‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observationChapitre 9 sur 64 · IL · texte numérisé non relu

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ritabilité (1). De même aussi les hommes semblent être , généralement parlant, plus aptes à la génération pendant les bivers peu rigoureux. Peut-être cette circonstance entre-telle pour quelque chose dans les contrées où l’on produit plus d'enfans en hiver, quoique le genre de vie et les amusemens de cette saison y contribuent sans doute pour la plus grande part.

5° En général, nous remarquons que chaque être organisé devient habile à la génération lorsque les circonstances extérieures sont le plus favorables à sa nature , que lui-même est entièrement ce qu'il doit être, que par conséquent sa vie se déploie en pleine et entière liberté, et qu'elle à atteint son plus haut terme, quand la sensibilité de l'organisme sensible, la plasticité de l'organisme plastique , l'irritabilité de l'organisme irritable sont parvenues à un certain degré d’exaltaiion.

6° La force procr ii et Éinstincé de la procréation ne s'éteignent point sur la terre. Ils circulent dans le > régne végétal et le règne animal, s’emparant tantôt de tel organisme, tantôt de tel autre, et, “tandis qu'ils abandonnent un hémisphère, en n’y laissant pour ainsi dire que quelques représentans , ils étalent toute leur puissance sur l'hémisphère opposé. Mais l’homme ressemble , sous ce point de vue, à un monde en miniature , où se trouve réuni tout ce qui est isolé dans le reste de l'univers, où la matière est ramenée à son origine idéale, et la onbritaéité convertie en stabilité , puisque aucune saison n'éteint dans son cœur l'amour, qui sans cesse agit et crée.

7° L'époque de la copulation et la durée de l’incubation sont en rapport avec les besoins de l'individu futur, ainsi que nous le démontrerons plus loin. Les besoins de l'être qui procrée et ceux de l'être procréé harmonisent donc ensemble ; la réalité de l'individu est en accord avec la tendance de l'espèce.

8° La captivité agit diversement , suivant la nature des animaux. Elle rend plus féconds ceux en qui la sensibilité est

(4) Tiedemann , Zoologie, t, I, p. 282.

vive, et chez lesquels la plasticité prédomine dès le principe, ou devient prédominante par un concours de circonstances favorables. Ainsi, l'époque du rut est moins déterminée chez les animaux domestiques, chez les Lapins et les Cochons d'Inde apprivoisés, parce qu'une alimentation abondante leur procure plus de chaleur, et que le rapprochement des individus, qui fait naître pour eux un nouvel ordre de choses, sollicite davantage l'instinct de la por Ainsi, en Allemagne, où on ne le rencontre qu'à l'état de captivité, le Cerf d’Alexis est apte à procréer dans toutes les saisons, phénomène qu'on remarque fréquemment aussi chez les Vaches qui sont nourries à l’étable, ou qui paissent toujours en compagnie du Taureau. Les animaux dont l'élément est la liberté, et que leur individualité puissamment développée ne permet pas d'apprivoiser, deviennent stériles ; les Oiseaux de proie ne s “accouplent presque jamais en catisité, et les Mammifères carnassiers ne le font que rarement , même dans les meilleures ménageries, tant qu'ils ne sont pas complétement apprivoisés. Il n’y à que l'animal devenu familier avec l’homme et accoutumé à vivre avec lui, qui, dans l’état de captivité, cherche à conserver son espène: cependant il est fort rare de voir les Éléphans privés s’accoupler.

9e La Truie entre en chaleur quelques jours avant le mâle. L'inverse à lieu chez la plupart des autres animaux , qu’on peut comparer, sous ce rapport , aux plantes dichogames androgynes. Le mâle rencontre alors une résistance qui aiguillonne ses désirs, et rend la génération plus vigoureuse.

10° Les animaux avancés en âge entrent la plupart du temps en chaleur avant les autres, de sorte qu'il n’y a que ceux du même âge qui s’accouplent ensemble, et que les jeunes ne trouvent point de rivaux dans les vieux, qui les surpassent en force. Ainsi, le rut des vieux Cerfs arrive dans la seconde moitié de septembre , celui des Cerfs de moyenâge dans la première quinzaine d'octobre , et celui des jeunes vers Îa fin de ce dernier mois. La même chose s’observe chez quelques Oiseaux, par exemple les Faisans , et même chez certains Poissons, têls que les Cyprinus #Bel 0 et brama (1).

(4) Bloch, Poe, oùte, À, I ; p« 91.

11° La durée de la floraison varie beaucoup dans les végétaux. Elle ne dépasse pas quelques heures dans le Cactus grandiflorus , tandis qu'elle est d’un jour dans l'Hemerocallis fulva, et d'environ trois semaines dans le V’accinium oxycoccos. (I faudrait, à proprement parler, distinguer le temps de la floraison de l'aptitude à la conception. Celle-ci n’a lieu qu'aussi long-temps que le stigmate fournit une sécrétion muqueuse ; elle cesse en général au moment où la fleur s’épanouit , souvent même un peu plus tôt, et ne dure, à ma connaissance, que quelques jours au plus, quoique beaucoup de fleurs, surtout parmi celles qui sont coriaces, conservent bien plus long-temps l'apparence de la fraîcheur ) (4). Le temps du rut ne dure que vingt-quatre heures chez la Brebis, qui ne souffre plus ensuite les approches du Belier, qu'elle soit ou non fécondée (2). Cette durée est de quelques jours pour les Vaches et les Jumens, de neuf à dix jours pour les Chiennes. Elle varie également chez les Poissons : par exemple, dans le genre Cyprinus , elle est de trois à quaire jours pour l'eryéhrophthalmus, de huit à neuf pour les brama et jeses, et d'un mois pour le gobio, qui ne pond pas tous ses œufs à la fois. On prétend qu'elle est de quinze jours dans le Cerf et le Cheval, d’un mois chez le Crapaud commun, le Cochon sauvage et le Renne , de six semaines dans les Araignées et l'Outarde, de deux mois dans le Faisan et le petit Tétras; mais cette assertion n’est vraie qu'à l’ésard ou des mâles seulement, ou de l’espèce entière , dont tous les individus n’entrent point simultanément en chaleur (10°). En effet, le rut des mâles dure en général plus long-temps, de sorte que les femelles qui n'ont pas été satisfaites la première fois, peuvent encore être fécondées la seconde (13). De là vient que les mâles des animaux domestiques, les Taureaux, les Étalons, les Boués , les Chiens, sont presque toujours disposés à s'accoupler, tandis que les femelles ne le sont qu'au moment du rut, de manière que, quand celles-ci entrent en chaleur à uné époque inusitée (13°), les mâles sont prêts à s'unir à

(4) Addition d’'E. Meyer.

(2) Kuhlemann, Observationes quœdam circa neyotium generationts , p. 435.

MOBILES INDIRÉCTS DE LA PRÔCRÉATION. 3

elles, comme F. Cuvier (4) l’a observé aussi chez les animaux sauvages renfermés dans les ménageries. Chez la femme également, parce qu’elle se rapproche davantage de la plante (S 170 }, la périodicité est plus prononcée ($ 170), et parce que c'est elle qui, à proprement parler, procrée ($ 242, 1°), l'appétit sexuel est plus promptement satisfait , c’est-à-dire qu'il y a en elle prédominance de l'instinct procréateur ($ 241) sur l'instinct sexuel ($ 240), dont l’égoïsme fait la base.

12° Comme le temps du rut est court chez les petits animaux , ils peuvent produire plus d’une fois dans le cours d’un été ; aussi la plupart d’entre eux se propagent-ils deux fois par an. C’est ce qui a lieu pour les Poissons et les Oiseaux de petite taille. Les Anthus pratensis, Motacilla alba, Cinclus aquaticus, Requius flavicapillus et ignicapillus, Turdus pilaris, etc., S'accouplent une première fois en avril, et, après que leurs petits ont abandonné le nid, une seconde fois en juillet. Le Hamster et le Furet s'unissent la première fois en mars, la seconde à la fin de juin ou au commencement de juillet, et souvent encore une troisième fois. Le Souslic, la Souris, le Mulot, le Rat d’eau, la Musaraigne, le Lapm , le Cochon d'Inde, le Kanguroo se propagent trois fois par an, et même davantage, quand les circonstances sont propices, de manière qu’ils s’accouplent de nouveau aussitôt après avoir mis bas. Des circonstances non moins favorables ont lieu à l’épard des animaux que l'homme entretient pour son usage, et il paraît qu’on doit regarder comme un simple effet de la domesticité la faculté qu'ont de se propager parfois aussi la Chèvre en mai, Îe Cochon en automme, le Chat en janvier, mai et septembre. Chez certains animaux, le Faisan, par exemple , les secondes amours sont moins ardentes , et on pourrait les comparer à la seconde pousse de fleurs que les arbres donnent parfois en automne; d'après Winkel , elles ne s'observent, dans le Colymbus cristatus, que chez les individus dont le premier accouplement n’a point été suivi de fécondation.

15° Chez beaucoup de Mammifères , les individus qui se

(1) Annales du Muséum d’hist. nat. , t. IX, p. 424.

trouvent dans ce cas entrent périodiquement en rut pendant quelque temps ; ainsi, les Brebis non fécondées deviennent en chaleur tous les quinze jours pour vingt-quatre heures, depuis septembre jusqu’à la fin de décembre (1); les Truies tous les quinze à dix-huit jours ; Les Vaches tous les mois (2), ainsi que les Chevaux (3) , les Buffles, les Zèbres et les Singes (4). Une périodicité mensuelle ($ 170) semblerait done réoner également ICI.

14° Ne serait-il pas possible qu'un premier rut fût nécessaire pour préparer les voies à la fécondation qui doit suivre? On a souvent observé que les Chevreuils, surtout ceux qui sont apprivoisés, s’accouplent dès le mois d'août (5); or, comme jamais encore on n'a découvert aucune trace d'embryon avant le mois de janvier, comme:ils ne mettent bas qu’en mai, et qu’on les trouve aussi en chaleur dans le mois de novembre, ce dernier mois est incontestablement la véritable époque du rut pour eux, ainsi que l'a fait voir Winkel, et dès lors il ne reste plus qu'à déterminer si le rut auquel ils sont sujets au mois d'août, se manifeste exceptionnellement par l'effet d’une nourriture plus abondante, et ne pro- ‘duit aucun résultat, ou s’il est général et sert comme d’introduction ou de préliminaire à l'acte de la génération.

15° L'intervalle entre la chaleur des femelles et la parturition précédente dépend de la fréquence de la propagation, du développement plus ou moins rapide des petits , et de la durée de la gestation. Le Lièvre femelle entre de nouveau en chaleur six jours après avoir mis bas, la Lapine au bout de quinze jours, l'Anesse au ‘bout de sept, la Jument au bout de neuf à onze , la Vache au bout de vingt, la Brebis et la Chèvre au bout de sept mois. Du reste, on remarque que la première chaleur qui succède à la parturition est l'époque la plus favorable pour l'accouplement , car il est rare qu'alors celuici ne soit pas suivi de la fécondation. Le moment où la femme

(4) Kuhlemann , loc. cit., p. 43.

(2) Kahleis, dans Meckel, Deutsches Archiv, t. VIIT, p. 434.

(3) Greve, wdid., t. VE, p. 52.

(&) F: Cuvier, loc. cit., t. IX , p. 420.

(5) Mellin, dans Veujahrsyeschenk fuer Jagdlicbhaber, 1794, p. 89.

conçoit le plus fréquemment, est l'intervalle d'un à trois mois qui s'écoule après qu’elle a-sevré l'enfant précédemment mis au monde. Suivant Roberton(1), sur cent soixante femmes qui avaient allaité, terme moyen, quinze mois et demi, soixante dix-neuf ne conçurent point pendant la durée de l'allaitement, quarante-deux conçurent après avoir allaité dix-neuf mois, et trente-neuf à une époque moins reculée.

IT, Mobiles organiques,

À. Mobiles physiques.

$ 245. On compte plusieurs Mobiles indirects organiques de la procréation.

1° Le premier est la nourriture. Comme nd de la procréation tient à ce que l'insuinct de la conservation s'élève audelà des bornes de l'individualité , il suppose que ce dernier instinct a déjà été satisfait en dedans de ses propres limites. Lorsque l'assimilation et la nourriture se sont accomplies d'une manière convenable, le surplus de la force et de la matière sert à la génération. hic Trembley a remarqué que les Polypes, quand la nourriture leur manquait, cessaient de pousser des gemmes, et que dès qu'ils trouvaient à manger, la reproduction reprenait son cours ; une nourriture abondante faisait grossir beaucoup les gemmes sur le corps même de la mère, tandis que, dans le cas contraire, ils demeuraient fort petits. Lorsqu'on fournit des alimens copieux aux Limaçons, ils s’accouplent de meilleure heure. Chez le Blaireau, le Cerf, le Chevreuil et le Renne, le rut se manifeste à l'époque où ces animaux , les mâles surtout, ont acquis Le plus d'embonpoint ($ 244, 3°); suivant qu'ils trouvent plus ou moins de nourriture qu'à l'ordinaire , ils entrent aussi ou plus tôt ou plus tard en chaleur. Chez l'homme lui-même un re- Pas copieux et solide éveille l'instinct de la procréation, et en ne cédant pas à toutes les exigences du besoin de nutrition, il parvient à réfréner la lasciveté de la force plastique, à conserver sa liberté morale.

(4) Gerson, Magazin des auslaendischen Literatur,'t. XXV, p. 327.

2° La chaleur est l'état d'expansion dans lequel un objet quelconque sort de ses bornes ordinaires, multiplie ses points de contact avec les autres, et pénètre dans la masse générale. Ainsi l’époque de la floraison des plantes et du rut des animaux est déterminée par le climat ; le Bufo igneus s'accouple à Genève en Juillet, à Nuremberg en juin, à Modène en mai(1); la Brebis en septembre dans l'Allemagne et en juin dans l’Italie. Le changement de temps n’exerce pas moins d'influence. Les Crapauds qui étaient sur le point de s’accoupler rentrent dans leurs trous, lorsque le froid se fait sentir (2). Quand on place des Grenouilles accouplées dans une glacière , elles se séparent et tombent dans l’engourdissement : si, au bout de quelques jours, on les expose à l'air chaud, elles se raniment et s’accouplent de nouveau. Les chasseurs imitent le cri de la femelle du Chevreuil au moyen d’appeaux faits avec une feuille ; mais les mâles n’y font point d'attention lorsque le temps est froid et humide. Les Lièvres commencent à s’accoupler dès l'hiver, quand il est très-doux et marqué par quelques journées de chaleur (3). Les animaux doués d’une certaine sensibilité sont moins déterminés par la plasticité que par Ja chaleur extérieure ; ainsi les Marmottes ne tardent pas à s'accoupler après avoir été réveillées par la chaleur du printemps , quoiqu'elles soient fort maigres à cette époque. 3° Les animaux à sang froid ne sont ni moins féconds ni moins ardens en amour que ceux à sang chaud; nous voyons cependant les Insectes, qui développent plus de chaleur que les autres animaux sans vertèbres , et les Oiseaux, qui ont le sang plus chaud'qu'aucun autre vertébré, être ceux aussi chez lesquels l’âme prend le plus de part à la génération. 4° Certaines substances échauffantes et certains alimens très-riches en principes nourriciers accroissent l’activité des organes génitaux et stimulent l'instinct de la copulation. Tel est l'effet que produisent le chenevis sur les Oiseaux chanteurs, la vesce noire sur les Pigeons, un mélange de seigle, d'orge et de chenevis sur les Chevaux, l’eau dans laquelle on a dé- (4) Spallanzani , Exp. sur la génération , p. 73.

(2) Zbid., p. 41.

(3) Neujahrsgeschenk fuer Jagdliebhaber, 4795 , p. 429,

layé de la farine avec du tourteau et du cumin sur les bêtes à corne, un mélange de chenevis, d'ail et de sel sur les Brebis. Les œufs, le caviar, les gelées, les truffes, plusieurs autres champignons, les huîtres , les poissons et le sibier, agissent de même sur l'homme, comme aussi divers aromates , tels que le safran, la cannelle, la vanille , et plusieurs médicamens propres, soit à exalter [a sensibilité (muse, opium, phosphore}, soit à stimuler les organes pelviens et à y déterminer des congestions (aloès, galbanum, cantharides). 'Au contraire, l’activité des organes génitaux est amortie par les légumes aqueux , par les fruits rafraîchissans, par les acides et par le camphre , qui donne une autre direction à la sensibilité.

B. Mobiles moraux.

$ 246. Les Mobiles moraux de l'instinct de [a copulation sont aussi de plusieurs sortes.

1° L’appétit vénérien est réveillé par les différens sens.

L'odorat dirige l'animal, parce que l'exhalation de principes odorans est plus abondante pendant le rut. Le Papillon mâle sent la femelle qu’on tient dans une boîte fermée, arrive près d’elle d’une assez grande distance et voltise autour de la prison. Si l'on plonge la main dans l’eau, après avoir touché du frai de Grenouille, les mâles sont attirés. Le Cerf tient toujours le nez au vent lorsqu'il cherche sa femelle, de manière à en sentir les émanations, et quand elle le fuit, il reste le col tendu , la bouche ouverte , paraissant humer encore avec délices les particules odorantes qu'elle laisse derrière elle.

Les réclames attirent de loin l'animal de l’autre sexe.

La vue allume et stimule les désirs. Par exemple, lorsque le Dromadaire mâle aperçoit une femelle, sa poche palatine lui sort de la bouche ($ 247, b°); si l'on approche ‘un Bouc d'une Chèvre devenue en chaleur à une époque inaccoutumée parce qu'elle n’avait point été fécondée auparavant, il acquiert sur-le-champ, d’après F. Cuvier (1), l'odeur caractéristique de son état de rut, et cette odeur persiste autant que dure Ja chaleur de la femelle.

(2) Loc. cût., 1. IX, p. 425.

Enfin le sens du toucher et du palper porte le rut au plus haut degré d'exaltation.

. Chez l’homme , l'amour s’insnue par les deux principales portes de l'âme, l'œil et l'oreille, et le sens du toucher exalte l'instinct de la copulation.

2° L'imagination agit plus puissamment sur la génération que sur aucune autre fonction. Plus la pudeur dérobe les formes du sexe à la vue, sans les cacher tout-à-fait, plus aussi l'instinct de la copulation s'allume avec force ; une gaze perfide est plus dangereuse que la réalité nue. De même, la lecture d'ouvrages licencieux et la vue de scènes ou de tableaux qui peignent la volupté plongent dans un état d’excitation contre nature; le désir survit souvent au pouvoir chez l'homme , tandis que, chez la femme , tous deux s’éteignent en même temps. L'imagination accroît aussi la formation du sperme chez les amoureux, et souvent à un tel degré , que les testicules et Les canaux déférens en deviennent doulou-

reux (1).

3° Les difficultés exaltent l’ardeur du mâle; la résistance que la femelle lui oppose, et les obstacles que les autres mâles suscitent devant lui, ne font que le rendre plus ardent. Chez l’homme lui-même, l'amour s'accroît quand il

a des diflicultés à combattre; plus il offre de dangers et d'incertitudes, plus aussi il à d’attraits, et comme l'homme veut toujours mettre sa force en action, son amour devient d'autant plus intime et plus constant, qu'il lui put un sentiment plus vif de sa propre force,

ke Enfin, la direction de l’activité vitale exerce aussi de l'influence. L oisif voluptueux , qui ne sait consacrer ses forces

à rien autre chose, est, comme l’idiot, celui qui a l'appétit

vénérien le plus prononcé et le plus soutenu, tandis que l’ac-

tivité du corps et de l'esprit entretient les forces dans l’équilibre normal. La précocité et la fréquence de l’accouplement déterminent les organes génitaux à se développer davantage; déjà les excès ont miné les forces du reste de l'organisme, ils ont épuisé et desséché le corps, que le sperme se forme en-

(4) Haller, Elem. phys., À. VIT, p. 551

core abondamment, parce que la prépondérance de cette direction de lactivité vitale est passée en habitude, et quand enfin les organes génitaux eux-mêmes se flétrissent, l’aiguillon de la chair se fait encore sentir dans l'imagination dégénérée. D'un autre côté, la continence absolue pendant l'âge mûr anéantit l’instinet de la copulation, et amène même la flétrissure des organes génitaux , comme on dit l'avoir observé sur quelques anachorètes.

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