LIVRE PREMIER
région ischiatique; ceux mêmes qui occupent les deux côtés correspondants du corps ne se contractent pas toujours simultanément. Ils se contractent à peu près soixante fois par minute. Ces organes pulsatoires contiennent de la lymphe incolore. On peut, en poussant de l’air par ces cœurs , insuffler les vaisseaux et les espaces lymphatiques des membres. Ainsi, lorsqu’on injecte de l’air dans le cœur lymphatique supérieur ou cervical , on voit se gonfler les espaces lymphatiques de l’aisselle. Les cœurs lymphatiques inférieurs versent leur lymphe dans une branche de la veine sciatique, et les cœurs supérieurs dans une branche de la veine jugulaire.
Les Reptiles écailleux paraissent ne posséder que les cœurs lymphatiques postérieurs. Chez les Lézards et les Crocodiles ces organes sont situés aux côtés de la base de la queue, derrière l’os iliaque. Les cœurs lymphatiques de la Tortue de terre sont placés au-dessous de la partie postérieure de la carapace, et chez la Tortue de mer iihmédiatement derrière l’extrémité supérieure de Los iliaque. Dans une Tortue de mer ( Chelonia Mydas) du poids de cent quarante livres ces organes avaient environ un pouce de longueur et se contractaient régulièrement trois à quatre fois par minute. Ces contractions persistèrent même après la décapitation de l’animal , et après qu’on eut divisé le tronc transversalement (1).
Jusqu’à présent mes recherches pour découvrir des cœurs lymphatiques chez les Poissons ont été vaines. Ils manquent également chez les Oiseaux, ou bien nous ne connaissons pas les endroits où il faut les chercher.
La structure intime des cœurs lymphatiques ressemble à celle du cœur sanguin. Ainsi, d’après les observations de Valentin, leurs faisceaux musculaires présentent des stries transversales.
Quant à l’action qu’ils exercent sur la lymphe en tant qu’organes d’aspiration, nous renvoyons à un mémoire que Ed. Weber a publié sur ce sujet (2).