‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 40 sur 92 · C. — Pédoncuies cérébrou^t · texte numérisé non relu

C. — Pédoncuies cérébrou^t

Ge« pédoncuies, munis d'une grande quantité de substance grise et ée |Jhisceaux de fibres qui continuent les deux ordres de faisceaux de la moelle

Pépinière, pîiraissenl avoir pour prmrt/>r7/ usage de transmettre les imprii- ► «ions aux lobe*^ cérc^braux et rintîueucc de la volonté aux organes locoiM- I leurs, ^- H ne faudrait pourtant pas croire que la îwction complète dei

dent ptWJoncules, h leur sortie de la prolubémnce,, suspende toute fnairi-

festalinn de sensibilité et de mouvement; car, dans mes expériences, rett<!' I «eciîon a été loin de paralyser les membres d*une manière absolue; efJc I n*a point non plus empAch*^. les aninjaux d*accuser, même par des mi

indubitablement plaintifs, les excitations doiilonn^nses quVm leur faisait I subir. Je me suis expliqué ces résultats par Hnlégrilé de la protubérance k annulaire, qui, comme on Ta vu (p. 155 et suiv.], est à la fois un centre

perceptif et un foyer d'innervation locomotrice. La lésion précédente emipéche seulement la transmission des ordres de la volonté aux muscles et [l'exercice tmnplet de la sensibilité, attrnflu qu^ainsi on a interrompu toute

communication entre les organes et les lobes cérébraux, centre unique de la volition des mouvemcnls et de Télaboralion intellectuelle des sensations. Quand, au lieu de diviser complètement les deux pédoncules cérébraux, Ij'ai seulement blesse Tuii ou THutre f*), voici le résultat constant que j'fti I obtenn et que je crois avoir le premier si^rnalé, du moins dans ce câs, — I Tonles les fois que la lésion partielle a été pratiquée immédiatempnt M .devant de la protubérance, on un peu au delà, les animaux (lapins) CMiit lexéculé un mou%'ernent rirculaire ou de manège, qui a toujours eu lieu th \eAteoppfm à fflui de h lémm^ c'est-à-dîre que le pédoncule cért*bral droit* i par exemple, étant blessé, Tanimal a accompli l'évolution du manège ver»

la gauche, en tournant fortement son cou et sa télé vers ce même côté. Ce»

faits ont été contirmés par les expériences ultérieures de S<*hiff, Le c^rrle I parcoum a été d'autant plus petit, que ta lésion se rapprochait da^^intagc I do bord antérieur de la protubérance, et qu'elle romprenaif un plus grand

nonnbre de fibres pédonculaires. Mais tout mouTcmcnt circulaire a ce^«<é

f*) Pour fair« cette expérience, je me iM»r^ du procédé k l'ftlde diiqoel je diviw l# tri- } Y^mmn dam rintèrieitr du crâne ; Mulefni!>ii( j'ai le «ofti en diHfer 11 pointe de rifiitniiiitnl plut pfpfiiiidémenl, plut en avant et en liiut.

PlOPlttTÈS ET P0NCT101I8 DE L'ENCÊPHALB (PtMMGUUd GfiBlMiiri). MS

qoaod là iection entière de Tan des pédoncules a été faite immédiatement ao devant de la protubérance^ et l'animal est tombé sur le côté opposé à la léaion, quoique» après la chute, les deux membres de ce côté pussent encore accomplir des^ouvements très^manifestes.

Après la section latérale « de la portion de moelle allongée qui avolsine en dehors les pyramides antérieures n, Magendie (4) a vu aussi survenir un mouvement circulaire semblable à celui du manège; mais^ dans ce cas, fiftr des raisons déjà exposées précédemment, le mouvement avait lieu dans un sens contraire à celui que j'ai signalé en lésant l'un des pédoncules cérébraux.

Lafargue(2), ayant produit deux fois ce même mouvement circulaire en coupant Tune des couches optiques, a vu qu'il s'opérait du côté de la Êeetkm vers le côté oppoié, c'est-à-dire tel que je l'ai vu moi-même succéder à la lésion pédonculaireO* Pour cet expérimentateur, ce n'est là qu'une manifestation d'hémiplégie croisée, qu'il cherche à expliquer de la ma*' nière suivante : «Dans la progression normale d'un quadrupède, dit-il, les membres gauches poussent à droite, et réciproquement; de sorte que le mrps entier se meut suivant la résultante des deux forces. Si vous prodnisex une hémiplégie, les membres les plus vigoureux, ne trouvant pas de puissance antagoniste, pousseront la totalité du corps vers le côté paralysé ; et s'ils oe conservent pas assez d'énergie pour opérer un déplacemotit proprement dit, une translation complète, toutes les impulsions latérales, s'ajoutant les unes aux autres, produiront un mouvement circulaire dont le côté paralysé sera le centre. » Ce phénomène continuerait, d'après Lafargue, tant que les membres actifs sufflsent à la station ; mais lorsque, par suite de l'affaiblissement progressif, la station devient impossible, on verrait l'animal tomber sur le côté paralysé et rouler sur êon axe^ de manière que la rotation sur l'axe succéderait à l'évolution du manège.

Jusqu'à présent, aucune de mes expériences ne m'a révélé une pareille transformation dans les phénomènes; je n'ai jamais vu l'animal rouler sur lui-même, selon l'axe de sa longueur^ pas plus après la lésion de l'une des couches optiques qu'après celle de l'un des pédoncules cérébraux. Au contraire, Schifr(3) a eu occasion de constater ce fait; mais il l'explique par la compression exercée sur un côté de la protubérance par du sang épanché.

Il ne m'a pas été donne davantage de confirmer les observations de Flourens(^), qui dit que « la section des pédoncules du cerveau détermine une suite de mouvements d'arrière en avant» (**).

{i) Mackhdik, PrécU élénu dephysioi, Paris» 1836^ t. I, p. âl3. (î) Lafaigce^ thète citée ^ p. 17.

(*) A propos des couches opUques, je ferai connatlre plus loin les nouvelles «iMtrvatMnf 4e Sanrr.

(3) SCBIFF, ui Roser's und Wunderuch's Àrch. 18/^6^ p. 681.

(4) Flourers, Hccherchcs cjpèrim, sur len propr. et les fond, du syst. tterv.y 2* édit. 18â2, p. 490.

{**) En pratiquant la section »lt*s ditl'érenls cuntiux semi-cintUaii^s de l'oreitle interne, t'LOUREKS a obtenu des effets qui oflientla plus grande analogie avec ceux qu'il a observés après la lésion des divers pédoncules cMbraux ou cérébelleux. (Otti/*. cité^ p. 487 ei suhr.y — Tes observations de FLorRF.Ks ont été conArmées par plusieurs physiologistes.

ift& PMVUÉftft IT fOBCTHMkl Biâ M^USES PAIT»» WK SI!

.Scfuif ntt ^e^t pa.^ borné à coofirmer au!.-} expén^oces sur le moiiYeiiieiil de manâre foccédant aux iéiioiift pédoocoiain»: il a encore, pour es|diqiier tut piuteotnèTirî. propiVïé ixn« aoireil*» tiiiîijne b.-iâi?e -^ur ses propres observitiooi. Sfiî^ant c^ expérimenUteor. il a y i pas kêmipi^^. mais les ordres #)e ia vrj\4^U cessent d'être transmis «eoiement à certains groupes de m»ries des denx extréaiités antérienre?» : ainsi la blessare du pédoucale ce» rébral droit, par exemple, em pioche la •ri:ntract;<ja volontaire des muselei addKtenr^ dn membre thonciqoe droit et des mcKcies abdocteon di membre thAraciqne gaoche ; d'où résulte, quand l'animal vent avancer» OM dérâtion parallèle de ces deux membres vers le ciUé de la lésion. Alors, si, à chaque effet de progression, les (lattes pocstérieures poussent Tanimal directement en avant, les pattes antérieures déviées à droite, en s'appliquait an !iol^ impriment an corps une impulsion latérale vers la gauche, sens dans lequel ^int également déviés le cou et la tète. C'est de la répétition, à chaque paà, de ces chocs latéraux communiqués à ia partie antérieure du tronc, et aussi de cette déviation de la tète, que résulterait le mouvement de manège, et non d'une hémiplégie incomplète dont il n'existe d'ailleurs ancon signe appréciable. L'affaiblissement d'ime moitié du corps, facile à produite par des causes si diverses, peut bien déterminer la progression suivant une ligne oblique, mais jamais circulaire.

Selon Budge(l), Valentin(2) et Schiff(3*. il v aurait, dans les pédoncules cérébraux, indépendamment des fibres en rapport avec le sentiment et avec les mouvements volontaires du tron«\ d'antres fibres qui influenceraient l'action de l'estomac, des intestins et de la vessie : aussi, d'apris ces auteurs, verrait-on ces derniers organes réagir par suite de Texcitation profonde des pédoncules. — Les phénomènes que j'ai observés sous ce rapport ne m'ayant point paru, à beaucoup près, être constants, sont loin d'avoir levé tous mes doutes sur la valeur d'une pareille opinion. Quoi qu'il en soit, Schiff^ trouve sa confirmation dans quelques observations pathologiques de Rokitanskv(^), et dans les altérations intestinales consécutives à la blessure pédonculaire. altérations graves qu'il a décrites avec viin et desquelles il croit devoir faire dépendre la mort des animaux.

Le même expérimentateur a noté un changement dans la composition de l'urine, après la lésion des pédoncules cérébaux(5). Ce liquide, qui avait primitivement une réaction alcaline chez les animaux (lapins), est devenu d'abord neutre, puis acide; de plus, il contenait de l'albumine. — Depuis ces expériences de SchiÉf, j'ai fréquemment constaté le même phénomène après des lésions très-diverses du système nerveux, et, en particulier, après la section intra-crànienne du nerf trijumeau : ce n'est là qu'une preuve, au milieu do tant d'autres, de l'influence du système ner- \#;ux sur le?* fonrtions nutritives et sécrétoires.

'1, BiDOE, l'fttm/irféu/ig^n ti^Mur fin* S^rre,i<tfff**in. ftic, 2) VALnT15y h'hrhmft fh, Phf^iol., l. II. f^) ScRf rr, vu-ni. ritf.

'h) K0KITAR9KT, Hnn/lhurh ffer pfttho', Annt.^ l. Ul. .5; SCMirr, l)r li motorifi Wfe^js cnreithaii^ etc. Bockenhemii, 18A5, p. Al.

PBOPRtfnb ET fONCTIONS DE L'EMCÉPHALE (TUBERCULES QUADBUOMBAUX). 405 TobarevlM qnadrijnnieaiiz.

Nous considérons les tubercules quadrijumeaux des mammifères, et les tubercules bijumeaux ou lobes optiques des autres vertébrés^ comme faisant partie intégrante de 1 appareil nerveux de la vision, et comme étant indispensables à l'exercice de cette dernière, soit qu'eux-mêmes ils sentent les impressions lumineuses, soit qu'ils les transmettent seulement à d'autres parties de l'encéphale, aux hémisphères cérébraux par exemple, n nous faudra donc étudier d'abord ces tubercules dans leur rapport avec la faculté visuelle, puis nous enquérir de la question de savoir si c'est là leur rôle exclusif ou s'ils n'ont pas d'autres usages à remplir.

Influence des tubercules quadrijumeaux sur la vision et sur les mouvements de l'iris. — Il est inutile de revenir sur les preuves analomiques qui établissent les relations intimes des nerfs visuels avec les tubercules quadrijumeaux ; rappelons seulement qu'en général, dans la série des vertébrés^ ces nerfs et ces éminences grandissent, se développent en raison directe les uns des autres.

Les tubercules quadrijumeaux, avons-nous dit, sont indispensables à l'exercice de la vision. En effet, enlevez-les chez un mammifère, un oiseau, etc. , et immédiatement la cécité aura lieu. C'est là un des résultats les plus constants de nos vivisections, et qui est parfaitement d'accord aveccelui que Flourens (1) avait autrefois obtenu. Cependant Magendie (2) a avancé, en 1836, n'avoir jamais reconnu que a la blessure du tubercule optique, ou quadrijumeau antérieur, altérât la vue chez les mammifères o. Il est vrai que, dans un ouvrage plus récent (3), le môme auteur contredit sa première assertion, en disant «que les tubercules quadrijumeaux antérieurs {nates) se continuent avec la couche optique dont ils sont séparés par un sillon peu profond ; qu'ils fournissent une des racines d'origine du nerf optique; qu'ils sont en rapport avec V exercice de la vision ». Magendie (U) relate môme un cas de cécité, chez une femme, avec altération des tubercules quadrijumeaux antérieurs. Une pareille contradiction s'explique sans doute en admettant que, dans ses premières expériences, ce physiologiste avait pratiqué une lésion trop superficielle, trop incomplète, pour anéantir la vue ou môme pour la troubler d'une manière appréciable.

Quoi qu'il en soit, il est constant qu'après l'ablation des tubercules quadrijumeaux ou bijunieaux (selon la classe de vertébrés), un animal ne peut plus voir les objets qui l'entourent.

Maintenant il importe de savoir si ces organes exercent sur les yeux une action directe ou croisée.

(1) Ploursiis, Recherches expé^im, mr les propr, et les fonctions du sysi. nerv.y 2« édit. Paris, 1842, p. 145.

(2) Magendie, Précis élémentaire de physiologie, Paris, 1836, 1. 1, p. 244.

(3) Magendie, Leçons sur les fond, du syst. nerv. Paris, 1839, 1. 1, p. 242.

(4) Magendie, ibùi.y t. II, p. 14i.

4*Ï6 PBOPBtÉTtft RT rONCTIONS DES DIVERSES PARTIES m SYSTÈME NVlirCn.

Chf'Z ics niainmifères H les obe^iux, l'adion tles tubproules f|tîai!rijiim*iux (ou ioàes optiques) est émisée: o*e«l-à-dire que cous Um ment Iablei«ttft ou rextirpation du tubercule droit trouble ou anéantit la vision de FihI gauche, et vieei^ersà C'est encore là un fait (5tab!i par les expériences d€ Plourens (i), et que nous avons eooccasion de reproduire. Ajoutez que, mt des pigeons dont les humeurs de TcEil avaient été évacuées d*un cf>\ depuis plusieurs semaines, nous avons obsen^é, au-devant du chiasmi^' l'atrophie du nerf optique correspondant et celle du lobe optique du côté opposé (2). — Suivant Desmouîins (3), raction serait, au contraire, fii chez les grenouilles, et la lésion d'un lobe optique entraînerait la perte la vue dans Tœil correspondant. La difiiciilté que j*ai toujours épi à reconnaître Tétat de la \ision, chez ces animaux, nn*a laissé dans le di à cet égard.

La soustractiondes tubercules quadrijumeaux entraînant le manque d'i pressionnabilité à la lumière, il faut déterminer expériraenlalement si ce effet est dû seulement à rinierception de la communication de^ nerfi^ visuels avec les hémisphères cérébraux; si, en d'autres termes, rablati des tubercules indiqués n'agit que comme ferait la section des nerfs opi ques, et si, par conséquent, les uns et les autres ne seraient «lue simples conducteurs des Impressions visuelles* Voici les résultats de me* expériences à ce sujet:

Sur différents mammifères cl sur des pigeons, j'ai enlevé complètement les hémisphères cérébraux, en ménageant avec le plus grand soin les ches optiques proprement dites (*) et le reste de Feucéphale. Un pigeoo ainsi mutilé survécut dix-huit jours (**}, L'animal étant placé dansTobscurite, toutes les fois que J approchais brusquement une lumière de ses yeux, l'iris se contractait» et souvent même le clignement avait lieu. Mais, chose remarquable, aussitôt que j'imprimais un mouvement circulaire h la houpt enflammée, Tanimal exécutait un mouvement analogue avec sa tête. Ce* effets, reproduits chaque jour en présence des personnes qui assistaient 1 mes leçons, ne peuvent laisser aucun doute sur la persistance de l'imprw* sionnabililé à la lumière, après que les hémisphères cérébraux n^existenl plus; par conséquent, lorsqu'on supprime cette impressionnabilité coflh plétement, par la soustractiondes lubereules quadrijumeaux, un ne saurait faire dépendre un pareil résultat du simple défaut de communicalîon

(1) Flocrems, ouvr* cit,^ p. U2 et suiv.

(2) Magexdie a &lt de* abscrvatîoiis analogies (voy. Jomm, de ph^jfioL expêrim^^ 1»^ p. 380).

(3) Desmouliks, Antit, des syst. nt>ri.^ût€. Paris, 1825, p. 594. (•) n faut «e garder do confondra lé% couchet optiquei avec le» iobes optique*

llièfe dé nominal ion s'apptiqyCf ûmi^ le bnffuge de plusieurs anatoniifteft modemcSt wa MS^H cale» quadrijumeaux, mats snrloyl jiux ttiberculc^s bijumeaux des oiseaux, de» replflct ^^^| |K»Uion».

(^) t?ne poule privée de set loties cérébraux v6cut dix moU enUcrs. (FtODltiiS| < 2*édil., p. 870

Un pigeon, ayant »ul>i l'ablaUon de ce« mêmes lobe», m portait fort bien trok mmtt opération. (Malcorps, dan» LtçftM mr les fbnet, du tyH. nerv. Foris, 1839, pmr i t. n^ p. 351.)

PROPaiftiii n fONCTioiig oi l'encêphalb (TVWÊcaim QUAMUUiiiAOt). Ii07

nerfs visuels avec les hémisphères cérébraux. — Chex les jeunes chats, les très-jeunes chiens et les lapins, l'iris continuait aussi à se mouvoir sous rinfluenoe d'une lumière vive ; parfois môme alors les paupières se rapprochaient.

Ces mouvements nous paraissent assez analogues à ceux qui, chez un animal décapité, succèdent à l'excitation des surfaces tégumentaires : faute des lobes cérébraux^ ils ont lieu sans conscience, sans qu'il y ait eu perception véritable ou du moins entière de la sensation lumineuse; car, en définitive, c'est à ces lobes que les sensations de la vue, comme toutes les antres, doivent parvenir, pour être élaborées, prendre une forme distincte, laisser des traces, des souvenirs durables, et enfin pour permettre la manifestation d'une série de jugements et de déterminations relatifs à la nature de ces sensations. Aussi, quoiqu'un animal privé de ses hémisphères cérébraux reste impressionnable à la lumière, ne faut-il pas s'étonner qu'il se comporte comme s'il était aveugle, qu'il se heurte contre les obstacles. D'évité point le danger qui le menace, etc. : la mémoire et le jugement, d'où dérive la connaissance des objets extérieurs, n'existant plus, pouvait-il en être autrement?

Concluons donc que, si l'ablation des tubercules quadrijumeaux et la section des nerfs optiques s'ont suivies du même effet, c'est-à-dire de la perte de la vue^ ce n'est pas une raison pour regarder les premiers comme de simples conducteurs des impressions visuelles : les tubercules quadrijumeaux sont des cen/r<?« de réflexion de l'effet centripète des nerf^ optiques sur les nerfs moteurs qui président à la contraction de l'iris, aussi leur ablation paralyse-t-elle cette membrane. En l'absence des hémisphères cérébraux, ces tubercules sont encore des foyers de perception pour les sensations visuelles^ mais de perception incomplète^ car il manque l'élaboration intellectuelle de ces sensations.

Plourens (1) avait d'abord remarqué que l'irritation d'un tubercule excite les contractions de l'iris opposé seulement; plus tard (2), il a reconnu, comme nous, que l'effet de cette irritation se manifeste aussi dans l'iris du môme côté. — Nos propres expériences nous avaient déjà amené à publier ce dernier résultat (*).

Les tubercules quadrijumeaux sont -ils sensibles et excitables (^*)1 Influencent» ils les mouvements volontaires? — La surface des tubercules quadrijumeaux ou bijumeaux, chez les mammifères et les oiseaux, ne m'a pas paru être sensible aux irritations mécaniques; mais aussitôt qu'on pénètre dans leur épaisseur, des douleurs vives éclatent, et l'animal pousse des cris ou

(1) Floubzns, ouvr. citéy édit. de 1824, p. 152.

(2) Flodhehs, ouvr. citéy édil. de 1842, p. 144.

(*) A l'époque où je publiai le second volume de mon ouvrage sur le système nerveux, qui parut avant le premier, il n'existait encore de l'ouvrage de Flourens que l'édition publiée en

{^) Nous appelons excitables (ou douées de motricité) les parties du système nerveux qui, sous rinfluence d'un irritant quelconque, ont la propriété d'exciter directement des contractions musculaires.

608 PIOrUtTÉS ET rmCTKMS DES Dl¥EISeS PABTIE8 H STSrtMB

se débat avec Yiolence. Cel effet peut s'expliquer par le voismage d'un faisceau de fibres se conlinuant avec le faisceau postérieur de la moelle, et prolongé au-dessous de ces tubercules; il ne prouve peut-être pas que leur propre substance soit sensible à nos irritants ordinaires.

L'excitation légère de leur surface, et aussi de leur substance grise dénudée, n'a occasionné aucune secousse con\'ulsive ; il nous a toujours Eallu pénétrer assez avant, et jusqu'aux libres médullaires prolongées, pour obtenir des contractions. Ces expériences^ exécutées immédiatement après la mort de l'animal^ donnent des résultats moins complexes que durant la vie, a ce sens que les mouvements généraux occasionnés par la douleur ne viennent plus s'associer aux secousses convulsives dues à une irritation touCc locale. Celles-ci apparaissent, cbez les mammifères et les oiseaux, principalement du côté opposé au tubercule que l'on excite. De semblables eftti ne sauraient surprendre, quand on se rappelle que le faisceau antéro-Iatéial de la moelle^ qui est doué de motricité, a des connexions intimes avec les tubercules quadrijumeaux, sous le nom de rttban ou ganse de Reit; maii ils teudent surtout à démontrer que, dans ces expériences, les contractions musculaires ont dû dépendre de l'excitation des faisceaux médullaires qui s'engagent au-dessous de ces tubercules, et non de celle de leur substance propre.

D'après Serres (i), les tubercules quadrijumeaux a sont excitateurs de l'association des mouvements volontaires ou de V équilibration; et de plus, les excitateurs du sens de la vue dans les trois classes inférieures o . — A l'ap» puide la première assertion, cet auteur rapporte une expérience et des faits pathologiques (2). Sur un chevreau, la base des tubercules quadrijumeaux fut traversée par un bistouri très-effilé : l'animal éprouva une douleur très-vive, suivie de mouvements convulsifs dans les membres et dans les yeux. Huit heures après l'opération, on le fit lever. La dènarche était on ne peut plus irrégulière : on eût dit qu'il ne savait plus marcher. Il vécul quatre jours, marchant toujours avec la môme irrégularité. Quand il voulait boire, il était longtemps avant de pouvoir plonger ses lèvres dans le vase où était l'eau; il avait également beaucoup de peine à saisir les herbes qu'il choisissait pour se nourrir.

A nos yeux, cette expérience est loin de conflrmcr l'assertion précédente, puisque, comme on va en juger^ la lésion ne se bornait pas, k beaucoup près, aux tubercules quadrijumeaux. Los Hbres pédonculaires sur lesquelles iU s'appuient étaient divisées, et de là l'irrégularité, l'hésitation dans les mouvements de l'animal. En effet, Serres ajoute plus bas : a L'instrument avait traversé la base des tubercules quadrijumeaux et le grtfS faimenu sur lequel repose le processus cereMli ad testes. Sur deux lapins et un chien, l'effet fut le même.» — Ce gros faisceau n'est autre chose que le pédoncule cérébral, dont la lésion, comme on l'a vu, entraîne en effet un trouble notable du mouvement.

(i; SuiiiES, Aunt, comp. du cerv(>au^ etc. Papin, 1827, l. Il, p. 717. f2j Sekhes^ oun\ ctfé, t. Il, p. 642 et suiv.

PB0PBIÈTÉ8 ET PQNCTIOifS DE L'ENCftPHALE (T0BBEG0LE8 QÛADRffJUàfeAlîX). ài09

Après Tablation du tubercule bijùmeau d'un côté, Plourens(l) a vu des pigeons tourner sur eux-mêmes, et principalement sur le côté du tubercule enlevé. Le contraire a eu lieu chez les grenouilles, c'est-à-dire que, le tubercule bijùmeau droit étant soustrait, le tournoiement s'est opéré à gauche (2). On n'a point oublié que^ chez les mammifères et les oiseaux, l'Action des tubercules précédents sur la vue est croisée; que, d'après Desmottlins (3), cette dernière est directe chez les grenouilles. Or, le tournoiement qui vient d'être indiqué nous parait tenir (quand toutefois la lésion se borne aux tubercules et n'intéresse point les fibres pédonculaires) k la perte de la vision dans un œil. En effet, ayant complètement évacué les humeurs de l'un des yeux sur des pigeons, j'ai vu souvent ces animaux tourner sur le côté de l'œil sain et leur cou se tordre dans le même sens. Cesi précisément ce qui a eu lieu dans les expériences où on lèse les tobercules : chez l'oiseau, la lésion du tubercule droit laisse l'œil correspondant intact, l'animal tourne à droite; chez la grenouille, la lésion du tnborcule droit permet la vision par l'œil gauche, l'animal tourne à gauche.

liais, quand on a blessé profondément l'un des tubercules, et qu'en flBÔme temps le pédoncule cérébral sur lequel il s'appuie a été nécessairement atteint^ on observe, comme dans la lésion de ce pédoncule^ un mouvement circulaire ou de manège que nous avons déjà étudié (p. ^02). Dans ces cas, la lésion profonde d'un tubercule entraîne, suivant Flourens^ une certaine faiblesse du côté opposé (4), au moins chez les oiseaux et les mammifères. Cette faiblesse, d'après Serres (5), survient dans le même côté, chez les reptiles, a par la raison, dit-il^ du non-entrecroisement des pyramides dans les deux classes inférieures, o

En réswné, des détails dans lesquels nous venons d'entrer il résulte que le seul usage des tubercules quadrijumeaux, qui, jusqu'à présent, soit démontré, se rapporte à l'exercice de la vision. Quant à l'influence sur les mouvements volontaires, que des expérimentateurs leur ont accordée, elle repose, comme nous l'avons prouvé, sur des expériences imparfaites, dans lesquelles on avait lésé des parties étrangères à la substance même de ces tubercules.

Cependant, avant de terminer l'étude physiologique des tubercules quadrijumeaux, je citerai quelques faits d'anatomie comparée qui permettent de croire que ces tubercules pourraient bien avoir d'autres fonctions jusqu'ici inaperçues.

Il existe, comme on le sait, des animaux qui sont ou bien réellement dépourvus de nerfs optiques, ou qui du moins ont cette paire de nerfs tellement grêle, qu'elle a échappé aux investigations de plusieurs habiles anatomistes. Les animaux dont il s'agit sont : parmi les mammifères, la taupe

(i) Floubuis, ouvr. cité, 2* édit., p. 44 et 142.

(2) Floomns, ibid,, p. 51.

(3) Heshoolins, ouvr. cité, p. 594.

(4) Flodrens, ouvr. cité, p. 116.

(5) Serrbs, ouvr. cité, t. Il, p. G49.

AlO PROPRIÉTÉS ET POIfCTIOllS DES DIVERSES PARTIES DU STSTfeMI mBYlUI.

{Talpa europœa)y le rat taupe du Cap {Mut cc^emii), la iDUBaraigne-miiiette {Sorex aranem), la chrysochlore {Talpa aiiatiea), le rat lemni [Mmt tgphlus), etc. ; parmi les reptiles, le protée (Proteus anguimu) et la cédik; parmi les poissons, Taptérichte de Duméril {Mvrana cmca) et la mynae [Gastrobranchus cœcus) (1). —Or, chez ces mammifères et ces reptiles» te tubercules quadrijumeaux, suivant Serres (2), sont très-bien développés (^ et néanmoins la plupart sont réputés aveugles ou k peu près. La natare ae faisant rien en vain, on est donc en droit de se demander pourquoi les l»> hercules indiqués offriraient un tel développement, s'ils n'avaient d'aatie destination que celle de servir à la vision.

En admettant, avec Flourens (3), que les tubercules quadrijumeaux le siège du principe des contractions de Tiris, on s'étonnera de les si volumineux chez les poissons, dont la pupille est assez généralement regardée comme immobile ou peu mobile. Le défaut de contractilité de Tiris, dans cette classe d'animaux, a été admis par Guvier etaussi par SœmmerriRg le fils, qui, ayant exposé aux rayons solaires, concentrés à l'aide d'une lentille, Tœil d'un brochet vivant, n'a pu déterminer aucun mouvement de la pupille. Muck (A) a fait des observations analogues : In piscibus iridea « immobilem conspexi, etsi ipsum solis lumen oculos attigit O.

Le dernier mot sur les fonctions des tubercules quadrijumeaux n'a dooe pas encore été donné par les physiologistes, et il faut attendre de nouvelles lumières des expériences ou de la pathologie.

D'après Valenlin et Budge (5), la stimulation immédiate de ces tube^ culos exciterait les contractions de la vessie, de l'estomac et do canal intestinal : mes recherches sont loin d'avoir levé tous mes doutes sur la réalité d'une pareille influence.

Kn exposant la théorie des mouvements réflexes (p. 263), nous avons examiné la valeur de l'hypothèse qui attribue aux tubercules quadrijumeaux et aux couches optiques une action modératrice sur ces mouvements.

Les Tondions de la glande pinéale sont encore à déterminer : je n'auft» donc à entretenir rapidement le lecteur que d'hypothèses pour la plupart

(1) LoNGCT, Traité d'anat. et de physiol. du syst. nerv., yoj. tome U, p. 76-Sl, o* «* dÎMutée l'existence des nerfs optiques chei ces divers animaux.

(2) Serres, ouvr. cité, t. II, p. 329.

(*) U est regrettable que de Blainville, qui a eu occasion de disséquer le <;«*'^*'^'^J?J*' cœcuf et qui a vainement cherché les yeux et les nerfs optiques, n*ail pas noté Télat daa »■»• cules quadrijumeaux. (Voy. Principes d'anat, comp. Paris, 1822, p. 428.)

(3) Flourems, ouvr, cité, p. 48. .

(4) Muck, IHsseri, nnatom. de ganglio nphthahn, et nervis riiiarihus, Landshut, 18W. (*•) De Lacépêde dit néanmoins que divers poissons peuvent contracter leur puplUetiiU

pour lui donner la forme d'une fente verticale ou horizontale ; mais il ne cite pas lei ^J^ qui jouissent de cette faculté. {Principes d'anat. comp,, par de Blainyille* Paris, 1822, p. â»)

Aujourd'hui, jn^ce aux expériences de Brown-Séquard {Journal de phytioL, etc., I»J1» p. 285), la contractilité de l'iris des poissons ne saurait plus être mise en dont», «■ MM chez un certain nombre d'espèces.

(ô) Valemtin et Budge, toc, cit.

MOMltTÉS BT VONCnONS DK l/SNCÊPHALS (OLAflIffi PTNftAtc). /|11

fort anciennement émiges, et en partie reproduites par des auteurs modernes on même contemporains.

SniTant une opinion antérieure à Oalien, puisqu'il la réfute, le eonaritim, on glande pinéale, ferait Toffioe de portier^ comme le pylore de l'estomac, et ne laisserait passer du ventricule moyen dans le ventricule du cervelet que la quantité convenable d'esprit vital. Du reste, voici en quels termes («efit gr.-lai. de Kûhn) Qalien lui-même (1) expose cette opinion : a Usum ccMiario eumdem esse existimant aliqui, qui est pyloro ventriculi. Nam, ot hune confirmant probibere ne ex ventricule cibus, priusquam coctus sit, in tenue inteslinum assumatur, ad eumdem modum et hano glandulam, eonariumy in principio meatus constitutam, qui meatus spiritum ex medio ventricule in cerebelli ventriculum transmittit, custodem quemdam esse aiunt, et velut œconomum esse quantum spiritus mitti oporteat.

Magendie (2), en considérant la glande pinéale comme un tampon destiné à ouvrir et à fermer Taqueduc de Sylvius, n'a donc pas émis une hypothèse nouvelle.

Oa]ien(3) regarde le conarium comme étant de nature glandulaire, ce qui permet de croire qu'il lui supposait des usages relatif à une sécrétion. Ces usages ont paru probables à quelques physiologistes, a La pré^ sence d'une cavité dans son intérieur, dit Cmveilhier (&); l'hydropisie dont celle-ci est quelquefois le siège, sembleraient indiquer que les usages du conarium sont relatifs à la sécrétion d'un liquide.»

D'après Willis (5)^ la glande pinéale existerait surtout à cause des plexus choroïdes, et serait destinée à absorber et à retenir la sérosité exhalée du sang artériel, jusqu'à ce que les conduits lymphatiques [lymphœ durtut) la charrient ailleurs.

Pour combattre l'hypothèse en faveur de son temps^ Galien(6) se fonde sur ce que, vu son immobilité et ses adhérences, le conarium ne peut oblitérer le conduit de communication du ventricule moyen avec le ventricule cérébelleux. Toutefois il maintient qu'il existe un agent pour une pareille oblitération, et cet agent, suivant lui, est Téminence vermiforme du cervelet : il Opinari autem (dit-il) transitui spiritus prseesse id conarium, hoi> minum est epiphyseos vermiformis aclionem ignorantium. » Ambroise Paré(7) emprunte la môme idée à Galien.

C'est surtout depuis Descartes (8) que la glande pinéale a acquis, pour ainsi dire, une certaine célébrité. Chacun sait qu'il voulut en faire la source des esprits: a Les esprits coulent de la glande pinéale dans les concavités du cerveau... Elle doit être imaginée comme une source abondante dont les parties du sang les plus petites et les plus agitées coulent en

(i) Gauen, De tmt partium^ lib. VIU, cap. xiv, t. IH, p. 675.

(2) Magendie, JoMrw. dephysioL expérim,, t. VUl, p. 225.

(3) Gaueh, loc, cit.

(à) Ceoveilhier, Anat, descripU Paris, 4836, t. IV, p. 689, 690.

(5) WiLUS, Anat. cerebri, etc. Amsterdam, 1683, cap. xiv, p. 108.

(6) Galiem, loc, cit,^^, 676, édit. cit.

(7) Ambeoise Paeé, Anatomiéy chap. vni.

(8) DXSCARTES, Traité de rhwnrne.

'4f ^ nsorciftfis kt nscrKos ni.^ mi ums fabtiis ■

ittfa»^ Ufttip^ 4« Uau c^jrté*... Il fïQt fort peu de rhofie pour U dèlenniiMrà ^'ir«/:!;ri«rr. ou Mr pHïch^r pia^ ^hi riioiaf. tantôt d'an c6lé, Unlôt de l'Un, ti Uift: qu'tTi w: p^rflKrbiUit e]i« di^po«4r les esprit» qui sorteal d'elle à pfcaÉR J4tif fJMn %érr% r^rUib» eodroiU ^u cerreaa piulM que vers les i»tr^, ^:. * — RidîcaJisaAt Fîd^ de DeMrartes. on assil rame sur la pifi^ail^r cMitiiH «^ur ud ^iége.d'ou elle dirigerait le> impubions dn SI l'aide de deux proloriiieement uerreux que ie» aoalomistes appelhii encore qu';lquefoi& kale/ê^ animi. Aujourd'hui il >erul superflu de ciler len argurneriLi opfMi«»é^ par Willisfl. et Siénon 2: à une hypothèse daH le ternpf et le M^ni #;oiiimuD ont fait justice.

Kiilarido (5> et Magendie(Jî; ont ezpérimeoté sur la glande pinéale el 9m pédon<;uleft; rriai«» il n'e^t ré&ult^^ de leurs tentatives aucune conjecture sv les uMgei» de ces [parties.

UïH coucbcH optiques n Vint pas sur la visiwi rioflueoce que le nom qu'elles portent |>oiJrrait leur faire supposer. — En effet, je les ai désorganisées sw de» ffiamniiféreK et des oiseaux (en ménageant les nerfs optiques), et il y a eu perMHtam^e de rimpressionnabilité visuelle, la pupille a continué de tt renfierrer .sous rinflucnce de la lumière; de plus, la stimulation directe do couches optiques n'a j<imais déterminé de mouvements dans Tiris. Au ooa- Iraire, on m rappelle qu'on fait naître ces sortes de mouvements à voloolé en irritiint les tubercules quadrijumeaux, et surtout qu*on abolit la vue, purtiint les contractions de l'iris, en désorganisant ces éminences. Les tubercules quadrijumeaux mérit(Taient donc plutôt le nom de coucho opliqui'.s que ces couches ollcs-ménics. Toutefois, chez l'homme, dans plusieurs observations d'épanchcments sanguins siégeant dansées derniers organes, il a pu y avoir dilatation et immobilité de la pupille, perte delà vue, parce que, placés au-dessous d'eux, les nerfs optiques eux-mêmes avaient dfl (^(re comprimés.

Si Tactiou des couches optiques sur le sens de la vue est nulle, ou do moins si elle est ditlieile à apprécier, leur influence croisée sur les mouvemenls volontaires ne saurait Otro mise en doute. Enlevez, chez un lapin tuiiiitt*, les deux liémispliéres cérébraux, puis môme les deux corps striés: chose reiuartiuable, la station et la progression seront encore possibles; mais à peine aure/.-vt)us supprimé la couche optique droite, par exemple» que ranimai tombera sur le côté gauche, et vice versa, sans que pourtant ce côté soit paralysé «rune manière absolue {*). — Chez l'homme^ comme le prouvent les faits pathoittgiquos, Faction des couches optiques sur le mon-

(l) W1U.I1&. /«M-. flY.

(U^ Stéson, />ijni>tif'v sur rtiHatomit» du n»rcc*riu, iniéré dans VAnat, de WutSLOW. PSHii| 1776. l. IV. |i. U7, in-12.

(H) Rai.ANPU« Jourwii tie ^h^swi. fxpà-ituetit.^ t. III, p. 101.

^4' Ma«IUII>1K, Ux^tHs sur /fs fouet . ttu ^ysl. uen,, t. I, p. 201.

{*' l.r» Upiii!t trts-jt'uurM^ m^iiie apn'$ Pablatioii des couclirs opUiiues, peuvent eamv le «uuieiiir «ur leur* ifuatre membre».

noniÊTtS BT rOMGTKniS de L'EMCÊPHALE (WUCWS OFnQOEB). 413

cernent est également croiiée; parfois aussi la sensibilité est lésée du même $6lé que le mouvement. La présence, dans ces organes, des deux ordres le faisceaux de la moelle, l'entrecroisement déjà écrit de ces mêmes Emceaux, peuvent servir à rendre compte de pareils résultats.

Si les couches optiques transmettent, plus spécialement par les fibres pédonculaires qui les traversent, les ordres de la volonté au foyer ocitateur principal du mouvement {protubérance ou mésocéphale)^ sans lente aussi elles représentent par leur substance grise des foyers d'innermtkm locomotrice. Mais la force nerveuse, qu'elles sont aptes à produire m raison de leur constitution propre, se transmet-elle, d'une manière sroisée, à toute une moitié du corps de l'homme et d'un animal supérieur, la seulement à une partie de cette moitié? — Et d'abord, qu'on sache que a couche optique et les nombreuses fibres médullaires qui s'en irradient K)ur constituer le lobe cérébral postérieur sont considérées comme ormant, pour ainsi dire, un même système. Quelques auteurs ayant ivancé que ces parties de l'encéphale tiennent sous leur dépendance les Bonvements du membre thoracique, nous allons mentionner les preuves [a*lls ont émises en faveur de leur assertion.

Saucerotte (1) semble être le premier qui ait eu l'idée d'une pareille ocalisation. « On vient de voir, dit-il, qu'outre le croisement des fibres nédullaires d'un côté de la tête à l'autre, et qui a été découvert en partie mr de célèbres anatomistes, il y en a encore un de la partie antérieure à a postérieure, et vice versa, pour le mouvement des extrémités ; de façon foe Vorigine des nerfs destinés au mouvement des extrémités supérieures est dans apmiie postérieure du cerveau, et réciproquement dans l'antérieure pour les »ctrémités inférieures?» Puis, le même auteur rapporte quelques expéîences qu'il a exécutées sur des chiens, et dont les résultats lui ont paru confirmer sa manière de voir.

A l'exemple de Saucerotte, Serres et Loustau (2), ayant lésé, sur des chiens, les couches optiques et leurs radiations, disent avoir vu survenir la >aralysie des extrémités antérieures. Schiff (3) penche vers la même opilion, sans admettre néanmoins que la paralysie soit absolue.

De plus, Foville (6) et Serres (5) citent, à l'appui de l'opinion précédente, 'un trois, l'autre cinq observations pathologiques recueillies sur l'homme.

Toutes les fois que, sur des chiens adultes, j'ai profondément lésé les couches optiques ou leurs radiations dans les lobes cérébraux postérieurs, les mimaux ont fléchi sur leurs quatre membres ; et, après leur chute, il a toujours été impossible de reconnaître si la paralysie, d'ailleurs incomplète, §tait plus prononcée dans le train antérieur que dans le train postérieur ;

(1) Saocbrotte, Prix de l'Académie de chirurgie. Paris, 1819^ in-8, t. IV^ p. 310. — \témoire sur les contre-coups dans les lésions de la tête, couronné en 1769.

(2) SsaBis et Loustau^ Ànat. comp, du cerveau. Paris, 1827, t. H, p. 690, 692.

(3) Scnrr, Devimotoria hfiseos encephaliy p. 14.

(4) FovnXE, Recherches sur le siéye spécial de différentes fonctions du système nerveux, «r Foville et Pinel-Grandchamp. Mémoire publié en mars 1820.

(5) Sebbcs, ottvr. citéy l. Il, p. 664 et suiv. — Annuaire médico-chirurgical des hôpiaux. Paris, année 1819.

h\h PEOPRiÊTtït KT PONCTIONS nm DlfKHSiiS rARtlKS l>L^ SYJilfeMK NEBVEtJ\,

Ith mouvements m y ont paru Hre également aflaibli*. Marnes réâultâti, quand j'avais désorganisé les corp» striés avec leurs radiations antérieofti Chti k» lapins, je Tai déjà dit, après l'ablation complète d<?s henni JipllèM cérébriiux, la station el la progression peuvent encore s'effectuer : la êùm* traction niônne de* deiiït rorps striés ne rend ni Tune ni !*aiitre impossible, et, par coustéqiient, ne paralyse pus plu» les memlire* abdominaut que l«i membrei Ihoraciqucs.

Si l'opinion qui place dans les couches optiquen et leurs radiations le principe du mouvement des membres Ihoraciques ne peut pas, selon noot^ I s'étayer clcs vivisections, la pathologie lui friurnitclle des preuves qui doivent la faire admettre comme une vérité physiologique démontrée 1

Le résumé d'un grand nombre d'observations que le professeur Andrala consigné dans sa Clinique mkli€(ile{\} nest nullemenl favorable à tme pareille manière de vuir Ce résumé s'applique d ailleurs à ia fois am lésions des couches optiques et à celles des corps striés; aussi, en traitant de ces derniers organes, devrons-nous seulement rappeler le passage suivant:

ï( Dans ces derniers temps, dît Andral, quelques faits ont été publié* dans le but de prouver que la paivilysie des membres tboraciques dépend d*unc lésion bornée aux couches fipliques ou ;> la masse nerveuse située t leur niveau et derrière elles» et que la paralysie des membres abdôminaujt dépend d'une lésion des corps siriés ou de la masse nerveuse située il leur niveau ou an-devant dVux. Pour déterminer rexactitudc de cette opinion, nous avons aussi interrogé les faits; or, ne prenant que ceux dans lesquels la lésion était parfaitement limitée, nous en«LVOus trouvé ^oCrofl/l^ quinze dans lesquels ccNe lésion (hémorrhagie ou autre) était a«*eat exactement cirecmscrile, pour qu'ils pussent servir à la solution de la question qui nous occupe.

ri Sur ces soixantequinze cas, nous en avons compté quarante dans loi^ qufis les deux membres d'un côté étaient h h lois paralysés; sur ces qmh rante cas, il y en avait vimjt el un dauA lesquels ii n y avait de lésé qitels lobule antérieur ou te corps strié; il y eu aviut dij'n§ufdi\n^ lesquels h lésion avait pour siège le lobule postérieur ou la couche optique,

0 Sur ces mêmes soixante -quinze cas, nous en avons trouvé vingi-irm* dans lesquels la paralysie était bornée au seul membre thoracique, dont Oiiieavec lésion du corps strié ou dti lobule antérieur; dix avec îésî- * la eouehe optique ou du lobuU* postérieur; ffm^c avec lésion du ^ moy^iiv

• Enfln, sur cas «oiiante-qoinise mêmes ra^, nous m avnu> trouve^ *iomf antre> dans Icsquel*^ la [laralysie l'inl bornée au seul îuembre abdoroinsî. dont dix avec lésion àxi corps strié ou du htbulc antérieur, cl deux^xm lésion de la couche optique ou du lobule postérieur.

w De ces faits, ajoute Audral, comment ne pas conclure que, daas rétal acttiel de la science, Qn m peut mtotc <migner^ dans \c cerveau, nn

(1) âVDiàt, Conie V, Molmim de tmcéphnle, Ptuis, I!»a3, p. 357, SSa^ I* 4éfl.

WÊOmiÈlU Vt fOMCnOlft m L'CHGÊraALB (OOUGBBS OPnQOES). il 5

Hf9 éinimet aax mmufementi dn membres supérieur et inférieur? Sans doute • tiége distinct existe, puisque chacun de ces membres peut se paralysej lolémniii : mala nous ne le connaissons point encore, j» La conclusion précédente nous semble rigoureuse; elle s'accorde^ d'ail-- Bafif avec les résultats de nos propres expériences, et, par conséquent, lous sommes porté à lui donner notre entière adhésion.

Gomme les hémisphères cérébraux, les couches optiques peuvent être »quées et dilacérées, chez Tanimal virant, sans qu'il y ait ni contraction laaa les muscles volontaires, ni signes de douleur.

En blessant directement Tune des couches optiques sur des lapins, sans iblation préalable des hémisphères, j'ai déterminé un mouvement circuaire ou de manège^ comme à la suite de la lésion partielle de Tun des.péloncules cérébraux (voy. p. 602] : ce mouvement avait constamment lieu rers le côté opposé à la lésion. Lafargue (1) a été témoin du môme phénonène. aJ*ai retranché sur une grenouille, dit Flourens (2), la couche )ptique droite : la grenouille a tourné longtemps et irrésistiblement sur e côté droit. J'ai retranché sur une autre grenouille la couche optique ^uche : Tanimal a tourné sur le côté gauche, n Ce résultat tendrait à prourer que, dans les reptiles, comme nous l'avons déjà dit, il n'y a point Toisement d'effet, comme dans les vertébrés supérieurs. — D'après Scbiff (3), le sens dans lequel s'accomplirait le mouvement de manège, shez ces derniers, varierait suivant la partie de la couche optique qu'on lurait détruite. La destruction des trois quarts antérieurs de cet organe, chez les lapins, déterminerait le mouvement vers le côté lésé, et celle de son quart postérieur vers le côté opposé à la lésion, c'est-à-dire comme après la section du pédoncule cérébral. Pour se rendre compte de l'influence directe des trois quarts antérieurs des couches optiques sur les mouvements,. cet expérimentateur admet, au niveau de l'espace perforé moyen, un entrecroisement ûbrillaire qui neutraliserait celui des pyramides, entrecroisement déjà aperçu, suivant lui, par Wemekink, de Qiessen. Du reste, Schiff s'explique le mouvement circulaire, après la lésion d'une couche optique comme après celle d'un pédoncule cérébral, par la paralysie des muscles abducteurs de l'un des membres thoraciques et parcelle des adducteurs de l'autre.

Budge (4), Valentin (5) et Schiff (6) affirment qu'on peut exciter les contractions de l'estomac et des intestins, à l'aide de la stimulation directe des couches optiques; et Budge prétend que ces effet» se produisent surtout quand on agit sur la couche optique droite. Dans le» ré)>ultat8 que j'ai moi-même obtenus^ il y a eu une telle inconstance, qu'il m'est impossible

(1) UrAEGOE, thèse cite, p. 17.

(2) Floorers, ouvr. cité, 2« édit., p. 51.

(3) SCBITF, Roser's und Wunderlich*s Arckiv fièt pftysioto§isfhe HvUkamki 1846,

(4) BOMIf Untersuchungen ûber daâ Nervntystem^ 1841, p. 149, 152.

(5) Valentin, Repertorium, etc., t. VI, p. 359.

(6) ScHîfF, mém, cité.

fl lli l HOPHlEJtb El FOM;liOi\S Dfcb DiVKRStS PAHlJtâ DU SYSTEME NIIIfEla

d admettre une ptireille assertion comme établie sur des preuves conduai tes* Il est vrai que mes expériences ont été faites sur des chiens et lapins, el non sur des rhats que ces auteurs semblent recommander coi plus propres à ces sortes de recherches* Mes expériences n'ont pas été pi probantes k l'égard rie T influence des couches optiques sur les mouTementâ du cœur, innueoce admise par Valentin (1),

luao-

puH

Corpf fttrîéf.

Willis (2) avait placé dans les corps striés le sensmium commune : il leur faisait aboutir toutes les sensaliotis, et les regardait comme le réceptacle du principe de tous les mouvements valonlaires. Suivant cet auteur^ lou6 les nerfs, spécialement ceux de la vue et de Fodorat, naissent dans le voi» sinage des corps striés; puis, pour conûrmer son opinion sur les usagei lie ces organes, il prétenri les avoir loujours vus ramollis et atrophiés chei les individus atteints de paralysie et d'aueslbi'-sie anciennes. En(in il ajoute que, dans les tout jeunes animaux qui manquent de la vue, et cher lesquels les autres fonctions sensoriales et locomotrices s'accomplissent dtfficilemeul, les corps striés ou leurs radiations sont à peine formés et sealemeni rudimenlaires.

Os idées de Willis régnèrent pendant longtemps dans la science, et beaucoup de physiologistes firent effort pour en démontrer Texactitude^ soit par des expériences sur les animaux vivants, soit par des observaiioQS pathologiques concernant le cerveau de l'homme.

Aujourd'hui qu'on repousse Topinion de Willis sur les usages des cor striés, Comme une hypothèse sans fondement, on est loin assurément c lui en avoir substitué une autre plus plausible et mieux établie. Ce qui^ suivre viendra en aide à notre assertion.

Saucerotle (3) pratiqua, sur des chiens, des expériences qui lui fir croire que la partie antérieure des hémisphères (radiations des corps strtési intluençait seulement le mouvement des membres pelviens. D'après le mèmfe auteur, conmie on Fa vu (p. hi'S), la partie postériem-e de ces hémisphères (radiations des couclics optiques) tiendrait sous ^a dépendance le mouTe» nient des membres Ihoraciques. Serres (û), ayant répété l'expérience de Sauce rotte sur un chien et sur un chat, assure avoir aussi reconnu que U lésion des radiations antérieures des corps striés paralyse excimivemefU\m membres abdominaux.

Nous avons déjà dit que, dans nos expériences sur des chiens adolle», nous avions triujours vu ces animaux fléchir sur leurs quatre meinbrf^i après la désorganisation, soit des lobes antérieurs, soit des lube^ posté-

(1) ValektïÏ», Lrhibuich lier Phyxiohgie^ i, U.

(2) WiLUs, Ànatamr rcrthri, clc. Amsterdam, IG83, cap. Xlll, p^ 95 et itq, ètJil, kn-it,

(3) SAuctnôTTC, Mémoire inséré dam les ï^tù tltVArwf. ih'rhhurg%**, FsHi^édit. de XH'^. I. IV, p. 290, in-8.

{Ai OMIMES, Hlirr. Cï/ts t. n, lu ()81K

PROPRIÉTÉS ET FOMCtiONS LïK lVeNCÉPHALE (CORrb STRIÉ^).

ars, et qu'il nous avail élè impossible de constater plus de faiblesse dans

e paire de menihres t|iie dans une nutre. Ajoutons qut; Tablation entière

s corps striés et des lobes antérieurs, chez un grand nombre de lapins,

jamais été suivie d'une paralysie plus appréciable dans le train posté-

fieur que dans le ttaln antérieur : conslauunént nous avons vu ces animaux, moins qu'ils ne fussent épuisés par une hémurrhagie, pouvoir, quand on

t& excitaif, courir en se servant également de leurs quatre membres. Mais, les résultats n'étant pas unifrirmcs chez les animaux de différentes pèees. il importait, pour chercher h éclairer la question, d'avoir recours faits pathologiques recueillis sur Thomme lui- même. Dans un autre vrage (î), je me suis déjà appliqué k apprécier la valeur de ces faits dus divers observateurs, et de cet examen il est résulté qu'une lésion du rps strié ou du lobule antérieur, chez Thomme, peut paralyser isolément il le menfibre thoracique.soit le membre abdominal ;^ — qu'elle peut aussi

Èiralyser ces deux membres it la fois; — qu'enlin les mêmes effets peuvent se

roda ire par suite de la lésion de ia couche optique ou du lobule cérébral

mstépieur.

Les faits patholotfiques, d'accord avec nos expériences, ne sont donc

lollement favorables aux idées de Saucerotte.

^ Magendie a également émis une opinion sur les usages des corps striés. Vaprès lui (2), il existe, chez les mammifères et chez Tbommc, une force ptémure qui les pousse k marcher en avant, une autre force qui tes porte i reculer ; la première réside dans le cervelet ; la seconde, dans îes corps triés. Dans Télat sain, ces deux forces sont dirigées par la volonté, et se Sontre-hatancenl mutuellement. Mais, suivant le môme physiologiste, si 'ou enlève l'mi ou Tautrc organe où siègent ces forces, l'antagoniste ■emeuré sain obtient tout son effet : de làj la rétrocession irrésistible après •ablation du cervelet, et la propulsion, également irrésistible, après la iouslraction des corps striés.

Pour que ce dernier phénomène se manifeste, il faut, selon la recomraanialion de Magendie, ne pas se bornera enlever la substance grise des corps Iriés: «Ce qui n'a pas lieu, dit-il, par la soustraction de la matière grise, Donimeoce à se montrer dès que la blanche est intéressée ; ranimai s^agite, narque de Finquiétude, cherche à s'échapper; cependant, si un seul des Borps striés est enlevé, il re^te encore maitrc de ses mouvements et les Jirige en divers sens, s arrête quand il lui plaît ; mais, immédiatementaprès

section du second corps strié, l'animal se précipite en avant comme [ïouâsé par un pouvoir irrésistible (*J, n

Sur un très-grand nombie de lapins vigoureux et âgés de trois ou quatre

(1) LoHGKT^ Trotté d*anat. et de fihysiùi^ du sfjst, nerv. Pari», 1842, l. I, p. 518.

(2) MACÊKDm, Èlént. de phystoL Paris^ 1830, t. I, p* 407, 409. — Jount. de phynoL ]mptrim,y 1823, t. U\, p. 376. — Lfçons Jtur les fond, du synL nerv. Pari», 183», U I,

C) Con»ullei, d»n» mon Traité d'anal, et de physiot. du sy§t. ttew., l. I, p, 519, Canalyte d'une ataenratiûn de Tiédacnel, obsÊrvalion que Mageîïwe a cru devoir cilor comme corifirmative de Hin i^pjniou sur les utagcs ik^ corps sUicâ.

LOIICET. — t'IIVstOL. ni. — 21

'lîH FBOfllfeTtS Kï ffMICri05.S DES DfVCBSES PJIBTIES NT STSTtlIE MBTEUX.

ffioifi, commf; le consi'ille Mager.riip, j'ai enlevé compifieifteni les hémifftphérc'ji cérébraux, puis les d^ux corp» striés^ en rasant les bords aptériev et externe de» couches optique^; et, à l'exception d'une seule fois» 06 b cinquième paire ayant été piquée, lanimal >'e>t enfui en rrianl, tous les lapinh hitui demeuré.*» immobiles. J'ai varié l'expérience, en enlerani les corpH striés seulemr'pt avec la portion de<^ hémisphères où iU s'irradient: les efTets ont été les mêmes. Touies los personne^ qui, à diverses époques ont assisté à mes cours de vivi:>ection<, ont été témoins de ces résidtats négatif», confirmés par les expériences plus récentes de Schiff (1). U m'a tiiujours f;illu pincer fortement la queue des animaux pour les f^ire s*éhacer en avant: alors, ils s'enfuyaient le plus souveut en poussant un cri; mais la prtipulsion a*Hvail i ien iV irrésistible, puisqu'ils s'arrêtaient bientôt, pour se précipiter derechef sous Tinflucnce d'une excitation nouvelle.

I^fargue (2) a également obtenu, de ses expériences sur les corps striés, les résultats négatifs que j*ai constatés moi-môme. «(Elles occasionnent, dit-il, une profonde stupeur; et quand, à force d'excitations, on parvenait h faire marcher les lapins mutilés, leur progression était lente, parce qu'ils ét;iient aveugles... Dans t')us ces cas, pas de propulsion rapide, malirré U destruction des corps striés. » Toutefois Lafargue a vu deux fois les lapiu se préripiler en avant après cette mutilation : s'étant convaincu par Tau- Uipsie, ce qui est réel, que la section des corps striés s'accompagne le plus souvent de la lésion ou môme de la division des nerfs optiques, cet expérimentateur avance que la firopuMon prétendue irrésistible, attribuée par Magendie h unprinci|»e moteur particulier, reconnaît pour causes la frayeur et la cécité réunies. « Pour (juc ma présomption se changeât en certitude, ajoute -t-iK il fallait, au moyen d'une mutilation quelconque, troubler, eirt'aytM' profondément nn lapin vij^oureux, en le privant de la vue, en conse^ vaut ses niouviMuents; il fallait que, malgré l'intégrité des corps striés, il prés(Mil.AI, avec toutes ces circonslances, le mouvement de propulsion. Or, dv.{\\ fois, un(^ mutilation des hémisphères qui avait entraîné la cécité (*) a donné lieu à ce mouvement ; la blessure des tubercules quadrijumeaoi a (*ansé tieux fois uih» fuite rapide. En terminant, Laforgue aftlrme que Ton a pris |)our Tt^lfet d'une impulsi(m spéciale la fuifo pure et simple d'un animal mn'wjlr v[ jeté dans un étal d'excitation douloureuse (**).

Des faits précédents, nous concluons aussi que lu force motrice spéciale, (|ue Magcmiie place dans les corps striés, est une force purement imagi* uairc.

(t^ SCHIKI", I^' 'i nintorin tnim^tM fm^phnli, etc., p. 4. (2^ LAFARtilK, thrsf cttév,

(*^ U ii'i^st |».i» ilémonlK', |Hiur nous, que ccUc mutilation entraîne la ctn/c ah\o/ur, même chfi le« iiianiuiilère^.

y^*' Sciirr mif.!. •-!/. .qui. nprè* l'ablutiou d«*s con*^ itrii*«. a vu auati le* «nioiaiii raslrr «l'jùktnl imniobilf» tant qu'ils n'êtaii'nt soumis à aumne excitation. Biais qui 1m a tus s'cahir a\ei' vite»$t* quan«l il lo<« avait excités, n*ailmri }>t>int. «l'après se< expériences, que la eiàié pui«M* otrv iiiMxiui'O |HMir «'\pli«]uer un lureil uiouvement de propuUioa ; il Cûl dépendre celui-oi lie U li'>UMi ilo> lobi'» cort'braux oux-n Munies. l>*$ioii ^lui |Mr.tIy<c l'ccfio/i mtxiér^irict de la volonlo.

FBQPM|TtS. ET FONCTIONS DIÇ I«'^NCÊPaAUB (CORPS GAUE|iX)> ^19

Aucun fait ne démontre que les corps striés aient la moindre influence 9^r l'olfapt^on : le nom .de couch/ès des nerfs ethmoîdaux ou olfactifs, sous lequel Chaussier les désigne, ne saurait être justice ni au point de vue Anatoipigue, ni au point de vue physiolo^que. Les corps striés manquent à des animaux pourvus de nerfs olfactifs énormes, et, au contraire, ils sont tiiè^-déyeloppés chez les cétacés, dont les nerfs olfactifs sont tellement mdimentaires, qu'ils ont échappé à Tinvestigation de plusieurs anatomistes célèbres.

Chez les animaux vivants, les corps striés semblent être complètement insensibles aux irritants mécaniques; ils peuvent être dilacérés sans qu'il y ait manifestation d'aucune douleur, et sans que la moindre contraction musculaire locale survienne. Sous ces rapports^ on peut donc les assimiler aair couches optiques et aux hémisphères cérébraux; mais de pareils résultais ne nous apprennent rien sur les fonctions spéciales des corps striés, fonetions qui restent encore à déterminer.

Quant à l'influence de ces organes sur les mouvements du cœur, de Testdtuac et du canal intestinal, influence admise par Valentin, etc. {loc. cit.), jè ne puis que répéter ce que j'ai dit (page M5 ) à propos des couches optiques.

Oorp« caDeiiz, voûte à troit pilicrt et oloîton transparenle.

A. — ^ Corps calleux.

Dans un mémoire intitulé : Observations par lesquelles on tâche de découvrir la partie du cerveau oh rame exerce ses fonctions, Lapeyronie (1) se détermina à faire du corps calleux, comme le disent les anatomistes, le siège de rame. On a déjà vu que Descartes avait accordé la môme prérogative à la glande pinéale, et Willis au corps strié.

Lihypothèse de Lapeyronie trouva des partisans tels que Louis, Ghopart^ Saucerotte, etc. Ce dernier auteur (2) pensa même pouvoir la confirmer, jusqu'à un certain point, à l'aide de deux expériences (16^ et 17*) sur des chiens : «Je portai, dil-il, doucement et perpendiculairement un scalpel vers le corps calleux, que j'incisai légèrement de devant en arrière. Dans le moment de la section, l'animal eut un violent trémoussement dans tout le corps; et, dans Vinstant, il tomba dans la léthargie.,, 11 paraissait avoir le sentiment anéanti; car je lui coupai le nez et le lui brûlai, lui piquai les yeux, lui enfonçai un scalpel dans les muscles, sans qu'il parût avoir de sentiment... » — Saucerotte obtint des elfets analogues, sur un second chien, en comprimant le corps calleux à l'aide d'une lame de plomb.

J'essayerai plus loin d'apprécier l'opinion de Lapeyronie, autant du moins qu'une opinion de cette nature puisse l'être^ non par des expé-

(1) Lapeyronie, Journal de Trévoux, 1709, — Mém, de P Académie des sciences de Paris, anuée 1741, p. 199.

(2) Saucebotte, Mém. sur les cofitre-coups dans les lésions de la tête, dans Prix de r Académie de chirurg, Paris, édit. de 1819, t. IV, p. 313 et 334, i»-8.

h"li\ PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES mVEBSES PARTIES DU SYSTEME f«&RVbLiJ|«

riences sur les iinimaiix, nuih à Taide de;^ TaiLs d'analoniie anormale d*anatOTTiïe palhologique relatifs au corps calleux. Pour le moment, je ferai, connaîlie ftciitemcnt los résiillcils empruntés aux vivisecUons; résultât qui^ il faut bien 1 avouer» ne sont guère propres à nous éclairer sur ]i lisagcs de cet organe.

Chez des lapins et chez fie jeunes rliiens, les lésions artificielles corps calleux ne m'ont pas paru troubler d'une niiinière îippréciable \ mouvements volontaires* J'ai incisé cette comnussure drms toute sa longueur, sur des lapins qui étaient dans la station, et néanmoins ils ont conl nué à se soutenir sur leurs quatre membres; ou bien, sous TinQuen' d*un stimulus, ils se sont rais à courir» comme avant l'opération r du reste, pas la nioindre secousse convulsive» pas le moindre signe de douleur pendant sa durée. Chez les chiens aduiie^, les résultats ne sont pas tout à fait les mêmes; car, par suite de Thémorrhagie abondante qui survient pendant qu'on uiet péniblement A nu leurs hémisphères» souvent ces animaux ne peuvent déjà plus se tenir debout après cette opération préalable. Toutefois leurs quatre membres se meuvent encore volontairement quand le corps calleux a été incisé» et constamment, chez les chiens adultes comme chex les jeunes chiens elles lapins^ la sensibilité persiste; ils poussent des cris, si Ton vient ;\ pincer fortement une partie de leur corps. Sur aucim de ces animaux, je n*ai vu survenir le trémoussement convulsifdont parle Saucerotte ; il n'éclate que quand un lèse assez profondément des parties étrangères au corps calleux, et situées au-dessous de lui : les tubercules quadri jumeaux, par exemple.

Sous ce rapport, mes expériences s*accordent avec celles de Lorry (1 « Ni les irritations du cerveau, dit cet observateur, ni celles du corps calleiu ht! -même, m* produisent de ronvulmnis. On peut remporter ménie impunément; la seule partie, entre celles qui sont contenues dans le cerveau, qui ait paru capable unitormémeni et universellement d'exciter des convidsions, c'est la rmelk idhmjrti. C'est elle qui les produit à l'exclusion de [toutes les autres*» — Flourens (*2)» Magendie(3), Serres {h), etc., ont égatlement obtenu des résultats négatifs en expérimentant sur le corps calleux.

Quant à l'assertion de Valentin(5), qui admet que l'excitation directe do corps calleux modifie les contractions du cœur, il ne m'a pas été possible de la conlirmer.

Treviranus (6) regarde le corps calleux et les autres commissures comm^ les liens nécessaires des deux hémisphères, comme la cause de l'unité des

(1) Lorry, Mdm, des mvttuU fimugn^Sj L UL

(2) FuiUREins, hrchtrf^hp.i f'x^rimentnks mf le* fmciiom et tes propriétés du sytt* nffrv,. 2« édjt, Paris, 1842» p. 2 K

(3) Magendii, Urfms jTWr les fouet, du ttjst, nerv^j 1839» t. I, \k 181.

(4) SrJitifis» Amtuutre des hApitaur^ 3* et â" cxpér., p. 359. — Àtmt. cornu, du U il, p. 7(12

(5) Vaiehtin, ùuitr, dtti,

W) TftsviRARUS, Journ. complàn, du Ùict, des *c. méd,^ L îtVK, p, 36.

PROPBIÊTÉS ET FONCTIONS DE I/kNCÉPHALK (COUPS CALLEUXJ. 62 1

fonctions intelleclueîleis. U se fonde sur des faits dans lesquels diverses lésions du corps calleux avaient été suivies de trouble ou d'abolition de rîntelligence i je vais revenir sur Tappréciation de ces faits. Si Ion veut admettre, avec Treviranus, que les opérations de comparaison mentale se passent dans les commissures, on plutôt réclament leur intervention, il restera à expliquer comment les oiseaux, par exemple, qui sont dépourvus de corps calleux et de pont de Varole, peuvent comparer leurs sensations tout aussi bien que les mammifères. Ce n'est pas entre denx idées venant Tune de droite et Tautre de gauche, mais entre deux idées successives, que nous établissons des comparaisons, — Toutefois nous ne voudrions pas affirmer que les commissures ne servent aucunement à compléter Funité psychologique dans ses conditions malérielîes.

Le corps calleux peut manquer, dans Tespèce humaine, ou présenter des vices de conforuiation très-pronoiicés, sans quil en résulte un préjudice notable pour l'entretien de la vie, pour la réceptivité des sensations ou rexercice des mouvements volontaires. Plusieurs exemples en Fournissent la preuve incontestable : tels sont ceux que rapportent lleil(l), Solly (2), Fœrg (3), Chalto {h) et Paget (5),

C'est à tort que Choparl (6) n'hésite pas à affirmer que « raiïeclion du corps calleux est une cause de défaut d'intelligence ou de la perte de la Taisou •.

Assurément^ 'h Texcmple de Lapeyronie (7), il serait facile de rassembler un assez grand nombre de faits dans lesquels diverses lésions du corps calleux ont été suivies de déran^^ement ou d'abolition plus ou moins complète de rintelligence (8); mais il faut remarquer que, dans ces différents cas, il existait <1 autres lésions du cerveau ou des épancbements considérables de sérosité qui suffisaient déjà pour expliquer le dérangement des facultés intellectuelles. Dans la dixième observation rapportée par cet auteur, observation si concluanle à ses yeux, il importe de noter qu'il s'écoulait de la plaie ime matière épnhse auec dw flocons /k substanae eéréffiale. De quelle partie de rencéphale provenait cette dernière substance? C'est ce qu*on n'a pu reconnaître, le malade ayant guéri au bout de deux mois.

Il est vrai que l'absence on le défaut de développement du corps calleux

(!) Rril, Arch, fur die P%iiW., l. XI, p. 3Ai. — Consulter aussi Mecxel'r Handhuch éer jtntholotfùirhfin An fit. y t. t, p. 30 1 ; eL Wep*1EL, De penitiori sirwt. cerebn, p. 302. (2j SoLtY, The fiumari iirnhi^ itv Shticinn\ VhijHiahfjy and DLwaxex, Lofidon, I8â7,2* «dit.

(3) Fccftt;^ Heitrâgç zur Kenntniss vttm inucrtt Btme des menachiiebett CehiriK, Stutt^ardl^

(4) CnATTO, Lnttdon Med. /7ns., janvier 1S45. {h) I*AGET, London Mid.-Chir. Trathmct., t. XXIX, (6) Chopart, Màrri, Mtities contfe-coup.f dans ics ié^ions de fa îéie^ dans Pnxde l'Âcad.

de t'hirurgie, t. |V, p. ùt)8, édil. in-«.

'7) IJiPEYROMÊ, ffiém. ci lé.

(8) Félix PLATEB, Oà>\» lib. I, p. i3. — FaîstonI, Epût. de ûàaerv^ med, ad Mnmfeium^ ^i%X, V. — tn Pocthioni tjntmndv,, 22. — SOÏï, Cotled, Arad,, U VU, p, 30, obs. vu, cxtr. eu Jourttnt des ujvantx^ 1697. — RocmHJX, Hechcrrhe^i mu i'npojdejte, p. 178* — Lalle- Mamo, htfi^t fuf tfmî^ph(ik\ !cUrp 2, obscrv. 18, lîl ; letlres 3, ^, 5. 7, 8 et 9, obs. 2, — ililBCR<lillil£, Mfdnd. de fettreph, et de in mmdk épinière^ Irad. de Oodrin, p« lGi> et suiv*

hTl PHOPHIÊTÊS ET POP«(mO[^S DtS DIVERSES PARTIBS Hlf SYST^IWE NBUVKlîï,

a été observé chez des inclivijliis dont l'intelligence était faible (*); ce vice de conformation ayant coïncidé avec d'autres iiiiperfectiofiê < hémisphères cérébraux, iî n y a là rîen qni puisse eonfirnaer Topinion Lapeyronie. — En un mot, aucune* pruuvt^ patljologique certaine ne montre le rôle nécessaire du corps calleux dans rexercice dfe l'inl geoce.

B» — Voûte à trou pilterM et cloison transparente,

Galien (1) assigne des fonctions tontes mécaniques W la voûte; il que sa forme arquée la rend propre à remplir Tusage des voûtes dans 1 édifices, et qu'elle est destinée à supporter les parties sus-jacenles de Teocéphale i «i Usus sane illius fornicali torporis nuîlus aliiis est putandil n quam fornicum in iiedificiis; quemadmodum enim fornices ad incua » bentia onera sustinenda surit quavis alia figura aptiores, ita et hoc cxj

» pus partem cerehri omncm incumht-nlem citra nioiestiiim sustinet •

Ambroise Paré (2) reproduit Top in ion de dalicn dans les termes suivants: (t La cause de telle figure, qui par dehors bossue et par dedans creusera esté à fin qiril peust mieux soutenir et porter la grande quantité duce^ veau qui est apjjuyé et mis tant d'im rostre que de l'autre ; car cestc fi^re ou vouste soutient plus grand faix que toute autre (**),

Asfiu'ément, il n'est plus aujourd'hui aucun physiologiste assez méemdcien pour partager l'opinion préccdeute.

Quant k celle qui consisterait à regarder la voûte coname une codniil* sure antéro-posiérieure destinée à établir une sorte de ro«.«en.<ï/j* entre \e^ lobes d*un même hémisphère, étales mettre en état de synergie ou d^sympathie, elle pourrait paraître plus probable. Mais aucun fait erpén* mental ne lend *i établir que la voûte soit plus en rapport avec l*irapresgionnabilité qu'avec rinnervâlion, ou, en d*autres termes, que ï»es usages soient relatifs plutôt à rexercice de la sensibilité qu à celui du monvemeaU En divisant le corps calleuXt sur des animaux {c/nens adaite»), soit en travers, soil en long, et, par conséquent, en divisant aussi la voûte, je n'ai donné lieu à aucune con trac lion dans les muscles, à aucune manife^laiioil de douleur.

Voyons si la pathologie peut nous fournir quelques données utiles sur les fonctions de la mAte et de la cloison imns^mrente.

Les cas fie lésion de la voûte et de la cloison transparenle, avec é|>ânchemenl dans les ventricules ou avec d'antres altérations encéphaUqties*

(*) Toutefois, dans l*observatîoTi de vice de fonfomiatiom du corps otUrux. ra|»porlè| jv PAGIT {toc, fit,), il est dit |H>fiiiivemeiit que te si^el était doué d^ ùicuUés InltlIoffMrilri ordinaires.

(1) Gauen, De usupartium, lîb. VUl, cAp. xi.

(S) AjiBRoisE Paré, .In/?/,, III* lU.^ cbap. vu, p. 212, édlL de MàLCAJCire.

(•*) Dans un autre pas&age de ses écrits (/> nu/tt^ (iemoti^it\, lib, IX, cap. i?), C4Lriar re^ i la voûte les uiMi|^es qu*tl lui avait d'aboH nccordAs. Il dit que la siib«taiiee eérfbn&le, gai repose sur U voùle, est susp^nilue par tes répits de la dure-mère, et que, par ce mo|9ii« ti eatité des ventricules est maintenue ouverte sans que la voûte serve d*appuj {vnnftyuA).

PAoMEiitiis trr foNctiONs de l*£Ncêphâle (vbmtrigcles, etc.). &23

sont assez fréquents; malheureusement nous ne saurions les mettre à profit. Les seuls faits à invoquer sont ceux dans lesquels la lésion morbide avait son siège exclusif ou principal dans la voûte et la cloison; mais ils sont extrêmement rares. J'en ai relaté plusieurs dans mon Traité d'ûnafomie et de physiologie du système nerveux (1). Ici je rappellerai seulement que, dans ces observations, les symptômes dominants ont été une vive céphalalgie (^, le délire, Tincohérence dans les idées. Mais qui oserait conclure, diaprés un aussi petit nombre de faits, que les usages de la voûte et de la cloison se rapportent surtout à Texercice des fonctions intellectuelles plutôt qu'à celui des fonctions sensoriales ou locomotrices? Car il faut noter qu'il y a eu trouble prononcé de la vision dans un cas, secousses convulsives dans un autre, etc.

▼enirîcnlet du œrveau et oomet d*Aimiioii.

A. — Ventricules du cerveau.

Galien (2) localisait le sens de Todorat dans les ventricules latéraux, qu'il nomme antérieurs : a Sensum odoris (dit -il) in ventriculis cerebri » anterioribus Qeri existimavimus. d II croyait qu'à chaque inspiration, l'air, chargé des molécules odorantes, y pénétrait par les trous de la lame criblée. D'après lui, ceji veptricules servaient encore à préparer, à élaborer Vesprit animal (rb ^^txhv tr/cy^/ux) : « Confic|unt ac prsBparant ipsi cerebro » spiritum animalem (3). »

. Cette dernière opinion a été reproduite, avec de légères modifications, par Vésale (ti).

Le sentiment de Galien et de Vésale a été combattu par Willis (5), qui s'élève aussi contre l'opinion de ceux qui veulent placer dans les ventricules le siège de l'âme {suprema animœ sedes). Suivant Willis (6), les cavités ventriculaires servent seulement de réceptacle aux humeurs séreuses de l'encéphale.

Si on leur accorde ce dernier usage, on doit également, selon nous, les regarder comme principalement destinées à offrira la pie*mère une surface plus étendue pour l'expansion des vaisseaux sanguins, et à faciliter la distribution de ces derniers dans tous les points de l'encéphale. En effet, on comprend que si des masses aussi considérables que les hémisphères cérébraux eussent été pleines, le sang n'aurait pu y aborder que par leur

(1) LONGBT, ouvr. cité, t. I, p. 552.

(*) Les vivisections ne permetlaienl guère de prévoir un pareil symptôme, puisque la section ou la dilacération de la voûte, chez les animaux, ne semble point occasionner de la douleur. Tcmtefois ces résultats, en apparence contradictoires^ s'expliquent, quand on se rappelle qu'il «tt beaucoup de parties, insensibles h l'état normal, dans lesquelles les maladies développent une extrême sensibilité,

(2) Galien, De instrumcnlo odorulusy cap. iv, t. H, p. 869, Op. omn.^ édit. gr.lat. de Kûhn.

(3) Galien, De usu pariium^ lib. VUI, cap. x.

(4) VÉSALE, De humani corporis fabrica^ lib. VH, cap. VI, in fine.

(5) Willis, Atwt. cerehri, etc. Amsterdam, 1683, cap. xi, p. 84, et leq., édit. in-12.

(6) Willis, op. rit., cap. xii.

h2h PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES DIVERSES f^ARTIES DC SYSTEME ?4EAlfl;til.

circonférence; d'où une circulation moins libre et moins assurée qu'atec une distribution vasculaire h la foi"^ centrcilc et pMphéritjue.

Aujourd'hui quVjn sait purfaitement que rair atmosphérique ne pénètre point dans les ventricules faléraiix, l'iatrodaction des molécules odorant jusque dans leur inlérinir, pendant llospiration, n'est plus admise pét aucun physiologiste* Toutefois, si les miUières odorantes ne semblent jmrvenir, en nature, jusqu'à Tencéphale, les impressions qu'elles occasio Tient lui sont du moins transmises et s'y élaborent; mais rien ne proq que réîabonilion des impressions olfaelires s'ellectue i la surface de ventricules latéraux, comme le supposait Galien; et, encore de nos jours, on i^^ore le lieu précis où elle s'opère.

Prétendre, avec le même auteur et avec Vésale, que l'esprit animal < principe nerveux est engendre dans les ventricules, c'est t*mcttre une assertion insoutenable, puisqu'il est bien démontré 'aujourd'hui, par le» exp^'nnences, que ce principe émane de parties multiples qui cnncoureatài former l'axe cérébrn-spina LA l'exemple deWillis (1), de Vit"ussens(2), elf-, nous croyons qu'elle prrivient spécialement de la substance grise : nous. avons déjà exposé les arguments qu'on peut alléguer à l'appui de cclli manière de voir.

Après avoir examiné les précédentes opinions sur les u<^ages des venlri'^ cules latéraux, et avoir motti^é celle que nous avons choisie, il nous h dire en peu de mots ce qu'on observe sur les animaux vivants, quand m irrite mécaniquement la surface de ces ventricules. On a déjà vu que le corps calleux, qui en forme la paroi supérieure, peut être piqué et diviséJ sans donner lieu h des douleurs apparentes ou à des secousses convidsive^^ il en est de même de tout le reste de la surface venti iculaire latérale.

Broussais (3) pense que « les ventricules ont pour parois la subslance nerretinr du sentiment, qui est la mi^me que celle qui se trouve sur la surface postérieure de In moclîe u; il ajoute qu'il a déduit cette opinion, «non pw à prim-iy mais des maladies >>.— Je n'ai pu retrouver les faits pathologiques auxquels Broussais fait allusitm*

B. — Corne dWmmfm.

Selon Treviranus {h\ la corne d*AmnHm fait parlîc *les nrgane> les plus importants <le l'encéphale des mammifères : rlle est en relation intime, (rune part, avec les nerfs olfactifs el ïe corps strié; de l'autre, avec le car|i$ calleux et lavortlc à trois piliers. Ces circonstances prouveraient, ajoute cet anatomisle,que la curue d'Ainmon doit être plus qu'une simple circonvolo* Hon du cerveau; car aucune circonvolution n'est en relation aussi îoltme et aussi distincte avec tout rintérieur et restérieur de ce viscère, «Ci qu*(ui peut avancer avec qupif/ne vrahtttélance sur la fonclion de lu coftit

- (1) WiLUS, Anni. rereOrtf elc, cap. x, p. 76j étîlL cît^e. (2) ViECSSEXS, Srvroffrnjihm univerffihs, Lyon, 108 5, cap. XVIK^ p. 113, (31 BHorsjj^is, Courn t1^ fthrènoiogtf, Paris, 1830, p, IVS.

(4) TiEvtaAîtrs, Rt'rhftrhfs tiir ht firuft. ef hx fonri, ttf r^ttréph,, ett\ (ArrhîvtÊ gémé^ rafnt ttr mr A , ,/,^, 1K2:î, l Ul, p. 23» el suiv,).

PHOPBIÊTÉS ET PONCTIONS DE L'ENGÊPHALE (GLANDE PITUITAIRK). 625

d'Ammon, dit Treviranus, c'est, ce me semble, que celte partie est, moins que la plupart des autres organes encéphaliques, en connexion immédiate avec la moelle allongée et la sphère de la vie végétative, et qu'elle se rapporte au nerf olfactif... Son volume n'est en rapport direct qu'avec le volume des nerfs olfactifs, et la substance médullaire de son extrémité inférieure se confond avec le noyau médullaire duquel naissent les racines externes de cette paire nerveuse... La corne d'Ammon coopère donc vraiêemblablement à une fonction de la vie intellectuelle supérieure; peut-être à la réminiscence, qui est si bien réveillée par des impressions exercées sur le sens de l'olfaction. »

Voilà bien des vraisemblablement et des peut-être, pour protéger une hypothèse qui, d'ailleurs, ne se fonde sur aucune preuve. — El d'abord, dans l'espèce humaine, il nous a été impossible de démontrer les connexions de l'organe dont il s'agit avec la racine externe du nerf olfactif ; puis, selon la remarque de Cruveilhier (1), a il est malheureux, pour l'hypothèse de Treviranus, que l'animal qui a la corne d'Ammon la plus développée, le lièvre, soit précisément celui auquel on accorde le moins de mémoire ».

Foville (2) a été conduit, par ses propres observations, à soupçonner que la corne d'Ammon et les plans fibreux du lobe temporal sojit le siège spécial du principe des mouvements de la langue. Je ne saurais partager davantage ce soupçon, attendu que je trouve la paralysie de la langue notée dans une multitude d'observations dans lesquelles la lésion cérébrale siégeait bien loin des parties indiquées.

Avouons donc, comme nous avons dû le faire trop souvent à Tégard d'autres organes encéphaliques, que les usages de la corne d'Ammon sont encore inconnus.

Glande pîtnîtaSre et mffiiidibaliiin.

Selon les uns, la glande pituitaire est une sorte d'épongé qui d'abord absorbe la pituite ou les humeurs du cerveau transmises par Tinfundibulum, et qui, trop pleine, les laisse bientôt s'écouler à l'extérieur du crâne (Galien, Vésale, etc.); suivant les autres, elle représente exclusivement un organe sécréteur (Diemerbroeck, Leclerc, Manget, etc.) ; pour d'autres enfin, le corps pituitaire est à la fois une glande et un organe propre h l'excrétion des humeurs cérébrales (Willis, Vieussens, etc.).

Quant à la question de savoir quelles voies parcourent ces humeurs pour s'échapper au dehors, les anciens auteurs sont divisés d'opinion.

Galien(3), faisant servir l'infundibulum et le corps pituitaire à excréter une partie de la pituite du cerveau, pense que celle-ci s'écoule à travers les porosités de la selle turcique. D'après lui, le liquide exhalé des ventricules latéraux est transmis dans les fosses nasales, à travers la lame criblée de l'ethmoïde, par l'entremise des processus olfactifs; tandis que celui qui

(1) Cbdveilhier, Anat, descript, Paris, 1836, l. IV, p. 694.

(2) Foville, article Encéphale du Dict, de méd. et de chirurg, prat., t. VII, p. 218.

(3) Galiek, Deusupnrtium, lib. IX, cap. lU ; lib. VIII, cap. x.

^»26 PHOPlTêrM ET FONCTIOISS DÉS hïVKRSES !*ART1KS l>ll SrSTfeME ISEBVEUX.

provient des ventricules cérébelleux et moyen suit l'tnrundibutum et corp.^ piitiitaire pour arriver au palais h travers le tissu poreux du coi

' du sphénoïde*

Vésale (1), attribuant à Tappareil pitaîtiiire le même usage que accorde Galien, fritique avec des paroles acerbes Topinion de cet aui eu ce qui concerne le trajet uHérieur de la pituite cérébrale : il pi

' tend qu'elle coule par tous les trous de la base du crAne^ « per omi

I» foraniina hic in calvari£e basi tuin venis, tum arteriis, tum nervis ipsls exculpta. »

D'après Diemi rbroeck (2), la glande pituitaire sécrète un liquide qui, par le moyen de rinf^indibulum, s*(îpanche dans le troisîènie veutrîeule, de là dans les venfrieules latéraux, d'où il parvient dans les fosses nasales à Taide des processus mamiilaires (nerfs olfactifs), Meckeî (3), embrassant une parlie

;de cette opinion, dil <• qu*il serait possible que l'entonnoir servît à trai mettre dans les ventricules cérébraux un lluide sécrété par Ihypoph; (glande pituitaire).

Le corps pituitaire, aux yeux de Wîîlis (/j) et de Vieussens (5), est à la fois une glande et un organe propre à recevoir lexcès des humeurs exhalées du cerveau; maïs ces deux auteurs tracent au liquide des voies d'eicrétlon loutes dittérentcs de celles qu'avaient admises Gai i en, VésaJe «l biemerbroeck. La glande pituitaire communiquerait dirttctemenl avec les sinus veineux qui l'entourent, et, d'après Vieussens, la pituite ou h^niphe cérébrale serait versée dVibord dans ces sinus, puis dans la veine jilgiilaire, la veine cave supérieure, et enfin dans les cavités droites du cœur- Murray (6), croyant avoir démontré rexistence de deux canaux excréteur* partîiTit de chaque cAlé de la glande pituitaire pour aboulir aux sinus caverneux, partage le sentiment de Vieussens; enfin Petit (7), généralisant plusieurs observations et subissant d*ailleurs rinfluence des idées alor» dominantes. pr/*tçnd que la giunde pituttaîre est squirrheuse chex la plo* part des individus atteints d'hydrocéphale.

Malgré les assertions des auteurs précédents, il est permis de croire qaf les usages du corps pituitaire restent encore ignorés- Dire que les liqaides exhalés du cerveau sont absorbés par cet organe, qulls le tiaversent pour se répandre exclusivement dans les sinus caverneux et coronaire, c'est tour assigner grntuitement une voie unique d'élimination; tandis qu'il est ra» tionuel de penser que l'humeur excrénientitielle du cerveau, selon Texpression des anciens, est, au contraire, absorbée par toutes les veines encéphaliques. Assurément on ne voit pas en quoi Tiibsorption, efTectuéepar de tels agents, pourrait réclamer le concours du corps pituitaire.

(1) V^Atl, Rttm, carp, fahrica^ llb. Vil, cap. il. ||{(3) DlEKKKBKOECK, toç. vU.

(3) Meolel, Mun. tfmiat.^ trad. franc., t, lU p. 638,

(4) WiLUS, Ânat. cerehi^ elc, Amsterdam, 1683, cap, xn, |>. 86 et scq,, in*t2.

(5) Vieusskks, Nevrographio umvermhx^ l^joii, 1685, lib I, cap. tt» p* 53.

(6) HciRAT, Qhserv^ tmat. de inftmdiOuio eereùn^ etc., ûêtt^Scftpt* nevroi, ûê LifPWlS. L II, p. 245.

(7) Petit, Mém. de rAcad. dt^ ic., 1718, p. 99.

MlOf»imrÊS ET PONCTÏOïfS DE L'ENCÉPHALE (flicftES CÊRÊBAtAOk). M?

Rappellerai-je cQCore l'opinion de Tiedemann (f ), qui assimile le corps pTtMtairé à un ganglion du grand sympathique, et qui en fait le centre organique propre à diriger les mouvements associés des deux iris? J*ai déjà eoToccasion de prouver (page 266) qu'une pareille opinion ne reposait sur àocliùe base solide. ' ' ^

La pathologie et l'anatomie comparée ne nous ont rien appris, jusqu'à présent, sur les usages du corps pituitaire.

iSobef oérébrAoz on oerveaa proprement dît.

Nous nous sommes déjà appliqué à rechercher si les lobes cérébraux sont sensibles par eux-mêmes (page 146 et suiv.), s'ils sont' excitables, c'c^trà-dire si, sous Tinflucnce d'un stimulus immédiat quelconque, ils peuvent donner lieu à des secousses convulsives; et nous avons résolu ces questions d'une manière négative. Toutefois nous avons fait observer qu'on tomberait dans une grave erreur, si, généralisant ce que l'expérimentation révèle, on en induisait que, dans les lésions morbides de ces organes^ chez rhomme, tout doive se passer nécessairement et toujours comme dans les expériences; mais nous avons aussi exposé les raisons propres à concilier les résultats de l'expérimentation avec ceux de l'observation clinique. — Maintenant notre étude va se diriger sur les rapports des lobes cérébraux avec les sensations, avec les mouvements volontaires, avec les phénomènes intellectuels et instinctifs.

A. — Des lobes céréh^aux considérés dans leurs rapports avec les sensations.

Plusieurs physiologistes affirment qu'en perdant ses lobes cérébraux l'animal perd la perception de toutes ses sensations. En ce qui concerne la sensibilité générale, j'ai fait valoir (page 155 et suiv.) les arguments qui, selon moi, démontrent que la soustraction des lobes cérébraux n'exclut pas, d'une manière absolue^ la perception simple des impressions cutanées ou viscérales, mais qu'elle empêche seulement la formation ultérieure des idées en rapport avec cette perception. Je n'ai donc plus qu'à déterminer ici l'état des sens spéciaux chez un animal auquel les précédents organes ont été soustraits.

Suivant Flourens (2), quand on enlève le lobe cérébral d'un côté, l'animal ne voit plus de l'œil du côté opposé; et, quand on enlève les deux lobes, il devient aveugle, bien que les deux iris conservent leur mobilité. Magendie (3) affirme d'abord que, «dans les oiseaux, la soustraction des hémisphères rend l'œil insensible il la lumière la plus viven; puis, plus tard (^), il parle d'un canard qui, après cette opération, « y voyait encore assez pour se conduire». Bouillaud(5) est porté à croire, d'après ses propres

(1) TiEDEMÀNif, Sur la part que le grand sympathique prend aux fonctions des organes des sens (Journ, compL du Dict. des se. méd,^ i. XXJII, p. 112).

(2) Flourens, ouvr. citéy 2* édil., p. 31 et suiv.

(3) Magendie, Précis élém. de physioL Paris, 1836, t. I, p. 24A.

(4) Magendie, façons sur les fond, dusyst, nerv. Paris, 1839, 1. 1, p. 288.

(5) BouiLLACD, Journ, de physiol. cxpérim.^ 1830, t. X, p. 43.'

U2H pROfRitn» rr roNcnoeis des oit ebses pabtik» mi système NEaTBQX.

expériences, qn'uD animal sans lobes cérébraux perçoit encore des sensations lumineuses : « II est vrai, dit cet obsenrateur, qu'il se heurte oontit tous les obstacles; mais la perte rfe la mémoire, d'où dérive la conDSissance des objets extérieurs, ne pourrait-elle pas expliquer ce phénomtee! Cet animal ouvre les yeux quand on le réveille; il regarde çà et là d'an air stupide ; sa pupille se contracte à une forte lumière. Tous ces phénoménal s'accordent-ils avec Tabsence de toute sensation de lumière?»

J'ai déjà dit que j'avais enlevé complètement les hémisphères cérébrtnx sur différents mammifères et sur des pigeons, en ménageant avec le pins grand soin les couches optiques proprement dites, les tubercules quadrijumeaux ou bijumeaux et le reste de Tencéphale. Un pigeon ainsi mutilé survécut dix'kmt jourx. L'animal étant placé dans l'obscurité, toutes In fois que j'approchais brusquement une lumière de ses yeux, l'iris se contractait, et souvent même le clignement avait lieu ; mais, chose remarquable, aussitôt que j'imprimais un mouvement circulaire à la bougie enflammée, et à une distance assez grande pour qu'il n'y eût point sensation de chaleur, le pigeon exécutait un mouvement analogue avec sa tête. Ces observations, renouvelées chaque jour en présence des personnes qui assistaient à mes le(;ons, ne me laissent aucun doute sur la persistance de î'imprc^ sionnabilitéà la lumière, chez les oiseaux, après que les hémisphères cérébraux n'existent plus. Du reste^ l'animal tantôt évitait les obstacles^ et tantôt allait se heurter contre eux : peut-élre ce dernier faits'explîque-tnl, en effet, par la perte de la mémoire, comme le suppose Bouillaud. A Taotopsie^ je constatai que l'ablation des lobes cérébraux était bien complète. — Chez les jeunes chats, les très-jeunes chiens et les jeunes lapins, l'iris continuait aussi à se mouvoir sous l'influence d'une lumière vive; parfois môme alors les paupières se rapprochaient.

Si l'on considère que l'ablation isolée, sur des animaux différents, soitda cerveau, soit du cervelet, soit des corps striés ou môme des couches optiques, laisse persister la contractilité de l'iris, indice de la sensibilité à la lumière, et que toujours cette contractilité cesse par la soustraction des tubercules quadrijumeanx ou bijumeaux, on pourra être amené à conclure que ces organes représentent le centre perceptif des impressions visuelles. Mais il faudrait bien se garder d'exagérer les conséquences d'une pareille conclusion; car assurément, pour qu'il y ait perception complète des sensations lumineuses, et aussi pour que l'animal puisse prendre des déterminations en rapport avec ces sensations, \ intervention des lobes cérébraux est indii' pensable.

J'ai relaté ailleurs (1) des faits pathologiques qui démontrent que, chez l'homme, la vue peut t^lre é(/alcment bonne des deux yeux, malgré l'atrophie considérable d'un hémisphère, ou malgré une perte énorme de sa substance à la suite de certaines lésions traunialiques du ceneau.

Quant au sens de route, on sait déjà que, d'après Flourens (2), il serait

(1) Lowr.ET, Trniti^ ii*n»nt, rt tff physiol. tiu m/v/. //^ri ., t. I, p. 66G et sui¥. {1) FluIîKENS, nuir, rit., 2'' éflil., p. 3G.

raOPBIÊTÉS ET mWCTlONS m L^EWCÉPHAit (lobks cèhébhadx). ^29

eomplélemeni perdu dès que les deux lobes cérébraux sont enlevés, liagendie (1) ne partage point celte opinion : « Enlevez, dit-il^ les lobes du ^rveau et ceux du cervelet sur un înar/imt f ère ; cherchez ensuite avons îtssurer s'il peut éprouver des sensations, et vous reconnaîtrex facilement

tfu'il est sensible aux odeurs fortes, aux saveurs» aux som et aux impresîons sapides. il est donc bien positif que les sensations n'ont pas leur siège Sans les lobes cérébraux et cérébelieux, n — Nous ne savons ni comment, ni iir quels mammifères Magendie a pu s assurer de Tîntégrilé de Touïe, près !a soustraction simultanée des lobes cérébraux et cérébelleux. Quant É nous, nous avons toujoun^ vu, à la suite de raulilations rUissi graves, les |i;unes châtia, les jeunes chiens et les lapins tomber dans une telle prostra- [tion, que les détonations les plus fortes n'ont jamais p;iju les émouvoir; îeur impassibilité a été la même après rablation des seuls hémisplicres térébraux. Toutefois, Vulpian (2) a constaté, sur des rats^ que l'ablation coraplétc des lobes cérébraux, des corps striés et des couches optiques, n abolit pas le sens de l'ouïe : des bruits aigus et brusques faisaient tressaillir ces animaux ainsi njutilés.

Nous avons eu recours à des oiseanx qui ont pu ôtre soumis à des épreuves nombreuses pendant tes quelques jours qu'ils ont vécu sans leurs lobes cérébraux. Voici le résultat de nos observations :

Un pigeon privé de ses lobes, étant placé sur un support immobile ici derrière un écran formé d une planche assez large et assez épaisse, nous profitions des instants où ses yeux étaient fermés (ce qui avait lieu le plus ordinairement) pour faire détoner une arme a feu (*). A chaque détonation, l'oiseau assoupi ouvrait les yeux, allongeait le cou, levait la tête, puis reprenait stupidement sa première attitude et fermait de nouveau ^e^ paupières. Quand Taniraal conservait un reste de vivacité, les elTels étaient toujours les mômes, et souvent la détonation de simples capsules était suffisante pour rendre ces effets très-manifestes. Ces expériences lOnt été reproduites, dans nos cours de vivisections, des centaines de [fois — Nous sommes donc porté à croire que, privés de leurs lobes [cérébraux, les oiseaux peuvent encore percevoir, au itmins tonfusément^ [des sensations auditives qui, d'ailleurs, ne déterminent de leur part laucune autre réaction que celles qui viennent d'être mentionnées. A côté jde pigeons sans lobes cérébraux, nous avons été curieux de placer des pigeons intacts et d'autres dépourvus de cervelet ; h chaque détonation, les premiers se sont enfuis effrayés, et les seconds se sont débattus en tétnoiguaiit aussi une vive frayeur.

Si ces expériences tendent à prouver, d'une part, que Touïe n*est pas entièrement abolie par la mutilation indiquée» elles démunirent, d autre part, que le concours des lobes cérébraux est indispensable pour que ranimai sache prendre des déterminations relatives k la nature des sen*

(i) Magejtdir, PrécU Hém. de phijsioi. Paris, 1836, t. (2) Vlxpuw, Oum\ eit., |i. 548.

(*) Felii [}t«latel de [wche.

êà

/|30 FROHBIÉT^S ET FONCTIONS l>ES DlVKIlSIîS I^AHTIl-îï DU SYSTÈME NEEVETl.

satioûs auditives qu'il éprouve ; elles établissent aussi que le eervelel u'e point nécessaire à l'audition.

(Jiland on enlève les lobes cérébraux, ordinairement on enlève aussi l« nerfs olfarlifs, et, par eonséquenl, on df'^Èrnit le sms de toftorùi II es-l wni que Ma^er^dit' (1), ijiti rapporle i'nlfaction au nerf trijumeau, et qui eoo* fond h*s gensatinns tai'tiles des narines avec l^s sensations olfaclivrç, prétend que les animaux privés lic lobes cérébraux restent sensibles aux ocfrun fortes (ammoniaque, acide acélique^ etc.); mais il est facile de voir que de toiles expériences ne sauraient prouver rien autre rhose que la persistance de la sensibilité générale de la pituttaire, et oonrintéfînté de l'odorat.

Floui'ens (2) a retranché sur une poule les deux îobes cérébrmix, en

^ respectant les couches inférieures de ces lobes, auxquelles les racinifsdes

bulbes olfactifs adhèrent. «Cette poule, ainsi privée de ses lobes, a ?écu,

dit Flourens, plus de six mois; et, à quelque épreuve que je l'aie soumise

1 durant tout ce temps, il n'a jamais paru dans toute sa conduite le moindre

indice d'où I on pût conclure qu'elle odorat »

Nous n'avons, à ce sujet, aucune expérience qui non? soit pei'sonnetle.

Magendie (3) avance que la soustracti<Hi du cerveau et du cervelet» cbei [un mammifère, n'abolit point le xem du ffoûi : [\ n'indique, d'ailleurs, an- [cun des corps sapides dont it a fait usage. Si des subslaoces caustiques [(comme rammoniaque, par exemple» dans TexpéneDce précédente) oui iU j employées, il est évident qu'on n'a pu démontrer ainsi que la persistaocf [delà sensibilité générale de la muqueuse de la langue, et non celle du goût. Quoi qti*il en soit, Flourens {à), d'après ses expériences sur une poult% [croit que le sens gustatif disparaît avec les iobes cérébraux, et il se fonde i sur ce que « vingt fois, au lieu de grain, il a mis des cailloux dans le ((tnd [du bec de cette poule; qu'elle a avalé ces cailloux comme elle eût avalé di [graii] ﻫ — Mais ce dernier fait n'a rien de démonstratif A nos yeti attendu que» dans l'état normal, la déglutition s'accomplit forcément chc l'animal» et chez Thomme lui-même, toutes les fois que le hol alimcntaif lou nu corps étranger quelconque a fraochi une certaine limite dans] i fondée la bouche : aussitôt survient, en effet, une contraction iuvolonlaîi f du pharynx qui entraîne le tout en dépit de la volonté. 1) ailleurs, un gr de blé, d'avoine, etc, non broyé ^, et un petit caillou doivent-ils produif une sensation bien différente^ quand ils sont introduits de la sorte di I le Ibnd du gosier d'un oiseau fini ne sait pbis manger seul? La con&isi 1 de l'objet peut i^ans doute éclairer ranimai pourvu de san cerveau; [quand il en est privé, est-il encore aptc^ soit à la jr'u^er, soit à se souvenir?

J'ai enlevé les lobes cérébraux à de jeunes chats, à de jeunes ch'' 1 jjui^, quelques instants après, a^ant versé de la décoction roncentrr< ; coloquinte dans la gueule de ces animaia, je les ai vus exécuter des i

{ij Magbkdie, Jount. de ph^gioL expéntn,, t. IV^ p. 17U-i71. {2} ViouyESih^ ouii\ cii.^ 2"^ éUit.» p. 05.

(3) Macekdie, Précis ékrn. <if ^^hynoL Pan», t83(J, t Lp 24 î. [h) FLorRËns, ouvtu ctL^ T édtl., p* 91.

▼eipent3 brusques de mastication, faire grimacer lec^rs lèvres, comme s'ils chercbaient à se débarrasser d'une sen^atioi^ désagréable. Les mèpleç mouvements s'observent, chez un autre animal sain de môme espèce» aussitôt qu'on Ta forcé à avaler cette décoction amère.

rSo réMia)^» il me parait possiblad'isoler, par la voie expérimentale, le siège des perceptions sensoriales ^?</^«(jqu*on me passe l'expression), du siège de l'intelligence et de la volonté (*), et je ne crois pas pouvoir admettre que la perk absolue de toutes les sensations résulte nécessairement de la soustraction des lobea cérébraux. On découvrira peut-être un jour, dans les parties basilaires de l'encéphale, un nombre de foyers perceptifs égal à celui des instruments chaînés de recueillir à la périphérie du corps les diverses impressions; mais assurément^ dans l'état actuel de la science, il j aurait témérité à proposer telles ou telles localisations. — Je n'en conaîdère pas moins les lobes cérébraux ou le eerueau proprement dit comme l'organe d'élaboration essentielle, oii les diverses sensations doivent arriver pour produire tout leur effet, pour être, en quelque sorte^ appréciées ii leur juste valeur; et je répéterai, avec 6. Cuvier (i), qu'il est la partie de l'encéphale où toutes les sensations prennent une forme distincte; en y laissant des traces et des souvenirs duraUes; qu'il sert^ par conséquent^ de siège à la mémoire, faculté au moyen de laquelle il fournit à l'animal les matériaux de ses jugements et de ses déterminations. Sans ses loties cérébraux, l'animal n'a donc, pour ainsi dire, rien à gagner à la survivance de la perception de ses sensations*, et il doit le plus souvent se oompcurter, dans ses actes, comme si elle n'était point conservée : l'expérimentation peut seule provoquer quelques réactions propres à révéler cette survivance.

Nous rappellerons, en terminant, le sentiment de Bouillaud (2) sur la question qui nous occupe : o Je puis assurer, dit cet observateur, que j'ai enlevé un grand nombre de fois diverses portions des lobes cérébmux, «ans altérer la vue et l'ouïe, bien que les animaux eussent perdu, par cette ablation, une ou plusieurs des facultéfi dites intellectuelles... Quant à l'assertion que les sensations de la vue et de l'ouïe occupent le même point que toutes les autres facultés intellectuelles et vo//<ionn6'//es (Flourens)...., il résulte de ce que je viens de dire qu'elle est expérimentalement inexacte.»

h.-^Iki lobes cérébraux considérés dans Uurs rapports avec hs .mouvements yohmtaires,

Les lobes cérébraux sont loin d'exercer «ur les mouvements volontaires une influence aussi immédiate dans toutes les espèces animales que dans la nôtre. La lésion de ces mouvements, à la suite de lésions analogues des lobes cér<'^braux, n'offre pas en effet un degré égal d'importance dans les

(*) Je ne fais que suupromicr que les perceptions olfBcUvM sont dans le màmm^ cmt que les autres, n*ayant point à ce sujet d'expériences qui me soient propres. (1) Cdvier, linpport sur les travaux de FloVRENS. (2j Bouillaud, rcc» cit., p. 46.

/i32 PBOPRIÉTÉS tT rO^CTIONS DES mVEHSES PAHTIES DU SYSTÈME NEMfFXTI.

diverses classes il'aDÎraaiix, ni même chez les animaux d'une môme dass^, mais d'â^'e ditiérenL Enlevez un lobe cérébral tout enlier à un reptile, Ij un oiseau, c'est ù peine 'si parfois vous pourrez constater une faibl passagère dans une moitié du corps. Cette faiblesse sera déjè plus évideol clirz un Hiauionfèrc inféiieur, un lapin par exemple; elle sera très^grandei^ si l'opération a été pratiquée sur un chien, et d'autant plus prononcée, chez cet animal, qu'il se rapprochera davantage de l'âge adulte. Au cootraire, chez l'homme, une lésion parfois assez minime d*un hémisphèi cérébral pourra être suivie d'hémiplégie, même complète.

Voyons maintenant ce qui advient du côté des mouvements Tolontal; dans les diverses classes d'animaux^ quand les tkux lobes cérébraux ont enlevés à la fois, u Par celle ablation, dit tiesmoulins (1), les reptiles d les poissons, dmt la spontanéité resle entière, ne paraisseut avoir rien perdu de rus4ige de leurs mouvements; les carpes nagent aussi agilement qu'au-

paravnnt Et, parmi les oiseaux, les canards courent, sautent» nj^geot

après la perte de leurs hémisphères, » Pour Flourens {2)j cette mulilaUciiD, chez les reptiles et les oiseaux, abolit sans retour « tous les mouvenieot^ .spontanés, c'esl-à-dire dus à une volonté expresse, à la volonté même de Faniniah). Flourens (.H) dit néanmoins, en parlant d'une poule qu'il a conservée vivante pendant dix mois entiers, «qu'elle secoue sa tète, agite se plumes, quelquefois même les aiguise et les uettoie avec le bec ; que quelquefois elle change de p:itle, etc.» — Suivant Gall (4), Bouillaud (S), Gerdy (6), etc., il est diûicile de comprendre quelle cause autre que rifijfl tclligence, rinstinct, ia sensation on la volonté, pourrait déterminer â™ pareils mouvements. Aussi, d'après ses expériences, Bouillaud aftîrme-t-îl qu*un animal dépourvu de ses lobes cérébraux conserve encore le pouTOtr d'exécuter diveis mouvements spontanés ou volontaires. S'appuyanl sur ses recherches personnelles» Gerdj reconnaît que (« Tablation du cerveau plonge ranimai dans une sorte de somnolence, dans un état de votanit paresseuse, mais qu'elle ne détruit pas toule manifestation de perceptivitéé de volojué ». Cet auteur regarde comme centres de perception et de mon*'' vements volontaires, non-seulement les lobes cérébraux, mais encore If mésocéphale.

Si, chez les oiseaux privés depuis plusieurs jours de leurs lobes cérébraux, on voit en ell'et s'accomplir quelques mouvements qu'uD est tenté de rapporter a une intluence volontaire, il est ditlicile de répéter Im. mêmes observations chez les jeunes mammifères, qui, en général, sur vent seulement quelques heures k cette grave mutilation.

11 est vrat que j en ai vu, auxquels je n'avais laissé que la moelle, le bulbe cl ia protubérance, se frotter le nez avec leurs pattes antérieures àj

(i) Desmoulins, Anatom. du sysL nert\ Paris, 1825, 2« parL, p. ti2Cî.

(2) KLOLRE^s, oMtr. ci/., 2«édit., p. 33.

(3) Fldviien», ouvr, ciL^ p. 89.

(4) Gall, Sur k« ft/ntL du cetitau^ etc. Pari», 1825, \, VI. p. 224. {5} HoLïLLALU, Journ* ti^ phfsittl. ej-fté/im,, 1830, t. X, p. io.

(G) GtRD\, Lhdkim de i*Aajft. dv makx*, L. V, u" 17, p- 247 et 248.

PROPRJtTEs El KON(,TiO^S 01. L tNCEPIIALE (LOBtS CER£BRALX). a33

|SUJte de l^iDipiratioii de vapeurs ammouiacales; niiiib, ayant \u ausài gs grenouilles entièrement ilécapilées diriger letir;^ pattes postérieures irs l'anus que je cautérisais avec raride azotique^ il ne me semble guère èrmis d'adraeUre là autre chose qn'nti phénomène réflexe, et d'en ronclure pe la volonté ail un autre siège que les lobes cérébraux* Quoi qu'il en soit, on peut admettre que, dans Félat normal, l'incitation laquelle succèdent les mouvements volontaires provient principalement, fnon exclusivement, des lobes cérébraux. Tant que ces parties sontinïacles, b animaux n'ont qu*à vouloir pour changer de place, pour imprimer à Hirs membres les mouvements les plus variés et les plus étendus. — Exajime-t-on le rapport mutuel de la volonté, comme cause, et du mouveàent musculaire, comme effet, on découvre aisément que ce rapport n'est ks immédiat, mais qu'un acte, dont nous n'avons pas conscience, se passe iûtre Tun et l'autre phénomènes. La volonté donne fimpulsion délermijante; mai^ la contraction des muscles, qui est nécessaire pour produire e mouvemnil, s'exécute à Tinsu d'elle, et doit son origine a un tout autre irincipe qui, comme l'a démontré Lorry (1), émane spécialement de la tooelle allongée : aussi Tirritation artificielle de celle-ci met-elle imméiiatementen jeu la contractilité musculaire, tandis que celle des lobes téfébraux, où siège la volonté, n*est suivie d'aucun effet analogue.

Les lobes cérébraux étant composés de deux stibslances, on a cherché I déterminer si la lésion dc!? mouvements volontaires, dans les maladies, dépendait d'altérations ayant leur siège spécial dans l*une ou dans rautrc je ces substances. Les recherches de Fovilïe et Pinel-Grandcbamp (2) les ont conduits à avancer que la substance blanche des hémisphères est alfeclée aux mouvements volontaires, à l'exclusion de la matière grise des cireonvolutions : d'après ces observateurs, les lésions de celle-ci ne seraient ^onc point susceptibles de produire la paralysie.

" Mais d'autres affirment que l'altération isolée de la substance grise t>u corticale peut être suivie de l'abolition du mouvement. Selon Cal-

Eieil(3)^ dans la paralysie générale des aliénés, les principales altérations égent dans la substance grise, à la superficie des circonvolutions et dans ^s enveloppes du cerveau. « Dans plusieurs autopsies d'individus atteint*idc démence et de paralysie générale, dit Boltex(^), nous avons presque constamment rencontré la substance corticale ramollie et adhérant aux niéninfj;es dans une étendue plus ou moins considérable, et nous n'avons que très-rarement trouvé l'altération de la substance blanche. » « Il n'est qu'une altération constante dans la psK-alysic générale, assure Tarchappe (5),c'est le ramollissement de la couche corlicalc. n Puis cet

( 1 ) Lorh Y , J/«f moù*€S de CA endémie des sciences de Paris , M&m , des sa van ts étra uffers ,1760, L 1U,^373.

(2) FoVïLLE lît PuîEL-GBAmîCRAMP, Bcch. my te sié^e Spécial de différentes foncL du si/sf. netv. Mars, 1823, j». 3, — Art. Eî*lép»\le ëi AliÉWATïonmeïctale, par Foville^ dansleD/d. l de médef. ef chu . prnl.

^ (5) Calmcil, De h parn/ysie considèrte rhez hf (tliénés. Paris, 1826.

4) BOTTCX, Du siège et de fn nature des mf1fttdie!^ meniaks. Paris, 1833. '5) Paucbappe* Het^ft, iur Veneéphak* Paris, 183S, T Mém., p» 172^ Md,

LOFCET* — PHY8T0L,

llh — 28

4^4 PftOrUtltS ET HMlCriO» DCS ErfV^15£S PimiS DC SYSTÈME hemtkcx.

iusicur r--pp«:ir:r. a i-âj-iJ: -"r-e ?' i irLr.or. ôr- e\i^mple* observés parloi-

B-iucf-rw -it «laziir^.ei.h. Ferr^-. Br:-.!':'!--:. Se. Pmeî. etc.

L=.ï iriTiîj iic KG* .t- :'U!i:îoj:?:>eî ?i:A^:z^< * acoordeni compiéte- ^.•l: 1*'. :'^.'L\ «i*: Ci!ni-i . -;: «i-* Pirihip;-?. et il est géaéralenient

iri:i,> ii-j .i^:»; "-ni. .jr^^ ;. i-^tni.inr^. sr\^ «i-î^ •:::•:•. nvolutiuns est le foyer : •: •! êri^.irirr.î !r:s v..;.:*-l*. Uni:? ■:;- '. t ?iib>;.ini:e blaachc ne couri.ice qu'an -.is^a o-.r^d'ict^u: .

\. m'r.-A^'xa i^n 'U^:-:zi *-: ■ i-rniL^; h-r:^ o.ér'ibnl -//t»*/ à IraTers b roir'.le l'.'or.ç-ê-: r'êvr:. - i i:::-' d-r? mise!-:* p.ice:* à q^incke de la ligne m-ôii'r: 1 ±«:iî:.it:oG. ii-i: pr-ivirL; i- ! J:-::^:»^::^:^ ^;iu«;he du ceireiB ■m:'..^€ le* m-iî*.[e- du =:-j;.ê •::■:■:: i\ ■ : r^?. -vj rrio.a-j '.'hez i'bomme et itt ir.:rïii'i\ ?:ipériej:>. N :'!e ii!:r»r v-r^r :l7î::l:>iiqu^" ae-t aûeux établie •;u-£ -.-"l-j-a. ?ô"; :. •: !e* exp-rrieL»:-:? ?:;: ■>:* cidZiEiiîere* .adultes* soit pu î-r* :-b-î»rr^.it;i-'::> paA'-.'jj'.'pr? rH-v^ci-i'-:* îu: : h-.'Enmr:. — Cependant il -:\i;tc, •ii?:? Ii2.:l:5r-:e. q::^!'; ;'-:!» ■:Lî.:'.\i;. u-qu. pr'UieDt que ia panljw riiUî*:a!.iire peu: àqu-jL-rit-toi* l'::tfpc: ■-: oO-it -iii c^rp* correspondant ao ?.é;ie 'ie l"i:rei:t:.ri C:>:b:il--.'. N -i- .t'.o"? d-ji riitctionné ;p. 168) les n- ::^A<^ x'.jX - :• n; : q -le^ qui p e 'i \ -.■ n t -£:•.:. ai -'. \ p 1 :-.m;: ■.■ q de ces t'ai ts rares el e\':epu-:.:.nei?.

Maintenant li f:iudriit -sivt-.ir ^i :hiqu-: -rro^ipo de mooTements rolonî-ure-s ne -er:iiî p.i.î indaencé p.ir d:-? 7-. rt::r> déterminées des lobes oerebriui : iprè-i ivoir re'>.nr.Ti qu i". r.'e** p-is r;ire de rencontrer, chez [ ho mm e . de? - r^ i 0 r* * p ^ : : : : 1 e s de :? :' : r. ; ■ : ■: : . - ni ■; m: u ! ii r t > . par <uî t e d affecti-j^î looji^:* de ce'? iobe*. iL lievenii: nitrjrel de rechercher à la lésion de •■•{•z'.r: p -.rtie e ee* ojir.e- '':>:<?■' r.iv: !i p\::i"v*:e do telle région donnée liu ':p*. L-'S re-rrerohe*, ri'.rerri-i.-- i ::•^:<e'^ époques et pour^ui- • d : :.' - ; u.v * -: l::r. : iv.ir * ::r.ê ."-^qv/à prêtent, dos résultai* M".Lï:îi*.irit*. D^/î. -yir.t eTiniine !i vi!r:u:' ce .:::eLque:^-unts dos kKralisa- ' ■ Ii' r:- r -ê»^*, r.:':- iv r.^ .r;^ dev 1: r-jete: '.*:p:r.:-. :. de Sauce mile, qui : ! t îié^-tr: !e prir.eip-: d^: niouvezirr.*. d':< r^er.ibre- thoraeiques dans te

bule-î p.:?têr:ev.r> du •.'^r^eiTi. et =::'j: iu nir'uverjer.t dt? uumbres pel- >.-:::* d.-.-; •■:< ->':;e'? inté::::> :. il? ::*:.v. : ri > j.v.'r*5 cru aussi ne r-.iî d--. ..r 7-i'.'.»,'^7 lavis d •.;■:-? ■.'..:...'. !-:s ". :bnle- r.i'r-ye:-- et les corne* d"Jk.^ri! .:. '»r::.iî-^nt ie ^lé::-: spéoi-il d-.: ••riv.-:ipc des ni».'i:\enîents de la : if: .'.;'. pi*e il'» .

B' I,. ;.i!id l -;:t.:.'it ^ i-plq.:-:^ v\:<\^\\. c r.sidLLè c.'riime agent df ;ii« i;'.- :ii»:r:t "> / • -/'r'. '?*;.-*..:. ^\ ■./■<■•■ . ,r;;, ij^ij ^^vail proposé "V.- :z.'.\:^: ' r.i::- k:-. \.:.- ;::!-*:.;::. .\t i.^ jih :L.n-è:n;* intollectuei* ' . . -.:.:"..>. :? :. îi u. : ; : '1,, il i -^ t.iiJL: qu.. >i ci.t or^^ane néUit

•-• ■.•.::.:■■ •. *:k •.'>>:-.'-:- --.:;■-* /"■.':■.> •. \ ' '".tUfCriur^ du mouTemenl :;:j- :i. tire. :1 serait Lr-p-i-i-ib!-' -ir *. jr.jevir ooLUOient la lésion d'un dt V- -''.iri^ -:r.*":i:*era:r i*. p-.i.î'.y-?.-: î'li.l pi:;i': donnée du corps, san?

1 S.:raLA..:;. \:'j»i lejcurrai; £.t' ■:■ : , i*>.i, :. i.i, r, -»9et *ui¥. /./.. n' 121.

PKO^RIÈTÉS BT FONCTIONS DE L*ENCÊPHALE (LOBES GÊRÊBII AUX). /iS5

porter aucune atteinte aux mouvements de toutes les autres parties. »

Bouillaud admet que, comme tous les organes chargés d'exécuter des mouvements volontaires sous Tempire de l'intelligence, les organes des mouvements de la parole, par exemple, doivent avoir dans le cerveau un centre incitateur spécial : mais il ne s'est pas borné à admettre, dans ce viscère, l'existence d'une force particulière destinée à régir, à coordonner les merveilleux mouvements par lesquels l'homme, au moyen de la voix articulée, communique ses pensées, exprime ses sentiments, et peint, pour ainsi dire, les émotions de son àme; il s'est de plus appliqué à découvrir dans quelle partie du cerveau réside une semblable force. Or, d'après de nombreuses recherches, cet observateur pense que l'organe nerveux dont il est question, et qu'il nomme organe législateur de laparole^ réside dans les lobules antérieurs du cerveau, a II faudra, dit Bouillaud (1), que^ dans les cas où les lobules antérieurs du cerveau seront altérés, la parole soit plus ou moins dérangée; et réciproquement, il faudra, de plus, que la parole subsiste lorsque l'affection occupera des points du cerveau autres que les lobules indiqués.» — Mais les choses se passent-elles ainsi d'une manière constante? Gruveilhier(2), Andral(3), Lallemand(/i), etc., ont opposé des observations pathologiques à cette manière de voir.

» Sur trente-sept cas observés par nous ou par d'autres, dit Andral, cas relatifs à des hémorrhagies ou à d'autres lésions, dans lesquels l'altération résidait dans un des lobules antérieurs ou dans tous les deux, la parole a été abolie vingt et une fois, et conservée seize fois.

» D'un autre côté, nous avons rassemblé quatorze cas où il y avait abO' lition de la parole sans aucune altération dans les lobules antérieurs. De ces quatorze cas, sept étaient relatifs à des maladies des lobules moyens, et sept autres à des maladies des lobules postérieurs.

» La perte de la parole, conclut Andral, n'est donc pas le résultat nécessaire de la lésion des lobules antérieurs, et, en outre, elle peut avoir lieu dans des cas où l'anatoraie ne montre dans ces lobules aucune altéra** tion. »

Bouillaud (5) a réfuté plusieurs des objections de ses adversaires, en démontrant qu'elles s'appuyaient sur des faits mal interprétés— Toutefois, en nous fondant sur d'autres cas (*) dans lesquels la parole avait été conservée, malgré le broiement, la désorganisation des deux lobes antérieurs, malgré une perte de substance considérable aux dépens de ces deux lobes ou d'un seul; en tenant compte surtout de l'exemple d'une jeune idiote (6) chez laquelle il y avait absence complète des deux lobes antérieurs, et qui,

(1) Bouillaud, /ôiV/., p. 159.

(2) Grdteilhibr, Bibiioth, méd., numéro de novembre 1825.

(3) Andral, Clinique médicale^ 2*^ édit., t. V, p. 382. {h) Lallemand, Lettres sur Venréphale, passiin.

(5) Dans le journal C Expérience ^ 1839, uP* 123 et 124.

(*) LoNGET, Consultez, dans mon Traité d'anat, et de physiol. du syst. nerv,, t. 1, les paragraphes intitulés : 1° Blessures graves du cerveau; 2** Appréciation de la doctrine des localisations au moyen de la pathologie,

(6) Cbutulhier, Anatom. pathoL^ Malûd, du cerveau, 8* livraison.

k'6^ paOPftIÉTÉS ET FONCIiOrNS DES DlVERStS PARTIES l*U SYSTEME NEEVEOI.

pressée par la faim, prononçait nuanmoins quelques mois bien ntUemtiU artimléit^ nous ne pouvons admettre que l^organe qui coordonne les me vcmenls Je !a prononciation siège spécialement dans les lobules antcrieu du rerveau.

La question de la localisation de la faculté du langage arliculé a été ( nouveau agitée dans ces dernières années. F. Broca{i) ayant trouvé, I Bicélre, dans deux cas d'aboîilion presque complète du langage, une lésîd ^siégeant au niveau de la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale du rÔté gauvfte, indique cette région de !a couche corticale du cerveau comme le point où réside sans doute cette faculté. Il propn pour désigner le symptôme dont il s'agit, le nom d' aphérnie, moôiûé pit tard par Trousseau qui le remplaça par celui ^'aphasie, Dax, sans av publié ses observations, avait déjà signalé, dit-on, le côté gauche du c€ veau comme étant le siège exclusif de la faculté du langage* Depuis Broca a publié son travail à ce sujet, les observations se sont beaucoup multipliées, et les résultats sont venus confirmer, jusqu*à no certain point, sa manière de voir. La coïncidence des troubles de la parole avec «ne lésion du côté gauche de Tencéphale a été constatée dans un très-grand nombre de cas, et presque toujours la lésion avait bien pour siège celui qui a été indiqué par Broca. Il parait (tonc y avoir des relations jisacz étroites entre Tintégrité de cette région et l'état normal de la faculté du langage articulé* — Quant à placer dans la troisième circonvolution frontale^ ce qu'on désigne sous le nom de facuHé du kngage articulé y il faut être trèi^| réservé, d*autant plos que rien ne prouve rexislence d'une pareille faculté, bien isolable, que cette faculté est, sans contredit, le résultat de piusieur> facteurs distincts et que Ton n'a pas encore pu déterminer d'une manière exacte quel est le mécanisriie des troubles du langage dans ces cas. Il c$l bien difficiie aussi de s'expliquer pourquoi les lésions du lobe frontal dxi côté gauche peuvent produire Vnpkmkj tandis que Ton n'observe rien i semblable, dans la presque totalité des cas, lorsque c'est le lobe front droit qui est atteint. Faut-il penser, avec Broca, que le lobe frontal gauche] se déveIo(ipe un peu plus rapidement que le droit, et qu'ainsi^ travaillant le] premier et presque exclusivement au moment où l'enfant apprend à parler^] il reste ensuite plus ou moins exclusivement afïeclé aux opérations céré*j braies du langage articulé? Les données nous manquent pour apprécierJ la valeur de cette hypothèse.

resj

En somme, et à supposer qu'on doive reconnaître, dans le cerveau, d\ régions distinctes pour correspondre aux divers mouvements voIoiiUti il n'est point démontré, selon nous, qu'il y ait quelque chose de posili dans les localisations proposées pour les principes actifs de ces mouvi nients. Notre conviction se fonde à la fois sur rexpérimentation et surjj observations pathologiques.

(1) BIIOCÀ* HuHêtin de ht Soc, nnni., août tH6i,t. XWVJ, i>. 330-357yid.»itov. ISSI^

Bnl/etin tie la Soc. (fanthrîtifo(offi(\ t, tV, 10 mêrt 1863*

PROPHliTÊS ET FONCTIONS DE L*BNGÊPHAtB (LOBES GÊRÊBÉAVX). &37

CL -^ Des lobes cérébraux considérés dans leurs rapports avec V intelligence^ les sentiments et les instincts.

Chez rhomme, les qualités morales les plus nobles, et les facultés de comparer des impressions, de former des jugements, d'associer des idées, d'exprimer des souvenirs, s'affaiblissent ou disparaissent avec les lésions graves de Tencéphale; la simple compression de ce viscère produit un état d'hébétude qui cesse avec cette compression elle-même; le développement de rintelligence et des aptitudes morales suit pas à pas dans Tenfance, révolution et le perfectionnement de la masse encéphalique; un arrôt de développement, une mauvaise conformation de cette masse, suffisent pour occasionner rimbécillité ou Tidiotisme... Mais à quoi bon accumuler des preuves pour établir que Tencéphale tient sous sa dépendance les phénomènes intellectuels et affectifs, n'est-ce pas là une vérité généralement admise?

L'encéphale étant un organe à fonctions multiples, les dissentiments coomiencent quand il s'agit de choisir, dans l'ensemble, celles de ses parties qui président à l'exercice des facultés intellectuelles, instinctives et affectives. Les uns désignent les lobes cérébraux, à l'exclusion du cervelet; les autres sont bien loin de croire que le cervelet soit étranger à ces mêmes facultés : nous ne comptons point l'opinion de Descartes sur la glande pinéale, celle de Willis sur les corps striés, de Lapeyronie sur le corps calleux, ou d'autres auteurs sur les ventricules latéraux, etc.

Si tant de désaccord existe à propos d'une localisation encéphalique aussi large, que sera-ce donc relativement à toutes ces localisations particulières proposées pour un si grand nombre de prétendues facultés primitives?

Appliquons-nous d'abord à rechercher si, dans les lobes cérébraux^ se trouve la condition matérielle des manifestations de l'intelligence, des sentiments et des instincts; plus tard, nous essayerons d'apprécier la doctrine qui assigne des sièges spéciaux aux diverses facultés de l'esprit, aux différentes qualités instinctives.

L — Vanatomie comparée, en démontrant que l'encéphale devient de plus en plus considérable h mesure qu'on s'élève dans la série des vertébrés (*), depuis les poissons jusqu'à l'homme, nous apprend en outre que ce ne sont point toutes les parties de cet organe qui se développent en raison des facultés intellectuelles, mais que sa prépondérance, chez les animaux supérieurs, se rattache surtout à l'accroissement des lobes cérébraux ou du cerveau proprement dit: chez l'homme en particulier, l'accroissement relatif de ce dernier est tel que, sous ce point de vue, peu d'espèces animales approchent de la nôtre. « A mesure, dit Meckel (1), que les facultés

C) I.EORET (J/i<2/. comp, du syst. nerv., t. I, p. 153^ 234, 284, 420], en recueiliaot toutes les observations qu'il connaissait, et en y joignant les siennes propres, est arrivé au résultat suivant: chea les poissons^ le rapport de l'encéphale au corps est :: 1 : 5668, chei les reptiles :: 1 : 1321 ; ches les oiseaux :: 1 : 212, chez les mammifères :: 1 : 186.

(1) Mbckel, Manuel d'anat,, trad. de JOURDAR. Paris, 1825, t. J, p. 271.

'mU:,i*^:U^ij^^ 5* pçrfwrtiomrt'Dt -ian^ lu fwje iiiiirijdt^ et cha 1» dmn izidirida» d'uiM; iu^xxk; e«>pèc4r. m toîX la ma&w C'êrébnle croître ea haut, tiïi ai-ïiiit f:^. ^u* >v c/jt^^. Je? béna^prièKrf s'àçrkDdir proportiooiicOenMBt «CI pirtl« :rjf*'n*'UTf'' de l>DC*phiie. et le cerreita pir^premenl dit |tos- «r r'/^iîpi.-atiT^neat anrerrelet. »

B«iur»oop da:ialc.mi«tA^ <e sont c«c/op^5 df» Ct-i^rminer le pcâds de r«c^/iiofe fwrr>r. j*::3tiTeirjer.t à c*îui du c^Tp^, au heu ce dêt4'niiîDer le poids relatif de«> Mful^ Jobe* cérébraux. <>. «i Ton Teut admettre que ce* parties de leiiçéphaje W/Dt -pèr ialeinent en rapport arec lexercice de rîntellîgcnee, c'est c« qu'il aurait fallu faire, ayant en Tue d'arrirer. par une semUable ▼oie, a quelque* données çur le déreloppement intellectuel des ammaur: car, comme nous le dirions p]u« liante Kencéphale. pris en masse, al on oneame à fonctions multiples, en rappc*rt arec les «ensations* llnlei* lilK:ence, les mouvements Tolontaires, et certaines fonctions organiques. Mai*^, même en ne prenant que \e^ lobes cérébrau-\. il faudrait, poor mtcr dan« !e«^ termei^ d'une comparaison ngonrense. ne choi^r de ces lobes que les parties exclusiTcment affectées aux fonctions intellectuelles, ce qui amrément est impraticable dans Tétat actuel de la science. Dans les éraloatioiis «uivanies, d'ailleurs si rariable^ selon les auteurs qui n'ont pas toqjonn tenu f:oînp\e des différences d'âge et d'embonpoint, on ne s étonnera donc pas de voir le?' résultats de pareilles pesées comparatives de Tencéphale n'être pas toujours à l'avantage de l'homme ou des animaux réputés les plus intelligents. Notre réflexion précédente s'applique même an rapport qu'on a cherché à établir entre le poids du cerveau et celui du cervelet ou de la moelle allongée.

lyaprès Cuvier (1), le poid*» de tout l'encéphale, chez Vhcmmenduite^ étant au poids du r.orp* : : 1 : 30 ou :: 1 : 55. il e>t «bê/ le >«iïmiri i: 1 ! 22; cheziesaï :: 1 : 25; chez l'ouistiti :: 1 : 28: chez le dauphin ::t : 36(*); puis, dans la clas>p des oiseaux et chez la mésange :: 1 ! i2; cher le serin :: i : là; chez le tarin :: 1 : 23; chez le moineau :: 1 : 25 ; chei h* pinson : : 1 : 27 ; chez le rouge-gorîre : : 1 : 32,. etc.

Quoi qu'il en soit de> n'-sullats d'une méthode aus^i incertaine d'appréciation, l'exiiterice d'un rapport physiologique entre le volume de Tencéphale et l'intensité de la force intellectuelle a paru, sinon démontrée, du moins probable à quelques auteurs.

U'îlul (2;, ayant pesé comparativement un nombre égal de cerveaux provenant d'idiots et d'hommes plus ou moins intelligents, est arrivé aux conclusions suivantes : « 1** L'enréphale est, en grnéral, plus pesant (ce jui, en général^ équivaut auisi à plu» gro.<) chez les hommes intelligents que chez

'1) CCVIF.R, A/yy/ir frnutit.ioinp, Paris, an viii, t. II. p. 149 et suiv.

'*; Il est important de faire observer que le rapport dont il s'agit est plus grand daof le jeune âge qu'aux autres époques de la vie; ce qui explique comment on a pu assifrner à ec rapport, prjur l'encéphale du dauphin, des évaluaitions si difTérentes. 1.25, 1/36, l/66« f/102 XcviER, ouïr, K-itéU évaluations qui corsespondent à des poids du corps de 35, de 200, et dt 380 livrer.

{2) LtLi'T, Iht jtfjulv f/u ren.fefiu thn* Jte.f rapports avec ie développement de rinteili^enet JoHrH.ih-, >i„ui, méft,'cftinit'fj .y mai 1837, t. V, p. 2tl).

PaOPmÊTÊS ET FONCTIONS DE L'fiNGÊFHÂLE (LOBBS CtBÉBBAUl). &S9

les antres ; — ^ 2* cette proportion plus grande de poids ou de volnme est, en générait plus marquée dans les lobes cérébraux que dans le cervelet, n Mais Lélut ajoute que ces deux propositions admettent beaucoup d'exceptions.

On cite plusieurs hommes, remarquables par la puissance de leur intelligence, comme ayant eu des cerveaux énormes. — Buldinger (1) assure quo le cerveau de Cromweli pesait six livres et un quart; ce poids réduit, en prenant la valeur la plus faible de la livre anglaise, équivaudrait à 2i'",331. Sœmmerring (2) regarde cette évaluation comme exagérée : « Cranium enim ejuSy dit-il, quod Oxonii vidi^ non est insignù magnitudinis. « On lit dans le Journal de phrénologie d'Edimbourg^ que le cerveau de Byron pesait environ 2k*i,238. — En rejetant, pour ces deux grands hommes, les évaluations précédentes comme exagérées, il est peut-être permis néanmoins de croire que leur encéphale dépassait les proportions ordinaires. Le fait est incon. testable pour G. Cuvier et Dupuytren : le poids de Tencéphaledu premiera ^té trouvé égal à i w,829, celui du second à i w»,436 (*).

Mais, assurément, c'est à peine ai Ton peut considérer ces derniers exem-

(1) Baldingir*s Magazine^ t. lYy p. 570, cit. de Sœmmerring.

(2) SCEMMERRING, De corporis humnni fabrica, Traj. ad Mœnum, 1798, t. IV, p. 3S.

(*) Brogà a étudié le volume du cerveau et celui du crâne, suivant les Ages, les sexes, la condition sociale et les races. Dans un mémoire, communiqué en 1861 k la Société d'anthropologie {Du volume et de la forme du cerveau suivant les individus et suivant les races), cet auteur est arrivé aux résultats suivants :

Le poids moyen du cerveau crott relativement dans les deux sexes, d'une manière continue, de 20 à AO ans; il reste stationnaire ou à peu près de ^0 à 50 pour décroître plus tard. Le cerveau de la femme, abstraction faite de la taille, est notablement plus petit que celui de l'homme, ce que démontre nettement le tableau suivant :

poids moyen tlii cerreaii. Kn cnntlèmos.

Femmei. Horames. Femmes. Hommes.

De 21 à 30 ans 12Â9 1341,53 100 107,&

31 à /lO ans 1262 1410,36 100 111,7

41 à 50 ans 1261 1391,41 100 110,3

51 à 60 ans 1236,13 1341,19 100 108,58

61 et au delà 1203,43 1326,21 100 110,20

Suivant Broca, le poids moyen du cerveau est en rapport avec la force et Tactivité de Tintelligence; on le trouve plus élevé chez les hommes livrés aux traviiux de l'esprit ou appartenant aux classes les plus éclairées, que chez les individus incultes et les manouvriers. Des mensurations plus récentes, pratiquées à Bicètre, sur des tôtes d'hommes vivants, lui ont fourni les données suivantes :

Mtycmii' Moypnnj»

•le S5 «'!U>vi>s. ilo 23 infirmierii. DifTérenees.

iiiiii mm mm

Circonférence horizontale 567,12 549,04 18,08

Sa partie antérieure 284,08 272,39 11,69

Sa partie postérieure 283,04 276,65 6,39

Les différences sont, comme on peut le voir, en faveur des 25 élèves en médecine. — Broca fait observer que le développement de la tète des hommes intelligents porte surtout sur la région frontale.

II existe aussi une différence notable quant au développement du crâne, et par conséquent du cerveau, chez les différents peuples de l'Europe, chez les Américains et surtout chez les nègres de l'Afrique. La capacité des crânes d'Européens est, suivant cet observateur, de 1460 à 1590 ccmtiniètres cubes; celle des nègres de l'Océanie descend à 1253, et celle des Australiens à 1228.

W) PnOPflltlÊS tr FONCTIONS des IUVEHSES pari us Dl' SYSTEMI: ^'KllrËl^,

plfs, d'ailleurs trop peu nombreux, comme des probabilités en hvtwrét i*opinion qui prétendittiL mesurer, chei Thomme, la puissance InteilecUièBe d'après le volume et ie poids de reni'éphale; car il s'agit, dans ces quatre cas, d'évalualions faites sur l'encéphale tout etilier. Or, si Ton veut admeltre, avec Gall, qu'une partie seulement des hémisphères cérébraux est en rapport avec l'exercice de la pensée, et que ceux-ci se subdivisent en aDiaot d'organes qu'il y a de facultés fondamentales, on arrive facilement h concevoir que le volume de la masse encéphalique entière ne peut être abso^ lumentea rapport avec Tintensilé de l'intelligence, et ne peut être considéré comme ime mesure certaine et rigoureuse de cette intensité.

Toutefois, en s'aidant de ranato-oiie et de la physiologie comparées» si l'on lient compte de ces deux conditions, volume du cerveau et augmenta» tion de superficie, il nous semble qu'on pourra, en générai, établir ua parallèle de qoelque valeur entre la prééminence des facultés intellectuelles et ïa prépondérance des lobes cérébraux*

Desmoulins (1) a avancé que le nombre et la perfection des facultés ioteh lectuelles, dans la série des espèces, et dans les individus de la même espècCj sont en proportion de l'étendue des surfaces cérébrale^^; que retendue de ces surfaces est en raison du nombre et de la profondeur dés circonvolutions.

Suivant Desmoulins : 1** le dauphin est Fanimal qui a le plus de circoii' volutions ; 2** celles-ci, dans leschieus, et surtout dans les chiens de chas&e,] ne sont guère moins nombreuses ni moins profondes que dans les singes J et même dans l'homme ; 3^ les ouistitis, qui n'ont guèie plus de circoft-j volutions que les écureuils, n'ont qu'une intelligence analogue à celle de écureuils, et fort inférieure à celle des autres singes; h° les chiens, qui ot des sillons plus iiombreux an cerveau que nVu ont les chats, remportei sur les chats en intelligence ; 5** les sarigues^ les édentés, les tatous, ta paresseux, les rongeurs^ n'ont pas de plis A leur cerveau; ils sont moinii intelligents que les chiens et les chats.

A la vérité, Leuret fait observer que Desmoulius a négligé de tenil compte de plusieurs faits contraires à son système : ainsi retendue de ll^ surface cérébrale des rominantSj dont Desmonlins ne parle pas (celle du mouton, en particulier), est, suivant Leuret, proportion gardée, supérieure à celle du chien, du chat, du renard, etc., qui remportent en intelligence sur le mouton.

Malgré l'importance de cette objeetiou, quand on considère que tes sini'^ maux inférieurs nolTrent Jamais d'ondulations ou circonvrdu lions cérê»" braies, que les animaux supérieurs en sont toujours pourvus, et que, chei réléphant par exemple, de tous le plus intelligent, ces circonvolutions soi le plus nombreuses et se rapprochent le plus par leur arrangement celles de l'homme, il devient bien ditiicile de ne pas admettre qu'eu géué rai la présence ou Tabsence des circonvolutions cérébrales doiFe avoir.

(1) BESMOULiiia, Aftat^ tUs smt. titrv. dti animaus veriélM^if, Pirif, iîi25, 2« pvt, p. 606

PfiOPIIIÉr^.S HT FONCTIONS l>K I/ENCÊPRALE (hOBtlS CÉRÊURAUX). hki

comme coaditiou organique» une étroite liaison avec le développet^ent de rialelUgence.

Dans Fespèce huiiiaine, la pml'ondeur des anfractuosîtés est iniîoiment variable chez les ditréreots individus : c*est là un fait que nous avons constalé sur bien des cerveaux, en choisissant toujours, pour établir nos mesures, lies anfractuosîtés qui élaient constantes et qui d'ailleurs se correspondaient. Il en résulte qu'à vokjnieégal» deux cerveaux peuvent présenter des surfaces bien différentes en étendue : or, si l'on veut admettre qu'ici^ en effet, Té tendue des surfaces a de riniluence sur Tactivilé fonctionnelle, serait-iï défendu de faire servir de pareilles diirérences analomiques à rexpiicalion des difl^rences individuelles qu^offre le développement intellectuel 1 Quoi qu'il en soit, la crànioscopie est inhabile à révéler les variétés de dispositions dont il s*agit ; elle signale quelquefois, et le plus souvent elle croit signaler, les saillies des circonvolutions, mais elle néglige forcément ïa profondeur des anfractuosités, c'est-à-dire, en raisonnant d*après la doctrine de Desmoulins, une particularité organique pou- Tant avoir une f<rande influence sur Tintensilé de la fonction.

Il faut encore noter que la couche corticale des lobes cérébraux nous a présenté, che^ les divers individus» des dilférences notables d'épaisseur: ce lait peut avoir, au point de vue auquel nous nous plaçons, une f^M'andeimport*mce physiologique, surtout si Ton veut accepter avec Willis (1)^ Vienssens (2)> etc., que ïa substance corticale est la partie réellement active des hémisphères cérébraux, i!t, avec Foville(3), qu'elle doil^tre regardée comme le siège des facultés intellectuelles. Ainsi sachons donc tjuedeux cerveaux^ de votuine égaU peuvent ulïVir une quantité fort ditï"érente de substance corticale, ^oit parce que, l'épaisseur de cette substance étant pourtant la 4Déme dans les deux cerveaux, retendue de leur surface varie par suite de la profondeur diflerente des anfractuosilés; soit parce que, l'étendue des surfaces étanl la même, la couche corticale a plus d'épaisseur dans un cerveau que dans l'autre. — Ajoutons que ïe degré de vascufarité de la couche corticale nous a paru aussi être Irés-variable.

U est peut-être permis de croire que tontes ces variétés d'orgauisalion individuelle, qu*on ne saurait non plus apprécier à l'aide de la crânioscopie, ne sont pas sans influence sur la puissance et retendue de l'intelligence, surtout quand on considère que les circonvolutions, d*ailleurs petites et atrophiées de beaucoup de cerveaux d'idiots, ne sont revêtues, relativement à l'état normal, que d*une quantité peu considérable de substance corticale partiellement décolorée ou atrophiée, ou quelquefois même détruite sur une assez grande surface (h)*

Du reste, chez les idiots aussi, à part les hémisphères cérébraux, les

(i) WlLLlSr />«' anat^ ceretri^ etc. liL-t'i, Amsterdam, 1683, cap. X^ g àj p. 76.

{2} ViEUSSËWS, St^vro^r, nmierv, Lyon, 1G&5, cap. Wïll, |ï. 113.

Sota, — WiLLis et ViEu&SEKS coniidérenl la substaïKie grise comme destinée a prùduh^ la force nerveuie* et la «ubslancft tïlanche comme appelée à ^-awïwe^fre cette force auï cordons nerveux et de là au.'i divers iirganes de réconomje.

(3) KoviLLE, Art< KMCÉPMàLEet AuéNATio^i MENTALE du Did. de métL et fh c/iirurg^ prat,

(4) FoviiiE, An Aliénvtiun mfntalk^ t. I, p. 553 du Dict. cité»

^42 PBOPBJ£rÉS ET FO.NCTIO.NS DES DIVERSES PARTIES DU STSTfeMB RUfECL

autres parties de Tencéphale s^^int ordinairement bien c<Hironnées; antn preuve que c'est bien en flY^i dan^ ces hémisphères qu'il faut surtout ckercher lesiéu'e des facultés supérieures de l'esprit.

Le> exjj^riefi^:"s peuvent égalt?mpnt concourir à établir le rôle des loba cérébraux dans Texercice de ces mOmes facultés.

Les animaux privés de ces lobes^ dit Floarens (1), perdent toute po^ ception, toute intelli^'ence en général; ils perdent encore jusqu'à ca iujitincts propres, inhérents à chaque espèce et si tenaces eo cbacoM d'elles. D'uu autre côté, comme nul de ces instincts, comme nulle ém facultés intellectuelles et perceptives ne se perd par Tablation du cenrdil ou par celles de^^ tubercules quadrijumeaux, il en résulte, ajoute cet aatOR que tous ces instincts, que toutes ces facultés appartiennent donc faici exclusivement aux lobes cérébraux.

Selon Bouillaud (2), » t'i est douteux que les lobes cérébraux soient k réceptacle unique de tous les instincts, de toutes les volitionsB. Cet obio^ vateur admet néanmoins qu'un oiseau privé de ses lobes cérébrsoxO est profondément stupide ; <( qu'il ne connaît ni les objets, ni les lieux, m les personnes ; qu'il est complètement privé de mémoire en tout ce qvi concerne cette connaissance; qu'il n'a plus Tinstinct de se nourrir, de » défendre, etc. ; qu'en un mot. on ne remarque plus chez lui aucune trace de combinaisons inlellecluelles)>.

Ëvidemment on serait trop exclusif en affirmant que, chez les oiseam ^ par exemple, fous les instincts se perdent par la soustraction des loba cérébraux, ]»uisq!ie des poules privée «s de ce*i organes peuvent encoR obéir à Tinstinct du caquetage, planer, p(»ur dormir, leur tête sous l'aile, reposer leur corps tantôt sur une patte, tantôt sur l'autre, faire des tentatives pour s'érhapper lorsqu'on cherche à les retenir avec la main, ma^ cher spontanément, nettoyer et aiguiser leurs plumes avec le bec, etc. (S). On nV'st «ionc peut-<Mrp pas suflisamment autorisé à établir que le c«^ \elet *ioil ali<r)lument passif pendant le travail que suppose Tactivîté des qualités instinctives, sinon pendant relui qui correspond Ji Tactivîté de certaines facultés intellectuelles.

Beaucoup dt* physiologistes ont prélL-udu quo , si une difTérencc d£ volume entre les deux hémisphères cérébraux existait chez un individu, il en résulterait pour lui une infériorité inlellecluelle considérable, une imparité dans les sensations qui ne lui permettrait de juger de rien avec assurance : ils croyaient que. lors de l'exercice des facultés de l'esprit, les deux hémisphères devairnf a.L'ir nénessairenienf r-ns^emblo el que leur entier

(1) KLnUftF.>>, onvr. rih\ p. VM^.

2 BOIILLAID, uo-iH. nt.

I ') ï.n générui, les injminiferes ne survivant que quelques heures à l'ublalion des lobes cttêbraux, et au c<intraire, les oiseaux y tsurvivant |>enilaut des semaines cl des mois enlicHt ihi conçoit que les études dont il s'a^^it ont dû être faîtes sur des oiseaux.

{'A) Ouvr. rit, de Pi.oi'RENb, p. 89. Mémoire de Bouillaiu, àMsJoum , tff /tfti/<io/. expérim., t. I, p. àà.

PSOKUfiTtS ET PONCTIONS DE L'ENCÊPHALE (LOBES GÉBÊBBAITX). &(|8

Doncours réclamait leur parité parfaite. Bichat lui-même avait cette dernière prévention. Mais il ne se doutait pas que son cerveau mal symétrique dût donner un démenti formel à sa doctrine : en effet; Tun de ses lobes oérébraux était notablement plus volumineux que l'autre ; de sorte que, si son opinion eût été vraie, Bichat aurait dû être tout autre qu'il ne fut, c'est-à-dire rien moins qu'un des plus grands anatomistes et des plus grands physiologistes des temps modernes.

Au contraire, il m'a été facile d'établir, par des exemples (1), qu'en l'absence presque complète d'un hémisphère cérébral, l'homme peut encore jouir presque normalement de ses facultés intellectuelles. Mais, en Asant qu'un seul hémisphère cérébral sain peut suffire à l'exercice de intelligence, je n'entends pas avancer que, toutes les fois que l'un d'eux sera parfaitement sain, du moins en apparence, les facultés de l'esprit seront nécessairement intactes; car des faits nombreux prouvent qu'elles peuvent être troublées par diverses lésions siégeant d'ailleurs dans une région quelconque d'un seul hémisphère, tant peut être grande, quelquefois, la réaction d'un foyer morbide local sur l'ensemble de l'instrument de la

Cependant, si l'observation démontre que l'intelligence peut se conserver avec le même degré d'intensité, chez des personnes presque entièrement privées d'un hémisphère du cerveau, elle tend également à faire supposer que, chez elles, l'intelligence ne peut s'exercer d'une manière aussi continue qu'à l'état normal. Perrus nous a rapporté que le général B..., ayant perdu, à la suite d'une blessure, une grande partie du pariétal gauche, présente une atrophie considérable de l'hémisphère correspondant, qui se traduit à l'extérieur par une dépression énorme du crâne. Ce général a conservé la même vivacité d'esprit, la même rectitude de jugement, mais il ne peut se livrer quelque temps aux travaux intellectuels sans en éprouver bientôt de la fatigue. Nous avons connu un autre ancien militaire qui était dans le même cas.

On n'est pas autorisé à induire des faits qui précèdent que les deux hémisphères cérébraux, à l'état normal, fonctionnent et se reposent alternativement, comme le veulent quelques physiologistes. De semblables faits paraissent prouver seulement que l'hémisphère sain, pour produire le même résultat intellectuel que les deux réunis, doit déployer une somme d'activité plus grande , d'où nécessairement une fatigue plus prompte. Mais, en réalité, on ignore si ordinairement l'action des deux hémisphères cérébraux est simultanée ou alternative, pendant que l'homme s'abandonne aux inspirations de son esprit ou qu'il subit rinflnence de ses passions.

lî. — Gall et ses partisans, pour qui rintelligonce siège dans les lobules cérébraux antérieurs, ont avancé qu'elle l'emporte d'autant plus sur les sentiments et les instincts, que les régions antérieures du cerveau et du crâne sont plus développées relativement aux autres régions de ces

(1) Voy. mon Traité d*anat, et dephysioL du Jfyst. nerv,, U I, p. 667 et suiv.

f|64 PROnUÊTÊS ET rONGTlOMS DES DIVERSES PARUES DU SYSTÈME NBITEOI.

organes. De plus, ils ont admis qu'il existe, dans les hémisphères cérébraux, des sièges spéciaux et circonscrits pour les diverses facultés intellectuelles, pour les différentes qualités morales et instinctives. No« reconnaissons volontiers que cette doctrine ne présente point d'impossibilité en elle-même, mais il n'est prouvé ni qu'elle soit vraie, en h considérant sous un point de vue purement général, ni surtout que kl applications spéciales qu'on en a faites soient exactes.

a. — En démontrant que la perte absolue ou la perversion des facultés intellectuelles et morales peut résulter d'altérations développées en n point quelconque du pourtour ou de l'épaisseur des hémisphères cérébram, les observations pathologiques, comme nous l'avons établi dans un antR ouvrage (1), tendent à infirmer la doctrine précédente. Il est vrai que sei partisans répondent que, si l'intelligence est abolie ou troublée par une lésion limitée aux lobes postérieurs ou moyens du cerveau, c'est seulement en vertu d'une réaction sympathique sur les lobes antérieurs. Mais n'eston pas en droit de leur rétorquer le même argument, et de soutenir que si le trouble de la raison accompagne la lésion des lobes antérieurs, c'est seulement aussi en vertu d'une réaction sur les lobes postérieurs ou mojeos, puisque, je le répète, l'observation directe démontre qu'une altératioo morbide, indifféremment limitée à tel ou tel lobule cérébral^ peut pervertir également les facultés de l'esprit?

C. G. Neumann (2) n'a-t-il pas été conduit à penser, d'après l'examen du cerveau de cinquante aliénés, que l'intelligence résidait dans la po^ tion occipitale des lobes cérébraux ; opinion qui trouverait, suivant Gruveilhier (3), quelque appui dans ce fait anatomique qu'il a bien souvent constaté^ savoir: que Tatrophie du cerveau des vieillards en démence porte sur les circonvolutions occipitales beaucoup plus encore que sur les circonvolutions frontales? Mais, s'il nous plaisait, à notre tour, d'attribuer aux lobes moyens le même rôle assigné par Neumann aux lobes postérieurs, et par d'autres aux lobes antérieurs, assurément les observations ne nous feraient pas défaut; preuve qu'en s'appuyant sur les faits pathologiques, il n'est point une partie des hémisphères cérébraiLx dans laquelle on ne serait tenté de faire résider l'intelligence, et que, par conséquent, la pathologie ne saurait autoriser à localiser les facultés intellectuelles, en général, plutôt dans telle région cérébrale que dans telle autre. — Dèslors, est-il besoin d'ajouter qu'elle est loin d'avoir fourni des preuves en faveur des sièges spéciaux qu'on a prétendu assigner à ces diverses facultés?

à. — Dans la question qui nous occupe, je suis bien loin d'accorder aux résultats des expériences faites sur les animaux vivants l'importance que semblent leur donner certains physiologistes, et de leur reconnaître la

(1) LoXGET, Annt, et phj-iiol, du sy.st, nerv, — FaiU pntho/,, l. I, p. 670 à 691.

(2) C. G. Keuma^in, Die Ktnnkheiten dns Vorstellungsvermofjeth^ systeinuthch bearUîM, Leipzig. 1822.

3) Cri'veilhier, Annt. tlesa-ipt.^ 2* édit. Paris, 1845, t. IV, p. 346.

PlOnUfiltS ET FmiCnONS de L^ENCÊPHALB (LOIIS GtoÈBlAIIX). &&5

Oléine Taleur qu'aux faits empruntés à la pathologie, et surtout à Tana- Lomie comparée.

«On peut retrancher, dit Flourens (1), soit par devant, soit par derrière, soit par en haut, soit par côté, une portion assez étendue des lobes cérébraux, sans que leurs fonctions soient perdues. Une portion assez restreinte de ces lobes suffit donc à Texercice de leurs fonctions... » Mais, la déperdition de substance devenant plus considérable^ a dès qu'une per* ception est perdue, toutes le sont ; dès qu'une faculté disparaît, toutes disparaissent II n'y a donc point de sièges divers ni pour les diverses facultés ni pour les diverses perceptions. La faculté de percevoir, de juger, de vouloir une chose, réside dans le même lieu que celle d'en percevoir, d'en juger, d*en vouloir une autre; et conséqueromcnt cette faculté, essentiellement une, réside essentiellement dans un seul organe. »

Puisque les observations de pathologie mentale démontrent que Thomme peut perdre tantôt une faculté, tantôt une autre, toutes les autres demeurant intactes, il est difficile d'admettre que de semblables conclusions soient applicables à Tespèce humaine. Toutefois reconnaissons que souvent, chez l'homme, les diverses portions des lobes cérébraux se montrent tellement solidaires, dans l'accomplissement des actes intellectuels et moraux, que l'isolement dont nous venons de parler est bien loin de s'observer d'une manière constante : aussi, une pareille solidarité, si elle ne doit pas faire renoncer absolument à la recherche des fonctions des diverses parties des hémisphères cérébraux, environne- t-elle le problème des plus grandes difficultés. Assurément elle n'exclut pas l'existence possible, dans les lobes cérébraux, de divers instruments en rapport avec les différents phénomènes psychiques : mais, si l'on veut admettre la pluralité de ces instruments, quand et comment seront donc fournies les preuves péremptoires qui autoriseraient à indiquer les régions limitées du cer\eau ou du cervelet où se passeraient les modifications relatives à telle ou telle série d'idées, de qualités morales ou instinctives? Il est vrai qu'aux yeux de quelques personnes cette sorte de topographie physiologique est déjà toute tracée; mais aussi quelle foi docile ne faut-il pas avoir pour la reconnaître?

Les expériences de Bouillaud (2) ne s'accordent point avec celles de Flourens. Ayant détruit ou profondément lésé, sur des poules, des pigeons, des chiens et des lapins, seulement la partie antérieure des deux hémisphères cérébraux, Bouillaud a vu ces animaux présenter des signes irrécusables d'un idiotisme profond. Après une pareille lésion, dit cet observateur, ils sentent, voient, entendent, odorent, s'effrayent facilement, s'impatientent quand on les contrarie, paraissent étonnés de leur situation, exécutent une foule de mouvements spontanés, instinctifs, crient,marchcnt, cherchent à éloigner machinalement les objets qui les irritent; mais ils ne reconnaissent plus les êtres divers qui les environnent, ne mangent plus

(1) Floubbis, Hech. cjj)énm, sur la propr. et les fond, du sijst, nerv,, 1842, 2" Mit, {>• 98 et MÎT.

(2) Bouillaud, Rech. expérùn. sur les fonctions du cerveau^ et sur celles de sa portion antérieure en particulier {Journ, de physioU expérim,^ 1830, t. X, p. 91).

kUQ PROPBIÊTÊS ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DU STSTtOH mVIOX.

d'eux-mômes et ne font aucune action qui annonce des combinaison d'idées, des raisonnements : les animaux les plus dociles^ les plas întdlîgents, les chiens, par exemple, ne sont plus caressants, ne compreniieDt plus le langage qu'ils comprenaient auparavant, deviennent indiffèiert aux menaces et aux caresses, et ne profitent d'aucune correction. Ib oâ perdu, sans retour, toute cducabilité, la mémoire des lieux, des choso, des personnes. Ils voient les objets extérieurs, mais ils ignorent les np* ports qui existent entre eux et leur propre conservation, mais ils n'a connaissent ni les qualités utiles, ni les qualités nuisibles. Ainsi, seloi Bouillaud^ l'animal dont on a lésé profondément la partie antérieure da hémisphères cérébraux, «quoique privé de rexercice d'un nombre plv ou moins considérable d'actes intellectuels, continue à jouir de ses faerités sensitives »; « preuve, ajoute cet auteur, que la sensation et VinieUedim ne sont pas une seule et même chose, une seule et même fonction, et qu'elles ont des sièges distincts » .

Mais Bouillaud n'a point publié^ que je sache, comme contre-épreim^ les résultats provenant d'une désorganisation de la partie postérieure des hémisphères cérébraux. Or, on est autorisé à croire, en se fondant sur des faits pathologiques nombreux, que la lésion de cette partie peut aosa déterminer, au moins chez Thomme, un trouble marqué des fonctioiK intellectuelles.

Chez des chiens et des lapins, nous avons également produit des déso^ ganisations partielles sur bien des régions différentes des deux lobes céribraux, et spécialement sur leurs régions antérieures. Mais, ou bien nous n'observions rien de particulier, parce que la lésion était trop légère; oo bien, celle-ci étant plus profonde, il survenait des phénomènes complexes (lus à l'épanchement de sang dans les parties voisines, et alors les animaux succombaient trop tùt pour ([uc nous eussions pu tirer de ces expériences des inductions rigoureuses. Survivaient-ils quelques jours, il nous devenait impossible de déterminer, par une série d'épreuves suffisantes, le genre et le degré de lésion intellectuelle; confessons-le, il nous aurait fallu plus de perspicacité pour démêler, à travers les expressions de la souffrance, celles des diftoreules facultés, des divers instincts ou penchants. D'ailleurs, Bouillaud lui-même (1) n'avoue-t-il pas modestement « qu'en exposant les résultats de ses propres recherches, il est bien loin de se faire illusion sur leur peu de valeur, mais qu'il a pensé que, tels qu'ils sont, iI^ pourraient donner l'éveil à des expérimentateurs plus habiles, et provoquer des travaux plus sérieux d.

Jusqu'à présent, la physiologie expérimentale est donc loin d'avoir fourni des arguments sérieux en faveur de la localisation des instruments de TiDtelligence dans le» lobes antérieurs du cerveau.

f\ — 0"ant à Vmujtnmie vomparôcy souvent elle ne se montre guère favoble à une pareille localisation, et vient infirmer des localisations plus spéciales admises par les phrénologistcs.

^1) BOIILLAUO, /VTC. Ciï., p. 66.

PROmATÉs'fiT rOlfCTfONS DE L^KICÊPHALB (LOBES CÉRÉBRAUX). &&7

D'après la remarque Judicieuse de Leuret (4), Técole de Gall a commis une singulière méprise : ayant vu que le front des animaux fuit en arrière, au point de s'abaisser presque au niveau des os propres du nez, on a conclu de cet abaissement à la diminution proportionnelle de la partie antérieure do cerveau, sans considérer que, chez les animaux, la cavité crânienne n'est pas au-dessus, mais en arrière des orbites, ce qui place le cerveau en arrière de la face et non au-dessus d'elle. Pour déterminer le volume relatif de la partie antérieure du cerveau, chez les animaux, il faut donc, suivant Leuret, non pas considérer la saillie du cerveau au-dessus des os de la face, mais comparer les cerveaux entre eux, les circonvolutions entre elles, et choisir, dans le cerveau lui-môme, un point fixe qui serve de départ pour diviser chaque lobe en partie antérieure et en partie postérieure. Or, cet observateur a choisi le corps calleux : tout ce qui est en avant de ce corps, il rappelle partie antérieure; tout ce qui est en arrière de lui, il le nomme partie postérieure. On trouve, dans son bel ouvrage, un tableau détaillé dans lequel des mammifères sont rangés d'après la longueur relative de la partie antérieure du cerveau. Le développement de celte partie antérieure, comme le volume des circonvolutions qui s'y rencontrent chez le mouton, le cheval, le bœuf, etc., est très-considérable, si on le compare au développement de la partie correspondante chez des animaux beaucoup plus intelligents, tels que le chien, le renard, l'éléphant, et surtout les singes. En effet, en examinant la coupe du cerveau des uns et des autres, on trouve qu'au-dessus et en avant du corps calleux la masse cérébrale s'arrondit et s'élève chez les premiers, tandis que la disposition contraire a lieu chez les derniers.

Leuret a également rangé les animaux portés dans son premier tableau, d'après le développement des lobes cérébraux en arrière du corps calleux* On y voit, par exemple, que le mouton, la chèvre, le cavia-paca, l'âne, ont comparativement ces lobes moins développés en arrière que le chien et le renard, ceux-ci moins que le chat et le lion, au-dessus desquels se trouvent l'ours et la loutre. L'éléphant et tous les singes l'emportent, sous le rapport dont il est ici question, sur les animaux précédents, et en tète de tous se trouve le marsouin. L'homme, sous ce point de vue, l'emporte sur tous les autres mammifères.

Si le lapiUj le kanguroo, le chameau, ne se trouvaient pas compris dans la première colonne, on serait porté à croire que le développement de la masse cérébrale postérieure est d'autant plus considérable, que les animaux sont plus élevés dans l'ordre intellectuel. Nouvelle preuve de la nécessité de multiplier les observations, avant de tirer des conclusions de celles qu'on a faites. Tiedemann (2), Spix (3) et Neumann {U) avaient déjà

(1) LeureT; Anat. camp, du si/sf. nerv, contifiét'ê dans ^es rapports avec C intelligente » Paris, 1839, t. I, p. à39 etsuiv.

(2) Tiedemann, /c(?/ic.y cerehri simiorum, élc. Heidelberg, 1821.

(3) 8piX, Cephalogenesis, sive capitis ossei structura, formatio et significatio per omnes nnimalium classes , familias, gênera ac ffiates, digesta atque tabulis illustrata, l^gesauc simul psyehologioB et physionomicœ inde derivatœ. Munich, 1815, in-fol., 18 pi. — Spix fait résider spécialement Vimaginntion dans les lobes postérieurs.

(4) Meumann, Die Krankkeiten des Vorstellungsvermôgens syst, bearbeitet, Leipzig, 1822.

%\è MrjTBliTiS IT POV.TKPSS M.^ iftV£1.««j ?aKT1I5 K SlSfiSfi BKAVDn.

v>aiu!:t -iaprcr* I** pr:r.CLp»« d«5 Gil!,- :' j ar::iH. comme on rient df le toir. fceirîcocp pic- <i /rs»!!*"? ;ri:i?L!e»:t::r!s ch-rz ie moaton qae chez le chi*a. !* p:tCL>r aTir.' !a {A:t;^ frorïU> d-ts >.b«s »:i?rébraux relatiTement beaaconp piiii Ur^e ^t pl^r ondu!é« qa-r le i^ix-r.d. — Guidé par cette olrt^rïAt'',!î. L^ur^l 'l^ trriU, ^^prês -ii? pîciîetir» p<ërç>:>Dae$ qui cnltifiient la phr^ooiogie aoK dMnrfiOfi. depuis un grand nombre d'années, une expéhenf:^ doal i[ rerid rompis din* les t«erni^s «oivant* : * 11 m'est arrirt plaMC-rjr^ ft>:». ^n montraot m^ collectioc de cerreanià des phrénologistes, de lear prév:&ter en même temp^ nn ceireau de chien de bercer cl an ceireau de moaton, en îeur diîiat : de* deux animiui porteur^ de^ ccr- Tearjx qae vou- voyez, l'un conduit l'autre: montrez-moi le condoctcor. T'Hi-î. -an- hé>ïiler, ont dé^i^né le cerreiu du mouton. Et iU étaient consêqnent* en a^ps^ant ainsi: car le cerveau du monti^n e>t. à sa partie antérieure, bicrri plus élargi, bien mieux développé ifue ne I*e>t celui da chien. f>

Dans un travail fort estimable. Lafarzne '2, <'e>t attaché à établir : f'qoe la forme du crâne et du cerveau e>t nécessairement en rapport avec Taltilude de l'anima!, ave»: la !arj?pur de la mâchoire inférieure: 2' que cette mf'jTK: forme et les habitudes morales ont une relation si peu nécessaire, que deux animaux dr- mœurs identique^ différent par le crâne s'ils diffèrent d'attitude; et réciproquement, que deux animaux de caractère opposé se ressemblent f>ar le crâne, si leur attitude e>t semblable ainM que la largeur de leur mâchoire.

Les carnassier'» ont le> tempes développées, et ils sont astucieux, sanguinaires, voleur- : les ruminants ont les tempes étroites, ils sont timides, inolfensifs : donc, dit-on, les penchants qui caractérisent le moral des carnassiers -ié;:ent vor-i la région <us-zygomatique. Lafargue fait obserrer que celle-ci doit s'accommoder à la forme de la mâchoire inférieure, large chez les premiers, étroite chez les ^econds. — Mais on n'a pas triomphé d*un système pour avoir donné une interprétation différente aux faits qui lui senent de bav*. Aussi celte réflexion isolée inlirmo-t-elle à peine le> conclusions de Gall : elle ne pourra les réfuter d'une manière directe qui* s*il est possible de trouver des animaux doux et paisibles, dont les tempe» s'élargissent par cela seul qu'ils possèdent une large mâchoire. Or, selon

(\, Lerirr, ourr. /.i7.,p. .^55.

(2) LArARcre, Affpf^iotmnffe h doctrinr phrtnohfjvj»^ on ttt'^ /'Kaltsahony de^ fnrttlt^* itlf^UrtttiifUé:* rt mornlrt^ nu tftoyen /fc ranniomie compati?^ [Arrh. gtn. tir. i««/., 1838, t. I, p. 265, A16; t. M, juin 1838. p. 129.. — Et rAe>e imuQ. Pari», 11 mai 1838, n" 115.

pioPBilrris bt fonctions de l'ëncêphalb (lobbs cÊaéBRACJx). 6&9

la remarque de Lafargue, tel est le castor, dont les instincts industriels exigent et supposent une mâchoire large et forte, des muscles temporaux énergiques, et dont le crâne est, pour cette raison^ conformé comme celui des carnassiers (*).

Au contraire, chez certains carnassiers éminemment féroces, la tête représente un cône allongé, sensiblement rétréci au-dessus des apophyses zygomatiques, large et renflé vers la partie postérieure des pariétaux : tels sont le furet, l'hermine, la belette. Quelle est la cause d'une disposition aussi réfractaire aux lois phrénologiques? se demande Lafargue. La forme du crâne des furets, des belettes, des taupes, etc., s'explique, suivant lui, par le mode de station de ces animaux, dont les membres sont très-courts, et qui marchent presque en rampant. Si, avec une pareille attitude, ils avaient eu le crâne court et globuleux, et si la plus grande masse de leur cerveau eût été concentrée vers les apophyses zygomatiques, les sens et l'extrémité du museau se seraient nécessairement dirigés vers le sol. Il fallait donc, pour les raisons mécaniques les plus simples, que le plus grand volume des hémisphères occupât la région pariétale postérieure, et que les régions sus-zygomatiqucs fussent déprimées. Tous les animaux dont le port est analogue à celui des belettes ont le crâne pareillement conformé, quelles que soient leurs mœurs.

L'attitude humaine comporte la plus petite face et le plus grand cerveau possible; aussi voyons-nous, comme le fait remarquer Lafargue, entre la forme du crâne et celle du bassin, une corrélation telle, que la perfection et la solidité de la station bipède se trouvent, dans chaque race, en raison directe de la capacité crânienne, et en raison inverse des mâchoires. 11 suffit de comparer le Cafreà l'Européen pour se convaincre de cette vérité. On voit aussi, par le rapprochement des races humaines, le crâne se déjeter en arrière, â mesure que les mâchoires s'accroisent. Le Nègre a le front fuyant, l'ensemble du crâne étroit et allongé; l'Européen se trouve dans des conditions opposées, tandis que les Malais, les Mongols et les Américains tiennent le milieu entre les deux extrêmes.

Ainsi, ajoute cet auteur, voyons-nous s'appliquer â l'espèce humaine cette loi du règne animal, en vertu de laquelle le crâne et le cerveau sont répartis de manière à balancer le poids de la face. La forme du crâne exprime donc le rapport du volume des mâchoires et du cerveau : elle peut indiquer aussi l'énergie relative des instincts et des hautes facultés. Mais, si l'on se place au point de vue des localisations, et que l'on cherche la prédominance des tempes chez les nations de pillards ou d'anthropophages, la prédominance du Iront chez les peuples intelligents, on est trompé dans son attente; car, chez l'Européen, le Holtentot, l'Indien du Nord, le rapport des tempes au front est absolument le môme. Ces races no diffèrent entre elles que par la proportion de la face au cerveau, proportion qui, tout en déterminant la forme du crâne, explique la prépondérance des instincts chez les unes, de l'intelligence chez les autres.

(*) BiTFON ne dit pas que le c.istor soit sanguinaire; mais il affirme que ce rongeur coupe et scie, en quelque sorle, «\cc ses dents incisives, les branches d'arbres les plus volumineuses; ce qui suppose en effet une grande énergie de mastication.

Page 1