MOUVEMENTS DE L'AXE GÉHÊBRO-SPINAL
droite : c'est un fait qui a été mis hors de doute par les expériences de Lorry, Haller, Lamure, Isid. Bourdon, etc. En second lieu, la circulation artérielle est moins active au moment de Tinspiralion. Enfin, comme nous l'avons déjà dit, le liquide céphalo-rachidien qui baigne les masses encéplialiqnes reflue alors dans le grand réservoir sous-arachnoïdien du rachis.
Il semblerait donc que, par le fait seul de ces causes réunies, un vide devrait se faire entre la dure-mère et la surface du cerveau puisque les sinas et les artères contiennent moins de sang et que l'espace sous* arachnoïdien contient moins de liquide. Il faut encore noter qu'au moment de l'inspiration, par suite du même mécanisme, les veines du cerveau se vident en partie du sang dont elles étaient pleines, que les artères de cet organe lui apportent, dans un temps donné, une quantité de sang moins considérable qu'au moment de l'expiration, et que, par conséquent, la proportion des liquides qui entrent dans la composition du cerveau luimême diminue. Examinons si les choses se passent réellement ainsi.
Faisons d'abord la part aussi large que possible à l'influence de l'inspiralioa sur le sang veineux des sinus. On sait que le volume de ces canaux ne varie pas sensiblement dans leur état de plénitude et dans leur état de vacuité, que leurs parois restent toujours écartées l'une de l'autre : c'est sur ce fait d'observation que repose toute la théorie des mouvements du liquide céphalo-rachidien. Ainsi le volume des sinus ne diminue pas d'une manière appréciable.
Le volume des artères diminue-t-il, par le fait de l'amoindrissement de la circulation artérielle au moment de l'inspiration? Les expériences de Parry (1) prouvent qu'il n'en est pas ainsi : jamais cet observateur n'a pu constater de changements sensibles dans le volume des artères et dans la quantité de sang que ces vaisseaux contiennent; d'autres physiologistes, Weitbrectht, Lamure, Bichat, étaient déjà arrivés à la môme conclusion. Au moment de la diastole ventriculaire ou lors de l'inspiration, la vitesse dont le sang artériel est animé diminue; voilà toute la différence.
A la vérité, quelques autres observateurs, et parmi eux Gerdy (2) et Flourens (3), etc., ont admis une dilatation des artères isochrone à la systole du cœur, une contraction de ces mêmes vaisseaux isochrone à la diastole; mais ces changements sont si peu marqués, qu'il est impossible de leur accorder une importance réelle dans la question qui nous occupe.
Reste donc à apprécier quelle influence peut avoir le reflux du liquide céphalo-rachidien. Nous avons déjà noté que les expériences sur les animaux et les observations faites sur des malades affectés de spina-biûda donnent une idée exagérée des mouvements de ce liquide. D'ailleurs, ce n'est pas le liquide extra-cérébral qui reflue surtout dans le canal rachidien, c'est le liquide ventriculaire : en eflet, nous avons fait remarquer, plus haut, que les divers replis de la dure-mère limitent singulièrement les mou-
(i) PâRAT, An Experim, Inquiry into the Nature of the Arter. Puise. London, 1816.
(2) GCBDT, article Cibculation, Dictionn. de m<f^.,ann. 183ik, t. VHI, p. 46.
(3) FloOBEHS, BerhorrhfA' exjién'mefitfiies çwr ie syHèmfi uervruT» Paris, 18Ù2, p. .168-
310 PBOPniÉlÉS ET rO!fmO?ES DES DITERSES P%BTTES DT STSTËVE TCrRTETX.
vcruents du li^iuide sr'US-ara'-hD'ifiitTj du crâne. Ainsi ia quantité do liquide qui baigne la surface externe du oeneau ne diminue pas sensiblement.
Si donc il n'y a pa>de diminution réritahlement appréciable, au momenl de l'inspiration. dan« le volunje de> sinu*^ et dos artere>. ni même dans h quantité du liriniiJe iou^-ararhnoîdien. il est rationnel d'en concluer que h capacité relative du contenant ne varie pi^. Voyons maintenant si le volume du cerveau, cV>i-à-dire du contenu, diminue réellement.
L/>rsde rinspiratir>n. ia rirculation veini^use e*t accélérée. lacircuIatiOQ artérielle e.st rnoin^ active : il >'en>uit. comme ii>>us Tarons déjà dit, que le cerveau contient en ce moment une moins urande quantité de sang, puisque, dari?) un tenip^ donné, il reçoit moins de sane artériel et qu'il perd plus de iïant? veineux, br ce double phénomi-ne on peut tirer deux conséquences fort di>tincle«*: le cerveau diminu»- de masse nu de volume. Si c'eht le volume qui dinjinue, il <e UM nécessairement un vide dans la boite crânienne; si c'e>t la masse, il ne s'en fait pas. Ur, on a voulu prouver que le cerveau doccnd. lors de l'inspiration, au-de$<ous de la limite que lui a»!gnent les os du crâne : c'est dans ce but qu'ont eu» entreprises les expérience^ de fiivina. et que ditrérents Tait s pathologiques ont été invoqués.
i{a\ina (\) commence par perforer le crâne d'un chii-n. puis il provoque une forte in^^pinition, et peut alor> introduire un tuyau de plume entre la d un-mère et h* c«T\fau. Diins une autre evpénence. il place sur le cerveu mi> h nu un cylindre de lié^e, et ob>erve que ce cylindre s'abaisse d'une Wiino. dans une in^piration r^rdinaire: <:e trf)is. dans une inspiration plus énergique. Knfm, sur un autre chien. Uavina perfore le crâne et fait entrer à Iroliemi-nl, dan^ la perforation, un tube île verre gradué et rempli d*eau: le liquide disparait pendant l'inspiration, revient sanguinolent pendant l'expiration, puis finit par disparaître totalement. — De tous ces faitsTaoteur crHielut qup. pendant l'inspiration, un vide se produit entre le cerceau et le rrâne, que ce vide est comblé par le cerveau lui-même lors de !'«• piratirin.
Cette conclusion, légitime au premier coup dœil, est néanmoins tout à fait erronée. Havinan'a tenu compte, dans aucune de ses expériences, de la pression atmosphérique, et tons les résultats obtenus par lui peuvent ricilemeiit s'expliquer par rinterveiiti(»n de cette pression.
Il est juste poui tant de dire qu'il a senti ia portée de cette objection^ puisqii'il a voulu la détruire par 1 expérience **uivante. Une couronne de trépan ayant été ajipliquée sur le crâne d'un chien, Ravina introduit dans Touverture un cylindre de bois qui la feime exactement. Ce cylindre est creux et renferme un petit morceau de liège qui joue facilement dans son intérieur. Le cylindre creux est ouvert inférieurement ; supérieurement, il est fermé par un tafleta^' imperméable. Cet appareil étant placé, on ut le petit morceau de lié;j:e venir frapper roperculc toutes les fois que l'animal
(\) Ramna, Sftfnm*»» i/e mofu trt^hri (M'Oi, ffn rArtnl. de Tun'n pour 1811 H 1812» Turin, 1St3, p. 61 ; à la fin du volume).
MOUfElIBNTS DE L*A1E GfiitnUMPHIAL. 311
faisait nne expiration, descendre lorsqu'il faisait une inspiration (1).
Celte expérience est encore défectueuse. Ravina supprime la résistance des parois du crftne, et ne la remplace par rien : l'animal est donc placé dans les mêmes circonstances que l'enfant dont les sutures ne sont pas soudées. Si les mouvements du cerveau se manifestent au niveau de l'ouverture, c'est par la même raison qu'un liquide s'écoule lorsqu'on perce le yase qui le contient; c'est une des conséquences du principe d* égalité de pression. Et d'ailleurs, cette expérience ne met pas h l'abri de la pression atmosphérique ; l'appareil contient de l'air en équilibre avec l'air extérieur. S'il n'en était pas ainsi, lors de l'inspiration^ au moment où, suivant Ravina, le cerveau s'abaisse, au moment oh il se fait un vide entre cet organe et le crftne, l'opercule de taffetas serait crevé par la pression atmosphérique ; c'est une expérience que connaissent tous les physiciens. S'il n'est pas crewé, c'est que l'appareil contient de l'air; si l'appareil contient de l'air, l'expérience est défectueuse, car cet air presse sur le cerveau, et cette pression explique l 'affaissement de l'organe lors de l'inspiration.
Pour que des expériences de ce genre soient concluantes, il faut : 1° suppléer à la résistance de la boite osseuse ; 2"" mettre le cerveau à l'abri de la pression atmosphérique : c'est ce qu*a fait Bourgougnon (2).
Voici de quelle manière a procédé cet expérimentateur, qui m'a rendu témoin des résultats qu'il a obtenus. L'appareil dont il s'est servi se compose d'un tube de verre termine à sa partie inférieure par un ajutage d'acier^ de forme conique, et dont le tour extérieur est creusé en pas de vis : à la partie moyenne du tube est placé un robinet; à la partie inférieure se trouve un levier coudé à angle droit, mobile autour d'un axe transversal, et qui peut exécuter facilement des mouvements latéraux de va-ot-vient. La branche horizontale de ce levier, qui est très-courte, porte une petite plaque qui déborde inférieuremcnt le niveau de l'ajutage ; la branche verticale ne remonte pas jusqu'à la hauteur du robinet.
Muni de ce petit appareil, Bourgougnon applique une couronne de trépan sur le crAne d'un chien; puis il visse son instrument dans Touverture qu'il a faite, et remplit d'eau le tube jusqu'aux deux tiers. Les résultats sont, du reste^ les mémes^ que la petite plaque soit en contact avec les circonvolutions recouvertes par la dure-mère, par l'arachnoïde viscérale seule, ou que les circonvolutions aient été dépouillées de ces deux membranes. Or voici ce» résultats. Tant que le robinet est ouvert, on peut observer des mouvements du liquide et des battements du levier en rapport avec les contractions du cœur; on peut également constater que la colonne de liquide s'abaisse pendant l'inspiration, et qu'elle s'élève pendant l'expira- Uon. Vient-on à fermer le robinet, à supprimer, par conséquent, la pression atmosphérique, et partant à substituer une colonne de liquide incompressible ft une pièce d'os inextensible, ce qui revient absolument au même, on voit, lorsque toutes les précautions ont été bien prises, cette colonne
(i) Ravina^ mém, cit., p. 68.
(2) BOD1GOU61I0R, Dis9ert. maugur. Pirif, 1839.
'Sm PROPRiÉitS KT POHnTIONS DBS DlfERSES PARTIES OU SYSTÈME NERVEUl,
liquide rester iKirfaitemeiil iniiuobile (I). Cv.ci [imiive niariifosteiiietil qii le cerveau ne descend pas, dans rinspiration, au-dessous du niveau des as du erAne, lorsqu'on s'est mis à l'abri de la pression atmosphérique, pres&ion qui n'agît pas, en eilet, sur les cerveaux d'adultes.
Les expériences de Kavina sont donc défectueuses; elles ne démOEilfeiii pas ce que cet aulenr voulait leur faire prouver. Le même reproche p«il être adressé à toutes celles dans lesquelles on n'a pas cherché à neutralise^ rinflnence de la pression atmosphérique, — Donders a su se nnetlro à ^*ftM| des causes d'erreur qui ôlent toute valeur aux expériences de Ravina, eliî est arrivé à la taènie conclusion que Bourgougnon* Après avoir fait uwc ouverture au crâne d'un animal , il la ferma hermétiquenaent à Tâîdc d'une rondelle de verre, de façon à empêcher la luïnélration de Tair : daiif ces conditions, le cerveau n'exécuta aucun mouvement.
Si, comme on vient de le voir, le cerveau ne descend pas* au m<S de l'inspiration, au-dessous du niveau des os du crâne^ le volume d#" organe ne varie donc pas à ce moment; et cependant il reçoit moins i sang artériel, il perd plus de sang veineux. Que se passe-t-il alors! masse seule du cerveau varie; la proportion des parties liquides qu'il contient diminue.
Qu*il nous soit permis de résumer cette première partie de la discussion Nous avons déjà vu que le volume du contmmt{'^) ne varie pas, et venons de voir que le volume de Torgane contenu ne varie pas davnnt il est donc impossible qu'au moment de Unspiralion il se fasse un vidd dans la cavité crâoienne.SII ne se fait pas de vide, il est impossible que l^ cerveau se meuve d'une manière quelconque; car, si Ton excepte les mo vements de rotation autour d'un axe fixe, pour qu^un corps se meuve, 9^ est indispensable, et ceci tombe sous te sens^ qu'il existe d*abord ita espace dans lequel il puisse se mouvoir.
Mais voici un autre résultat tout à fait inattendu auquel conduit Texanieft de la question. Admettons pour un moment que, lors de rinspiratioo, se fasse un vide dans la boite du crâne; il est évident qu*i! cessera d*< ter au moment de l'expiration, puisque les causes qui le produisent aur^ cessé d'agir. Il faut donc que la force en vertu de laquelle le cerveau sej mis en mouvement agisse au moment de l'inspiration^ c'est-ii-dire tant qi le vide existe. Eh bien! tous les observateurs, de quelque manière qu'ils aient compris les mouvements du cerveau, qu'ils aient admis des moitié* ments de soulèvement en masse, de locomotion, ou bien des alternatifs^ d'expansion et de retrait de l'organe, ont vu que le maximum d'élévilino du cerveau correspondait à l'expiration. 11 s'ensuivrait que la force moinct agirait sur cet organe à un moment où il n'existe point d'espace daa* lequel il puisse se mouvoir. 11 y a donc contradiction apparente enti
(i) nè$ê citée, p. 13 et mâf*
(*) Wcu» «nleniloixi iJéajfiMr inrcemol, non-feuleitient là lidte o«feuse, nuis ]6% rârtîe» solides «t 1i4|uldei qui se trouvent entre le oenreau et ket os du erine.
BtMiii^
MOUVEMENTS DE L'AXB CÊRÊBBO-SPINAL. 313
faits et les données du raisonnement : mais celle conlradiction s'explique bcilement.
Bn effets admettons^ pour un instant, que les parois du crâne soient molles et élastiques. Au moment de respiration, le cerveau, devenant le siège d'un plus grand afflux de liquides, tendrait nécessairement à augmen- Urde volume ; si les parois crâniennes étaient molles, comme les parois abdominales, par exemple, elles se dilateraient, et la capacité du crâne augmenterait dans la proportion de l'augmentation de volume du cerveau; pois, lorsque le cerveau diminuerait de volume au moment de l'inspiratkm, elles suivraient son mouvement de retrait, et la capacité du crâne diminuerait de toute la quantité dont elle s'était accrue au moment de l'expiration. Mais, tout au contraire, ces parois sont résistantes et inextensibles. Qu'en résulte-t-il ? Lorsque le cerveau tend à augmenter de volume, elles s'opposent à son expansion et supportent une pression excentrique de la pari de cet organe. Si l'expansion du cerveau est bornée, c'est uniquement parce' que cette pression excentrique est moins énergique que la résistance des parois. Que Ton vienne à supprimer ou à diminuer suffisamment celte résistance, comme chez les animaux dont la paroi crânienne a été ouverte plus ou moins, que l'on se place dans le cas où elle manque partiellement, comme chez les enfants, l'expansion du cerveau n'est plus limitée, elle se fait librement; puis, à l'inspiration correspond une sorte de retrait de l'organe, et Ton observe alors un double mouvement alternatif du cerveau : bien plus, lorsque le crâne est en partie détruit, le cervefm tend à s'échapper au dehors, à déborder la solution de continuité ; de là les encépbalocéles.
Ce n'est pas ici le lieu de discuter si ce double mouvement est isochrone aux mouvements respiratoires, à la diastole et à la systole ventriculaire, ou aux mouvements du thorax et aux contractions du cœur à la fois; nous examinerons cette question plus loin. Ce que nous avons voulu établir, c'est que, tant que la paroi du crâne est intacte^ il est impossible que le eerveau se meuve d'une manière quelconque dans la cavité crânienne, et nous croyons avoir suffisamment démontré cette proposition.
II se passe néanmoins dans le cerveau des modifications en rapport avec les deux temps de la respiration; mais ces modifications n'ont nullement trait au volume de l'organe. Au moment de l'inspiration, il y a raréfaction de la substance cérébrale, puisque celle-ci contient alors moins de liquides; an moment de l'expiration, il y a condensation de la même substance, et cela explique pourquoi, malgré la quantité variable de liquide qu'il renferme, le cerveau remplit toujours exactement la cavité du crâne.
De tout ce qui précède, il résulte que, chez V adulte, il n'existe pas de mouvewêenis réels du cerveau, et les arguments que nous avons fait valoir, appuyés sur les expériences de Bourgougnon, suffisent pour justifier cette conclusion (*).
n D««» ion Traité pratique (tanatomie méilico-chirurgicale , 2* édit. (Paris, 1860 , p. 286 et funr*), Richr croit devoir rejeter la précédente conclusion. -— « 1^ Les centres
31^ PROPRIÉTÉS ET FOKCTIORS DES DIVERSES PARTIES DU STSTÉMI NEKVEOL
La doctrine qui vient d'être établie n'est pas nouvelle dans la science : fl est vrai que les physiologistes qui Ton! adoptée n*ont peut-être pas exposé, avec toute la rigueur désirable, les arguments sur lesquels ils étayaient leur opinion. Toujours cst-il qu'après avoir traversé avec des fortunes diverses les temps qui nous ont précédés, elle a trouvé de nos jours d'ingénieux défenseurs. 11 n'est donc pas sans intérêt de la suivre dans sesdéfC* loppements successif>, et d'examiner en même temps la marche des théo* ries rontraires.
Historique fff'S îfiouvtntffnts du cerveau. — L'observation la moins altenthre devait l'aire constater Toxistence des fontanelles chez les enfants, et il est singulier de voir qu'Aristoto, qui résume assez complètement les connaissances de son époque, ne fasse pas mention des battements dont la tête est le siège clans les premiers temps de la vie. 11 est pourtant difficile de croire qu'ils aient échappé à l'atlenlion de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Arislote se contente de faire obserAcr que, chez les enduits, les satures sont écartées et qu'elles se soudent tardivement (1).
Pline l'Ancien, dans son Proipmium ad hintor, nahir, (2), s'é tendant en style pa>sablenicnt déchiniatoire sur la débilité de l'homme à sa naissaDce* note, parmi les rnndition^ défavorables au milieu desquelles il se trouve alors placé, les battements des fontanelles :« (jtisindo homini incessns? )> quando vox?... quanidiu palpitans vertex summae inter cuncta animilia » inibrcillitatis indicium?» Dans un autre p<issage, il attribue ce phénomène aux mouvements du cerveau: «Uni homini cerebrum in infantis » palpitai nor corn^bfaalur anle primum sermonis exordium (3). » —Voilà qui fsl parfaitement exact et conforme à la réalité; le cerveau se meut chcx l'enfant; rob»ier\alion directe n'en apprend pas davantage.
Oalien, poussé peut-être par quelque besoin de théorie, est le premier
qui nou> parle des mouvements du cerveau chez l'adulte; puis, sur cette
hypothèse, il bfttil toute une doctrine physiologique. Kntre la dure-mère
et la surface du cerveau, il existe un espace vide que Ton démontre par
rinsutllation à l'aide du chalumeau. C'est dans cet espace qu'ont lieu le»
mouvementN du rerveau (Jx), (Juanl à cet organe lui-même, il est le siép
nerveux onri'pliuliqiics, dit-il, t-i plus p:trticulièrrment li'S lubps cérébraux, quoique renfenwi dans une iHiUe os«'eii>e iiirniriprei^fiible, «oui crperidant soumis, rht'z /*"* tutuHt'^t rotnm^rkn icM uunvt'nu tn'\, à des altcriKitivps d'txpansion et de reliait iiui corresr*on<1eiit aux ooatnction^ du cfiMir et aux niouv(Mii«*iitï respiratoires. — 2'' l.c liquide céphalo-ractiidiirD. ^<ir «a o.vy//«/iii/is. reuiflit roffire d'un ré^ul.'it(?ui des courants uriéfiels «-l veineux intrariîniti», dont l'irri'pilarilé aurait compromis les fonctions des ort;anes CfTébraux. — 3" Enfin le caail racliidien doit être reitanié conimc le tuyau d'échapfKîment ou de dégagement au mayca duquel ^'efTectuenl cc« oM-illarirmi^ antagonistes du sang et du liquide céplialo-racliidien, MM lequel ellrs eussent été impossibles, n
Les considérations sur lesquelles lUCHF.T a appuyé ces conclusions ne nous ont pas parade nature à niodifinr nos anciennes convictions.
M. Aristote, ///^^ niiiinil,^ t. I, VU. c. X, in ARIST0TCU8 iibri omnes ad c^gnitùmem anima/, attint-ni.^ aitn Avekhhoks >ommtf»t. Veneliis, 4572.
"1) Pline, Htst, nntnrnu^. Paris, \'\i*l^ PnHfmmm,
(3, Pli.ne. lîist. nntur, 1. XI c. XXXVII.
(4, " () 'rîSrxî'^a/c; it r-i 'î'.x:£/.>î;:6a' te xatTjaTH/J.eoÔxi, rpca£fx«"»i "* *« «wt/,*»?* ■■^ Ty.v jxiTavj y/^f 7^ ^> xevTv. u (De nihnin. nnnt,, lib. IX, cap. n, in GaLEHI op. omn. Upâl^v 1821,1. H, p 717.)
MOCVEMEfiTS DE L*AXE CÉRÉBRO-SPINAL. 31:'»
d'uD double mouvement : pendant Tinspiration, les ventricules se dilatent (IJ, aspirent Tair extérieur par les trous ethnioîdaux (2), et le cerveau s'61ève dans la cavité crânienne; puis, dans Texpiration, le cerveau se C0Dtracte« diminue de volume et s'abaisse; l'air qui remplissait ses ventricules est expulse par les sutures du crâne, par les trous ethmoïdaux et par le canal des nerfs olfactifs (3).
Ainsi, pour Galien, les mouvements du cerveau sont produits par une expansion et une contraction alternative de cet organe ; le ceneau est 1 analogue du poumon; au poumon correspond la bouche, au cerveau correspondent les narines (6). — Nous n'insisterons pas davantage sur celte singulière hypothèse, ni sur les modifications que Galion fait subir à l'air extérieur, dans l'intérieur des ventricules, pour l'élaboration du principe vital et l'entretien de la chaleur animale (5) ; nous ferons seulement remarquer que, dans un article estimable d'ailleurs^ publié dans \e Journal complément, du Diciionn, des sciences médicales (6), on lui prête une opinion dont nous avons en vain cherché les traces dans la collection galénique : c'est que • le mouvement du cerveau est produit par l'air qui s'élève et s'abaisse dans le canal vertébral». Dans les traités De tisu partium. De admin. anat. De Hippocratis et Plntonis decretin. De utilit. respirât. , Siinsi que dans le traité de instrum. odoratuSy nous n'avons trouvé qu'une seule théorie; c'est celle dont nous venons de rappeler les traits principaux.
Après Galien^ vient son commentateur Oribase. Pour ce dernier, comme poorson devancier, les ventricules antérieurs président à l'inspiration et à Texpiration du cerveau (7); le cerveau se meut sous l'influence d'une propriété inhérente à la disposition de ses fibres (8).
Dans le passage ci-dessous mentionné (*), Oribase, en se servant du mot c^iyyciv, parait indiquer que les ventricules se contractent dans l'inspiration : ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est que bientôt il ajoute, en donnant les résultats de ses vivisections, que, pendant les cris de l'animal, le cerveau s'élève et se boursoufle (9). Il en résulte qu'Oribase aurait saisi, entre les mouvements du cerveau et les mouvements respiratoires, un rapport que Galien avait interverti, et que Schlichting crut découvrir plusieurs siècles après. Le passage suivant d'Oribase est encore digne d'intérêt : «Le mouvement isochrone aux mouvements respiratoires se perçoit facilement chez les enfants... mais il en est un autre que Ton constate évidemment chez les animaux dont le crâne a été préalablement
(1) Galien, loc. Ht,
(2) Gauen, De instrumenio odoratus, c. iv.
(3) Galier, De usu jmrtium, lib. VUf, cap. vii. (i) Gauih, De utiit'L respirutionis^ c Y.
(5) On peut, du resta, consulter à ce siget ua résumé succinct qu'OftiBASE a donné de la doctrine de Gauen^ in Oribasii anatomivn e Gnleno. Leyde, 1735, p. 78.
(6) Journ. complément»^ t. XXV, p. 127.
(7) OiiBASn anatomica e Gaieno. Texte grec avec traduct. latine. Leyde, 1735, p. 9 et 50.
(8) OilBASE, op. cit., p. 50.
iy è% raî; ixTvoaî; imxjivjax't cvîot» to '^'w^u.%7fù^iç, irxi 'JXtvvxv y.xl JCOp'i!îav. (Op. cit.)
(9) Obibase, op. ait.
816 rROPBTÉTfeS ET PONCTIONS DES r>iv>:RSES PARTIES DU SYSTÈME WEIl\EUL
di'lmit; od voil alors des puls^itions tlu cerveau qui ont le nième rhythme que les pulsations des artères et du cœur (1).»
Voilà donc ûeux principes impnrtants qui se font jour à travers d*inc testables erreurs : les mouvemeuts du cerveau sont dans la dépende des mouvements respiratoires et dans la dépendance des contractioûK cœur, — Ces principes, nous les verron> développés par les physirdogUK du siècle dernier; mais, par une inconcevable fatalité, ils sont mis à Té presque jusqu'au temps de ïïaller : de leur oubli ou des préjugés des 3 teurs qui ont écrit jusqu^à cette époque, naissent des systèmes pUis bixar encore que celui de Galien. En eîTet, dans la science se glisse iasensil nient une nouvelle doctrine d'après laquelle les mouvements qu'on oh dans rinlérieur du crAne ont leur siège dans les méninges. D'où prorif elle? Ce point est assez difficile k déterminer: Pacchioni (2) Ta fail rein ter aux Arabes, sans donner à cet égard d'indications précises; m*» Lorry (3) fa trouve déjà contenue dans une phrase de Hufus d'Éphèse, qoi dit en parlant de la dure-mère : u movetur immoto cerebto, i> Quoi qu'il cû soit, les mouvemenls de la dure-mère furent assez généraleraent adn pendant le moyen Tige oi les deux siècles qui suivirent la renaissance, que plusieurs anatoniislcs» et enlre autres Bérenger de Carpi (4), se fu& élevés contre cette manière devoir. Quelques physiologistes, Fallopc aie tête (5), les aitrihuèrent aux pulsations des artères de la dure-mère;^ sale (6), aux pulsations des artères contenues dans Tépaisseur de la mère; le plus grand nombre, avec Willis, BagUvi, Pacchionit etc., \W^ assignèrent pour cause la coutraclilité propre à la dure-mère.
Ce n'est pas h dire pour cela qu'il ne soit pas question des niouveoieiib du cerveau dans le laps de temps qui sépare Oribase de Schlichting : les trouve mentionnés dans Guy de ChauHac(7) et dans A. Paré (8). Vie sens, qui admet les mouvemenls de la dure-mère et qui les attribue à Yt du sang contenu dans h's artères et les sinus, pense que le cerveau h même se meut : « Intro foras necessario propelli, dum convexu ccrôl » pars intumeseît, et foris intro inclinari dum ha^c delumescit (9). » Af lui, Hiolan (in) avait constaté les mouvements du cerveau sur desantr trépanés et sur des malades dont le crâne avait été en partie détruit pan caries syphilitiques. Boerhaave ne put parvenir à les découvrir sur ub mouton trépané : il est h croire néanmoins qu'il les admettait et quî avait même une idée du rapport qui les lie aux mouvements respiratoir
(i) Oribase, vp. ci/., p. 50.
(2) t'ACCDiûWi, De duiœ meningù fahrica et imi. Routa, 1701,
(3) Lorry, Prtfmer mémoire sur /ifv mmrementt du vervttm tt d^ ia dur^mère (, ;i%m/, vide motkém , prétcnlc* à TAcad. des iciencesde Paris, 17Ô0, t, U\, p. 277).
(A) LoaRT, tném, cité.
(5) Fallope, Obseriu analom. in 0/). of?m., Francfort, 1600, p. AOl.
(6) VÉSALE, loc, cit.
(7) GuT DE Chauliac, cit- de Saller, dans Elem. physiai,^ t IV, p. 173.
(8) k. Paré, ae«t?rev eompiètes. Pari», 1841, édit. de Malfâifne, l, 11, p. CT {%) ViEDSSiivSy f^evrùloQia univerifaii^, p, !4. '10) RiftLAK, Ànthmimgraphm. Paris, i52fi, p» ^^^-
MOUYEMENTS DE l'aXE CÊftÊBRO-SPlNAL. 817
ir^ en parlant de la manière de relever les fragments dans les fractures 1 crâne aTCC enfoncement, il ajoute : « Juvat sternutatio et animœ retaitio (1). »
Tan Swieten a développé ce principe^ et l'a justifié par des raisons théoqnes. Comme son livre a été publié en 1762, il n'est pas probable qu'il it en connaissance des travaux de Schlichting, de Haller et de Lamure. r, cette date n'est pas sans importance, car Van Swieten a parfaitement lis! le rôle des expirations brusques et exagérées, dans les mouvements 'élévation du cerveau : a Dum validissima expiratio fit, sanguis per pulmonem transire nequit; bine sanguis venosus a capite rediens impeditur quoininus se libère in cor dextrum evacuet ; unde distenduntur omnia encepbali vasa, simulque validissimo hoc concussu arteriosl sanguinis angetur impetus; sicque a binis bis concurrentibus causis satis valide distenditnr totius encepbali moles (2). » Quant aux efforts soutenus, minœ reientio^ leur mode d'action est sensiblement le même.
Je ne sacbe pas que l'on ait encore signalé ce passage de Van Swieten ; «pendant, après l'avoir lu, on ne peut méconnaître que cet auteur n'ait lit faire un grand pas à la question, et que son nom ne puisse honorable- Dent figurer à côté de ceux qui seront cités par la suite.
Noos voici parvenus à la première moitié du xviii» siècle : l'isochrolisme, que Galien et Oribase avaient entrevu entre les mouvements du rerveau et les mouvements respiratoires éveille presque en même temps Tattenlion de Scblicbting (3), de Haller (A), de Lamure (5) et de Lorry (6).
Schlichting, dont les travaux remontent à 1750, commence par établir qœ les mouvements du cerveau, chez les enfants et les animaux trépanés, ne dépendent pas de la dure-mère, puisqu'ils subsistent après l'ablation de cette membrane. Ce fait établit une démarcation bien tranchée entre les Ihéories qui régnaient au xvii'' siècle et celles qui se sont succédé jusqu'à nous : c'est un retour vers les traditions de l'antiquité. La dure-mère ne se meut pas; lorsqu'on la voit s'abaisser et se relever sur un animal trépané^ c'est qu'elle obéit à la pression atmosphérique dans un cas, et que dans l'autre, elle est soulevée par le cerveau (7). Voilà assurément une réflexion judicieuse; mais pourquoi Schlichting n'applique-t-il pas aux mouvements du cerveau le raisonnement qu'il applique aux mouvements des méninges? Il n'a vu qu'une partie de la vérité.
(1) Vah Swift», Commentaria in Hoerhaavii Aphorismos, Paris, 1769, t. I p. 40I
(2) Vah Swutdi, op. ciU^ p. 403. . > • .
(3) SciLlCBTU€, De motu cerebri {Mém, de PAcad, des sciences, Sav. étrano P»ri* 1750, U I, p. 113). •^' '^■™'
(A) Halleb, Mém. sur la nature sensible et irritable des parties du corps animal Uusmoe, 1756, t. I, p. 158 et »uiv. — Elementa physiol. Lausanne, 1766, t. IV p. 171 et leq. '
(5) Lâmubk, Mém, sur la cause des mouvements du cerveau qui paraissent dans l'homme et tes am'mnux trépanés (Hist, de PAcad. des sciences, Paris, 1749, p. 541).
(6) LotRT, mém, cit.
(7) SCBUCHTIMC. mém, cit., p. 116«
318 PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS l>ES DIVERSES PARTIES DL SYSTÈME NERVkCX.
La dure-mère est donc immobile et reste toujours adhérente au crâne. D se fait un vide entre elle el le cerveau loi^s de Tinspiration; ce vide est comblé par le cerveau lors do Texpiration {mfhn. cit., p. 115); en effet, les mouvements» de cet orj^auo, que l'on observe sur les animaux trépanés, sont isochrones aux mouvements respiratoires : « Animadverti perspicue in omni » expiratione cerebrum universum ascendere^ id est intumeseere; atqoein 0 quavis inspiratione illud desccnde^t^ id est, detumescere(p. 11&). »A quelle cause faut-il rapporter ce synchronisme? quel est le principe des mouvements du cerveau? Ici s'arrête l'esprit peu hardi de Schlichtîng; il consulte le phénomt^nc^ mais il se donne garde de l'expliquer, et traite même assez durement ceux qui tenteraient de le faire.
Au reste, les vivisections lui prouvèrent qu'il existe en outre, dans le cerveau, des mouvements qui ne sont pas isochrones h ceux de la respiration. Les mouvements précédents apparaissent surluut dans les convulsions; quant à la question de savoir s'ils ont le même rhythme que les contractions du cœur, Schlichting ne la résout pas; il penche néanmoins pour l'aHirniative(l), et pense que res mouvements particidiers dépendent des contractions rhythmiques des fibres cérébrales, ainsi que de la déplétion et de la turgescence alternatives des capillaires cérébraux.
Schlichling laisse donc la queslion à peu près au point où Tavait laissée Oribase; ses conclusions sont peut-être même moins nettes que celles de Tauteur grec.
Les travaux de Hnller et de Lamure présentent, au contraire, quelques vues importantes el tout à l'ait nouvelles.
llaller admet un double mouvement dans le ceneau : l'un est isochrone aux mouvemonls respiratoires^ c'est celui qu'a décrit Schlichting avec k plus d'exactitude; lautre est isochrone aux rontiactiims du cœur. Quant au mécanisme du premiiM*^ il est facile h sai!»ir (2) : pendant l'inspira tion, il se fait un vide dans le thorax, le sang veineux alllue de tontes parts dans cette cavité, et le cerveau s'abaisse par suite de la déplélion des sinus ei des veines jugulaires; dans Texpiration, il y a des phénomènes inverses, c'est-à-dire relhix du sang dans les jugulains et les sinus, soulèvement dn cerveau, llaller admet donc que les niouvoments dn cerveau sont des mouvements de locomotion; mais il ajoute, a\ec sa sairacité ordinaire, ce pas- Scigequi est du plus grand intérêt : « Ipsum phaMioinenon in vivo animale, » et cranium habenlc integrum, non qniilem potcsl eo usque progredint » vere cerebrum moveatur. Non tamen ilubium est quin sanguis venosns » in \enas capitis et cercbri inagis |)ossit C(»liigi, venosum systeina di^j) tendi, atque ideo id onme c<»mpnmi, quod inler vt'nas tumidas inter- » cedit (3). » — C'est une opinion que nous partageons de tout point.
Lamure est d'accord sur les faits avec Haller, bien qu'il n'iiibistc pas suffisamment sur riniluence de la circulation artérielle : quanta leur explici-
{{) SCHLICHTIHC, ntétfi, cit., p. 121.
(2) Halleh, /;>///. phij^iof. Lausanne, 17GG, l. IV. p. 172. Haller. a».-. lH,
MOUVfillEim DE I.*AXE CÉftÉBRO-SMHAL. 319
ion, il pense que, dans le mouvement d'élévation du cerveau, il y a nonseulement soulèvement du cerveau, mais aussi turgescence de cet organe, ^ suite de la turgescence même des vaisseaux renfermés dans son intérieur. C'est, comme on le voit, une théorie éclectique dont les éléments le retrouvent dans celles de Haller et de Schlichting.
Le principal mérite de Lamure se fonde sur la variété des expériences pi'îl a entreprises. Suivant lui, la ligature des carotides fait disparaître les aouyemeots du cerveau; ils reparaissent lorsque les ligatures ont été enevées (1). D'après le même auteur, la ligature des jugulaires et la section les iveines vertébrales ne font p<is cesser les mouvements du cerveau; lit singulier, que Plourens a expliqué par Texistence de communications ntre les sinus delà dure-mère et les veines intra-rachidiennes. Enfin c'est iamure qui le premier a vu que, sur des cadavres d'animaux, on rétablissait es mouvements du cerveau en pratiquant la respiration artificielle, et [oe l'on ne pouvait au contraire les rétablir quand la veine cave supérieure mit été coupée.
La question paraissait décidée : Lorry va la remettre de nouveau en ioate, tout en prétendant lui donner une solution définitive.
Les expériences qu'il tente sur des animaux trépanés lui donnent d'abord les résultats contradictoires : sur quelques-uns, il n'observe aucune espèce de mouvements du cerveau^ ce qui était déjà arrivé à Volcher- Colter (2) ; il est plus heureux en choisissant pour ses vivisections de jeunes chats et de jeunes lapins (5), et il arrive dès lors aux mêmes résultats que HalIer {U). Toutefois il n'admet pas que ces mouvements soient constants diez les animaux trépanés, et se demande s'ils existent chez l'homme dont le crftne est intact. — Voici quelles sont les conclusions de Lorry à cet égard (6): La boite du crâne est entièrement pleine, il est donc imposable que le cerveau puisse se mouvoir; celui-ci ne se meut que lorsque la résistance des parois a été détruite, et encore faut-il que la force agissant sur lui soit plus énergique que dans Tétat normal, ce qui arrive lors des mouvements exagérés des muscles respirateurs et de l'accélération des contractions du cœur.
Nous avons parlé assez longuement des travaux de Haller, Lamure et Lorry, parce que, si l'on met de côté les expériences de Dorigny, ils contiennent en définitive tout ce que l'on a écrit, depuis, sur les mouvements do cerveau.
On a vu que, pour Haller^ les mouvements du cerveau sont forts con* testables chez l'homme, dans l'état normal, et que, pour Lorry, ils n'existent pas. n est presque à regretter qu'on ne s'en soit pas tenu à cette solution, etqaonsesoit surtout attaché aux détails, en négligeant le fond de la question. Sans doute il est bon de rechercher pourquoi le cerveau se meut
(1) Lamure, mém, cit., p. bhZ et b^b, ^ Le mémoire de Lamure dale du 12 août 1752.
(2) Voujn»-CoïTER, mém, cit., p. 299.
(3) fbifi,, p. 300, 301 et 302.
(ft) Hali.br, mém. ciï., p. ZOà.
{b} Lorrt, Mt'in. 'le rAcad. des iciences de Paria, 1^60, l. Ul, p. 312 et 313.
320 PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NBif EGL
chez les animaux trépanés; mais il importe surtout de savoir si ce»
vements préexistenl à la trcipanation.
Quoi qu'il en soil, h partir de cette époque, les physiologlsie^ se sont parlagi'^s en deux camps. Parmi ceux qui ont nié les mouvements ducerve*iu lors de l'intégrité des parois du crâne, nous citerons Descbamps, qui reproduit les idées de Haîler et de Lorry en leur donnant plus de dévd pement^ Pellelan {!), et Bourgougnon; mais nous ne reviendrons sur ces travaux qui déjà ont été examinés. Les physiologistes de Topi opposée ont admis ces mouvement;^; les uns implicitement, en ne di: pas qu'ils n'existent point dans Tétat normal; les autres, et parmi liavina (2), en s'efforçant d'en démontrer rexislence : ce sont encore des expériences et des raisonnements dont nous avons eu occasion d'apprécier la valeur.
Onani aux explications du phénomène» elles n'ont pas été non pluî* «uki subir quelques variations dans cette période. Suivant Richerand (3J, ki mouvements du cerveau sont uniquement sous la dépendance des cootrio- ItoQS du cœur; ils sont produits par la systole et la diastole des artères dt l'encéphale, — Flourens a réfuté cette crreur(&). Voici, du reste, les collusions auxquelles font conduit ses expériences. Les mouvements du rcf^ veau répondent aux mouvements de la respiration; le cerveau s'élève pei^ dant rexpiration, il s^abaisse pendant l'inspiration. Ces mouvements oc sont pas la conséquence d'un soulèvement et d'un abaissement du cerf6iB, mais bien d'une expansion et d'un retrait alternaliFs de cet organe. (Nolotiv en passant, que cette opinion est celle de Schlichting, et qu'avant lai on b trouve indiquée dans Oribasc.) L'expansion du cerveau, correspnndaiAi rexpiralion, est produite, suivant Flourens» par la dilatation des cérébrales, point sur lequel il n'est pas d'accord avecParrj-, et sui le reflux du sang veineux : ce n'est pas que ce reflux s'étende de lette droite jusqo aux veines encéphaliques, mais il déternoine là stilf momentanée du sang dans ces vaisseaux.. A propos du retrait ou deVà sèment du cerveau correspondant à rinspiration, Flourens a pjirliculi ment insisté sur le fait suivant : le sang veineux, qui, pendant 1 exptratti reflue dans le cerveau et le gonfle, ne vient pas seulement des jugulaires et vertébrales, il vient aussi des sinus vertébraux; et de au moment de rinspiration^ le sang veineux encéphalique est aspiré tt partie par rinlermédiaire de ces mêmes sinus. Les expériences, suri*quelles Flourens se fonde (5), ont été faites sur des lapins, l^urs eoft* séquences ^ml d'aîlteurs applicables à rhomme; car, che« ce les sinus vertébraux communiquent aussi avec les sinus crâniens. Pont démontré les travaux de Dupuytren, de Breschet et de l, ClofMl sur les veines du rachis.
(i) PtLLKTAn, Traité rfe jt^/iyWçiwf, t, l, p* 443*
(2) Kavuia, op. cii,
{Z) BfCiTRRAiii», Souv, élém, th phjiiioL Paris, 1833, L II, p. 373.
(4) Flolrens, HfiJitf^lteji crpt* tmertt, sur ie système nervctiJr. Purif^ J8â2| p. SAt«
(5) Flocrews, otiif, cit., p, â(iO.
UOUTBMEMTS DE L'AXE CÊBÉBBO-SPIlfAt. 321
Magendie (i) a proposé une légère modification à la théorie de Haller: il a avancé que, dans les mouvements d'élévation du cerveau, la circulation ariérielle ajoutait son effet à l'action du reflux veineux, en ce sens que, par suite de la réplétion des artères, les veines se trouvent elles-mêmes distendues.
Quant aux travaux de Dorigny, qui tendrait à placer les mouvements du cerveau squs l'action directe de la force nerveuse, et non sous l'influence de la respiration et de la circulation, nous ne nous y arrêterons point, notre tâche devant se borner à n'interpréter que les phénomènes réellement appréciables du système nerveux.
Rbumé sur les mouvements du cerveau. — i** Le cerveau ne se meut pas, chez l'adulte, tant que le crâne est intact; il augmente de masse dans l'expirationj il diminue de masse dans l'inspiration; mais son volume ne varie jamais.
2* Il se meut, chez les enfants, tant que les sutures du crâne ne sont pas sondées; il se meut également lorsque les parois du crâne ont été détruites dans une plus ou moins grande étendue, par des causes pathologiques ou des opérations.
V Dans tous les cas, ces mouvements sont dus à des alternatives de turgescence et de déplétion des vaisseaux du cerveau, et non à une locomotion de cet organe; la locomotion du cerveau est impossible.
&* Ces mouvements sont de deux sortes : les uns correspondent aux contractions du cœur; les autres, aux mouvements de la respiration.
5* La turgescence ou élévation du cerveau correspond â l'expiration ; elle est produite par la stase du sang veineux dans les veines encéphaliques et par Tabondance plus considérable du sang artériel. — L'abaissement du eerveau correspond à l'inspiration; il est produit par l'afflux du sang veineux encéphalique vers les organes thoraciques, et par l'afflucnce moindre dn sang artériel au cerveau.
de !• iBoeUa épmîère. — Vieussens (2) cst Ic premier qui ait appelé Tattention des observateurs sur ce point de la physiologie de Taxe cérébro-spinal. Ce n'est pas qu'il ait constaté directement les moutements de la moelle épinièrc elle-même : bien loin de là, il ne cite pas on seul fait, il ne discute pas même la possibilité de ces mouvements; toute sa théorie repose sur les mouvements hypothétiques de la duremère spinale, et n'est, après tout, qu'une déduction des idées de Faliope rcialives aux mouvements de la dure-mère crânienne. — Voici quel est le raisonnement de Vieussens : Il n'est pas douteux que la seconde enveloppe de la moelle (la dure-mère) ne soit le siège de battements; en effet, la dure-mère crânienne n'adhère que très -faiblement ou n'adhère même pas aux os du crâne; elle n'embrasse pas étroitement le cerveau, elle est parcourue par un grand nombre de petites artères qui, par suite de leur
(1) MâCDIDIE, Journ. de physiol. cxpiriment.^ t. 1, p. 132.
(2) ViCL'SSEKS, Sccrvhfjifi unii'vrsfiiis. Lyon, 1685.
LOXCKT. — PHYSIOL. III. — 21