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U VRE PREMIER

du sang est soumise à la pression générale de la tunique élastique du système artériel tout entier. Ainsi donc, le sang coule dans les artères d’une manière continue, comme on le voit, à l’aide du microscope, ou lorsqu’on a divisé une artère : seulement il s’accélère par saccade à chaque contraction du ventricule (1).

Weber remarque que le cœur offre une certaine analogie avec la pompe à feu, et qu’il chasse le liquide par une série d’impulsions rhythmiques. Ces machines ont toutes deux pour but de déterminer un écoulement continu de liquide; elles produisent ce résultat de la manière suivante. Non-seulement le liquide est lancé de temps en temps par la machine, mais encore un fluide élastique en se dilatant continue d’agir sur le liquide et de le comprimer, lorsque ce dernier n’est plus pressé par le piston. Le rôle que jouent dans la circulation les parois élastiques des artères est rempli dans la pompe à feu par l’air contenu dans le réservoir situé au-dessus de l’eau. Il en est de même pour le régulateur des soufflets. Lorsqu’elles s’ossifient, les artères perdent leur élasticité et déterminent en conséquence une prédisposition à l’apoplexie, à la gangrène, etc.

S 117. — En vertu de leur élasticité, les artères possèdent la faculté remarquable de se rétrécir quand elles contiennent moins de sang. Ainsi, par exemple, lorsqu’une artère est divisée, le volume du jet va constamment en diminuant. Sur un Cheval que Hunier avait saigné jusqu’à ce que la mort s’ensuivît, il observa que le diamètre de l’aorte était diminué de plus d’un dixième, celui de l’artère iliaque d’un sixième, celui de la crurale d’un tiers. Enfin, celles des artères de cet animal, dont le calibre était égal à celui de la radiale de l’Homme, se trouvaient dans un état complet d’occlusion (2). Plus le cœur se contracte avec énergie, plus les artères se dilatent, et plus elles contiennent de sang comparativement aux veines; au contraire, plus les battements cordiaques sont faibles, plus l’élasticité artérielle peut résister à l’impulsion du sang. Dans ce cas, les artères sont moins distendues et contiennent moins de sang en comparaison du système veineux. Ce phénomène devient surtout évident peu de temps avant la mort, et c’est une des causes de la vacuité des artères que l’on remarque sur les cadavres. Ces vaisseaux ne sont pas, il est vrai, entièrement vides; car la plupart d’entr’eux renferment encore autant de sang qu’ils peuvent en contenir dans le plus grand rétrécissement possible.

B. Determination de ta pression à laquelle le sang est soumis dam le système

artériel.

$ 1 18. — La force de la pression à laquelle le sang est soumis dans les artères se détermine d’après la hauteur de son ascension dans un tube que l’on met en communication avec une artère coupée en travers, ou mieux, d’après la hauteur d’une colonne de sang ou de mercure qui fait équilibre à celte pression. Haies s’était déjà occupé de la solution de ce problème (3). Il observa que le sang de l’artère crurale du Cheval s’élevait dans le tube à une hauteur de huit à neuf pieds; celui de l’artère temporale, de six pieds et demi, chez un Mouton, et de quatre à six pieds, chez un Chien ; tandis que le sang de la veine jugulaire ne montait que de douze à vingt et un pouces, chez le Cheval, de cinq pouces et demi, chez le Mouton, et de quatre à cinq pouces et demi, chez le Chien.

(1) Voy. E.-II. Weber, Adnot ■ anal, et physiol. prolus, î$ Anatomie, m, p. 69. — (fi) Abernetiiy, Physiol. Lectures, 224. — (3) Hales., Hamaslalik. Statik des Geblüts. Hatte, 174$.

PHYSIOLOGIE SPECIALE

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Mais sur ce sujet nous devons spécialement citer les ingénieuses recherches que Poiseuille (*) a exécutées à l’aide d’un instrument de son invention.

Cet instrument se compose d’un simple tube de verre représentant trois branches continues l’une à l’autre. C’est d’abord une branche horizontale courte (i) qui se recourbe à angle droit pour former la branche descendante (2). Ceile-ci se courbe à son tour et donne naissance à une longue branche ascendante (3) parallèle à la branche descendante. On verse du mercure dans la branche descendante et ascendante ; le niveau s’établit naturellement entre les deux branches, et, lorsqu’on tient l’appareil perpendiculairement, la hauteur de la colonne métallique est la même dans ces deux branches, qui communiquent ==r entre elles. Maintenant, si l’on adapte à la branche horizontale ~~l une artère coupée et que l’on fasse jaillir le sang dans le tube, il exercera sur le mercure une pression égale à la force avec laquelle il se meut dans les artères et, en conséquence, le métal descendra dans la branche descendante et s’élèvera dans l’autre. Si avant l’expérience le niveau du mercure dans les deux branches parallèles atteint la limite delà branche horizontale, on n’a qu’à noter de combien le mercure a baissé dans la branche descendante, de combien il a monté dans la branche ascendante, puis à ajouter les deux sommes, et l’on a la hauteur totale de la colonne mercurielle qui fait équilibre à la pression exercée par le sang, en déduisant toutefois le poids de la colonne sanguine qui a pris la place du mercure dans la branche descendante ; or, le sang pèse dix fois moins que le même volume de mercure. Pour éviter que le sang ne se coagulât en pénétrant dans la branche horizontale du tube, Poiseuille avait soin, avant de procéder à ses expériences, de la remplir d’une solution de sous-carbonate de potasse. D’après cet observateur, la pression qu’éprouve une molécule de sang dans les diverses artères est toujours la même, peu importe que l’artère soit plus voisine ou plus éloignée du cœur, qu’elle soit un peu plus ou un peu moins volumineuse; peu importe, par exemple, que ce soit la carotide ou l’aorte, la carotide ou la crurale. Ainsi, la hauteur de la colonne de mercure déplacée par le sang était la même pour toutes les artères du même animal. Suivant Poiseuille, le sang d’une artère fait équilibre, chez le Chien, à une colonne de mercure de 151 millimètres, ou à une colonne d’eau de 6 pieds 4 pouces; chez le Bœuf, à une colonne de mercure de 161 millimètres, ou à une colonne d’eau de 6 pieds 9 pouces; chez le Cheval, à une colonne de mercure de 159 millimètres, ou à une colonne d’eau de 6 pieds 8 pouces ; ce qui donne, pour la moyenne, une colonne de mercure de 157 millimètres, ou une colonne d’eau de 6 pieds 7 pouces.

Comme ses expériences semblent prouver que la force avec laquelle le sang se meut est la même dans les artères les plus différentes, Poiseuille en conclut que, pour mesurer la force de la pression du sang dans une artère dont le calibre est déterminé, il s’agit tout simplement de prendre son diamètre : ainsi « le poids d’un cylindre de mercure, dont la base serait le cercle donné par ce diamètre, et la hauteur celle de la colonne de mercure obtenue, sera la force statique totale avec laquelle le sang se meut dans cette artère. » Le poids de la colonne de mer¬

ci Dana Journal de Physiologie de Magendie, t. vin, p. 272.

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