SCISSIPARITÉ OU REPRODUCTION PAR SCISSION
[>lus OU moins avancée, et les deux nouveaux individus être munis déjà de a plupart de leurs organes de nouvelle formation, avant que le noyau luinémc commence à présenter les premiers indices du sectionnement. » Unsi la division du noyau, loin de précéder celle du corps, ne ferait que la suivre, et ce ne serait qu'après une modification assez profonde, après la secion des corpuscules nucléaires fonctionnant, selon Balbiani, les uns comme )¥aires, les autres comme testicules, que cette division s'opérerait.
Ce qu'il y a de très-remarquable dans le phénomène qui nous occupe, K c'est que, dit Balbiani (1), de tous les organes des infusoires ciliés, ceux le la reproduction seuls (noyaux et nucléoles) se transmettent par voie de [lartage d'une génération à l'autre. Quelque essentiels que puissent être les autres organes à la vie purement individuelle, aucun de ceux-ci ne se trouve aussi directement intéressé dans l'acte de la flssiparité. Ou ils restent tout entiers dévolus à Tune ou à l'autre moitié, ou bien ces moitiés créent de toutes pièces les appareils qui leur manquent. Aussi ne voit-on jamais ni la bouche d'une structure quelquerois si compliquée, ni la vésicule contractile du système aquifère, ni les cils variés de forme qui revêtent le corps, éprouver une scission analogue à celle des organes qui con- M)urent directement à la propagation sexuelle » .
La scission spontanée est le plus souvent complète; mais, quelquefois lussi, elle demeure incomplète. Des monades, qui se divisent alternativement m long et en travers, mais sans que la séparation s'achève jamais, forment les espèces de mûres. Dans le cas d'une scission longitudinale continuelle, il produit des séries d'individus unis par leurs bords latéraux. Dans celui d'une icission transversale continue sans séparation, on a des séries linéaires ou iliformes. Ehrenberg considère comme de tels systèmes les vibrions qu'on trouve composés tantôt de deux ou trois, tantôt d'un plus grand nombre le segments, et qui se font remarquer par un mouvement particulier de tremblotement. Lvs vorlicellinos ramiGées, qu'il nomme Carchesiutn et Episiilis, naissent d'une division incomplète de Tanimal en deux portions demeurant unies ensemble par un prolongement de leur extrémité postérieure. Ce mode de division a lieu rarement chez les coraux; mais on l'observe, d'après Khrenberg, chez les caryophyllics, où il donne lieu à dc^ formations dichotomiques, pénicillces, pédiculces, doux animaux naissant d'un, quatre de deux, huit de quatre, seize de huit, etc.
Enfin, des animaux beaucoup plus élevés, pourvus d'organes générateurs distincts, se propageant par des œufs, et, munis d'ovaires et de testicules, sont eux-mêmes, a unt* certaine 'période de leur rie, soumis à la flssiparité. Sars (2), physiologiste danois, en a fait l'observation, il y a près de trente ins, chez les méduses. Les recherches de Siebold (3), cl celles que
(1) Balbiani, Mr//i. rf rrr, cit.
(2) Sars, Mtimoire vm/' A* déveloyfu'inrnt du Médusa aurita '.'/ du Cyanea capillata(i4//rm/r'N^ r/ev vc. wfl/., 2* série, Z>>ol.jgh\ 1841, t. XVI, p. 321).
'3) Siebold, HednVje zur Sntunjeschidife der mrfn/toKe» TfuPre, 1839, p. 21.
DE l.A GÉNÉRATION*
Pic. 48 et 10 f). — StroMa, Cyanca capilhta, Meiuta ourilê^
DujarrJin (!) a faites lîllépknircment, ont conduit ce» obsertaleois mi Diêmes coocl usions.
Voici en quoi consisienl les résultais qu'ils ont obtenus* Des ofolrt
sphériques, rootenus ilftiis In I or air» (^r I quels on vojt b pariiei^ cjHUCtfrjstiques (\m nous dériifoos plus loin, la réM* culc et la Uchit germinatjveîi, h dontlevUelltts^sf
tous les. inimauiV donnent n u-
sance à dt^j'i nés, ovales ou ovalo-cylindriques; ceux-ci sool
et sont conti h(iv liCodanL une certaine période de leur «n v toppement, dans des r^*ceptacles nombreux .lui se forment en m(îme temps dan» [uiitrc bns environnant la bouche de II mère.
Pnisj ces jeunes quittent leur mère et :,'cnî, comme des infusoires, pendant certain temps; bientôt après, ils se Gxi par une de leurs extrémités à un corj>s ''étranger sur lequel ils s'accroissent, Uudiî que par Fautrc ifs sont libres; une booehr s'onvre a celte dermèj e exlrémité, et peu h peu autour de cette ouierlure se forme une couronne de tentacules.
dcit jf. natut\, S'^ série, Zoohtfie^ 1845, t. IV, p. 257).
(•) Fie. 1 8 ctll 9, — ft. Petil du Vt/nnm capttktt*ij dans son premier «lai (flg . 1 H)^ on état i*lr^/^ soire : ïi irteni de quitter le» bras buccaux de sa mère, et il m^e librement dan* \*tnu* — ^.IQW jiohji^oidf. ta mAïue brvc j^csl ullacbèe par la s;;roj8e cxtrémilô de son corpA, etdi^jli è rtito^ mitr librr s'est roniiéç ta boucbe^ entourée pnr un bourrelet eîreubire. — c^d, tes ttatMuki fe développera. — <". Des {retnmes se développent im son cm^% comme sur rh|dr9 d« Tm- UUCY. — (\ y, A. TfAnâformotiuu de l'état polypoïde iiu troisième étAt^ ou état d*aoa/ép4^,^ scissiori sponlant^e transversale» — i (fijr l^ij. In de ces segments tranitrersauii dètadkè et nageant librement, dé«îg:nè d*abord sous le nom de ^iroùila. — 4\ Le Cf/anta ctipiUata qâ ra provient p.ir le développement ultérieur des bras buccawx.des appendice», etc. — /* Le Metk»Ê fiunta complèlement développé, pour montrer comment le^ jeutiet acaléplies ftrovenafli ( polypes semblables à ceux f|ui viennent d'élre figuré* preniienl «iifii peu i p«ti^ i «ont devenus libres, le? r-ir.ifféres de Tacalèplie mèr«.
GEMBIIPARITÈ OU REPRODUCTION PAR JIOURGEONS. 701
Dans cel état polypoïde, qu'il est permis de considérer comme un état de larve, ces animaux peuvent se propager par bouture, à la manière des polypes, c'csl-à-dire par gemmes et par ce qu'on appelle des stolons. Les nouveaux animaux qui se développent ainsi ressemblent parraitement aux larves primitives.
Enfin, après un espace de temps indéterminé, la larve se divise spontanément en une foule de segments transversaux qui tous deviennent de nouveaux animaux. Ces derniers (qui ne ressemblent p<as à la lar\'e)sout libres, luigent en tous sens, et olfrent un corps en forme de disque, dont la périphérie est divisée en huit rayons bifurques à leurs extrémités; ils ont une bouche quadrangulaire, en forme de tube et pendante, etc. A mesure qu'ils croissent, les rayons deviennent de plus en plus rourts : tandis que les intervalles entre ces rayons augmentent d'étendue et donnent naissance aux tentacules marginaux, la bouche se divise et se transforme en quatre tentacules buccaux; enfin, ces animaux deviennent parfaitement semblables à leur mère {Méduse ou Cyanea), Ce n'est donc pas la larve, un l'individu développé dans l'œuf, qui se métamorphose en acalèphe parfait; ce sont les petits qui sont formés par iissiparité transversale; ce n'est pas Tindividu, mais c'est la race qui se métamorphose.
Ge que nous observons ici chez les acalèphes, relativement à la iissiparité, se reproduit chez d'autres animaux, les biphores, plusieurs espèces de vers, etc., sous le rapport du bourgeonnement; c'est-î\-dire que la race se compose d'une succession d'individus dont les uns ont un mode de reproduction et les autres un antre. Ceux qui proviennent par bourgeons d'une première génération produisent des œufs qui donnent naissance à une troisième; de sorte que la série complète des mômes phénomènes génésiques ne se reproduit qu'après deux générations. Ce n'est donc qu'en réunissant une de ces générations à l'autre^ qu'on par^'ient h connaître le type naturel, à compléter l'individu, à caractériser la race. De pareils faits s'éloignent assez de ceux qui servent <le base à la notion de l'espèce pour que nous devions y insister plus que nous ne le faisons en ce moment : aussi y reviendrons-nous en parlant de la génération des animaux qui nous en offriront de nouveaux exemples.