‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 25 sur 92 · RAPPORTS OU SYSTÈME NERVEUX AVEC LES PHÉNOMÈNES SYMPATHIQUES · texte numérisé non relu

RAPPORTS OU SYSTÈME NERVEUX AVEC LES PHÉNOMÈNES SYMPATHIQUES

Maintenant il importe, sans multiplier davautige les exemples, de revenir sur une question qui intéresse la théorie dans laquelle le système nerveux ganglionnaire était regardé comme l'appareil spécial des sympathies. J'ai dit plus haut que tout phénomène sympathique, qu'il ei\t son point de départ dans l'excitation périphérique des nerfs de la vie animale ou dans celle des nerfs de la vie organique, exigeait, pour s'accomplir^ que cette excitation se propageât à un centre nerveux irradiatcur, apte h la réfléchir sur Torgane qui est le terme de la sympatJiie. Or est-on autorisé à accorder une pareille aptitude aux ganglions nerveux? Cette question me parait multiple : en effet, les relations sympathiques établies entre organes, se traduisant tantôt par des manifestations de sensibilité ou de mouvement, tantôt par des actes nutritifs ou sécrétoires, les ganglions pourraient réagir^ comme organes centraux et sans le concours de l'axe cérébro-spinal^ dans tel ordre de manifestations et non dans tel autre.

Et d'abord, rappelons que, même pour se rendre compte de l'irradiation des impressions, quelques auteurs ont cru pouvoir invoquer l'intervention du système nerveux ganglionnaire. Dans cette doctrine, d'ailleurs dénuée de preuves^ les ganglions dû grand sympathique et ceux des nerfs sensitifs étant assimilés à des demi-conducteurs, on a supposé que les irritations bdbles ne sauraient se transmettre de la fibre impressionnée aux autres tbres qui traversent la substance ganglionnaire, tandis que cette substance^ devenue conductrice sous l'influence d'excitations vives, permettrait à ces dernières de se propager aux fibres voisines; d'où la dispersion des impresâons. Mais, comme on l'a vu déjà (p. 176), la cause d'un pareil phénomène réside exclusivement dans l'encéphale. C'est en lui seul que s'opère la dispersion de toute impression agissant sur une fibre périphérique^ et c'est par suite de cette dispersion qu'il perçoit plusieurs sensations, qui sont rapportées par nous aux divers points de la surface du corps, correspondant aux Bbres cérébrales excitées sympathiquement : car il ne faut pas perdre de vae qu'il parait être indifférent, pour une sensation, que les fibres nerveuses k soient affectées à leur extrémité périphérique, dans leur milieu ou à leur , \ extrémité centrale, puisque, dans tous ces cas, la sensation reste la môme^ et qu'elle est toujours rapportée aux parties extérieures dans lesquelles les ibres vont se distribuer.

Quant à certains mouvements associés qui s'exécutent irrésistiblement ^Tec le concours de muscles nombreux, et qu'on a appelés sympathû/ues^ <hnsla croyance que le nerf grand sympathique n'était pas étranger à leur Production, il est encore expérimentalement démontré qu'ils ne peuvent ^'expliquer que par une communication établie, dans Taxe cérébro-spinal, ^utre les nerfs des différents muscles, et que c'est bien là réellement le ^iége exclusif de leur principe incitateur et coordinateur.

Ces faits n'empêchent point de se demander si, quand une excitation est transmise aux ganglions sympathiques par leurs filets sensitifs, elle peut (ju non, en se réfléchissant sur leurs filets moteurs, donner lieu à des mouvements sans le concours de l'axe cérébro-spinal. Cette question a déjà

27m PKOPBIÉTÊS LT PO!ICTIO^S DL SYSTiME ^EBYEtl E3i GCHÈBAL-

*•{*' i\'iiiii\iir îj. J.j3; : T\nM- n ajoult^T» ii* riier: à w qur nou> en avons dit Fai^oii* "•■iilenierit remarquer que. san* le f;riiic"ur> de Taxe cérébro-spinal, les san^Iiorj* du-^ent-ii" ne ponv* ir réaLÎr romme organes centraux *lani le> sympathie»» qui -r- traduisent par de* manifestation? de sensibilHI et de rnouveniMit. il n'en rêçullerait pas nécessairement que, dans celle» qui s** manifestent par des actes nutritif* ou sécn^toires. ces ganglions nr pus«^.'nt aî.'ir rniiiiuc centres réflexes.

Mais rlût-on accepter, comme tout à fait démontrée, cette interrentiiHi propie du sy-ti-me ner\eux ganglionnaire, que le plus grand nombre des hynif^alhiès. onmme nous lavons avancé, n'en resterait pas moins endehor*i de *on domaine.

III. — I)è* qu'on eut reconnu, dans Taxe cérébro-spinal (moelle épîni^re et moelle allongée), une aptitude spéciale à produire des montements involontaires dits réflexrs. à la suite d'impressions perçues oo non perçues par la conscience; dès que son rôle, dans l'irradiation des sensations et dan< Tassociation des mouvements, fut déterminé, et que son influence sur les actes nutritifs et sécrétoires eux-mêmes fut mise hnr«» de doute, la doctrine de^ sympathies prit une autre direction. Ce que plusieurs physiologistes avaient déjà soupçonné depuis longtemps parut dès lors démontré, eVsi-à-dire que tout consensus a lieu par Ten- Iremise de l'encéph.de ou de la moelle épinière, et qu'il cesse lorsque ces organes centraux viennent h être détruits ou quand les nerfs ne onmumiqiient plus avec eux. Hâtons-nous de le reconnaître, cette miniére de voir s'accorde avec le> lois de la dynamique nerveuse telles qw nous les connaissons aujourd'hui, lois qui se fondent h la fois sur l'expériuientalion et sur une Cf»nnnissance plus exacte de la structure intime du système nerveux. — Ain^i, Torganequi est le point de départ de la sympathie éprouve une impression : celle-ci se transmet, soit h l'encéphale, soit à la moelle, qui la réfléchissent sur un autre organe r)U sur un groupe d'organes, et parfois même sur toute l'économie.

Mai"- il \u) suffit pas d'avoir tracé, pour ainsi dire, la marche générale dd phénomène, il l'aul encore rechercher la condition organique spéciale de son existence et les circonstances qui déterminent ses variations.

On "><; rappelle «pie, dans le> cordons nerveux, la stimulation d'une fibif primitive ne peut jamais se communiquer à d'autres, tandis que leconfrairea lieu pour les flbres (pii entrent dans h\ composition de l'axe cérfhro-spinal. Or, comment expliquer une pareille différence de propriéli' Est-(!e en supposant que la gaine médullaire épaisse des unes jouit d'an pouvoir isolant qui serait refusé à la gaine médullaire plus mince des autres? Mais l'observation microscopique démontre que certaines BlK«s nervcîuves élémentaires, celles des nerfs de sensations spéciales, p* exemple*, ^r innivent à cet égard dans les mômes conditions anatomiqnc^ | que les libres «le l'axe cérébro-spinal. Le comcnsus existant entre ces de^ nières, ronsensus indispensabb» à la production des phénomènes sjmpi' thiquo. Ile dépend-il pas plutôt do la substance grise qu'on s'accorde

également déterminés, avec une telle constance que, de tout Q a cru à une cause organique pour se rendre compte d'une larmonie d'action. Or, le cours particulier des fibres primitives a oîr exercer ici une grande influence, el Ton a admis que, dans lie ou la moelle, celles-là doivent ordinairement se communiquer lation et devenir solidaires les unes des autres, qui sont les plus — Mais il faut aussi tenir grand compte de la nature spéciale de m ou de la sensation, et, à ce propos, je crois devoir rappeler, j. Whytt, les exemples suivants : La titillation du conduit auditif

des barbes d'une plume suffit souvent pour provoquer la toux; « conduit devient le siège d'une vive inflammation el de douleurs i, alors la toux sympathique n'a plus lieu. — Le sperme, en excilerfs sensitifs de Turèthre, occasionne la contraction saccadée et re des muscles du périnée, tandis que ni le passage d'une sonde^ ections irritantes ne produisent le même effet. — Il arrive souvent

le corps entre en convulsion, quand on chatouille les flancs ou la » pieds, et pourtant on n'observe ordinairement rien de semblable es mêmes parties sont ou enflammées ou blessées, etc.

sans vouloir nier que le consensus entre certaines parties anle leurs fibres nerveuses sont rapprochées dans l'encéphale ou dans e^ nous ne saurions admettre que tout rapport sympathique entre ne dérive que de ce rapprochement.

■oissement de Tcxcitabililé des nerfs ou des centres nerveux, soit ains agents toxiques, soit par différents étals morbides, à égalee influence qu'il importe de signaler. On voit alors se produire des mpathiques qui n'ont jamais lieu avec le degré d'excitabilité norf est ainsi, par exemple, que le moindre attouchement de la peau,

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(iiîl contracK; île nouveaux rapports nerveux avee les organes cenlraux, semble dépendre de la plus grande exiritabilité de ceâ derniers; car, $*il en étail autrement, les mômeN cHels devraient s'observer à Têlat normal, et l'on ne saurait comprendre ces sensations inorbide> succédant à un acte physiologique» comme l'exercice du toucher. — C'est par rexagéralion de rexciUbilité des nerf> que s'expliquent encore \c> eifets sympathiques anormaux dont le point de dépari se trouve dan*-: certaines membranes enflammées, pourtant soumises à leurs excitants habituels : dans rophthalmie iuteiuc, h\ pupille se resserre; dans la bronchite, rimpres>ion dun air froid provoque la toux; dans la gastrite, les aliments ne sont plus supportés, il) a vomissement, etc.

Après avoir reconnu que le système nerveux est l'agent unique des sympathies, que celles-ci s'établissent surtout par Tintermédiairc de roncéphale ou de la moelle, à certaines conditions dont déjh nous avons déterminé les plus importantes, il reste à mentionner un certain nombre des rapports sympathiques de l'économie.

L'énumération suivante, dans laquelle nous nous abstiendrons, à dessein, d'accorder à la distinction de la sympathie et de la synergie rimportance qu'on a voulu lui donner, suflira pour démontrer que, si l'idée de sympathie est loin d'exclure celle d'un enchaini^ment naturel de fonctioiis« il Tant pourtant reconnaître que le nombre des sympat/ties phyikÀoyitpies ou normales est bien restreint par rapport à celui des sympalkin morbides. Du reste, nous sommes prùl à reconnaître que les unes et les autres reposent sur les mêmes lois, que leur mécanisme est au fond le mftme, et que leurs causes de production seules sont différentes. Ajoutons surtout qu'elles ont pour caractère commun de se produire irrésistiblement, fatalement, c'est-à-dire de ne pouvoir être dominées par la vohmté, ce qui explique pourquoi tant d'auteurs ont voulu les placer sons la dépendance exclusive du système nerveux {j;angIionnaire.

A. — On sait que certaines sensations, ayant leur point <le départ danJ une région très-limitée du rv)rp»î, peuvent provoquer une irradiation sensithf fort étendue, telle que celle qu'on observe, par exemple, à la suite du chatouillement de la plante des pieds ou de la stimulation des parties g^ nitales externes. L'extension, à la face entière, de la douleur due à une dent cariée; l'irradiation douloureuse dans certains névromes; la propagation de la douleur d'un doigt affecté de panaris aux autres doigts, à U main, au membre thoracique tout entier, quoique ces dernières partie ne soient elles-mêmes le sié^ic d'aucun syniplOnne inflanimatrûre appréci»- \ ble; la pression pénible <iue certaines p(»rsonnes rpr.)uvent aux tempes eu mangeant de la glace; l'agacement dentaire que «l'autres ressentent en entendant le «-ri de la sci(^ ou le grin<*enienl du verre qu'on divise avec If diamant; le prurit t\o^ fosses nasales par suite de l'impression d'une tamièn^ trop vive sur l'oeil; les sen»*alions acces*ioires qui succèdent àla brûlure et s'étendent bien Ifiin au delà du point h'îsé; la démangeaison du

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