‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 5)Chapitre 72 sur 81 · À. PHÉNOMÈNES DE LA VÉNOSITÉ · texte numérisé non relu

À. PHÉNOMÈNES DE LA VÉNOSITÉ

1° Le sang veineux est plus dense que le sang artériel , ‘et il a une pesanteur spécifique plus considérable. La proportion est de 4414 : 1404, selon Hammerschmidt (2) ; de 1054 : 1050, terme moyen d’après les recherches de J. Davy sur des Brebis, des Bœufs, des Veaux et des Chiens; de 1056 : 1053, chez l'homme, suivant Scudamoré (3). Cependant plusieurs écrivains disent le sang veineux plus léger ; sa pesanteur spécifique serait à celle du sang artériel comme 1000 : 1428, d’après Boissier, 1000 : 1019 — 1036 selon Hamberger , et 1031 : 1049 suivant Magendie. :

J. Davy dit que la proportion entre la pesanteur spécifique du sérum de sang veineux et celle du sérum de sang artériel, est de 1026 : 1025, terme moyen (4).

2° Le sang veineux est moins chaud, de trois à quatre degrés du thermomètre de Fahrenheit, d’après Schwenke (5), d’un à deux selon J. Davy (6), qui a plongé l’instrumentdans Ja carotide et la veine jugulaire de différens animaux , d'un degré et demi à trois, chez l'homme, suivant Krimer (7), et d’un degré seulement d’après Scudamore (8). On a pensé que cette différence tenait à ce que la situation plus superficielle des veines et l'épaisseur moins considérable de leurs parois permettaient davantage à l'air extérieur de refroidir le sang veineux ; mais J. Davy à constaté qu'elle avait lieu égalegpent entre le contenu du cœur droit et celui du cœur pe | Jurine n’admettait aucune différence entre les deux sang$ ; Co-

(4) Element. phystolog., t. IL, p. 40.

(2) Lbid., p. 9.

(3) Fersuch ueber das Blut, p. 32.

(4) Meckel, Deutsches Archio ,t.1, p. 429. s (5) Haller, Zoc, cit., t. II, p. 8. “ (6) Loc. eit., p. 409.

(7) Physiologie des Blutes , p. 242.

(8) 7ersuch ueber das Blut , p. 32,41, «

lèman, Cooper et Martini prétendaient que, quand il'y en a une , le sang veineux est un peu plus chaud.

A l'égard de la capacité pour le calorique, J. Davy la dit aussi un peu moins forte dans le sang veineux. Cependant la différence se réduit presque à rien, ou même est tout-à-fait inappréciable.

3° Sous le rapport électrique, Bellingeri dit que le sang veineux est toujours animé de la même électricité que le sang artériel chez les Oiseaux etles Chevaux, qu'il l’est quelquefois chez les Brebis et les Veaux, que parfois il est à l'état négatif, l’autre sang étant positif, mais que jamais l'inverse n’a lieu. D’après cela, il pense que l’état négatif du sang veineux et positif du sang artériel constitue la règle, qu’on ne peut seulement pas toujours constater (1).

4° Le sang vemeux se putréfie plus vite que le sang artériel, suivant Thackrah (2); plus tard, au contraire, selon Krimer (3) et Kœnig (4). |

5° Il a moins de tendance à se décomposer , et se coagule plus lentement ; son caillot abandonne plus tard du sérum , et reste mou plus long-temps , remarque qu’ayait déjà faite Autenrieth (5). La différence a été d’une à quatre minutes chez des Agneaux selon J: Davy (6), d’une demi-minute chez des Veaux et des Chèvres d’après Berthold (7), d’une minute et demie chez des Moutons et des Chiens, et de deux minutes chez l’homme , suivant Blundell (8). Thackrah seul (9) dit avoir observé un rapport inverse.

6° Au dire de Mayer (10), de Blainville (11), de Denis (12) et

(4) Experimenta in electricitatem sanguinis , p. 45-48.

(2) Loc. cit., p. 6.

(3) Loc. cit., p. 208.

(4) Experimenta circea sanguinis inflammatorit et sant qualitatem diversam , p. 8.

(5) Medicinisch-chirurgische Zéinua , 1794, t. LI, p. 339.

(6) Loc. cit., p. 422.

(7) Beitræge zur Anatomie , p. 248.

(8) Researches , p. 130.

(9) Loc, cit., p. 42.

(10) Meckel, Deutsches Archiv, t. IIL, p. 537.

(41) Cours de physiologie générale, t. I, p. 249, 251,

(42) Recherches expérimentales sur le sang humain 3 Pe 209.

autres, le sang veineux donne moins de caillot et plus de sérum que le sang artériel. La proportion du caillot au sérum a été, chez un Chat , de 1163 : 8837 pour le sang veineux , et de 1184 : 3816 pour le sang artériel ; chez une Brebis, de 861 : : 9431 pour le premier , et de 935 : 9065 pour le second; chez un Chien, d’après Denis, de 970 : 9300 pour le premier, et de 995 : 9005 pour le nl Krimer seul (1) émet une opinion contraire , , Qui avait déjà été autrefois celle de Hamberger, |

7° Le sang veineux contient moins de PRE Le rapport entre lui et le sang artériel , sous ce point de vue , a été, chez des Chevaux, d’après Mayer (2), de 78 : 134, ou de 80 . 425, ou de 35 : 43; chez une Brebis, suivant Prevost et Durs. de 861 : 935 ; es un Chien, selon Denis, de 24 : 25 ; d'après Berthold | (3) , chez des Chèvres , de 366 : 429; chez des Chats, de 474,521; chez des Moutons, de 475:566, et chez des Chiens de 500: 666. Du reste, Emmert (4) prétend que la fibrine veineuse est plus molle, Mayer (5) assure qu ’elle est bien plus atténuée , comme hachée , et intimement unie au cruor, tan: dis que l'artérielle est réunie en plus gros faisceaux, et séparable en totalité, du cruor, Berthold (6) dit que, dans le sang veineux, le cruor se sépare plus facilement, mais moins complétement, de la fibrine.

Sig Wart ayait prétendu que le sang veineux contenait davantage de fibrine , parce qu'il la recevait des muscles, dans lesquels , suivant lui, cette substance se produisait. En eflet, chez un Chien, Lassaigne a trouvé 2,10 partes de fibrme dans mille de sang veineux, tandis que la même quantité de sang artériel ne lui a donné que 2,09 de cette substance (7).

8° Selon Prevost et Dumas, Wedemeyer (8), Denis (9) et

(1) Loc. cit., p. 248.

(2) Loc. cit., p. 534,

(3) Beitræge zur Anatomie, p. 251.

(4) Reil, Archiv fuer die Physiologie, t. XI, p. 424.

(5) Loc. sa p. 538.

(6) Loc. cit., p. 248.

(7) Journal de chimie radicale, t. I, p. 94.

(8) Untersuchungen, p, 246, x s + (9) Loe, cit,, p. 266,

Pallas (4), il y a mois de globules ou de cruor dans le sang veineux que dans le sang artériel. Mayer (2) soutient le contraire. |

9 D'après Denis (3) et Blainville (4) , le sang veineux contient davantage d'albumine ( 5,86 . 5,70) et, une plus grande proportion d’osmazome, ayec des sels (1,20 : 4,10), Cependant le contraire a été soutenu aussi , et l’on a trouyé la proportion entre le sang veineux et le sang artériel, eu égard à l'albumine et aux sels, de 879 : 909 dans un Chat, 745 : 878 dans un autre, et 775 : 772 dans une Brebis. Lassaigne a rencontré , dans le sérum desséché du sang veineux d’un Chien, plus de sels (12,5 : 11,5 )et moins d’albumine (87,5 : 88,5 ).

10° Le sang veineux est plus riche en eau et plus pauyre en parties solides , d’après Autenrieth (5), Denis (6) et Pallas. Ce dernier dit que la proportion des parties solides à l’eau était, chez un homme, dans le sang veineux, de 2,550 : 17,400, dans le sang extrait à l’aide ir ventouses ts de 3 000 à 17,400, et dans le sang pompé par les sangsues, de 3,100 : 17,350 ; chez un autre homme, la proportion était, dans le sang veineux , de 2,550 : 18 800, et dans le sang artériel des vaisseaux capillaires, de 7 650 : 18,500. D'après un troisième observateur, la proportion était, chez une Brebis, dans lesang veineux, de 46,36 : 83,04, et die le sang artériel, de 17,07: 82,93 ; chez un Chat, dans le sang veineux, de 17,44 : 82,59, et dans le sang artériel, de 17,65 : 82,35; chez un autre, dans le sang veineux , de 49,08 : 80,92, et dans le sang artériel, de 19,62 ! 79,38; la pren était aussi, dans le sérum du sang veineux, de 9,60 : 90,40 , et dans celui du sp: artériel, de 10,00 : 90,00.

D'un autre côté, Abilgaard a obtenu , en résidu sec, du sang veineux vingt-six parties, et du sang artériel vingt-cinq, c'est-à-dire vingt-trois centièmes du premier et” dix-huit du

(4) Journal de chimie médicinale, t. IV, p. 465. (2) Loc. cit, pe 334,

(3) Loc. cit,, p. 353.

(4) Loc. cit., t. I, p. 251,

(5) Handbuch der Physiologie, t, X, p.316,

(6) Loc, cit., p, 285,

second. Lassaigne a trouvé 84,3 centièmes d'eau dans le sérum du sang veineux, et 89,8 dans celui du sang artériel. Enfin J. Davy est tenté aussi d'admettre une moindre proportion d’eau dans le sang veineux. Suivant Chevreul , la fibrine de ce sang contient moins d’eau, et la retient avec plus de force, ou la laisse échapper moins facilement; en eflet, 100 parties de cette substance se réduisirent à 25,70 par la dessiccation au grand air, et à 21,05 sous le récipient de la machine pneumatique , tandis que 100 parties de fibrine du sang artériel seréduisirent, dans le premier cas, à 21,10, et dans le se cond à 19,55.

11° La proportion des élémens est fixée de la manière suivante par Michaelis :

Carbone Azote Hydrogène Oxygène.

Albumine veineuse 52,652 15,505 7,359 24,484. — artérielle 53,009 415,562 6,993 24,436.

Cruor veineux 53,231 17,392 7,711 21,666.

— artériel 51,382 17,253 8,354 23,011.

Fibrine veineuse 50,440 17,267 8,228 24,065.

—. artérielle 51,374 17,587. 7,254 23,785.

D’après cela , le sang veineux , envisagé d’une manière générale , contient davantage de carbone et d'hydrogène, mais moins d'azote et d'oxygène. La prédominance du carbone dans sa composition avait été constatée par plusieurs expérimentateurs , entre autres Luzuriaga et H. Davy, mais révoquée en doute par Brande (2). Abilgaard prétendait également qu'il y a moins de carbone dans le sang veineux que dans le sang artériel. La plupart des chimistes admettent aussi qu'il est moins riche en oxygène; telleest l'opinion surtout de H. Davy. Gequi semble annoncer qu'ilcontient moins d'azote, c’estla remarque faite par Krimer (3), qu'il donne une moins grande quantité d'ammoniaque que le sang artériel.

(4) Schweigger, Journal fuer Chemie , 4828, t. III, p. 94, (2) Home, Lectures on comparative anatomy, t, UT, p. 8. (3) Loc, cit, p. 250,

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