M2 PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DC STSTÈME NDTEOL
plexie (lu iofje nu^tlinn du corvelel, a cru devoir modifier l'opinion de GalL en ce sens quil regarde «ce lobe médian comme Texcitateur des orgues de la fçoiK^r.ition, et le? hf' mi «sphères du cervelet comme excitateurs des mouvemeiifs dt.'N membres > :*). — 'i Dans aucun des cas dont nous avons bit l'analyse, dit Andral (I], tou< n^latifs à i*ht''morrhagic d'un des lobeslatérwa du ï:erveleï, il n'est question de phénomène particulier du côté des voies génitale*». » II eu a éW' de mrme sur treize cas de ramollissement d'un des iofjes latt'rnux: aucun sifine d'éreclinn. Dès lors ne serait-on pas tenté de supposer de prime abord, avec Serres, que le lobule médian du cerreletfi l'exclusion des lobes latéraux, partap:e avec la moelle le privilège de déleN miner l'excitation des organes génitaux ou l'érection? Avec Pétrequin (2), il est peul-étrc permis de penser que, si l'érection a pu coïncider spécialement avec leshémorrhagies du lobule central, cela tient à ce que i'accumnlilion sanguine plus proche de la moelle allongée peut exercer sur elle ve compression plus directe, troubler sa circulation et entraîner une modilcation morbide dans ses fonctions et son activité: en effet, sur trente-six eu de produits accidentels développés dans la masse cérébelleuse Andral, omt. cité^ t. V, p. 73,")), un seul a coïncidé avec une érection permanente; et remarquez qu'ici une masse tuberculeuse exerçait une compression manifeste à la fois sur le lobe droit du cervelet el sur la partie supérieure de la moelle. Pétrcquin fait observer, avec juste raison, que cette lésion du cordon spiml se retrouve dans l'histoire de plusieurs nécropsies. On lit dans une desohso^vationsde Serres qu'il y avait, entre autres désordres, une phi ogose delà piotubérant:e annulaire et du commencevunt de la moelle, — Ajoutons que , tandb cyie sur (juatorze cas d(; ramollisscmonl circonscrit du cervelet aucun n'a présenté Téreclion, au contraire, sur trois seulement de ramollissement dets tolalilé de crt orfjmw (Andral, oucr, rù,, \), 701), ramollissement qui, par cela même, pouvait s'élendre jusqu'à Torifïine de la moelle^ sur trois cas, dis-je» deux ont off'rrL le phénomène de rérecticm du pénis. D'ailleurs, dans Itîs cas rapjjnités par Serres, l'état de la moelle épinière n'a pas toujours été exploré; une altération sinuiltanée de cet orj^'ane n>st- elle pas au moins probable, par cela seul que, dans la plupart des faits mentionnés par cet auteur, il est question d'une roideur tétanique ou de mouvements convulsils des meuibres ?
Nous s(»mmes donc porté à croire qu'on tloil rapportera la moelle ëpiniéie rinllucnctî attribuée exclusivement au lobule médian du cervelet Cette concluMun paraîtra d'autant plus ])r(>babl(; que, comme nous l'avons déjà dit. la leiidance au priapi^me s'observe très-fréquemment dans les lésions morbides de la partie Mi|)éri(Min; de la moelle. Ajoutez que, chez les
-) IJmi.ACH (lo/// /;-/-,■ ...,// /Wv../ ,y, ii,hin,.^, Uii-zi;?, I8ID-2G, t. UI,p. 297, :JI9. â23 , îiy;mt ivuiii '■'•/// \t>i.rfi/if>--(h.i-fn/if observalioiii* de Usions varii^es du cervelet, n'en a tntuvéque tfu triid.iiit ù faire su|i|iii5or une ccrtaiou corrélation fuiictioiinelle entre le cervelet et les or- ^.inrs i^i'uiitaiix.
(1) AMiHAL, o//r;-. ut., 2*^^ édit., 18:^^ t. V. p. I3HI).
(2) l»KrRKullX. Sftr ifiir/tji/rs- /ii,i/tf< fA» /a />/if/Mnf. tin n'rvrht nf th' ta moeUe èpin^ ((?«:. ///*•>/. d" Pans, \H\Ui. t. IV, ii» 'Mu p. 54(5).
rROniIÊTÉS ET lONGTIONS DE L'ENCÉPHALE (CERYELET). &63
animaux, au dire de Ségalas (i), on peut, par des titillations artificielles de la portion cervicale de cet organe, produire l'érection et même réjaculation, si l'on excite en même temps la portion lombaire ; tandis que ni Tun ni l'autre de ces phénomènes n'a lieu, si l'on stimule isolément, soit le eerveki^ soit le cerveau (*).
Quant aux observations que Gall emprunte h Larrey, et dans lesquelles il est question de l'oubli des désirs erotiques, ou de lésions de l'appareil génital autres que le priapisme et coïncidant avec des altérations du ceryelet, elles méritent à peine une réfutation. Dans l'observation de René Bigot, par exemple, il est dit que le blessé avait cessé d'être passionné pour les femmes. Remarque étrange, si l'on songe que ce soldat mourut le • Értnie-huitième jour de sa blessure, qu'il éprouva durant ce temps des douleurs vives sur le trajet de l'épine dorsale, douleurs accompagnées de cris logubres, qu'en un mot il se trouvait dans des conditions dépressives qui font taire, chez la plupart des hommes, l'appétit vénérien. Si l'on veut bien se rappeler l'influence remarquable de la moelle sur la circulation : capillaire, l'atrophie de cet organe sur le précédent malade, les douleurs [ vives sur le trajet de l'épine dorsale, il sera assurément bien permis de , Apporter le fourmillement et l'atrophie d3s testicules, plutôt à la lésion de h moelle qu'à celle du cervelet lui-môme.
Quant au cas dans lequel le pénis n'était long que de six lignes et les testicules seulement du volume d'un haricot, si Ton a trouvé le cervelet moitié moins volumineux qu'à l'état normal, rien ne prouve qu'il ne s'agisse point ici d'une simple coïncidence entre deux phénomènes tout à fiât indépendants l'un de l'autre.
Gomme, dans le troisième cas, on n'a fait que soupçonner une lésion du cervelet, et comme, d'ailleurs, il est survenu une faiblesse générale de tous les organes, y compris ceux de la génération, il nous semble inutile de nous arrêter à ce fait aussi insignifiant que celui qui nous reste à examiner en quelques mots. — Si, chez une vache observée par Thion (2), le part s'est fait sans sécrétion laiteuse, et si cette vache n'a plus redemandé les approches du mâle, il n'y a rien là qui doive surprendre, puisqu'il est dit que l'animal avait perdu l'appétit, maigrissait et était sans cesse assoupi. A la vérité, le part avait eu lieu quelque temps avant que les symptômes de la maladie encéphalique se fussent prononcés, ce qui n'empêche pas de croire que l'afTeclion morbide existait déjà et qu'elle avait pu exercer sur l'économie tout entière, et partant sur les sécrétions, une influence fâcheuse. Mais qui oserait affirmer que, si les arborisations cartilagineuses et les nombreux tubercules, dont l'autopsie a révélé l'existence, eussent siégé
(1) SÉGALAS, Jouj'ti, dephysiol. cxpérim,, 1824, t. IV, p. 293.
(*) BuBGE et Valewtin (ouvr. cit.) disent avoir provoqué, par la stimulation directe du cervelet, des mouvements dans les testicules, les vésicules séminales, les trompes, la matrice, la veitie, l'estomac et le canal intestinal ; mais, jusqu'à présent, je n'ai pu réussir à confirmer les observations de ces physiolog^istes. — Du reste, je dois avouer que, dans cinq expériences tentées sur trois cabiais et deux lapins^ il m'a été également impossible de reproduire les résultats aononeés par Ségalas.
(2) Tbioh, Archives génér. de méd., 1827, t. XIII, p. 287.
-»/ — :t^-T5 i" w:^:tîo>5 des nivEnsEs partiks du sysième NERvrn.
... . : •• "T.i *■ . - - i** nccphale que dans le corvolel, la sr*cn''tion lii-
: . ..L- - it :: t-riu? abolie? D'ailleurs, la suppression lie ceîl-*
.- : :- :i i-r :.>:^;iii? pas cire allrihuée aussi à bie ini'aulres cauv-
:. -. '.L-'i^r *-: . •.ifet'tion cnréphalique?
.- ■ ■ -^ :*: -.; p.uhoIoj;iques ne saurait «lonr démnnlror iiue r«'|ii-
" . r :: ■" oorvelet esl fondée.
.;,- ...^ <;:.■> iîUérèl d'opposer î\ de pareilles observ.ili«in<, rejanlr^ - .- :..":'i- à ("«idl par (pielques auteurs, Texemple iliinc jvim 7 . • i-:'.it'tit tlèpimrvw' de rorvvlet, se livrait uéaiininin< a la ma-
>. : i.uir.ent l'instinct vénérien résidait dau^ le cervelet, il tauiiu' ci r..' >;:pv« '*>«'ï' *r*^' ^'^^ instinct pont si» manifester en î absenci- d»* s».»n iCnàwc: sr.ppi^'^iliiui que h\ raison désapprouve. A la vérit*''. r.ili-ir%all-& nr«N riiente esl également subver>ive des iliverses opininu^ .!.«[.< Iimiu. :;»> le err^e'.cl e>t considéré lantôl comme un IV»yer de sen^il»:! lé. l.i'rî.i er^mme ie p'nérateur des mouvements volontaire? ou invnluîii.iir* *. tautr.i eom;U'' le sié-rt? d'une force impMJNive en av;nit, et<\ Sorait-re *|n'.iu.-unr li^ ( es nianières de v<Mr sur Ie< altril»ulinn> du corveltl n"e^l rt^-l-omtnt li-ndee'M'cl'ï est probable. La jeune tilb' dont il >ajiit ' -e / .-^yjir >#.'.?vr* /rt»?/Ar/" ; (in pr)urrail done tr.'uver là une cnntumali«'H ,ie r-.pinii'n qu voit dans le cerveNt le r«j,'îiialeur de< m')U\enienî< : im;i:> îi- eLiîîr étaieid-elle.s la '-oh-équeiïc»* d'un»- iriamle taible>so ru tiun '/'/•;": 'A •.<•.lïiwUinii dan- le- îaiiiit'.- l.u'om't: ico-?
(iall ("l) a CM] ':♦ v-;r .it:::::i. ; q^r ;-'i^' x, u!» ni, \,{ it IV*.'- -r. <». m.iuifH-' le pi'îi' lj-«ril .'j "î'.. ■:■ :''.>"■';''' 'T'' ■■ '•:'^''.'" .i--:-::-:î. :•'. t^oni'.r.t .!'. i-rm-aii. l'f ' : : " ' '. ■:- :" • ■ !.-'::><-.i :1:> :..:•: " . M i- ■ :*• .i-^Tt: r v<\ iitu\\>\-- . '■ '■■- ■ ■■ i •* ■> ■'•" :i*.."-':- Sv::.::. ;:.!.:. c.'A" kîTn,.,t,>, '\. î' -- '.V- V. .^:\- 1. ;:• :; . .;;; > ;■ :.!:;• ;. ;•-. \ ^\'.^v^.■.■.' \\t'\ (y.- . • . 1- :-'•.-•: — ':. ;:\ : / - r:- ^ ^ • ;. ■ . -■ >.rt. :■
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PROPAIÊTÊS ET FONCTIONS DE L*£NCÊPHAL£ (CERVELET). ^65
dans la vieillesse^ c'est-à-dire à mesure que diminue et va en s'éteignant le besoin du rapprochement des sexes.
Gall, supposant que le sentiment de Tamour physique est moins actif chez les femmes et les femelles des animaux qu'il ne Test dans le sexe mâle, n'hésite pas à avancer, sans appuyer d'ailleurs son assertion d'aucun chiffre, que les mâles possèdent, relativement, le plus gros cervelet. Il prétend aussi que la castration détermine une diminution notable dans le volume relatif de cet organe. Mais les résultats obtenus par Leuret(l) et par Lélut(2)ne sont pas encore favorables aux assertions du physiologiste allemand.
Après s'être livré à des recherches comparatives sur un assez grand nombre d'encéphales provenant d'étalons, de juments et de chevaux hongres, Leuret en formule ainsi les conclusions : « Les étalons ont comparativement le cervelet le moins développé; les juments sont mieux favorisées qu'eux sous ce rapport; et les chevaux hongres le sont plus que les uns et les autres. Si l'une des deux parties principales de l'encéphale s'est atrophiée chez les chevaux hongres, c'est le cerveau : car il est seulement de 619 grammes, tandis que le cerveau des étalons est de 433; et si l'une d'elles s'est développée de manière à prédominer sur les autres, c'est le cervelet des chevaux hongres, qui pèse 70 grammes, tandis que celui des étalons et des juments n'en pèse que 61. »
De son côté, Lélut est arrivé à conclure de ses recherches, contrairement à Gall, que le cervelet serait, chez la femme, plus gros proportionnellement au cerveau, qu'il ne Test chez l'homme; et encore faut-il noter que les pesées d'après lesquelles Lélut a établi cette conclusion appartiennent en majorité à des femmes fort âgées, c'est-à-dire de l'âge de soixante à quatre-vingt-sept ans, de cet âge auquel, suivant Gall, le cervelet décroît depuis longtemps d'une manière notable.
Quelques-uns de ceux qui soutiennent, avec Gall, que le cervelet préside à l'amour physique, font observer que, chez les raies et les squales, dont le cer>'elet présente une organisation plus parfaite que celle du môme organe chez la plupart des autres poissons, la fécondation s'opère au moyen de l'union intime des sexes, et ils croient trouver là une confirmation de leur système. Mais Leuret (3) s'est appliqué à rechercher s'il y avait réellement coïncidence entre ces deux faits, c'est-à-dire entre la perfection du cervelet des poissons et l'existence ou le développement de leur amour physique. Eh bien, celte coïncidence n'existe même pas. Les squales, les raies, les chimères, les syngnathes, les blennies, les silures et les anguilles, présentent le phénomène de l'union sexuelle, et, parmi eux, il y a seulement un certain nombre de raies et de squales qui aient des lamelles au cervelet; la petite et la grande roussette n'en ont pas ; il en est de môme de la raie bâtis : ces trois derniers animaux présentent seulement de légères dépres-
(1) Lkuret, Afiat, comp, du syst, nerv. Paris, 1839, t. I, p. 426 et suiv.
(2) Lélut, rec, cit.
(3) Leuret, oMir. c/ï.,p. 219.
LONGET. — PUYSIOL. Ul — 3U
'idfi I KOPnifeTÈS KT P0>ir.T10^S DKS DIVERSES PARTIES DD SYSTÈME NERVIUX.
«lions, ijunui k Vhu^uiWp, il est hors de doute que son cervelet n'a pas de larijellft>, <;t qu'il y a rht-z eil''. romparalivement, moins de cervelet q» chez la inonir : o{ priurtant elle exerce Taclc de la copulation de la même mani^ro qu(; \ps squnlcs et le-* raie<. Si, pour >urabondance de preuves, wi compare Ui rervelct de la morue (poi'ison qui ne présente pas le phénomiDe de l'union .^sexuelle) à celui des chiens de mer ou roussettes, on leur Irouvera, selon Leuret. une analogie presque complète. — Ainsi, d*une part, copulation avec un cervelet trcvdéveloppé cl avec un cervelet à peine di^velopfié; et, rraiilre part, absence de copulation avec un cervelet bien développé; dVili il faut conclure qu'entre l'acte de la copulation et lape^ feclioii du cervelet, il n'y a, chez les poissons, ni corrélation^ ni mèmecoiDcidencc. v Or, ajoute Leuret, la copulation étant le phénomène principal de Tamonr physique, il est rationnel de conclure que l'amour physique oc réside pas dans le cervelet, chez les poissons. »
Parmi les reptiles, les grenouilles sont réputées se livrer k l'acte de la reproduction avec une telle ardeur, que les mâles^ absorbés par leurs seosjilions erotiques, deviennent étrangers à presque toutes les causes de douleur physique. PourUmt le cervelet, comme nous l'avons déjà fait remarquer, est tellement rudimentairc chez ces animaux, que son existence a été nier oïl révoquée en doute par plusieurs anatomistes. Calmeil (1) a reconnu que l'instinct de raccouplemcnt survivait, chez les reptiles, à Tévulàion du cervelet; qu'au contraire, il était aboli par la soustraction des lobes cérébraux. Magendic (2) est arrivé à des résultats analogues.
Chez un coq auquel il avait retranché une grande partie du cervelet, el qu'il conserva vivant pendant huit mois, Flourens(3) a vu persister Tinslinct de la propagation : « Gel animal avait été mis plusieurs fois avec des i)()nles, el il avait toujours cherché à les cocher, sans avoir pu y vé}i^ ^\v, fauta d'êqinlibro. » « Ainsi, dit Plourens, Tinslincl de la propagation subsistait: cet instinct ne dépend donc pas du cervelet; mais l'équilibre de^ mouvements ne subsistait plus; cet équilibre dépend donc du cervelet... Kulin, les testicules de ce coq étaient énormes. »
Ni la pathologie, ni l'anatomie anormale, ni l'anatomie comparée, nib physiologie expérimentale ne tendent, par conséquent, fl faire admettre le sentiment de Gall sur les fonctions du cervelet.
O'après la discussion à laquelle nous venons de nous livrer, en ftice de lîiut de faits qui seniblent se contredire les uns les autres, on peut juger do la réserve qu'il convient d'apporter dans une conclusion, et reconnaitiT! qu'assurément la délerminatiiui précise des usages du cervelet reste un des problèmes les plu.s embarrassants de la physiologie. — Toutefois, si, dans Tétat actuel de la science, il était permis de donner quelque préféi'oncc h une des précédentes opinions, nous choisinons celle qui rcpré-
M) <'m.mkii., ,iiU b\sTi:ML >KRVEix (lu /)?'/. 'A' //i'-'/., nt» liffn;f.ift\ v» , mrrf. l*ari>, 18»''.
[2, M.viiEMMK, b\'tHb ./// An /'•//'/. ifi' M/.sf, lui t., l'aiii., 1830, l. I, |i. o3:î cl auîv. (:i) I■'l.oL»E^^, '•'"/■. '/^. |i. lo;», 'i'u«iii.
I»IIOPl\tÉTLs tr FU!N<ni«JINS DES NtliKS E?i PAR llCUilEK. h^l
sente le cervelet cnnirne infliiengant d'une mmiière spé<viale ta loordinatimi des raoïivemenls de tran^lalion. parce qtvc !« physiologie expérimeDtale la confirme pleinement ; parce qije r^natomic anormale ne la contpcdil point; parce qu'entinj conime nous avons essayé de le démontrer, elle ii'e^l peut-être pa^ eu opposition aussi fornjelle qu'il le semblerait d*abord avec les faits palhologiqncs. Rappelons d'ailleurs *|iie le cervelet nous a parttj comme àFlourens, tHre ïa seole partie de rencépliale dont la lésion eoLraiiM!, même bien longtemps après elle, la désharmonîe dans les ntou* vements des animaux* Cependant nous sommes loin d*oser affirmer que le cervelet ait pour n'de exvlimf de coordonner les nn^uvements volonluircs des membres, sans vouloir admettre, avec Gall, qu'il soit le siège ou rort;ane de l'instinct de la propagation. -— (Concluons donc que le problême relatif à la détermination complète et ligoureuse iies lonclioui* du ■ cervelet attend encore sa solution diMinittve*
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miOPRlÉTÉS ET FONCTIONS DES NEUFS EN PÂliTICUUEH (*).
IjCs nerp ou pnrtm rofidm-trkcs du syst6mc nerveux représentent des espèces de cordons h l'aide desquels les {Hiriies centr'alm de ce système établissent leurs relations avec les dilTérenls organes.
En traitant de la distinction, dans le système nerveux, des appareils du sentiment et de ceux du mouvement; en éludiant le mode d'action de l'appareil nerveux moteur et de Tapparcil nerveux sensitif, les effets si ren»'^niyables et sî distincts des agents électrique, mécaniques et chimiques sur l'un et sur l'aotrc; en déterminant les rapports du système nerveui avec les fonctions nutritives et avec les phénomènes dits sympa- Ibiques; enfin, en examinant la valeur de 1 hypothèse qui tend h identifier les actions nerveuses et les actions électriques, nous avons éf^alcmcnl fait connaître les propriétés génèvles des nerfs,
Maintenant il nous reste il éludicr surtout les fortcftom do ceux qui, ii, cause de leur influence particulière sur des organes déterminés, se recommandent à rintérèt du physiologiste.
Le point de conjugaison des nerfs avec Taxe céiébro-spinal, ou plutôt le lieu de leur sortie hors de la cavité verlêbro-cràuiennc, les a fait diviser:
!• En nerfs rachidirm ou spinaux, qui sortent par les trous de conjugaison de la colonne vertébrale;
2° En fif'rfs crânien.s ou encéphaliques *qui traversent les trous de la hase
du crâne*
A côté des nerfs crâniens et rachidicns, plus spécialement destinés aux organes de^ sens et a«:t muscles volontaires ou semi-volontaireî*^ il faut
{*) Pour lu iJescn|itïoii analomîquc <lo? ttcrf?» voy. mon frtnff^ t^nmiL t'I de phfiiof, tfu Ay.*/, ncf'v., 2 vvi. in-8 avett pL — Pour la âUticlurc des lubc& tiisrvtuXj wy, ct^dcssus, p* 84 et suiv.
468 rnOPHIÊTÉS KT fonctions des DiV£aS£S IMIITIESDU &ySTÈII£ CIEEVCGJL
encore ranger le ttcrf ijrand si^mpaihiquc tluiiL r.tclion s'exerce principabnient sur les organes sous Ira ÎL^ à TeDipire île la volonté, et dont 11 oi
vaille étnde devra nous occuper plus lard.
rflOPRjftTÉS ÎCT FONCTIONS DES NERFS KACUHJlENS.
Chez riiomme, on compte, de chaque côté, trenie et un nerfsnuxqueU 1
^ trous vertébro-sacrés livrent passage : ces nerfs» associés à giiuche et à
cl roi ICj fnrment trente et une paires, dont huit cervicales, douze dotT^\i>,
cinq lojnbaires et aiv sacrées»
Chaque nerf rachidîen ou spinal eomniunique avec la moelle épinîé l'aide de deux racines, Vune anténenn* et Vûufrç puatçrieure, que sép lip^amcnt dentelé* Les nombreux lilets de Tune et l*autre racine com^ et forment dcnx faisceaux, d'abord distincts, dont l'union donne bient6l naissance à un seul tronc ; lr)nt près dn lien de cette union, la racine pmti ricure présenleun renllcmenl ^ganglionnaire. Puis» après un court trajcltl tronc nerveux unique (tmiif ou nerf rmhidkn) se divise en deux branche Ttine postérieure, Fautre aolérif'ure, qui elles-mt"^mes se composent éi~ filets radiculaires des deux madrés-— Ajoutons que chaque ganglion de I portion rachidiennedu nerf granti sympathique tient aux deux ordre-s racines des nerfs spinaux.
On a vu (p. 110 etsuiv.) que Texcitation mécanique d'une racine sp antérieure (la postérieure correspondante étant coupée) ne donne pas lie a la mointUê douleur ; cpie sa section paralyse le inouvL'rnent des pi en rei'oiveut des lilets; que le L!;aivanisnie appliqué à stm Imui pcr provoque localement des contractions musculaires très-apparentes; — qtfa contraire, le pinccnuMit d'une racine postérieure est douloureux; que i secliun abolit la seusiLilité des or^^anes auxquels cette racine se dîstnbuCi' et que ïe galvanisme appliqué, avec les précautions déjà indiquées^ àitm haut périphén'qtw, ne suscite (jas la moin*lre oscillation de la fibre muscu^ luire.
Ou a vu ausM précédemment que, chez Thomme, les trente et uoc pains] de racines spinales antérieures ou motna^it [irésident a la conlraclion del lous les umscles des racmbrcSj du tronc, ainsi qu7i celle des sphinct<.*r^ do j rectum et de la vessie ; tandis que les trente et une paires de raciiics| spinales postérieures on i;cniii(wes sont dévolues à la sensibilité de Ve Vfloppc culanéc des quatre membres, de tout le trorjc et du segmeiil| postérieur de la tête, aussi bien qu'a celle des membranes niuqueuscs clcarl voies génitii-urinaires et de la partie inférieure du lube digestif.
Uuant à la ëeimMtii' réatrrtntc des racines spinales antérieures, qm j.décnnvris en 1839, il en a été fuit mention (p. 1!;> cl suiv.) à prupos de' rélude des dillérenccs de propriétés et d'usages des deux ordres et racines ; il n'y a point lieu d'y revenir en ce moment.
Mais il resle à faiic conuaiïie les importants résultats oblcous par
PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS DES NERPS RACHIDIENS. /|69
A. Waller (1), touchantic rôle des ganglions situés sur le trajet des racines spinales postérieures.
Les observations de A. Wallêr ont été faites sur la deuxième paire cervicale dont le ganglion peut, chez quelques animaux, être atteint sans ouvrir le canal vertébral, et conséquemment sans mettre h nu la moelle épinière. — Voici en quoi consiste Texpérience de cet habile observateur :
Après avoir coupé les deux racines de la précédente paire nerveuse, entre la moelle épinière et le ganglion, on laisse survivre l'animal (chat) pendant quelques jours, afin de pouvoir reconn.iître les changements de texture survenus dans les bouts des racines nerveuses divisées. Alors on constate que, dans la racine postérieure pourvue de ganglion, le bout central qui est resté attaché à la moelle épinière contient des éléments nerveux dégénérés et ayant subi la transformation granuleuse, tandis que le bout périphérique qui est attaché au ganglion présente, au contraire, des éléments nerveux ayant conservé leur texture normale; ce qui démontre évidemment que la continuité du nerf avec la moelle épinière n'empôche pas celui-ci d'être atteint de dégénérescence, tandis que sa continuité avec le ganglion intervertébral suffit pour l'en préserver.
Mais ce qui n'est pas moins remarquable, c'est que les choses se passent d'une manière exactement inverse dans les bouts divisés de la racine rachidienne antérieure. Dans ce dernier cas, en effet, c'est le bout central attenant à la moelle épinière qui conserve sa texture normale, alors que le bout périphérique dégénère et devient granuleux. De telle sorte qu'on arrive à celte conséquence, qui, dans l'état actuel de la science, n'aurait jamais pu être soupçonnée, à savoir, que c'est la moelle épinière qui donne à la racine antérieure la propriété particulière qui fait résister ses éléments à la dégénération granuleuse, tandis que, pour la racine postérieure, ce n'est plus à la moelle épinière, mais au ganglion intervertébral que ce rôle conservateur est dévolu.
De ses expériences variées de différentes manières, A. Waller a donc été amené à conclure que le rôle des ganglions intervertébraux est de présider à la nutrition des nerfs qui se trouvent en continuité avec eux, c'està-dire de représenter les centres trophiques de ces nerfs.
Précédemment nous avons eu occasion de signaler, à plusieurs reprises (d'après les observations de Cruveilhier, L. Tiirk, Charcot, Vulpian, Bouchard, etc.) les dégénérations secondaires de certains faisceaux de fibres appartenant en propre à l'axe cérébro-spinal lui-même, dégénérations qui, tout en nous éclairant stir la marche de ces fibres, tendent aussi à révéler le siège de centres trophiques (amas de substance grise) en rapport avec elles.
Nous aurons ultérieurement à faire des applications intéressantes de la méthode anatomique de A. Waller.
(1) A. Waller, Coinpies renfiu9 deVAcad. des se, de Pnris^\Sb7, l. XLIV, p. 167 (Rapport xur le eorieours' pour le prix de physinl. ej'j)érim. jtour Cannée 1856).
^70 PROPRlfTÊS ET FONCTIONS iïES DIVERSES PAMTiES J>lî SYST^Ml >t rAt^
PROPRIKTIIS ET FONCTIONS DES NERFS CAAMIEN'S.
Si la légiLîtiiîLo de la division des nerfs radiidieiis ea moteurs el eu »efl sitifs \Vesi plii^ rniituslable, mio. distincLion analogue nous parait dtt s*appliqu€r aussi aux nerfs crânions, que, depuis lunj^teuips, nos iaresfr gâtions anatomiques et expérimentales nous ont fait rapporter à Ir classes ainsi eonslituét^s :
Dans la première se rangent les nerfs sensoriaux ou nerfs de sensibiîi1è spéciide ; Ydfacdf^ Vopiiqiw et Vaudiiif,
Dans la seconde (igtn'eot les nerfs jïe//.s/V//k ou nerfs de sensibilité g^oé-^ raie : les portions gangliûmmires du trijumeau, du gloss(hpharyntfie*i el ili ptmimoga&irique, qui, pouvant en outre servir à certaines seasatioos spéciales, établissent une transition entre les nerfs précédents et tes nerfs qm servent exeliisivement h la sensibilité générale.
Enfin, dans la troisième classe» se trouvent ceux qui président iui mnnvements volontaires el à certains mouvements respiratoires ; le maim ùruhiire commun ^ le pathtHlque^ Xemmtkaieur [portion non ganglionnaire di, ti'ijumean), le mùieur ûeulau^ externe^ le moteur ttpnpanifpw i^)^ le /bciWJ npiftal^ le grand hijpoghsse.
Nous avons déjà fait connaître (p, i3l-13<)) les caraclàr^ généraux i disLînctifs des nerfs crâniens des deux dernières classes, nerfs qui oll,„ les plus grandes analogies avec les deux sortes de racines spinales, U ne nstll donc plus, avant d aborder l'étude physiologique de chaque nerf crânien, i particulier, qu'à exposer les caractères communs aux nerfs de I<i premfi catégorie.
I^ropriélés €t foiic lions des nerfs senfioriauiL en féoèml.
Un fait qui frappe tout d*abord, el qui est bien digne de fixer Ta Kcnîtî est le suivant : chacun des neff^ senmriftux ou de sensibilité spéciale jiettll être excité et lésé d'une manière quelconque» sRns éveiller jamais la moindre douleur. tUi. Rell (i) est le premier qui ail signalé cet inipo suitat que nombre de fois nous avons vérillé» au moins pour I'uil, .,: :i l'optique : nous avons toujours vu, en elîet, les animaux demeurer itn|iti« sibles pendant la destruction de ces nerfs.
Mais, si une douleur analo^^ue k celle qu'occasionne la blessure d'un ueri de iensibilité générale n'est point alors perçue» les sensations' propres 4 chaque nerf si^nsonai peuvent, au contraire, se dçvchqjper sous rinflueiic^ d'excitations mécaniques ou électrique dirigées sur lui.
Ainsi, au rapport des chirurgiens, la section du nerf optique, dans Tel* lirpation de IVeil, fait apercevoir au malade des masses considérable» de lumiùre, à condition, loutetbîs, que le nerf optiiiue soit resté sain dans k lieu même de la section, L*éleclricité, dégagée de deux métaux hétéroeène'
(• j Ou nerf de Wrishenj.
Ca, Bell» !dm of a Scw Atuttumy of Uie Hrmn^ 1811 » p. 35. — Sarmtiir ../ .a^ m*- Wo/ yt/' Cu, Ubix in Mr Ni«ryr>i/ç System ^ liy Al Shaw. Lnniïoii^ !ft39> p. 225,
PROPRIÉrf^S ET FONCTIONS r>ES IVKRFS .SlvNSORfAUK
tikl^imi \d vhulne avec Vwii suffit déjà puuj" donner Iteii, duiin l'obscurité, à mit? laibfi.^ sensîtlion lutuiiieuse : l'œil o a pas iiitMiie ItOsniiï de se trouver dans lecouraDt ; car, pourvu qu1l en soit très- rapproché, la ^ensiiliou w produit encore pai l'effet d'ooe partie du courant rpii se détourne sur lui. C'est ce qui arrive, par exeiufde, lor.squ'uue t!es plaques est inise eu contact avec la face interne d'une paupière, et l'autre avec l'intérieur de la bouche (*); expérience faite pour îa première fois par VoUa, à Milan (1).
La sliûiulatiou éli:*e trique des nerfs auditifs détermine des sensations auditives : le nii^nie savant ayant compris i^es oreilles dans le courant d'une pile de quarante couples, éprouva un sifflement et un bruit saccadé qui persistèrent tant que le circuit demeura fermé, ïlilter (2} a fait des observations aualofîues sur lui-même.
Hivers observateurs oui pailé d'une odeur phosphorée» ou d'autres scn- 4>aUou*i olfactives^ pertjues sous riuUuence d'un conraul électrique dirigé dans I*js fosses nasales, Pluî?ieurs fois j'ai fait passer, dans Va partie i^Mpérietifif de mes fosses nasales^ des courants électriques d'intensité variable, et j ai toujours éprouvé un picotement plus ou moins vif dans la pituilaire, accompagné d'une sécrétion abondante de larmes; mais je n'ai perçu aucune sensation olfactive.
Chacun sait que si ion agit sur les nerfs gustfitifs, en armant la langue avec des mel*ujx hétérogènes, on développe une saveur acide ou salée» suivant la situation des plaques, dont l'une est appliquée sur Torgane et Tautre dessous. Il a paru présumable, diaprés ce qui a lieu pour les nerfs optiques et auditifs^ que cet ellet dépend d'une iicliou directe de réleclri* cité sur les nerfs du goût plutôt qu'il ne *ïépend de la décomposition des nets de la salive. Nous donnerons d'ailleurs, en traçant Thistoire des nerfs glossO'pharyy,ien et lingual, les raisons qui doivent faire admettre, dans ces nerfs, des tilcts spéciaux pour les saveurs, et distincts de ceux qui transmettent les impressions tactiles,
Chaque nerf sensoriid n'est apte qu'à un mode déterminé de sensilion ; mais il est probable quecette aptitude exclusive n'est pas due dune propriété spécifique des fibres de ce nerf. Diverses expériences que nous avons déjà mentionnées, et, en piirticuber celles dePhilipeiuix et Vnipian, tendent en effet k ét^iblir que les fibres nerveuses ont toutes une m^nie propriété intrinsèque (niuriiiié). Mais ces fibres ont des modes différents d ori{^ine et determmaisni», et sans doute c'est là seulement ce qui décide de leur rAle fonclionneL Pour les nerfs sensoriaux, le mode d'origine à îa périphérie, les rend aptes à recevoir telle ou telle impression, et non telle nu telle autre, et c'est leur mode de terminaison dans les centres nerveux (ou pIutAt la constitulion spéciale des foyers de substance grise avec lesquels ils entrent en rap-
(') f f AFFt ciUi par ALDiMi {ituvr, iiV,^ p. 1€2), a proposé d'utiliicr oê ptuMiainede pour diS' tintfuer le^ caUractei «iaiptes de cetiet qui sniU comfatiquéea d'umauruM.
(1) VûLTA, i*/iiïos, Trinii,,iMÙ^ p. 427. — ALUltKI, Kffftii théorique H fxfénnufniaé iur It* ifithanismf^, lii-4. Pwrîi*, 4 804, p, 108.
(2) HlTTitA, Der Sideritmus^ oder n^ine B^ifrûgif zur tiafiet*Tt Ketminûff de» Goivanûmuf UHtf dt'v Rekuitale semer Unlersitchungen.Tikhm^en, 1808, t. I*
llli PROPRIÉTÉS ET FOXCTIOÎÎS DES DITERSES PARTIES DtJ SYSTÈME »Eltm?ï.
port) qui confère à ce«i nerfs leur dpstination physiologique, — Dan* oot expériences, étfint dLHernïinées les atlribntioTis d'un nerf moteur ou ccllfllj d'un nerf sensitif, nous avons toujours trouvé des attributions conconlanli dan.^ les points de Taxe rérébro-spinal desquels ces nerfs semblent'' émerger : on a vu ûé\h que nous avons fait la mî^mc remîin|ue, en expèrinienl^inl sur les nerfs optiques et sur les tubercules dont ils provîennt^l; c'est-à-dire que nous avons dû, dans îes deux cas, déterminer de* scosations de lumière subjective, comme l'ont démontré les phénotnècies de réaction qui se sont manifestés dans IHris des deux yeux. Ces faits autorisent done k supposer que îes parties de rencéphaîe continues : " olfaelil et acoustique parlicipcnt imssi à (eurs attributions phj^si" Par conséquent, l'étude de l'extrémité centrale des nerfs doit être ai un point très-important de leur histoire, puisque leuï^ aptitudes fo tiônnelles didérentes 4Îépendent, nous Tavons dit, en partir du lien de U union avec Taxe cérébro-spinal.
On se rappelle que, indépendamment de leurs relations avec la si stance grise, les nerfs rachidiens de sensibilité |j[énérale en odVeTit d'autre» avec le faisceau postérieur de la moelle épinière, et ceux de moui ruent, avec le faisceau anléro-latéral. Quant aux nerfs de sensibilité ciale, dont il s'a^^it, nous croyons que c'est bien à tort qu*on s*est efforcé de leur Irouvcr des moyens de communication avec le prolongement di faisceaux postérieurs de la moelle : en elfet, d'aprèsce qui précède, qo*Of ils de commun avec fa sensibilité propre à ces derniers? Quel rapport propriétés existe-t-il entre les nerfs olfactif, uplique, auditif, insen^ibl( à nos irritants ordinaires, et les faisceaux médullaires postérieurs, dont piqûre^ le pincement ou la section provoque des douleurs si \'ives lïvideniment, il répugne d*admeltre que le siège encéphalique de sensatrnm aussi distinctes que les sensations oifaetives, visuelles et auditives, doive; rencontrer sur le prolongement d'un même faisceau nerveux,
Vrj-r olfaetir.
Galien (1), lycc'i4isant le sens de l'odorat dans les ventricules du cer?6Mi et pensant que les molécules odorantes y arrivent par les trous de la lame criblée, n'admettait point de nerf spécial pour ce sens: aussi regardait-^ les organes que nous nommons nerfs uifaeiif^ comme n'étant autre cbc que des espèces d^émouctoires destinés à transmettre à l'extérieur la piiui^ du cerveau. Une pareille hypothèse sur les usages de ces organes venatl sans doute, en partie de ce que Galien avait déjà reconnu leur cavité ce traie chez les animaux soumis à son examen. A la fin du viir siècle, moine Protospatharios (2) émit, le premier, l'opinion que les nerfs olfjictifs '^
(•) Nous avons exposé (p* 3S0) les expériencpi. qui d^montrf ot Terrai r des physiotofiilci qui refusent une sensibililé //ro/n-f aux fiiisccaux posléneurs de la moelle.
(1) ijALien, De instrumenio Waivi/wv, cj»p. il» et seq, — U^ neivovum fitsf^chnnr^t^-, I — Ih' usu pnrtitim^ lib. VUI, cap. vi ; lib. I\, cap, ),?in» tx.
(2) PHcjTOsrATHARMif, fk rorjionjt hutmnn ftthnat (Mb. IV, cap. xn in FâBISCU i jfrtfc. liamliourir, 17ii0, t. XII, p. 866).
FONCTIONS DES KEUFS SENSOHIAnX (SETIF OLFACTIF). 673
Servent à rodorat; seulf^iicnt i) niuintinl Hiypnllièsr tîn nalieii, el supposa qnv ces ncvh, (oui en IrïiiïsnieUiuit peiidant Unspiralioii les vapeurs odoranlcs au cerveau, donnent écoulement avec Tair expiré aux humeurs Siurabondanles de ec viscère, Vesale (!) uîa formellement ce dernier usage que, depuis «lalien, Ions les analomisles accordaient h Lnrl aux proees^m fnnmillares (nerfs olliiclifsi); il les regarda comme uniquement li^^s aux fonctions olfactives, et soutint avec raison que, chez Thrimme, ils ne présentent aucune caviLé, Enfin, lursfjue, grilce aux travaux de Me, Massa (2) et surtout à ceux de Schneider (3;, on sut que les nerfs olfactifs se ramifient dans la moqueuse nasale» il n*yent presque plus de doiile sur leurs usages, et l'un accorda assez jj^éaéralementa les regarder comme destinés à transmet Ire l rencépliale l'impression faite par les odeurs sur la membrane pitui(aire. Cependant cette doctrine eut encore Diemerhrneck (h) et Mery (5) pnur opposants : ces auteurs, en niant la dislribuliun des nerfs olfactifs dans la imuqueuse du nez, leur refusèrent tout cmicours dans rolfactioUp et souinrent de nouveau que leur principal el unique usage est d'évacuer les ™iumcurs du cerveau. Ils sVcartèrent pourtant de Topinion de Galien en ce qifils admirent des nerfs pour le sens de rodùrat^et, diaprés eux, ces nerfs étaient des divisions de la cinquième paire*
Les idées de Diemerbroeck et de Méry n'avaient plus de partisans; tous les physiologistes du siècle précédent el tin nôtre affirmaient^ avec Hatler (6)» que la prernih-t* pâtre est, sans contredit, le nerf spécial de l'olfaction, lorsque Magendie(7) essaya, en 1824, de la déposséder encore de ses vraies al tri bu lions, pour conlier de nouveau h la cinquième paire la transmission des impressions olfactives. S'il fallait en croire ce physiologiste, qui, en 1839 (8), n'est pas éloigné de n supposer qu*il peut se faire une sorte dlnihihition à travers la matière nerveuse du nerf rdfactif, imbîbitinn qui aurait pour résultat de livrer passage h quelques parcelles du liquide céphalo-rachidien o nous n'aurions aucune donnée sur les usages des nerfs appelés h tort oifar^fs, et il faudrait u les mettre *!ans la même catégorie que la glande piluitaire^ la glande pinéale, le corps calleux, le septum luciduni, cl tant d'autres parties du cerveau dont les fonctions nous sont complètement incïjnnuesw (9).
Comme nous sommes loin de croire la science aussi peu avancée, sur ce point, que cet expérimentateur le suppose; comme nous sommes persuadé, au contraire, de la réalité du rAle spécial tlela première paire dans Tolfaction, nous allons essayer de faire part^iger notre conviction au lecteur, en relatant^ d'une part, les arguments sur lesquels clic repose, et en appré-
({} XtSktt, JJe cotporù humant fahriui. Bâle, 1543, lib, VU, cap. xi, p. tîit,
{%) Nie. BUSS4, hitt'od, anfitmn. în-i. Venise, ir*:iG,cflp, xxxix, p. 87.
(3) ScHN£lD£it, Ue osse cnbriformi, elc. WHlereber^, Hihh.
(à) DtencftURUECK, Anaffntte corpot'ts humuni, lilrPt'Iit. 1*j7*2. l. Il; p. 6i:t.
(6) ïlêHY, Journ. ffe9 progrés de fa rtiérL, pr llKimET, f(j!)7,
(^) H ALLER, Ehmeidn f/hysfoi, Uu»unne, I76G, t. IV, p. 206.
(7t Macekuje, imnii. de [/ht/Hoi, tj-fiénrH., L ÏV, p. 169.
(8) MACeNiiiE, U*ottMxur k< /onct, du stfxt, ufrv., t n, p. 212.
(«) Mageiidie, fùtd., t. n, p. 281.
hlh PltOPRIÉTÈS ET FOMTIONS I>t:S DIVERSES PARTIES IH»
ciant, de raiUre» les expi^rioncps ijifon rappùrlc» h ra|»pui du upposé.
u 11 serait importaiit, dit Magciiilîe (1), en 1H39, de voir si l'mb&eiioftOM* géuiUle des nerfs olfactifs entraluerail on non la perle de VttâomiiJ^M micke ims q m jamais, ce cas ai( été uùscrré, »
On pûiirj'a lire, daos mon Traité rtanatotnie et de phyùalogie du igàèm tmvetu: {L II, p, 'SH et suiv.), que Schneider, tioianck, Magoeiius, Fâhsi^, ïlusen*Muller, Cet uttii Valenlin, et enfin Pressât, ont rapporté ûtê tm d'absence congénitale des nerfs olfactifs, et que» dans toufl. Il y a « aummie congénitak. On y lira encore que Bonet, Morgagni» BailloUt Liidil, Oppert, Serres, Vidai, Leblond, etc., ont eonstammenl observé la fittli ile i odorat après la comproâ^ion ou la de^itruetion n^orbide de» mrià olfactifs.
Magendie (2) cite, il est vrai, une observation qui lut fut oommtitiifall pîirBéclard, et qui avait été recueillie par [\ Bérard, à Thôpilal dalaPitii: il s*agissaii d^nne airection tuberculeuse du cerve^iu avec des^iruftJM im nerfs ethnioïdaux (oiraclirs) et persistance de l'odorat, c'est-inUre d*Ein U en apparence concluant pour riiypothèse dont nous examinons la vaJiur. |l Mais Bercird (3) s'est depuis empressé de déclarer que les renseigner fturln seuslbilité olfactive du malade n'ont été pris qu'après Touverturr cjidavre, et, ajoul»^4-il, «/e snî s convaincu quib étaieni fautifs ù ^
Vulpian et J. L. Prévost [tx] oiU examiné Tétat de Todorat chez un tain nombre de femmes âgées ou infirmes de la Salpétrière, et, pi fois, ils ont pu eoustaler la coïncidence d'unaiïaiblissement ou d'une i! litjou complète ou presque complète de ce sens et d'uneatropbie moins considérable des processus olfactifs.
Ainsi Vanatt^mie pathologique et Vanatomiê anormalt* militenl contre nion qui voudrait déposséder la première paire de son rùle conuue nerf<k sensation olfactive,
Vanatomie comparée (5) démontre, conimc Tout établi surtout les rc< ehe» de Scarpa (6), que ia tinesse de Todorat est proporiionuclle au éé^ loppement des nerfs olfactifs : on ne saurait en douter quand on les esii» mine chez les raies, les squales, les oiseaux de proie, les écba ■ r[r,
Ciependant on a prétendu (ju'en l'absence île ces nerf», cls iAir%
l'olfaction existait, et Ton a fait dépendre celle-ci de la cinquième paire. U tout est contesté; car ceux-ci admettent et ceux-lii nient l'exisietiee <|ç» nerfs olfactifs; les uns supposent que les cétacés oilorent, les aulron lôir refusent toute faculté olfactive. Si Hudolphi (7), appuyé par Ttf*dem«inn (S), dit n*avorr pas rencontré la première paire dans le dauphin, la baleine cl
(l) MAGCTfDtE, Leçonx 9UJ' i**t fonri» du sifst^ netv.^ i, U, p. IM(L
{2] Magenbie, Jour h. tlt' pht/Mwi. fj'pth'im., t* V, p, 17.
(S) BÉRARD, art* OLfACTIon du Dittmnnairfi en 25 vol , l. XXII, p. ttî,
(4) VCLPIAI», UçùftM aur la phyùnL itu sy^î. ncrv.^ p. Ofli, note.
(5) Voy. iiitiii Traité d'annt, t't tle fJtkfmd, du gtffi, nriv,^ t, U, p. 41-
(6) ScAKPA, A tint, di^tfuts. de auditu et uffmiu. PavU*, 1789.
(7) RuDtiLi'Ui, Gmndrhs dtv PhyuoL^ L U, |>. 105.
(8) TlEDÉMARK, Zi'ifscluifl fur Physiol,, i. n. |k 2Gt.
rôjisn
^^ POmmOMS DES NEftFS SENSORIAUX (NHIF CH.FACTIF)* hl^
■fe narval, de Blaiiivillr ot Jacobî^on {\], TiTviraiiu.v (2), ariirriu^iii l*avûir
trouvée sur le f)i'i//JitniJs phùcwiia , et do j)his en oui donné des dessins;
IL Gloquel (5) ;i fait la même observation sur le Dé^àinus glMceps; enfin
Cuvier (k) avance (lae, dans les cétacés, le nevï ol Tact il' existe, « unlement
il eêi extrêmement petit: et si ceg aut'utauxy û\i-i\ ^joumetit duseiu de ludùrat,
il doit vire fort aùHténhi, Cams (5) va plus loin que Cuvier, et reiuse posi-
ivement rodorat aux cétacés. Néanmoins, pour prouver qu'ils odorcnt, on
t coutume de eiter rexpérience du vice-amiral Le Peley (6;, qui dit qu'à ïa
;ôte de Terre-Neuve il est parvenu plusieurs fuis h mettre en fuite les baleine»
qui inquiét^dent ses pôclieurs, en faisant jeter u la mordes matières putri'
>de>. Enadmell-uil la réalité d'un pareil fait, il nous semble bien difticile do
^apprécier ô sa juste valeur* Aïn^i, d*un ccMé, il est loin délro certain que
es cétacés manquent de nerf olfactif, et» de lautre» il n'est pas démontré
flu'ils odorent; mais, diH-on leur accorder un sens olfactiT rndimentaire,
esanaloraistes ne sont pas m^rae d'accord sur le siège do ce sens.
Assurément, chacun recounattra que ces données d'anatomie comparée
ni tnjp conjecturales pour faire admettre que c*est la cinquième paire,
Si non la première, qui sert h t'ol faction»
Il est impossible, au contraire, de se refuser à l'idée que ks nerfs olfactifs
ot des usages relatifs à Todorat, en voyant d'abord qu'ils sont exclusive-
[lent destinés h Torgane de ce sens et que de plus, selon la remarque de
►iBmmerring (7), de Scarpa (8), etc, , ils se répandent exclusivement dans
I partie supérieure des fosses nasales, qui paraît être le siège exclusif
^de Tndorat : il importe d ailleurs de noter que, dans les autres points ile
ces mômes fosses nasales qnî ne jouissent pas de la faculté d*étre imprcs-
ftionnés par les odeurs, mais seulement de la sensibilité généraks on ne
^encontre que des divisions de la cinquième paire.
Plusieurs faits prouvent que rrdfaction ne s'effectue que dans la partie I plus élevée des fosses nnsiiles. Faites pénétrer à une certaine profoneur, dans l'une de vos narines, un tube de verre que vous tiendrez horintalement auniessus d'une substance iMlorante, puisja bouche et l'autre ifie étiint closes, aspirez; IVdfaclîon seni nulle, k moins qu'il ne agisse d'une odeur pénétrante cl trés-expansîble. Rendez, au contraire, i direction do tube verticale, et la sensafion sera vive, parce que l'air chargé d*odenr ira impressionner la portion supérieure de la pitnitairc, où i'épanouissenl les nerfs oltactifs.
Le nez forme une sorte d'auvent destiné en partie h diriger les odeurs
(I) Î>E BLAmvTLLE fl Jacobso», BulHin de In Société p/êilormi,^ dt"ceml»re 1815»
(3) T»tvrRA.NuSj Hiotofj,^ t. V, pt. iv.
(SJj H. CMïitueT, Hnmfciùp, mHh,<t loc, cil., p, Ô83, et dans Ikp^tHhtiohgiê^ 2^M\U U^iris, IS31*
(à) Ccvini, Hègnê anim. Piiris, 1817, t. \, p. 276.
(6) ORt^Sf Traité élém. tt'anat, ermtfK^ Irad. «ie Jounlnn. Paris, 1835, t, î, p. 43Ô. (t) BwiTOW, édit de Sonoiiii, HùhUvp ttet Cétncès^ p. 97,
(7) SkwmEBBiirc, /Jr fmu ence^thah H oriffin, fwrvonim, etc. {Script, nevrot* de LODVnc,
(S) Staipa, Ànainm. tinnnt,, llb. H, De orgmo ot/hvtu^\i*Ap, PaWe, 1785.— Anotûtn, tnL d( nudittt et oi/ficfu, Favie, 1 789»
ft76 PWOPBfÉTÉS KT FOKCTÎONS DES DIVERSES PARTIES OÔ SYSTEME WeUTEUX.
pers la partie siH/H'rfeure des fosses nasnles. Aussi l'imporlafirc du nex se ^ iiïontre-t-elle j>ar rabolition nu raffaiblissentent de l odorat chez cetiiqi» ont perdu cet organe ancidcnU*llem<*nt ou à la suite d'une maladie* et par la possibilité de rétablir la Ibnctinn à Taide d'un nez artificiel.
l*uisqu'il u'v a i\ue les priîuls de la [iihiitairi* recevant des clmsions ' nerf olfactif qui soient iuiprcssiounables aux odeurs, force est bien cl**d* mettre que ce nerf est spécialement destint^ à rrdfaction.
Tels sont les nombreux argurneuîs qnv nous regardons comme fiuffismlij pour maintenir celte ancienne opînîfui, la seule vraie, la seule confo aux faits analnuiiques et pathologiques.
Mais quelle est la valetu' des expcriences sur lesquelles se fonde la do^ trine opposée qui eonlie à la cinquième paire le rôle que nous atlribuii^j h la première?
Eu 1826, Mageudie (1)» ennfondant les sensations tactiles des oar avec les sensations olfactives, s'énonce ainsi : t*Je pris le parti de déti entièrement les nerfs olfaclifs, l>ien persuadé d*abolir complètement To rai. ijuelle fut ma surprise^ en examinant !e lendemain rantaial (chil (le le Irtniver sensible aux odeui's fortes que je lui présentai (rammoniii Tacide acétique, etc.)! La sensibilité de I intérieur de la cavité nasale n*»ii8 rien perdu de son énergie; rintroduotion d*un stylet avait le m^mci suUat «|ue sur un eliien intact. — Un canard auquel j'avais enlevé les hr sphères cérébraux (par cnuséqucut les nerfs olfucUfs) survécut huit jo en présentant tîivers phénomènes cmieux. Il avait, entre autres âîn rites, cnmeri^é ttiduvnt pour le.s odeurs furtes... Pour bien m'assurer dul je flétruisis siu' plusieurs autres animaux les nerfs olfactifs, et les résuil furent exactement senihlables. »
Bien des fois j'ai constaté aussi combien étaient sensibles à l'actio&i Tammoniaque ou de l'acide acétique des pigeons (|ui avaient survécu | sieurs semaines à Tablalion des lobes cérébraux et ties nerfs olfiiclifA: les ai vus, à l'approche de ces substances, éternuer, se frotter les na avec leurs pattes, etc. Mais, ne trouvant lài rien que de Irès-ordiu j'avais garde de conclure, avec Magen*lie, que ces animaux eussent sen^é i'odor/H pour les odeurs fortes; car, en réalité, ils avaient seu conservé, vu rinlégrité de la cinquième paire, la sensibilité k leui^ narines; d'où les mouvements réactionueîs qu'ils exécuta encore le clignement quand on approchait, à une certaine distance dcl conjonctive, les vapeurs acétiques ou ammoniacales [*)*
(I) M^CENtitE, Jmtrn. ffe phf/sioL exp^rim., L IV, p. 170-171.
(*) )LSŒhJ€VLt {Uv funct^ prioii t't (fuinii pfirt^ Tit'rvorum in atftictorio nrfttHo IJ*êI0%* ^ p/a/:t,e.qwnjn,, L VK p> 35 H] rnconle qvie Miifi^eniJie avaU «filevt* ù un crspnud (A4i/w) Mè ecrveay^ et t'âvail rempluré [Kir une éponge. L4'uniitial vécut tiinsi pendant quAione jtfWti It M^mblait ftftsas bien se porter. Comme il ne ini ie>liiii îiiirun vestifîe ilc la première ^itftt*^ trouva que c'èiaû une l^oime occîtsion pour faire des ex(tt!rieiict» sur lolf;jclion. \iu»oà ••*' appru-chail dit tiez tin Hacon d'aiiiiiioniaqiie, ranitiml reculait, détoitrauit latéli! et le (hattiil^ iit'z d«î ses piiUes antùrieure*. Ayant n^p*'ti> œtte expérience , Kschriclit nout apprpnd if» *'*lir procimit le flacon de Tanus, il voyait tous ks mc^nit'd phénomènes se produire m\ «em^ L'animal se précipitait en ovanl, Jps moiivemmls dn «ipliinctcr riaient lré«-rii|iide«« •*
FONCTIONS DES HEilFS .sfc^SDRi,\tJX (rStKF OLFACTIF)* ^77
, C'est néanmoins par de semblables indices que Mngendic avoue h avoir ^Ic niis sarla voie de soiipçonnet' que les branches, que la cinquième paire tnvoie dans les fosses nasales, élaienl les or^^anos par lesquels la sen$iifi/ifé ùl/tutivfi se maintenait après la destruction des nerfs tic la prendèrc paire l( loc» cit., p. 171). » (*r, cherchez-vous, dans cet auteur, la preuve expéri- Aieniale de sou assertion, vous Use/, avec surprise^, quelques ligues plus ^as, le récit d'une expérience qui d'abord n'est qu'insigniliaule, mais qui ienlol devient démonstrative dans un sens précisément opposé au dire e rexpérimeutaleur. Après la destruction des nerfs oltiictrfs chez un chien mque, «j'ai voulu, dit Magendie (1), m'assurcr s'il reconnaîtrait l'odeur le la viande, du fromage, et en général des alimeuLb. A cet eilet, j'en ai enfermé des portions dans du papier et/e les ai présentéi's à i' tint mal ; il \ lonjuurs défaii le papier et s'est enjparé des aliments* Mais dans d'autres lîrconstanccs il m'a paru manquer dVjdorat pour trouver des aliments que B nielttiis près de lui 'i son imn, » — Ptfl-sonnc ne voudrait aOirmer que, iarce que cet animal défnimii le papier, il odorait les aliments qui y élaient ontenus; car il est assez habituel au chien alfainé de faire la même chose es morceaux de papier roulés qu'on lui présente, dussent-ils ne contenir UCUQ aliment. Mais, dans cette expérience, il est dit que l*animal paraiseiîl manquer trodorat pour trouver les aliments déposés prés de lui (t son fsu : est-ce de cette manière que IVIagendic pense prouver que u hisensi- 'liié oifaciivû se maintient, après la destruction des nerfs de la première «ire, par les filets de Ja einqaièjue? »> Il faut bien le croire, puisqu'on herche vainement d autres expériences du même auteur à Tappui de ccUe jiserlion paradoxale.
L'expérience précédente supposée bonne, il fallait nécessai rement la contrepreuve^ c'cst-à-dif'c couper la cinquième paire dajis rintérienr du cnlne (*), t abolir ainsi la faculté olfactive. Or Magendie (2) a voyant les animaux uxquels il fiiit respirer de l'amnioniaque et dr Tacide acéliqne rester impassibles après la section de la cinquième paire i», en conclut que uVadorai, eiativemeut aux odeurs forles, est exercé par les branches de la etuqmèmc lûiVvj».^ — Cette conclusion est bien loin d*étrc rigoureuse, car il ne faut point «rdre de vue que raïuniouiaque et Tacide acétique agissent ù la (ois sur la ^lisibilité générale de la piluitaire comme substances eausticpics, et sur sa fensibililé spécialccomine substances odorantes; qu'en coupant la cinquième ttirc on neutralise seulement leur action énergique sur la première, sans
felles il se frottait l'anus comme auparavant il s*ét»it frotté le ncx : « Quoties auo tat/emim nd^ loi*!, ea ifua phenovtenn^ sed rontrftrm diêrctiifjir trppttrebant : ptopsitm animnl prof^iirt^ehat , fft'rrtmtis t^tfitxphinffi-tis motus ; et tpiowfnh nutft'itjt' f»'-, ftntrrt ntaum^ita ^Ktsterifjr ttttum ttlfifthtit. i- — Si Vm\ osait i^onrhirc des eXfKMientef* <Jp Mii(jeiidie que r*ininjnl ^i R^olkiiianl * o«- ^vé rofintnt (lour les oiifîurs lorte? , ondcvrait kiph|uenieiit Urer la niéfrif: roiiclusion dr rcUe 'e cxfMTience iCK-cliricljU en ce r|ut l once rut? ht uiuriueus^c: a nu le. M;iiâ € h:! eu ri voit bien ins tous cfT!' cas^ il ne peut s'unir que de finOucttce de rammoniuque sur la sensibilité
Gl non sur f odorut* Macehdie, lùc, dt.^p. \7^.
) On fiomra voir phiiîo'ui {font: fioiifi du tHjumcnu) que ¥ui)En\ î\i h sec lion intra-cràfine ile ce nerf une nniiêc uvaitl Magendie. (2) Xagehuië, Aa% Cff.j p, 173.
:«; ?T.'i?%if.rt^ ti rwcTKWs r** WEB^^t* paities dc sTsrfan xebtels.
rri''/^ !?:*■:: 'î'iS^rri en rie ri !'":R." ^oti*>fi *fjr la -«confie : o:. qui tou» appniirî:^ f|»i ^!''r». '"omr::»: -irr.^i!»?* '-^enr^. ces •ab*fcinc^.* ikivent encore faîrt r;^ÎTf- 'ie- !rr-pr-*-i' :i« ^— ^z vive-. a****z 'iêçaçréaLIr*. chez le* anîmasx. ]ff nr f\'i\\' :.- 'i- rf;r'ir^rrit > ir.t ifTîpa-jibîf - ? A «'an** «ieieur inipa.«sibililf, •,Ç'»P7.'- \- '\'}':j ♦ :i 'îrrit 'i>:; coni:i»irr •t»!'^ .-t^;ir':a€r-: i-^ animaux n'oikh r^r.î p:;-? ïk: -f'i.M âjV- exp^.irn^-- -•ri*, -^r: ir.jQ lie démontrer que K* fiiLÛor: •♦• -iriririrn»; *r^.*'mtin4mpnt av.-t^ !"ir.:!»j«»nt^e de i^ cinquième paire; i-île- pronvf;nl -<;ul»-:îi';nt. c»: que 'fiillenr* p^r^^ane hp conteste, que b •^r-tion df r^:?;rp-iire nerren^ arm'jîeAa**!! It leîact'iela mnqneuse nasak. Non conlfTil d*f ce* exp-^ricnc*^-.. .»n.iqu-I!»:*. -^I -n niiii*. on a donné Hi faij--^; inUTpîrltlirri. r.j. ;ï v.fiîii ^^rir^Te InTOirn-r U fiâth«'i<<îrie ponr étaUff qiio V'tdoraf •.''•' r^fffim^/if f r»/'c* //':.' /'? r'V^v" w^ /^-^r ; et une observaSoi rift Serrer 'I, a été cité»-, piir bcjucnnp rî auti*ui'«. comme un cas de dégf» nérft-r.f.'fif c 'lu trijnm'»sii droit arfc j^tf *h Crwùjn'r dan^ le côté con'cspa» dant. Comment .*e fait-il qu'à îa pasc 80 >'r?-. cîV. (!e ^ierre«) je l»c le p» *ajfc «-nivanl : " Je fi« observer ensuite que dans toute* les expérienoeih membrane pitnitaire avait paru in«en«ible. quoiqu'on Teùt irritée avaea *tvlet on îf:* birbe^ d'imr pîume promenées en divers sens dans la nvw ârhilft. Toutefois rrjfittrnt w'y nvftit fins çttfn p(^trm^}>f *ii*pm^i, puisque le ladf; av:iit ^enti k*- potion** élhérées. pui^^qu'il avait été aff^»cté par Tai niîiqin: liquide- î a — Cetlc observation est donc loin de confirmer TopiMi de l)i<:ni<:rbroeck, de Méry et de Maeendie, opinion ernmre qae ne s» rai«T»l /lablir ni lf.> exporionct-, ni \i.< faits pathologiques.
Toiil':foi- la riiiquième pair»', qui jirésiiic à la SfUjibilité générale de h MMMwhuiUt'. pituitair;.*, p<-ul an>-i(.'.\trc*.'r //i'/'i"Vf'i/*»'/// une certaine infloencf ; -iir l.i pricr-plion dtîs udriir^, >an- èlrt' «lotint'o. comme un ravance, à Ii;mi-ii.'U[<- Iriir iiiipit— ion à l"cnc«'pb;iIo. Hii lIFijI, nous verrons pta loin ri, qii'.' ccttf pairt- ncrvuusc iiillutncc l.i .^LTiûlion du mucus nasal, d qui.-ilc roncoiirt à Oîitrotrnir l.i muquonse du ntz dans l'état d*intégrilt lïùvx^^iiW'it au niainlien do la M'iiîîibilité olfjî'live (').
(1 Sp.hhRS, ili^tonc 'f »"r if/ti'mttff/i nnjoniq»"- fh "•/ tr'/iti.-*e'iu. l'tc» {Annitoittie ttm^ tin ,rtif.nu^t!tr. Paris, 1827, t. II, p. 07,. 2; h'niirfions iht n* rf trij'fnirau.
Cl. Bkr^ak!» (Jy'"ii -."/■ /'i jthffs'to/, rf //■ fnfho/. t/i, ft,sf, ,i^,» ., Paiit, !W8, L I. p. 2*20 K !>iiiv.':, Mn< formuler auniiie conclusion définitive, parait avoir quelque tendMMÏ revenir n i'npinion ilc Divaierbrovck, Méry cl Magendie, c*L'<t-J-direà croire que la cinqaés p.iir«; prir^di: :i li t^is à l.t senrihiliti- (;ûii<iralrj des narines et à la sensibilité spéciale o«oK»live ; il rapf»ell»', à ctslle orrasion, ce qui a lieu pour la langue à propo» de ki senùbililé fHttlive. I)e pliifi. il pense que U-s Tait» qu'on a invoiiués jusqu'ici ne sont pas «ufllsaiDinontpRèuli. et annonce avoir rominenc<'' quelque» nouvelles expériences sur la destruction isolée Jet tes espf'ces dn nerfs qui se rendent dans la nicniliranc muqueuse des fosses nasales.
An cMiilrairo, SrjiiFP r/ttfrtMçh. r»//' \'/ /»//•/'•/'/•'', etc., de Moleschott, VI, fasc. l«GMifl' ï SriO) s*e*l appliqué A démontrer que le nerf dc la première paire doit être coosidéfé ceaai le nerf i*xr|usif dc l'olfaction : « I.e« chiens, dii-il« dont j'avais coupé ce nerf, et que j*ai «a- :.ervés \i\aiiis apirs lu gurrison dc la plaie, ni.inî;eaicnl vulonliers leurs propres fèees mMp aux aliimnits. liuvalmt leur nrinf, ne di'-linguaient plus la viande du pain, ne fujaieelfta CCI laines luaticre» odorantes, elc. >•
>ri.ii\N ri t'iiii.iiF.MA MMil arrivés à la niémc conclubion, après avoir lait «Aprriiri* c Mil des tliicu> (ViLi'iAN, L'/jh.- wr la i>hijiiuU yènvr. cl cottip, liu sy%l. p. HH2, noie)-
fûNC^ÏO^S DES .^EKFS SEKSOKIAUX (rSKRF OPIiniLl Iferf optique.
'lîî>
aticiin physiologiste n'hésite k rroire qne le nerf optique soif ehargé de IransmeUre les impressions visuelles, ce que démontrent sunibondamraent les expériences, la pathologie ut ranatomie corapai^e, tons ne veulent point admettre celte proposition : Le m^rf opfiqne est (e nerf exdtmf de h vif ion ^ et nul autre ne peut le snppiêer iiatfS sa fbnrtion speaak. En efTet, on a pensé que, dans divers animaux, chaque nerf de sensibilité spéciale, îenerf ^plique en particulier, pouvait t^tre remplacé par des rameaux de la einlurème paire. — Celte opinion a déjà été combattue précédemmeul.
Uq résultat qui excite à la lois la surprise et l'intérêt est celui-ci : on
ii4iir raoiraal vivant, pincer, cautériser, couper, délnuryde toutes les
Itères le nerf optique, sans donner lieu à la moindre sensation douhtu-
Buse; qu'on le prenne avant ou après sun entrecroisement, il parait com-
ameui insensMe danii toute âa longueur.
Ch. Bell (1), qui le premier a noté TinsensibiliLé du nerf (»ptique aux irriiits mécaniques, a prouvé que la rétine, considérée connue son ép^iuonisleat terminal^ e^t insensible à ces mêmes agents. Magendie (2) a confirmé opiuiijn. « Il y a environ quatre mois, dit ce physiologiste, qu*on la au Bureau central ûes hôpitaux une fcnirûe aJlectée de deux ciilaleies mûres, et qui désirait vivement d'être opérée; je voulus en tn<^mc snips satisfaire à son vœu et au grand désir que j'avais de m^assurcr si la rétine a cette exquise sensibilité sur laquelle les physiologistes et les méta- Uiysiciens ont tant insisté.... Je dirigeai Taiguille vers le milieu du fond ^€ rœd, et je touchai très-légèrement la rétine : la femme ne donna auctm sii^e de sensibilité* Je répétai cette tentative cinq ou six fois, et le résultat it toujours le même. Je répétai celte observation sur un lumime : je touà diverses reprises la rétine; le malade n'en fut iristruit par aucune ition. Le contact de riostrumeot, ci même le» piqûres que j'ai faites iT cet homme à la rétine, n'ont point empêché ropéralion de réussir c<im-
Beaucoup de chirurgiens, en praliquaDt Tablatiou du globe oculaire, ont issi reconnu rinsensibilité du nerf optique. Toutefois il faut bien se rapque celui-ci est entouré de quelques lilets venus directement du ïu nasal, et ne pas rapporter la sensation douioureuse que leur division loil occasionner à la section du nerf optique lui-ménn', Béfl que ce nerf est coupé, chez un animal, la pupille se diJate ; elle pure immobile lorsque, prenant le soin de fermer l'œil sain, on place fjuiimai dêvanl la lumière la filus vive. Irrite-l-on le àoiti ûeuimre du nerf ^{Hique^^ ou n'ol)serve aucun mouvement dans rouverUire pupiilaire, fini, au contraire, se meut d'une manière apparente si Tirritation porte sur le encéphalique. En reproduisant, sur des chiens et des lapins^ ces effets
(IJ Cil. B£LL» hfe*i 0/ n Ni'W Ânniomi/ of Ihr Uriiift. t^omlon, tSil, p, 35. — Sfittfdm* thc DfsL'ovirk'y o/ CM. BELL in tkc Servoua S'j^tein, by Alex. Shaw, LûihIo», tliUy, p. 223 suiv.
(2} BiAG£KDlK, Jt/ttt'H. de pfii/swi, tU7<tvi>«., l. IV^ [1. 312, t. V, p, 37.
480 PKOPKtÉIÊS ET r03iCTI03IS DES DIVERSES PARTIES Ot STSTËIU SlUfECX.
obtenus pour la première foi:? «sur des pigeons par Herbert-Mayo (1). \^ >\i:ïïd\é, en 18^1. un Tait qui avait échappé à cet observateur, c'esl-à-din la contrac'tirm «imuitancê (les deux iris, quoique Texcitation porte sur k bout central d'un seul nerf optique.
A la même époque (2; j'ai fait une semblable remarque en exciUat,cbB des pigeons un >eul des tubercules bijumeaux. Avant mes expériences à l'exemple de Flourens (3 on croyait que l'irritation d'un tubereale se bornait à exciter !<*> contractions de l'iris opposé.
J'ai coupé, à droite, le nerf moteur oculaire commun, après avoir 4*1hord divisé le nerf optique correspondant ; et. en pinçanlà diverses repriai la portion de celui-ci qui tenait à l'encéphale, je n*ai plus aperça, Herhert-Mayo U), aucune contraction de l'iris droit; mais ce qiie cet expérimentateur n'a pas noté, c'est que Tiris gauche continue de se m ^ous l'influence des excitations mécaniques portées sur le bout ceativl di nerf optique droit.
Pour donner l'explication de ces curieux phénomènes, il faut rappchr d'abord quelques faits dignes d'intérêt :
L'influence mécanique d^m coup ou d'une pression sur l'œil donne lici [i des sensations lumineuses. Personne n'ignore qu'en comprimant siimême Treil^après l'avoir fermé, on détermine l'apparition d'un ccrcledefeii et qu'à l'aide d'une pression moins forte, on provoque celle de coalem qu'rrn peut même transformer les »mes en les autres. L'espèce d'écUr qu'on aperçoit en pressant brusquement le globe oculaire, et qui n*cil qu'une lumière subjective impropre à faire distinguer les objets dans l'obscurité, dépend de l'irritation de l'expansion périphérique du nerf optique; car (comme je l'ai déjà fait observer), au rapport de plusieurs chinirgîei&l la section de ce nerf, dans l'extirpation de l'ieil, fait apercevoir au maUikl (les ma^'Se'i considérables de lumière. J'ai pris à ce sujet quelques infor-l mations, doquelles il résulte qu'à la vérité ce phénomène ne s'obsene]!» d'une manière constante durant ces sortes d'opérations; mais de pareib résultats ne viennent imllement contredire l'assertion précédente, attendi que^ dans les cas où l'ablation de l'u'il est indiquée, le nerf optique Inimême a subi souvent une dégénérescence telle qu'il n'est plus apte à provoquer aucune sen>alion de lumière.
Si donc Ir pincement, la section, etc., du nerf optique sain, donnent lieo, chez ranimai, à une vive sonsalinn lumineuse, on comprendra facilcmeoU d'après ce ({ui a lieu dan> l'état normal, qu'à l'irritation du bout central d< Vun des nerfs optiques succèdent des contractions, non pas seulement de Tiris c(MTe>pondanl, comme le dit Hcrberl-Mayo, mais de Tiris des deux yeuià la fois, comme nous l'avons observé. Nous proposons la même explication pour rendre compte des effets analogues que nous avons constatés, en irritant//w xew/ tubercule bijumeau. Alors aussi une lumière subjectiTC im-
(1) IIlhbERT-Mayo, 7f^t^r/(. th; ithy^inl, r.iiH-r,, t. HI, p. 349.
(2) Lnjff.KT, Afifit. et fihff.s'io/, t/n sy.^t, if.'i'K. t. I"^, p. 473.
(3j FMitKE>s, Hrrh. f.ij,rr. >ui A.' ^j/.^t. ncrr. Paris, 1824, p. 152. (4^ HhhBERT-MAYO^ /'x.-. nf.
fONGTIONS DES NEBFS SfiNSORUUX (NERF OPTIQUE). 481
pressionne fortement Tanimal, d'où les mouvements simultanés des deux ouvertures pupillaires que nous avons aperçus dans nos expériences. On n'obtient d'ailleurs rien de pareil en agissant sur les couches optiques, les lobes cérébraux, etc., ce qui, rappelons-lc, nous confirme dans l'opinion que les tubercules indiqués, bijumeaux ou quadrijumeaux^ selon la classe de vertébrés, font réellement partie intégrante de l'appareil nerveux de la vision. — Quant à la section d'un nerf moteur oculaire commun, qui empêche aussitôt la pupille correspondante de se contracter, lorsqu'on irrite I le bout central du nerf optique du même côté, cela s'explique facilement, ir puisque le moteur oculaire commun, par l'intermédiaire du ganglion oph- I' tbalmique, est le nerf qui préside à la contraction des fibres circulaires I de l'iris. Mais, dans ce cas, la sensation lumineuse ne s'en développe pas •I' moins quand on pince, sur le nerf optique coupé, le bout qui tient à f Fencéphale : aussi, l'iris encore mobile de l'œil opposé doit-il» comme dans l'état ordinaire, manifester cette sensation par le resserrement de la f pupille, ce qui a eu lieu en effet chez les animaux que nous avons observés.
^ Quelques-unes des précédentes expériences sont donc propres à faire admettre qu'indépendamment de l'excitation des nerfs optiques, celle des tubercules quadrijumeaux peut provoquer aussi la sensation propre au sens delà vue. On sait d'ailleurs que la paralysie complète de la rétine ne détruit point la possibilité d'images lumineuses dues à des causes internes por- ^ lant leur action sur ces tubercules. Un homme, chez lequel l'un des yeux ^ n'existait plus, et que Alex, de Humboldt galvanisait, n'en éprouvait pas moins de ce côté des sensations lumineuses. Lincke(l] nous apprend qu'un malade, auquel on avait pratiqué l'extirpation du globe oculaire^ vit aussi, du côté correspondant et pendant quelques jours, toutes sortes de phénomènes lumineux subjectifs^ qui le tourmentèrent au point de faire naître en lui l'idée qu'il les avait réellement sous ses yeux.
Quanta l'usage du mode d'entrecroisement particulier aux nerfs optiques, diverses hypothèses ont été émises. Selon Wollaston (2), cet entrecroisement sert à la vue simple avec deux yeux ; en môme temps il nous révèle le mécanisme de l'hcmiopie, affection dont ce savant avait été atteint. Dans son opinion, chaque nerf optique, pris en arrière du chiasma, est supposé se diviser, en ce point, en deux parties, Tune allant directement ïormcv la moitié externe de la rétine de son côté, et l'autre marchant obliquement, au contraire, vers la moitié interne de la rétine du côté opposé : or, comme l'objet visible qui frappe le côté externe de Tune des rélines, frappe nécessairement Tinlerne de la rétine opposée, Wollaston en conclut que nous oyons l'objet simple, parce que nous le voyons par un seul nerf, et que, dans rhémiopie, tout un côté du champ visuel des deux yeux demeure inactif, par la raison qu'en arrière du chiasma un nerf optique tout entier este dans l'inertie.
(1) LiKCKE, De f'ungo mefluiinri, etc. Lipsiœ, 1834.
(2) Wollaston, Phihsoph. Transacf. of the Socifly of London for thc y car 1824, p. 1 {Archives génér. de mèd.^ l"^" série, l. VU, p. 566).
LONGET. — PHYSiOL. UI. — 31
&92 FBOPRIÊTtS ET fOSCUmS KS DfVEKES FABTKS DC STSltSE !CEBTErX.
On ne peut guiirro admettre que lenlrecroi?ement partiel des nerfs opiiqnesaide. conime on l'a siippA^é. à conf-ndro en une senle les sensation de* denx yeux ; car cette fusion eït éviiietnn.ont une opération înteBectuelle. Le* appareils de l'ouïe ne panis^ent pa< croi5#?rleur* nerf^, et pourtant î!« n'en apprécient pa* moins l'nnîté dnn <f'n. De p!u5, pnisqne h moindre déviation de l'un des axes optiques nous fait r'v> ffmible^ les sensations' des deux yeux ne sont donc point on^niquement confondoK dan«> le ehiasma.
Dagés (I), avec d'autres physio!o!ristes, pense que la déi^ussation est pirticlle et non totale dans les vertébrés supérieurs, afin que chaque œîl, méiR isolément imprcrisîonné. intéresse dans se? opérations les deux moitiés df l'encéphale: et afin qiie. danslecas d'impressions simultanées, le «eiuonH paisse doubler, ou à peu près, l'intensité des perceptions, en rendre l'tppréciation pln> \ive et pln< rapide. En mt-me temps , la fusion des deu impressions reçues à la foi^ lui semble devoir être plus facile.
La vérité est qu'on ignore cncoitf pourquoi les nerfs «ipiiques s'entrecroisent, et que, jusqu'à présent, on ne saurait saisir les relatîoiis qui existent entre cette disposition anatoniique et la fonction visnelie. DÛ leurs, ces relations seraient beaucoup moins importantes qu'on n'est porté à le croire, si toutefois on admettait comme exactes robservation et Vésalc (2), celles de Valverda ^3) et de Loesel (^) qui di>ent avoir conan de^ personnes douées d'une vue parfaite , et chez lesquelles les nerfs optiques ne s'entre-touchaient mt^me point (').
Si lesimpre»ions visuelles extérieures sont incontestablement transmise» à rcncéphale par les nerfs oplique>, el -i les tubercules quadrijumeau sont lié^ h l'exercice de la vision, connaît- on la région encéphalique à laquelle doivent arriver ces impressions pour être 'tlnhon-es et pour laisser des traces on <lf> sr»uvenirs durable"-? Cette importante question a été examinée (p. 428. quand nous nous somme< occupé de l'étude physioloinque de l'encéphale.
Merf aadîUf.
Ccnerfa pour mission de conduire jusqu'au cenlit" perceptif les impr&sions auditives : mais l'anatomie compane, les expériences el la patholope nous apprennent que >es deux branches n'ont pas une égale importance, et que la brmiche vestihuiam: est la seule o^entielie à l'audition. Ne doit-on pas, en ell'et, regarder le ve>libule comme la partie piinciiwile du labyrinthe, puisque c'est celle qui re^te la dernière, et, en définitive, celle à laquelle se réduit roreille interne ?A prés le vestibule, toutes les antres partie»
(1; Duces, A**;. ///.. p. 297.
[2) Vésai.e, iJfj cot jHjris huinatu f»ihriiji. I;àlc, iôiS. lib. IV, cap. IV, p. 325.
(3) VAI.VEHhA, />,' sPjlihus tt'tin<is mijrhormii^ Cpisl. Mil, II" 7.
(4, LoLSEi., />■ truifj.y p. 5'J; cilû par Haller dans /■;/'•///. /V/^W., l. V, p. 348. {') Lo.HGET, Faits ptiHioL iioaitiuf se/ vir à (/•7</ //«/<•.'/ ' /•; iiL'tt ffnriyi/t'* ff k' t/off- ifmtit- 'lOttftnenl t/ff< ner/s optiffU»'^- {Aft/tti/f- ffœif.-ijti/rl,,,/.^ i. h', I8i3. p. 01 ,
KMCnONS OIS NEftFS &Eil80RUUX (N£fi? AUUTIF). kS%
sont comme sm*ajoutées et représentent des organes de renforcement ou de perfectionnement. Dans les crustacés et les mollusques, où Torgane de l'oirïe est encore apercevable, et même dans les poissons cyclostomes, on ne trouve plus qu'une petite poche contenant un peu de liquide et un corps laiûlliforme : cette poche est l'analogue du vestibule chez les animaux supérieurs, et le nerf qui s\ distribue représente seulement la branche yestibniairc du nerf auditif.
D'expériences dans lesquelles il avait successivement enlevé les divers compartiments de Toreille interne, et détruit, par conséquent, les nerfs qui s'y distribuent, Flourens (1) a conclu que «la partie la plus essentielle à la fonction auditive est évidemment Vexpansion nerveuse du vestibule. C'est môme, à la rigueur, ajoute ce physiologiste, la seule partie indispensable; car toutes les autres peuvent être ôtées, et pourvu que celle-là subsiste, Tandition subsiste. »
L'analyse physiologique se montre donc ici parfaitement d'accord avec les données fournies par Tanatomic comparée.
Valsalva et Kranitz, au rapport d'Ësser (2), citent des cas d'absence ou de destruction du limaçon et de la branche iimacéenne du nerf auditif, chez l'homme, sans que, suivant l'assertion de ces auteurs, la faculté d'entendre et même de distinguer les divers sons ait été détruite.
Les physiologistes ne possèdent point, jusqu'à présent, de données assez positives pour affirmer quelles sont les attributions distinctes des deux branches du nerf auditif : ils savent seulement qu'à l'une d'elles est confié un rôle plus directement lié à l'audition en général. Du reste, en étudiant le sens de l'ouïe (p. 2S et suiv.), nous avons fait connaître le rôle particulier que Helmholtz a cru devoir assigner à chacune des divisions du nerf auditif (*)•
On a déjà vu que ce nerf est réputé être insensible aux irritations mécaniques, c'est-à- dire qu'on peut le diviser, le détruire chez les animaux, sans provoquer la moindre sensation douloureuse (**).
En faisant agir l'électricité sur les nerfs auditifs, on peut donner lieu à des sensations auditives : à ce propos, nous avons d6jà rapporté l'expérience dans laquelle Volta, ayant compris ses oreilles dans le courant d'une pile de quarante couples, entendit un sifflement et un bruit saccadé pendant tout le temps que le circuit demeura fermé ; nous avons également cité une
expérience analogue de Ritter.
(1) Flourehs, Recherches sw^ les conditiotis fondamentales de raudition et sur les diverses causes de ta surdité^ mémoire communiqué à l'Académie des sciences le 27 décembre 1824.
(2) EssER, Méni. sur les fonct. des diverses parties de Vorgane auditifs analysé par Breschet. (*) L'opinion qui consiste à faire d'uwe portion du nerf auditif une espèce de centre nerveujc,
ayant une influence considérable sur les mouvements (Flourehs^ ouvr, cif,, p. A87, etBHOwif- SÉQUARD^ Experim. Rcsearc/tes, 1853^ p. 21 et 99), a été combattue par Schiff {Lchrbuch iler PhysioL, Lahr, 1858-50^ p. 399) à l'aide d^expériences faites sur des mammifères et sur des ^enouilles.
(•*) Toutefois Brown-Séouard {Experim. Hesearchcs^ etc., 1853, p. 21 et 99) assure que chez les batraciens, il a trouvé le nerf auditif très-sensible^ ce qui le diilérencie, dit-il, des nerfs optique et olfactif.
ERVEtrx. s
484 PROPaiiiTES ET FONCTIONS DES DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NERVEUX.
Les excitations du nerf auditif peuvent, eu outrCj détermioer îsciisations remarquables dans certaines régions du corps et produire quelques mouvements léflrxes: — un bruit violent prcKÎuîl» chez tous les individç le cillement des paupirrcs; — chez ceux dnnt le ï^jslènie nerveux est trè impressionnable, un son inopiné est parlois suivi d'une sensation générale désagréable, comme celle qui résulte d'une commotion électrique dans le corps entier; — certains bruils, par exemfde celui delà lime appliquée au fer, provoquent chez beaucoup d'individus une sensation très-pénible dans le-i dents ou un frisson de tout le corps; — ^ quelques personnes sentent la salive leur venir à la bouche quand elles entendent des sons aigus, etc*
On a avancé que le nerf auditif pouvait être suppléé par la cinquième paire; nous savons déjà quelle est la valeur de cette assertion
Les altérations morbides limitées au nerfauditif sont bien rares : prenne toujours la lésion qui le paralyse agit sur les nerfs ou les organes \oisim, de sorte qu1l serait inutile de rapporter ces nombreux exemples, daiis lesquels, d'ailleurs, l'audition a été plus ou moins compromise. Haiglhon fï) a trouvé quclquelbis, chez les sourds-muets, le nerf auditif notàblementplus pelilqu'à l'état normal; ce fait a été observé plusieurs fois, entre autres [lar Silvius, lïonnianu et A rends, Ilard (2) la constaté aussi, mais il pense que l'atrophie du nerf auditif est pins souvent refTetuoc la cause de la surdité. <i Les altérations organiques de ce nerf, dit Serres (3), produisent la perle de raudilion, de môme que celles du nerf optique produisent la cécité. Celles (jue j'ai observées avaient produit nue atrophie du nerf, ou^uoc hypertrophie avec ramollissement considérable de sa substance dans le canal auditif; deux fois je l'ai rencontré réduit en une matière puftacéc d'un blanc jaunâtre. Je dois li^iire observer ici, par antici[>ationj que» dans les maladies or^^iniques du planciier du quatrième ventricule, je n'ai pas toujours observé une diminution du sens de Touïe proportionnelle à Ta!: ration morbide.»
Propriétét et ronctlons des nerfs encéptiolique^ sensîtîfs»
Ayant déjà exposé (p. 131 et suiv*) les earacléres communs aux uci cetie classe, dans laquelle je range les pttrtifms tjmtglùmnaires du Injumeau, du glosso-pharyng^ien et du pneumogastrique^ J'aborderai tout At suite, au point de vue physiologique, Tétude spéciale de chacun de ces nerfs.
Portîoii gangliockaaire du nerf trijuineAv (*),
La question de savoir si les deux nerfs de la face, le trijumeau et le fa- Dial, sont appelés à remplir des fonctions distinctes, a été posée seulemcnl
(1) Uaigthon, Mém. of the MetL SaciWï/, t. UI, p. l.
(2) ÏTAnu, Traité de^ malmliex de tortit h et de l'audition. Paris^ 1821, L I, p,
(3) SBMSa* ouvr. nt„ t. 1, p. 453.
(*) 11 ne ftera question de la ratine muiricci^u trijumeau^ dëeignée par BetUStuCAl et 1
cous le nom de nerf mnsticaievr^ qu*à propos des nerf» moteur» encépbaliqtjes.