DE LA GÉNÉRATION DITE SPONTANÉE CHEZ LES BNTOZOAIRËS
Mebiis« Nordmann, ^firan, Diesiog et plusieurs autres ont aussi décrit, d'ane manière plus ou inuins parfaite, le système nerveujt, l'appareil ?asculaire, U* canal digesLil', les organes de la génération de plusieurs distomes, amphistoiues, linguatules, diploslomcs, etc.
E. Blanchard (l), dans ces derniers temps, a repris Fétude anatomique des entozoaires : il est parvenu à suivre les plus petits ftiets de leur système nerveux, h reconnaître par Tlnjection ta forme exacte de leur canal digestif, et la richesse de leur appareil yasculaire, à saisir distinctement les caractères homologues ou différentiels des organes générateurs dans les diverses espèces; eu un mot, à démontrer, dans ces animaux, une complication de stiucture qu'on était loin de soupçonner il y a quelques années. Van Bcneden, ayant étudié à son tour les vers parasites, a trouvé dans tous des organes génitaux et même très-compliqués.
Ainsi, la délimitation fort nette des espèces (fondée sur la forme générale du corps, les caractères zoologiqoes extérieurs, et sur toutes les circonstances qui servent à établir des déterminations génériques et spécifiques en hisloire naturelle), déjà si bien utilisée par Budolphi, Brenjser» Cuvier, de Blainville, Uujardin.ele., et permettant de comparer sons bien de» rapports les entozoaires avec un grand nombre de vers qui vivent dans les miïienx extérieurs au corps des autres animaux, doit laire supposer que leur génération ne s'éloigne pas de celle de ces derniers; que, comme celle-ci, pouvant être à la fois scissîpare, gemmipare ou ovipare, elle est surtout ovipare.
D'ailleurs^ la structure compliquée de leur organisation, comparable h celle d'animaux semblables à eux, qui habitent les eaux douces ou la mer (*), diû'é renie dans les diverses formes spécifiques, de manière ù confirmer les classiti cations zoologiques établies sur la forme extérieure et même à les perfectionner dans un grand nombre de points, est aussi un motif puissant de supposer que 1rs entozoaires ne sauraient se développer spontanementj surtout quand on sait que les organes de la génération et leurs produits ont été déjà vus et décrits dans un très-grand nombre de types.
Se fondant stir ces dernières considérations, c'estrà-dire sur les données
anatomiques^ Blanchard établil^ dans les vers, les classes suivantes : les
^Anévormes (**), comprenant les planaires, les trématodes, les douves, les
fëiliphistofnes, les tristomes, etc.; les Cestoïdes, dans lesquels il range tes
(i) E» BtâHCHARD, fierhetche^' .*wr torganisnlmt ries Vers {Annates des sciences natut\^ 3* série, ZooiogiH, 18^7, l, VU, p. 87),
[*) Le» cîrronstancFs biolojfif|iies. Ici, copime cliei les insectes et pluiieurs autres animaux, onl fort peu il* importance ; elles ne liennenl ^i6rc qu'à la différence dan* le choix de la nourriture. Aussi, en comparant Torgainbiilton île» planaires h celle ilr» ttrr'mnlodeA, Blanchard »-t*11 trouvé ({uc ranimai vivant dans les mures, dan» les éUngs, itaa^ lu mer^ est trés-voiiin de ranimai vivant dans ie Toie, dans rintestiii ou dans un autre viscmi d'un miimmifôre, d'un oifleau ou d'un poisson. Bien plus, la même espèce est souvent aqnatique pcridoul une période de &a vie, et panisîle pendant une a^lre.
(••) Celte dénomination est destinée à rappeler, dans celle classe, rabicncc caractéristique d*uii véritable collier nerveux.
DE LA GÊiNÈRAJIOiX.
léniîis, les bolhriocéphales, les cysticcrques, etc.; les HetmintAe* proprement dits, c*est*à-dire h^s ftlaires, les slrongles, les dscarides^ elc.; eofin, les Némerlines^ et quelques autres.
Pour ce qui concerne les organes dt^ la reproduction dans les clas?^ précédeiitos, « chez les anévormes, dit cet observateur, ces organes une constance assez grande; iU permettent de distinguer ces entoîtoaire*, des autres vers. Les h i ru dînes cl les scoîéides (lombricinés) î^ont les i^etiH* qui s*en papprocheraient bien notablement sous ce rapport» {!)* — » OoMt aux organes de la génération, les cestoîdes diffèrent non-seulement d helminthes nématoïdes^ mais aussi des anévormes, des hirudinés et d scoléides; ils n'ont guère pius d'analogie avec les annélide^ propremeirfl dits. Dans les ténias et dans les bothriocéphalcs, où le corps est nettemeAt divisé en une longue série d'anneaux, il existe dans chacun d'eux, soiten^ môme temps, soit alternativement, un ovaire et un appareil mille, coi plélemenl distinctsel séparés de ceux de Tanneau précédent et de l*ann< suivant. Dans les cesloïdes, dont le corps n*est pas divisé comme il l chez les précédents, les organes de la génération se multiplient néanmoÏDs de la même manière dans toute la longueur du corps (2),» — «Tonjonn,^ ajoute E. Blanchard, les sexes sont séparés dans tous les animaux que ni rangeons dans la classe des helminthes; c'est encore un caractère gén» qui les sépare des anévormes et des eestoïdes (3).»
Enfin les récentes recherches de C. Davainc (ù) sur le développement la propagation dn trichoeéphale de l'humme et de l'ascaride lombricoldf démonlrent que ces helminthes pondent des œufs, qui sont évacués aw les fècesj et que ces œufs, conservés dans Teau et restés à Tétai de latente pendant six et huit mois, lînissenl pardonner naissance h des qui olfreut, jusquïi un certain point, la forme des vers adultes,
Ainsij nous reconnaissons aux entozairesdes organes générateurs, nous savons qu'ils produisent des œufs, et en nombre immense, comme surtool ,1e ténia, le botliriocéphale, etc. Ces œufs sont évidemment destinés àîcf reproduire, et noD-seulenjenl nous devons penser que c'est par le développcmentdeces œufs que naît un ver caractérisé comme le lénîa,maiseuc< il nous est impossible de concevoir, avec Rudolpbi (*), que ce demii puisse se former spontanément. Aussi les partisans de la général!' équivoque ne se refusent-ils pins à admettre que les entozoaires
a) E. BLANCHAK&, rec. cit., p. IIK
(2) Idem, rec, dt., p. 119.
(3) flw. cit., p. 128.
(4) C, Davjune, Complet rendus- de l'Acad, c/e* *c. de PoHs^ 1858, L XLVI, p, 1217. (*) KlTMLf Hi (cité par Dugès, Phyvioiof/ie rampa n^e^ %. lU, p* 20 A) croit avoir obiené uo
[liiil romarqiiable de getitndion spoutanéi' un (tl'tiia. Sur un ctiien, dont les inte&Uns ne i ^Anîcnl i|ue deux arUcuLutlons de itinlsi calùoiftii-nic. il rcncotitra, uttaehc^ à beaucoup dt \ [Mliùi et comme conUnus ;ivec eUc^s, éi^ petits i»a*uJs Maocliatres que l« microscope i êïrrs nubnt de lèles de cHle espèci* île tériia, mais sans aucune autre partie de leor i ftctïOLPni Pail remanquer, it ce sujet, que les plus petits de cc& aitituauv, larsqu'ils ioncut (k IV'uf, montrent déji un assez gratid nombre d'à ri if les -, ce qui prouvcrail^ luiv^nt lui, Qmtm CBptlules Qe |)Ouvaîeat provenir d'une génération ovipare.
DE LA <;ÊNt:RA^Io^ dite spontanée chëz lî:s t^TozoAini-ïi.
Gftl
lent ïïes œufs cl puissent même se prapagar par des œufs; mais ils se pelranchent derrière ïa diffieulté, limpossibililé, disent- ds, que ces ufs soient portés daus ks cavités du C(M"ps, ou dans Tépaisseur des issus, et ils eu coucîueut que, dans beaucoup de circonstances, les ^itozoaircs ne peuvent se former que de toutes pièces, Tun d'entre eux du jBioias, sauf plus tard à ce que ce premier en engendre d'autres par scissiparité, par bourgeonnement ou par des œuts. G était iii, à proprement parler, le seul argument qu ils pussent présenter encore en ftiveur de leur octrine : nous allons voir que» sinon dans tous les cas, du moins dans ta plupart, il ne peut plus être d'aucune valeur, ei que le transport des œufs les helminthes est înienx démontré que leur génération spontanée. I II est d abord un ordre de faits pour lequel le doute n'est pins permis ftujourd'lmi : ainsi onne croit plus à la génération spontanée des poux, des icarus, des puces pénétrantes, des filaires de Médine, et de tous les paraliles qui, déposant leurs œufs dans Tépaîsseur de la peau, semblent, au premier abonï, se développer au-dessoos de Tt^nveloppe cutanée. Il en est «de même des végétaux parasites, parmi lesquels un des plus remarquables jÇiïtle Boiryds paradoxa ou Bass t'a fia : on sait que le développement de cette («noisissure provoque, chez les vers à soie, une maladie meurtrière connue tjous le nom de mmeardmc. On croyait qu'elle était le résultat d'une j^énéjation spontanée provoquée par la mauvaise nourriture, le défaut d'aéra- ^on ou toute aiUre cause d'insalubrité. Mais les recherches de Bassi (de todi) (1)» d'Audouin (2), de Johanys (3), de Ch. Robin {/i), ont prouvé d'abord jue ce cryptogame est inoculable, et qu'il suffit, pour le propager, d'une [uantité extrêmement petite; puis, qu'il se déveîfqjpe toujours à rorifice es trachées, cest-à-dire ilans les points où sont arrêtés les corpuscules nLrainés par Fair atmosphérique qui pénètre dans les organes des insectes* le la connaissance de ces deux circonstances particulières, il est facile de soncluj'e que la production du botrytis, chez les vers à soie, loin d'être îpontanée, tient seulement au développement de germes transportés par *air d'un point sur un autre (*).
Quant aux helminthes, on a acquis la certitude, à Tégard d'un certain nombre^ que leurs œuls ou leurs larves s'introduisent avec les aliments, et lullsse développent ensuite ou achèvent leur évolution dans le corps des animaux chcic lesquels on les trouve. Dujardin (5) ayant constaté que la ■filaire, que l'on trouve dans les sauterelles, les chcuilleset plusieurs autres insecteSj ne ditierait des Mermà que par Tabsence des organes reproducîleurs, plusieurs naturalistes pensèrent que ces mermis pourraient bien ne
I (1) Bas SI, Annah''i fiex ,^cimces nniureths^ 2* série, Zoohgif^ U V, p. 314* ' (2/ AUDOUIN, ihùL, L Vni, p. 229, 157,
(3j JoHAKïS. ihid., t X(, p. 65.
fk) C, HouiN, Dev vé^f'tau.K qui o'ûmtmt .<ur t homme et mr /ffv nnimaujc, Paris, 1847,
(•) Voyex aussi un rapport de Dutrochet sur les travairc reiatifs ù ta mu^tardine {Annales dpf *f» nni,, 2' Si'irie, j^tjohgie, t* IX, p« 5%
(5/ 0t'JAfttitNj Mémoùu! sur la alntrA. nnaiom. (kt ijordius H d'un mih^ Ipimtttihe^ te ifertMis [Amwici df'^ ^c. naf., 3*^ série, 1812, l. XYllf, p. 129).
représenter qu'un état plus parfait des Ûtaires. Siebalcj (i) a mto le dans tout son jour : il a démontré que le Filnria imectùntm^ que Vu croyait être le produit d'uDe gonériiliou spnntiinée, après :r pendant quelque temps dans le corps des espèces où on le r ire, il
sort, s'enfonce dans la terre, et s'y transforme en mermîs, ay^nt unapiit^ reil génilal; que les œufs qu'il produil sous ce nouvel <^ï * ni depe«
titsi vers agaoïes qui s^iotroduisent dans le corps des n rt y
temporairement sous forme de filaires.
La nécessité pour les vers parasites d'éraigrer d'un milieu, oft U conimence, dau^. un au Ire milieu où leur évolution s'achève et l« prendre» avec d'autres formes, des attributs qui tes rendent propres II reproduire par œufs, est un fait dont on ne saurait plus douter aoji d*hui. Comme les raermis^les taïnias ont besoin^, pour acquérir une or sation complète, de passer, non pas du sein de la terre dans un aninml i de celui-ci dans la terre, mais des plantes ou des liquides dans un aol et de celui-ci dans un autre animal. Le phénfimèno esl toujours te quoique les conditions varient un peu»
I/ideuîité que Siebold (2) a reconnue entre la tête du cysticerquo du i et la léte du tienia du cliat faisait présumer que celui-ci n'était qti'aoe Iransformation de celui-là; Van Beiîcden(3} (lensail aussi que le Xét rbynque des poissons osseux devenait ver intestinal dans les sélacifflA' quand ceux-ci s'étaieul nourris de poissons infestés de télrarhjnqitti. Rien n'était plus certain; cependant il fidlait en donner la d^monstratiee, et c'est ce que fit Kîicbcnmeister (^). Ce physiologiste, ayant fait manger éei cystieerques de léporidés à des chiens et à des chats, vit ces vers se Irtmfornier en tienias dans le corps de leurs nouveaux hôtes, L*expérienc^ répétée par Siebold, par Van Beueden (5), etc., et étendue à d'autres vy pèces, a donné absolument le même résultat* Il est bien constaté auj(îO^ d'iiui rjue le c<enuredu raoufon et le lœtiùt cœnurns du chien sont le mânl , animal sous deux formes différentes; qu'il en est de même du cjrstic du lapin et du Tœnia Merrota du chien, du cysticerque de la sourfs cl Tœnia crmstcoilà du ehat. Lestienias ne sont donc qu'un état plus des cysticerques : ils ont des organes reproducteurs et pondent de qui, rejetés avec les matières fécales, et avalés ensuite par les herbivore»
(i) Smpoui, Uehei' die Fadenwûrmer der Insecten (Êntùfn* Zeiturtg^ 1848, p, 2)111).* Mémoire xur iex vef< rubmiés et véncuhireu de Vhomme et des unimttuj- et $ur in reyroàiÊt' ' iioft des Helminthen en ^énéml (Ànnalps d$s se, nat.^ 4" i^rie^ 1855, L IV^ p 53).
(2) SiEBOLO, Vefm' den Generutionswecfuteider Cestoiden{£ eUitchri/t /^> wiÂteiuek, ZsU^
laso, t. il).
(3) Vah B£2ir£i»eii, Recherches sur Ut faam tittoruie de la Bclgùfuc. — Le* vert ctfiaid^ considérés .<oi*ï te rapport pkynotogique , emhnfohgique et Mootias nique {Métn, de tAf^ * Belgique, l.\\\).
{à) KûcaLHiâUSiLK, t>bt*r dif IhwiundiuHfj der Ftnrien i» Bandwûrmcr (l^agtr Tifrfa^ jarfschrift^ iHh'2, i. XSXIU, p. 106). ^ L'eher Ce^tothn in Aiigemeinen und die df% JIbw chrn tftA lirsomkrp, Zitlau, 1853. — Die in und un dern Kl^rper des tehenden lff*ic*^ vorkom, hira^ttett, Leipiig, 186^.
(5) Vak Benedkjv; Sur /e cœuure du mouton (Buli. de CActtd, de Belgique^ 1851, t. lÙ* p. 'iOfi).— DeLfioftp. du cœnure du mouton {ioc, ctt,^ 2* pur!,, l. Xltl, p. 15). — ll^ tkmfftf et dr h perpétuoiiùn des efpécea dans ie» range in^rieurx^ 1853*