‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 59 sur 92 · DE LA GÉNÉRATION DITE SPONTANÉE CHEZ LES EWTOÏOAIIIES · texte numérisé non relu

DE LA GÉNÉRATION DITE SPONTANÉE CHEZ LES EWTOÏOAIIIES

es giMtiivnres avec les subslunces auxquelles ils se sont fixés, ilnmieivl kfiance à des cysLicerqueï». Ceux-ci restent sous cet état et sans se taulier aussi longtemps qu'ils ne changent pas d'hôtellerie, comme l'a si I dil Van Benedeu ; ib ue peuvent devenir Icenias qu autant que l'animal les porte sera dévoré par un carnassier ou un omnivore» é\ml pi'obable qne ce qn*on iivait constaté chez quelques animaux ail se passer chez rhotfi me; que rintroduetion d'ovules d'helminthes, îjTsticerquesavec les aliments ou les boissons, devait être aussi chez lui ause unique du développeraeni de vers dans son intestin on dans ses lia Si les observations à ce sujet ne sont pas encore très-nombreuses, i rorigine de quelques-uns des parasites qui nous envahissent n'est pas ore bien eonnue, toujours est-il que Ton s'accorde maintenant à consier lever solitaire proprement dil {Tœnia srdium) comme dérivant du ticerque celluleux qui produit chez le cochon la maladie dégoûtante cm nomme imlnrîe, Kileheomeister (1), ayant mêlé aux aliments d'un ame condanmé h mort de la viande de porc infestée de cysticerques, iva dans Tinstestin du criminel, après sa décapitation, quatre petits

S adhérents à la muqueuse intestinale, Deux personnes en pleine qui voulurent bien se prâier aux expériences de Leuckart (2), avalant des cysticerques de cochon, évacuèrent avec les matières des plusieurs de ces parasites en voie de transformation^ et deux taenias nt tous les caractères du aoUum. Bertholus (3) rapporte aussi que Hurat, naturaliste à Genève, ayant avalé quatorze cysticerques, rendit par selles, quelques mois après, et à plusieurs reprises, des fragments de solitaire. Ainsi, la provenance de ce parasite n'est plus un secret, et sa sence dans l'intestin de l'homme ne peut plus être attribuée à une fortion spontanée.

len est de même du Trichina npiralk, que Ton trouve enkysté au sein tissus. On sait aujourd'hui que cet helminthe, dont on ne pouvait exjuer ht présence dans la profondeur des muscles de Thonmie et des mmiféres qu'en supposant une création spontanée, est le produit d*une lération directe, lU représente un état transitoire d'un triLhocéphale. chow(ii) et Leuckart (5) nous ont appris que lorsqu'on fait manger à un en, h un lapin, etc., de la ctiair infestée de Trivhina spiralisy cet enloire sort de son kyste en arrivant dans l'intestin, achève alors son dévcpement, et de ver ngame devient ver sexué; que, sous cette forme, il se roduil par œufs, et donne naissance à de petits vers filiformes qui pergnl bientôt les parois du tube digestif pour aller se loger dans toutes les ties de lorganisme, sous forme de trichines.

t) IccraNiEiSTER, Expér. relat. à ia trammùnon dejt vers inUsUnatta! chet respect h u-

m(AHn, ^iev^r, nn(., 4 • série, taSrJ. l, lU. p. 377).

ï) LEUCMART, Or> Hkisenhnndumrtfwr und thrf Entwkkflung^ 1856»

î) Bertbolds, DiMr^tatton mr Arv métmttotph&ses fit* CyfUndéis (ttièw soutenue à Motit-

i«r, 185«j, n* loti)*

ï) Vmciiuw, Hfthcrchef mr le dheloitpemftit du Trieliina spiralis (Comptent t^ndivt de

^Orf. des .vt. de Paru, 1859, t. ILIX^ p. 660 ; et 1860, t. Ll, ]u U).

S) LliPClAlT, Unter-itichttrifft^n ùh'r Tnchina spirali^, Leipzig, 1860,

DE L.\ GtNfcRATïON,

tes otpamt I

Ainsi lu présence des vers dans le lube digestif el au sein des n'est pas plus dtie à un phénomène d'hétérogénie que celle d'autres pari- L^iles dans Tépaisseur de la peau.

Toulcfois, une question reste k résoniire : elle est relative à rorigincdc* entozoairesque Ton trouve dans le corps des embryons el même dans les Bafs. Ce point, encore obscur, est le seul que les hélérogénisles puîsseol Invoquer en faveur de leur thèse, et pour lequel J. Millier ait fait un avec

I Complet d'indécision,

« En réalité^ dit-il (1), on trouve ici autant d*invraisemblances, quand on

[se propose de réfuter la génération spontanée que quand on veut V^iniellrc. Les leufs desenloïoaires sont évitleirmient trop gros, pour pouvoir

[passer, des organes où vivent ces animaux, dans les vaisseaux lyiDpb»-

fliques, pour circuler dans les capillaires sanguins, et enfin pour auriv dans les produits sécrétoires, dans le lui U le jaune de l'œuf, etc. (*). Vhf pu thèse de la transmission des vers intestinaux de la mère à Tenfaul e^leo contradiction nuuiifeste avec les donnt'es expérimentales de la micromélric» & moins de supposer que les plus petites parcelles de substance reproductive de ces animaux sont tout aussi aptes que ToHif entier à les propager.^J D*iibord, cette dernièie rnîson peut èlre vraie, et puis conuaissons-noof la mesure des ovules d'un grand nombre d'entozoaires? Mais, en admettant que ces ovules ne puissent élre portc^s par le toiTcnt drculatoire, les entozoaires qui en naissent, par l'énergie de leurs mouvements, la facuttf qu'ils ont de se ci-euser une voie dans Tépaisseur des tissus en écartant faiblemeut leurs parties élémentaires, ne peuvent-ils pas, lorsqu'ils sont e(l core très-petits et sous forme de larves, se porter avec facilité d'un lii dans un autre, d*un organe tel que le tube digestif, un d'une des cavités naturelles dans lesquelles leujs germes ont été déposés, dans un autre organe plus ou moins éloigné de la mère; enfjji, dans le fœtus ou dans Tiruf^ que lovaire porte?

Les faits que nous venons de citer, ceux qu'a observés Dujardio(2) sur" les trichosomesde la musaraigne et de quelques autres animaux, font mfr poser qu'il doit en èlre ainsi, et si les migrations des bclmiolhes de h mère au fœtus ou k l'œuf qui se développe dans son ovaire ou qui trr. son oviducU; ne sont pas encore démontrécïi expériroentalemenl, du n sont-elles laciles ii comprendre. Ebrenberg n'hésite pas à les admettre; il prétend même que les œuh des entozuaires peuvent très-bîen être disséminés par la circulation dans toutes les parties des animaux : c'est aiosia dit-il, que l'embryon des mammifères» dans lequel on a trouvé des fC intestinaux, peut en avoir reçu les œufs des humeurs de la mère (3).

De tous les faits et de toutes les considérations qui précèdent, no

(i) J. }^ilLLZB, Manne/ de pfii/sio/ogiv^ i* 1, |>, 15, ira d. de Jour dm. (*) On a rËiicantré en elTet «les vers datis des muh pondus. Cscui>L£, pur ejtcroplei < dans des oeufs de [>ûuIo(Uuhd*.CH, î*htjnotùfju\ \, I, |j. 31, Irad. de Jourdan)»

(2) BuiAhUi.v, Anttii/*"t fh\ vç, mt,^ 2*" si'rre, /ootogtr^ t, XX, p. 333^ 338.

(3) Vdy, HuKiJACH, P/iffiîoh(fi*', l. I, p. 31.

DE l,\ REPHOnUr/IION fXJ^^SIDf.RÈE EIS UÉNÉKAL ClltZ LES ANIMAUX 685

ioncluoiis que les helminthes ne naissent pas sponlanément dans le corps, ais qu'ils y sont toujours portés par les aliments ou les boissons, soit à étet d'opuf, soit à l'état lïe larve, et qu'alors ils se développent ou se metalorphosent dans FinJestiu, d'où ils peuvent passer dans des parties plus profondes. Ces faits délruisent les derniers arguments des hétérogénisles, t expliquent , sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours h la génération (pontcUiée, comment il peut se faire que les mômes entozoaires se rencunrent en même temps chez Thomme et chez des animaux d'espèce trèslîflereme,

£n résumé, qu'on étudie le développement des infasoires ou la produe- Ion des enlo/^oaircs, si IVm suit le progrès historique, si Ton s'entoure Icsluniières de rexpérience et de robservatinn, si l'on fait la part de Texaclîtude dans toutes les données analomiqnes et physiologiques qui s'y rat- Uchent, on voit que, partout où Ea question a été approfondie, Thypothèse fle la génération spontanée s'évanouit. Récemment encore, Pouchet (1), toalgré tout le zèle qu'il a mis à la rajeunir en la présentant sous un jour nouveau, n a pu produire en sa faveur un seid fait certain et capable d'ap- {sorlerla conviction dans les esprits.

Il faut donc, dans Fétat actuel de la science, rejeter cette hypothèse, et ne pasy recourir par cela seul qu'on ne pourrait expliquer comment se reproixùi tel être vivant. Cette décision n'est pas d'aiiletirs aussi indifférente Bue rcxprime Burdach, tout en défendant avec énergie l'opinion que nous tenons d attaquer (2). Si, à un point de vue purement philosophique et

ès-élevé, il importe peu que des animaux puissent se former spontané-

lent, ou qu'ils ne proviennent que de parents antérieurement créés, il est

lécéssnire pour le physiotot^istc de poursuivre, avant tout» la vérité et de

découvrir partout où il peut l'éclairer des lumières de rexpérience. Or,

rhétérogénie se conçoit^ rien de positif ne la justifie : l'expérience et

'observation lui ont arraché un à un tous les faits qui constituaient ses

plus forts arguments; les animaux, et en géncraï tous les êtres organisés»

iK)nt donc le produit d'une génération directe.

DE LA REPRODUCTION CONSÎDlvRl'E EN GÉNÉRAL CHEZ LES ANIMAUX

Puisque aucun être ne s'engendre spoutanémcntp un animal est donc toujours la reproduction d'un autre animal antérieurement créé. Mais TOyons comment s'opère ce phénomène conlinu de reproduction, et par

(1) PocCMET, Iktcrogr*nîr ou Trtuiè dt^ fn f/éneration spontam^e^ bosH Hur du nouveiU^ tcpériencf's, PariSj 1H5ÎJ. — youre//e'i e.rpériencc^ -mr la génération spontanée et h réhis" tftfice vdftk. Paris, I86I1» — Eoihn/ofjénic tics iftptsoùrs cdiéa, Ht^ponsu nti,r ohnervtdtom de M. Coxf^ {rompff>tf'ndu< de fAtmL r/e<r n*. dv Parti, 4864, t. LIX, p. 276 el 422).

{2j BunOACKj Pffi/Mfjhfjte^ l. t, p. 9,

DB Lk GÊNéHATlON,

quels procédés se fait la procréation incessante de nouveaui oi^ntiDiei semblables aux organismes qui les ont précédés.

Ces procédés se réduisent h trois i

1* Chez les animaux inférieurs, par un phénomène de nutrition CMi «!*•&• croissement exagéré, le corps est susceptible de s*» scinder, de se dhim ipfmtanémmt, de se multiplier cnQn par le seul fai! de ce parlufre, rhi^ part étant apte à devenir un centre de forces procréai irices qui se roi et reproduit un animal entier.

2" Chez les êtres moins imparfaits, la même faculté est moins spécialise davantage. De ïa surface de leur corps, et seulennent di certaine étendue, naissent des bourgeons : en se développant, d*abord stns se détacher du tronc, ces bourgeons acquièrent peu à peu la fortu ' ' rganisme souche, et continuent dès lors à vivre par eux-mêmes, *

restent agrégés au corps qui leur a donné n;dssance, soit quHs Ahuodot» nent Tétrc sur lequel ils se sont formés.

'6" La tendance à h concenlratiou des forces procréatrices se prcmoaçant davantage, ia faculté de reproduire Tespèce ne réside plus ^fis tout le corps, ou dans une grande partie de son étendue; mais elle se borne Iqb lieu particulier, à un ou pltrsicurs organes. Dans ce point déterminé, <iUc s€ m;inife*(te jiar la production d'amas plus ou moins nombreux de mxiiànH organique, d une forme ordinairement globulaire, et susceptibles de deveai^ après leur déhiscencc, des anitjiaux semblables à ceux quilesont produiti. GiS amas moléculaires, les seules parties du corps dans lesquelles réùde la faculté de reproduire l'anioial, ces espèces de bourgeons qui, pour m développer, n'ont pas besoin de rester lixés surrorganismo maternel^ sont connus sous le nom général de germes. Nous verrons plus tard que, UalAt ils sont susceptibles de se développer seuls, tantôt ils onl besoin, poiir conserver ou acquérir cette faculté, ile s'unir à un second élément proil^ nant d'un autre organe ou d^un autre animal. Dans le premier cas» on leur donne le nom de spores; dans le second cas, on les appelle otxuUf et

Nous étudierons d'abord la jfctssipnrilé ou reproduction par scissi parce que ce mode est le plus simple, qu'il réside seulement dans quelqoe^ unes des classes les plus inTérieures, et qu'il rej» résente parfaîlcmenl k passage de la nutrition ou conservation de riudividu, à la génératioD oQ conservation de Tespéce : c'est le trait d'union entre l'accroissement ém êtres et leur reproduction.

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