‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 42 sur 92 · PROPRIÉTÉS ET PONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NEBTEIIX · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS ET PONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NEBTEIIX

à la sensibilité. Tout en confessiint qu'il serait possible que le cen-elel ne fût point absolument étranger à certains phénomènes sensitirs (puisqu'il communique avec une portion des faisceaux posléricurs de la moelle). on est forcé de reconnaître que Ton ignore enlièrenient le mode de sa coopération dans raccomplissement de ces phénomènes. Ce qu'il y a debieo positif, c'est que le cervelet n'est pas, comme on Ta avancé, le foyer exclusi files sensations : les expériences le démontrent de la manière lapins évidente (voy. plus haut, p. 155 et suiv.). Glicz la jeune fille dépourvue de cervelet (1) « les organes des sens remplissaient bien leurs fonclinns •. Enlin, la pathologie n'est guère favorable à l'opinion des auteurs qui considèrent le cervelet comme le centre où convergent les sensations.

Il est vrai que, dans plusieurs cas de lésions du cervelet (2), la sensibilité générale a été exaltée, soit dans tout le corps, soit dans certaines régions circonscrites; qu'une céphalalgie occipitale des plus vives a existé : niafe ne pourrait-on pas rapporter ces douleurs, cette perlurbation de la sensibilité à la stimulation, des corps restiformes naturellement si sensibles, plutôt qu'à la lésion mémo du cervelet? On se rappelle la complète insensibilité du centre de cet organe chez les animaux vivants.

Quant à la perle de Touïe, d'ailleurs si rare dans les affections du cervelet (•), rien ne ï)rouve qu'elle n'ait pas résulté d'une lésion directe du nerf acoustique. Pour la perle de la vue, en se rappelant les connexions prochaines de la cinquième paire avec les pédoncules cérébelleux moyens et l'influence indhoctf» de ce nerf sur la vision, rien n'empôchc de croire que l'altération du cervelet n'ait pu réagir sympalhifjuement sur les fonctions de celle painv nerveuse. D'ailleurs, di; l'aveu de tous les expérimentateurs, Tahialion du cervelet ne rend les animaux ni sourds, ni aveugles, ce qui démonire (pu,' l'aetivilé du nerf acousliciue, du nerf optique et de la cinquième i)aire ne dépend pas dircctenient de cet organe. Rappelons que lavueel l'ouïe étaient intactes chez la i(Mn)e fille privée de cervelet, et surtout ([lie, dans des cas où celui-ci était entièrement désorganisé, ces dcus sens ont été conservés.

Dans douze observations sur des produits accidentels développés dans le cervelet, la sensibilité générale n'a été altérée que chez un seul individu dont les membres paralysés furent le siège; de vives douleurs. {Clin. vté*i. d'Andral, édit. cit., t. V, p. 70S.)

« Sur dix excinples de ramollissement du cervelet, la sensibilité cutanée a offert la même inconstance d'altérations que dans ceux de ramollissement des hémisphères eér.'hraux : laulùl elle a été ab )lic; tantôt plus vi\o

(1) r.oMjîETrE, lirriif tm'ff., IS.M, t. Il, p. '>! .

(2) Voytrz Uîur relation, i\iiu< mon //v/Z/i- fl'nnut. «t <it' jthf/tm/, i/a si/\t. ttrn\^ l. I, p. 7i0. Ci 11 est cvidiMii i\\u- les li'-si.»iis di: contlol imuvant se terminer par un état coniaUux plus

ou luoiiis pi'oroiul, l'auilitioii |»eut alors riro ;ibclio plus ou moins coiiiplcteniciit comme tous le? aulri's sens. Anuual '/o". ///. , parmi los faits si nombreux qu'il a rassomblê», rapporte un sr ni cas ili' perte «Iv l'audition clans le cours de la maladie : « Kncore. ajoute-t-il, ne faudrait-il (os SI* liâl»T ir.illirmer «in«\ dans rc cas. la surdité dépendit de la compression à laiiuclle le cer- \cUt aurait été sounii-». Il seiait possible «juc le kyste ciit aussi comprimé à son origine le ntti acousti(iU(.>. u

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que (le coutume; tantôt elle s'est conservée à son état normal. Dans les cas où il existait un état comateux, toute la peau était insensible ; hors ces cas, la perte de sensibilité ne se montrait que dans les membres paralysés. » (/AtV/ , p. 700.)

a La sensibilité, dont quelques auteurs ont placé le siège dans le cervelet^ ne nous a pas paru lésée d'une manière spéciale dans les cas d'hémorrhagie de cet organe. » {Ibid., p. 680.)

En supposant même que le cervelet ne soit point absolument étranger aux phénomènes sensilifs, nous avions donc raison de dire que l'on ignore entièrement en quoi consisterait sa coopération dans l'accomplissement de ces phénomènes.

V. — Après avoir pratiqué des expériences sur les animaux des quatre classes de vertébrés, Rolande (1) conclut que le cervelet est la source, Torigine de tous les mouvements, et pense, avec Reil, que l'action de cet organe est de la môme nature que celle d'une pile voltaïque. La première conclusion est complètement en désaccord avec les faits: après l'ablation du cervelet sur des oiseaux et sur de jeunes mammifères, nous avons toujours vu ces animaux accomplir encore avec leurs quatre membres des mouvements énergiques, mais désordonnés^ tels que les a décrits Flourens. — ^La soustraction du cervelet n'abolit donc point les facultés locomotrices; cet organe n'est donc pas la source de tous les mouvements, comme le prétend Rolando.

« Dans le cervelet, dit Flourens (2), réside une propriété dont rien ne donnait encore l'idée en physiologie, et qui consiste à coordonner les mouvements voulus par certaines parties du système nerveux, excités par d'autres... Le cervelet est le siège exclusif du principe qui coordonne les mouvements de locomotion (3). »

Dans ses expériences exécutées sur des mammifères et des oiseaux, Flourens (U) a constaté, après l'ablation des premières couches du cervelet, seulement un peu de faiblesse et de manque d'harmonie dans les mouvements. Aux couches moyennes, l'animal, tout en continuant de voir et d'entendre, est réduit à la démarche chancelante et désordonnée de l'ivresse; et, quand l'ablation de l'organe est entière, toute position fixe et stable devient impossible. L'animal fait d'incroyables efforts pour s'arrêter à une pareille position, et il n'y peut réussir. Mis sur le dos, il ne peut se relever; il voit néanmoins le coup qui le menace, entend les cris, cherche à éviter le danger, et fait mille ctforts pour cela, sans y parvenir: en un mot, il a conservé la faculté de sentir, celle de vouloir et de se mouvoir; mais il a perdu celle de faire obéir ses muscles à sa volonté (*).

Nous pouvons aflirnier que les résultats qui précèdent sont peut-être les

(1) RoLAMDO, Sdfjfjio sopra la veru struttura del cerveUo, etc. Sassari, 1809.

(2) Floukens, ouvr, cit.^ 'i*-' édit., préface, p. 12.

(3) Ibid., p. 510.

(4) Ibid., p. 37, 53 et 133.

(*) Le phénomène Uu recul ^ observé par Flolrcns et par d'autres expérimentateurs, sera mentionné plus loin.

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plu.s constants que nous ayons obtenus dans nos expériences variées nr l'encéphale. Quelques personnes, qui sans doute n'ont jamais été téiDM d'expériences semblables^ ont prétendu que c'était ia gravité seule de h br>ion qui produisait le défaut de coordination dans les iiiouTeiiient& 81 en ét:iil ainsi, apnS la lé>ion beaucoup plus grave qui résulte de l'ablalifli complète des lobes cérébraux avec les corps striés eux-mêmes, poonfia n'observerait-on point ce phénomène remarquable? A la suite d'uDestiaih lation doulouren^f, nous avons vu fuir de jeunes lapins ainsi mutila. D'autres, au contraire, après la lésion wAêfi du cervelet, n'ont plus bà que se déb:ittre à la mr-me place, sans pouvoir se dérober par la foitei la douleur qu'on leur faisait endurer. Prenez deux pigeons; i rn enlevez entièrement les lobes cérébraux, et à l'autre >çulement une portioi du cervelet : le lendemain, le premier sera solide sur ses pattes ; le second vous olVrira encore la démarche incertaine et bizarre de Tivresse. Cesoottt des faits incontestables et faciles à reproduire.

Houillaud (1) a confiimé, avant nous, àTaidede nombreuses expériences, les résultats obtenus par Flourens; mais il n'admet point que le ccrreiel soit le coordinateur de tous les mouvements dits volontaires. «Jusqu'ici, dit Bouillaud, les expériences ne nous autorisent qu'à regarder cet orgue comme le centre nerveux qui donne aux animaux vertébrés la Tacnlté deie maintenir en équilibre et d'exercer les divers actes de la locomotion. Je crois, d'ailleurs, avoir prouvé dans un autre travail (2) que le cerveau ««erdunnnit certains mouvemenis, ceux de la parole en particulier. » Bouilland cite également les mouvenjents des yeux, ceux de la glotte, des organesde la mastication, commeu'étanl point réglés par le cervelet. Mais Flourens (3), en disant que « la moelle allongée est le premier mobile du cri. du bAill^ ment... », n'a pas entendu assurément l'aire dépendre du cervelet la coo^ dination des mouvements de la flotte et des mArhoires : il est vrai que Kouillaud veut désigner les mouvements volontaires de ces dernières parlies, et non ceux qui accompagnent forcément la respiration.

Andral (4), qui a rasseniblé quatre-vingt-treize cas de maladies du cervelet, dit (5) en parlant de l'un d'eux : «11 est le seul qui tende à confirmer 1 opinifm des physiologistes qui font du cervelet l'organe de la coordinatioD des mouvements. » — Dussions-nous ajoutera ce fait plusieurs autres rapportés par «livers auteurs (Hérard, llillairel, W'oillez.Fiedler, etc.), qu assurément nous serions loin d'avoir réduit au silence une masse aussi consi- (lénibh^ «robservations opposées A l'opinion précédente. Toutefois, à neire sens, la contradiction entre les faits pathologiques et les données expérimentales n'est peut-être pas aussi grande qu'elle parait rèlrc

M) Hoi'li.l.Ai'l), HrrhcT'hf's rjf,r,imt.'ntn/f*\ tiuulnnt à prouver fine le cerrrH prt:sii/t »v nrirs th' lu \ftifn,i, rt lit' in proi/ressioff, rt unn n tinsliuft rir in /im/ffnjati*m [Arc/t. gru. ti^ iin-ii., 1S27, t. XV, I». ()'i .

(2) Borii.i.\n>, Tmiiè iir rmrfiiftnlilt'. Paris, 182.'), p. l.")8 et suiv.

(3) Fl.ountNs. tnirr. lif., p. ISIJ.

(4) AMUIAI., C/iniij'ir ninilrnlrj 2'cdit.. t. V, p. 7:jr>. '^\ ;/;///., p. 707.

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de prime abord; attendu que le plus souvent il s'agit de masses tuberculeuses ou cancéreuses, de kystes de diverse nature, etc., développés dans le cervelet, c'est-à-dire de lésions chroniques dans lesquelles, selon la judicieuse remarque de Morgagni, les fonctions peuvent, jusqu'à un certain point, survivre à l'altération grave d'un organe encéphalique quelconque. Au contraire, dans les expériences, la lésion est brusque et la perversion fonctionnelle immédiate. A la vérité, dans les hémorrhagies un peu oonsidérables des hémisphères cérébelleux, ce n'est pas le défaut de coordination dans les mouvements qu'on a observé^ mais assez ordinairement la perte absolue du mouvement : ce dernier effet ne pourrait-il pas tenir à la compression de la moelle allongée si voisine du siège de Tépanchement ! Ce ^i confirmerait notre supposition, c'est la gène extrême de la respiration et la mort prompte qui sont survenues dans la plupart de ces cas.

Si la science possédait des cas nombreux de lésions traumatiques isolées du cervelet chez l'homme, il y aurait sans doute plus d'accord entre les I révélations de la physiologie expérimentale et celles de la pathologie ikomaine (*j.

Quoi qu'il en soit, en face des observations pathologiques actuelles, il iemble qu'on ne doive adopter qu'avec réserve l'opinion qui fait du cervelet IVi^ne coordinateur des mouvements volontaires.

Vulpian (1) pense qu'on pourrait attribuer les phénomènes produits par les lésions expérimentales du cervelet à une sorte de vertige. C'est l'opiaion à laquelle est arrivé de son côté £. Cyon (2). Ph. Lussana (3), au contraire, adopUmt complètement les idées de Flourens sur le rôle du cervelet, se croit autorisé par ses propres expériences à considérer le cervelet comme le centre perceptif de la sensibilité musculaire, et à rapporter les troubles des mouvements déterminés par les lésions cérébelleuses à une altération plus ou moins profonde de cette propriété. Cette dernière théorie ne parait guère soutcnable , et les expériences de Lussana ne sont pas de nature à entraîner la conviction.

D'après Serres (6), le rôle attribué au cervelet serait celui des tubercules quadrijumeaux. «Ces tubercules, dit-il, sont excitateurs de l'association des mouvements volontaires ou de Véguilibratim,.. Les hémisphères cérébelleux sont excitateurs des mouvements des membres, et plus spécialement des membres pelviens ; le lobe médian du cervelet est excitateur des organes de la génération. » Nous avons déjà examiné (p. ^08) les faits sur lesquels Serres fonde sa première assertion, et nous ferons connaître les

(*) PoDRFOOR DU PETIT (première de ses trois Lettres sur le cerveau^ Namur, 1710) parle d'un soldat qui recul un coup de mousquet dont la balle avait traversé la partie gauche du cervelet et le lobule postérieur gauche du cerveau. Ce malade présenta un grand désordre dans sçs mouvements. .

(1) VOLPIAM, ouvr, cit., p. 638.

(2) E. Cyon, De choreœ indole, etc. Diss. inaug. Berlin, 1864. — Wiener medicinisclie Jaftrbùcher, 1865. — Die Lehrc v. d. Tabès dorsalis. Berlin, 1867.

(3) Ph. LvssiMK, journatde physiol, de l'homme et des animaux, t. V, 1862, p. 484.

(4) Semés, Anaiom, comp, du cerv., t. II, p. 717 et 718.

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arguments qui lui seiTcnt à appuyer la seconde, quand nous présenteiu» l'examen critique de l'opinion de Gall sur Tusage du cervelet.

VL — Fodera (1), Flourens{2), Magendie (3), Bouillaud (4), etc., ontnolt la tendance qu'ont les animaux à reculer, après la lésion profonde oah soustraction du cervelet. D'après Magendie (5), il existe chez les oiseam, chez les mamniifùres et chez l'homme, une force intérieure qui les pooat à marcher en avant, imc aulre qui les porte à reculer : la première réafc dans le cervelet, la seconde dans les corps striés. Dans l'état sain, ces dm forces sont dirigées par la volont'î et se contre-balanccnl mutiiellemol Mais, suivant le même physiologiste, si Ton enlève Tun ou l'autre orpm où siègent ces forces, l'antagoniste demeuré sain obtient tout son efle(:ie là, la rétrocession irrésistible après l'ablation du cenelet, et la propulsM également irrésistible, après la soustraction des corps striés.

Nous avons dit ce qu'il faut penser du principe moteur spécial qV Magendie localise dans cette dernière partie de l'encéphale.

Le môme auteur a vu, après la lésion du cervelet, un canard nager a reculant, des pigeons voler en arrière ; mais il ajoute que des lésions deh moelle allongée ont pu produire ces mêmes effets: a La conséquence i déduire de ces expériences, dit-il, se montre d'elle-môme : il existe, soi dans le cervelet, soit dans la moelle allongée, une force d'impulsion qi tend h faire marcher en avant les animaux. » La cause du recul, après q« le cervelet a été lésé, ne serait donc autre chose que la force de rélroceision que Magendie a imaginée, ot dont il a cru devoir placer le siège dam iPs corps striés.

Maintenant il nous faut examiner la valeur de l'hypothèse précédente sur le rcMe du cervelet dans la locomotion. Et d'abord, comme on pourrait croire que celle hypothèse se fonde sur un résultat expérimental facileà reproduire h volonté, il injportc qu'on sache que le mouvement de rmrf, à la suite des blessures ou do l'ablation du cervelet, chez les manimifèrps ou chez les oiseaux, est loin d'être un phénomène constant.

Kn ellet, dans f//./-//?//7 exporiences, Flourens ne la observé que cnf lois; ot Houillaud quatre fois soulemont, (hns dix-hfut autres. Encore cf* tlonx physiologistes, qui ont expérimenté sur des mammifères et des oiseaux, ont-ils reconnu que cette allure rétrograde se combinait parfob avec dos mouvements propulsifs, ce (juo plusieurs fois aussi nous avons constaté nous-nièmo. «Aucune de mes dix expériences sur le cerveleC, dit Lafarguo y()), n'a produit lo uiouvemont do recul : d'où il suit que le mode de loconi«>tion observé par d'autres, îi la suite des mutilations de cet

'^\) Fitni'.RA, H'-'-h. rxféf'ntn. surie,xy<t. twrr. (Jour, fie phyuiol. i'Tftti\, 1823, l. IH).

;2) FlOIRKNS. A**-. »•»/.

(;î) Magf.nni:, /V.v.n .Aw*. lie /.'«v^'"'. Paris, I83«. l. I, p. 409.

.V- Bonn ui». Ait*, n/.

vr>) M\i.i:!«iWE, .'iir/'. .^•^,l. I, p. .107, A09 cl il».

!»' L.\r\lic;iE, Kfitai sur t»i nifr'nr jA-v /"-aft^atto/K ^ii':»'phnlii/ve<, ^enforia/es et locnm^ /rurv, i r..f^t.<re^ piour C^iommc t't ft't animaux fn/ff rieurs, thèse inauf. Paris, lA mû 1S38,

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organe, n'est pas assez constant pour justifier l'hypothèse de Magendie. » Mais on pourrait croire qu'au moins cette hypothèse est confirmée par une masse imposante de faits pathologiques... Sur les quatre-vingt-treize observations de maladies variées du cervelet rassemblées par Andral, et dans lesquelles figurent quelquefois des désorganisations presque complètes de cet organe, on en trouve une seule dans laquelle le malade offrit une tendance à reculer. Cette observation, recueillie, en 1796, par Petiet, médecin d'un des hôpitaux de Weisscmbourg, est consignée dans le tome VI dà Journal de physiologie exp&imentale, p. 162.

- Si l'opinion qui donne au cervelet la propriété d'être le régulateur des -mouvements volontaires ne réunit pas non plus en sa faveur un grand nom- ^)kre de faits pathologiques, toujours est-il qu'elle se fonde, comme nous Tavons aftirmé d'après nos propres recherches, sur des expériences dont les résultats sont invariables; c'est-à-dire, sinon sur le défaut de coordination >de tous les mouvements volontaires, au moins sur celui des mouvements des ^membres. Au contraire, l'hypothèse qui place dans le cervelet une force rimpulsive en îivant ne saurait pas même s'appuyer sur Texpérimenlationi iMiisque le mouvement de recul ne s'observe que rarement chez les ani- }naux dont le cervelet est mutilé, et que d'ailleurs un pareil phénomène Minble n'être qu'un des résultats variés du défaut de coordination dans les «mouvements des membres.

Nous avons fait connaître (p. 397 et suiv.) les singuliers troubles de locomotion qu'occasionne la section des pédoncules du cervelet chez les animaux, ou leur lésion morbide chez l'homme.

VII. — Suivant Gall (1), le cervelet est l'organe de l'instinct de la propagation ou du penchant à l'amour physique.

Ne devant passer, en revue que les principaux arguments qui ont été émis en faveur de cette opinion, nous examinerons d'abord la valeur de ceux que l'on a empruntés à la pathologie (2).

Les faits dans lesquels le priapisme, chez Thomme, a coïncidé avec une lésion du cervelet, ne sauraient être invoqués comme réellement confirma- Ufs de l'opinion de Gall; et plusieurs pathologistes ont considéré bien à tort cet état de l'appareil génital comme un signe pathognomonique des apoplexies cérébelleuses. En effet, sur quinze cas de lésion avec compression de la portion cervicale de la moelle épinière, Térection du pénis a été observée huit fois (3), et trois fois sur treize cas ayant trait à des lésions de la portion dorso-lombaire.

Serres (/i), se fondant principalement sur sept cas, dans lesquels avait été observée la surexcitation des organes génitaux, coïncidant avec une apo-

(1) Gall, Fond, du cerveau. Paris, 1825, t. III, p. 245.

(2) Voyez, pour les détails des faits pathologiques, mon Trotté (tanat. et dt! phyxioL du sysL nerv., l. I, p. 757 et suiv.

(3) Truilé des maladies de la moelle épinière^ par Ollivier (d'Angers). Paris, 1837, t. 1, p. 367, 3« édit. — Wid,, p. 316 et suiv.

(4) Serres, Anatom, camp, du cerveau^ i, U, p. 601 et 717,

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