‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 71 sur 81 · LE · texte numérisé non relu

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demi-heure après l'opération dans une veine enlevée à un Chien vivant, au lieu qu'un quart d'heure suffisait pour opérer la coagulation de celui d’un autre Chien vivant qu'il avait introduit dans la veine cave extraite du cadavre quinze heures après la mort. Si toutes ces observations démontrent que le sang est maintenu liquide par la vitalité des parties qui l'entourent, elles font concevoir aussi pourquoi, comme l'ont observé entre autres Hunter et Thomson (1), les vaisseaux d’un membre frappé de sphacèle sont pleins de sang coagulé ; l'hypothèse de quelques pathologistes , qui prétendent qu’alors la gangrène est la suite de la coagulation, à donc au moins le défaut de ne pas s'appliquer à tous les cas.

3° On dit que le sang est maintenu liquide par les nerfs. Mais cette ‘explication semble ne faire qu’envelopper la question d’une obscurité mystique, car nous ne conceyons pas comment les nerfs produiraient un pareil résultat. Schrœder a trouvé des caillots dans les vaisseaux après la destruction du cerveau et de la moelle épinière (2). Quand Fontana avait blessé et piqué les nerfs , il rencontrait du sang noir et caillé dans le cœur. Mayer a vu des coagulations se manifester après la section ‘du nerf pneumo-pastrique. Wedemeyer (3) admet aussi que, dans la gangrène et certains empoisonnemens , c’est la seule paralysie de$' nerfs qui amène la coagulation du sang. Mais, de ces observations, il suit seulement que la vitalité qui entretient l’état liquide du sang peut être détruite par la lésion du système nerveux, et non que ce dernier soit la cause immédiate de la liquidité de ce fluide. La circulation continue encore pendant quelque temps après la destruction du cerveau et de la moelle épinière, et l’on peut également l’entretenir, à l’aide d’une respiration artificielle, après avoir frappé la vie sensitive de stupeur et de paralysie par un coup porté sur la tête. La circulation est fort lente, et, suivant toutes les apparences, fréquemment interrompue, dans les larges veines du diploé, qui ont entre elles des anastomoses fort multipliées,

(4) Traité médico-chirurgical de l’inflammation, Paris 4827, in-8°, p. 577.

(2) Diss. sistens sanguinis coagulantis historiam, p. 86-89.

(3) Uuterguchunyen , p. 244, 343. |

ACTION. DE. L'ORGANISME SUR LE. SANG. Gha

et quoiqu'il n’y ait point ici de nerfs sur les parois, cependant la coagulation du sang n’a pas lieu. Le cordon ombilical, avec le placenta fœtal, est aussi long, sinon même plus, que le corps de l'embryon, et il ne contient point de nerfs; le sang y conserve néanmoins sa liquidité, et les expériences de Thackrah (1) ont démontré que les vaisseaux de ce cordon sont tout aussi propres que d’autres vaisseaux vivans quelconques à maintenir la liquidité du sang qu’il renferme. Nous devons donc présumer que, dans les parties qui possèdent des nerfs, ceux-ci ne contribuent à entretenir l'état liquide du sang qu’en raison de l'influence qu'ils exercent sur l’activité vitale des organes.

4° Dans les expériences citées précédemment ( $ 749 ), où du sang qui était sur le point de se coaguler avait été injecté dans les vaisseaux d’un animal vivant , il a fallu que la fibrine, qui commençait à devenir cohérente, repassât peu à peu à l'état liquide. Home, en plongeant une aiguille rougie au feu dans un anévrysme, détermina une coagulation instantanée du sang que renfermait la tumeur (2), de sorte que celle-ci devint dure et cessa de battre; mais, au bout de quelques jours, l'anévrysme était dans le même état qu'auparavant; le sang coagulé avait donc dû se liquéfier de nouveau. La sérosité du sang ne peut point opérer cette liquéfaction d’une manière chimique; car, d’un côté, nous voyons le caillot y conserver son état solide, et d’un autre côté, un caillot em— prisonné dans un point du corps vivant auquel ne parvient aucun courant de sang , repasse à l’état liquide, ce qui suppose l'afflux d’un liquide provenant des alentours. Le caillot renfermé dans une artère sur laquelle une ligature a été appliquée, ou extravasé dans le tissu cellulaire, disparaît au bout de anelanes jours ; il est liquéfié et absorbé. Les concrétions qu’on trouve dans les anévrysmes et beaucoup de celles qu’on observe dans le cœur ont leurs couches’externes , celles qui avoisinent les parois, plus fermes, plus sèches etplus pâles que les internes ; il faut donc que les parties environnantes

(4) Loc. cit., p. 66.

(2) Lectures on comparative anatomy, 1, V, p. 405.

HAS AëTION DE L'ORGANISME sûr ir SAN.

aïent absorbé de l'humidité et du crüor. Mais quelquefois aussi il se formé , autour du caiïllot, un kyste qui sécrète un liquide Séreux , où qui s'orgänise ; dans ce dernier cas, il àcquiert des courans Sanguimis et dés vaisseaux qui se méttént en rapport avec Ceux de [x paroï, il secrète, se nourrit et vit à l'instar de toute aütre partie ofganique ay. Ïl n’est pas pos- Sible de mécornäîtré un rénouvellément de matériaux dans tous ces phénomènes , et l’on ne saurait méttre en doute qu'il s’én opère un aussi pendant la vie, que par conséquent le sang äbändonne sans cesse uné portion de ses principés constituans, notament de sa fibrine , aux parties environnantes, qui Iüi rendent d’autres substances en échange, et que c’est là ce qui l'entretient dans son état normal de liquidité. À là vérité, ce rérouvellérnent de matériaux ne peut être observé d'une manière immédiate , et ne tombe point sous les sens; mais Ja méme chose à liéu pour là nütrition des parties solides du Corps, qu'on ne conclut non plus que du maintien des proportions relatives au volume, ét qui n’en est cependant pas Moins certaine.

5 C’est incontestiblément d l'a même manièré que les globules du sang se raïintiéennent, quoique nous n’en puissions rien voir, et que loin de 1à même, il nous soit possible dé les suivre dans leur progression, sans rémarquer en eux nul chingemeñt. On à admis qué le sang reste liquide parce que là fibriné est emprisonnée dans les globules et isolée par leur enveloppe, consistant elle-même en cruor ; mais les faits qui ont été exposés plus haut ($ 689 ) renversent cette hypothèse. Nous té pouvons pas noû plus accorder aux globules une force conservatrice propre et indépendante, puisque , à part leur forme limitée, ils né montrent aucune trace d'individualité ; tout annonce d'ailleurs que, quand ils prennent ou reprennent leur configuration ($ 688, 2°, 689, 5°), ils se comportent d'üne mañièré purement passive: ét ne font qu'obéir à lim pulsion des forces motrices qui agissent sur éux. Léur fusion ést tout-à-fait différenté de la coagülätion ; ; câr elle cessé ins-

(4) Meckel, Æandbuch der pathologischen Anatomie , t il : Le 403. — Andral, Précis d'anêf, pathôlogique , t. T, p. b32.

AËTION DE L'ORGANISUE SUR LE SANG. 443 tanfanément au retour du mouvement, tandis qu'il faut un travail plastiqué dé plusieurs jours pour faire repasser la fibrine à l’état liquide quand elle à été coagulée. Ces changemens dépendent uniquement des forces motrices; or nous avons vu que les globules du sang ont une affinité adhésive.les uns pour les autres ($ 739, 1°), mais ils font preuve d'une affinité plus puissante encore pour les masses des parties solides ($ 758) ; nous devons donc admettre que l'attraction des parois vasculaires et, pendant la circulation , celle des organes situés à l'extérieur de ces parties ; agissent sur les globules du sang individuellement et les maintiennent isolés les uns des autres, qu’au conträire , dans le sang devenu stagnant, où cette force attractive a cessé d'agir , les globules peuvent manifester leur attraction mutuelle et par cela même se confondre les uns avec les autres. |

Meyen dit avoir vu que, dans les cas de suspension de la circulation, les globules du sang se dissolvaient dans la sérosité, la rendaient trouble , et s’en séparaient de nouveau quand la circulation venait à recommencer (1). Mais cette observation repose sans doute sur quelque erreur, car personne n'a jamais rien vu de semblable ; et l’on sait que les globules frais sont insolubles dans la sérosité du sang: :

B. Tnfluénce sur le caractère général du sanÿ.

$ 754: Dans les veinés pulmonaires et le système aortique, le sang a une couleur rouge vermeille, qui se räpproche de l’écrlate ; dans le système des veines caves et l'artère pulmonal , il est d’un rouge foncé, änalogue à celui de la merise, ce Eu que , par opposition avec le précédent ; oh dit qu'il est noir. Nous avons déjà dit que le sang vermeil reçoit aussi l’épithète d’artériel , et le sang noir celle de veineux ($ 743). De soi-même il est déjà vraisemblablé qué les déux courans ne diffèrent pas seulement sous le point de vué de la Couléur, “et que leurs autres propriétés ne sont pas non plus les mêmes; mais cette différence est très-délicate , et la grande variabilité du sang la rend extrêmement difficile à à saisir, de manièré que

(1) Isis , 1828, p. 402...

4h . ACTION DE L'ORGANISME SUR LE SANE.

nos connaissances actuelles à son égard pourront paraître presqu’aussi peu avancées qu elles l’étaient du temps de Haller (1),

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