DE LA REPRODUCTION DANS Î/ESPÈCE HUMAINE
Le mode de reproduction de Fhomme ne diffère pas, dans §es actes In plus généraux, du mode de reproduction commun à la plupart des espaces animales, dont nous venons de tracer le tableau sous le titre d'ovtpariié* En outre, la plupart des faits de détail qui s*y rattachent sont eotièremenl
'comparables k ceux qui caractérisent Toviparilé chez les mammifères, ^ c'esl-à-dirc, chez les animaux les pins rapprochés de l'espèce humaànéj formés sur le même type qu'elle. Les nombreuses découvertes don enrichie, depuis une trentaine d'années, rhistoire de la génératiotf' rhonjuie et des mammifères, doivent non-seulement autoriser, mais encore imposer une telle conclusion, comme la seule qui soit réellement compatible avec l'observation directe. En effet, tous les points corresponda que, jusqu'à ce jour, il a été permis d'étudier à la fois chez Thooime chez les mammifères, sont exactement semblables* Cette parfaite analn
I donne le droit de conclure, comme Ta fait depuis longtemps Coste (!),( après lui, Courty (2) et Pouchel (3), que, si l'on n'a pas pu observer encop directement, tous les degrés de Tovologie humaine, on n*en est pas moid
I autorisé à se former sur leur ensemble une conviction éclairée, et
I tracer déjà une histoire à peu près complète du développement de rtiDom Ainsi, on peut décrire aujourd'hui presque tous les phénomènes de
t acte physiologique si longtemps environné de mystère. L'obscurité renvcloppait étant Tunique source des systèmes les plus divers dont il fqt
I successivement l'objet, nous nous abstiendrons d^entrer dans une disctl sion inutile, sur toutes les hypothèses antérieures à Tétat actuel de Vùn logie humaine. L^bistoire de cette science importe peu à son eitpositid La certitude incontestable des faits récemment acquis nous permettra juger jdus loin, en quelques mots, les théories de l'évolution ou de Véf
{i] Coste. Embryogénie comparée^ cours rccuellti par Gerbk et Menacn. Parii, 1837, L 1, p, 189. — Hi.'it. gétter. et pnrUeui, du dêve/oppement des corps orgnnitéf. Pari» 1847.
^2) CouHTT, De rt^ttfet de «cin déve/oppemtni dam teipèf^ humaine. MontpeUi«r, (8*5. p. 11,89.
(3) PouciET, ThéfiHe pofiitve de roiulation spontanée et de la féondatton de» mamm* fèrvu et de l'espèce humaine, itn*ée fur totffervation dt imite h série t^^tf^ta/*. Parii, iWt p. Il,
DE LA REPRODUCTION DANS t'ESPtlCE HUMAINI^. 72V>
^nèsê^ de la préexisieoce des germes et de leur eniboUemGiitj îles ovistes ou de5 spermistes, etc*, qui ont si longtemps divisé les e^priU, et lour à tour triomphé dans les écoles, tant qu'aucun fait positif n'a pu servir de base aux idées plus on moins bizarres que suggérait aux plus grands esprits l'insuffisance des observations.
Nous chercherons encore moins à rappeler ici les idées que Tantiquilé se faisait de la génération de l'homme» surtout avant Aristote et Hippocrate. L*opinion des premiers philosophes, qui furent aussi les premiers savants, ne nous offre sous ce rapport aucun intérêt; nous ne sommes mt^me pas Sûrs qu'elle n'ait point été altérée par îeui*s historiens, et nous ne connaissons aucun des motifâ sur lesquels ils la basaient. Aussi, quoi que nous en aient dit Platon, Aristote, Plutarque, Galien, nous ne parlerons ni des systèmes d'Alcméon ou d'Anaxagore, ni de ceux d'Empédocle, qui le premier, dit-on, nomma m/i7HW la membrane qui renferme le fœtus et les eaux dans lesquelles il nage, ni de ceux de plusieurs autres. Faisons observer seulement que, déjà à celte époque, des discussions régnaient sur la prédominance de Tun ou de l'autre sexe,ousurleur égale inJluence dans Facte de la génération; les uns faisant provenii^ le germe du mrlange de deux Cléments également importants, l'un mâle, Tautre femelle; les autres pensant que Tembryon vient uniquement de la semence du père, et que la mère lui fournit seulement la place où il doit se développer.
A CCS idées purement spéculatives succédèrent deux systèmes qui devaient jouir d'une plus grande faveur, parce quils étaient l'expression de la pensée de deux hommes profondément observateurs, propres tous deux, par rétendue de leurs connaissances et la force de leur raisonnement, A «layer une opinion de toute rautorilé du génie. Hippocrate (1) supposa que les deux sexes possèdent chacun deux semences, Func forte, rautrc faible, dont ils tirent la source de toutes les parties de leur corps, et principalement des centres nerveux; que Je mélange de ces liqueurs dans î* utérus, sous Finfluence de la chaleur propre de cet organe, donne nais- ^"Qce à Tembryon; enfin que» de ces deux semences, la plus forie engendre les mâles, et la plus faible les femelles. D'un autre côté, Aristote (2) admit flue le fluide séminal, dont il reconnaît l'existence seulemenl chez le mâle, t^oferme quelque chose d'élhéré et dlmmalériel, contient surtout Téléinetit des autres parties, et fournil la forme de rcndiryun avec le principe Ide son mouvement; il admit encore que, la femme ti'ayant pas de semence, le sang des menstrues en tient lieu chez elle; que ce san^ est épaissi par le principe éthéré de la semence de rhomnie, et qu enliu rembrjon naît de cette coagulation* En un mot, pour rappeler les expressions d'Arislote, le iang menstruel est le marbre, le sperme le sculpteur, le fœtus la statue* I Ces deux systèmes, tout absurdes qu*ils nous paraissent aujourd'hui, n'en ont pas moins traversé presque tous les siècles qui précètlenl le nôtre, éi été adoptés simultanément ou aUernativement, Tun surtout par les
(1) HtPPacRATi, Li6. de genitura et Li6. de dieia^ Lugdunt Batavomin, IGGô, \,\, p^ i2Q I r2) ABiRTon, Htiftùire (/<p| animaux, traduite par Cumus. Paris, 1783* )ib, Vtl.
médecins, l'autre par les philosophes. Fabrice d'Acquapendente (1), pins Malpighi (2), en étudiant avec soin le développement du poulet , introduisirent les premiers, dans la science, plusieurs faits positifs qui durent commencer à jeter quelque défaveur sur de pareilles idées. Hais la question fut attaquée d'une manière bien plus directe parles expériences de Régnier de Graaf (3) : ce célèbre anatomiste, ayant ouvert souvent des femelles de mammifères, quelque temps après l'accouplement^ et observé surTonire autant de déchirures qu'il comptait d'œufs dans l'intérieur de l'uténis, reconnut par là l'importance des vésicules ovariques qui, depuis ce temp», ont conservé son nom^ et les regarda comme de véritîibles œufs. Malgré toutes les objections qui s'élevèrent contre elle, cette opinion devait avoir un grand retentissement : car, si les femelles des mammifères, si la femme elle-même, produisaient des œufs, le problème de la génération de rhomme se confondait avec celui de la génération des animaux ovipares, et » solution en devenait d'autant plus facile. Swammerdam (li) éleva sur ce sujet une vive discussion, dans laquelle il attribua à Van Home la priorilé de la découverte.
Mais en 1677, peu après les travaux de de Graaf, une nouvelle découverte, qui avait déjà arrêté, en un autre sens, le progrès de la science, en fournissant de nouvelles armes à l'hypothèse des générations sponta* nées, vint s'opposer aussi au développement des idées d'oviparité chez les mammifères, et détourner de cette direction tous les obser\'atcurs : nous voulons parler de la découverte des spermatozoïdes par Leeuwenhoek. En outre, une question qui avait déjà divisé les esprits au sujet des ovules fut alors agitée do nouveau à l'occasion des spermatozoïdes : celle de savoir si l'homme se forme postérieurement à la fécondation, ou s'il existe déjà tout formé dans la semence du mâle, à l'état à'homunculus. Dans ce? molécules mouvantes et évidemment douées de la vie, révélées par le microscope, le plus grand nombre voulut voir de véritables animaux, auxquels il ne restait plus qu'à prendre de l'accroissement. En conséquence, la femelle fut, pour ainsi dire, dépossédée de la faculté de produire uii nouvel individu. Elle ne fut plus considérée que comme une espèce de terrain plus favorable qu'un autre à sa germination; de sorte que, pour les partisans de la prooxislonce et de reniboltement dos germes, c'était, non plus la première femme, mais le premier homme qui aurait porté toutes les générations dans son sein.
Quoi qu'il en soit, deux faits n'en furent pas moins acquis à la science : d'une part, l'oxistoncc des spermatozoïdes; de l'autre, la possibilité delà formation d'crufs dans l'ovaire.
La plupart des travaux entrepris depuis ce momoni sur la génération
(1) Fabrice d'Ai:quapendente, De formatione ovi et pu/iî, — De formato fijetu {Of»rr'i omuin anatoinkn rt pfii/.sio/of/irn, Lu{|^uni Batavoruni, 1737,
(2) Malpighi, />• fnnnntinut' puUi in nvo. Afipendix ifpetHas nurtnsfjue de ovj mcnfintu ohxerrntwnvt continent [liihlioth. nnntom. de Maiiget).
(3) I)K Ghaaf, De inulicnun oryauis ycnerationi inaennentihus. Leyde, 1672.
(4) S WAMMEBDAM, if micu/um naiupo', sive uteri muHebHs fabrica, Leyde, 1679.
ÊtÊMENTS DE LA BEPRODUGTION DAMS LES DEUX SEXES. 731
{irirent ces deux faits pour point de départ : aussi est-il probable que, si rinflnence de Buffon n'eût entravé leur marche, ils auraient reçu dès longtemps le complément naturel que notre époque leur a donné.
Les recherches de de Baer et celles de Coste levèrent enfin tous les doutes sur l'existence de Tœuf, que, jusqu'à eux, on avait seulement soupçonnée : dès lors la génération de Thomme et des mammifères put être Assimilée à celle des animaux ovipares, et toutes les observations dont elle A été postérieurement le sujet n'ont fait que confirmer et étendre celte manière de voir. Il nous faudra donc étudier, h propos de la reproduction fle l'espèce humaine, les éléments que nous avons vu intervenir et les actes 411e nous avons dit s'effectuer dans le mode de reproduction par germes on par œufs. Ainsi nous nous occuperons d'abord de Vovule et du sperme, — puis de l'action réciproque qu'ils exercent l'un sur l'autre, — enfin de l'évolution de cet ovule après la fécondation et du développement de Tcmbryon qui y est contenu.
I. —ÉLÉMENTS DE LA REPRODUCTION DANS LES DEUX SEXES. A. — De roraf.
Nous venons de dire que l'époque à laquelle on soupçonna Texistence d'un ovule, chez la femme, n'est pas très-éloignée de nous, et que cette existeqce fut mise hors de doute seulement dans ces dernières années. P'abord les physiologistes s'étaient sans doute laissé dominer par l'idée que notre espèce devait présenter une exception ; ou du moins, ne saisissant pas l'analogie de la génération des ovipares et de celle des vivipares, ils pensaient qu'aucun mammifère ne se reproduit par des œufs. On avait, il est vrai, remarqué depuis longtemps, sur les ovaires, l'existence de vésicules de diverses grosseurs. Plusieurs anatomistes, tels que Vésale, Fallope, Riolan, etc., en avaient môme donné la description. Mais on les prenait pour des hydatidcs, jusqu'à ce que J. Van Horne (l) eût émis le premier l'idée qu'elles étaient peut-être de véritables œufs.
Bientôt Régnier de Graaf (2) formula nettement cette dernière idée^ et m6me, comme nous l'avons fait voir, avec une apparence de fondement. n cnit surtout la justifier, en montrant que la plus grande ressemblance existe entre les vésicules ovariques et les œufs contenus dans l'ovaire des oiseaux. Enfin, dans le but de dévoiler partout cette analogie, d'ailleurs tout à fait superficielle, il prit la peine d'observer lui-môme, et de faire examiner par Stenon les ovaires d'un grand nombre d'animaux de toute espèce. Mais, on le comprend bien, ses efforts échouèrent, lorsqu'il voulut suivre ces prétendus œufs, à travers les trompes, jusque dans la matrice. Aussi G. Cruikshank (3), un siècle après, observant des œufs dans les
(1) J. Van Borne, Prodromus ohservaUonum circa partes génitales in utroque sexu, Leyde,
^2) De Graaf, De miiUerum oryanis (jenerationi inservientibus, Leyde, 1672, Voyez le chap. De tcstibus muliebnhus^ sivc ovariis.
(3) G. Cruikshank, PUUosophicnl Transnctiom, 1797, t. I, p. 197.
DE Ï-A GÈI^ÊRATION.
rrompcs utérines des lapines, el les trouvant plus petits que lesooaGnoft- /îojîû, n'eut pas de peine h conclure que ceux-ci ne pouvaîenl étrç it véritables œufs» et rendit Texistence de ces derniers, cbez la femme, pltt* problématique encore.
Cependant les œufs que ranalomiste augiais avait su trouver dans In trompes, Prévost et Dumas (1), en lê25, crurent les voir deux fois fax Tovaire de la chienne, sous la forme de corps spbériques extrêmement petits, renfermés dans la vésicule de de Graaf. Enfin, eo 1827, C. E. de Baer (2), comme nous le disions plus baut, mit un terme h ces oseillatiott^ de Topinion des pbysiologistes, en découvrant l'ovule cbez rhomme et cbei les mammilères, et en démontrant» de la manière la plus positive, qu'il existe dans l'ovaire avant la conception.
Malbeureuseinentj tout en décrivant avec exactitude la position dtctl *euf et ses rapports avec le contenu de la vésicule de de Graaf, E, d€ lUrr resta en dehors de la vérité, dans l'interprétation qu'il eu donna; car, «n lieu d'en reconnaître la nature réelle, it crut ne voir en lui qu'une véi*icul^ comparable à la vésicule que Purkinje (*) venait de découvrir presque m môme temps dans r<euf de î'oiseau. De là le nom â'ovule^ dont il eut soin de se servir pour exprimer la prétendue différence entre Tceuf des manimifrreset celui des ovipares ; de Ifl la comparaison qu'il établit entre TcfuC de Toiseau tout entier et la vésicule de de Graaf elle-même; de là, enfin, U théorie erronée qu'il donna des modifications particulières de roriparilé chez les mammifères {**). Aussi Coste (3), en démontrant, en 1834, Texis* tence d'une vésicule genmmtdve dans l'œuf de rhomme et des mammiR^m:, et, par là, en assimilant cet œuf à celui des oiseaux el des autres oTipirci, compléta la découverte de de Baer et en assura le fruit.
Ainsi, dans respëcebumaine^ Tovaire renferme des œufs qui préeiifldU
(I) PRévùST el DUMAS^ Anna/cit des ic. nat,y l'*»éne, t. UI, p, 135.
(2J Vu Ë* DE itAER^ Epistola (h mn mommaiium et hominis fjeneMt* LeipEtg^, 1837. «* ÎMtre sur iti formfihon fie i'îfuf dans tcspèce humaine et dans /fv mnmmifèret^ tndiilê par Ci. Breschet, dans son Hépertvtre ffénérai danalumie tt tlv phtfxt&logte pathoiopfm, Paris» 1829.
{*) St/mltoiœ ad ovi avium historiam ante inçubationem, Breslau, fieplembr<*« 1825. — ^C< travail, publié en l'honneur du cinquantième anniversaire du doctorat de J. F, BtunumteBi^ M »e r^*pandit d'abi>rd que par échanj^e entre tes universilés. Connu de DE B4£R et de qtieli|Mi M* très, il resisi ignoré du public scienliUque^ ju&qu'à ce qu'une édition publiée h Leipiî^ en I8SI Teût répandu dans le commerce.
(**] « On peut donc admettre », dit DE Bakr à T avant-dernière page de son inéBioira (Itfttrr sur(u formation tk tœtif, etc., dans le Hépertoire de Breschet, PariSf 1829}, « li Von a épri fr à l'ovaire el au corp* maternel en général, que la rt^skule de de Grnaf contîitue ttimf é^ w mammifères, Quant à l'évolution de cet œuf, elle dilfère grandement de ceUe de Vwtt ém » aulres animaux, L-hez lesi|uels te nutjtui de i'Œufi^ri tout eniier de Tovaire, noQ'iMdtflMMt I* pour i*ic\ir d'habitation au fœtus futur, mais pour &e transformer lui-même en IMtf^ Ow* I* tes mammifères, au contraire, la vésicule, incluse dans la vésicule de de GrMf, contlMln n vilellu» plus déveluppé, et se montre élre le véritable œuf par rapport ati liBCit* fator. ^ It pourrait dire que c*esl i'œuf fœttti dans C œuf maternel. Les mammifères ont doue bb wé p dam l'œuf^ ou, l'il est permis de se servir de cette expression, ils ont un mal élt«ft à lifc- » coude puissance, m
(3) Coste, HecKerches sur la génération des mammifères^ iuivi de Reeherehm tmr h forjnation dfs emùrtfon^t, Mr Delpech et Ckiste. Paris, 183Â, p* 29>
ÉLÉMEKTS DE LA REPKODUCTIOM DANS LES OEUX SKXliS.
iï toute récondation, et qui offrent, quant aux parties essentielles ou fonilamentales, une constitution identique avec colle des œufs t^intenns dans l*ovaire des oiseaux. Nous reviendrons bientôt sur toutes les particularités que présente leur organisation, et sur la manière dont ils se développent; mais nous devons étudier d'abord les poches ovariques dans lesquelles on les rencontre.
Les vésicuiea de de Graaf {om Gmafiana) sont des espèces de kystes se présentant toujoui's en ccrlaiu nombre dans la profondeur des ovaires ou k leur surface, et ayant des dimensions très-variables, selon qu'elles commencent à se développer ou qu'elles approchent plus ou moins de leur maturité. Loin de préexister aux œufs et de les sécréter, comme on Ta cm quelque temps, elles sont ^ne conséquence de la formation des germes> ut constituent autour d'eux un appareil adventif destiné à les protéger, à favoriser leur maturation, à effectuer leur expulsion spontiinée*
■ lâ'ovaire de la femme, dont il est inutile de rappeler ici la forme et la Ksituation, est composé de dehors en dedans :
P 1" D'une tunique séreuse (péritonéale); — 2*' d'une couche homogène, blanchâtre, consistante {hmiqm aibmjinée^ couche cm^tkak^ couche glandulairt ou oDîgène), plus ou moins épaisse selon Fâge et Télat de santé des individus, et seule productrice des ovales, comme Tont constaté Otto Schrtine (1), Grohe et Henle sur les mammifères» et Sappcy (2) sur la femme; — 3" d'une portion centrale, fibreuse et vase u la ire [stroma, btSe ou iKtrtion spongieuse)^ faisant suite à la précédente, mais d'une consis-
■ tance moindre et d'une couleur rougeâtre, due aux nombreux vaisseaux F qni la parcourent* Elle représente la plus grande partie de Torgane, mais
ne produit point d'ovules, quoique les vésicules de de Graaf semblent envahir son tissu,
I Lorsque les ovules se forment dans l'épaisseur de la couche ovigène. par un mécanisme dont nous essayerons plus loin de caractériser la nature, ils déterminent autour d'eux, comme il arrive en une foule d'autres circonstances dans réconomie animale, la formaljon de petites vésicules. Ces vésicules, d'abord imperceptibles, enveloppent étroitement les ovules; à mesure que ceux-ci se développent, elles augmentent peu à peu de volume, se remplissent dun liquide qui les distend progressivement, compriment ïe tissu environnant, en déterminent pour ainsi dire le feutrage et sVn forment des parais consistantes, A ce moment, elles ont atteint et môme dépassé la surface de Tovaire, au-dessus de laquelle elles proéminent sous la forme de petites tumeurs parcourues par do nombreux vaîsseaiiXj fortement injectés de sang, et faisant effort sur la tunique jïéritonéale, dont elles sont près de déterminer la rupture. Leur volume est alors très-considérable, relativement au volume total de Tovairc {*) : rrail-
(1) Otto Scnit Ame, ('onfn'ttiftftn à /'ttfttitùmie vl à ht pht/siolut/ie tie f orntf t' t/t;s fiiQm$niferv> , (Xeitjtrffriff fur u-isxL'ttnhfjfti* /.uotugir^ lieng. v. C, T.Siebold luid A, Kulliker, 1863).
(2) Sai*PET» R^ihf'irhps sur in structure fie rùvaire, fmrticnimempni mr le siège et ic nomhn^ ftf*s t(*ttf\' (Comrtea rendus de rAu> des sciences de Paris, 1^05^ l* Ll).
(*) Yoyex pLajiche 1, flf . 1.
734 i>H LA GixAuiim.
leurs, cet organe présente d'ordinaire une seule vésicule à ce degri <k^ développement ; il est rare qu ou en trouve deuï. et surtout triH*. ^q un seul des ovaires ou réparties entre les deux. Chez les femelles de 1 part des maniinifèreis, leur volume est un peu Uioindre el leur Lien iJÏQs grand; ces diflïrences dépendeni du nombre de petits qu€ pea* vent produire les diverses ci^pèccs dans une seule portée.
Les vésicules de de Graaf otîrenl à considérer une enveloppe ou parois et une cavité, La cavité est tapissée elle-même d'une membrane proprret renferme un liquide particulier.
Outre le feuillet péritonéal qui entoure Tovaire, et la tunique a1bugiiiée« plus ou mains aminciej qui lui est sous-jncente, on reconnaît deux mmh branes propres aux vésicules de de Graaf ; l'une externe, plus forte, réiiio* tîle, constituée par l'espèce de feutrage que délermine la pre«Mon centri* fuge du liquide s'accunudant dans la vésicule; Tautre interne ^ fonnet d'un tissu cellulaire plus délicat, et plu» riche en vaisseaux sanguin» (*)i qui, devenant le siège d'une inflammation à la suite de l'expulsion dt
roiuf, aura la plus ^^' formation de la cicau l. ,^..,:i.L . ., connue squs le nom dt cùr/jn fomit^lM vaisseaux de ce^^ deux feuillets mM* biancux et leurs principales divistoDi ont été figurées depuis longtemps pu les anatomiâte» qui se sont occupas i ovaires^et de leurs follicules, noi ment par de Graaf (1), et d*une nière plus théorique par 8v^ dam (2), Nous* les avons repré.n.
d'après nature, sur un ovaire de fet en même temps que nonleurs rapports avec les n ^**' ^*" '^ drr**rral7* *>'**"'" ''^*"^ d'enveloppe de la vésicule (flg. 24),
La vésicule de de Cîraaf est doublée, à sa fate interne et dans tonte son étendue, par une membrane formée de cellules à contenu granuleux» ft|| hupielle de Baer (3) a donné le nom de membrane grmulêuêe (fig. ii^^ gj^ ^
(') Voyei pLaache I, fi^, 1 .
(4) Dk Graaf, ItiKtoirv tmfikmwine den piivtiex gémiales de tftomme ei de Iq ^ servent à ta yèuèratiotu Bûle, 1079, p. lÛS, pi. XV,
(2) SUrAMHEiiDAii, Mvnatfum nahtrtf, Lcydc, 1879, p. 34,
(♦*) Vojaplanchal, flg. !.
(*••) Coujtc »ynthi*h<jwf tfune véhicule fie de Gmnf. — /^, fbuîUât âtl60l9 ; — /l, i Intcrno; — v, ramifications vascukires se clistrtbuantà Tun et à Tautrc ; -^ », cafiié inti pleine d*ufi liquide transirent, alburnineux ; — f/, membrane ceJlulcusô; — i^^ eitintiliti ( disque prolïgftre ; (f, (éuÎ offrynt, de dehurs ert dedariB, la membnine vitelUne («me l '"'4le). le vilellua, la vésicule du germe.
) De Ua£u, EniwtckeiuHfftffeKhichie der fhiere. l^ânjgBbergf 1837, t 11, p, 171».
ÉLÉMENTS DE La RBPBODUCTION DANS LES DEUX SEXES. 785
Costa (i), aTec plus de raison, celui de membrane cellukme. Elle est coinpoiée« ai effet, comme nous venons de le dire, d'une multitude de cellules dont on distingue le plus souvent, à l'aide du microscope, et la paroi et lenoyao. Ces cellules renferment dans leur cavité des granulations plus ou moins nombreuses; elles se touchent mutuellement, exercent assez de pression les unes sur les autres pour revôtir la forme polygonale; ne prennent, pour la plupart, un aspect arrondi que dans le point où se trouve l'ovole; sont retenues enfin et comme mastiquées par un liquide albumineux d'une viscosité eztrôme. La membrane qu'elles constituent n'offre pas une bien grande résistance et ne renferme pas de vaisseaux sanguins : les travaux de Bischoff (2)^ les observations de Goste (3), de Courty {U), ainsi que notre propre vérification, ne nous permettent pas d'en douter. Pouchet(5) ne peut avoir soutenu l'opinion opposée qu'en ayant pris le feuillet sous« jacent pour la membrane cellulcuse ou granuleuse elle^^tnéme, mince et presque translucide : évidemment il a commis une erreur, surtout en ajoutant qu'il croit avoir vu les vaisseaux de la membrane celluleuse passer sur l'ovule que celle-ci recouvrait L'œuf, en effet, n'a aucune espèce de liens vasculaires avec ce qui l'entoure, compie nous allons le voir en étudiant'ses rapports avec la précédente membrane.
Dans le point ordinairement le plus rapproché de la superficie de l'ovaire, et correspondant à la partie libre de la vésicule do do Graaf qui se rompra, les cellules qui forment cette membrane sont plus nombreuses, et constituent un renflement, un épaississemciit discoïde (flg. 22, c) (*), auquel de fiaer (6) avait donné le nom de cumulus ou disque ptvligère, par suite de la fausse analogie qu'il établissait entre ce disque ccUuleux et la cicatricule de l'œuf de l'oiseau. L'ovule (fîg. 24, œ) (**) est logé, et pour ainsi dire niché au milieu de ce cumulus, dont il ne dépend par aucun lien, ni vasculaire, ni filamenteux. Mais comme les cellules qui le composent, un peu plus pressées les unes contre les autres, sont plus étroitement unies dans le point indique, soit entre elles, soit à l'ovule qu'elle» entourent de tous côtés, il s'ensuit qu'elles restent adhérentes à ce dernier, après l'ouverture de la vésicule de de Graaf, et qu'elles lui constituent une espèce de zone ou de disque, jusqu'à ce que la dissection, ou l'action naturelle de la trompe et du liquide qu'elle contient, en les dissociant peu à peu, l'en ait débarrassé d'une manière plus ou moins complète.
Chez quelques mammifères, notamment chez le lapin, la couche celluleuse n'est pas bornée à la surface interne de la vésicule et au pourtour de
(1) Co&TE^ Hist. fjém-r. et pnriicu/. du riévchpitenient des corps organisés. Paris, 1847, l. 1, p. 163.
(2) Bischoff, Traiff (ht dtvf/oppement de t homme et des mammi/èrei, Paris, 1843, p. 7. (S) COSTB, ouvr. cit., t. 1, p. 164.
(4) CoURTY; /)e rœuf et de son développement dans Cespècc humaine. Montpellier^ 1845,
(5) PoucHET, Théorie positive de Covulation spontanée^ Bic, Paris, 1847, p. 72. (^) Voyei aussi planche I, fig. 1«
(6) 1>E Baer, Epi\tohi de ovi mammnlium et hominis gencsi» Leiptig, 1827, p. 13, 18. (**) Voyex aussi planche 1, fig. 1, o, o.
m LA GÊNÉllAliON.
l*oviile; elle forme encore des espèces de filaments s'enlrecrois^fiU I goudani entre eux^ et silloanant en divers sens la cavité da follicule dt ée IGraaf, Bien qu'ils aient été niés par Bischofl' {V, qui» sans doute* n*i|Ni les apercevoir, il est assez facile d'en constater la présence, SeuJeflieiil au lieu de nous ranger à Tavis de Barry (2), et de voir^ dans ces prokut^K menls qn il désigne sous le nom de réimaeles, des espèces de çtâiermùCÊbm de rœuf, nous croirions plutôt^ avec Coste (Z), que leur formation n'allai de but particnlier, et qu'elle résulte simplement d'une abondance extitai de cellules, au milieu desqueltes le liquide s'est creusé des lacunes eldtt sillons irréguliers, pendant i'îiecroissenient de la vésicule ovarique,
Entîn, le liquide (ûg, llh, i) dont est remplie celte petite poche est trèa^f abondaot dans respôce humaine, au moment de la malurité. Clair, ?i^ queux, il ne contient que des granulations microscopiques avec quelqoe» globules huileux et transparents, Quand on fait une ponction aune néàcule de de Graaf bien distendue, cl près de se rompre, il s'en échappe, en entraînant presque toujours avec lui le renflement discoïde de la mtÊBr bi-ane celluleuse, et par conséquent l'ovule lui-même, enchâssé dmkU cumulus. Si l'on veut alors examiner cet ovule, il faut l'agiter légèreiniil , avec la pointe d'une aiguille, pour favoriser la disjonction ou la dîssolutioii des cellules qui l'entourent, et le tenir toujours humecté; mais, comma l'action de Teau altère son organisation, et que le liquide de la vésicule <fc de Graafeèche bientôt autour de lui, on obvie à cet inconvénient en plaçtal Tovule dans de rhumeur aqueuse préalablement extraite de rœi[,ou, I son défaut, dans de l'eau légèrement sucrée; enfin on le porte sous microscope.
Loiiu/e, ainsi isolé, se présente sous la forme d'une petite sphère ajant, à rétat de maturité ^ un diamètre d'environ i/10* à 1/7* de milUené(ic« envii'onnée d'une membrane qui oflVe l'aspect d'un espace transparent, €t renfermant une matière granuleuse plii.s ou moins obscure avec une fé^ cule intérieure très-claire; en un mot, composée des éléments que n avons déjà désignés sous les noms de membrajie vitelline, vùeilus et génitif tniive,
La tmmbrane vUeiUne (*) se présente sous l'aspect d'un anneau clair large, dont les contours externe et interne sont accuses par deux li| circulaires bien tranchées, tandis que llntervalle est tout à fait transj rent. De là le nom de zone iransparen(e que lui avait donné de Baer (â) en la décrivant pour la première fois, et que Bischofr(5) lui a cooserrét
(1) BfâCHOFP, Traitf^ (ht dévehppempnt de ihmnmf et fies mammifèreM. ParU, iM3, p,9r
(2) Babhv, nUosoph, Tranmct,, 1838, part. Il, p. 320»
(3) QiiîiTE, i fis toi te générale et particuUère du développement <fef corp$ txrgamtét.
(*) Voj^ planche I, ftg, 2 el 3, w, w.
1) ïir. Baer. î^e ori mnmmnîwm et hominis tjénen^ p. 9, — l^usdem Commef^tûrîm i jtmcEB's Ziditthrtft, \U. 2, Hcfi 2, .S, 168, l&O. — Voyeï atiiti 1« tmdueU^ àe \ (ikiissoti Hépertoire d*nnfitomie. Paris, 182ÎJ. (5) SlfetHurr, ouvi\ at.^ p. 9*
impropre qu'il est. De Baer Tavait encore nommée ckmim, eu é^ard à In partie de l'œuf qu'elle représente plus fard pendant le développement. Coste (1) lui a donné, avec plus de raison, le nom de vmnhrùne mteUim^ pour rappeler son analogie avec la membrane du jaune de roiseau. Krause (2) et G. Valeutiii (3) avaient pensé que c'était une simple couche d*aîbumrne enveloppant la sphère du vitellus; les mêmes auteurs, et» après cpx, Wharlou Jones [h)^ Barry (5) et R* Wagner (6), supposèrent eu oulrc rcxistence d'une membrane vitelliue propre, située en dedans de celle zone, el mise en évidence par la rétraclion du vîlclîus. Mais Tune et IViutre opinion sont également dénuées de fondement. Bernliardl (7), Henle (8), J. MuHer (9) et Gourty (10) adoptent avec raison Tinterprétation de Coste. Si Pouchet(ll) a avaneé que celle zone pourrait bien être reffet du développement que prennent les œuis en traversant les trompes, cela tient saDS doute h ce qu'il n*a pas observé sulilsammcnt IVcurdans ï'ovaire.
Quand on comprime l'ovule sous le oiicroscope, pour déelurcr la membrane vilellïue, (»n voit que celle-ci, en laissant échapper son coidenu, conserve néanmoins à peu près toute son épaisseur (*). Cette épaisseur est très-apparente à la surface de la décbirurci et aucun liquide ne s'écoule par leffet de la pression* La membrane vitelliue parait d ailleurs hyaline, sans texture déterminée, et douée d'une grande élasticité; car elle ne se rompt que difficilement, et après s'Clre fortement distendue et déformée sous rcifort du compresseur.
Le viUHm {**) touche de toutes parts h la paroi interne de cette membrane. B consiste en une quantité innombrable de très-fins granules, unis ensemble par une humeur très-visqueuse, et susceptibles d'éprouver un retrait en masse, lorsque de l'eau pénètre, par endosmose, entre lui et la membrane vilelline. Ce retrait est la principale cause de Ferretir dans laquelle sont tombés, comme nous venons de le dire, certains analoanstes qui supposaient !a masse vitelline entourée d'une membrane particulière, extrêmement ténue. Pour se convaincre qu'il n'en est rien, il suffit de déchirer la zone transparente : on voit alors s'en échapper, non la masse du vitcUus, mais les granules qui la composent, plus ou moins dissociés.
(1) Caste, fiecherehes sur la générathn des mammifères* PaiÎBj 1834, p. 27. — Emhnjù* génie comparée. Paris, 1837, p. 80.
(2) MUllbr's Âv€hh.\ 1837, p. 27.
(3) G. Valkntin, ih'p"iUn'ium^ L Hï, p. 100.
(ft) Wn A HTON JosES» L«fïf/oii and Eduihmujh Phtlo^ophkal Magazine, 1835, 1. VU, p. 209. (5) Uaury, Phiiompk, Tnuimd.^ 1838, part. B, p. 316.
(ô) K. Wa^NEE, Tnnié tk physiolo^jk'. — iitstoire de ia rjénération et du développement ^ traduit p^r Habets. Bru\eUes, 18U, p, AO, âJ«
(7) ÛERNHAIinT, St/mbohf ad ovi mammaihjm historinm, Brestau^ 183i, p. 17, AO. (8J ll£.NLE, Aftfilofnie gthuride^ trod» par Jourtlafi. raris» IH.^3, L U, p. 546.
(9) J, MïLLtîi, Matmei de phiiiirJogte^irml. par Jourdan. raris, 13A5, l. U, p. 605,
(10) CotHTV, De Vœtif H de jfon dtk^ehppemenf f/nit,* /V.v/jn'e humaine* MontpcUier, 1845, p. A2.
(11) PaiJCHET, Théorie de Comlation ypontanèe, Paris, 1847, p. 50, (•) Voycx planche I, flg. 3, t/î, i'.
f •) Voycjs platichc I, Ug. 2, 3,/.
LOKGET. — FUTSIOL. UU — i7
Pouchet (1) a commis encore une erreur en avançant que le ifMlm e*l formé de vésicules, remplies ellefà-mèmes d'un Auidc dans lequel nageot des gi'iKiules. GcLte derntèj'c disposition ne se renconlrc que dans le jaune de I leuT ûa^ (jî^e;uix et ilaus tous les œufs qui se rapportent ^u nii'me lype; eïle n'existe jamais chez l'homme et chez les maiumifèrcs. Il résulte même de ceLle dilïérencc et de quelques autres, une interprélalion nouvelle ik l'ovule des vivipares, sui' laquelle nous aurons à revenir hieatùl, qu^iid nous devrons comparer cet œuf k celui des ovipares, et lorsque nous oott occuperons du phénomène de la segmentation du vîtellus.
La vésicule germimlm (*), qui a un diamètre de i/35* à !/30* de mil* limèlre, est très-fragile, fort Iransparenle, et se détruit si facilement aprèi k mort que de Bacr ne lavait pas aperçue. Après Coste (2), à qui on doit sa découverte, Bernhardt (3) Tétudia avec soin chez plusieurs mammif^^c<T et Whartoo Joues (h) cuulirma le résultat de ces recherches par de nouvelles observations. Eilc est enveloppée par les granules du vitellus, qm peuvent quelquefois la dissimuler, et se trouve parfois presque en coat avec un des points de h membnmc vitelline. Elle est parfaitement spl ri que, formée d*une paroi membraneuse très-dé! îcatc et d'un conteoit liquide , variable chex les divers animaux. Tantôt ce liquide» hyaltn, transparent, et d*une pureté extrême, comme cela a lieu dans Tœuf dcb poule, n'est troublé par la présence d'aucun corpuscule solide; lant6t,in centra ire, il renferme une certaine quantité de corpuscules, dont le nouibrcj Taspecl, les dimensions, ditlèi'cnt beaucoup d'une espèce à Tautn?^ H. Wagner (5), qui les a signalés le premier, leur a altribué une pmndc importance, et leur a donné le nom de taches germinatitm. Mais c^tte déao* niination est thniblemeot impropre; car, non-seulement ce ne sont pas de; ùïches^ mais encore rien n'indique qu elles doivent jouer le rôle de germe, et ne justitie, par conséquent, l'expression de gey^minalwes. On eu jugera par les considérations suivantes,
(1) PorcHET, ourr. af. Paris, 1847, p. 51 et suîv, (*) Voyei planche 1, flg. 2, 3, v. g.
(2) Coste, Urrheirhea mur la ffàtèrntton (ici piftmmifi'rev, Paris, 1831, p, 29.
(3) ÙER»UAivi»t« ouvt\ cit. — On a &î souvent dbpulû h Coste la dé{!ouverle de la itiioÊit ijertniufittvc dritts ToGiif des maromift'res, qu'il esl bon de citer ici Ki prt*niièrc phrase du II»voit (i^A, UEHMtABM* KlJe siidll ptmr établir sotis prlagc lc5 droits tie l'embrvolugtste friftçâls : c( yuamnam eligerem m^ileriani pro docloirîs gradu disputiiluru;, quùrn diù itiuUtofw )i boDi^îtaierOj accidit^ ut, qum ttmc forte iiifTotiierargl^ CosTii ctrcù mammalium or^ espen^ i> inr;tiUi reiteraîid.i Tnibi propronerentur, eo putissimùrn anîmo, ut istiuf auctoris de voiorit » proliféra mammnlium comnienta — toHa eiiim lune videbanlur — nom (idisque reÙÊr^ofBfW » obscrvalioDibus. »
{à) WuARTO:i JoxES, London and Edinburgh PhÛosophtcal Magazine ^ 1835, i. \1I, pwîtt — On pourrait cruirii encore, sur la foi de plusieurs auteurs, que Wharton Jouta a %tt It fr»» mi«?r U vé>icwle du germe dans IVîuf ries uiajiuiîilttres, »i sa publication u%}lait po&léHi^ttre d*!» année h relie du CrOSTK, el s'il n/aVEiit reconnu luiiiitime, depuis celle époque^ les droits éÊtê dernier anriloinislc à 1» priorilp; de celle dèc(uivcTtk\ nolaiinnenl dans uii rapfiort *uf rovelof^ publié f\nu> le Hitfisfi t'meitjn Metiivui Htvù^o^ IH'ïli, n'^ 'S2,
(5) U, \VAt:«KU, iUoihùmu^ htstoHa' g**nvrnthfiis. Leipzig, 1836* — Traité dr fkf%^ logit\ — Niitoiic de io tjciiéfaiiou vt du dcvcftjppeincfd ^ trad. |Kir IJabets, p. ft3« Bmilllf^ 1)*41.
ËLÉMEt^TS l>E LA nKPHODUCTiOPi DANS L£S DEUX SEXES.
D'abord rexistencc de ces prétendues lâches n'est pas conslanlc. OtUre que Purkinje (1) n'avait jamais vu de corpusenles germinaLife dans la vésicule de l'œuf des uiseanx» R, Wagner luï«ni(^ me (2) avait signalé la difficulté cl ie pins souvent l'impossibilité où l'on est d'en découvrir un seul. Cosle (5) ne fut pas plus heureux dans cette délicate recherche^ el^ de plus, il démontra que rapparence d'une laehe germinative ne se manifeste, chez la poule, que quelque temps après la mort, par suite de rcxposition a l'air el d'une véritable allératiou organique; chez la raie, qu'après un séjour dans l'eau plus ou moins prolongé, etc. Courly (/i) affirme aussi qu'elle manque totalement dans les vésicules d'un certain nombre d'animaux; tandis que chez plusieurs autres, et eu particulier chez certains lézards, on compte pUiî^ de trente corpuscules |j;erminateurs, Coste (5), répétaut ses premières expériencesj s'est convaincu de nouveau que son apparition se lie à l'influence |>u rement physique de circonstances extérieures chez la poule, la dinde» le vanneau, le canard, etc.
Ainsi, d'un côté, la vésicule germinalive est homogène, et privée de tout corpuscule intérieur, chez un grand nombre d'oiseaux et cfiez certain» poissons; d'un autre côté, elle tient eu suspension un corfjuscule unique, chez l'homme cl les mammifères, les mollusques gastéropodes, les oursins, les ascidies composées, etc. Enfin, elle est pourvue de corpuscules multiples chez les lézards, les tortues, les squales^ les crustacés décapodes, etc. Ces corpuscules se jïrésentent, tantôt sous la forme de vraies cellules ou de globulesi tantôt comme un amas granuleux, régulièrement sphéroïdal, situé au voisinage de la paroi de la vésicule germinative. Coste (G) fait observer encore que, chez les animaux où ils sont multiples, leur nombre est d'autant plus grand et leur volume d'autant plus petit que l'œuf est plus prés du terme de sa maturité.
De toutes ces ditiérenccs, ne doit-on pas conclure que la tache germinalive est loin d'être ce qu'avait supposé R. Wagner (7) « le véritable germe » déjli vivant et formé avant la conception, passant pins tard dans le blastoderme d'où le fœtus tire son origine, et formant la partie cenlrale de tte membrane de Tembryon?» La supposition de Oarry (8), que celle lîcbe, consistant elle-même en une cellule, formerait, par une sorte de niulliplicalion, un certain nombre de nouvelles cellules desqueltes l'embryon prendrait naissance, n'est pas non plus justitîée par les fails^ et, par conséqueul, n'est pas plus admissible que celle de Wagner. Nous en dirons
(1) PUBKINJE. Sfjmltoh' ad ovi avium htsfofiam tmte incubaiionem, Itrcalau, 1825 ; Leipzig, 1830.
(2) !U Waose», l^Tùdromuf hisiuritt genemttQnis. Leipzig, 1830, p. 11.
(3) Coste, t'iudev tjmiotjiqHt\>t, ûîmib \e$ Anna f es française jt ctibangérvi d'anatomic el de yhysiolofjft', 1838, l. U, j^.TlH,
(4) C.OUktYt otivi . ai., p, 5^,
(6) Coste. iîtstmrf tj^'uàak el pûi'ticulière du dévcloppcmant des corps or^artiséi, Paris, 1847, p. 13a.
(6) CosTB, rmvr. c?/,» p. 121.
(7) H. Wagker, Ptijdt-umus kisiorirr gt'ncrtilionis* Lcir^ig* 1830, p* 5.
(8) hkhhX, Phdosopft, Tnituad., J8:i9-l8i0, parL U, p. 529.
imiiuû du scalimenl dv VugL(l), qui cmîL avoir vu la supposition de 1 se réaliser dans les recherches qu'il a faites sur les batraciens el *iir I poissons osseux* Ces iJeux observateurs ii'onl produit d'ailleurs aacti preuve cerlaine àTappui de la préeédeiile liypothèsc; ci itischoff(2), aifl que lous ceux qui se sont occupés pluH récemment de ce point délii d'ovolo^ie, u'oiil pu juslifier, par aucun procédé d'observalîon, une pareil destinationdc l;i t;*che germinative.
Cette tache ne paraît donc jouer aucun rôle dans la formation du gcr son existence se lie sans doute aux premières t-poqucs du développcmes de l'œuf o va ri que, (i:ir elle semble sur le point de se détruire, daiis 1'* milir, comme luie parlie qui a Uni de remplir l'usage auquel clic étaîl destinée, 11 en est probablement de m<^nïe de la vcsicnle clu ^ernic^ laquelle on a altribué, jusqu'à ce jour, la plus gratuk pari dans la forn tion du nouvel Otre.
Mais, pour ne pas anticiper sur Tordre naturel des faits, nous devo
retarder la solution de u l*roblènie jusqu'au moment où nous traiteron!
des premiers phénoraéncs de la conception et de U disparition de la vésicule gcr oii native. Pour le moment, nous allons rcchercher» dans Tœuf de*r^ seauj les parties anale à celles que nous veno de décrire dans l'ov humain, afin de fixer idées sui* le degré de similitude qui existe entre Tun et Tautre, et de nooT faciliter les moyens de reconnaître les vrais points de concordance mir les phénomî^ncs dont tous les deux deviendront bientôt le siège.
Vœufde lomau^ à son état de maturité^ et surtout k sa sortie de Von
(1) VocT» Vrttersuchurtgen ûher riie Eniwickehtngsgesahichte âer GcburtsMfèr^ûk.^^ Icurc, |i, 12, 1841. — Embnjolùffie dex Sntmanei, Neuchâlel, 1842, p. 37.
(2) lïiScnoFF. Tnnfc fM ifèteUjppcmetii <k' Vhommv et des mammifêra, Paris, 1843, p. Il (*) CcUc figure représente une coupe Uiùoriquc de Fœiif de la poule, sur laquelle on û cmi-
icrvé lous les rapports cl loulcs les priiporlioiis qui existent ihm la Uàlure.
i'artit'x de Vtruf ettcore t:tmivuit dnn'f i'fjrtnyï*. — vg^ Vésicule jg:crini[iitiv6 (cm ne la tinn \t\ iiiic pour iodiquer «a position, car elle lUsparail dès que l'œuf mtV de rovatr^^ et, parcs*séqueni, elle n'exiïle ptus* depuis longtemps, sur uu œur pojidq el cnviroofié, comme edlNi de loulesscs parties adventîves). — g, r.icatriculc ou tilaslodernicj. — mg. CoticKe | trèi-mince, de même nature que la dcalriciile, et doublant la face interne «le la leïline, dans toute son c'Icndue. — /. Jnutic où ron a simule de grandes vé- " IMilcr sa composilion élénienlmre.— /. rnleudue cavilc du jaune,— fwr. M
Pfirfies nfiif'fitiirs dotd s*f)it(nir^ ftt'ftf en imraaaunt toute in /onf/rtfUr . ch, ChalazGS. — ti'\ fJ, b. Couche inlcrne, moyenne cl externe du blanc, i j di-pdts successifs d'albumine faila à trois époques dilTcM entes du irajcl de l'œuf ' leur, — ntfJ. Feuillet iulcruo ilc l.i meuibraue coquillïerc* — m*:. Pcuitlcl c% membrane, — u. Chambre à air, située au ^ros bout de Toeuf^ dans rinicfia..c feuillels écartés laissent entre eux. — *\ Coque ou coquille.
Ihi
}el après la ponte, offre un volumn bion plus consiciérablc quf* echû ries iîïL\mmirères. Mais ce n*esl pas ù cîire^ pour eehi, que les el('*menU qtii, dans cet rouf, sont les analogues de ceux que nous avons enomérés dans l'ovule de Thomme, y aienï, des dimensions aussi disproportionnées. Au cooiraiie, les dernières découverles ovolngiques tendent à établir de Tan.!îogic entre des portions org*iniques qui sont moins dissemblables qu'on ne Tavait présumé jusqn'iei.
Si nous faisons abstraction, eu ellet, de la coffuiile et de la membrane cofniiiîère, des diverses cour/tes rir hlanc et des eiiftfazfs, qui se forment autour de Tœuf, h mesure qu'il parcourt toute l'<^tendue de Toviducte; et si nous examinons un fFuf <ie poule au moment où il va quitter la capsule ovarienne, nous y trouverons, de debors en dedans, la membrane vitelline i(f1g. 25, nw), proportionnellement bien plus mince que dans Tovulc humain, fet d*une strucîure manifestement fibieusc; un dépôt granuleux {mg), dont tioiis allons donner la signiii cation, se cotitinuanl avec un amas bien plus bpais de granules et de petits {^lobules, qui constilucnt la cicâl.riculc(£/), an ^centre de laquelle est la vésicule du germe ou de Purkinjc (e^); la masse du jaune (y), et une apparence de cavité, en forme de bouteille à long goulot (;"'), h laquelle l^urkinje avait donné le nom de lateùm, résultant de la |fansparence des vésicules et des globules vitellins qui occupent celte gpégion.
I Quand on vient à tourner l'œut de manière à placer la cicatrkule dans iRn ijlan horizon lab cette cicatricule (fig, 26, ff), se présente sous l'aspect
'un disque bUuu^ et percé an centre, en rapport r sa circonférence externe avec la surface sphé-
ique du jaune [/), et par sa circonférence interne
ec la vésicule germinativc (vg)^ dont Textrcme
îapbanéité produit l^aspect d'un trou qui se détae en noir sur le fond blanc mat de la cicatricule.
Mais cet œuf d'oiseau, quand il est encore ù Tori-
inc de son développement, a une tout antre fio. Sô, — cicau-icuie.
ructuj'c, et diffère peu de celui des mammifères.
bsiraction faite d'une deuxième vésicule, dont nous allons bientôt ton-
Itre la fonction, il est, en etlet, constitué, comme l'ovule des mam-
lifôres, par une membrane vitelline renfermant une petite masse de nules opaques, au sein desquels est logée la vésicule du germe. Mais, dis que cette organisation initiale de Tovule des mammifères persiste lomme organisation permanente, ou du moins ne se modifie que fort peu,
rganisation initiale tle l*ovule des oiseaux passe bientôt par une série de Modifications dont le but n est pas d'altérer Ic:^ parties foudanientales, mais l'ajouter à ces éléments similaires un élément nouveau, une masse volupaineuse de matière nutritive. Plusieurs observateurs, entre autres Prévost flLebert (1), et Poucbet(2), avaient fait une analyse micjoscopique assez
f (i) PliÉvosT Cl Lebert, Âtmrtiei dû^ «ciwce* naturelk^ 3" série, ÎHhj '/ouhgii^, t. ï, , 302.
(2) Pouchet, mnr, tiL l'aris. \%î\l. {i. 33, 5i.
HE LA GÉWÉRATION,
détaillée «les éléments qui eiUrent dans hi composition fin jaune; man ik n'avaient saisi ni leurs connoxions.ni surtout leur mu«lt* île t'oruia lion elU niarche naturelle de r*^volution de l^œuF. Cette ilernierc larune a èlé comblée pîtr Cûstc(l},à qui nous emprunteroiis la plupart de-s fails proiirei à éclairer la question qui uous occupe*
Le petit amas de granules, qui constitue primitivement TcBuf ovarien de Foiseau, u est autre que le futur atmulm ou la cicalncule^ c'cjàt-à-diit; le germe au sein diuiuel restera logée, jusqu'au moment de la déhisceDce,U vésicule qui en est le centre de formation* Mais celte cieatricule, qui ac* tuellemenl remplit presque à elle seule ia cavité de la membrane vileJline, finit, quand l'œuf a acquis un certain volume, par n'en occuper qa'im espace excessivement restreint, refoulée qu'elle est par des matériaux 4i nouvelle formation, En eifet, autour d'une seconde vésicule placée immédiatement au-dessous de celle qui est centre de rélément germinateur, mais plus petite qu'elle, on voit apparaître des granules d'iuw! autre nature que ceux qui forment la cieatricule ; ils se muUipUent, prennent du développement, et, par suite, refoulent vers la périphérie la granulalionti primitives, qui constituent alors la cieatricule. Ces glolmlft moléculaires, devenant bientôt fort nombreux, déterminent dans Tciiif un accroissement rapide; ils sont tous primitivement compactes el solides, et conserveiil pendant quelque temps une grande transparent qui explique pourquoi l'on ne voit pas paraître d'abord, dans le jaun Toiseau, la couleur qui le caractérise. Plus Uird, ils se convertissent en fésicules, au sein desquelles on découvre un premier noyau, puis deux, put^ un plus grand nombre (fig. 27, b) : cette transformation s'opère en eux, soit par une liquéfaction de la portion centrale, coiocidafll avec une persistance de solidité à la surface; soit par II forjnalion périphérique d*une mince membrane eDvelû|k panle, dont le reste du globule s'isole peu à peu» Les féi^ cules ainsi nouvellement formées prennent un accroissement raptdCj et en même temps leur contenu se modiBe: la génération de nojaux qui a commencé à se faire dam l'ifl, 27. — Éiiîraenis leur intérieur s'accomplit avec une intensité toujoiiPi d*ojseau! * " croissaule» et bientôt chacune de ces vésicules, atteignant dans l'œuf à maturité un volume de 1/10' de nailliioM (fig. 27, fl), se trouve remplie d'innombrables granules molécul solides, homogènes, dont la présence obscurcit sa cavité, et devient cause de la coïdeur jaune que prend alors le vitellus.
Mais i*e travail organisateur, qui préside k la génération degraoules léculaires dans la cavité des vésicules du jaune, ne se fait pas avec la activité dans tous les points de Tœuf : il marche avec beaucoup plus de promptitude à la périphérie qu'au centre ; de telle sorte que. dans ce der* nier point, reste toute une région (lig. 26, f), étendue d'un côté jusqu'à la
airi^H
(I) CûiTE, ifi$(oir€ générale et fmrttcnhère du cUveiopiieinent tks cvrf}- 1847, p. 91,
i/ryu
ÉTi:MENTS 1)K ÏA REPRODUCTION DANS LES DKUX SEXES.
(cicalrîcute, dans laquelle on ne trouve que des vésicules ;\ noyau »cVst-à-d ire les vésicules à la première période de leur développement (fig. 27, ù). Si Ton se rappelle, d'après ee que nous venons de dire» qric ces vésicules sont ti'aosparentes, on comprendra lacilement que, de leur présence au centre Bu jaune, résulte cette apparence de cavité (lalùbt-a) qui a causé tant d'embarras aux pîiysioiogistês, et donné [i ré I ex le à de si étranges hypothèses.
Parmi ces hypothèses, il en est une qui est devenue, pour ainsi dire, si Massique, que je ne puis passer outre sans la combattre : je veux parler du prétendu mouvement de la vésicule de Pnrkinje, dont le déplacement^ du centre vers la surface de l'œuf serait la cause de cette sorte de raréfaction ocale des globules du jaune. En effet, tamlis que Purkinje (1), dans son admirable travail sur rieufde Foiseau, avait comparé cette Uitebra^ pleine le lymphe spéciDquement plus pesante que la substance à demi-huileuse Su jaune, à un fil à plomb destiné a ramener toujours en haut la cicaricule, pendant rincubation; R. Wagner (2) la regarda (on ne saurait dire pourquoi) comme une véritable cavité produite par le mouvement ascenlionnel de la vésicule du gcrnie^ qu'il supposa placée primitivement au centre. Mais, outre qu'il n*existe pas de cavité du jaune, et que la cause de tette apparence nous est aujourdliui connue, on peut ailirmer encore que la vésicule germmative n*a jamais occupé le centre de rceut. Si, d'un côté, tl!e peut paraître centrale quand cet œuf est trés-pctit, il est certain, d*un ftutre côté, qu'elle n'abandonne jainais le point quelle occupe, à mesure gue Tœuf s'accroît, Purkinje avait trop bien étudié l'œuf ovarien, pour qu'un pareil déplacement dans la vésicule du germe lui fût jamais venu h 'esprit; aussi n'en parle-t-il en aucun endroit de son mémoire. Il est donc nutile de cherchera expliquer ce prétendu mouvement ascensionnel de la résicnle germinative, soit en atlribuantà cette dernière, comme Font fait riusieurs physiologistes^ un poids spécifique différent de celui des autres déments de l'œuf; soit en lui supposant» avec Duvernoy (3), un gn berna- ^lutn qui Tattirerait, de sa position primitive, dans une position exccnjique»
Il résulte de ce qui précède que l'atuf <îe l'oiseaLî renferme un élément ferminaftfou cicatriculc, dont la vésicule de l^urkinje occupe le centre, Bt un élément nutritif on jaune, dont la deuxième vésicule mentionnée [llus haut serait le centre de formation. Ce dernier élément, comme nous 'avons dit, consiste en globules à noyaux de diverses dimensions et j^e grandes vésicules granuleuses. Hormis ces deux ordres de vésicules, il ïi*y a ni liquide, ni granules libres dans le jaune de l'œuf. Or, si Ton se îKJUvicnt que ni Tun ni l'autre de ces deux éléments (vésicules à noyaux et grandes vésicules granuleuses), ne se trouve dans l'œuf des mammifères, on sentira qu'il n'est guère possible d'assimiler rigoureusement ce qu'on appelle le vitellus, dans ce dernier, à l'amas de vésicules granuleuses qui
(!) P0RIU1UE, Sijmhoitt ad ofi avium historiam unie incuhaiionem. Leipzig, 1S30, p, 8. (2) R* Wagner, Traité (k phj/siuhyie, Ifùtoire de Ut génération ci dn dth'ehitftemttit, trad. |ar Habets. Hruxcnes, 1841, p. ùl, 43.
(a) DuviBNoY, L/^rons d'tumiomie comparée de CuviCR. Paris^ 1845, 2* cdil,, U VIII, p. 45,
7&4 DE LA GÈMÊRATIOM.
coiiîîtitiie le véritable jaune dans l'œuf de l'oiseau. 11 u'y a ealf€ mi quoi qu'en dise Pouchcl(î), aucune analogie.
D'ailleurs, il n*y a, dans eeUe dissemblance, rien qui doive nous é(oi ncr : eu eil'et, cette sphèi'c voluuiineuse, qui forme h elle seule presqi [tout Fœuf de loiseau, est une provision do uournture desLioée à saltsfaîj [aux besoins de l'emtuyou futur; mais etie nesi pas le germe. Lr ^existe dans Vœnî des uKimmilères : ne porlaut pas avec lui sa m^n i
llritive, qu'il doit trouver dans Futérus^ cet œuf se réduit h une tessenliclle, rélément germinateur. Que si mainlenanl nous recherchoi [dans l'œuf de roiseau. la partie purement ^erminalive, la seule qui
iiparablc à Tœuf des mammifères pris en totalité, nous la rencon' TOUS dans cet amas de granulations qui tient embrassée la véMCttJc di ^ germe, et auquel on donne le nom de rimlrkitle. Cet amas ou cumul est en effet granuleux, comme le contenu de l'œuf humain; il foi presque à lui seul Ki totalité de Tieuf pris chez Toiseau au terme initial son développement, connue il forme ii lui seul tout Tœuf des mammifèr depuis une époque voisine de son origine jusqu'à sa complète maluri enfm la vésicule de Purkinje est logée dans son épaisseur, comme celle Costc dans le vilellus de IVeuf humain. Plus tard, nous invoquerons, l'appui de celte analogie^ de nouvelles considérations, d'une valeur su rieure peut-être à celle des raisons que nous venons d'énumérer; mais similitude nous parait déj;\ sullisanmient prouvée par la comparaison doi inous venons de raetlre les termes en regard, pour qu'on doive, dès à pi sent, Faccepter comme un fait acquis.
EnFm, le résultat que nous venons d'élablir, comme conséquence de h comparaison de Fœuf des oiseaux avec l'ovule des mammift>res, loin de bornera ces deux classes du régne animal, paraît s'aijpliquer aux œufs tous les animaux, et devenir ta source de distinctions radicales entre \ mis cl les autres,, — II existe, sous ce rapport i\%n\ catégories. La première' comprend les aniïuaux qui ont une cicatriculc distincte (oiseaux, reptil écailîeux, paissons cartilagineux, céphalopodes); leur jaune est com de vésicules remplies de malitîie nutritive, et la cicatricule, exclusîvem formée de granulations élémentaires, y représente seule le germe seconde renfernic les animaux chez qui, une cieatricule distincte ïi'\ tant pas, le vi tel lus tout entier a une constitution analogue à celle de la cieatricule, et, par conséquent, pris dans sa totalité, constitue le ger: (mammifères, batraciens, et la plupart des invertébrés à Fcxceplioa des phalopotics)* Dans les o^ufs de la première catégorie, il y a un élémt*nl foi damental, qui est la cieatricule, et uu élément accessoire, qui est le jaunej dans les œufs de la seconde, il n'y a plus que Félément fondaraentiil c'est-à-dire le germe ou IVinalogue de la cieatricule. Mais il est s«tn$dou aussi des interaiédiaires entre Fune et Fautre de ces catégories ; chex cei tains animaux, dont le jaune est très-albumineux, les granulations é germe restent uniformément dispersées dans toute Fétendue de la su
ptîlc^. iposfl
(1) POUCTET, OUV»\ Cit. l'nrii, \mi, p* 51.
ÉLÉMENTS DE IK !IE PRODUCTION DANS LES DEUX Si:XI-S.
face tle Tœur jusqu'au moment de lu ponte : elles émigrent *ouLcSj après la fécoodatioti^ vers un point déterminé, celui qu'occupait la vésicule germinative, et y constituent une véritable cicatricule, qui devient alors le siège de phénomènes analogues à ceux qui se prissent dans lacicatrieulede l'œuf de Foiseau : les poissons osseux sont, jusqu^à ce jour, les seuls animaux qui nous offrent lexemple de ce lypc transitoire» relativement à la constitution de l'œuf.
Après avoir fait connaître les éléments dont se compose rovulc humain, et fixé les idées sur la signification de chacun d*eux, par la comparaison que nous avons établie entre eux et les divers éléments de Tœuf des autres anin»aux, nous devons compléter celte notion du produit générateur femelle, en disant ce qu'on sait de son origine et du mécasnime de sa formation.
Origine et mét-miismê de Itt furmaliùn de tœuf huïnain. — Purkiuje(l) ayant observé que la vésicule germinalive existe dans les œufs d'oiseaux oii la substance vilclline est encore peu abondante, et qu'elle a môme atteint, dans les plus petits, un volume considérable, supposa que, de toutes tes parties de l'uni f, elle était la première créée, et devenait un centre de formation, autour duquel s'organisaient le vilellus et la meîuhranc vilelline. De lîaer (2) accepta bientôt celte hypothèse, et la soutint de snn autorité. Mais 11. Wagner (Z), ayant découvert la hiche genm native^ ne larda pas h admettre qu'elle apparaissait la première^ et que la vésicule du germe s'organisait autour erelle, de même que le viteltellus et sa membrane* se formaient postérieurement autour de cette dernière. Pbis tard, néanmoins, en étudiant avec pins de soin P^ivaire tnbuleux des iusectes, qui avait été le sujet de ses premières observations, il reconfint que la membrane vilclline enveloppe la vésicule genninative, dans les œufs les plus petits, et ébranla ainsi sa propre théorie et celle de ses prédécesseurs {li),
Schvvann (5), acceptant les premiers faits, pensa que IVeuf entier est une cellule primaire, et qu'iî se développe d*après le mode que nous décj'irfms en exposant la théorie celtutairerla tache yerminative apparaîtrait d'abord comme nucléole; puis la vésicule du germe comme noyau; autour de celui-ci s'organiserait la membrane viteîlinCj comme paroi de cellule, dans rintérieur de laquelle s'amasserait enfin le vitelîus comme contenu de ceb Iule. Mais sou opinion n'a pas été partagée par les physiologistes qui se sont le plus appliqués à la solution de ce problème* D'après les observalions de IJarry (6), Valcutin (7), Henle (8), Bischoff(9), Gourty (10), etc., les
(1) i*i;ttKlNJ£, St/mfjùltF ail ovi auitim hàùjt'iotn unie ineubaiionem. Leijiïig, 1830, p. 5*
(2) hL\\\^^^ Lettre sui* in /"o^-m/ï/ibn «//* /'obw/; trnd, franc, de Bf esche t. l»am, 1829, p. ^A,
(3) R* Wagxkr, Prodromus hittorirn generationi'i. Leipzig, 1836» p. 9.
(4) Id., Traité de phtfuohgie ; Histoire de la génération et du dévt'foppcmnUt Iruduil par (labets. UmxcUes, ÎUÏ, p. ÛG,
(5) ScuwAN», Mikrctikopische Vfitt*rsHchunt}en iîf/rr die Vef^ereinstimmuttg in de*' Structar** Mnd im Wnchslhum der Thiere xmd Pflimzoi.1&tr\\{\^ 1839, p. 49, 258,
(6) BvRRY, Phihmphkaf TrnnsavtumXy 1838, part. Il, p. 301 et suiv,
(7) MiLLERS Arrhiv^ 1840, p. 230,
(8) Henle, Aitatomie génèndc^ trad, par Jourdan. I*ariu, 18^3» t. U, \u 569.
(9) BLvaJûFF, Traité dit dthf*/(ipf**metii de rhmnme. fans, 18^1*. p. 366.
(10) CoiiHTV, (invr, rit. Mon l|i<? Hier, 1845, p. 45.
DE LK CiÉNÉRAÎlON.
portions ceiilrales de l'œuf (lâche cl vésicule gcrminatives) seraiciit loi», jours, il est vrai, les prciïiîèrcs (lévcloppoes; mais la membrane viteirmf > ne se fornieniit pas aolour de ces portions centrales, comme une cell autour d'uti noyau, pour être ensuite remplie peu h peu par le vilellus. contraire, de fines granulations commenceraient à envelopper la vé^ci du germe; puis un nombre de granules toujours croissant viendrait déposer successivement autour d'elle^ et cette masse de granules s'enl rcrait enijn d'une membrane simple et anhiste, c*est-à-dîre de la mei brane vilelUne,
Toutefois les derniers travaux de Cosle, sans nous ramener à la Ihéoric de Schwann, sont loin de justilicr cette dernière manière de voir; ils inlHK duisent même dans la science une opinion tout opposée à celle qu'on *'était faite jusqu'à ce jour de l'origine de Toeuf : en effet, les divers élément* de ce dernier, au lieu de se montrer du centre à la circonférence, *e développeraient de la circonférence au centre, — Voici quel paraît être, d'après Coste (1), le mécanisme de cette formation. Un globule moléctt^ laire se détache de l'ovaire et reste libre dans une des loges de cet o; Ce glolrule, d'abord plein, homogène, solide, se transforme en uoi li
transparente [la menjbrane vitelline). Dans la cavité naissante ûv se forme presque sirauUanémcnt un nouveau globule, qui se convertit Bon tour en vésicule germinative, au sein de laquelle peuvent naître ou plusieurs macules germinatives. La vésicule germinative remplit d'al presque toute la cavité de la membrane vitelline; mais peu à peu le vitellos [s'accumule entre ces deux vésicules emboîtées^ la membrane vitelline gran- Idit rapidement, et s'éloigne de la vésicule germinative qui finit par m [plus occuper, dans sa cavité distendue, qu'une place très-restreinte.
Quelle que soit l'opinion que Ton adopte sur Torigine de Tœuf, il certain que la vésicule germinative est un des premiers éléments qui s\ 1 ganisent en lui. Le volume considérable de cette vésicule^ ea égard to [reste de Tovule, dans les premières périodes du développement de ce dernier» nous indique que sa destination est de présider à la formation do I dépôt granuleux qui se formera bientôt autour d'elle. Cette masse granujleuse, qui est le germe, seule ou accompagnée de matières nutritives, d( 'vient alors la partie importante de Tœuf, et la vésicule germinative sei dès ce moment, avoir terminé son rôle.
Poursuivre tous ces degrés de révolution des œufs, il faut les étudié dans Tovaire d'une femme adulte, où il est facile d'en trouver h toutes l€ périodes de leur formation» Mais cela ne suftit pas, et si Ton veut remont à répoque où apparaissent, dans cet organe, les rudiments des premieii œufs, il faut soumettre à un examen plus attentif les ovaires de pelil< filles, et même de fœtus.
Il semble que la formation des oeufs devrait commencer seulement i approches de la puberté, et au moment où les femelles vont devenir ap
(1) Coste, Hùinire générale et partkuhère du développement des corpi organh/i*
mi, 1. 1, p. 155.
ÉLÉMENTS Dlî lA HEPKODUCTION HANS LES DEUX SEXES.
h reproduire leur espèce; mais rexpérienne a démontré que rorigine de ce phéûomène reraonle â des temps bien aiiléneurs, Carijs(l) ftimonça le premier^ il y a quelques années, qu'on rencontre des auifs, conlenus dans des vésicutesde de Graaf, ctiest des filles qui viennent de naître, et jusque dans les ovaires des fœtus femelles. Négrier (2), quoiqu'il n'ait pas reconnu Tieuf, a signalé plus kird Toxislence de vésicules de de Graaf dans les avaires de très-jennes enfants, et décrit le développement que leur împriimeot les progrès de l'âge. Enfin Bischo(f(3), Gourty(ii) et Cosle(5) ont étudié, plus récemment, le même sujet, et décrit l'état des ceufs pendant la période fuitale. Le premier de ces physiologistes a même vu, chez un petit nombre de filles nouvellement nées, des vésicules de de Graaf com-
Ktement formées. Il est facile de répéter ces observations, parliculièrentsur de Irés-jeuncs veaux. Dims ces circonstances, les ovules se présentent, ainsi que nous le disions tout à l'heure, avec une vésicule et une lâche germi native très-développées, mais jamais indépendantes; car il existe toujours autour d'elles, comme nous lavons dit aussi d'après les derniers travaux de Coste, une membrane vitelline parfaitement caractérisée. Quant aux granules vitellins, on en trouve plus ou moins, entre celte membrane vitelline et la vésicule du germe, suivant l'époque plus ou moiuiâ avancée des jeunes ovules qu'on soumet h robservation.
Les recherches d(* G. Valentin (6), et celles de Barry (7), sur la 7namprc dont les vésiûuiea de dfi Gnmf se forment, pendant le développement du tissu propre de Tovaire, sont loin de concorder, et ne nous ont appris rien de positif sur Thisloire de leur apparition première- On sait seulement que, chex la femme el chez les le nielle s des mammifères, chacun des innombrables ovules occupe primitivement une capsule particulière, en contacl immédiat avec eux, et les tenant, pour ainsi dire, étroitement embrassés.
Enfin le nombre des œufs qui naissent dans Tovaire, ou qui s*y développent complélement, est bien supérieur au nondïre de ceux qui devront concourir à reproduire 1 espèce, et même au nombre de ceux qui seront chassés naturellement hors de leurs follicules.
D'après Coste (8), l'ovaire de la femme, destiné à n'émettre qu'une petile quantité d*ovuies, n'est pourtant pas moins richement pourvu que celui des njammifèrcs les plus féconds* Depuis cet observateur, leur nombre a été évalué à plusieurs centaines de mille. Beaucoup de ces jeunes
(1) Mîjller'* Arçhh\ 1837j p. 422; et Annales françaises et étrangères (tanaiomk et de pfif/stoiogie^ L I, p. 41.
(2) NÉGEUEft, Recherches anatomiquei et physiotûgiques sur les ovaires dans tespèce humninûf mnsidèrés spécialement sous le rapport de leur influence dans la menstruation • Paris, 1840, p. 2.
(3) Biscnorr, ouvr, cil, Paris, 4843» p. 367. (4] CucRTY, ouvr, cit. Montpellier, 1845, p. 44,
(5) Coste ^ Histoire générale et particulière du développement des corps ù»*ganiséSt PArti, 1847, t 1, p. 148.
(0) 0. ValektWj Hundbuch der Bntwickelmt^sgeichichte des Mensehen, elc, Bertin, 1835, p. 389.— Et Ml'LLER*s Arvhiv, 1838» p. 529.
(7) Barrï, Phdosophkai Tramnctiofis^ 1838, part, II, p. 301 et suiv. I (8) CasTB, OMIT. Cl/. PariSj 1847, t l, p* 101-
r>E LA RÊNÊftÂtION»
ovuler sont évitlemrin?iil destinés à avmier de lr('s-bonne heure, cl h r^^'sorbés. Q\i:}ni aux autres, ils tlfiiveut iiarcourir toutes les phases de lea évokilioni et Être eullti expulsés de rovaire, en rompnnt les membrane? < la vésicule de de Graaf et le leuillel pérîtoueat qui la recouvre. Mais le volume étant microscopique, à l'époque mtVnic de leur maliirîlé. Us seraieo tout h fait dans rimiiuissancc deflec tuer cette rupture et de quitter roVctiré/| si Taccuniulalion d'un liquide dans [a cavité de la vésicule ovarique, i distension de ses parois, et Ta^îcomplissement d*un Ipavaîl physiologie] particulier, ne leur venaient en aide et n'ouvraient le chemin qu'ils ontf parcourir.
II nous faut décrire ici cet acte physiologique, examiner succes$iv8 ment le mécanisme, tes causes de la chute de l^euf, les époques où < s'accomplit, et les i*hénomènes qui raccompagnent où se manifesleuli
son occasion.
Chute de Tccur. — Men$lruaLîoii«
Mémrmmefk la chute de Pœitf, — La chute de Treuf ne se produit pas ] le même mécanisme chez tous les animaux : sous ce rapport, l'espèce bu mainc et les mauimtltîres se distin,!jjucnl des autres espèces animales. ayant égard aux diiïérenccs que présente ce phénomène, Cosle (I) ad» deux divisions : dans la première, qui comprend les oiseaux, les replite les poissons et les invertébrés en général, l'œuf, remplissant toute cavité de la loge que lui fournit l'ovaire, opère lui-même sa délivrance, ^ n'a besoin d'aucun secours étrauji^er pour la préparer ni pour raeeoroplilp dans le seconde, qui embrasse seulement respéce humaine et les mamo fères, Texpulsion de rœufcst, au contraire, toujours confiée;^ ractifl exclusive d'un liquide particulier, sans l'interverdion duquel le produ femelle de la génération ne pourrait jamais, ii cause de sa petitesse, dé rer les parois de la vésicule qui le renferme*
Le premier mode de déhisceuce de Ta-uf est bien facile à constater ch
les oiseaux. Si l'on étudie l*ovaire it'uue poule, on reconnaît, dans TespèC
de grappe qu'il représente, que tous les œufs, depuis les plus jeunes ju
qu'aux plus mûrs, sont étroitement embrassés par les capsules que lea
fournit cet organe» En effet, chaque ovule, après s'C^trc fat^^onné une k
, {ihirn) dans le tissu de Torgane où il prend naissance, dilate peu h (»«
' eette lo^i\ sans cesser de la renqdir entièrement. Kn continuant à graudirJ
il la soulève et la repousse peu à peu, de telle sorte que bientôt elle
lient plus à IVjvaire que par un pédicule grêle, destiné h soutenir les tr
des divisions vasculaires disséminées à sa surface. Dans rbémisphenc
[posé a celui où adhère le pédicule, une bande hlandiûtre, comptétemr
dépourvue de vaisseaux, et mesurant tes deux tiers au moins de la cireoil
(I) COSTE, ouvr. dt, Raris, lHà7, l. l, \k 137.
ÉLÉMENTS DK là RUPRODUCTION DANS LliS DEUX SEXES. 7/j9
fércnce de la capsule, indique travance le lieu où se fera la iléchinirc par laquelle &*échappcra le produit. Enfin, lorsque l'œuf arrive à malaritc, les parois de celle luge i>u capsule, qui porte aussi le nom de calice, soumises i une dilatation continue et (oujours croissante, s'amincissent peu à peu; Tabord du saog devenant difficile dans les vaisseaux, par l'cflel de la com- |mssion, bientôt la circulation s'y Irouve interrompue; alors le lissu de la Essuie cède, il s'entrouvre dans toute retendue de la zone blanchâtre, et J'œuf, autant par son propre poids que par la retractilité des parois du calice, tombe dans le pavillon appliqué autour de lui sur Tovaire, et tout prêt à le recevoir (*J.
Chez la femme, il ne peut pas en f'tre ainsi; car, chez elle, la vésicule de de Graaf n'embrasse pas l'œufétroituinent, comme elle le fait chez foiseau. Mais ce n'est pas h dire, pour cela, que Tovule soit libre et flottant dans rintérieur de cette vésicule; au contraire^ et c'est ih une circtmstancc sur laquelle on tloit insister, il y est retenu, k toutes les époques de son exis- Icncc, dans une position fixe et prescpje invariable. Cette fixité est duc h la couche celluleuse (fig. 25) dans laquelle nous ravons vu logée, dès la première période du développement du follicule ovarique. Tout le travail ultérieïrr dont celui-ci sera te siège n'aura d'autre résultat que d'en distendre la paroi, de la faire proéminerj sans changer la position de l'œuf, et enfin de la déchirer, pour en chasser ce dernier.
Rappelons d'abord la vraie position de Tœuf : depuis de Baer{l), tous les observateurs ont fîguré Tovule, comme nous Pavons déjà décrit, toujours ou presque toujours situé an sommet de la vésicule de de Graaf, dans [tio point opposé i\ celui par lequel pénètrent les troncs vasculaîrcs qui iriennenL sirradicrsur cette vésicule. Biscbolï(2),Coste(3) dans ses derniers travaux aussi bien que dans les premiers, Courty ('i), lui assignent cette position. C'est en effet la seule daris ïaquclle nous l'ayons nous- même obêervé. L'œnl' se trouve ainsi vers le c6lé libre et le point le plus supcrficici de la vésicule : à mesure que celle-ci, par l'effet de son développement, se llégage du parenchyme ovarique, il est dans la position évidemment la plus favorable pour être expulsé, quand le moment de sa maturité sera venu. Poucbet (5) admet, au contraire, que l'œuf est placé primitivement Ihais l'endroit le plus profond du follicule ovariqtje. Il dit Tavoir conslaté chez la truie^ et, d'après ce fait, il éditie toute une théorie sur le njode d'expulsion de l'ovule : un épanchcment sanguin^ sous-jacent à la couche celluleuse, soulèverait l'ovule avec cette dernière, tandis que le liquide
(*) R. Wagner, fconei phijgiologicaf. Leîrstîg, 1839, l. Il, %. 1, 2.
(î) De Baer, Kpùh/n de ovi mnmmalium el fiomînif genesi, Paris, 1829, Iraduct. franc, par Bf esche t.
{'2\ DiscuotK, Ttfiité dti développement de rhommt* et des mummifcre». Pariî, 1843, p. 8.
(3) Co&Ti:, Etnhnjwjetiie comparée, l^aris, 1837, — llàtoirc Qénûrnte et paiikidiéte du dévefopitement des corps nnjnmsés, Paris, 1847» p. iG5.
(â) CûunTY, De fmif et de son dévehppemtrnt dons t espèce kutnaine* Montpellier, 1845, |i. 39, 49.
(5) PoucuKT, Théorie pQiitivc de tovudalion spontanée et de la fécond'XtîQn. Paris, t847^ p. 48.
DE LA GfNÉRATlON.
séro-aibumineux qui reaiplissait d'abonl la vésicule serait concurremme résorbé; de telle sorte que le caillot résultaiU de rctlc hémorrhagie, aog* mentant peu h peu de volume, finirait par pousser Ttruf, comme une pèce de visa tergo, jusqu'au poiût mC'aie de h\ vt^sicule qui serait prùsi se rompre (i). Mais ee physiologiste est seul de son avis, et nos proprcj recherches ne nous pcrmeLlenl pas de partager son opinion, Cosle(2), d'avoir po en vérifier l'exactitude, a trouvé que, sous le rapport de la | sitioii intra-vésiculaire de l'œuf, la truie ne diffère pas de la femme, dc| Lrebis, de la vache, de la chienne, de la lapine, etc.
Ainsi, l'ovule est placé au point !e plus superficiel île la véMCule dc( Graaf, et conserve invariablement la in^me position, tant qu'il y est tenu. Heste à exposer le véritable mode de son expulsion.
On sait que les vésicules de de Graaf sont d'abord très-petites et < lies dans le tissu même de Fovaire* Diaprés Négrier (3), elles s'a? quelque temps à ce premier degré de développement, pendant qu'il $'| forme de nouvelles; puis elles pagnent le bord libre de cet orgaue, af raissent h sa surJiU^e, mais ne s^isoîent et ne se pédiculisenl jamais, coioii chez roiseau. Dans toute la portion qui s'élève au-dessus de Tovaire. deviennent oiinces et transparentes; tandis que leurs vaisseaux, comf par l'effet de la dilatation, s'atrophient, s'oblitèrent même, dans le le plus saillant* Parvenues ainsi au terme de leur <iccroissement, ce^fé cules semblent être stationnaires jusqu'au moment où une sni« provoquée, soit par la maturité de Ireur, soit par le rapproche, sexes, vient en déterminer la rupture* Sous rinfluencc de cette nouveltc stimulation, le liquide qui les rcmfilit est sécrété encore plus abondaa ment surtout chez la femme, et allluc dans leur cavité déji distendue outi mesure : aussi leurs parois amincies, et arrivées, pour ainsi dire, aalcr de leur résistcUice, ne tardent pas k céder; elles se déchirent dans le point culminant, et, en se rétractant, expriment sans violence le ilqun qu'elles contiennent. Blumenbach(û) comparait cette rupture à celle d*(j abcès qui s'ouvre spontanément, par le double effet de la pri liquide cl de la résorption des parois. Le fluide, exprimé par k : uj
follicule, rencontrant sur son passage le disque proligére et rœutquijest renfermé» détache et entraîne celui-ci, pendant que de son côté h- )' vill<m vient le saisir et le diriger vers la trompe. La rupture de ta vcde de Graaf se fait d'ailleurs d'une manière lente et progressive : ac? membranes propres se déchirent les premières, et il en résulte toojoiit^ une petite extravasation sanguine qui se manircste h leur sommet; le péritoine ne cède qu'en second lieu. Négrier (5) attribue la congestion générale
(f] roDCEET, ouvf'é ci7*, p. 130, 137, et allas, pb 8.
(2) CosTE, Qiwr^ ctt,, t. y, p. 165.
(3j ISinBrElVt f^^chftrhes atuifomùjtttjs et phyrtoioffit^ucs sur lex ovnifes àunâ ttip^ kê» mfttfie^ notistdetrs spt^cmkment town le rapport de kuv influence dans (a mettsttuntton* IB^U, p. 63.
(à) Blumekbjicq, Kkine Schriftcn, p. iX
(5) Négrier, [Recherches anniomiques ci phf/niuhijiques sur les offifr*^. ^«rl«, ISâO, |i«#9.
des organes de la géiiéraliou à h distension violente et souvent doulou- ^•eusc dont les membranes et le parenchyme de Tovaire sont le siège dans ces cireonslances; mais évidemment cette opinion est an moins exagérée. Chez les mammifères qui pondent plusieurs œufs, Barry (1) et Bisehoiï(2) pensent que la ponte de tous les ovules a lieu simultanément, pour une mémo portée. Mais, d'après Pouchet (3) et Coste (/ij, la chute des œufs p'est jamais simultanée. Une remarque tendrait à prouver qu'elle s'accomçlit d*une manière successive : en effet, on peut trouver à la fois des œufs dans la trompe à diverses hauteurs, d autres retenus sur les bords de» vésicules de de Graaf, et d'autres contenus encore dans leurs cavités ^closes.
Après que Tovule a abandonné l'ovaire, qu*îl en a été, pour ainsi dire, exprimé, pour entrer dans la voie où doivent s'accomplir les premiers phénomènes de son développement^ il laisse sur cet organe une déchirure cl des lambeaux dont la cicatrisation va donner naissance à un travail ana* loguc à celui qui ftivorise la guérison d'une plaie quelconque, Cet acte physiologique est le dernier que nous ayons à étudier, pour compléter la série de ceux qu'on observe dans les vésicules de de Graaf : c*est lui qui a pour effet la formation de ces cicatrices ovariques, connues depuis longtemps sous le nom de corps jamtes.
Vers le milieu duxvr siècle, Fallope (5), en décrivant les vésicules ovariques de la femme, avait observé que, tandis que les unes renferment un Jiquide transparent, les antres conliennent une humeur jaune* Après lui, Wolclicr Coiler (6) avait signalé de nouveau l'existence de vésicules jaunes che^ la vache. Peu de temps après, Stenon (7), et surtout Régnier de Graaf (8)» en donnèrent les premières descriptions, Celle de ce dernier anatomiste mérite dVUre rappelée, n II se trouve, dit-il, seulement quel- .quefois, dans les ttsiivuks des femelles, certains petits globes composés, comme les glandes conglomérées, de plusieurs particules qui vont du centre à la circonférence presque en ligne droite* Ils ne s'y rencontrent qu'après le coït, un ou plusieurs en nombre, suivant que la femelle doit faire un ou plusieurs petits* lis sont jaunes dans les vaches, rouges dans les brebis, et cendrés dans les antres animaux; qnehjues jours après le coït, ils sont formés d'ime substance très-mince, et ont, dans leur milieu, une liquenr fort claire renfermée dans une membrane; celle-ci^ sortant avec sa liqueur, laisse une cavité qui s'abolit insensiblement, de sorte
' (i) Baret, Phths\ Transact., 1838, part. U, p. ZVA,
' (2) BiscHOFF^ Traité du déoehfqmnent de f homme et drs mammifèrifs. Paria, 1843, p* 34. (3) PoucB£T| Théorie positive de tovuiation spontanée et de la fécondation. Paris, 1847, p, 130.
(4^ CosTK, Hidoire (fènèmte et particulière du développement des corps organisés* Pari*,
1847, i, i,p. ntz.
(5) FALtoPE, (tùservationex anatomicn^y dans Opéra mnma. Francfort, IGOO. p* 421. (<i) WoLCBEu CoiTEB^ Tatulir et ofàservuttotifs futtitumii^ti'. î^urt'inbtîrg, 1572, |». 11^.
(7) Stewo.h, Ohservatioties de ovis viviparium animalmm {UifAtothefine anaiomique de Manget.U \, p^ 637).
(8) RÉCKiEU m: i*MKKV, Histoire antttomiquc des parties fjênitalea de ( Iwmme et de la femme, tiàle, 167i>j trati. frajn;.^ p, 101, 130.
Ût LA GÊ£i(ÊRATfON.
qu'aux derniers mois de la grossesse, ces globes sont solides, cl| après reotantement, dispnraisseiil peu h peu.»
R('?^'uior de Graaf avait encore vu que les corps jaunes sonl îe résultai < la cjeatrisation des vésicules rompues : îl exprime son opinion î^ur ce poia quoique d'une manièi'C un peu vague, dans plusieurs autres endroits ison ouvrage.
Parmi les anciens, Malpighi (1) est Tanatomiste qui a le mieux connu '
leorps jaune; c'est lui aussi qui^ le premier, lui a donné le nom de afffm
Ituimm, sous lequel on le désigne aujourd'hui. Quant à la nature cl aux
usages de ce corps, Malpighi émit une opinion complètement diirérenle ûe
relie de de Graaf, et qui lui est pour ainsi dire opposée : il supposa que
le corpti'i Inieitm, fonctionnant presque à la manière d'une glande, sécrète
lies matériaux du germe, qu'il a pour dcstinalion de conserver lovu
[le proléger, et de présider enfin à son expulsion hors de Tovaire,
Ainsi, d'n[U'és de Graaf, le corps jaune ne se manifeste jamais qui [suite d'un coït fécondant; d'après Malpighi, il précède l'accouplemenl ^ [existe mûmc chez le fœtus. La plupart des physiologistes qui ont ces eux, sur le même sujet, se sont rangés à l'une ou à Tautre de< ax opinions. G. Barlholin (2)^ G* Peyer (3), Verheyen(4)» Kiihlcmann (3 [Hallcr {5),Haighton(7),Cruikshank(8)[prévost et Dumas (9), E. deBaer(ll 'Ilivclli (11), partagèrcnl les idées de Régnier de Graaf; tandis • " îf I toni (12), ïSantorioi (13), Vallisnieri (14), Morgagni (15), Berlr^ I Buffon (17), Orugnone (18), Uumc (19), soutinrent îliypothèsc de Malpigh [Aujourd'hui, des expériences nombreuses et décisives ne laissent plusl moindre t!outc sur l'origine des corps jaunes* Les corps jaunes ne pas le résuUat de la conception; ils se forment chaque fois que des œu
(1} Maj;|'îCIII, Epjstùfa nJ Jkc, Si'ON tfe nkrontm forma {Opcra omnin^ fit/iiris \ $tmi% m tt",' ûtcisù lilnslratu, Unidres^ l(i8G, L I, append., p. 30}.
(2) G. llAiiTHoujr, Oc ovitfw muiientrn et genrfadQnit hùturUx epis(ola anafrjmicuA 1(J77, p> 47.
(3) C, l*£TfBB, Merycohgîft^ Basile^^ 1685, lib. 1^ caji, v.
(h) Vebhfaen, Cor/jori'ç humant ntmtowvr libri duo. Leipzig, 1731, t U« p. 583. (5) KunLEMANN, iff}<rrvntiones qwfftnm ctrcn negotitim tjttm'atiomf in oviôuM faci^r*
iîg, Î75^, p* 41*
(0) H ALLER, K/emenfa phynologm coi'ponft hitmani.h^ik^iknnet 1766, L Vni, p, 32,
(7) IUi<.iiT<i«, Ueltcr tfie Befruchttmfj drr T/ikre (Art hic de Ueil, t. Ul, p« UG),
(8) CBHiKsttAWK, Phihw Ttùnmct,^ 1797» part I, p. 197.
(9) pHtVftsT cl DtJM\s» Aniu dc^i sciences tiai,^ V^ »érie, 182^, l, Ul, p» 114*
(10) E. ùK BAEfl^ De ovt mammalimn et hmnùm gencsi cf,ùtuh* l^eipiti^, 1827, p. !•• j (H) II] VELU) Ofservazioni soprft nl^f^ tiofifimentù ih corpi orfjnnici te qtmii tppogy
direitaniente In thttrmu palingenicu. F;ino, 1839»
(12) Faktoki, Dîssertalione^ ttnatomicff. Turin, 17 OR, p. 195*
(13) SAWTOîirîn, OL'^^ervttiwnes anaiomicfp, Venise, 1724^ p. 223, (!4) VALLT5MER1, Istoria délia ffenef*aziùn€ delf uomo e degii ammali.Ytnhéj 1721. Ut
cK, lU, X.
(15) MoHGAcm, Adver.iarifî nnatomka omnin. Lcydc, 1741, p. 53.
(16) Bertrahdi, De fjlanduhso ovnriicorpùte, de tdcro yravido et piacentu oiaervutù {MisctifL Taunnetm^ Sor,, 1759, t. l,p. 104).
(17) BiiFFoif, Hvitoîre Hfdurelhi^ fjénérate et partimlière^ Paris, 1749, L 11, p. ÎO^et si
(18) BRrr.îîOME, De ovaiiis eorumque torpore luteo ottsetvaiîones anatomicœ {Mrm, fAcaiL t'otj. </cA 5Cie«ce.* de Tut in ^ 17ÎJ0, p. 3D3).
(19) Home, On CorparatiUca(Phi(ù:i, Transacl,, 1819)*
arrivés à maturité, sont expulsés de Tovaire : ce qui a lieu, comme nous le dirons bientôt, à des époques déterminées, sous l'influence de causes spéciales, et le plus souvent indépendamment du sperme et de la conception.
Mais voyons d*abord quels éléments entrent dans leur composition, et de quelle manière ces cicatrices volumineuses s'organisent sur les ovaires.
Ch. E. de Baer (1), reproduisant avec plus de précision Topinion déjà émise par R. de Graaf (2), considéra le corps jaune comme un simple développement de la couche interne de la vésicule ovarique. Depuis lors^ on a poussé plus loin la détermination des éléments anatomiques qui contribuent à sa formation. Pour comprendre les divergences des auteurs sur ce sujet, pour saisir le véritable mode du développement des corps jaunes, il faut se rappeler que la vésicule de de Graaf est formée de deux feuillets, l'un interne, l'autre externe, et d'une membrane celluleuse tapissant le feuillet interne dans toute son étendue.
Or, Négrier (3), W. Jones (ft), Montgomery (5), Paterson (6), Robert Lee (7) et Barry (8), admettent qu'une matière jaune se dépose entre ces deux feuillets; plusieurs d'entre eux pensent que ce dépôt s'opère avant même que la vésicule se déchire. D'après Montgomery, celui-ci contribuerait à la rupture de la vésicule de de Graaf, en même temps qu'il servirait à refouler l'ovule et à faciliter son expulsion. Plus récemment, Pouchet (9) a émis une opinion analogue : dans cet acte physiologique, il fait jouer le rôle principal au caillot volumineux qui détermine, d'après sa théorie, l'expulsion de l'ovule; seulement, pour lui^le caillot est tout à fait interne^ au lieu d'être intermédiaire aux deux membranes de la vésicule, et la cavité de cette dernière n'est comblée^ par les plis de sa membrane propre, que d'une manière secondaire.
Au contraire, d'après R. Wagner (10), Bischoflf (11) etCoste (12), la formation du corps jaune est due, en majeure partie, à un accroissement et à un épaississemcnt du feuillet interne de la vésicule de de Graaf^ comme Haller l'avait entrevu(13). Voici comment la nature procède à cette organisation :
Quand Tovule s'est échappé, entraînant avec lui la portion de la couche
(1) Ch. E. de Baer, ouvr. cit., p. 20.
(2) R. DE GraaF; ouvr, cit., p. 139.
(3) NÉGRIER, Recherches anatomiqties et physiologiques sur les ovaires dans r espèce hu» Maine. Paris, 1840, p. 81.
(4) W. Jones, Practical Observations on Diseases of Women. Londres, 1839, p. 226. (5> Montgomery, Expoaition ofthe Signs and Symptoms ofPregnancy, etc. Londres, 1837,
(6) Paterson, Edinburgh Medic. and Surg. Journal, 1840, p. 390.
(7) Robert Lee, lA)ndon Med.-Chirurg. Transact., 1839, t. XXII, p. 329.
(8) Barry, P/ij7o5. Transact., 1838, part. II, p. 317.
(9) POUCBET, ouvr. cit,
(le) R Wagner, Traité de physiologie : Histoire de la génération et du développement, Bruxelles, 1841, p. 128, traduit pir Habets.
(41) BiscBOFF, Traité du développement de l'homme et des mammifères. Paris, 1843, p. 37.
(12) Coste, Histoire générale et particulière du développement des corps organisés, Paris, 1847,1. 1, p. 248.
'13) Hallek, Elcmenta physiologiœ. Berne, 176G, t, VUI, p. 33.