PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NERVEUX
systole et de leur diastole alternatives, lui impriment un véritable moinement : or, la dure-mère spinale est précisément dans les mêmes conditions, elle n'adhère pas aux parois du canal vertébral ^ n'est pas en contact immédiat avec la moelle, elle est de plus parcourue par de nombreiues artérioles; on peut donc admettre, dit Vicussens, que le sang, qui le meut continuellement dans ces vaisseaux, imprime aussi à la dure-mère une sorte de mouvement.
Comme on peut le voir, celte argumentation, qui n'est rien moins que concluante, est d'ailleurs basée sur quelques erreurs anatomiques et physiologiques. Elle ne devait pas néanmoins rester stérile enti*e les mains de Vieussens, et les prétendus mouvements de la dure-mère spinale eurent aussi leur application; c'est là surtout que l'on retrouve l'influence de systèmes régnant à cette époque : « Sanguinis spinalcm meduUam imgan- » tis calîdos halitus aliquandiu cohibct (secundum medullsB spinalis invo» )) lucrum) simulquc impellit, ne frigus externum, quod spiritui animait et
0 nervis maxime inimicum habetur, ad ipsam perveniat , denique in
» cinerea spinalis medullse substantia spiritus animalis fluxui, per vin » motus sui, quamdam adilit velocitalem, eumque spinales protradît in » nervos (1)...» — Vieussens n'a donc mis en circulation qu'une hypothèse plus ou moins ingénieuse, et encore n'a-t-elle trait qu'aux mouvements de la durc-mùrc rachidicnne et nullement aux mouvements de la moella Il ressort même de la théorie de Vieussens que cet auteur regarde la moelle comme immobile.
Schlichting, dans un passage du mémoire que nous «avons déjà cité (2)i semble regarder les mouvements de la moelle comme indispensables; mais il n'émet à ce sujet cprune simple conjecture.
Ce sont également des conjectures que l'on rencontre dans Halierd dans Stahelinus : nous avon»^ déjà eu occasion de les indiquer.
Burg (3) et Richard {U) paraissent être les premiers qui aient prétendi avoir constaté les mouvetnonts de la moelle é pi n ière : leurs observations ont été faites sur des entants aiïectés de spina-biflda lombaire. Dans le ds rapporté [)ar Burg, !a tumeur augmentait de volume pendant les efforts de la défécation. Chez le malade de Richard, (telle semblait se renflerai peu pendant linspiralion, qui était gênée, et s'aiTaisscr pendant le teoipf de rexpiraliou)). Notons en passant que ces deux faits n'ont pas de valctf réelle dans la question qui nous occupe. Les phénomènes observés ftt Rurg s'expliquent très-bien par la présence du liquide céphalo-rachidiei; quant à ceux que rapporte Richard^ ils sont en opposition tellement directe avec ce que tout le monde peut voir, qu il faut évidemment n'a tenir aucun compte.
Ce fut aussi un ra> de spina-bifida qui éveilla l'attention de Portai. U tumeur était située ù peu de distance du crâne; elle se gonflait manifeste- Il) ViEl'SSENS, '7». ///.
{1, ScilMrHTINC. /iM/,/. #■// . j.. 121.
(3) r.riu., Fi.hr,,,, „.,t, .'/,., .1er. II. obs. .'iS, p. 141.
(hi KichabdI Jn,!,... ,h- no:l.. 176S, t. XXIX, p. 11(».
MODtEUKlITS DE L'AXE CÉBfiBBO-SPlNAL. 823
sent lorsque le malade faisait une expiration, et le gonflement était d'auant plus sensible que l'expiration était plus violente (i). A l'autopsie, on iiooTa on casai occupant le centre de la moelle et communiquant avec le intriéme ventricule ; ces cavités étaient pleines de liquide.
Portai fiit ainsi conduit à ouvrir le canal vertébral chez des chiens et des diats, et il crut voir que la moelle était agitée d'un double mouvement, {D'elle s'affaissait pendant l'inspiration, qu'elle se gonflait lors de l'expittion (2).
Mais, selon Portai, ces mouvements n'ont lieu qu'à la partie supérieure le la moelle; jamais on ne peut les constater à la partie inférieure de cet ii)gane, ni chez les animaux, ni^ chez les enfants atteints de spina-biflda ombaire. Cette dernière assertion n'est pas exacte : dans les spina-bifida ombaires, on observe des mouvements isochrones aux mouvements respiatoires; il est vrai qu'il n'est pas démontré qu'ils soient produits par la noelle elle-même.
Ce qui d'ailleurs parait assez singulier, c'est que Portai, qui n'admet pas es mouvements du cerveau dans l'état normal^ pense que les mouvements le la moelle sont la conséquence obligée de l'immobilité du cerveau. Il mit qu'au moment de l'expiration, le sang qui gorge les sinus crâniens reflue dans les veines du rachis^ et que la moelle est alors soulevée en nême temps qu'elle est distendue (3); mais cet observateur ne songe pas |D'au moment de l'expiration^ les veines du racbis sont tout aussi gorgées le sang que les sinus crâniens, et que le reflux dont il parle est alors impossible.
Magendie (4) partit d'un tout autre point de vue : le cerveau se meut KNis rinfluence des actes respiratoires; il doit en être de même pour la moelle. Le principe posé, Magendie ouvrit le canal vertébral d'abord sur on lapin, au niveau de la huitième ou de la neuvième vertèbre dorsale, puis lor un chien, vers la partie moyenne du dos; la dure-mère fut laissée intacte. D Ait alors facile de voir que cette membrane s'affaissait pendant l'inspiraâoD, qu'elle était soulevée pendant l'expiration.
Ihis ce sont encore là des phénomènes qui, toute autre objection étant teartée pour le moment, peuvent être attribués aux oscillations du liquide eiphalo-rachidien. 11 faut nécessairement éliminer cet élément du pro- Uème. Nous trouvons, du reste, d'autres expériences du môme physiologie dans lesquelles cette cause d'erreur a été mise de côté. « Je fendis la dore-mère, dit Magendie (5), dans toute l'étendue de l'ouverture faite au cnal rachidien^ et je pus aisément me convaincre que le mouvement avait ha par le gonflement de la moelle elle-même. Cependant je ne voudrais pu assurer qu'il n'existe pas un léger soulèvement de l'organe, produit fir la dilatation des grosses veines qui régnent dans toute la longueur et à
(f) FoiTAL, Cours (fanât, méâk. Paris, 1804, t. IV, p. 66.
(1) PotTiL^ loc cit
(3} PoKTAL, ouvr. cit. y p. 67.
(âj Magehdr, Journal de physiol. expériment.j 1821, t. I, p. 200.
(5) Magchdie, rec, cit., p. 202.