‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 57 sur 92 · DE LA GÉNÉRATION DITE SPONTANÉE CHEX LES ENTOZOMBES · texte numérisé non relu

DE LA GÉNÉRATION DITE SPONTANÉE CHEX LES ENTOZOMBES

en effet, que certaines espèces ne pussent se développer que dans certtiins milieux, el d'autres espèces datis d*aiUres milieux, si^ pour les iiifusoires,

Iteomme pour tous les animaux^ les milieux constituent des conditions

l'd'exîstence?

B. — He la géoérAtlon dite ipoiitaiitée obex lei entouMurei.

.a seconde question que nous avons à examiner, au sujet de rhypotlièse

des générations spontanées, est celle de la formation des vers intestâmux,

u, plus généralement, des mtozoaires et des parasites. Or» pour ces ani-

tmaux, comme pour les infusoires^ de qut^Ique es[iècc qu'ils soient, à

^quelque profondeur qu'ils se trouvent placés, dans le foie, les muscles,

U'œiK ie cerveau, etc., il est impossible^aux partisans de rixétérogénie, de

prouver qu'ils se forment spootfuiémenl* Toules les raisons alléguées

ijaujourd'hui encore en faveur de cette opinion ne sont que des raisons né-

|:gatlves. De ce qu'on croit ne pouvoir pas expliquer autrement la présence

l.d'un filaire dans le corps vitré, d une douve dans le foie, ou de tout autre

enlozoaire dans un organe profond, également éloigné de la surface du

■corps ou de ses cavités naturelles et digeslives, on argue que ce filaire, que

celte douve, que cet entozoaire, ont pris spontanément naissance dans les

lieux où on les trouve. Et, comme il faut se contenter ici de l'observation

directe, parce qu*on ne peut pas, pour la formation des entozoaires,

tomme pour celle des infusoires, provoquer la nature par rexpérimenta-

lion, tant qu'il restera un entozoaire dans lequel on n'aura pas vu des œufs

^u qu'on n'aura pas surpris se reproduisant de quelque autre manière, les

partisans de l'hétérof,^énie s'en feront une arme pour défendre leur opinion.

Cependant tous les faits bien avérés, toules les découvertes qui, chaque

jour, ont fait mieux connaitre l'iiistoire des lielniinthes, sont formellement

pootraiies à l'hypothèse des générations spontanées. Il ne sera pas long

Be passer en revue les points importants de celte question, le sujet n'étani

pas encombré d'expériences fautives, comme pour les infusoires.

' Plusieurs savants, i*t surtout plusieurs naturalistes et médecins alle-

inands^ Morren, Rudolplii, Bremser, entre autres, ont cru h la géuéralion

jipontanée des helminthes. Une Irlle opinion se répandit par leurs ou-

Hrrages» qui, d'ailleurs fort remarquables, ne nous donnaient des vers

nu^une connaissance superficielle, incomplète et purement morpholo-

fique. Il éUiit réservé aux travaux anatomiques, surtout aux plus récents,

!de redresser leurs erreurs et de nous donner une idée juste de rorganisa-

ttioQ compliquée d'un grand nombre d 'entozoaires.

', Sans parler des premiers essais de Hedi, Linné, Bloch, Pallas, 0. F. Mûller, iéi m^me des travaux plus importants de Gœze et de Zeder, on peut retarder Rudolphi comme le fondateur de la science helminthologique, plais, si dans son grand ouvrage(l), ainsi que dans les magnifiques planches

(1) HlDOLPUl, Entftzoonnn ?t$xtonn nttiurttlifi. Amsterdam, 1808.— Efttozùorum vv«o/iviv tut atxtfd tint u(tutti:<\ft tluph'j' f'i imifœs' /(KUiiMimrfiis Beralini» 18i9,

678 DB tA GËlVÉltATION.

que Bremser (1) y a ajoutées, la zoologie et l'hisloire tmlurelle d« he^ miothes ont fait un imoiense progrès, if faut avouer que ranatotnieet li physiolo|<k! de ees animaux n*y oot que fort peu ga^fi^* cl <I"^ oos coiiDâi^ sauces sur cet objet, le seul qui puisse éclairer lliistoire de leor géoéfl»' tion, sont restées à peu près ce qu'elles étaient auparavant C'est Itd point que Kudolphi se refuse à admettre, dans les vei*s, Tenistenc-e û'm syslènie nerveux, bien qu'elle y fût reconnue déjà par plusieurs de se^ prédécesseurs,

Bremser (2) lui-même publia, peu de temps après, une histoire desim intestinaux de Thomme. Nnn-seulement il y décrivit ceux qui se troufeU dans son tube digestif et ceux qui séjournent en dehors de ce canal, en wdiquant leur diagnostic et leur traiteuieul; mais il fit précéder toute ceti* partie de son ouvrage d*une longue dissertation en faveur de la géoératioi spontanée des entozoaires. Nous examinerons phis loin ceux de ses argu» meuts qu! méritent réfutation.

Maïs, pour ce qui est des notions anatomiqucs positives» c*est Bojaniii(^ qui, le premier, a démontré, du moins en partie, la coui position du «fv téme nerveux dans un ampbistome; de plus, dans le même amphîiloiiit» dans plusieurs distomes, cet observateur a fait connaître nettement le CiiMt inlestinal, les organes de la génération, et même, dans le Dhtoma hep^ cnm^ rexistence d'un appareil vasculaire. On seul quel coup portent ces découvertes, qui datent déjà de plus de quarante ans, à l'hypothèse de 11 génération spontanée» Si ce mode de reproduction se concevait d'aoîmiiix qu'on ne supposait doués que d'une organisation obscure et uniforme, il devient bieu plus ditticile de Tadmeltredu moment qu'on reconnaît, dansée» animaux, des appareils organiques diversement caractérisés dans diverses classes, et surtout des organes générateurs avec les produits de ces organei*

J- Clnquet(ù) exposa, dans un mémoire assez étendu, Torgani sa tioo (ie l'ascaride lombricoïde et de réchinorhynque géant» tJn y trouve la dcscriptiou des organes générateurs des mâles et des femelles : celle de VascàîHi est surtout lrès*délaiJlée.

Dujardin, qui a publié une histoire naturelle des helminthes (5), a donné aussi, dans plusieurs mémtïires, des détails sur l'organisation de ces ani* maux, sur la structure anatomique des Gùrdim et du Mermii (6), sur les heK miuthes des musaraignes, sur leurs métamorphoses et leurs migrations (7), sur Tembryou des entozoaires et les mouvements de cet embrj^on dtns l'œuf {ë).

(1) Bremseii* Icônes Ho/minthum âjfsiema Hudotphti entoologicum ithatr^tiÈm \ J, G. Bremser. Vi«niiiE^ 1824.

(2) lîfiEHSER, Traité zoohgique et physialogiquo défi ver^ intestinatix de fhomsWf ( par Grunsfler. Paris, 182â.

(3) B<)JANDS. Enthelmwthicttt in tuji von Okcn. Jahr^^ng 1921, enter Eaod* S. 142, M»

S4) J- CloûOET, Anatomif f/es ver^ intestimtuxM Paris, 1824. 5) DuJARDm^ Hijftoire nnturelie fipx Htiminthtii vu Verx mtextmaux fdan» Ifll BitÊÊt I Buffùfi). Paris, 18â5.

i^) DtfJAnDin, A finales des sciences natutelles^ 2^tèrief Zoologie^ U IVUr, p. 129.

(7) /Iw, ci^, même série, t. XX, p. 320.

(8) Siec^ Cit., mêm» séxiei U VUI^ p. 303.

Page 1