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petits d'un Ancon, l'un ressemblait plus au père, et l’autre davantage à la mère. Dans l'espèce chevaline, le poulain a plus de ressemblance avec le père, mais seulement lorsque celui-ci est de race pure (1). Suivant Klaproth, lorsque les races mongole et caucasique se mêlent ensemble, les enfans portent toujours le caractère de la première, que ce soit le père ou la mère qui y appartienne.
3° Sous le rapport de la forme, il y a plus de ressemblance entre le petit et le père dans les bâtards du Faisan et de la Poule (2) , du petit Tétras et du Coq de bruyère (3), du Chamois et de la Chèvre (4). De même, la race est ennoblie parles étalons arabes, espagnols, anglais. Mais plus fréquemment encore la forme et la taille sont déterminées par la mère : c’est ce qui arrive dans les Mulets et les Bardeaux, dans les bâtards de V’Ane et du Zèbre (5), du Chien et de la femelle du Renard (6). Tandis que, dans les Ghevaux (7) et chez les bâtards du petit Tétras et duCoq de bruyère, le père détermine la forme, c’est la mère qui donne la taille. Parmi les Persans, les disciples de Zoroastre, qui ne se mêlent qu'entre eux, sont bruns et laids, au bu que les grands, qui tirent leurs femmes de la Circassie et du pays de Gachemire, ont des formes plus belles (8).
4° La forme des membres est déterminée plus particulièrement par le père chez nos animaux domestiques et chez les bâtards des Anas glaucion et querquedula , du Bouc et de la Brebis mérinos, du Chien et de la femelle du Renard, du Chevreuil et de la Chèvre, du Cerf et de la Vache (9); mais plus par la mère dans les bâtards de l’Ane et du Zèbre (10), du Belier
‘Heu
(4) Hofacker, loc. cit., p. 93.
(2) Haller, Loc. cit., t. VIIL, p. 402.
(3) Neujahrsgeschenk fuer Jagdliebhaber , 1795 , p. 50. (4) Tbid., 1803 , p. 26.
(5) Annal. du Muséum, t. IX, p. 225.
(6) Neujahrsgeschenk fuer Jagdliebhaber , 1795, p. 408. (7) Bechstein , loc. cit.,t. I, p. 252.
(8) Virey, Hist. nat. du genre humain rt: À. D. 19%
(9) Hofacker, loc. cit., p. 90.
(40) Annales du Muséum, t. IX, p. 225.
264 EFFETS DE LA FÉCONDATION. à
et du Chamois, du Coq et de la Cane (1). La propagation de
doigts et orteils surnuméraires du côté de la mère se voit en partie dans les généalogies qui ont été rapportées plus haut ($ 303 ); elle a été observée en outre par Morand (2), Witgens et autres. Le Mulet a la croupe plus allongée que celle du Cheval, et six vertèbres lombaires comme lui, mais quelquefois aussi il n’en a que cinq , comme l’Ane.
o° La queue ressemble à celle da père dans le Mulet et dans les bâtards du Faisan et de la Poule (3), des nas glaucion et querquedula (h),du Chien et de la Louve (5), de l’Ours et de la Chienne (6); à celle de la mère dans le Bardeau , et le bâtard du Bélier et de la Chèvre (7). Dans le bâtard du Chien et de la Louve, elle est à l’état neutre, c’est-à-dire ni retroussée , comme chez le Chien, ni pendante, comme chez le Loup, mais presque toujours'étendue en droite ligne (8).
6° Quant à la locomotilité, le Mulet tient de son père l’aptitude à supporter la fatigue et la sûreté de la démarche. Le bâtard du Chamois et de la Chèvre a également plus de force musculaire et gravit sur les rochers les plus escarpés ; celui des Anas glaucion et querquedula est tout aussi dépourvu de motilité sur terre et tout aussi bon nageur que son père.
7° Le Mulet à la voix et le hennissement du père, et le Bardeau le braiment de l’Ane. Au contraire, les bâtards du Chien et de la Louve n'aboient point. Ici on remarque quelquefois une sorte de mélange ; les bâtards du Chien et de la femelle du Renard aboïent, mais d'une voix plus enrouée, et hurlent comme les Loups, quand ils ressentent de la dou: leur (9); un bâtard d'Ours et de Chienne aboyait et grognait (10).
(4) Hofacker, Loc. cit., p. 90.
(2) Hist. de l’Ac. des sc., 1770.
(3) Frisch , dans Der Naturforscher, t. VIT, p. 156.
(4) Annales du Muséum , t. VII, p. 222.
(5) Pallas, dans Der Naturforscher, t, XV, p. 25.
(6) Bechstein , Loc. cit., t. I, p. 702.
(7) Ibid., p. 427.
(8) Masch , dans Der Naturforscher, t. XV, p. 25.
(9) Neujahrsgeschenk fuer Jaydliebhaber , 4795, p. 408. (40) Bechstein, Loc. cit., t. TL, p. 702.
8° La couleur dela peau du père passe souvent en héritage , chez les Pigeons , les Lapins, les Brebis, les Chiens, et Chez quelques bâtards, par exemple celui du petit Tétras et du Coq de bruyère. La couleur de la mère est transmise dans le . Mulet, ainsi que dans les bâtards du Cheval et du Zèbre, du Chien et du Renard femelle (2), du Chamois et de la Chèvre (2). Le bâtard de l’Ane et du Zèbre a la couleur grise et la raie noire le long de la colonne vertébrale qui appartiennent au père, et les raies transversales, surtout aux cuisses, au garot el à la tête, qui caractérisent la mère. Dans l’espèce chevaline , la couleur du père et celle de la mère se transmettent aussi fréquemment l’une que l’autre aux poulains (3). L'anomalie cutanée particulière à la famille Lambert, et qui rappelait la conformation du Porc-Épie, ne se transmettait qu'aux individus mâles.
9° La nature et surtout la finesse du poil sont déterminées principalement par le père. Ainsi, le pelage de nos Chèvres et de nos Brebis indigènes est infiniment plus ennobli parles Boucs d’Angora ou par les Beliers mérinos, que par les individus femelles de ces deux races. Le poil du bâtard de l'Ours et de la Chienne ressemble également à celui du père. Mais le pelage , surtout en ce qui regarde sa longueur, a plus d’analogie avec celui de la mère dans le bâtard du Belier et de: la Chèvre (4), dans celui du Chien et de la femelle du Renard . dans le Mulet et dans le Bardeau. Suivant Ribbe, le bâtard du Bouc et de la Brebis mérinos a la laine du cou, de la poitrine, du dos et des flancs semblable à celle de la mère, tandis que, sur le devant de la tête , au sacrum , aux cuisses et à la queue, elle est mêlée de poils.
10° La forme de la tête, qui, chez les animaux, est déterminée principalement par la proportion des organes manducatoires et olfactifs, se propage surtout par le père. C’est ce qu’on voit chez les animaux domestiques en général, chez les bâtards du Faisan et de la Poule, de la Pintade et
(4) Noujahrsgeschenk fuer Jagdliebhaber , 4795, p. 108, (2) bid., 4803, p. 26.
(3) Hofacker, Loc. cit., p. 97.
(4) Bechstein, loc. eùf.; t. I, p. 427.
266 EEFETS DELA RÉCONDATION.
de la Cane, des Anas glaucion et querquedula , de l'Ane et du Zèbre (1), du Chevalet du Zèbre, du Chien et de la Louve, du Chien et du Renard, du Bouc et de la Brebis mérinos, ænfin dans les Mulets. Cependant Masch a vu la tête confor-
mée comme celle de la mère chez un bâtard de Chien et de |
Louve. Le bec ressemble à celui du père dans les bâtards de Pintade et de Cane, et à celui de la mère dans ceux du Chardonneret et de la Linotte (2). Les oreilles sont la plupart du temps comme celles du père, surtout dans le Mulet et | dans les bâtards d’Ane et de Zèbre, de Cheval et de Zèbre, «|
de Bouc et de Brebis mérinos, de Chien et de femelle de Renard ; elles ressemblent à celles de la mère dans le bâtard de l’Ane et du Zèbre , et tiennent le milieu dans le Bardeau. . 4e Sous le rapport moral, l'influence de la mère prédomine. Le Mulet a la vivacité de la mère, qui le rend susceptible de déployer momentanément plus de force que l’Ane, dont il partage d’ailleurs la constance à supporter les fatigues. De même, le Bardeau est lourd et lent, le bâtard de l’Ane et du Zèbre fort indocile, celui du Chien et de la Louve non susceptible d'être apprivoisé (Pallas). Il y a des langues où cette provenance des facultés morales semble avoir été consacrée par l'usage; telle est, entre autres, celle des Allemands, dans laquelle le bon sens s'exprime par le mot de Mutterwitz (esprit maternel). Sinclair nomme quelques femmes d'esprit qui ont rendu les facultés intellectuelles plus actives dans les familles auxquelles elles se sont alliées, etil fait entre autres remonter à une femme les talens qui distinguèrent celle des Pitt. Quelquefois les bâtards des animaux ressemblent davantage au père sous ce rapport; ceux de Chien et Louve, que Marolle a observés, étaient maniables comme des Chiens , et ne laissaient percer des traces de sauvagerie que dans leur voracité pour la viande. Dans d’autres circonstances, on trouve simultanément les deux rapports ; suivant Masch , de six petits qu'un Sanglier produisit avec une Traie, cinq avaient la tête et la peau de leur père, fuyaient les hommes, dédai-
(4) Annales du Muséum , t. XI, p. 237.
(2) Dict, des sc. médic., t. XXXIT, p. 264.
gnaient l'orge, mangeaient de l'herbe et des feuilles, se te— naient FA et vivaient à part des Cochons apprivoisés ; le sixième était blanc comme un Cochon domestique, n'avait point peur des hommes , aimait l'orge et restait mêlé au trou- | se * 42° La même qualité peut donc être déterminée tantôt par le père et tantôt par la mère, et l'on ne saurait rien établir de général à cet égard. Panda , Somme totale, le mâle exerce plus d'influence sur l'irritabilité , et la femelle davantage sur la sensibilité. Fabricius ne s’est donc pas trop éloigné de la vérité (1) en disant qu'on hérite de son père la goutte et les cachexies, de sa mère les spasmes , la mélancolie , la vivacité et les facultés intellectue!les ; ou Gleichen (2), en assurant que le mâle détermine la charpente osseuse et la femelle les yeux. Suivant Linné, dans les hybrides des végétaux, les parties sexuelles ressemblent davantage à la mère, la corolle et en général les parties extérieures au père. De même, d'après les observations de Senff, jardinier de Kœænigsberg, les feuilles tiennent plus du père que les fruits. Girou a dit que la mère influe davantage sur la plasticité, et le père sur la vitalité extérieure (3); cette assertion ne repose pas sur des preuves suflisantes. Nous avons besoin de nouveaux faits encore pour pouvoir affirmer que la mère détermine plus les viscères, comme Vicq d’Azyr prétend l'avoir remarqué, et que c’est elle principalement qui assure la longévité, comme le dit Sinclair. | 13° Enfin, nous avons encore à examiner l'influence du
père et de la mère par rapport au sexe de l'enfant. Chez cer- ‘tains animaux, les sexes pareils influent l’un sur l’autre; le jeune mâle ressemble davantage au père , et la jeune femelle à la mère. Ce phénomène a lieu chez la plupart des Oiseaux, et, suivant Hausmann , dans l'espèce chevaline: Girou prétend ail est surtout vrai , chez nos animaux domestiques , en ce qui concerne la taille, la longueur du poil, l'ampleur du
(4) Besultate naturhistorischer Vorlesungen, p. 60. (2) Ueber die Saamenthierchen, p. 43.
(3) De la génération , p. 129.
bassin’, en un mot les circonstances de la vie plastique , et que cette analopi ie devient plus prononcée par les progrès de l'âge qu’elle ne l'était dans les commencemens. Les Taureaux noirs produisent souvent avec les Vaches rousses les Veaux qui sont roux à l'époque de leur naissance, mais qui deviennent noirs avec le temps; dans les circonstances inverses, les jeunes mâles sont d'abord noirs et rougissent en grandissant (1).
Il paraît être plus commun encore que les parens agissent sur le sexe opposé au leur du produit de la génération (2). L'une des Colburn ($ 303, 4, IL) mit au monde trois garçons et deux filles, et propagea son infirmité à tous les garçons, mais à une fille seulement; le second fils de Gratio Kalleja ($ 303, 2°, IT) eut un fils bien conformé, et trois filles attaquées de l’infirmité héréditaire : la fille ne propagea l’anomalie qu’à un de ses garçons, et non à ses filles, Un homme qui avait le palais mal conformé, engendra quatre fils bien constitués, et trois filles atteintes de bec-de-lièvre et de scission du voile du palais, de même que la sœur de sa mère eut cinq filles bien conformées et cinq fils avec des becs-de-lièvre (3) Une femme, tenant à une famille dans laquelle il y avait eu plusieurs hypospadias, mit au monde deux fils affectés de cette difformité (4). Une autre femme , d’un esprit borné et dont la famille renfermait plusieurs membres atteints de dureté d'oreille et d’idiotisme, accoucha de deux garçons sourds-muets , dont un était en outre imbécille, de deux fiiles bien portantes, et enfin d’un garçon qui jouissait également d’une bonne santé (5). Un nègre de Berlin produisit avec une femme blanche sept filles mulâtres et quatre fils blancs (6). Des observations analogues ont été faites sur des bâtards d’animaux; parmi les poulains de la Jument dont il est parlé plus haut ($ 301, 5°), qui avait été fécondée auparavant par un Couagpa, les femelles ressemblaient plus que les mâles
(2) De la génération , p. 424.
(2) Haller, Loc. cit., t. VIII, p. 99. — Hofacker, loc. cit., p. 98. (3) Nov. Act, Nat, Cur., t. I, p. 445.
(4) Meckel, Handbuch der Re Anatomie ,t, I, p. 20. (5) Meckel, Archiv fuer Anatomie , 1828 , p. 186.
(6) Siebold , Journal fuer Geburtshuelfe , t. VIT, p. 2.
à leur mère pour la couleur du pelage. Des bâtards d'un Chien et d’une Louve, les deux mâles ressemblaient au Loup , quant à la forme, aux mouvemens, à l'aversion pour les hommes, à la défiance et à l'éloignement pour les Chiens , tandis que la femelle avait la tête d’un Chien, ne trottait pas comme le Loup, se plaisait avec les Chiens, et témoignait moins d'aversion pour les hommes (1).
Girou assure que les mêmes phénomènes ont lieu dans la génération ordinaire par rapport à la conformation de la tête et des membres, à la couleur et au naturel, par conséquent, en général, à la sensibilité et à l’irritabilité ; il fait remarquer que les Mules ont les crins plus longs, le bassin plus large, qu'elles sont plus têtues et plus vicieuses, qu’elles ressemblent par conséquent davantage à leur père que les Mulets, et que ces derniers ont beaucoup plus fréquemment le poil coloré de leur mère (2). Il ajoute que le Chien mâle ressemble davantage à la mère, et la femelle au père ; qu’une Jument rase mit bas trois Jumens pourvues de poils et un poulain mâle ras; qu’une Vache au poil blanc semé de taches rousses produisit quatre mâles qui luiressemblaient par le fond de la couleur et la distribution des taches, et une femelle semblable au Taureau ; enfin, que la même chose arrive chez les Brebis et les Chats (3).
14° Le même écrivain dit que, quand ce rapport a lieu, les petits ressemblent à leurs aïieux du même sexe (4) ; que, par conséquent, un jeune mâle, dont le père ressemblait à sa mère, a de la ressemblance avec le père de son père, ou, pour rendre la filiation plus facile à saisir,
Première génération : grand-père, grand-mère; grand-père, grand’-mère: Seconde génération : | père, mère, | Troisième génération: fils, fille ; fils , fille. ‘
Osiander avait déjà remarqué quelque chose d'analogue (5).
Ainsi donc, en général , c’est ce qui diffère’, tout en ayant
(4) Masch, dans Der Naturforscher, t:XV, p. 25.
(2) De la génération, p. 4149.
(3) De la génération , p. 420. 421.
(4) De la génération, p. 123.
(5) Loc, cit, t, TI, p. 634.
cependant dé l'affinité, qui exerce la plus forte influence , et nous retrouvons en ca des traces de la loi, différence dans l'identité ; la fille ressemble au père, parce ‘âüe c'est de lui qu'elle rapproche le plus dans son origine, mais elle s’éloigne à Jui par sa sexualité ; le fils a de là ressemblance avec Je grand. père, parce qu il se rapproche de lui par sa sexualité, et qu'il en est plus éloigné quant à Son origine. Si Fa manière dont nous avons expliqué précédemment (s: 39,9) la découverte faite par Chamisso est exacte, ce rapport est poussé aussi loin que possible dans les Biphores, où le mode de reproduction varie suivant les générations , et où les petits ne sont Jamais procréés comme leurs parens, mais comme leurs grands parens.
$ 307. La détermination du sexe mérite avant tout de fixer notre attention.
I. Commençons par écarter quelques opinions inadmis- Sibles. | 4° La plante est, de sa nature, hermaphrodite, et la manifestation d'un sexe à part est déterminée par les circonstances au milieu desquelles elle se développe. D’après les recherches de Mauz, le développement du sexe masculin serait favorisé, chez les végétaux dioïques, par un sol sec, Sablonneux et peu fumé, par un enfouissement peu profond des graines et par la libre action de la lumière solaire ; celui du sexe féminin, au contraire, par un terrain humide, une fumure abondante , un enfouissement profond des grames et le défaut de lumière (1). La plante femelle devenait quelque: fois hermaphrodite (2) ou mâle, lorsqu'on faisait agir sur elle davantage de lumière et de chaleur, ou quand une chaleur sèche succédait à un temps humide et froid (3). Cependant le phénomène n'avait pas lieu constamment; car, lorsque l'on portait des pieds mâles dans une serre, à la sécheresse, et à la lumière, il s'y développait des fleurs femelles (4). Dans les végétaux monoïques, la sécheresse et la lumière
(4) Sprengel, Neue Entdechungen ; t. IIX, p. 342. (2) Ibid., p. 345. |
EFFETS DE LA FÉCONDATION. 27 étaient favorables au sexe masculin, la fumure et l'humidité au sexe féminin; la dichogamie gynandrique se manifestait surtout lorsqu'une forte chaleur succédait à la pluie ; la di chogamie androgvnique et l'hermaphrodisme homogamique , au contraire , à l'ombre et à l'humidité. En général , le sexe * féminin prédominait au milieu de l'hiver, la dioécie masculine’ au milieu de l'été, la dichogamie androsynique au commen cement du printemps, la dichogamie synandrique à la fin de l'automne , l'hermaphrodisme homogamique au commencement et à la fin de l'été (1). Knight a observé aussi que les melons d’eau ne portaient que des fleurs mâles quand la tem pérature était élevée, et les courges que des fleurs femelles ; lorsqu'elle était basse. Ces faits sont en harmonie avec nos vues sur le caractère sexuel, puisque nous pensons que l’ac croissement de l'expansion et de la volatilisation appelle le sexe masculin, et celui de la contraction et de la plasticité intérieure , le sexe féminin; mais, en général, ils prouvent combien peu la sexualité entre dans l'essence du végétal , en démontrant qu'elle n’est pour lui qu'un attribut accessoire et éventuel.
Au contraire , chez les animaux supérieurs et dans l’espèce humaine , le caractère sexuel a des racines trop profondes ; il pénètre trop avant dans l'organisation , iltient à l'individualité: par des liens trop intimes, pour que des circonstances extérieures puissent le déterminer, une fois que la vie individuelle: a déjà commencé. Suivant Ackermann (2), l'embryon n’a d’'abord pas de sexe proprement dit, ensuite il devient femelle lorsque l’embryotrophe est tellement abondant qu'il ne trouve pas assez d'oxygène pour se coaguler complétement, mâle j au contraire , quand un excès d'oxygène fend ce méme embryotrophe plus dur et plus solide. Knox (3) pense que l’embryon contient les élémens des deux sexes, et que sa sexualité est déterminée par la prédominance qu'acquiert l'un des sexes ; mais 1l n’a pas cherché à nous faire savoir d'où dépend
(4) Zéid, p. 354-356.
(2) Infantis androgyni historia, p. 53.
Froriep, Votizen,;t. XXIX , p. 339,
cette prédominance. Selon Geoffroy Saint-Hilaire la première. branche de l'artère spermatique se rend à l'ovaire ou au tes-.
ticule , et la seconde aux cornes de la matrice ou aux épididymes ; 1l pense que le sexe dépend de cette dernière branche ; lorsqu'elle descend parallèlement à la première, et de compagnie avec elle, 1! se produit un épididyme, et l'ovaire devient testicule; quand, au contraire, les deux
branches s’écartent l’une de l’autre à leur point de partage ,:
de manière que la seconde aille se rendre, non comme dans le premier cas au commencement, mais à la fin de l'oviducte ‘il se forme des cornes de matrice (1). Dans cette théorie , la différence sexuelle dépendrait uniquement de ce qu'une artériole ferait un angle aigu ou un angle obtus avec une autre artériole voisine !
2° Dans l'antiquité on admettait que l'homme détermine le sexe , que le testicule droit forme Ia semence destinée aux
mâles, et le gauche celle qui doit produire les femelles. Ga=
lien assigne pour cause que l'artère spermatique gauche, naissant de la rénale, donne par cela même un sperme plus aqueux , tandis que celle du côté droit est plus échauffée , en raison du voisinage du foie. Mais le fait n’est pas plus exact que la conclusion n’est juste. On à plusieurs exemples d'hommes munis d’un seul testicule qui ont engendré tant des garçons que des filles (2), et Graaf cite celui d’un homme qui, privé du testicule gauche, qu’on lui avait extirpé, donna le jour à des’filles (3).
3° Suivant d’autres, les enfans seraient mâles quand la semence arriverait dans le côté droit de la matrice , et femelles quand elle parviendrait au côté gauche. Mais, chez les animaux à matrice divisée, on trouve des embryons, sans distinction desexes, dans les deux cornes. Henke (4) et Millot (5) prétendaient que l'ovaire droit contenait les germes mâles , et le
(4) Philos. anat., t. II. Des Monstruosités hum. , Paris 4823 jp. 359..
(2) Haller, Loc, cit., t. VIIT, p. 79.
(3) Loc. cit., p. 10.
(4) Vællig entdechtes Geheïmniss der Natur in Erseugung des Monschen. Bronswick , 1786, in-8.
(5) L'art de procréer les sexes à volonté, p. 282.
gauche les germes femelles, de sorte que , d'après la position prise par une femme, le sperme produirait un garçon ou une fille suivant le côté vers lequel il s'épancherait. De telles assertions méritent à peine une réfutation sérieuse ; cependant on peut leur opposer le fait cité par Dubois (1) d'une femme qui eut sept garçons, sans filles, et d’une autre qui mit au monde cinq filles, sans garçons ; l'ovaire droit était malade chez la première, et le gauche chez la seconde. Et il ne faudrait pas qu'unsecond Millot crût expliquer le fait en‘disant qu’en France les embryons mâles ont cédé la place d'honneur aux embryons femelles , car Jadelot (2) et Granville (3) ont vu des femmes atteintes de désorganisation d'un ovaire produire des enfans des deux sexes, même dans une seule grossesse. Hufeland (4
veut que la femme détermine le sexe de la progéniture, parce que, chez les Poissons, les œufs fécondés avec la même laitance donnent des mâles et des femelles ; mais les œufs n'offrent pas plus que le sperme de différences relatives au sexe, et si l’on en admet une insensible pour eux, on est tout aussi fondé à en supposer une semblable dans la laitance. Sinclair, qui adopte la même manière de voir, se fonde sur ce que certaines femmes font plus de filles et d'autres plus de garçons, tandis qu'on n’observe rien de pareil à l'égard des hommes ; mais déjà Gleichen (5) avait fait remarquer que certains étalons engendrent presque toujours des mâles, et d'autres des femelles , et la même observation a été faite aussi sur des hommes.
Il. Le sexe de l'enfant peut dépendre de ce que le père ou la mère exerce une influence prépondérante sur sa formation. Réunissons d’abord les faits relatifs à la proportion respective des deux sexes. En général , il naît 104 à 406 hommes pour 100 femmes. Suivant Poisson (6), il est né en France, de 1817 à 1826, 4,675,574 filles et 4,981,566 garçons, ce qui
(4) Dict. des sc. médic., t. XXXIX , p. 9.
(2) bid,, p. 40.
(3) Philos, Trans., 4818, p. 308.
(4) Journal der praktischen Heilkunde , 4820 , cah. I. (5) Loc. eit., p. 45.
(6) Annuaire ‘de 1829, p. 400, Il. 15
fait une proportion de 400 : 106,55 (*) ; parmi les quatorze millions et demi d’enfans venus au monde de 1817 à 1831, la proportion a été de 100 : 106,38 (1). Dans la monarchie prussienne, il est né, de 1820 à 1829, 2,202,086 filles et 2,332,916 garçons, d'oùrésulte la proportion de 100:105,94(2). En parcourant les tables de naissance depuis 1773 jusqu'en 1814, j'ai trouvé qu'il était venu au monde, dans la Prusse orientale, 420,349 filles et 455,177 garçons , ce qui donne une proportion de 100 : 105,90. Quant à ce qui concerne d’autres états ou provinces, nous trouvons (3) que la proportion des naissances de filles à celles de garçons est comme 100 à 108,91 en Russie, 107,61 dans la province de Milan, 107,07 dans le Mecklembourg, 106,44 dans les Pays-Bas, 106,27 dans le Brandebourg et la Poméranie , 106,18 en Sicile, 106,10 dans la monarchie autrichienne , 106,05 en Saxe eten Silésie , 105,86 en Westphalie et dans les provinces rhénanes, 105,69 dans le royaume de Wurtemberg , 105,38 en Bohême, 104,75 dans la Grande-Bretagne , 104,62 en Suède.
1° On ne peut méconnaître 1CI l'influence du climat (**), mais la race des peuples pourrait fort bien aussi entrer pour quelque chose dans la variété des proportions. Parmi les habitans israélites de la monarchie prussienne , les naissances de mâles sont beaucoup plus nombreuses. Bicker (4) assure que leur nombre est de 5,318 et celui des naissances de filles de 4,682, d'où résulte la proportion de 100 : 113; en 1827, il naquit 2.624 filles et 2,956 garçons = 100 : 111 ; à Breslau , la proportion, depuis 1782 jusqu'en 1800, a été de 100 : 114 (5) ;
(*) De 4817 à 1834, il est né en France 8,983,755 garçons et 8,443,072 filles , ce qui fait à peu près 47 ? 16. (Annuaire de 1837, p. 136.)
(4) Quetelet, Sur l’homme et le développement de ses facultés, t.1,p 44.
(2) Henke, Zeitschrift fuer die Staatsarzneikunde, t. XX XIII, p. 52.
(3) Quetelet, Loc. cit., p. 45.
(**) En France , de 1817 à 1534, cette influence n’a point été sensible ; car les naissances d’une trentaine de départemens méridtonaux ont donné 2,552,192 garcons et 2,395,317 filles, ce qui fait presque la proportion de 47 * 46, comme pour la France entière. (Annuaire de 1837, p.137.)
(4) Henke , Loc. cit., t. XI, p. 230.
(5) Correspondenz der Schlesischen Gesellschaft fuer vaterlændische Cultur, t. 1, p. 98.
à Berlin, suivant Hufeland, de 100: 208. Valentin fixe épalement la proportion à 100 : 120, parmi les juifs de Livourne, tandis qu'elle n'est que de 100: 404 parmi les chrétiens de cette ville.
2° On tient pour certain que les hommes robustes engendrent généralement plus de garçons : une femme eut d’un homme phthisique cinq enfans, qui tous étaient des filles (1), etc. On prétend aussi que la polygynie épuise l’homme et multiplie les naissances féminines ; mais cette assertion à été réfutée par Meiners (2). Hurat recommandait à l’homme qui veut avoir des garçons l'usage des alimens chauds et secs, l'habitude de l'exercice et la modération dans les plaisirs de l'amour ; Venette insista également sur ces préceptes, et Hosch (3) y ajouta la nécessité de soumettre la femme à un régime débilitant. Cependant il n'est pas rare de voir un homme chétif engendrer des garçons, et nous ne pouvons considérer le plus ou moins de vigueur des parens comme la : cause unique de la différence du sexe, parce qu'il arrive Souvent que les jumeaux ne se ressemblent pas sous ce rapport.
3° Peut-être n'est-ce pas tant la force vitale en général, que le développement de la sexualité , Qui agit ici comme cause déterminante (4). Un homme qui a destraits féminins engendre plus particulièrement des filles avec une femme qui présente au plus haut degré les attributs de son sexe , tandis que celui chez lequel la masculinité est plus fortement prononcée, procrée plus spécialement des garçons avec une femme qui se rapproche du caractère masculin (5). D'après Girou, les femelles des animaux domestiques donnent plus de petits femelles quand on leur prodigue la nourriture et le repos , et plus de mâles lorsqu'elles sont nourries moins abondamment et soumises à un travail pénible. Cependant cette assertion ne s'accorde point avec le fait observé par lui que les mâles à
(4) Osiander, Loc, cit. t. L, p. 348: , (2) Gœttingyisches historisches Magazin, t. II, p. 417, (3) lersuch einer neuen Zeugunystheorie, p. 421.
(4 Oken, Die Zeugung, p. 438.
(5) Wolstein, Uecber das Pauren und Ferpaaren des Menschen ; De 21,
grosse tête font plus de femelles, et que ceux à petite tête, à bassin large et à ventre spacieux, produisent plus de mâles (4). On remarque aussi que les femmes plus fécondes, celles par conséquent chez lesquelles la sexualité est le plus développée , sont précisément celles qui mettent au monde le plus de garçons. On en cite une qui accoucha de vingt-six garçons et de six filles (2) ; une autre eut d'un premier mariage vingt-sept garçons ei trois filles , et d'un second quatorze garçons, sans filles (3); une troisième produisit trente-huit garçons et quinze filles (4).
he L'âge des parens paraît avoir de l'influence. On pourrait dire que les Pacerons engendrent des femelles pendant leur jeunesse , au printemps , qu'ils donnent des femelles et des mâles dans leur âge mûr, en automne, mais que les œufs qu'ils pondent sur la fin de leur vie ne produisent que des femelles. Huber assure que l’Abeille qui s’accouple de bonne heure , pond d'abord des œufs de femelles , puis des œufs de mâles, mais que, quand elle n’est fécondée qu’au bout de dix à vingt jours , elle ne donne que des œufs de Bourdons. Suivant Girou, parmi nos animaux domestiques , les mâles trop jeunes ou trop vieux donnent plus de femelles , et les femelles trop jeunes ou trop âgées davantage de femelles ; une Brebis qui n’est fécondée qu'à l’âge de deux ans et demi, produit plus de mâles que de femelles; à l'âge de quatre ans et demi , lorsqu'elle a pris tout son développement , les sexes se font équilibre parmi ses produits, et, dans un âge avancé, elle donne d'autant plus sûrement des mâles que ses forces sont plus épuisées.
5° Girou ajoute que ce dernier cas a lieu particulièrement lorsque des Brebis trop jeunes ou trop âgées s’accouplent avec des Beliers vigoureux de moyen âge (5).
Hofacker s’est surtout attaché à bien faire connaître cette
(4) De la génération , p. 133 et suiv.
(2) Osiander, toc, cit., t. I, p. 316.
(3) Ibid., p. 319.
(&) Jbid., p. 320.
(5) Journal de Magendie , t. VIIL, p. 40.
EFFETS DE LA FÉCONDATION. 277 influence de l’âge relatif (1). Les états civils de la ville de Tubingue lui ont fourni, sur 2600 enfans, nés pendant le mariage, quand le père était plus jeune que la mère 298 filles 270 garçons —100 : 90,6.
du même âge qu’elle 75 70 400. 12985 plus âgé d’un à trois ans 163 190 = 100 . 116,5. — detrois à six ans 229 237 = 100. 103,4.
— de six à neufans 85 106 =400 124,7.
— de neuf à douze ans 442 161 —100 .143,7.
Dans un village près de Tubingue, sur 279 enfans légitimes, il y eut 103 filles et 83 garçons — 100 ; 80 provenant de mariages où le mari était plus jeune que la femme, tandis que d’autres mariages , dans lesquels l’âge du mari dépassait celui de la femme, donnèrent 37 filles et 56 garçons — 100 : 154.
Sadler (2) est arrivé aux mêmes résultats en compulsant les registres de naissance des pairs d'Angleterre. Il sortit, en effet, des mariages dans lesquels le mari était plus jeune que la femme 141 filles 122 garçons — 100 + 86.
du même igéqqu'elle 57 54 = 100. 94.
plus âgé d'un à six ans 353 366 — 100 . 103.
— de six à onzeans 258 327 — 100 ; 126.
— de onze à seize ans 97 143 — 100 , 147.
:— de plus deseizeans 57 93 = 100 . 163.
Il faut remarquer qu’en vertu de la progression plus rapide de la sexualité féminine parmi les époux qui sont du même âge eu égard au nombre des années , la femme est alors réel. lement plus âgée que l'homme, et comme, dans la plupart des mariages , l'âge de l'homme dépasse celui de la femme de plusieurs années , on peut dériver de là, au moins en partie, le nombre plus considérable des naissances masculines.
6° Plus la femme est étrangère au commerce des hommes, plus aussi elle produit d’enfans de son sexe, et vice versa. Suivant Girou, les Brebis donnent plus de femelles que de mâles après leur premier accouplement; un troupeau qui n'avait rien produit l’année précédente, donna 53 femelles et 36
(4) Loc. cit. p.67.
(2) Quetelet , loc. cvt., t, Ip. 53.
mâles — 100 : 67, tandis qu’un autre qui avait produit l’année précédente , fournit 86 femelles et 90 mâles — 100 : 104 (4). Dans l'espèce humaine aussi , la majorité des premiers nés appartient au sexe féminin (2). Buek (3) a trouvé , dans 100 familles, 65 premiers nés du sexe féminin et 35 du sexe mas- : culin — 100 : 53. S'il était vrai qu'il naquit plus de filles qué | de garçons dans la polygynie, ce phénomène pourrait tenir à ce qu'ici les femmes ont moins souvent commerce avec les hommes. Le nombre des naissances masculines augmente , au contraire, dans les cas de #rands rassemblemens d'hommes, comme en temps de guerre et pendant les revues.
7° Le nombre des naissances masculines est moins considérable parmi les enfans naturels. La proportion des filles aux garçons à été
Enfans naturels. Enfans légitimes.
France, de 1817 à 1826 (*) 100 : 104. 100 : 406 (4). Paris, de 1815 à 1827 100 103, 100 * 4104 (3). Prusse, de 1820 à 1829 100: 102. 100 * 106 (6). Hambourg, de 1817 à 1827 100? 94. 9200 : 105 (7). Naples 100 + :103. 100 : 104 (8).
Montpellier 100 : 100,8. 100 : 107.
Les proportions des âges ne peuvent être la cause qui fait qu'il y à moms de garçons parmi les enfans naturels. On ne saurait non plus partager l'opinion de Girou, qui attribue cette différence à la pauvreté et à la jeunesse des mères (9), ni celle de Bicker (10), qui l'explique par la crainte des femmes et l’ar-
(4) Annales des sc. nat., t. VIIL, p. 408.
(2) Carus, Lehrbuch der Gynækologie, &, XI, p. 85.
(3) Gerson, Magazin des auslændischen Literatur, t. XV, p. 602.
(*) En France, de 4 17 à 1834, les naissances des garçons et des filles ont été entre elles comme 46 et 45 pour les enfans légitimes, comme 23 et 22 pour les enfans naturels. (Annuaire de 1837, p. 439.)
(4) Annuaire pour 4829, p. 100.
@) Gerson, Magazin, t. XX, p. 270.
(6) Henke, Zeztschrift , t. XXIIT, p. 52.
(7) Gerson, Magazin , t. XV, p. 602.
(8) Quetelet, loc. cit.,t. I, p. 48.
(9) Gerson, Magazin, t. XXVIT, p. 159.
(10) Henke, Zeitschrift, t. XXII, p. 6,
deur passionnée des hommes. Il faut bien plutôt la faire dépendre de ce que les rapprochemens complets sont plus rares dans les unions illégitimes, et de ce qu’il se trouve proportionnellement plus de premiers nés parmi les enfans naturels.
8° Il naît un peu moins de sarçons dans les villes, et surtout dans les grandes , que dans les campagnes. Ainsi, en Belgique, de 1815 à 1824, la proportion des filles aux garçons fut de 400 : 106,6 dans les villes ; de 400 : 406,9 dans les campagnes; de 1825 à 4829, elle {fut de 100 : 105,2, dans les villes, et de 100 ? 106,1, dans les campagnes. Dans l'espace de quarante-deux années, il naquit à Kæœnigsberg 31,958 filles et 33,819 garçons — 100 : 105,8, tandis que les petites villes et les campagnes de la Prusse orientale donnèrent 358,391 filles et 411,358 garçons = 100 : 105,9. Le nombre plus considérable des enfans naturels dans les villes peut bien contribuer à cette différence , mais il n’en est certainement pas l'unique cause. Girou (4) fait remarquer qu’il naît moins de garçons dans les départemens de France où le commerce et les manufactures sont le principal aliment de la population, que dans ceux où l’on s'occupe surtout d’agrieulture. Au Cap de Bonne-Espérance, depuis 1813 jusqu'en 1820, il naquit, parmi les Européens, 6,789 filles et 6,604 garçons = 100 : 97; parmi les esclaves 2,826 filles et 2,936 garçons = 100 103 (2). Dans les nouveaux états de l'Amérique du nord (Alabama, Mississipi, etc.), on a compté 70,038 filles pour 76,067 garçons — 100 : 108 , tandis que les anciens états ont donné 153,384 filles et 158,113 garcons — 1002103, etles six grandes villes 38,223 filles et 38,319 garçons = 100 : 100 ,2. Il paraîtrait donc que ce n’est pas seulement la diminution des forces physiques , mais encore le progrès dela civilisation, qui restreint le nombre des naissances masculines.
9 Les circonstances momentanées de la génération peuvent avoir de l'influence. L'individu qui, pendant qu'il accomplit l'acte vénérien, déploie le plus d'énergie , tant sous le rapport du physique que sous celui de l'imagination, donne son
(2) Bulletin des sc. médie., t. XVI, p. 403.
(2) Quetelet, loc. cif,, 1, I, p. 44.
200 EFFETS DE LA FÉCONDATION. | sexe à l'être qu'il procrée (1). Cependant nous avons affaire ici à des quantités incommensurables, et nous ne pouvons nous permettre que fort peu de conclusions. Suivant Girou, les Brebis qui sont entrées en chaleur de,bonne heure donnent plus de femelles, et celles ‘qui v sont entrées tard, seulement d'après les instances du Belier, produisent plus de mâles; mais , dans l'espèce du Cerf et chez d’autres animaux polygynes, le mâle entre en rut le premier, et ressent les ardeurs de l'amour d'une manière bien plus impétueuse que la femelle, ce qui n'empêche pas que le nombre des femelles produites surpasse celui des mâles. Le Chevreuil mâle est également bien plus vigoureux et plus ardent que sa femelle ; cependant celle-ci met bas ordinairement un mâle et une femelle. Osiander prétend qu'il s'engendre plus de filles pendant les premiers quinze jours qui succèdent à la 'menstruation et durant la pleine lune, davantage de garcons, au contraire, pendant la nouvelle lune et la dernière quinzaine de la période menstruelle. Venette, de son côté, veut qu'il se produise un plus grand nombre de garçons pendant la pleine lune. Bailly assure avoir calculé, d'après cent années des actes de naissance en France (2), qu’il s'engendre plus de garçons en hiver et au printemps, époque où les femmes sont le plus fécondes, qu'en mars, qui est un temps de jeûne, et en juillet, où la chaleur diminue la fécondité. Suivant Riecke (3), mai et les trois derniers mois de l’année furent ceux dans lesquels on procréa le plus de garçons en Wurtemberg, de 1821 à 1825; août et les quatre premiers mois ceux où il yen eut le moins d’engendrés. Fourier nie l'influence des époques de l’année en général (4).
10° Chacune des circonstances qui viennent d'être indiquées peut exercer de l'influence dans certains cas, et cependant toutes, prises ensemble, sont insuffisantes pour expliquer le fait que chaque espèce produit en général le nombre d'mdividus des deux sexes nécessaire à sa conservation.
(4) Schneegass, Ueber die Erzeuquny, p.134.
(2) Annales des sc. nat., t. V, p. 47.
(3) Hofacker, Loc. cit., p. 157.
(4) Annal, des se, nat.,t. V, p, 26.
Nous n’en pouvons trouver d'autre cause qu’une disposition générale de l'organisation. Dans le règne végétal, l’'apparition du mâle paraît être sollicitée par la non-satisfaction , accidentelle elle-même, des besoins de la femelle ; les pieds femelles des espèces dioiques développent quelquefois des fleurs mâles quand on les élève sans pieds mâles dans nos serres, de manière qu'ils parviennent à se féconder euxmêmes (1). Volta a observé aussi que les pieds femelles suppléent parfois au défaut des mâles par des moyens pour ainsi dire surérogatoires : il a vu un pied solitaire de chanvre dont le côté extérieur du calice était couvert d'un enduit trèsblanc, semblable au pollen et composé de globules, vers lequel les pistils s'inclinaient, après quoi l'ovaire formait des semences susceptibles de germer, qui ne se produisaient pas lorsqu'il enlevait l’enduit. Swarz a également remarqué qu'’après l’excision des fleurs mâles du Cucurbita pepo , les rudimens d'étamines des fleurs mâles se remplissaient de pollen (2). Il y à des mariages qui ne produisent que des garçons, et d’autres qui ne donnent que des filles ; telle famille compte plus de garcons, et telle autre plus de filles. Mais on peut établir par des chiffres qu'on n'arrive à connaître la véritable loi qu’en faisant abstraction des cas particuliers, et s'élevant à des vues générales, ne fût-ce même qu'arithmétiquement parlant. En eflet, lorsqu'on opère sur de grands nombres, ces anomalies disparaissent, comme l'ont démontré les premiers Graunt et Sussmilch (3). Peu importe qu’on prenne une faible population et qu'on multiplie le nombre des naissances -en additionnant celles d'un grand nombre d’années, où qu'on embrasse des ‘populations considérables en se restreignant à des périodes plus courtes ; le résultat est toujours le même, savoir, que les uaissances de filles sont à celles de garçons dans la proportion à peu près de 100 : 105 (*). Suivant Hu-
(2) Dict. des sc. méd., t. XIV, p. 481.
(2) Treviranus, l’ermischte Schriften , t. IV, p. 109, 4142.
(3) Sussmilch, Gœtéliche Ordnung in den V'erænderungen des menschdichen Geschlechts, t. IX, p. 241.
(©) D'après les relevés des naissances en France, de 1847 à 1834, elle à été de 100 ? 196 43/46. On a constaté aussi que les décès maseulins sur-
feland (1), cette proportion règne pendant une quinzainé d'années dans un village , pendant un an dans une ville médiocre , pendant quatre mois dans une cité de cinquante mille habitans , pendant une semaine dans une ville de deux cent mille âmes, et pendant un jour dans un état peuplé de dix millions d'habitans. Ainsi , le 4 août 1816, il est né, dans la monarchie prussienne, 556 filles et 587 garçons, ce qui fait 4. 1,0557. Comme on compte à peu près six cent trentetrois millions d’habitans sur la terre , et qu'à chaque seconde il naît à peu près cinquante et un hommes, on peut évaluer le nombre des filles qui viennent au monde dans ce dermer laps de temps à vingt-cinq et celui des garçons à vingt-six. De cette façon nous nous représentons d’une manière accessible aux sens l’harmonie qui règne dans l’ensemble du genre humain , la loi qui veut que chaque existence individuelle soit. déterminée par ses rapports avec le tout, enfin la scission de l'espèce en deux sexes, qui s'appellent réciproquement. On pourrait dire que ce nombre ressort d’une espèce de calcul des probabilités, de même qu’au jeu de dés, quelque heureux ou malheureux que soient les coups considérés en particulier, on finit cependant toujours par arriver à un terme moyen, lorsqu'on multiplie assez le nombre de ces coups. Mais, outre que le calcul des probabilités repose lui-même sur un principe plus élevé , qui se trouve en dehors du calcul ordinaire, on ne peut pas l'appliquer ici parce que le nombre des individus des deux sexes n'est point égal dans l'espèce humaine, où l’on compte cent cinq garçons pour cent filles, et que chaque espèce d'animal a sa proportion particulière, qui estpar exemple de trois femelles pour quatre mâles chez les Perdrix, de douze pour un dans l'espèce du Coq domestique, etc. (comp. 8 204). Si la cause de la sexualité individuelle tient à ce que l'idée de l'espèce se réalise sous la forme d’un antagonisme semblable à celui de la polarité , de manière qu'une proportion déterminéese maintienne au fond, quoiqu’ellepuisse être peu appréciable sur certains points ou à certaines époques, passent les décès féminins ; les premiers étant représentés par 55, les autres le sont par 54. (Annuaire de 1837, p. 439.) (4) Journal der praktischen Heilkunde , 4820, p. 4.
et si ce n'est point une illusion que les circonstances relatives à l'individualité (4°-10°) exercent de l'influence sur la détermination du sexe , il résulte nécessairement de Jà que les individualités elles-mêmes sont l'effet d'une condition organique de l'espèce, et que par conséquent les hommes considérés comme individus sont des organes de l'humanité.