IL. Le degré de développement auquel l'embryon arrive
! 4) Naturgeschichte der Vœgel Deutschlands, t. V, p.226. (2) Meckel, Archiv , 1830, p. 49.
(3) Rudolphi, Æntozsoorum hist, nat,, 1, 1, p, 322.
MOUVEMENT DE L'OŒUF. 399
dans le corps de la mère, chez les différens animaux, est difficile à apprécier d'après une échelle générale, puisqu'il n’y a point ici de bornes précises sous le rapport de la quantité, et qu'eu égard à la qualité, on ne saurait non plus placer les différentes organisations sous un point de vue qui leur soit commun. Peut-être même cette appréciation est-elle absolument impossible dans l'état actuel de nos connaissances. A la vérité, comme nous le verrons plus tard, la sortie de l'embryon hors de ses membranes n’est point essentiellement liée à un degré déterminé de développement de ce même embryon; mais nous devons nous attacher à elle ici, comme étant le fait extérieur, celui qui frappe les sens. En effet, la série des animaux ovipares nous offre quelques genres et espèces, et parfois même des individus d'une espèce, chez lesque!s l'embryon perce déjà les membranes de l'œuf dans le corps de sa mère, et y séjourne néanmoins encore pendant un certain laps de temps avant d'ensurtir. Nous appelons ces animaux Nudipares (Nudipara), ou, suivant l'expression reçue , mais vicieuse, Vivipares (Vivipara). L'endroit du corps de la mère où s'effectue chez eux l'incubation varie.
1° Get endroit est parfois la cavité du corps. Chez les Vers de terre, les œufs passent des ovaires dans cinq canaux qu’ils distendent en forme de sacs jusqu’au point de les faire enfin crever ; après quoi ils tombent dans les espaces compris entre la peau et le canal intestinal, où ils éclosent; les petits sortent ensuite par les ouvertures situées au dos (4).
1° Les spores des Actinies subissent vraisemblablement une sorte d'incubation dans l'estomac avant d'en être expulsées, et chez les Méduses , elles sont couvées dans les bourses des bords festonnés des bras (3).
3° Chez les Mulettes etles Anodontes, les œufs sont couvés dans les branchies extérieures. Le canal qui s'ouvre entre le ventre et la branchie interne paraît les conduire dans le
(4) Schweisser, Handbuch der Naturgeschichte, p. 387. — Cepen-
dant on trouve fréquemment aussi des œufs de Lombrics dans la terre (Baer).
(2) Baer, dans Meckel, Dewisches Archiv,t. VII, p. 388.
re MOUVEMENT DE L'OEUF.
demi-canal qu'on voit au dessus de l’attache postérieure des branchies, et qui s'ouvre dans la fissure anale ; de cette der nière ils passent dans le canal qui parcourt la branchie extérieure, le long de son attache, et s'y développent (1), ce qu’à la vérité il serait difficile d'expliquer autrement que par: une attraction spécifique ( $ 328, 5°).
h° Chez quelques Oniscoïdes et Entomostracés, les sacs à œufs dont nous avons parlé plus haut ($ 336, 3°) n’arrivent point à la surface extérieure, mais sont situés au dessous des tégumens cutanés, ce qui n’établit pas une diflérence essenüelle. Ainsi on les trouve sous le test dans la Cypris stri-gata {2), entre les viscères et les écailles ventrales dans l’Oniscus asellus.”
5° Les œufs sont couvés dans les sviductes, ou dans l'oviccanal, chez les Ascarides, les Cucullans et les Amphistomes, parmi les Entozoaires; chez les Pucerons et quelques Mouches, parmi les Insectes ; chez les Scorpions, parmi les Arachnides ; chez les Daphnia et les Lynceus, parmi les Crustacés ; chez la Paludina vivipara, parmi les Mollusques ; chez quelques Raies, les Squales , les Anguilles et les Blennies, parmi les Poissons ; chez la Salamandre terrestre , le Lacerta crocea, VOrvet , la Vipère et la plupart des serpens venimeux , parmi les Reptles. Certains Ophidiens et Sauriens, suivant les circonstances , tantôt pondent des œufs et tantôt font des petits vivans ; c'est ce que Muller , entre autres, à observé chez le Lacerta agilis et le Coluber lœvis.
6° Diverses anomalies de la gestation, chez la femme, ont de l’analogie avec ces particularités des classes inférieures du règne animal. La grossesse abdominale, dans laquelle l’embryon arrive parfois presque jusqu'à parfaite maturité, est analogue à l’'incubation dans la cavité du corps qui a lieu chez les Lombrics. La grossesse ovarienne ressemble à l'incubation du Blennius viviparus. L'incubation dans la partie supérieure de l'oviducte se rapproche de la grossesse tubaire, dans laquelle l'embryon, après avoir acquis un certain degré
(1) Baer, dans Froriep, Notizen ,t. XIII, p. 3. (2) Ramdohr, Beitræge zur Geschichte einiger Monoculusarten , p. 46.
FORMATION DE L'OEUF. Aoi
de développement, tantôt se dessèche et reste ainsi pendant un grand nombre d'années, tantôt brise la trompe et tombe dans la cavité abdominale, tantôt enfin se putréfie et se fraie une issue quelconque au dehors. Il ya de l’analogie entre l’incubation dans les sacs à œufs ($ 336, 3°) et un cas observé par Wimmer (1), où la matrice, remplie du produit de la conception , et pendante au dehors, formait entre les cuis ses une tumeur longue de onze pouces et demi, sur six de large. Enfin l’incubation dans la partie inférieure de l’oviducte est rappelée par une observation de Noël (2), qui à vu, chez une femme dont la matrice était squirrheuse , l'embryon et son œuf situés dans la partie supérieure et antérieure du vagin , qu'ils avaient dilatée en forme de sac, et où ils s'étaient complétement développés.
Ghez les Oiseaux , au contraire , la rétention de l'œuf dans l'oviducte peut faire que l'embryon se développe entièrement dans le corps de la mère, comme Geissler l'a observé sur une Poule, et Rossisur une Dinde. .
TT. Enfin, chez les Mammifères , il y a une véritable matrice qui enveloppe l'œuf et qui, le touchant de tous côtés, entre en conflit vivant avec lui. Ici l'œuf est conduit immédiatement par l’oviducte dans l'endroit où il doit subir l’incubation , et où cette opération, qui commence dès le moment même de la sémination, continue ensuite sans interruption. Aussi lui manque-t-il la faculté de se développer sans l'influence de cette action de la part dela mère. Mais la sémination et l'incubation s’opèrent là sans conscience et sans concours de la volonté, par le seul fait d'un travail purement organique. :