CHAPITRE II. — Du mode d’origine et de la structure des vaisseaux
lymphatiques.
article premier. — Des formes quaffectent les vaisseaux lymphatiques les
plus déliés.
§ 187. — Les recherches les plus importantes faites par les anciens anatomistes sur la structure des vaisseaux lymphatiques sont consignées dans la collection des écrits de Mascagni, Cruikshank et quelques autres, qui a été rassemblée et publiée par Ludwig. Dans ces dernières années, la question d I ana-
(1) Schlemm, Fkoriep’s Not. , n ' 536; comp. Mayer, ibid., 565.
20ù PHYSIOLOGIE SPÉCIALE.
tomie de ces vaisseaux a fait des progrès remarquables, grâce aux travaux éminents de Fohmann (1), de Lauth (2) et de Panizza (3).
Lorsqu’on injecte avec du mercure les vaisseaux lymphatiques, leurs radicules se présentent à l’observation sous deux formes differentes.
lo Elles se présentent sous la forme d’un réseau dont les mailles sont tantôt alongées et tantôt plus symétriques. Il arrive fréquemment que les mailles sont plus petites que le diamètre même des lymphatiques les plus déliés qui constituent le réseau. Si, dans les endroits où ce dernier est extrêmement dense, le volume des vaisseaux est en même temps irrégulier, ce réseau présente à un observateur superficiel l’apparence d’une aggrégation de cellules; cependant, ce qui lui donne cet aspect celluleux, ce sont tout simplement les inégalités et les légères dilatations des vaisseaux. Dans les parties où les mailles sont plus larges on reconnaît sur-le-champ que les lymphatiques affectent véritablement la forme d’un réseau (PL I, fig.9, 10). Le diamètre des vaisseaux qui constituent les réseaux offre des différences considérables; néanmoins ils ne sont jamais aussi déliés que les vaisseaux capillaires sanguins. Quant à moi, je ne connais point de vaisseaux absorbants qui ne soient visibles à l’œil nu. Les lymphatiques les plus déliés doivent être ceux qui existent dans les branchies, et dont Fohmann a donné de très beaux dessins.
2° Dans d’autres cas, les radicules des lymphatiques ne présentent pas la forme de réseau , mais celle de petites cellules qui sont plus ou moins régulières et qui communiquent toutes les unes avec les autres. Telle, du moins, m’a paru être la structure des lymphatiques injectés du cordon ombilical et de ceux de la cornée. Toutefois la nature de ces derniers est encore douteuse. On obtient cette espèce d’injection, en suivant une méthode vicieuse qui consiste à injecter directement les lymphatiques en introduisant au hasard la canule dans la peau ou de la substance des organes. C’est également l’aspect que m’ont offert les vaisseaux chylifères d’un Veau, que j’injectai par un des troncs qui sortaient des intestins et qui étaient remplis de chyle. Pour pratiquer cette injection, je poussai avec une seringue d’acier le mercure dans le sens opposé à la marche du chyle, avec assez de force pour surmonter la résistance présentée par les valvules. Le grand nombre de petites cellules qui se remplissent de mercure suggère naturellement l’idée que les lymphatiques naissent des cellules du tissu cellulaire lui-même. Suivant Fohmann (4), ce que nous appelons tissu cellulaire est uniquement composé de vaisseaux lymphatiques. Mais c’est ce qui ne me paraît nullement vraisemblable. 11 suffit pour cela de comparer les véritables réseaux de vaisseaux lymphatiques avec les extravasations celluliformes qui s’observent dans une seule et même partie, par exemple , dans l’intestin d’une Tortue. Après avoir comparé des vaisseaux lymphatiques où l’injection avait parfaitement réussi avec d’autres où le succès avait été moins complet, je me trouve porté à croire que les prétendues origines celluliformes des lymphatiques ne sont pas en réalité de véritables lymphatiques, et que la forme sous laquelle se présentent les radicules, même dans le cas où elles sont extrêmement nombreuses et pressées les unes contre les autres, est, en général, celle d’un réseau régulier.
En injectant la substance du cordon ombilical, d’après la méthode de Fohmann (5), j’ai réussi à remplir de mercure de petites cellules transparentes
(1) Das Saugadersystem, der Wirbelthiere, i, Heft. Heidelberg, 1827, fol. — (2) Essai sur (es vaisseaux lymphatiques, Strasb., 1821; Ann. des Sei. nalur., t. m . — (3) Osservazioni antropozoolomico-fisiologichc , Pavia, 1830; et Supra il sislema linfatico dei retlile ricerche zootomiche , Pavia, 1833. — (b) Tiedemamn’s Zeitschrift für physiologie, iv, 2. — Ibid.