C. Pouls des arlères
$ 120. — Le sang ne peut pas , à cause de la résistance que lui offrent les capillaires, s’échapper de ces tubes étroits avec une vitesse égale à celle de son mouvement dans les artères. C’est pourquoi , au moment de la contraction du ventricule, il réagit contre les parois élastiques du système artériel, comme fait tout fluide qui cherche, quand on le comprime, à s’échapper dans toutes les directions. Cetle pression du sang contre les parois artérielles a reçu le nom de pouls. Les pulsations des artères, par conséquent, sont en général synchroniques avec la contraction ventriculaire : cette dernière est la cause du pouls artériel.
8 121.— Par suite de la réaction ou pression exercée par le sang contre les
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parois élastiques des artères, celles-ci se distendent à chaque systole du cœur, tandis que, durant la diastole, elles reviennent sur elles-mêmes en vertu de leur élasticité. Cette distension peut porter à la fois sur la longueur et sur la largeur des artères. Elle a réellement lieu dans les deux directions; mais l’extension en longueur est de beaucoup la plus considérable des deux. C’est pour cela qu’au moment du pouls, les artères se déplacent et deviennent sinueuses. Mais sitôt que la contraction ventriculaire a cessé, elles se redressent et reprennent leur situation première. A l’instant du pouls, les artères éprouvent également une légère augmentation de diamètre. Dans tous les cas, l’ampliation en largeur de l’artère doit être peu considérable. Plusieurs physiologistes, en effet, n’ont pu l’apercevoir; mais cependant elle existe réellement, ainsi qu’il est facile de s’en assurer en examinant les ramifications de l’artère pulmonaire chez la Grenouille. Ici l’on aperçoit très-distinctement non-seulement la courbure, mais encore la dilatation des branches artérielles. Poiseuille (1), à l’aide d’une expérience fort ingénieuse, est parvenu à mesurer le degré de cette dilatation. Après avoir mis à nu, sur un Cheval vivant, la carotide primitive dans une étendue de trois décimètres, il prit un tube de fer-blanc ouvert à ses deux extrémités et présentant, en outre, une rainure ouverte dans toute sa longueur, le glissa derrière l’artère et fit entrer cette dernière dans l’intérieur du tube par la rainure dont nous venons de parler. Alors il ferma son tube e! le compléta en ajustant sur la rainure une autre morceau de fer-blanc; puis il ferma egalement les deux extrémités du même tube avec de la cire et de la graisse. Ces préparatifs une fois terminés, il remplit d’eau l’intérieur du tube tout autour de l’artère, à l’aide d’un autre tube de verre large de 3 millimètres, qu’il adapta au tube métallique. A chaque battement du cœur, l’eau monta d’environ 70 millimètres dans le tube de verre, puis, à chaque pause , retomba au même point qu’auparavan!. Le segment d’artère compris dans le tube de métal avait 180 millimètres de longueur et occupait un espace de 11440 millimètres cubes. Or , comme à chaque battement du cœur ce segment d’artère éprouvait une augmentation de capacité égale à une colonne d’eau de 3 millimètres de diamètre et de 70 millimètres de hauteur, ou d’environ 494 millimètres cubes, il s’ensuit que la capacité de l’artère augmentait à peu près d’un vingt-troisième.
L’expérience exécutée par Flourens est plus simple. 11 entoura un gros tronc artériel d’un anneau métallique très-mince et élastique, fendu dans un point de sa circonférence, et il observa de combien la fente s’élargissait au moment du pouls. Pour répéter celte expérience, un ressort de montre est l’instrument le plus commode dont on puisse se servir.
S 122. — On admet généralement que le pouls est synchronique dans toutes les artères, quelle que soit leur distance de l’organe central de la circulation. Mais Weitbrecht, Liscovins et E. II. Weber (2) ont démontré qu’il n’en est pas ainsi, et l’on peut aisément se convaincre que les choses se passent d’une manière tout-à-fait différente. Dans le voisinage du cœur, les pulsations des artères sont synchroniques à la contraction du ventricule. La contraction ventriculaire constitue, en effet, le pouls du cœur, et le pouls artériel n’est autre chose que la dilatation des artères résultant de l'impulsion du sang lancé par le ventricule. Mais, à une certaine distance du cœur, le pouls des artères n’est plus parfaitement synchronique à la contraction ventriculaire; l’intervalle qui sépare l’impulsion du cœur dupouis artériel varie, selon Weber, d’un sixième à un septième de seconde. Ainsi, par exemple, le pouls de l’artère radiale a déjà lieu un peu plus tard que
(l) Magendie, Journal de Phytioi-, ix, ïi. — (2) Adnolalv>nt$ analomicœ.