‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 21 sur 92 · PO0YO1B REFLEXE ET PHÉNOMËNES QUI EN DÉPENDENT · texte numérisé non relu

PO0YO1B REFLEXE ET PHÉNOMËNES QUI EN DÉPENDENT

Lion légère du bout périphérique donne bien lieu à la contraction vasilaire, mais Texcitation du bout central la détermine aussi, quand Texcilion est faible. Cette contraction dure environ neuf secondes. Elle est bien lésultat d'une action réflexe : le bout central du nerf auriculaire agit »mine nerf centripète qui apporte une impression au centre rachidien, juel réagit sur les filets cervicaux du grand sympathique et détermine la intracUon des vaisseaux. Snellen a remarqué aussi que, au bout de neuf condes, la contraction vasculairc fait place à une paralysie, à une dilata* m vasculaire, comme après la section du cordon cervical du grand symithique. En cherchant à vérifier par une modification de cette expérience principe des actionsréflexes d'arrêt ou paralysantes, Gh. Rouget a constaté le» pour obtenir d'emblée une dilatation vasculaire, une élévation de tempetnre très-prononcée, il suffisait d'exciter le bout central du nerf auricuirepar un courant très-intense (le courant maximum de l'appareil de du lis-Reymond). «On peut donc^ditCh. Rouget, démontrer directement que, ins les modifications de la circulation de l'oreille par action réflexe, Bst-i-dire par l'intermédiaire d'un nerf sensitif (centripète), la loi que MU avons formulée pour les excitations transmises à travers les corpusdes ganglionnaires se vérifie complètement, c'est-à-dire qu'une excitation igère et de peu de durée se manifeste par un accroissement d'énergie des ontractions vasculaires, tandis qu'une excitation intense et de plus longue orée a pour effet un arrêt des contractions, une paralysie. » Si Ton peut se rendre compte aisément de la contraction des vaisseaux ingains et de Tanémie par action réflexe, il est moins facile d'expliquer la filatation de ces vaisseaux. Entre autres hypothèses, on a supposé que ce leniier effet résulte d'un spasme limité aux vaisseaux capillaires, d'où hypérémie par suite d'un obstacle au passage du sang des artérioles dans les reinales : mais on a objecté que cette théorie a contre elle l'augmentation de chaleur qui ne se montre pas lorsque le sang est simplement en stagna- Ibn. Brown-Séquard (1) a donné une autre interprétation de ce phénomène : la paralysie des vaisseaux périphériques dépendrait de la contraction par action réflexe des vaisseaux de la moelle épinière elle-même, contraction limitée, ayant pour conséquences l'anémie dans le point de la Bttbfitance grise d'où partiraient les nerfs vaso-moteurs^ puis la perte de la propriété excito-motrice^ d'où la paralysie ou dilatation vasculaire. — C'est aussi par l'anémie de la moelle épinière, à la suite de contractions féllexes dans les vaisseaux de la pic-mère, que le môme observateur explique les paraplégies et paralysies dites réflexes. On n'a pas manqué de faire remarquer, à propos de cette théorie, qu'en pareils cas il devrait y avoir aussi une grande diminution sinon une abolition complète des mourernents réflexes dans les membres abdominaux; puis il a paru diOicilc l'admettre, pour expliquer des paralysies souvent de longue durée, une ontracture vasculaire suflSsamment durable, alors que dans les cxpéiences on voit la dilatation vasculaire suivre de si près la contraction iûexe des vaisseaux.

(I) Biown-SiQUÀBD, ouvr. cité.

4" Wouv«jnefils réfleites dei muiclei de la vie organique tuceédant à t'înitj dei D^rfa ftcmilifi de la vie organique^ — LVuiinn réllcXP pvUail s'npérer j»llU

difficilement, et surtout plus rarctuenli dos tilets sctisitil'ïi du graini !>)*« pailiique sur ses filets moteurs par l^eolremise de Vaxe cérébro-spiii qu'elle n'a lieu par la même entremise des nerfs sensitifs de la vie anin sur les nerfs moleors du môme ordre. Cependant, nul doute que les oe organiques n'aient avec les rentrer propres de la moelle épïnièrc des wf ports intimes en m oie ceux des nerfs de la vie animale, et que la moelle épinière et la moelle allongée ne jouent le rôle de centres réflexes pour la deux systèmes nerveux.

On peut citer les cas suivants comme exemples d'eflets rétlexes opéfÀ par la moelle épinière ou la moelle allongée et le nerf grand sympathique, à [^exclusion des nerfs cérébro-spinaux proprement dits :

Bans divers étals morbides des intestins, la pupille change de mètre; sa dilatation, par exemple, acrorapague les afTcclions vcrmÎDcus^ et cesse avec elles. — Durant le travail de la digestion, les produits sécrétûires qui s'écoulent dans diverses portions de Tintestin affluent |iar suite d'actions réflexes provoquées parle contact des aliments, — L'irrita lioo du grand sympathique à la hauteur des deux premiers ganglions thon* ciques provoque des contractions réflexes énergiques de llntestio grêle (Bernard). — Des injeelions froides dans !a cavité de rnlérns^ atteiol d'inertie après l'accouebenient, déterminent des contractions de cet organe par action réflexe du centre génitospinal. — Chez les grenouilte décapitâmes, quand la moelle épinière existe encore, le pincement des' intestins» d'après Voikmann (1)> provoque des contractions étendues «le ce canal, tandis qu'après la destruction de la moelle, la réaction deme limitée au lieu de Tirritation et devient toute locale.

L'assertion de Volknmnn pariiH exagérée : on sait aujourd'hui que l'irritation bornée à un point de la longueur de Fintestin produit des contractions de ce canal an delà du point irrité, non-seulement lorsque U moelle épinière est détruite, mais encore lorsque Tintestin est détaché dii corps, et par conséquent séparé des ganglions abdominaux du grand sy pathique. L'existence d'un plexus nerveux ganglionnaire, signalé Meissner dans le tissu cellulaire sous-muqueux, et celle d'un autre plt analogue, trouvé par Auerbach entre les deux couches musculaires Fintestin, ont été invo(|uées pour se rendre compte de ces laiLs, comii la présence des ganglions intra-cardiaques de Hemak a servi à expliquer! pei-sislance temporaire des mouvements rbythmiques d*un coDur séparée rorganisme.

Ce qui précède nous conduit naturellement h nous poser cette question S Y a-i-it dans les ganglions du grand sgmpuîhique un pouvoir réflexe corn* pitrahle à celui de taxe cérébro-spinal? En d'atUres termes, rimpre&uoo transmise aux ganglions sympathiques [lar leurs lilets sensitifs est-cHc

(1) VOLKIIAMN, mcm. cité.

rOOTOU RÉFLEXE ET PHÉNOMÈNES QUI EN DÉPENDENT* 25S

susceptible de se réfléchir sur leurs filets moteurs, pour donner lieu à des mouvements auxquels seraient étrangères la moelle épinière et la moelle allongée?

Prochaska (1) dit que le cœur ne peut se contracter qu'autant que Timpression du sang sur ses cavités est transmise aux ganglions par les nerfs du sentiment, et réfléchie sur les fibres musculaires par les nerfs du mouvement.

Plus tard, Grainger (2) n'hésite pas à résoudre la question par l'affirmative, comme l'avait fait, une année auparavant, Glarke (3), qui admet que a les ganglions font Toffice d'axes ou de centres par rapport à leurs derniers filaments, et qu'ils constituent des moyens de réflexion de ces filaments sur la fibre contriictilc». — Grainger suppose, pour chaque ganglion, un système excito-motetir. c'est-à-dire des fibres qui, distinctes des fibres primitives cérébro-spinales, seraient propres au ganglion et en rapport avec son pouvoir réflexe.

Aucune preuve expérimentale n'était venue confirmer l'opinion de Prochaska sur la réalité d'un pouvoir réflexe dans les ganglions sympathiques, du moins en l'absence de l'axe cérébro-spinal. — Des expériences récentes de Cl. Bernard (^}, bien qu'elles n'aient point été faites sur des ganglions appartenant en propre au système du grand sympathique, ont bit voir que les ganglions nerveux peuvent être considérés, jusqu'à un certain poirUy comme des centres indépendants d'action réflexe. Après avoir détruit^ chez le chien, toutes les communications qui existent entre l'axe cérébro-spinal, les ganglions sympathiques d'une part, et le ganglion sousmaxillaire d'autre part, ce physiologiste a reconnu que l'irritation du bout périphérique du nerf lingual, même avec un courant électrique faible, letive la sécrétion de la glande salivaire sous-maxillaire. Or, dans ce cas, le centre de réflexion de l'excitation ne saurait être autre que le ganglion ïons-maxillaire lui-même : des fibres de la corde du tympan associées au lerf lingual transmettent l'excitation au ganglion par l'intermédiaire duluel sont mises en jeu les fibres nerveuses destinées à influencer les vaisseaux et par suite la sécrétion de la glande (*).

Ilfiiut toutefois ajouter que celle indépendance du ganglion est éminemment emporaire, et que toute action réflexe disparaît bientôt et devient imposible dans ces conditions. L'influence de Taxe cérébro-spinal parait donc adispensable pour que les ganglions fonctionnent d'une façon continue tomme centres d'action réflexe. — La persistance temporaire des contracions rhythmiques du cœur séparé de tout rapport avec le centre nerveux iphalo-rachidien, et leur cessation immédiate dans les parties de cet

(1) Pbochàska, Opéra minora^ t. U, p. 169.

(2) GiAraCBR, Observ, on theStruct. and Funct, of, the Spinal Corrt. London, 4837.

(3) Clabke, The Practicai Anat. and Elément PhysioL of the Nervous Sijst,, p. lll, Mdon, 1836.

(4) Cl. BerkarD; Comptes rcndvf de /* Académie dr^ ytie«'.w, 25 août 1862.

(*) UÉCEOis a TU des mouvements de Tiris survenir (alors môme que Tencéphalé et la moelle laieot complètement enloTés) sous l'influence d'excitations portées sur le ganglion cervical fpérieurdvL grand sympathique, chez la grenouille.

2Sà PKOPKIÉTHS ET lOîSCTiaNS 1>V SYSTEME NERVEUX EN GÉNÉBAL.

organe séparées des principaux gan^^ions intra -cardiaques h Taide de sections transversales, ont paru à divers physiologistes suffire à elles seoles i pour (Mablir que les gangUûns du grand sympallnque peuvent foncliouner comme centres réflexes. Pour nous, nous croyons devoir être plus ré^mé jusqu'à nouvelles preuves.

Avant d'aborder la théorie dea phénomènes réflf^xes, nous devons encore arrêter nnhe attention sur diverses particularilés qui se rapportent à cet ordre de phénomènes, et signaler certaines influences qui penveiit faire varier le pouvoir réflexe ou exctto-n)oteiu\ c'esl-à-dîre Taugmenter ou ï'alTaiblir,

uèft.

1, — Sur des animaux décapités, Herbert-Mayo(l) et Galmeil(2) ont constaté que, dès qu'une impression est parvenue à la moelle épimèn,

r incitation centrifuge qui en dérive a une tendance singulière i $e col muuiquer surlout h ceux des nerfs moteurs spinaux donl rorigine rapproche le plus de celle des nerfs sensitifs irrités. La même remai s'applique à ceux des nerfs cérébraux sensitifs et moteurs dont Torii converge a la moelie allongée, et qui, par cela môme, offre ni une aptitude si grande aux phénomènes réflexes, if Jai vu, dit Calmeil (^), que, lorsque le^ agacenients portaient sur la partie antérieure du tronc, c'étaii quelquefois ia portion de uiMelte qui anime les membres thoraciquet qni recueillait seule Firapression; de sorte que ces mouvements éclataii dans les seuls memljies antérieurs. Au contraire, j'ai vu d'autres fois impressions se concentrer dans la portion de moelle qui anime les il bres pelviens, n

En outre, dans nos propres expériences, nous avons pu bien sou reconnaître qu'il est facile, en variant rintensiléde Ti m pression, de doo; lieu à des mouvement?» réflexes plus ou moins étendus. Chez une nouille décapitée, par exemple, vient-on à stimuler légèrement les menls d'un membre abdominal, celui-ci entre seul en contraction. Le slii lus, appliqué au même point, est-il plus énergique, les deux membr abdonjinaux se contractent; enlin, quoique limitée à ïa môme place, !'< citation extérieure est-elle encore plus vive, les quaire membres s'agitest simultanérnent.

Nous chercherons jdus loin à nous rendre compte de ces différences.

lî. —Le conflit qui, par l'entremise de la moelle épinîère, a lieu ftxi;ilement entre les nerfs sensitifs de la peau et les nerfs moteurs or naîres dont Torigine est trés-rapprot-bée, |ïeut également se prodiiii| entre les nerfs sen*^itifs des membranes muqueuses et les nerfs moteurs i piratoires par l'entremise de la moelle épinîère et du bulbe rachidien,

La série de phénomènes réflexes qui résultent de ce dernier oontUi assurément digne de fixer l'aUention. — L'éternumcnt, la toux^ le'

(1) HKhBERT-MiiYO, Anat, and Pht/siot, Comrnmt, London, ISSS, p. S, i39.

(2) C4I.IIEIL, Hrcherrhpt mr ht iftmet,, leê fonct, #« te ntmo(L de ia mùiUê épMk def pifJ^rAç, I82S, t XI, p. 92).

(3) GAUiElu, mémoire cité.

MMlYOm R&FLUB ET PHÉNOMÈNES QUI EN DÉPENDENT. 255

ement, le hoqoet, puis les efforts qui accompagnent la parturition ou excrétion des urines et des fèces, proviennent d'irritations exercées sur ) système muqueux des organes respiratoires, digestifs, génito-urinaires, i transmises an foyer incitateur des mouvements respiratoires par des Jets sensitife appartenant, soit à des nerfs de la vie animale, soit à des erb de la vie organique.

Rappelons que les affections de certains organes glanduleux, du foic^ des uns» des ovaires, des testicules eux-mêmes, peuvent aussi occasionner le omissement qui s'observe encore dans les lésions de Tutérus et dans les remiers temps de la conception.

H n'est pas exact d'avancer que^ si le groupe des muscles respiratoires eot entrer en jeu à la suite d'impressions faites aux diverses membraes muqueuses, il n'en saurait être de même après les Impressions qui rannent naissance à la surface cutanée; car on parvient à réveiller BS actes de la respiration en jetant de l'eau froide h la face ou sur .'antres parties du corps^ et le chatouillement de la plante des pieds ceasionne nn rire convulsif qui, parce que, dans ce cas, il succède à une timnlation extérieure, peut être regardé comme un phénomène réflexe.

m. — Un fait curieux, observé parVolkmann(i), consiste dans la grande liflSrence d'aptitude à déterminer des mouvements réflexes^ qui existe »tre les troncs nerveux et leurs extrémités périphériques.

Pour ma part, après la section de la moelle dorsale^ j'ai vu souvent ces iortes de mouvements se produire avec une grande énergie dans les deoz membres postérieurs, en stimulant une partie limitée de la peau, tandis que les contractions étaient infiniment moindres, ou parfois man^^ qniient entièrement, avec la même irritation appliquée simultanément à plusieurs racines spinales postérieures. Je n'ai jamais pu réussir à provoquer la toux, chez l'animal vivant, en agissant sur le tronc du nerf vague, liosi que Gruveilhier (2) et Romberg (3) assurent l'avoir fait, tandis que ce mouvement convulsif survenait ordinairement après une stimulation directe de la muqueuse respiratoire.

IV. — Les expériences démontrent que certaines conditions et divers agents toxiques peuvent modifier le pouvoir réflexe ou excito-moteur de la roodle épinière et de la moelle allongée, c'est-à-dire l'exalter ou raffaiblir.

On a reconnu à la strychnine et aux préparations opiacées, par exemple. Il propriété d'exagérer singulièrement le pouvoir cxcito-motcur. Les grc- Qomlles surtout sont précieuses pour ce genre de démonstration. Quand l'empoisonnement par ces substances a eu lieu chci elles, l'impressionnabililé de la surface tégumenlaire devient telle qu'il suffit du plus léger >ttoacbement, celui d'un cheveu, pour provoquer des secousses convul-

(i) loUSAll, Ueber Be/lexbewegungen (Sur les mouvemenU réflexes) (Mûller's Archiv,

(2) GiumunEi et Ronnc, Nouv. BibHoth méd., 1828, t. H, p. 172^ art. sur les Né- ^^i^m viaeérake^ par Jollt.

(3) MeLLim'B Archiv, 1S38, p. 311.

256 PROPIIIÊTÊS Kr FONCTIONS DU SYSTÈME NEBVCOI E!l GtafiftAL.

sives générales, que l'ablation de l'encéphale augmente encore^ au lieu de les diminuer, mais que la destruction de la moelle fait subitement disparaître (*).

Ayant souvent reproduit ces expériences aux diverses saisons de rannée, j'ai constaté que les phénomènes réflexes pouvaient ofl*rir quelques dîl^ renées, non-seulement dans leur intensité, mais même dans leurs conii tions de manifestation : ainsi^ pendant Thiver, le plus ordinairement je M parvenais à faire naître ces phénomènes, chez les grenouilles décapitéei et narcotisées, qu'à la condition expresse de laisser le bulbe rachidien oh tact; tandis que, durant les autres saisons (excepte dans les grandes clia* leurs de Tété), le moindre tronçon de moelle lombaire suffisait à rezcilalk» de mouvements réflexes très-vifs dans les membres postérieurs. — Si, dm ces animciux, les actions réflexes sont plus lentes, plus limitées et plusdif* ficiles à se produire pendant Thiver, elles durent certainement plus louf^ temps; Tépuisement du pouvoir excito-moteur survient moins vite que dans réti'î.

Le pouvoir excito-motcur ou réflexe est, en général, plus facile à constat* dans les vertébrés inférieurs, et il est d'autant plus prononcé, d'autant plus persistant, dans les vertébrés supérieurs que l'animal est plus jeune.

Ainsi que je l'ai établi ailleurs(l), TeMer sti/e/rtjtie inhalé agit d'une manière tout autre que la strychnine et les préparations opiacées, c'est4k-dife qu'il suspend avec une grande rapidité, sinon tous, du moins quelques efl*ets dus au pouvoir réflexe. Quand l'ivresse éthérée, compatible avecTcntretien de la vie, est aussi complète que possible, aucun mouvement réfleis ne saurait plus être provoqué dans les membres de l'homme ou des animaux, quelque vive d'ailleurs que soit la stimulation appliquée à leur tëgvment; le clignement lui-môme, qui succède à l'excitation directe de k muqueuse oculaire, et qui persiste si bien chez un animal expirant, n'a plus lieu chez celui qu'on a rendu complètement insensible par l'inhalation de réthcr; les irritants les plus énergiques, appliqués à la muqueuse pharyngienne, ne déterminent plus ni les mouvements réflectifs de déglltition, ni Tocclusion concomitante de la glotte, etc.

Mais, quoique le pouvoir réflexe soit entièrement suspendu, en ce qii concerne les précédents phénomènes, bien évidemment il continue d'exercer son influence sur l'appareil respiratoire et sur les muscles de la vie organique, puisque la respiration et les mouvements réflectifs accidentels qoi en dérivent ne sont pas supprimés, puisque les contractions du ccnor» des intestins, de l'utérus^ etc., persistent. S'il en était autrement, on n'aurait plus sous les yeux que le spectacle do la mort. — On obtient des effets analogues avec le chloroforme.

(*) A c<>t('i de In strychnine^ de la morphine et do la narcoline, poisons qui agissant SW h moelle épinière et la moelle allongée en augmentant leur excitabilité^ il faut ruger li picrotoxine (alcaloï'le de la Coque du Levant), d'après les expériences de BOKnrm (Irchttxhei eTpérim, sur r ad ion convulsivnnte dcit priunpaux ^tovtons^ Paris, 1851).

(1) LoNCET, Erp^ripticet refait ivi't nue fiffi'ls de fifi/m/ation de Véthcr .titifuriifue «r k sijsti'me ucrvruJT, février 1847.

PODVOIB BÊPtEXB ET PHÊNOMËNES QUI EN DÉPENDENT. 257

Une galvanisation géDéralisée et violente^ à l'aide d'un courant intermitent, prodait des effets analogues.

Parmi les causes qui peuvent modiûer le pouvoir excito-moteur de la Doelle épinière, il importe de signaler l'influence des troubles de la circuition dans cet organe, et notamment dans sa substance grise qui repréente le centre réflectifoii s'opère la transformation de l'impression en exciation motrice. On connaît la tendance aux convulsions chez les anémiques, ït la période convulsive qui se manifeste chez les animaux quand la perte le sang est assez abondante pour déterminer la syncope; de manière que 'abord d'une quantité insuffisante de sang à la moelle est une cause d'exalaiicm de son excitabilité au lieu d'être une cause de dépression, comme on iurait pu le supposer. Bien entendu que, si, comme dans la ligature de 'aorte abdominale^ on interrompt entièrement la circulation dans cet orlane, il perd presque aussitôt ses fonctions propres ou excito-motrices.

Plus tard, nous aurons occasion d'étudier avec détails, dans un chapitre ipécial, l'influence de la circulation sur les fonctions de l'axe cérébroipinal.

V, — L*abIation de l'encéphale doit être rangée parmi les causes qui exaltent le pouvoir excito-moteur de la moelle épinière. Tout à l'heure, en exposant la théorie des phénomènes réflexes, je dirai comment ce phé* mmène a été interprété.

VI. Quoique tous les faits cités dans les pages précédentes militent en bveur d'une indépendance réciproque entre les fonctions spinales et les hoctions encéphaliques, il importe néanmoins d'établir, à l'aide d'expériences encore plus directes, que le pouvoir réflexe de la moelle lui appartient bien réellement en propre, et que ses eff^els ne sont pas dus seulement à la survivance temporaire d'une force primitivement émanée de rencéphale.

Deux jeunes chiens ayant survécu h l'ablation d'une lame vertébrale (la dixième dorsale) et à la résection d'un centimètre et demi environ de la moelle, je pus reconnaître, il a y une vingtaine d'années, que le bout caudal de cet organe, au vingt-quatrième jour, n'avait encore rien perdu de son excitabilité; chez plusieurs grenouilles, cinq semaines après une pareille nmlilation, je constatai le même résultat : et pourtant, dans tous ces cas, b perte de substance avait été assez considérable pour qu'il ne fût pas permis de croire à la transmission de l'influx nerveux venu de l'encéphale. Plus tard, ayant réussi à reproduire ces expériences sur un jeune chien, j'ai encore retrouvé le pouvoir réflexe, dans la portion lombaire de la moelle, froû mous après avoir privé celle portion de toute communicalion avec l'encéphale. Schifl" (1) dit qu'il a vu le pouvoir réflexe persister dans les membres postérieurs, chez les batraciens et d'autres reptiles, plus d'wn an sprès une résection pratiquée dans la partie dorsale de la moelle.

Comme le faisait présumer la présence de la substance grise dans son

(i) SciirF, Lehrbuch 'i'^r P/ii/ii'thf/in, Lihr 1858, p. 202.

LoaCET. — PIYSIOL. 111. — 17

25K PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DU SYSTkMK NERVEUX EN GÉNÉRAL.

intérieur, et comiDO \c démontrent (ruilli^ms tant d'autres phénomènes sur lesquels nous avons déj:\ ini»ist(^ la moelle épîniere constitue donc bien réellement un loyer indépendant d'innervation, et ne saurait être assimilée aux cordons nerveux moteurs qui, comme je Pai démontré (voy. p. 171), perdent toute excitabilité après le quatrième jour de leur séparation de l'axe cérébro-spinal.

Si le |>ouvoir réilexe de la moelle épinière disparaît si %'ile, chez lc< mammirères adultes^ après la décapitation an-dessous du bulbe rarhidien, cela tient i\ ce qu'une pareille mutilation entraîne rasphyxief)* Quand, tu contraire, la résection de la moelle est pratiquée à un niveau qui permet d'éviter la lésion de la respiration^ on voit les mouvements réflexe? persister dans les membres postérieurs privés de contractions volontaires, et durer jusqu'à la mort, qui souvent, chez les oiseaux et les jeunes mammifères eux-mêmes, peut arriver seulement après plusieurs mois.

1, — Théorie dei phénomènes réflexes. — Il est domontré, par toUt CC qui

précède, «piune portion considérable des centres nerveux (moelle épinière et moelle allongée) (**) est capable de déterminer et de coordonner des mouvements sans Tintervenlion du centre de la volonté et de la conscience (lobes cérébraux ou cerveau ])roprement dit), et que ces mouvements dits ré/lfu'f'swo se produisent qu'à la condition qu'un nerfsensilif re<;oivc une impression et la communique à une ou plusieurs celluiff nerveuses, qui elles-mêmes, après l'avoir transformée en incitation motrice, transmettent celle-ci à un nerf moteur en rapport fonctionnel mt les muscles. En d'autres termes, nous savons que tout phénomène réflexe, pour se manifester, exige l'intervention tic trois organes : 1* un nerf incident ou sen>itif ; T un centre de réaction ou de réflexion; 3* un nerf réfléchi ou moteur. Aussi, la série de transformations qui constituent l'action réilexe n'est-elle possible qu'à la condition que toutes les parties de cette cbainc nerveuse soient en parfaite continuité les unes avec ta» autres; une rupture en un seul point, quel que soit l'endroit où elle • lieu, fait au^sitot disparaitre toute réaction.

Parce que les muscles dévolus à la vie de relation, et par ronséquefll volontaires, peuvent continuer à exécuter des mouvements d'ensemMr sous une inlluence indé[)endante de la vohmté, Marshall-Hall (1) n'hésite pas à admettre, comme physiologiquemenl distinct de lap pareil nerrenl voloid;iire, un appan*ii nerveux spécial, v.iritihmotew\ composé de nerf^ inritients ou excitalrurs, «le nerfs rf''/h}r/us ou moleurN et de la nrin'e moeik ipinièt^e par laquelle <.*es nerfs spéciaux seraient unis entre eux, comme les

(*) On sait, d'après la remarque drjà ancienne de Legiilloiit nnvr. nié, t. 1. p. iS), fwkl phénomènes rûfli^xo^. a|in'*« la «iiTapitation .'U- If^xuis iln liulhr. |>pr»isient bien pliu longiMfi fliM If s primoulllf* qiiH rh»'f Ip* mimmlfVTi'- : coUr (iifri>iPii<-e provient de et que les pi^ niirros. «ifi rp^piii'nl tn".-;irtivniiput |«;ir la peau, é|iroiiv«'iit lo» effets de l'asphyxie I plu- lanlivriiii lit qn«' U-s soroml*.

I*) pr-ul-èlli' aii*-i fiiifilt'ii- /''./ '/i On'/ M^nptif/iHfW '.* 1; M\KMIAI.I.-!IAI.I.. /H'.", "ir.

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