‹ Traité de physiologie de l'hommeChapitre 52 sur 87 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

cure que l’on aura obtenu par cette méthode représentera la pression exercée par la colonne sanguine. Ainsi, par exemple, Poiseuille estime que le diamètre de l’aorte pris à son origine, chez un Homme de vingt-neuf ans, est de 34 millimètres. En conséquence, l’aire de ce vaisseau est de 908,2857 millimètres carrés. Maintenant, en supposant que la hauteur de la colonne de mercure, à laquelle le sang de l’aorte de l’Homme peut faire équilibre, doive être la moyenne entre la plus grande et la plus petite hauteur de la colonne de mercure qui faisait équilibre à la pression du sang chez des animaux différents, il prend la moyenne entre 180 et 140 millimétrés, c’est-à-dire, une colonne de mercure de 160 millimètres de hauteur. Or, 160 millimètres multipliés par 908,2857= 145325,72 millimètres cubes de mercure, dont le poids égalent 1971,77936 gram. = 1,971779 kilog. ou 4 livres 3 gros, 43 grains, évaluation de la force totale statique du sang dans l’aorte, au moment où le cœur se contracte. En procédant de la même manière, Poiseuille a trouvé que la force avec laquelle s’opérait la circulation, chez une Jument qui fut l’objet de sa douzième expérience, était égale à 5,24636 k. ou 10 livres, 10 onces, 7 gros, 61 grammes, pour l’aorte ; pour l’artère radiale, elle était de 15,35 grammes ou 4 gros.

§ 119. — Au moyen de son instrument, Poiseuille a constaté un fait que Haller et Magendie avaient déjà remarqué, c’est-à-dire, que la force de l’impulsion du sang augmente durant l’expiration. Pendant cet acte, la poitrine se contracte et, par conséquent, les grands vaisseaux sont comprimés; aussi la colonne de mercure s’élève-t-elle un peu à chaque expiration, et relombe-t-elle au moment de l’inspiration. L’élévation et l’abaissement du mercure étaient les mêmes pour les diverses artères, malgré la différence de leur distance au cœur. Lorsque la respiration était tranquille, il y avait 10 à 20 millimètres de différence entre les deux hauteurs.

L’augmentation de l’impulsion du sang par l’expiration est si considérable chez quelques personnes, que le pouls de l’artère radiale devient imperceptible, quand elles exécutent une très-longue inspiration et retardent autant que possible le moment où elles sont forcées d’expirer. Je suis moi-même dans ce cas. Lorsque j’inspire profondément et retiens ensuite ma respiration, on ne sent plus de pulsation dans mon artère radiale. Ce phénomène explique peut-être l’origine du conte populaire, d’après lequel certains individus jouissent du pouvoir de suspendre à volonté les battements de leur cœur.

Pendant le court instant de repos qui suit chaque battement du cœur, la pression à laquelle est soumis le sang contenu dans les artères est, à la vérité, un peu moins considérable. Mais comme la réaction élastique des parois du système artériel tout entier le presse de toutes paris, cette différence ne saurait être très grande. Haies a constaté que le sang ne s’élevait que d’un pouce ou guère plus dans le tube adapté à une artère, au moment de chaque contraction du cœur,

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