‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 26 sur 92 · BAPKITS DU SYSTÈME NEBVEUX AVEC LES PHÉNOMÈNES SYMPATHIQUES. 2Î · texte numérisé non relu

BAPKITS DU SYSTÈME NEBVEUX AVEC LES PHÉNOMÈNES SYMPATHIQUES. 2Î

nez^ coïncidant avec rimpression déterminée par les vers à la surface interne da tube digestif; le prurit du gland qui coexiste avec rirritation de la muqueuse delà vessie par un calcul; les douleurs concomitantes du foie et de l'épaule droite; la douleur sympathique du genou dans la coxalgie; les douleurs testiculaires ou utérines qui se font également sentir aux lombes; la sensation voluptueuse qui retentit à la fois au mamelon et au clitoris, après le chatouillement du premier, etc., sont autant d'effets sympathiques normaux ou anormaux qui se rattachent à la loi d'association des sensations, et dont la cause, comme on Ta vu plus haut, réside exclusivement dans Taxe cérébro-spinal.

B. — n est d'autres relations sympathiques qui, se traduisant à la fois pBT des monifesiQiions de sensibilité et de mouvement^ rentrent dans le domaine dn pouvoir réflexe de Taxe cérébro-spinal : comme les précédentes, ces relations s'établissent fatalement et sans que la volonté puisse les rompre. Nous rappellerons, comme phénomènes sympathiques appartenant à cette catégorie :1a toux, quand la muqueuse respiratoire est vivement stimulée par une cause quelconque; Téternumcnt, après une forte excitation de la membrane pituitaire; le vomissement provoqué par l'attouchement de la luette^ ou par tant d'autres causes; les spasmes et le tremblement qui s'emparent d'un membre après une brûlure, après l'application d'un moxa; la contraction convulsive des muscles du périnée^ lorsque, dans le coit, l'excitation des nerfs du pénis a atteint un certain degré; le tétanos qui succède à la lésion d'un nerf cérébro-rachidien; les convulsions dues à l'odontalgie, à révulsion d'une dent, à la présence d'un névrome; celles qu'on observe si souvent, chez les enfants, dans les irritations du canal intestinal dues à une affection vermineuse; l'éclampsie qui peut se montrer dès les premières douleurs de l'accouchement; la contraction des deux pupilles qui a lieu quand bien même la lumière impressionne un seul nerf optique; la contraction des vésicules séminales qui succède k l'excitation de la verge; les convulsions de la face dans certaines névralgies du nerf trijumeau; les grimaces pendant le sommeil des enfants qui souffrent de la dentition ou des vers; l'occlusion des paupières, quand un bruit inattendu frappe nos oreilles, etc., etc.

G. — Quant à certains mouvements associés qui s'exécutent irrésistiblement |ttr le concours de muscles plus ou moins nombreux, on connaît déjà les ^ments qui ont fait placer dans l'axe cérébro-spinal le siège de leur principe incitateur et coordinateur. Comme la plupart sont d'ailleurs indispensables au libre exercice de certaines fonctions, les partisans de la distinction de la sympathie et de la synergie ont coutume de les rapporter i cette dernière. — Quoi qu'il en soit, nous en rappellerons ici quelquestios, comme exemples A'irradiation motrice à opposer à ceux d'irradiation seasitive et sensitivo-molrice qui viennent d'être mentionnés.

On exemple remarquable de sympathie synergique existe entre l'iris et certains muscles du globe oculaire : nous ne saurions tourner l'œil en

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'J'ÎU PROPBIÉTÉS ET roaiCTIO>S DL SYSTLME !«£RT£i:i £K GÈ3lfil4L

dedans., au mov'rn du droil interne, ou en dedans et en haut, par laclion de 1 ohîique inférieur. >an< que lùuverture pupillaire se rétrécisse; ce qui dénioiitre que, la ^uiontê >e diri^'OJîit ^ur le nerf moteur oculaire comrnuri et notaninient -m ceiies de >e2 libre:? primitives destinées au\ muscles dioit inl<:rnc et «ibîiq'iê inférieur, une partie du principe ncneuz inlliienL-i' iK-ce^saireiiiciit au^>i k-^ t]bre^ du niùme nerf qui coustitueot la naine courte ou motrice du ^'aiiu'lion ophlhalmique. On ne peut empêcher voionUiiremenl l'actif m simultanée des rau^cle: droil> supérieurs ou des niu>cles d^oit^ inrérieurs des yeux, non plus t[uc celle des muscles droit externe d un œil et droil intern».- «le lautre œil. — Nous ne pouvons pas da\ant;i^'e l'aire ai'ir i'^olémenl, d'un «^oul côté, les muscles intercostaux internes et exteme>^ Ie< n]uscle> qui abaissent ou élèvent l'os hj oidc. ceux du larynx, du bas-ventre, du périnée. et>'. — Les nerfs et les muscles des membres droil et ^'aucbe, rpioique n'étant pas aussi invinciblement associés dan> leur action, ne S4jnt pourtant pa> tout à fait indépendants; car on !:ait quelle fçrandc ditlirulté on éprouve à exécuter, soit avec les bras, soit avec les jambes, de^ mouvements rotatoires opposés autour d'uo axe lrani^versal commim, tandis que les mouvements similaires s'exccuicnl tré»-facilement avec deux menibro à la fois. Mais, par exemple, nous sonmies tout à fait inhabiles, par notre volonté, à déranger l'association et la coordination des muscles si nombreux qui, sans relation directe apparcnte^ concourent à la production de certains mouvements dérivés de ceux de la respiration, comme le vomissement, rélernumeui, la toux et les efforts qui accompagnent la parturition ou l'expulsion des urines et des i'èces : c'est là, en eil'et, un groupe de mouvements qifi s'accqmpiissent nécessairement et toujours de la même manière^ qui ne dépendent ni de Texercice ni de Thabitude, et qui, par conséquent, résultent d'une cause organique dominatrice ayant son siège exclusif dans les centres nerveux.

1). — Le cftnsensusj qui existe entni les libres nerveuses sensilives de U vie animale et les fibres nerveuses organiques spécialement destinées sa système vasculaire, ne saurait être révoqué en doute. La peau de la bce rougit, et ses artères plus rénitenles semblent battre plus fortement daps les névralgies de la cinquième paire^ conmie cela s'observe d'ailleurs dam d'antres parties euilanmiées» et douloureuses, etc. Mais la congestion sanguine ou l'augmentation de la sécrétion peut aussi ne pas avoir lieu dans le point direetenienl excité, et se manifester as^ez loin de celui-ci : ptf exemple, dans la glande lacrymale après l'irriliition de la pituitaire; dans les glandes salivaires, après celle de la membrane muqueuse de Testomic; dans la prost<ite, après les attouchements du pénis^ etc. Faisons remarquer ici, en passant, que la condition organique de pareilles sympathies ne saurait plu.^ être rapportée, comme autrefois, à la continuité des naa* hrnnes, mais bien au système Jiervcux lui-mênuî, intermédiaire essentiel di^ ii'lali()n> des dillérentcs parties de l'économie entre elles : .combien (je r(ii>, par exemple, malgré la complète interruption du conduit parotidien. n'a-l-on pas \u la sécrétion de la parotide continuer mu^

ftAPtoRtS OU STSTÈIIK NEHVëUX AV£C LLS PilÈNOIlÈNES SYMPATHIQUES. 275

l'influence d'aliments mis dans la bouche? — La difficulté consistait à déterminer la portion du système nerveux au moyen de laquelle s'opère la relation sympathique entre les fibres nen^euses sensitives et les fibres vasomotrices : nous avons 4éjà exposé les arguments qui doivent faire admettre le concours certain de Taxe cérébro-spinal comme centre réflexe, et faire supposer celui des ganglions sympathiques au même litre.

Quant aux faits suivants, ils semblent devoir porter à admettre, d'une part, une influence plus immédiate de Taxe cérébro-spinal.sur les sécrétions, et d'autre part, l'existence de nerfs dits sécréteurs sous sa domination directe : certaines émotions de l'âme arrêtent momentanément la transpiration cutanée ou provoquent une sueur abondante; la sécrétion de la salive augmente dans la colère, diminue dans la frayeur; la peur occa- ^onne la diarrhée; le chagrin et la joie font couler les larmes; le seul souvenir 4'an aliment agréable peut faire affluer la salive dans la bouche ; les idées qui ont trait s^u rapprochement dos sexes éveillent des sensations particulière^ au périnée, produisent l'érection et une congestion dans les glandes des organes génitaux; les pensées qui surgissent, chez la nourrice^ à la vue de son nourrisson, excitent les conduits excréteurs des glandes mammaires à expulser leur contenu; par suite d'affections morales vives, le lait acquiert parfois des qualités nuisibles^ etc.

En terminant l'étude des rapports du système nerveux avec les phéno^ mènes sympathiques, je ^e dirai que quelques mots sur Vanlagonisme considéré dans les fonctions de ce système; car, jusqu'à présent, il est impossible d'en préciser la théorie.

Une excitation portant sur une portion du système nerveux, loin de déterminer dans une autre une excitation correspondante, peut, dans certains cas, en diminuer ou même en suspendre l'activité : par suite de cet antagonisme dans l'action nerveuse, le resserrement du sphincter de l'anus coïncide avec le relâchement du sphincter de la vessie; durant le travail de la digestion^ le cerveau est dans une inertie relative; pendant une nolente contention d*esprit, les sens externes sont, pour ainsi dire, fermés l la monde extérieur; une abondante transpiration cutanée diminue ou \ même suspend la sécrétion urinaire, etc. — Assurément on conrjoit bien .; de pareils phénomènes en n'envisageant^ dans ces exemples, que le bnl i hfiCtionnel; mais ce qui échappe, c'est, d'une part, la condition organique i, 4u système nerveux de laquelle dépendent les relations antagonistes, et ce ^ ^ aussi, d'autre part, les conditions qui font que, dans certains cas, les À Qtees nerfs se trouvent tantôt dans un rapport de sympathie et tantôl ^À diQs un rapport d'antagonisme.

276 PaOPâIÊr£S ET FOKGTIONS DU SYbTÉMb NERVEUX EN GËMÊKAL. VIII. —De L AGENT NERVEUX.

Pour expliquer les phénomènes de la vie, chez l'homme et les animaux, .)n admet, dans leur système nerveux, la présence d'un agent spécial qui a été désigné sous les noms divers de pnncijfe^ agent ou fluide nerveux^ font nerveuse^ princiite actif des nerfs^ etc. — On ne sait rien sur la nature ou l'essence de cet agent; mais on est parvenu à découvrir certaines lois suivant lesquelles il se manifeste. Ces lois ont été exposées avec détaîb (p. 162-185) quand nous avons étudié le mode d'action de l'appareil nerveux moteur et de l'appareil nerveux sensilif.

Il nous reste : 1* à examiner, autant que le permet l'état présent de U science, la valeur de Topinion qui tend à identifier les actions nerveuses et les actions électriques, opinion qui a compté tant de partisans depub Galvani et qui en voit diminuer le nombre de jour en jour; — 2* à étudier 1rs phénomènes électriques qui se passent dans les nerfs; — 3* à indiquer la vitesse de transport de l'agent ner>eux.

I. — Durant la vie, les appareils nerveux centraux sont-ils réellement le sic^ge d'un développement d'électricité libre, et les fluides séparés circulentii> clans les cordons nerveux?

Dans des expériences antérieures, n'ayant jamais pu constater, à l'aide (lu galvanomètre, l'existence de courants électriques dans l'encéphale, h moelle épinière, ou dans les nerfs du chien et du lapin, nous avons voulu, Matteucci et moi (1), tenter un nouvel essai sur un animal d'une grande stature {cheval)^ espérant ainsi nous placer dans les conditions les plus favorables à ce genre de recherches.

Le galvanomètre duquel nous avons fait usage dans ces nouvelles expériences, construit par Ruhmkorff, était d*une très-grande sensibilité : le fil <:onducteur était muni à chacune de ses extrémités d'une lame de platine lixce sur un manche d'ivoire, et vernie de manière à ne laisser découvert qu'un centimètre carré de s<i surf;ice. L'aiguille faisait une oscillation en soixante-dix secondes.

Avant leur application aux parties neneuses, les deux lames de platiie furent inmiergùes dans Teau de fontaine, pendant fort longtemps, et jtfqu'à ce que les signes de courant, qui s'obsor\'ent ordinairement lorsdei premières immersions, eussent complètement disparu.

Alors, le cheval ayant été renversé vivant sur une table, son nerf scia* tique fut isolé des muscles voisins (à Taide de talfetas verni ou de lames de verre), dans une longueur de 20 à 30 centimèlres, essuyé avec soin et laitft en communication avec l'axe cérébro-spinal; puiî^, après s'être encoie assuré que l'aiguille restait constamment à zéro, quoiqu'on retirât de l'eM et replongeât alternativement dans ce liquide l'une ou l'autre lame de

(I MATTErcci el Lo.^GET, Mf^Ntoim sur in re/fitt'*» qui *'xi*tv eatt'e /e *e*i* dm c<mrM»t ^trique ft /*'* rnnh'iv titan ntuM tt/fiir*'v t/uty 'i '.'- '.outunt (Ann, wyi.'p^yck'ji.y nov. iMi. ■ 4 M», fit '.himif: et de phi/nque, même aouée).

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