LIVRE PREMIER
qu’ils soient parfaitement mêlés ensemble. Un gaz traversera une vessie humide pour être absorbé par le fluide qu’elle contient. C’est ce qui explique comment des fluides gazeux peuvent pénétrer dans le sang pendant la respiration, sans que pour cela les globules sanguins puissent s’échapper hors de leurs vaisseaux. Les fluides gazeux traversent la membrane pulmonaire et se dissolvent dans le sang qui circule dans les innombrables vaisseaux capillaires qui couvrent cette membrane.
Le passage des gaz et leur dissolution dans le liquide sanguin dépend de la porosité des tuniques vasculaires, qui cependant ne présentent pas d’orifices dont le diamètre soit assez large pour admettre les globules rouges du sang. Si l’on attache un morceau de vessie humide sur l’orifice d’un vase plein d’eau, de manière à ce que cette membrane se trouve en contact avec la surface du liquide, puis qu’on répande un sel soluble quelconque sur la surface externe de la vessie, il est bientôt dissous par l’eau qui pénètre à travers les pores de la paroi membraneuse, et ensuite il va se mélanger au liquide qui remplit le vase.
S 164. — Ainsi donc, la cause première de l’imbibition ou perméabilité des tissus animaux est la tendance qu’ont les substances à se répandre uniformément dans le fluide où elles sont dissoutes. Un sel à l’état de dissolution tend à se distribuer également dans un autre fluide avec lequel il peut se mélanger. Ainsi, par exemple, de l’eau salée et de l’eau ordinaire mises en contact se mêlent uniformément l’iine avec l’autre. C’est aux fluides aqueux qu’ils contiennent et cpii remplissent leurs pores que les tissus animaux doivent la mollesse qui les caractérise. En conséquence, une substance quelconque à l’état de dissolution et mise en contact avec ces tissus tend à se répandre, non-seulement dans les fluides qui remplissent les pores, mais encore, par l’intermédiaire de ces pores, dans les fluides qui se trouvent en contact avec la surface opposée de la membrane , jusqu’à ce qu’il y ait équilibre de distribution entre les deux liquides séparés par cette simple membrane.
§ 165. — Cependant il existe des circonstances particulières dans lesquelles l’imbibition se trouve accélérée soit par la capillarité , soit par une attraction d’une nature particulière. Le premier cas a lieu lorsqu’on humecte une partie animale desséchée, car alors la capillarité des pores vides doit favoriser la pénétration des substances liquides. Le second cas s’observe quand deux fluides différents sont mis simultanément en contact avec une même membrane.