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LITRE PREMIER

dien depuis la quatrième ou troisième vertèbre cervicale jusqu’à la fin de la moelle alongée. C’est la partie des cordons antérieurs la plus rapprochée de la ligne médiane qui tient le cœur sous sa dépendance. En effet, selon cet auteur, quand on irrite cette partie à l’aide d’aiguilles, même sur des animaux morts, les battements du cœur deviennent beaucoup plus vifs. Budge prétend que l’influence cesse à cette limite, et que l’irritation de toute autre partie de la portion céphalique de la moelle ne provoque aucun mouvement du côeur, lorsque toutefois il n’existe déjà plus de sensibilité.

Les nerfs cardiaques, qui transmettent au cœur ces influences, proviennent, en partie, du nerf vague auquel est réuni l’accessoire , en partie, des ganglions cervicaux et des premiers ganglions thoraciques du grand sympathique, qui luimême tire sa source des nerfs rachidiens. Le tronc du nerf sympathique au cou n’ exerce aucune influence essentielle sur l’action du cœur. Dans treize expériences exécutées par Pommer (1), la section du sympathique au cou ne détermina pas en général de phénomènes importants.

CHAPITRE IV. — Des diverses parties du système vasculaire. article premier. — Des artères.

S 114. — Le sang forme un courant continu dans les artères, mais la rapidité de ce courant s’accroît à chaque contraction du cœur. On s’assure que les choses se passent ainsi, soit en étudiant la circulation à l’aide du microscope, soit en observant le jet de sang que lance une artère que l’on vient de couper. la vitesse de la circulation serait égale dans toutes les portions du système artériel, si la voie circulatoire présentait constamment la même dimension. Mais, comme le calibre des branches l’emporte sur celui du tronc, la vitesse du mouvement du sang doit diminuer dans la direction des ramifications artérielles, parce que la force propulsive étant invariablement égale, un tube plus étroit est traversé plus rapidement par une quantité donnée de liquide, que ne le serait un tube plus large. En effet, si un tube large, dans un segment quelconque, contient une quantité déterminée de liquidé, il faudra, si le tuyau est olus étroit, un segment plus long pour contenir la même quantité de fluide.

On croyait anciennement que les angles obtus et aigus que forment les artères en se divisant exerçaient une grande influence sur la rapidité de la circulation, et que les angles obtus surtout mettaient obstacle au mouvement du sang. Mais, lorsqu’un liquide renfermé dans un système de tubes clos de toutes parts se trouve partout poussé par une pression égale, il tend avec une force égale à se distribuer dans toutes les directions.

En revanche, une circonstance qui influe essentiellement sur le mouvement du sang, c’est le frottement et l’adhérence de ce liquide contre les parois vasculaires. Cette influence est tellement prononcée, qu’au milieu de l’artère le sang coule beaucoup plus rapidement que près des parois, comme on peut le constater en examinant les petites artères à l’aide du microscope. Chez les Grenouilles, on voit les globules sanguins marcher rapidement dans la partie moyenne du vaisseau, taudis que les petits globules lymphatiques du sang cheminent avec beaucoup de lenteur le long de la paroi artérielle (5i).

(1) Pommep.’s Beitraege zur Nnlur -und Heilkunde. Heilbronn., 1851. — (2) Aschef.son, dans Müllek’s Archiv., 1857, 45-2. Les nouvelles observations de E.-H, Weber, dans Mülleu’s Archiv., 1858, 450, confirment celles d’Ascherson.

PHYSIOLOGIE SPÉCIALE

A. Élasticité des artères.

§ 115. — Les artères possèdent un degré extraordinaire d’élasticité. Elles le conservent même lorsqu’on les a fait bouillir, ou lorsqu’on les a laissées pendant des années plongées dans l’alcohol. Elles doivent cette propriété à une couche épaisse de faisceaux de fibres annulaires élastiques qui est immédiatement située au-dessous de la tunique celluleuse externe. Cette couche ressemble sous tous les rapports au tissu jaune élastique que l’on rencontre dans d’autres parties du corps; mais elle diffère complètement, ainsi que l’a démontré Berzélius, de la substance musculaire.

La substance musculaire est molle, lâche, et contient plus des trois quarts de son poids d’eau. Étudiée au point de vue chimique, la substance musculaire se comporte comme la fibrine du sang. Elle est soluble dans l’acide acétique et se dissout difficilement dans les acides minéraux, avec lesquels elle forme des composés difficilement solubles. La fibre élastique des artères est insoluble dans l’acide acétique, mais elle se dissout aisément dans les acides minéraux, et n’est précipitée de sa dissolution, ni par les alcalis, ni par le cyanure de potassium et de fer, ce qui devrait avoir lieu, si elle contenait de la fibrine. Cette considération chimique est importante pour l’étude du mouvement du sang dans les artères.

Lauth, Schwann et Eulenburg ont examiné, à l'aide du microscope, la texture du tissu élastique des artères, ainsi que de celui qui existe dans d’autres parties du corps. Il se compose de fibres d’épaisseur variable, qui donnent évidemment des branches et offrent un contour net et obscur. Cependant le tissu élastique ne se présente pas toujours sous cette forme. Parmi les Poissons, par exemple, je ne trouve dans la tunique élastique artérielle des Cyclostomes que des faisceaux composés de fibres parallèles constamment égales, ne donnant point de branches, et absolument semblables aux fibres du tissu cellulaire, dont elle ne se distinguent que par leur couleur jaune.

Le tissu élasiique ne se trouve pas exclusivement dans la tunique élastique des artères. Schwann a constaté la présence de quelques fibres élastiques dans la tunique celluleuse externe. Suivant Henle, on rencontre aussi des fibres élastiques isolées dans la troisième tunique, qui est contiguë à la tunique élastique. Plus loin nous parlerons au long de cette troisième tunique, quand nous traiterons de la tonicité des artères (PI. I fig. 2).

l es veines ne possèdent qu’un fort petit nombre de fibres élastiques. Il existe, d’après Schwann, dans la veine crurale du Bœuf, une couche moyenne épaisse de fibres transversales, qui ne sont pas des fibres de tissu cellulaire, et une seconde couche tout-à-fait interne et extrêmement mince formée de fibres élastiques longitudinales (1).

S 116. — Le sang contenu dans les artères ne reçoit que de temps en temps l’impulsion du cœur, mais la pression qu’exerce sur lui la tunique élastique des artères rend son mouvement continu. Si les artères n’étaient pas élastiques et ne réagissaient pas contre leur contenu, la progression du sang n’aurait lieu que par saccades ; il ne s’avancerait que pour faire place à celui que le ventricule gauche lance dans l’aorte à chacune de ses contractions. Mais, grâce à la tunique élastique des artères, le sang continue de se mouvoir dans les intervalles qui séparent les battements du cœur; car pendant le repos de cet organe la masse

(1) Voy. Schwann, dans Encyd. TFœrterb, d. med. FFissensch., artik. Gefaesse; el Eulenbuug De teld elastied, Btrol., 1836.

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