét un tronc droit , l'aorte descendante, de laquelle naît la sous= clavière droite; la carotide, qui provient de lasous-clavière droite, ou de la gauche, ou de toutes deux, et qui fournit l'artère vertébrale, est proportionnellément fort petite, et souvent impaire jusque près de la base du crâne, où elle se divise en plusieurs branches , entre lesquelles l'artère cérébrale ne se fait point remarquer par un calibre plus considérable. C'est
(4) Burdach, Pom Baue des Gehirns, t, NII, p. 32-37.
EFFETS DU SANG SUR L'ORGANISNE. {929 chez les Mammifères seulement que la masse entière du’sang s'engage dans l'aorte ascendante, d’où résultent un afflux plus considérable de ce liquide vers la tête, et un mouvement plus prononcé du cerveau. Mais cet état de choses est surtout trèsz développé chez l'homme, où, plus que partout ailleurs, la base du cœur et l'issue du ventricule aortique sont tournées vers l'encéphale, et où la carotide interne n’est plus une branche subordonnée de l'interne , mais forme la continuation en ligne droite du tronc, de sorte que le sang se porte au cerveau d’une manière directe et avec toute la puissance dont il . est animé (1). A la vérité, d’après la loi générale de l’hydrostatique , le liquide pèse uniformément en tous sens sur ses parois; mais, dans un mouvement saccadé, il heurte aussi avec plus de force contre la paroi qui lui est directement opposée (8728, 4°). )
8° L’artère carotide interne rencontre d'abord perpendiculairement le rocher, puis elle s’infléchit dans son canal osseux , qu'elle remplit en entier, et avec le périoste duquel elle est unie d’une manière intime ; voilà pourquoi il arrive souvent que la tête soit soulevée à chaque pulsation , quand, par l'effet de la maladie , le sang afflue en plus grande quantité vers elle (2). Mais ce qui arrive avec une violence insolite dans l’état anormal, doit avoir lieu aussi à un moindre degré dans l’état ordinaire ; le sang qui heurte contre la paroi osseuse doit produire en elle une vibration qui occasione un tremblotement léger dans le cerveau. Le courant du sang peut fort bien détermmer aussi quelque chose d’analogue dans d’autres parties molles; seulement alors le phénomène est invisible, quoique susceptible d’être apprécié par l’oréille. Or, quand on met le doigt dans l'oreille, on entend un bruissement continuel, et l’on pourrait présumer qu'il dépend de l'oscillation déterminée dans le doigt par le cours du sang, s'il ne se rattachait pas peut-être en partie à une activité vivante des fibres musculaires. C'est un point sur lequel nous reviendrons plus tard.
Au reste, le mode d'action mécanique de la circulation
(4) Burdach , loc. cit., t, II , p, 416.
(2) Loc. cit., p. 32, 36.
paraît se perdre chez les animaux inférieurs ; les Insectes dont on a enlevé le vaisseau dorsal , ou chez lesquels on l’a rempli d'une substance étrangère, continuent de vivre tant que leurs organes sont baignés et imbibés de suc vital.