‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 67 sur 92 · LONGET. — PHYSIOL. III · texte numérisé non relu

LONGET. — PHYSIOL. III

f su ill^ l^ GÉNÉRATION,

celluleusq danb laquelle il est logé, le feuilkt inlenie de U vMeabdtdi Graaf> muqueax, ép^ilâ^ non rétractile, en oooUct avec U portion rctUoti de cette couche celluleuso, devient le siège d'une modification profcmdt, laquelle se traduit par une sorte d 'hypertrophie ou de tuméfiictioû, et par la dilatation des vaisseaux qui se distrihuent dfinsson épaisseur. Le feuillfl externe, au contraire , fibreux, élastique, en rapport avec le -' V

l'ovaire, ne partie ipe pas à cette modiOcalion, mais il se réln*^ traction coïncidant avec la tuméfaction du premier, qui est lié avec lui* dans certains points^ par des brides fibreuses, déterniine dans le feuillet interne la formation de plia qui, croissant de plus en plus, arrivent bieotèt au contact, et donnent à rîntérieur de la vésicule ovarique raspeci d# circonvolutions cérébrales (*). Cet aspect est d'autant plus prononoé, qoe le feuillet interne est boursoullé davantage, et que le feuillet externe H rétracte plus fortement. Or, le corps jaune résulte précisément de < hyperlrùphie iîu feuillet interne et de la rétraction du feuillet exi îiaeiborski (1) se trompe lorsqu'il attrilme sa formation, d'une exclusive, au simple retrait des tuniques du follicule.

Lorsqu'on cherche quelle peut èlre la cause de l'épaississemcnt fi | Boncé de la couche interne de la capsule ovarienne, on trouve» co soumettant à l'examen microscopique des fragments de corps jaunes a diven ûgeSf qu'elle est simplement due à un développement des cclhi1e& do&l son tissu se compose. £lki^ grandissent en effet peu h peu, et fluifiieat par prendre un diamètre six et huit fois plus grand que celui qu'dli avaient avant la déhiscence : les granules moléculaires qu'elles renferme se mulliplienl et se convertissent de leur côté en globules assez volu ueux. Cet accroissement individuel des cellules produit nécessairemeQt celui de la membrane qu'elles constituent.

Le travail d'hypertrophie dont il est question commence à se manife dans les vésicules de de Graaf, un peu avant leur rupture, mais il n'< bien appréciable qu^après la sortie de l'œuf, lî devient Irès-intense, surtOQl chei la femme; et, dans les cas où l'expulsion de Tœuf est suivie de gro^ sessC) il détermine sur fovaire la formation d'une tumeur considéra dont la durée est de plusieurs mois» Ainsi, au dixième jour de la fé dation, le corps jaune occupe, comme le dit Haller (2), une grande par de l'ovaire, îa moitié, et m<ïme au delà. La figure 38, devinée d'apr nature* représente un ovaire de femme portant un corps jaune volim dans cette première période de la grossesse» c>at-à*dire k peu pr poque où lœuf arrive dans l'utérus. Nous avons môme vu quelques ce jaunes si développés, que la portion restante de Tovaire n'égalait pa» : sixième de leur volume.

La couche de cellules qui tapisse le feuillet interne est soulevée parlai' circonvolutions de ce dernier (**); mais elle a un rùle passif et oc pa^

0 Voyes planche U, figure I, /(,

(i) RAClBûRStl, De ht putferté et de Cdge trUique chez la femme. VëTi\, 18^4^ p. ISl* l2) Haller, Klemenfa physio/offitt corporis humam, Berne, 1768, l. VUl^ p, 3f, {*) Yoyes planche H, figure i^ y«

Su. — y m vmUmmii du cm\^ jaiatio olitx la rotiiinc.

ÉLÉU£NTb l>K LA IlEPHODUCTtOIN DANS LES rnuX SEXES. 755

ticipe point à son hypertrophie. D'ailJeyrs, la luméfyction de ce feuillet

augmente jusqu'à ce que la vésicule de de Oraaf soit obstruée; les circon-

volulions se touchent d'abord entre elles, sans contracler d'adhérence les

unes avec les autres, de sorte qu'eu coupant

le corps jaune on peut les déplisser. Nou-

sculement elles remplÎNî^ent la cavité du

follicule, mais elles continuent souvent h

se développer au point de se projeter par

la déchirure qui a précédemment donné

passage à Povule, et d*y former une sorte

de hernie ou de mamelon rouge, inégal,

ressemblant h une production luxuriante

de bourgeons charnus.

Lorsqu'elles ont atteint tout leur ac-

cpoissement, ce qui, pour l'espace humaine,

arrive du trentième au quarantième jour {ic

la grossesse, les circonvoiulious du feuillel

interoe contractent entre elles d'étroites

adhérences qui en eilacerit les contours, • Le corps jaune se présente alors sous forme

de masse compacte, réniteuie» que des cloisons libreuses s'irradiaot du centre h la circonférence serableul diviser. iMais bientôt à la période de développement succède la période de déclin, et la tumeur, qui avait suivi une progression ascendante, ^ubit une modification en sens inverse. Les vaisseaux qui s'engageaient dan^ les circonvolutions disparaissent; les cellules dont l'hypertrophie a amené l'oblitéralion de la capsule ovarienne s*évanouissent; leur contenu granuleux est résorbe, el cette résorption entraîne la décadence de la masse totale, qui rentre peu à peu dans le tissu de l'ovaire> et se trouve réduite, vers le terme de la grossesse, tantôt à un petit tubercule jaunâtre, lardacé, tantôt k un sînq>lc noyau fibreux, incolore, sendjlable à une ancienne cicatrice. Alors l'ouverture du corps jaune s^esl complètement tennée; la surface de l'ovaire, à Fendroit o{i était située la déchirure^ devient de plus en plus lisse; le corps jaune lui-même rentre peu à peu dans le stroma, durcit, et euûn disparaît presque entièrement-

Ot^oique la dénomination de corps jaune, corpus luteurn^ donnée par l||alpighi{1)aux tumeur» formée» dans l'ovaire de la femme après la chute de l'œuf, soit employée comme terme générique, il s'en faut néannioiuî? que ces tumeurs aient, chez tous les animaux, une coloration en rapport avec le nom quelles portent. Si elles sont d*un jaune-citron dans respècc humaine, d'un jaune-orange chez la vache, elles prennent, chez le lapin, une nuance gris jaunâtre j et rose ou d'un rouge gris chez la brebis. La plupart des auteurs, Pouchet (2)» Eacîborski (3)» entre autres, ont altribuc

(1) Hâlpiguu U^m omnia : Epùt. ad Jàc* SvùH, de utero, Londr^, 1680, i. 1« r- 30.

(2) PoccBET, Tfiéorif positive fie tovuMion sponfnnéc^ fitc» Paris, 1847, |i. 146.

(3) iiAClBôa&Jaj De la pubcrta et (k tdffQ triitquc chez lu ff^nmc, Tarit, 1844, j». 437.

(2) POCCBET ^ (3) liAClBÔR!

m: LA GKNÉHATION.

la coloration du corps jaune aune extravaî$atiou ou à une imbibiiioiil blable à celle qui se miiuifeste dans les ecchyraoses, et ont admis qu'aia (l*arriver au Jaune jïIus ou moins marqué, elle passait snccessivemenl rou|4e vif, au rou^e sombre et au gris. Mais il suffit d'assister iiu dévelopi ment ries corps qui nous occupeiil, pour se convaincre qu'ils preoneot, < les premiers jours de leur apparition et à de tjés-îégères différences pr la couleur qu'ils auroul aux périodes d'activité et de déclin, et que et couleur, comme Ta démontré Coste (t), a pour cause la teinte même dft granules contenus dans îes t-ellules en voie d'bypertrophie. Il se ici un phénomène analogue à celui qui a lieu dans le jaune de l'œuf oiseaux, àniesurc que les vésicules nutritives arrivent à maturité, Lesgri* nul es, d'abord très-fins et légèreraeirt nuancés de jaunâtre chez les maux dont les tumeurs ovariennes sont jaunes, et de rougeAtre chez ce où elles sont rouges, se multiplient, grandissent, se colorent plus viveme et donnent à la masse dont ils l'ont partie constituante la coloration quil caractérise*

La tuméfaction et le plissement du feuillet interne delà vésicule de Graaf sont, sans contredit, les deux principaux éléments de la formai du corps jaune. Mais à ces éléments peuvent s*en ajouter d'autres : il quelquefois, chez la femme, épaochemerît, dans la cavité du fatlicuie voie de cicatrisation, d'un liquide îzélatino-albumineux qui s'organise, ^ donne naissance, en se solidifiant, à des circonvolutions qui sont I dans les anfractnosités laissées entre les plis du feuillet inteme-

Biscboff (2) dit que la membrane celluleuse participe ik ce travail sateur^que ses cellules s allongent, s'agrandissent, se multiplient- Le observateur (3) avance que la formation du corps jaune, du moins chei f'hienne, commence dans la vésicule de de Graaf, sous forme d'exa sauces analogues aux granules qui L-ipissent Tinlérieur de cette vésicui [ avant qu'elle s'ouvre pour laisser échapper Toeuf; en sorte» ajoute*t-il, qu*< peut envisager la formation comment^^ante du corps jaune comme un nier sigoe de la parfaite maturité deTtruf,

Pouchet (6) nie cette modification de la couche celluleuse : il attribue développement du corps jaune à une augmentation de volume des celli du feuillet interne, et à la formation de nouvelles cellules dans Tépaisseiff même de ce feuillet.

Un autre élément que Ton trouve dans le corps jaune, sans toutefois qu' ait participée sa formation, est le sangextravasé pendant la rupture de vésicule. Nous avons vu Pouchet faire jouer un grand rôle à cette h( rhagie, et supposer rexistence d*im caillot qui, ayant chassé l'ovule, pïirait ensuite nécessairement le follicule de deGraaf. Ceci n'arrive j. seulement Textravasation sanguine réelle est plus ou moins considérabJ

(1) C^sTK, fftjffoirc générale et itarticulière du démloppçment det corps Qrgaaiiii* ^tfi». i8i7, L l, p. 252,

(2) Biscflorr, onv/^cit. Pari»^ iSâS, p. 38.

(3) Biscaorr, Amu des sciences »a/.\ 3* série, 1844, l, l, p. i<>t* (i) l'CiLCHET, ouvt\ aLy p. iàH.

der-

ÉLÉMENTS m: LA REPRODUCTION- DANS LES DEUX SEXES.

Lliémorrhagie résultant fie la décliiniro dos lïK^nihranes de !a vésicule et de relie du péritoine ne peut, dans aucun cas, ^tre grave. Mais il n'en «st pas ainsi de la déchirure elle-môme : quoique, dans la plupart des cas, Vinflammalion qui racrompajîne se bnrne, il est vrai, an lieu même delà rupture, on runçoil néanmoins qu'elle puisse se propager aux environs, et tnôme, dans des circonstances défavorables, causer une véritable péritonite.

Il n'y a plus lieu de maintenir aujourd'hui la distinction des corps jaunes

CQ vrais et en faux. Huschke (1), qui conserve ces dénominations, appelle

\ vrais les corps jaunes qui succèdent à une fécondation, et fana: ceux qui,

jne se liant pas à cet acte, dépendent du rut ou de la menstruation, ou bien,

ajûute-t'il, de l'excitation de Tappétit vénérien. Nous avons déjà dit, et

'fions redirons bientôt, que tous les corps jaunes dépendent d'une seule et

m^me cause : la maturation des vésicules, qui ordinairement s'accompagne

de leur rupture, (]elle rupture peut d'ailleurs être ou n'être pas spontanée,

I Toutefois on doit reconnaître deux espèces de corps jaunes : les corps jaunes

l^.qui résultent de la cicatrisation d'un rolliculc, après l'expulsion spontanée

d'un œufj sans conception consécutive; et ceux qui sont la conséquence

du même travail, après l'expulsion d'un œuf, suivie de conception et sur**

tout de gestation* Les premiers parcourent rapidement toutes leurs

I périodes, n'atteignent jamais un haut degré de développement et n'offrent

qu'un vobmie bien inférieur à celui des seconds; de plus ils ont une cou-

Jeur jaune plus blafarde, se flétrissent en peu de jours, et, avant un ou deux

imois, ils se trouvent rétractés et complètement dissiumlés dans le tissu de

|X*ovaire. Les seconds, participant à la congestion et à Tac ti vite du travail

Lphysiologiquc dont tous les organes sexuels, la matrice surtout, deviennent

i|c siège pendant la gestation» acquièrent un volume qui dépasse quelquefois

Me beaucoup celui de l'ovaire lui-même, et passent avec tant de lenteur par

tous les degrés de leur formation et de leur décroissement, qu'ils sont

lencore sensibles à la fm de la grossesse: peuàpeu ils diminuent de volume,

p mesure que te fœtus grandit et que le terme de la gestation approche.

Cependant il n'est pas rare de tes trouver encore vingt-cinq et trente jours

^après raccouchement.

Faut-i! aussi reconnaître d'autres corps jaunes, provenant de vésicules de de Graaf non rompues, mais iïétries et rétractées par la résorption des ,iBufs?Courty (2) admet qu'il en existe chez les femmes et chez les femelles ide mammifères. I! est certain qu'on en voit des exemples chez les oiseaux.

Quoi qu'il en soit, on peut dire qu'en général un corps jaune témoigne

de la sortie d'un œuf hors de l'ovaire. R. de Graaf, qui avait bien saisi cette

relation, l'avait déduite de ses expériences avec tant d'habileté et de logique,

'que son mémoire restera toujours une des œuvres les plus remarquables

(i) lUacfliLE, Téiittt* de tplandmolutpe, Paris, 1845, p, 425.

(2) CaaRTT, De tœuf et de son développement dam fespéce hutnainf* Montpellier, 1845, Ip. 58.

758 DE LA GÉNÉBATION.

qui aient été écrites sur la conception. Mais nos connaissances sur ce point se sont fort étendues. R. de Graaf n'apercevait de relations qu'entre le corps juune et la conception. Nous en saisissons aujourd'hui do nouTella entre la formation de ces corps et d'autres phénomènes : non-seulement le développement des corps jaunes est pour nous la preuve de Texpulrion d'un ovule, mais ce fait coïncide toujours avec d'autres qui se rattachent à lui comme causes ou comme effets. De là une question complexe qui le présente maintenant à notre examen^ et à laquelle nous allons essayer de répondre, en recherchant les causes de la chute des œufs et de la formadim des corps jaunes, en déterminant l'époque à laquelle Tune et l'autre s'effectuent, en décrivant enfin les phénomènes qui les accompagnent ou qui on résulteht.

Causes de la rhute de Pœuf. — Nous avons déjà vu que, chez un grand nombre d'ôtres, surtout parmi les animaux inférieiifs, la fécondation est extérieure : l'œuf et le sperme sont expulsés hors du corps de l'atiimal, chacun de son côté^ct, de la rencontre de ces deux éléments dans le mOm ambiant, résulte une combinaison organique qui a la faculté de reprodàiie, en se développant, un nouvel être semblable au premier.

Sans aucun doute, chez tous ces animaux, les œufs, après s'être développés spontanément, ont acquis d'eux-mêmes le volume et Torganisation nécessaires pour pouvoir coopérer à la reproduction ; ils ont atteint le degré de maturité propre à cette destination, puis se sont séparés de Torgane fo^ mateur par leurs seules forces et indépendamment de toute influence de Is part du sperme ou de l'être qui produit cet autre élément générateur.

Si Ton isole des femelles d'insectes, après avoir suivi leurs métamoN phoses, et si l'on a soin d'en éloigner les mâles, la ponte des œufs ne s'en effectue pas moins, et pourtant il y a certitude qu'elle n'a pu être provoquée par aucun accouplement pri^alable.

L'expérience la plus anci(;nne avait encore appris que, cher. la plupart des poissons osseux, les (iMifs se forment, mûrissent et sont expulsés îndépcndcimmcnt du m/Vlo; que ce dernier les arrose de sperme, seulement lorscju'ils sont hors du ventre de la femelle, et, le plus souvent, après que celle-ci en est (iéjàtros-(^loignée.On savait aussi depuis longtemps que, chez les batraciens anoures, le maie, bien qu'il soit cramponné à la femelle, ne féconde lesrrnfs qu'au moment de leur expulsion. Enfin, on voyait tousle^ jours les femelles des oiseaux, notamment les poules, pondre des œufs régulièrement, alors ni^me qu'elles sont privées de leurs mftles.

La sponlanéilr de la formation, de l'accroissement, de la maturation et de la chute des œufs, n'était donc l'objet d'aucun doute, môme à l'égard d'animaux très-élevés on organisation, si ce n'est pour l'homme et les mammifères. (Juant à ces derniers, on en avait fait le sujet d*une exception à un principe, dont toutes les circonstances tendaient à démontrer la généralité, et l'on supposait que, chez eux, la formation de l'œuf datait seulement du moment où la liqueur séminale se réunissait à un élément femelle, indéterminé, contenu dans les ovaires.

ÉLÉMENTS DE LA BEPHODUCTION BANS iES DEOX SEXES,

Lorsque Ë. de Baer(l), justifiant toutes les prévisions de son ilkislre précunîeur R, de Graaf, eut démontré que^ non-seulement la femme et les fmiiélles des mammifères ont des œufs, mais que ces œufs préexistent dans letirs ovaires à Tactc de la conception, il renversa à moitié cette hypothèse d*un mode de génération particulier aux mammifères et constituant une exception inexplicable dans les lois g^éodrales de la reproduction. Dés lors on ne douta plus qu'ici» comme partout ailleurs, les œufs ne préexistassent ft la fécondation, et que ces œufs ne dussent arriver, dans les ovaires mêmes oti ils se sont formés^ jusqn*à leur complète maturation.

Mais on crut encore que l'influence dii spefme était nécessaire pour déterminer, sinon la maturité des œufs, au moins leur chute : la question resta ainsi àdemi résolue, jusqu^à ce que de nouveaux travaux eussent enfin donné la îiohition complète de ce difficile problème et permis d'assimileï\ dans sefe talH les plus généraux, la reproduction de l'homme et des mammifères à celle de tous les animaux don! le mode de génération est l'oviparité* Ou reste, sous ce rapport, les natut-alistes, saisissant mieux la généralité des phénomènes, étaietit plus avancés que les médecins. S'ils paria geai e-nl' les doutes de ces derniers sur le mode de génération des mamraitères, sur la cause qui fait tomber les œufs de l'ovaire, ainsi que mt les conditions et les suites dé cette chute, ils étaient du moins plus disposés h recevoir les nouvelles notions que l'expérience allait fournir, et à adopter les théories qui devaient en être la conséquence.

Dès 1837, Coste (2) exprima neitemerit l'idée qu'à l'époque du rut \m œufs tombent »pon(fmémeni de Tovaire, chez les mammifères, et proposa de tenir compte de ce fait pour déterminer le lieu oh la conception doit s'accomplir. Peu de temps après, Négrier (3), publiant les resultnts de ses nombreuses observations sur les ovaires de la femme, les interpréta rlans un sens favorable à cette opinion. II avait, en effet, depuis plusieurs années, constaté la présence de corps jaunes sur les ovaires de filles encore vierges, remarqué la coïncidence de la rupture des follicules ovariqnes et de la formation des corps jaunes avec Tépoque cataniéniale, et conçu l'idée de la chute spontanée de Tœuf h chaque menstruation. Les travaux de Pouchet {/t)contribuèrenl bientôt à mellre le même fait dans tout son jour, et h le faire prévaloir d:ms la science. Quoique ce dernier physiologiste ait exagéré Tuniversalité et la spontanéité du phénomène, il *i eu le mérite de le confirmer surtout |>ar Tanalogie et le raisonnement, de le populariser à une époque où les idées anciennes étaient encore imiversellement adoptées, Duvernoy (5) et Argenti (6) furent des premiers à suivre

(%] Co«TE, Embryogénie comparât. Pari», 1837, p. 455.

(3) NÉGRIER, HerhetTheè anatomiques et phtfsiùhgique^ tur iet ovatret dam Vc^tpè^ hu» matne. Paris, 1840.

(4) PoDC«KT, Thftotie positwe f/fi In fécondation des mammifères», Paris^ mirt 1842.

(5) Duvernoy, Congrès scieniinque <le Strasbourg. Procè^Tértml de U fàance du 8 oc* lobre 18A2 [Hevue tooiùgtquet noveoibre 1842).

(6) Aicnm, Ann, miv. di medkina, février el mars 1843.

7ti(i

m: LA g(:néhaiion.

celte voie nouvelle. KiiUn les observations île Haciborski (1), de BtscliDf[(i), de Courly (3), sur la femme et sur les femelles des mammifères, el te flernières recherches de Cosle (4), en étay^nt tîe nouvelles preuT€S bloi de la chute spootanée de Tœuf, lui onl de plus assigné ses iréFiUbki limites.

Voici lout ce que les expériences ont appris sur ce sujet : Bischoff (5), après avoir cru d'jibord que la chute des œufs était sotte la dépendance de la fécondation, entreprit des expériences qui l'acneoèrecit I une conclusion tout opposée, et confirmèrent la loi formulée par les amtomistcs frani^ais. Sur plusieurs femelles de ra;mimifères (chiennes, lapioei, truies), il lia el extirpa la matrice* d'un seul côté ou des deux côtés, eo conservant intacts les ovaires et les trompes; puis il laissa h ces anioiaiis la liberté de s'accoupler. Le rut ne manqua pas, en eOét, de se manifeslar chez eux; raecoypletneni eut lieu; les œufs, arrivés à maturité, abandûn* nèrent l*ovaire, et des corps jaunes se l'ormèrent à la place des foUicuief qui les contenaienl. 11 devenait ainsi évident que le contact matériel ds sperme o était pas la cause de l'expulsion des œufs. Mais toute la question n'était pas résolue. Les expériences précédentes ne suffisaient pas pour prouver îa sponhméité de la chute de Tœuf; tout eu échappant a rinfluencé directe du sperme, cette chute pouvait bien dépendre d'autres causes, no* tamment de rexrilation provoquée par le mâle, d'une sorte d'impulsion causée par le rapprochement des sexes, elc. Gela est si vrai» que les physiologistes qui avaient entrepris, antérieurement, de semblables expériences, n'en avaient pas autrement interprété les résulla(s. De ce nombre^ sont:Nuck ;6),Grassrncyer (7),Cruiksliank {8),Haighton (9),BlundelI (10), f Haiissmann{ll). 11 est impossible, eu elTet, d arguer d'un cas où le mâk intervient, pour démontrer que son influence est uulle.

A ses premières <dïservations, Bischoff [12) en ajouta donc qiielques-ao» îaiîesen décembre 181*3, en janvier et en mars 18/iii, sur une chienoed sur des truies dont il examina les ovaîjes k la fin du rut, sans avoir penDil racconplemenl, ni parfois même la vue du mâle. Dans tous ces cas.

(1) RACtfiOReKi, Mémûiro comoiyniqué à TAcadémie 4û médeeme le 13 dfrcemtft IMI^i h r Académie des sciences le 1 7 et k 2â juillet 1843. — Voy. Gaz, méd.^ 1843, p. ta, *WI.| a 83, tri l'ouvrage de RâCiBoasKi, ïaiMKi : De la puberté ef de Page critique rhez Ai frt Paris, 18Aâ,

(2) BiscBOFf, Annnle» deM scimces nat,, i84û, t 11, p- 2A0. — Consultez U leiin Im i TAcadémie des !»cien<;e9 le 17 juillet 1843, et insérée dans Ja Gazette tnédienlej fittfnéiti i '2B juiUely même année.

( Jj CODRTY. ouvr. eit,, p. 59 et suiv,

\à) CosTE, Hisfoirt' génàah oi p(irticuUèi*€ du dévehpf^emefit det corpM organiJiéi.

(5) BifiCHOFr, Ann. des sciences nat.^ S'ftérie, 1344, t. Il, p. iQà*

(6) î^ucit, AdertographiOf p. 69 (Opéra onmiti, Lejde^ 1773).

(7) GBJkSSUEYEA, De fecundatinne et conceptione humana (dlisert,), p. â8. Cflrtlîi i789.

(8) Chlhkshank, Pfnia^, Transact,^ 1797*

(9) HviGHTow, m RoL's Archiv, t, III. p, 46. fiO) BtiNDELL, Medic-Chir, Tvanmct^ 1819, t. X, p. 264.

11} Hacssmanw, Ueàer die Zeugung den wahr*en weiàlichen £ï>j. p. 9S* 12) Bischoff, mém, et'/., p* 128 et lutv*

trouva, soit des vésicules de de Graaf sur le point de se rompre, soit des corps jaunes sur Tun et l'autre ovaire, et des œufs dans les trompes. Dès lors, s'appuyant sur des observations aussi directes, il put conclure, avec une entière certitude^ que, pendant le rut, les œufs se détachent de l'ovaire, sans accouplement préalable, puis descendent dans Toviductc et même dans Futérus, où ils finissent par se détruire; que, par conséquent, les corps jaunes se forment sur les ovaires, comme dans les cas d'accouplement et de fécondation.

Cette conviction, que les œufs tombent spontanément chez les femelles des mammifères, devait faire penser qu'ils se détachent aussi d'euxmômes chez la femme : tous les autres actes génésiques ont entre eux une telle analogie, chez celle-ci et chez celles-là, qu'il ne pouvait guère en être autrement pour ce dernier phénomène. On se souvint alors de plusieurs faits passés presque inaperçus : BufTon avait vu le corps jaune sur une vierge (1); Brugnone(2), en disséquant le cadavre d'une fille de quatorze ans, que la présence de Thymen autorisait à regarder aussi comme vierge, avait découvert un corps jaunâtre^ de la grosseur d'un pois chiche, saillant à la surface de l'un des ovaires. Puis, de nouvelles observations furent faites avec plus d'attention. Négrier (3) put conclure des siennes, commencées en 1831, que les vésicules de de Graaf naissent d'elles-mêmes, et parcourent toutes les phases de leur accroissement, sous l'influence d'une cause inhérente aux ovaires, indépendante du co!t. Raciborski (4) vit des vésicules de de Graaf bien développées et des corps jaunes sur les ovaires de deux filles, l'une de vingt-six ans, l'autre de dix-neuf, dont la membrane hymen était parfaitement intacte. Goste (5) observa des corps jaunes sur des ovaires de filles vierges, aussi bien que sur ceux de femmes ayant eu déjà des rapports sexuels.

Il est donc prouvé aujourd'hui que, chez la femme et les femelles des mammifères, les vésicules de de Graaf peuvent se rompre spontanément^ comme se rompent les capsules ovariennes de tous les animaux, sans que la fécondation ou Taccouplement soit nécessaire à l'accomplissement de ce phénomène; que les ccufs, arrivés à maturité, peuvent s'échapper naturellement de l'ovaire, passer dans Toviducte, descendre dans la matrice, et enfin être expulsés au dehors, si toutefois ils parviennent, sans être détruits, jusqu'à l'orifice génital externe.

Mais, de ce que l'intervention du mâle n'est pas nécessaire pour déterminer la rupture des follicules et la chute de l'œuf^ faut-il en conclure qu'elle est complètement nulle à Tégard de ces deux actes physiologiques,

(1) BUFPON, Hist, nat., t. II, p. 208; t. V, p. 148.

(2) BarGNONE, Mém. de l'Acad, des sciences de Turin ^ 1790.

(3) NtGRiER, ouvr, n/., p. 62.

(à) Raciborski, De la puberté et de t âge critique. Pari», 1844, p. 421, 425. — A/éwi. cit., 1842 et 1843.

(5) CosTE, Histoire ycnh'afc et particulière du développement des corps organisés. Pariî, 1847, {. l, p. 220.

surtout quand elle s'exerce en temps opportun? Non, sans doute; et il ne faut pas se dissimuler que les physiologistes qui ont fourni le plus de preuves en faveur de l'expulsion spontanée de Tœuf ont avancé aussi d'ane manière trop absolue que cette expulsion était indépendante de toute ac* tion extérieure aux ovaires, et surtout de l'accouplement. Coste(l]abif des expériences variées, dans le but de constater l'influence exercée parle mâle siir la maturation et la chute des œufs : les résultats qu'il a obtenus, tout en conservant à la loi posée par Pouchet son caractère de généralité, modifient néanmoins l'expression même de cette loi et lui ôtent son cachet d'universalité absolue.

Ces recherches démontrent d'abord que la présence constante du mAle hâte le retour du rut.

En second lieu, si l'on attend que le rut se manifeste spontanément diei des femelles séparées du mâle, et si, quand cet état s'est manifesté, on varie les expériences, on constate les faits suivants : en laissant s'accoupler une lapine, au moment même où elle entre en chaleur, et la tuant dix ou quinze heures après le coït, on trouve les œufs hors des ovaires; maiS| eu empêchant l'accouplement et tuant l'animal quarante-cinq heures apré» l'invasion du rut, on trouve les mêmes œufs renfermés encore dans leurs capsules intactes, et l'état de ces capsules indique que leur séjour s'y serait prolongé davantage. Bien plus, une lapine en rut est présentée au mâle trois jours de suite, et manifeste chaque fois un vif désir de s'accoupler, mais on empêche le coït ; le quatrième jour, elle cesse d'être en chaleur, et le cinquième elle est ouverte : les ovaires, qui ne présentent aucune trace de déchirure, portent l'un une vésicule de de Graaf, l'autre sept de ces vt^sicules, turgescentes, mais intactes.

Ainsi, (l'un coté, la présence du maie et ses assauts liAtent la maturation des œufs. D'un autre côté, raccouplement, sans être la cause essentielle de la chute des œufs, a du moins le pouvoir de précipiter la réalisation de ce phénomène, et souvent même d'empêcher qu'il n'avorte : entre une femelle qui a subi l'approche du mAle et une femelle dont on a empêché le coït, il y a cette différence que, dans Tune, la rupture des vésicule> ovariqucs est prompte, et que, dans l'autre, elle est tardive ou môme ne s'effectue pas du tout. D'ailleurs on comprend, ainsi que Coste le fait observer, romnient l'inHuonce du mâle, inutile chez les autres «mimaux dontl'dMif rompt sa capsule par l'elfort que lui-même exerce sur cette enveloppe membraneuse, peut au contraire devenir, chez les mammifères la cause accélératrice et souvent déterminante de cette déchirure. La rupture du follicule de de Graaf résultant, chez ces derniers, d'un mouvement ffuxionnaire qui arrumule du liquide dans ce follicule pour le distendn' outre mesure et le faire éclater, il est évident que le coït et le spermr. faisant office de stimulus, peuvent augmenter cette congestion, la ranimer quand elle se ralentit ou rétrograde, et, par conséquent, devenir cau>e efffciente de la déchirure.

(1) Coste, nuvr. cit., l. I, p. 183.

ÉLÉMENTS DE Ik BEPHODUCTION DANS LES DEUX SEXES. 763

Quand, le màle n'étant pas intervenu, la chute des œufs ne se réalise pas, il peut arriver, ou bien que les vésicules de de Graaf restent stationnaires, conservent leurs œufs emprisonnés, les tiennent en réserve, pour les met* Ire en liberté à la prochaine époque du rut, ou bien qu'elles deviennent le siège d'un travail de résorption qui bientôt les efface. C'esl ce qui a lieu, toutes les fois que l'activité dont elles sont douées est insufttsante pour déterminer leur rupture. Si l'influence du mâle, toujours efficace, ne vient pas leur imprimer une stimulation nouvelle, le phénomène peut ne pas atteindre le but vers lequel il tendait.

Cette restriction n'attaque, d'ailleurs, en aucune manière le principe de la chute spontanée des œufs. Seulement il convient, pour conserver à ce principe sa généralité, de l'exprimer ainsi : chez la femme et chez les femelles des mammifères, les œufs, arrivés au terme de la maturation, peuvent^ comme chez tous les animaux, se détacher d'eux-mêmes, quitter spontanément l'ovaire et. parcourir le canal vecteur. Ajoutons que cette chute spontanée est môme le cas le plus fréquent, et qu'elle se fait à des intervalles de temps variables dans les diverses espèces, ordinairement fixes pour chacune d'elles. Il en résulte^ chez les femelles des mammifères, des alternances de phénomènes secondaires, répondant aux diverses périodes de développement, de maturation et de rupture des vésicules. Le moment auquel ces phénomènes se reproduisent est aussi marqué par le plus haut degré du travail ovarique, et par l'expulsion de l'ovule, qui est le but final de ce travail.

Déterminer quelles sont, chez les femelles des mammifères, et surtout chez la femme, les époques auxquelles se manifestent ces états particuliers, et s'accomplissent en même temps la rupture des follicules et la chute de l'œuf, tel est le nouveau problème qu'il nous faut examiner.

Époques de la chute de Cœuf. — Rui^ menstruation. — Nous venons d'indiquer les éléments qui doivent nous servir à résoudre ce problème, en disant qu'on trouve les vésicules de de Graaf très-dévcloppécs, chez les mammifères, aux époques du rut. Ces vésicules, bien qu'elles existent déjfl dans le fœtus, sont^ pour ainsi dire, stationnaires jusqu'à la puberté, et leur ciccroisscment commence seulement lorsque les caractères du sexe, la faculté de se reproduire et l'instinct générateur apparaissent chez les femelles. Mais aussi, le développement des follicules ovariques retentit, alors, dans le reste de l'appareil génital et dans l'économie tout entière. Les oviductes, la matrice et les organes copulateurs se tuméfient, s'injectent, sécrètent cerlainsliquides, et subissent dans leur structure des changements qui les approprient au rôle qu'ils devront bientôt remplir, soit relativement au sperme, soit par rapport à l'œuf et au produit de la conception. L'instinct de la reproduction s'éveille et devient si impérieux, que les femelles, qui jusqu'alors évitaient les mâles, en recherchent au contraire les approches et cèdent avec empressement à leurs poursuites. Cet état ne persiste pas longtemps, surtout si l'accouplement vient en limiter la durée ;

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DE l\ GÉNÉRATION.

car il cède presque toujours au coil. Lorsqu'il n'existe plus» la fe perd soQ ardeur, fuît le mMc, ou lui résisté obâtiiiément, ju&qu'i qu'après im temps plus au moins long* les mêmes signes se nianife de nouveau, pour revenir désormais après des intervalles île temps ^giu dans cbaque espèce^ et ù des époques doul la périodicité régulière corncidc souvent avec celle des saisons. Pour désigner Tensemblc des pb nomènes que présentent alors les femelles^ on dit qu'elles sont en en chalettr.

Ainsi, à des époques périodiquesj les œufs formés dans les ovaires! gnent un état de maturation complète, et la rupture spontanée des vési» cnles qui les contiennent est imminente, Ce travail intérieur se manifesH par les phénomènes extérieurs du rut, c'est-à-dire par des signes anale chez la plupart des animaux, quoique variable d'une espèce à Taulre,

Aristote (1) avait avancé que les mammifères ont des règles au du rut ; il avait dit aussi que, chez euXj les règles sont moins uboocUnItt que chez la femme ; enfin il avait bien observé que ta suppression de Té leuient périodique, chez la vache^ est un signe de conception. Stahl \ Verduc (3), Helwig (^), P. Gassendus (5), Sautorini (6), Duvemey Linné (8), Dwarris (9), Bohn (Iti), Blancaart (11), ont aflirmé que le fliuc i ménial ne se rencontre pas seulemeivt chez la femme, mais chez la fenii! du singe, la vache^ la biche, la jument, la chienne, la baleine, et chezl femelles de certains poissons, tels que la raie, la tanche, le mulf Numann (12) et Rainard (13) ont vérifié les précédentes assertions surpl^ sieurs de ces animaux ; Pouchet (ih) en a constaté la réalité sur leschie les truies, les chattes, les lapines et les cobayes, K. (iuvier (15) a reconnu i écoulement menstruel chez les genettes; Lesson» Garnutet Geotlroy Hilaire ont fait la même obscrvatic^n chez les roussettes»

Les signes du rut varient, d'ailleurs, dans les diverses espèces. Ain chez les poules, la crête se coîore plus vivement en rouge; chez les U| nés, la vulve se gonlïe et s'injecte fortement ; chez la chienne, celte tuci faction est accompagnée d*un écoulement muqueux, odorant, qui attj

(I) AmSTOTE, Histoire Jr* tinimfiftf, Paris, 1783, lîv. VI et VU, trad, de Caoiu*. {2\ STAHL, Do mennum niuHebrittm fluxtt et jtupjtrf'Ssionf. leiiic, lOîH, (3) Veaddc, De tusatjf (hs parties. I*aris, 1G9G, t, 1, p* 272. (A) Heiwic, Epht'm, mii, eyr,,dec. t, ann. 9, 10, obs. 191, (5) P. Gassewdus, Vita Pkibescu* Paris, 15àl. (<i) Sartohinj, fV catamfnii\\ lib. JV, dans son ouvrage intitulé : Bf siructum

fihrft^ ih' niifriiîtjtie animafiy â*' hiuiurrhoulibus et cùtam^miis. Venise» 1740.

(7) DUVERHEY, (Emr, unaf, Paris, 1761, t. Il, p. 374.

(8) LlîWÉj SuHpnxkarmL HandHng, ilhh.

(Ô) DivARiiiSj Diist^rt, de (fttameniix, Leyde, 1751. (10) BoHMf Ciicuiut! anaiam. physiologicus tk txcotnuma corporù humtmù Lôipsif, 14

(II) ELAKCàAJiT, Ji/ûn***^, cent,, VI, îi<*19.

(12) Numann, Tijthchrift VQornattilijke gf^achimlmis **** phyuiûi.^ 1838, U UU

(13) Rainard^ traité compkt tif ta parturitton dt^s principale f ftrtntllêjuh mnîinUftm, \éH !8â5, p. 57.

{ih) PaucHKT, Théùrie pùsiiive de tovulation ftpontanée^Ht'. Pam, 1917«p, 236. (i5) F. Cdtibr, Hi$t^ fuU, det mammifère9, Piris, 182A,

ÉLÉMENTS DE LA KEPRODUCTIOiN DANS LES DEUX SEXES. 765

lés mâles; chez les singes^ elle coïncide avec un écoulement sanguinolent, et môme sanguin^ assez abondant Buffon (1), F. Guvier (2), £. Geoffroy^ Saint-Hilaire (3), Burdach (Ix), Rengger (5), Ehrenberg (6)^ Breschet (7) Raciborski (8), Isid. Geoffroy Saint-Hilaire (9), ont fait sur la menstruation de ces derniers animaux de nombreuses observations. Cet écoulement est encore plus caractéristique et, en quelque sorte, plus comparable à la menstruation de la femme^ si, au lieu de l'étudier dans nos ménageries^ on l'observe dans des conditions plus rapprochées de l'état de nature. Hille (10), médecin de l'armée néerlandaise, à Surinam, possédait une femelle de singe qui, à chaque renouvellement de lune, était sujette à un flux sanguin abondant, dont la durée était de trois jours environ, pendant lesquels l'animal donnait tous les signes d'une excessive lubricité.

Enfin, la périodicité du rut est hors de doute pour plusieurs animaux, surtout pour nos espèces domestiques, chez lesquelles le retour de cet état physiologique est beaucoup plus fréquent que chez les espèces sauvages. Selon Kuhlemann (11), qui a fait, pour Haller, de nombreuses observations à ce SQJet, les brebis non fécondées deviennent en chaleur tous les quinze jours; les truies, tous les quinze à dix-huit jours. Ce phénomène se reproduit, d'après Rahleis (12) et Numann (13), toutes les trois ou quatre semaines chez les vaches; selon Grève (14), tous les mois chez les juments, et selon F. Guvier (15), après le même laps de temps, chez les buffles, les zèbres et les singes.

La femme est-elle soumise à la môme loi que les femelles des mammifères, c'est-à-dire, y a-t-il, chez elle, des époques correspondantes au rut, se renouvelant après des périodes régulières, caractérisées par les mêmes phénomènes internes et externes?

Quant aux phénomènes internes, nous l'avons déjà vu, ilssont identiques chez la femme et chez les femelles des mammifères : les vésicules de de Graaf arrivent d'elles-mêmes à maturité; et, puisqu'on a trouvé des corps jaunes chez les vierges, il en résulte que ces vésicules peuvent aussi

(1) BurroN, Hist. nat, génér. et partie. Paris, 1770, t. XII, p. 44.

(2) F. GOTIER, Hist. nat. des mammifères, Paris, 1825.

(3) E. Geoffroy Saint-Hilauie, Cours sur l'histoire naturelle des mammifères» Paris,

(4) Burdach, Traité de physiologie, Paris, 1831, t. II, p. 20.

(5) Reng«eb, Naturgesch. der Sâugethiere von Paraguay, Bâle, 1830.

(6) Ehrenberg, Mém, de tAcad, de Berlin^ 1833, p. 351.

(7) Breschet, Brchprch, sur la gestation des quadrumanes {Mém, de rinxiif.y t. XIX, p. 401).

(8) lUciBORSKi, De la puborté et de Vâge critique, Paris, 1844.

(9) Isid. Geoffroy Saiict-Hilaire, Did, class, d'hist, nat,j art. Macaque cl Mammifères. Paris. 1830.

(10) HiLLE, Wochenschrift fur die gesammie Heilkunde^ 1842.

(11) KUHLEMANN, Ohservationes quœdam circa negotium gencrationis in ovibus factœ, Upaic, 1754, édit. II.

(12) MECKEL'Silrc/i., l. VIII, p. 434.

(13) Numann, ouvr. ait,

(14) MECKEL's^rcA., t. Vil, I». 52.

(15) F. CuviER, Ann, des sciences nat.^ !'• série, t. IX, p. 120.

766 DE U (;Éi\ÈBA'nOdl.

se rompre sponlanémcnt cl expulser l'ovule, quand il est arrivé au terme de son évolution.

Des phénomènes extérieurs généraux et locaux se manifestent auni cfaa la femme et chez les femelles des mammifères : Aristote (1) en avait si biea saisi l'analogie, qu'il donne le nom de menstrues au flux cataménial de U femme et à l'écoulement périodique qui suinte par la vulve des mammifèrcf en chaleur. Ces phénomènes présentent même cbex la femme bien pin d'intensité sous quelques rapports : au lieu d'offrir une simple turgesoenoi ou un écoulement sanguinolent, les organes génitaux sont le siège d'une véritable hémorrhagie ; et, chez le plus grand nombre des femmes, ces signes ont une fréquence et une périodicité bien plus prononcées que diei la plupart des mammifères.

Un seul point reste à vérifier : il s'agit de savoir si, entre ces deux ordres de phénomènes intérieurs et extérieurs, il existe la même coïncidence que nous leur avons reconnue chez les mammifères ; si les uns précèdent ou suivent les autres, ou bien s'ils coexistent; s'ils sont liés entre eux par quelque relation de cause à effet, ou enfin si, se rattachant à une même cause qui dominerait à la fois les uns et les autres, ils sont, par cela même, toujours concomitants.

On comprend d'abord, d'après ce que nous venons de dire* que* chei h femme, des phénomènes d'un seul ordre peuvent être comparés h ceux qui constituent le rut chez les animaux : ce sont les phénomènes dont l'ensemblc est connu sous le nom de nienstruatmi.

Or, Texpéricnce des plus anciens temps a appris que les jeunes filles ne sont nubiles et fécondes qu'à dater du jour de leur première menstruation. L'ol)scrvation allentive des actes physiologiques de notre espèce avait aussi donné, aux médecins des premiers ûges, la conviclion que le coït, exercé pendant les règles, ou immédiatement après, est suivi de conception bien plus souvent que le coït exercé pendant la période intermenstruelle. Ifippocratc (2) recommandait aux femmes qui voulaient avoir des enfants de cohabiter au commencement et à la fin de la purgation menstruelle^ mais plutôt quand elle dure encore que lorsqu'elle est complètement passée. Qalien (3) pensait que lu conceplion élait possible, surtout immédiatement après la menstruation. A une époque plus rapprochée de nous, IJoerhaavc {h) affirmait que les femmes ne deviennent presque jamais enceintes qu iï lu fin de leurs règles; et Haller (5) dit qu'il est inutile d'inîsislcr sur ce fait. Il est si connu, ajoute-t-il, que les femmes qui ne veulent pas avoir d'cnfanlM redoutent d'exercer le coït pendant cette période. EnOn^ parmi les auteurs plus récents qui ont essayé des théories sur la menstruation, Lccat (6) considérait cette fonction comme une espèce de phlo-

(1) Abistote, 7//>7. (frs anhnatw, Paris, 1783, lib. VF, p. 379, trad. de Camus.

(2) Hi^POCRAtE, Ofitfta omnia, Francfort, 159(), édit. de FoES, p. 641, (i44.

(3) Galien, Co/fuurnt. /// in HiPPOCRATls /il/r. Il, ''dit. Oy>î.'/-., édit. CUT, Dr KuD, Leipzig, 1828, p. 142.

(4) BoERHAAVE, Pro/,ctir.,i,\s (irntlf„'.''cff : De concppln, fioettingue, 1744, p. 238. (ô) Haller, Eli'no'ntn lihf/^iotoyitr (.orpuri^i hutimni. Berne, 1766, l. Vlll, p. 22.

(6) Lecat, Souvenu 'système sur la eaii^a de f écoulement périodique, Amstcrdaiu, 17t>5,

ÉLÉMENTS DE LA ai^PfiQDUCTION \UM LE» DEUX SEXES. 76l

gose amoureuse ; R. Eniett (1) comnio une véritaible érection des parties génitales; Dugès (2), comme le résultat d'une excitation générale des Clones de la génération^ analogue à celle du rut, et dont les ovaires seraient le foyer.

filais l'expérience directe, qui consistait à rechercher quelle modification matérielle s'accomplit dans Tovairc, concurremment avec la modilicalion fonctionnelle des autres organes de la géncratioM et de toul l'organisme de la femme, n'a été tentée, pour la première fois, qu'en 1831. Négrier 4'Angers(3}, laissant de côté l'analogie, pour s'appuyer seulement sur l'observation des ovaires de l'espèce humaine, fut le premier à saisir le lien qui existe entre la fonction de ces organes et la période menstruelle. Il exprima ses idées^ sur ce point, dans un mémoire lu à la Société de médecine d'Angers, et les rendit publiques quelques années plus tard. On peut dire que, bien qu'il n'ait jamais vu l'œuf, il n'a pas moins reconnu la coïncidence de la rupture des vésicules ovariennes avec les époques do la menstruation. Après lui, Gendrin (4), Montgomery (5), R. Lee (6), Pater* son (7), Raciborski (8), Bischoif (9), Courty (10), justifièrent cette opinion par des observations nouvelles; tandis que Duvernoy (11) et Pouchet (13) donnaient toutes les preuves rationnelles que l'analogie et l'induction peuvent fournir, en faveur de la similitude de la menstruation chez la femme et du rut chez les mammifères. Enfin, Coste (13) a confirmé, plus récem* ment» les conclusions de ces nombreux travaux en donnant le résultat de ses recherches sur l'état des organes génitaux de la femme aux diverses époques de la menstruation et de la période intermenstruelle.

D'après les pièces que nous avons observées dans la belle collection de ce savant physiologiste, au collège de France, voici les modifications que présentent les ovaires de la femme relativement à la menstruation :

Une vésicule de de Graaf^ dont la maturation coïncide toujours avec la turgescence des organes génitaux^ poursuit le cours de son développement pendant les diverses phases de la menstruation ; et, selon que les circon* stances sont plus ou moins favorables^ elle peut se rompre, ou dès le déchut, ou vers la fin, ou à un moment quelconque de cet écoulement pério*

(1) R. Embtt, E^^sat de médecine sur k flux menstruel. Paris, 1757.

(2) DOGÈS et BoiviN, Traité des maladies de l*utérus, Paris, 1833. — Comp. aussi t)i;GÉs, Tnâté de physiol, comp, Montpellier, 1838^ 1. 111, p. 358.

(3) NiGRiEB, Rech, onat, fit phys. sur les ovaires de T espèce hitmainr. Paris, 1840.

(4) GimMH, Traité philosophique de médecine pratique. Paris, 1839, t. 11, p. 28, chap. Menstruation,

(5) MoRTGOMERY, £V/iOif7io/* uf the Sifj7is undSymptoms uf Prcynaucy» Loudret, 1837.

(6) R. Lee, Med.-Chir. Transact., t. XXIl, p. 329.

(7) Patbim>n, Edinbury Med, andSurg. Journaly 18A0.

(8) Baciborsu, De la puberté et de rage critique^ etc. Paris, iSàà.

(9) Bi&CHOFF, Ann. des sciences nat,, 1844, 3» série, Zoologie^ t. Il, p. 104.

(10) GouRTY, DcFœufetde son développement dans r espèce humaine. Montpellier, 1845. (ti) Duvernoy, Congi'ès scientifique de Strasbourg, 1842.

(12) PoucflET, Théorie positive de la fécondation. Paris, 1842. — Théorie positiv» de toiU" lation spontanée^ etc. Paris, 1847.

(13) GosTE, Histoire générale et particulière du développement des corps organisés. Paris, i8A7yt. 1, p. 203 et suiv.

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DE LA GÉKÉHATION.

dique. — Chez une femme, morte le premier jour de riovasion d«$

lavésicuk ovarique était manifestement rompue. Chez une autre, moi quatre ou cinq jours après leur cessation, rovaîre droit portail une xèn^ cnlc encore intacte, mais tellement distendue, que la plu.s légère pre^sjos en fit éclater la paroi. Enfin, chez une jeune fille vierge, morte qui .jours après la menstruation, il n*y avait aucune trace récente de coi jaune, etFon ne pouvait douter que la vésicule de de Hraaf ne se fût arrèl dans son développement. Ces femmes, et toutes celles dont nous avons pu étudier les ovaires, avaient succombé à une mort violente et daos la plénitude de la santé.

Ainsi, chez la femme, h chaque menstruation, une vésicule de de Graïf prend sur toutes les autres une prépondérance marquée» arrive spontané* ment à maturité, et, en général, se déchire à un moment indétei rainé di cette période, pour expulser rœuf qu'elle contient; mais pourtant, dani certains cas, cette vésicule peut aussi demeurer stationnaire ou être loi»lenieut résorbée : double phénomène analogue à celui qu'on observe CÉa les mammifères, pendant le rut.

La menstruation est donc pour Fespèce humaine, comme Je rut pour animaux, l'époque naturelle de la chute des œufs, et par conséquent* Il plus favorable a la roneeplion : telle est la cause prochaine de la plus grande aptitude j^énératricc de la femme à ce moment; telle est la raÎMNi anatomiquc de ce résultat d'observation, qui, déjà constaté par le père de la médecine, était resté sans explication jusqu'à ces dernières années.

Une question d'un grand intérêt se rattache à cette dernière coqcIui Les époques de îa maturation et de la cbute naturelle des œufs î^e reprPH duisent-elles toujours et nécessairement d'une manière régulière? Li loi de la ponte périodique, applicable à la femme, aux femelles des manimi* fères et de tous les autres animaux, est-elle non-seulement générale, mais absolue? Cette loi ne souffre-t-elie aucune exception? En un naot, en d^ hors du rut et de la menstruation, n*existe-t-il pas des influences capable» de hâter les époques de la maturation et de la chute des œufs ?

L'exemple de plusieurs espèces animales, surtout de nos espèces doiDCt* tiques, prouve que, loin d'être soumises à un principe immuable, la déhiscence spontanée de 1 œuf et la ponte périodique dépendent aussi de o ditions étranfj:èresà l'évolution naturelle des vésicules de de Graaf. EU< peuvent, en elfel, être modifiées par des causes extérieures dont l'influence se fait sentir aussi bien sur les fonctions qui perpétuent les espèce^ sur celles qui servent à entretenir la vie. — La génération est à l * ce que la nutrition est h Pindividu : toutes les circonstances qui ami buent à modifier celle-ci peuvent, par cela même, modifier celle-là.

Ainsi, le pigeon, qui ne pond dans l'état sauvage ou de nature qu'une deux fois par an, niche sept à huit fois dans nos colombiers. Les poali qu'on a le soin de priver de leurs œut's, pour empêcher qu'elles ne Icscoav îndent presque tous les jours pendant huit mois sur douce. Le lapio, q

lus l'état de liberté, n a pas plus d'tnxe ou deux portées par an, œ repi

oc-

thiit jusqu'à sept fois, quand on sevré ses petits en temps opportun, L époque de la maturation et de la chute des œufs, loin d*èlre immuable, parait donc dépendre de certaines circonstances qui peuvent la hâter dans un cas, la retarder dans un autre. Par conséquent, il faut distinguer, avec Coste(l), des époques naturelles poiu' cette maturation et cette chute, et d'autres époques que Ton pourrait appeler artificielles, parce qu'elles sont provoquées par des intîuences exiéricnrcs dont rexpériencc a démontré l'efficacité. Au nombre de celles-cij on doit citer les conditions d'nbri et de température, labondance et la qualité des aliments, etc. Coste (2) ajoute à ces moyens accélérateurs la cohabitation des niûles avec les femelles, comme étant un des plus actifs r une lapine entre en rut seulement tous les deux mois, quand elle est isolée; au contraire, la met-on avec le mâle, peu après la cesi^ation du i-ut, cet état ne tarde pas i\ se manifester de nouveau, et elle se laisse couvrir au bout de quelques jours.

Si Ton considère que l'espèce humaine dispose à sou gré de toutes ces conditions a Tégard d'elle-même, et jouit do privil6f;e d'une aptitude permanente au rapprochement des sexes^ ne pourrait-on pas conchire qu'elle aussi est soumise a ces influences, et que les phénomènes de la maturation cl de la chute de Troufi chez la femme> ne sont pas toujours spontanés, ni mvariablemment fixés par la période menstruelle?

Les considérations précédentes sur la chute spontanée de Tiruf e( sa ponte périodique nous semblent fornier une exposition complète et fidèle de toutes les particularités de ce phénomène. Si nous cherchons à les rcsunier, notamment dans ce qu'elles renferment de relatif à notre espèce» nous serons amené à conclure ;

Que chez la femme, les œufs peuvent atteindre spontanémenl leur maturation, et passer des vésicules de de Graaf rompues dans les trompes de Fallope; — qu'ils opèrent leur déhiscence chex les femmes qui sont vierges comme chez celles qui ne le sont pas et indépendamment de riolîuciicc du sperme; -- que le coït n*est peut-être pas sans influence pour activer leur maturation, et surtout leur chute; — que même les seules excitations génésiques, ou d'autres circonstances, peuvent hfder le retour des époques où s*accoraplîssent normalement ces phénomènes; ^ — mais qu'en général ceux-ci se reproduisent périodiquement, et que, pendant les périodes auxquelles ils se manifestent, ils s'accompagnent de signes dont I ensemble porte le nom de menstruaiion ; — que, par conséquent, la maturation des œufs et le pltis souvent leur déhiscence se traduisent au dehors par Vcrtipdmi (km rèfjhs.

Maintenant il nous reste â étudier ce dernier phénomène, qui constitue *la manifestation extérieure du travail dont les ovaires sont le siège; à décrircj par conséquent, les caractères de la menstruation, ses variétés, son siège, ses causes prochaines et éloignées.

(1) GtSTi:, Histoire *jénérak et paiHkulière du développement dfs corpi organisés. Pari?, 1847. L I, p. 22(i.

(2) Coste, Ax'. a(.

LuwGtT. — rUY&iOL, ai. — 49

DE LA GÊNËRàTlOI^

On a donné, depuis longtemp!^, le nom de memtrues [purgaiw règles^ mois^ etc.) à une excrétion de *^aog qui sort par la vulve» nalurcllemenl et presque .sans exception chez toute ferame bien coi dès qu'elle a atteint l'âge de puberté; qui se reproduit ptTiodiqw tous les mois, et se continue jusqu'aux approches de la vieillesse

Haller(l), ne se doutant pas des relations qui existent entre la men*! tîon et le rut» reconnaissait que certains animaux ont un écouienient sang par la vulve^ lorsqu'ils sont en chaleur, mais niait qu'ils eus.H'nl,i proprement parler, des menstrues ou des règles. Les développements (Uui lesquels nous sommes entré, en décrivant tous les phénomènes de la chute de Tœuf, ne permettent plus de méconnaître Tanalogie de réc^ïulean menstruel de la femme avec les maiiifestalions extérieures du rut chez animaux. Cette analogie, que tout démotitre, nous dévoile elle-m^me causes de rhémorrhagie périodique, dont tous les physiologistes s'étai vainement etl'orcés jusqu'à ce jour de donner une interprétation plausibk, et facilite le juf!;ement qu'on doit porter des diverses explications propose» par chacun d'eux. Aussi devrons-nous moins cbcï^her à faire connaîtra, chez la femme, les causes de cette hémorrhagie que ses caractères,, se»ivriatioQs suivant Fâge, le lempéranient, le climat et les diverti étals pbj»t>logiques ou pathologiques. Décrivons d'aburd le phénomène en liiî*raéinc.

Les différentes phases de la menstruation ont été distinguées, daos f« dernières années, avec plus d'exactitude qu'on ne l*avait fait autrefoi Pouchet[2) surtout, en (caractérisant les divei*ses périodes de ce phéii< mène, et en comparant, à î'aide de l'observation microscopique, liquides de la menstruation avec ceux de rintermenstruation, a tracé i*bémorrliagie mensirueile un tableau complet.

Le premier fait caractéristique de Tinvasion dos règles est la mamfe! tion d'une odeur spéciale que contracte le mucus excrété par les oi sexuels : cette odeur est physiologiqiiement comparable aux éi qui naissent des parties génitales des femelles il Tépoque du ru ^ i. impressionnant le mâle d'une manière remarquable, «surtout chef les mammifères, lui permettent de suivre la femelle à la piste. Un second phénomène décèle l'apparition des menstrues, c'est le changement de C4>ii* leur du mucus utéro-vaginaï ; ce mucus, d'abord d*un blanc mat, devient alors brunâtre; quelques globules sanguins, mêlés aux nombreux glohulé's nmqueux et aux fragmetits d'épithélium qui nagent dans ce liquide, sonl la cause d'une pareille coloration <

Cette première période dure un ou deux jours. TantAt elle précède récoulemenl sanguin d*une manière immédiate, tantôt les sjmptôitif» qui la caractérisenl disparaissent, et le mucus, excrété par les organes j;. tu taux, redevient normal; puis, après un iniervalle d'un jour, du sang pre^ que pur s'échappe subitement par la vulve.

(1) HALLiRt E/enteti(û fihj/tiotogÙF corporù humani, Eeme, 1765, U ¥U, tib, IIVIU, kliifbntt^ p. 138.

(2) Pou^neT^ Théorie ^fitû^r de tovultiiîtm spontanée» Parii, 1947^ |i* 2â0.

L'écoulement sanfi^in, rutilant, constitue la seconde période du phénomène. Le liquide alors excrété se compose de sang, qui ne diffère pas du sang artériel, mêlé à du mucus vaginal. En effets en l'examinant au microscope, on y trouve des globules muqueux à divers degrés de développement et de minces fragments de lames épithéliales transparentes, mélangés à d'innombrables globules sanguins. Cet écoulement cesse d'ordinaire après trois ou quatre jours, mais il se prolonge^ chez certaines femmes pendant cinq, six et môme huit jours.

La quantité du liquide exhalé devenant de moins en moins abondante^ la couleur de ce liquide passe du rouge au brun, la proportion des globules sanguins diminue et celle du mucus augmente; enfin le mucus devient luimême plus épais, et offre, pendant cette période de cessation, des caractères analogues, mais opposés à ceux qu'il avait d'abord présentés. C'est surtout à la fin de cette période que les vésicules de de Graaf peuvent s'ouvrir spontanément.

Quand l'écoulement menstruel a cessé, la surface interne de l'utérus^ et surtout celle du vagin, se dépouillent de plaques épithéliales nombreuses, d'abord presque intactes, bientôt réduites en fragments plus ou moins ténus : ces plaques ou ces débris d'épithéliuin constituent, pendant les premiers jours de l'intormonstruation, la majeure partie des éléments solides contenus dans les excrétions de la vulve; le reste est composé d'un nombre variable de globules muqueux. A ce moment, c'est-à-dire le dixième jour environ après la cessation des règles, on verrait tomber constamment, d'après Pouchet (1), un flocon albumineux, élastique, d'une teinte opaline, produit par la surface utérine, et qui serait une véritable deeidua, se formant normalement dans la matrice, après chaque période menstruelle, se détachant normalement aussi, pendant chaque intervalle des règles, lorsqu'il n'y a pas eu conception. Nous n'avons jamais pu observer ce phénomène; mais, alors même qu'il aurait lieu, nous nous garderions bien d'y voir la chute d'une caduque pour ainsi dire préventive. La caduque étant une portion môme de la muqueuse utérine exfoliée, ainsi que nous le démontrerons en faisant l'histoire de cette membrane externe de l'œuf, nous ne saurions conserver une pareille interprétation au flocon albumineux décrit par Pouchet*: la texture môme qu'il lui assigne n'y dé- .cèle guère qu'un produit de sécrétion muqueuse, analogue à celui que fournissent quelquefois les glandes du col utérin connues sous le nom à'cmfs de Naboth.

De môme que l'invasion des menstrues est chaque fois précédée, chez une femme déjà réglée, d'une modification dans la quantité et dans la couleur des sécrétions sexuelles normales; de môme aussi chez la jeune fille qui, n'étant pas encore réglée, arrive à l'âge de puberté, l'hémorrhagie menstruelle est souvent précédée d*un écoulement séreux, blanchAlrc ou brunâtre. Cet écoulement peut devancer do quelques mois celui du sanj:, et se reproduire plusieurs fois avant que ce dernier apparaisse; sou-

(1) Pouchet, ThùoncfH^yihr,- ,i,' r ovulation *ponitittée, Parit, 1847, p. 249.

vent aussi* après la première évacuation sanguine, une jeune Gllc est quelques mois sans avoir ses règles. Ces mêmes phénomènes surviennent de nouveau à l'époque où l'évacuation menstruelle disparait et où la femme peni pour toujours le privilège de la fécondité.

IVl>< <ymptùni«es généraux accompagnent ordinairement le phénomène loojd de rbômcrrfaagie périodique^ et présentent même, surtout aux preiiùên^s ep^^iues, une certaine gra\ité. Des douleurs plus ou moins vives, aai«{ueU«r< sijouîe un sentiment de pesanteur, se font sentir aux lombes el àdtts k KiscsÙL II s j joint de la lassitude dans les jambes. On obserre, eu tUi^oie teaip$« une tuméfaction notable des mamelles; d*où l'on doit <oitcluD> que TacUvité se trouve exaltée dans le système génital tout entier. Wtiiiaut la durée de l'évacuation, Tintensité des battements du pouls dittùuue^ les yeux se creusent et s'entourent d'un cercle livide : la femme e(rrv>a%e uu atiaiblissement général, elle est plus sensible, plus impres- Monaable. Enfin, si Thémorrhagie se fait avec difficulté, surtout la prctuièi^e foiss à ces divers phénomènes se joignent de véritables symptômes morbides*

La durée de chaque écoulement menstruel est variable : tantôt^ comme nous Tavons dit, elle se réduit à trois ou qu«itre jours, et tantôt se prolonge au moins pendant une semaine.

La quantité de sang rendue chaque fois varie aussi d'une femme à l'autre et suivant diverses circonstances. D'après Burdach, elle serait seulement de 200 grammes; mais ordinairement elle s*élèvc à 300 ou 350 grammes. Elle peut atteindre jusqu'à 500 grammes, et môme aller au delà. En général, celte quantité est réputée moindre chez les femmes pauvres et mal nourries que chez les femmes riches et vivant dans l'abondance; chez les femmes chastes que chez les femmes lascives, etc. D'après Haller (i) et Burdach (1), le llux menstruel se reproduit même plus souvent chez ces dernières, dont quelques-unes sont réglées tous les quinze jours. Selon Parcnt-Ducbàtelet (3), il est quelquefois immodéré chez les filles publiques. Enfin, suivant Burdach {U) et Brierre de Boismont (5), il est plus considérable dans les pays chauds que dans les pays froids.

Heliitivcmcnt à la nature du liquide cxci^élé, on sait aujourd'hui que le sang des menstrues n'est ni fétide, ni vénéneux : l'analyse chimique, qui e\\ a été faite plusieurs fois, et l'explication physiologique que les découvertes modernes ont donnée de cette hémorrhagic ne permettent pas de dnute h cet égard. Hippocrale (6) et Aristote (7) n'avaient pas d'ailleurs ime opinion (lllfcrenle; car ils ont dit que le sang des règles était comme

(t) lUui.EH, E/rmnntn ph/sio!ogùv, Berne, i765, t. VII, liv. XXVHI, p. i45, 146. l'J) iiiiHUAcn, Traité th; physhhfjie. Paris, 1837, t. I, p. 288.

(U) Parent-Duciiatelet, De /n prostitution dam In ville de Paris. Paris, 1836, l. I. p. 248. '4) BURUACn, ourr. rit,^ t. I, p. 288.

5) RiEhHE DE Boismont, De la menstruation dans ses rapports- physiologique et pathA'r'

|M. Vw\*, 1842, p. 104.

tt) lllPPOCKATE, Nntura pueri, section 111.

,7) AKUTOTE, Histoire des animaux ^ liv. VII, ch. i.

celui qui coule d'une victirae» et que, comme lui, il se coagulait immédia* tentent. 11 ne devient ftUidc que par la malfuopreié, la chaleur, ou un long séjour dans les organes*

Quant à l'origine du sang qui s*écuule par la vulve» h chaque époque cataraéniale, Haller (i) savait déjà que ce lluidc vient de la maLrice; en effet, dans les cas de renversement ou de prolapsus, on l'avait vu s'échapper par gouttes de cet organe. Il le faisait provenir des artères, et, comme nous le dirons bientôt, attribuait aune pléthore la cause de son excrétion. On ne peut dire si le sang menstruel provient réellement des artères ou s*n coule des veines; car il s'échappe des capillaires interposés aux unes et aux antres, et répandus k la surface de la muqueuse utérine. Chez des femmes mortes au moment ou commençait Thémorrhagie, on a vu cette muqueuse engorgée, tatouée, pour ainsi dire, par un nombre infmi de petits points rouges, comparables à autant de piqûres par lesquelles suiutaient des gouttelettes de sang; en même temps, elle se trouvait parsemée c;à et là de petites ecchymoses sous-jacentes à son épithéliuni. D'après Coste (2), qui a hbservê un grand nombie d'utérus aux diverses périodes de la menstruation, le sang s'échappe des vaisseaux superficiels de la muqueuse utérine, non point par de larges déchirures, mais par de petites gerçures microscopiques à travers lesquelles il perspirc, comme cela arrive à la surtace de la membrane pituitaire dans le cas d epistaxis : c'est seulement quand des vaisseaux d'un asseît grand calibre, distendus outre mesure, tinissent par se rompre, que le flux nienstiiiel sort de ses limites naturelles, et peut donner lieu à des accidents graves. La muqueuse de Tu té ru s doit donc être profondément moditiée lots de rapparition de chaque flux périodique ; elle devient turgescentej son appareil vasculaire se développe et sUnjeete» ses glandules elles-mêmes grandissent visiblement. Mais, comme ces dernières modifications se rattachent 4rnne manière plus immédiate à la formation de la membrane ca<luque, et comme il nous faudrait insister d'abord, pour les bien faire cunqirendre, surcer* laines particularités de structure de l'utérus et de sa membrane interne, nous renvoyons la description de tous ces phénomènes, au moment où nous devrons faire l'histoire complète de la decidua.

En général, chez la femme, la menstruation se reproduit périodiquement tous les mois. D'après Briej-re du lioismont (î), chez un grand nombre de femmes, trente jours s'écoulent entre le moment de l'apparition des régies et celui de leur retour. D*après Schweig (/*), qui a lait sur soixante femmes plus de cinq cents observations, la valeur moyenne de cet intervalle serait de 27i"'*",39; c'est-à-dire que, dans la majorité des cas, î'hémorrhagie se reproduirait du vingt-septième au vingt-huitième jour.

Il est certain que les règles reviennentj chez un grand nombre de

(1) HALLEA, /fïi. Ct/.j p. 149.

(2) Coste, mvr. cit., p. 20<)»

(3) Briehiie ue tîoisiioNT. ouvr. eiL

[à} liosEit et WiTHitEKUCtfj Meifkinàcfw Vmififj<thmichn*1^ 184 a, p. 1.

774 DE LA GfiNÊHATIOll.

femmes, à des époques forl régulières, après un mois, jour pour jour. Le plus souvent elles anticipent de plusieurs jours sur l'époque suivante, plus rarement elles retardent.

Il règne plus d'incertitude sur l'époque de la première éruption des règles et sur Tinfluence que peuvent avoir les circonstances extérieures, les climats surtout, pour avancer ou reculer cette époque. On sait que, généralement, les règles commencent à couler quand les mamelles commencent à se gonfler^ et les poils h croître aux parties génitales. L'âge auquel se manifestent ces signes de la puberté, chez la femme, est compris, dans nos climats^ entre la treizième et la quinzième année. Mais il peut varier exceptionnellement, dans des limites assez étendues. Sans parler des cas dans lesquels on a vu sortir du sang de la vulve de petites filles i l'instant de leur naissance^ à trois mois, à deux ans, à sept ans, nous rappellerons que Haller(l) a vu lui-même une fille de neuf ans, petite, délicate, etc., réglée^ dît-il, depuis quelques années; une autre qui est devenue enceinte au môme âge, et d'autres qui sont devenues mères à dix ans et à douze ans.

Quant à l'influence des climats, Haller admettait que les filles sont nubiles plus tôt dans les pays méridionaux que dans les contrées septentrionales, dans les plaines que dans les montagnes, où l'apparition des règles est souvent retardée jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans.

Aujourd'hui, on admet encore généralement que la menstruation est plus précoce dans les pays chauds que dans les pays froids. La température exerce-t-elle, en et!'ot, une action aussi directe sur l'évolution de l'appareil génital? Les recherches d'un grand nombre d'observateurs modernes, et en particulier cellt^s do Brierre de Boismont, tendent à démontrer que cette influence, tout exagérée qu'elle a été, n'en est pas moins réelle; d'un autre coté, J. Hoberlon (2), chirurgien à Manchester, a exprimé une opinion opposée dans deux mémoires publiés il y a peu d'années sur le même sujet; et Pritchard (3i necraintpas cravancer que les preuves sur lesquelles cette dernière opinion est établie sont parfaitement satisfaisantes. Roberton cherche h prouver qu'il n'y a j)as de différence, sous le rapport de la précocité, entre les femmes blanc^hes et les négresses; que, dans le Nord, les femmes sont souvent menstruées de Irés-bonne heure; que, dans l'archipel Indien, la puberté n'jirrive pas plus tôt qu'en Kuroj)e, etc. Mais, sans entrer ici dan*^ une discussion (|iii siîrait trop étendue, nous ferons observer que l'auteur de ces deux mémoires a dû se seivir de documents inexacts ou peu précis, et qu'il a donné de ces docunienls une interprétation fautive: i nous cherchons, en eii'et, h (l«Heriiiiner l'âge moyen auquel apparaissent les règles, d'après les données plus récentes qno la science possède, et si nous comparons les âfijes moyens de la menstruati(m dans des climats

(1) Haller, /iv. nt.^ p. 139.

(2) J. RoBERTON, An Iinjiiin/ info th^ Sninral Hfxfon/ 0/ the Me/tHrun/ Fu»rtion {Edtnh. Med. a,)'/ Surf/. Jour,/., t. XXWIII, 1832. p. 227). — O/; the Perind of Puherttf in Sef/r,, Women ilhùt., 184^, t. LVIU, p. 112).

(3) Pritchard, liisioirfi unturrih dp r homme. Paris, 1843, t. Il, p. 252, trad. de RoOLn.

offirant entre eux des différences sensibles, nous ne tarderons pas à découvrir dans ces âges eux-mêmes des différences assez notables. Ainsi, tandis que Tâge moyen est de 16*", 75 à Varsovie, il est de 1A*»«,75 à Paris, et de iS««,% à Marseille; c'est-à-dire, pour prendre les limites extrêmes, que la puberté est plus précoce à Marseille qu'à Varsovie de 2*",81 ou près de 3 années. Lorsqu'on mel en parallèle deux pays séparés par un petit nombre de degrés de latitude, il est possible que leurs températures soient égales, ou la différence de ces températures assez faible pour que leur influence sur la menstruation disparaisse devant l'action de causes agissant en sens opposé. Mais, quand on compare des pays dont la distance à l'équateur est très-inégale, et dont, par conséquent, les températures sont ordinairement fort différentes, le résultat de cette comparaison est toujours favorable à l'opinion généralement admise, qu'une température plus élevée rend l'éruption des règles plus précoce.

Bien des incertitudes existent encore relativement à la détermination de l'âge auquel cesse la menstruatioiffi Parfois, à trente-six ans, des pertes blanches succèdent aux hémorrbagies périodiques, et les femmes deviennent stériles. Habituellement, vers quarante ans, du trouble survient dans la périodicité des menstrues, on observe des alternatives entre de grandes pertes sanguines et de longues suppressions, et, vers cinquante ans, les règles cessent entièrement. D'après les observations de Brierre de Boismont(l), c'est de quarante à cinquante ans que la cessation des règles est plus fréquente, et l'âge de quarante ans est celui oh elle a eu lieu chez le plus grand nombre des femmes qui ont été le sujet de ses observations. Quelquefois il y a retour des règles, et, pour ainsi dire une seconde jeunesse, jusqu'à cinquante-cinq ans, soixante-huit ans et au delà, pendant laquelle la femme peut recouvrer sa fécondité : d'après Haller (2), on a vu des femmes de sôixanle-dix ans avoir des enfants.

Le climat a-t-il une influence sur la disparition définitive des règles? Cette influence est-elle analogue à celle qui s'exerce sur leur éruption ? Les règles, qui sont plus précoces dans les pays chauds, se suppriment-elles aussi de bonne heure dans ces contrées; et l'inverse a-t-il lieu dans les pays froids? C'est le sentiment de Haller. Mais, en se fondant sur les seuls faits que nous coimaissions, il est impossible d'émettre à cet égard une opinion positive. Ainsi Frank, cité par Brierre de Boismont(3), a eu l'occasion de -se convaincre, dans la Lombardie, qu'un grand nombre de filles, réglées de bonne heure, cesse pourtant de l'être seulement .vers quarante* huit ans ou même plus tard.

La gestation suspend les règles : c'est même presque à ce seul signe que les femmes reconnaissent d'abord leur grossesse. Cependant Haller en a vu qui sont restées réglées jusqu'au huitième mois, et même pendant toute

(1) Brbrre de Boismont, ouvr, cit. .

(2) Haller, /ib, ot/., p. 1^2.

(3) Brierre de Boismont, ouvr, et/., p. 211.

DE lA GÉNÉRATION*

la tlm'ée île la geslaliotit dans plusieurs grossesses successives* ll*i (dit-on, n'auraient été réglées qtie pendant lour grossesse; mais non

rons tout î\ rheurc ce qu'il faut penser de cette assertion.

L'allaitement n'entraîne pas laujoors U suppression des règles, et il m [pas très-rare de voir des nourrices menstruées. Aussi, dit Haller(!), U la

tiition n enipôche-t-elle pas une femme de devenir grosse., quoique Top 1 niou contraire soit généralement accréditée.

Enfin il existe un assez grand nombre de femmes qui, pendant toiile k I vie ou pendant plusieurs années» n'ont pas été réglées; et néanmoins, pl^ [sieurs d'entre elles ont eu des enfants. Cette exceptioa apparente^ qu [lorsqu'elle ne lient pas à un état particulier des ovaires» peut dépend .d'une structure spéciale de rutérus» n'attaque en aucune manière le^ lo

qui établissent un rapport intime entre la menstruation et révolulicm ot [rique. Mais peut-il arriver, ce qui serait plus extraordinaire, que des femii Iqui n'ont jamais été réglées le deviennent dans le seul temps de la gr

sesse? Maygrier (2) en a cité un exemple. Outre que Desormeaux a nié I [faits de ce genre» Négrier (3) pense avec raison que, dans ce cas, cob jdans un autre dont il a été témoin, la femme, sans perdre de sang, ofih

à toutes les époques préeédanl la grossesse, les prodroaies de bt nienUi

lion, qu'elle rendait même par la vulve un liquide muqueiix blanchâtr

rappelant l'écoulement menstruel, et qu'elle pouvait, par conséquen

avoir fourni, durant les premiers mois de la grossesse, quelques exsud

lions sanguinolentes.

Telles sont les diverses phases et les principales variations que nou* offre rhémorrhagie menstruelle chez la femme. Il ne uous reste pluî* qrf rappeler, en i^eu de mots, les relations qui existent entre ce phénomène i celui de l'expulsion spontanée des ovules, à déterminer ainsi la vraie eau delà menstruation.

Cette cause tut longtemps ignorée. Sans parler de toutes les hypothè que Fantiquité avait laites sur ce sujet, nous ne pouvons nous empêcher { dire que Haller (h) lui-même n'avait assigné à ce phénomène, si renia quable par sa périodicité, d'autre cause qu'une pléthore périodique. grand physiologiste donnait, pour preuve de son opinion, la manifestati^ lies divers écoulements sanguins qui paraissent suppléer les règles, lorsqil celles-ci manquent, et qui se fout, soit par les pounioosj soil parles inta tins, etc., tantôt sous la forme de vomissenienls^ tantôt sous celle d'h morrholides, etc. Après avoir comparé longuement la force des vaisseafl cbex les mâles et chez les femelles, il avait conclu que, che^ ces dernier les artères s'amollissent en approchant du bassin, première condit favorable à rhémorrhagie cataméniale. D'un autre côté, la nature, peu

(i) HAiLEn, iw. ciï., p. 143,

(2) MAYCBiER» Bici. des sciences méd.^ L XXXII, p, 377.

(3) NÉGHIËR, Hecherches anatom, et phjtioL *«/' ks ovaires de t espèce humoimr, iUù, p, 59,

[à) Uailer, fiv, df.f p. 151, il Tu

ÉLÉMENTS DE LA fïE PRODUCTION ftANS LES DEUX SEXES. 777

il, avait rendu les femmes plétiioricjues, afin que, lorsqu'il eu serait temps, elle trouvât dans la matrice une quantité <ie sang suffisante pour eu transmt*tLre abonda m mcot au fœtus. Il est inutile de dr^velopper cette théorie irès-lonjE^Micmeut exposée par sou auteur et eomplélemeot itiadmissiblc aujourd'hui.

Bm^daeh(l), sans plus de raison, attiibne rexistencede la menstruation, chez la femme, à ce que la force plastique a bien plus d'énergie chez elle que chez rhomme. Non-seulement il pense que l ertiptioudes rèi5;les a pour but de débarrasser Téconomie d'un excès de sang, mais il admet encore, avec Testa, que la matrice, en accomplissant cette fonelion, peut être considérée, en quelque sorte, comme un poumon accessoire : il prétend, en effet, avec Lavagiia, ce que rexperieoce n'a pas confirmé depuis, que le sang menstruel contient moins de fibrine, moins daxole, et plus de carbone que le sang artériel; en un mot, que ce liquide a les caractères du sang veineux, que sa perle débarrasse l'économie, au lieu de l'aifaiblir, et qu'ainsi la menstruation sert de complément k la fonction pulmonaire, c'est-à-dire à l'hématose.

Nous en avons déjà dit assez sur les causes de la menstruation, et sur les rapports qui lient ce phénomène à celui de la chu le spontanée de l'œuf» pour ne pas nous arrêter h combattre ces Iiypotbéscs dénuées de toute espèce de fondement. Nous avons vu que Négrier (2), le premier, constata expérimentalemenL le lien qui existe entre la fonelion des ovaires et le retour des époques menstruelles. Il rappela, d'après les observations de Simon, de Pott; de Pcarson, que la menstruation ne s'établit jamais chez les sujets manquant congénitaieraent d'ovaires, et qu'elle n'a plus lieu après la deslruction de ces organes; que, tout au contraire, d*après les observations d'En gel, de Dupuytren, de Bloxam, il y a nubilité, désirs vénériens, et congestion hypogastrîque plus ou moins périodique chez quelques filles pourvues dovaircs. mais manquant d'utérus. 11 établit, par ses recherches propres, que jamais les ovaires lIcs femmes menstruées, de quelque Ûgc qu'elles soient, ne manquent de cicatrices vésiculaires ou de corps jaunes; que les ovaires sont développés ou petits, vésiculcux ou peu vésiculeux, renferment beaucoup ou peu de cicatrices, suivant que les femmes sont précoces et perdent beaucoup, ou qu'elles se trouvent dans les conditions opposées ; et il eu conclut que l'évolution des vésicules de de Graaf estîa cause de la menstruation. Aîfirmanl aussi que parfois on rencontre des cicatrices sur les ovaires de filles qui n'ont pas encore été menstruées, et que, pendant la grossesse, l'évolution vésiculaîre est très-lente, il en conclut encore non-seulement que les ovaires sont la cause de Texcitation de Tutérus, maïs que jamais rutérus ne devient cause d'excitation pour les ovaires.

Les relations entre les modifications ovariques et la menstruation ou le rut oui été confirmées par de nombreux observateurs, et justifiées par

(1) BunDACit, Traité de fihysmlogie^ Parîs, i837, t. f, p* 287.

(2) né4;ïueiij oui*t\ ui,j \K aa, 7L

778 DB LA GÉHÊRATKm.

l'élude des faits précédemment exposés (1); elles ont même été qoelque* fois étendues hors de leui*s limites naturelles. Ainsi Raeiborski (2)altribQe aux ovaires non-seulement la cause du rut, mais encore rôdeur qui le caractérise.

Négrier (3) pense que Thémorrhagie menstruelle est à son plus haut point, quand arrive la rupture de la vésicule de de Graaf. La plupart des autres auteurs qui ont écrit sur ce sujet admettent que Tépoque de cette ropture coïncide avec le terme de Técoulement sanguin. Mais, nous Tavons vu, h déchirure de la vésicule peut se faire aux divers moments de l'hémorrhagie périodique, être hâtée ou retardée par certaines circonstances, ou enfin avorter : le plus souvent elle s'opère à la fin de la période cataméniale, oo même lorsque le flux a complètement cessé. Dans tous les cas, l'époque de l'hémorrhagie utérine coïncide avec celle de la maturité de l'œuf, et il est évident que celle hémorrhagie et cette maturité concourent à un même but, la conception. L'œuf, en mûrissant, dc\ient un élément germinateur prêt à sortir de Tovaire et à se développer. L'hémorrhagie n'est que le symptôme extérieur d'une turgescence utérine, et de modifications particulières qui, nous le verrons plus lard, préparent la matrice à recevoir cet élément, à le conserver, à en favoriser le développement. Que l'œuf se détruise et se perde, ou qu'il fructifie et poursuive son évulution, peu importe ; le fait ne se réalise pas moins de la même manière. Chaque fois qu'un œuf devient susceptible d'être fécondé et d'entrer dans la voie de son évolution, l'utérus subit un travail préparatoire qui devrait aider i cette évolution dans le cas où la fécondation aurait lieu. C'est précisément ce travail qui se traduit au dehors, chez la femme, par 1 hémorrhagie menstruelle, et chez les animaux par les symptômes locaux du rut. 11 est d'ailleurs difficile de dire si la rupture do la vésicule ovarique, ou plutôt la maturation de l'œuf, est la cause de la menstruation, ou si ces phénomènes ne sont pas tellement liés entre eux, qu'aucun d'eux ne soit sous ta dépendance de l'autre, mais que tous les deux résultent en même temps d'une cause plus générale.

B. — XHi ■penne.

L'élément mâle de la reproduction est le sperme.

Le sperme est un liquide épais, filant, d'une couleur blanchâtre, d*une pesanteur spécifique plus grande que celle de l'eau, d'une odeur particulière qu'on a assez bien caractérisée en la comparant à celle qu'exhale la râpure d'os, et que H. Wagner {U) attribue aux sécrétions mêlées à la semence plutôt qu'au sperme lui-même. Il verdit les couleurs bleues végétales; mais, en f^'énéral, on a rapporté celte réaction légèrement alcaline

(1) Voyez plus haut, page 767.

(2) Racfborski, /> la pnherlé et de Fôge critique, etc. Pari», 1844, p. 379. (3} NÉGRIEK, ouvr. cit., p. 77.

'^) R. Wagner, ilis/uirr itf in u''uorntion rt du t/rvfi/opfHntirtd, Bruxelles, 184!, p. 38, \uct. par Habets.

ÉLÉMENTS DE LA RBPRODUCnON DANS LES DEUX SEXES. 779

à la liqueur prostatique qui est toujours mélangée au sperme après l'éjaculation. Il est solublc dans l'eau et dans les acides, et se coagule sous Tinfluenee de Talcool. Abandonné à lui-même, il laisse déposer des prismes à quatre pans, terminés par de longues pyramides quadrangulaires et groupées en étoiles, qui sont du phosphate calcaire ou du phosphate ammoniaco-magnésien ; puis il se dessèche en une lamelle jaune, fendillée, insoluble dans Teaa Soumis à Taction de la chaleur^ il donne naissance à de l'ammoniaque, et bientôt répand l'odeur de la corne brûlée.

Ces caractères physiques et chimiques nous apprennent peu de chose sur la nature du sperme. Les diverses analyses qu'on a faites de ce liquide ne nous ont pas éclairés davantage. Vauquclin (1) a trouvé dans le sperme de rhomme, 90 parties d*eau, 6 d'une matière extractive ou d'une substance mucilagineuse particulière, 3 de phosphate calcaire avec un peu d'hydrochlorate de chaux, et 1 de soude. Berzelius (2) n'a rien ajouté à cette analyse : il a seulement étudié avec plus de soin, mais sans arriver à aucun résultat digne d'intérêt, la substance animale signalée par Vauquelin, et désignée depuis sous le nom de spermatine. Cette matière a de l'analogie avec la fibrine, mais elle en diffère par sa solubilité dans l'acide azotique et son peu de solubilité dans la potasse; elle se rapproche aussi du mucus par la propriété qu'elle a de se gonfler dans l'eau, mais elle en diffère aussi par celle de se fluidifier et de se redissoudre dans ce liquide. Aucun travail sérieux n'a été fait, depuis ces deux chimistes, sur la composition du sperme, et l'on peut dire que nos connaissances sur ce sujet sont encore des plus imparfaites. — (]ette imperfection tient surtout à ce que l'analyse a porté sur la masse des divers liquides excrétés pendant la copulation, et non sur chacun d'eux en particulier.

L'observation la plus superficielle suffit pour démontrer que, dans le liquide de l'éjaculation, une mîitière blanche et opaque est mêlée, en proportions variables, à une matière plus translucide. De là résulte la demitransparence du fiuide séminal, qui est d'autant plus clair, comme Haller (3) l'avait déjà remarqué, que le sujet est plus faible, et que l'acte dans lequel il est évacué est plus souvent répété. Cela tient à ce qu'alors le liquide rejeté renferme beaucoup plus d'humeur prostatique et de mucus uréthial que de sperme propremenl dit (*).

(1) Vauquelw» Annotes du Muséum, t. X, p. 169.

(2) Berzelius, Traité ffr chimie. Paris, trofl. frnnr.^ 1833, t. Vil, p. 557.

(3) Haller, Elnmt'ntn ph}isiohffio\ Berne, 1765, t. VU, p. 517.

(*) E. Godard a fail, dans lc< haras du Poitou, des recherches sur le liquide éjaculé par des étalons et des b.iudets dans les différentes saillies successives d'une même journée. Il a constaté (|ue \o sporme, ({ui était assez ôp^is, très opalin, de couleur ambrée dans la première monte, devenait de plus en plus clair et de moins en moins épais, de telle sorte qu'à la quatrième saisie ce liquide était absolument comme de l'eau, et contenait à peine quelques rares animalcules. Aussi était-il aisé, à la vue seule, de distingpuer le sperme éjaculé par le même animal aux divers moments de la journée. D'après le môme observateur, la semence de la première monte du matin aurait seule des propriétés fécondantes certaines ; et, dans les haras, il serait avantageux de ne faire faire au même animal qu'une saillie par jour. Une saillie tous les deux jours serait même préférable : en agissant de la sorte, on obtiendrait un meilleur résultat qu'en obligeant les étalons à quatre et cinq montes par jour. (.Vo/^ œmmutiiquée,)

DE r.* Gf.NtRAnON.

En effet, la semence ^jarulée pendant le coït se conipoîie de plu [liqueurs sécrélécs dans des organes distincts, douées d'une iujportince A [de propriétés dilTércutes,

1** — Le sperme proprement dit est le lir|iiide qui, formé dans le tesUQilet jgonlle quelquefois cet organe, l'épididjme el les canaux détérentSy jg (même que les œufs distendent Tovaire au moment de leur maturilé : et jgontlemcnt est facile h observer chex les mâles, surtout à Tépoque du rot [Ce lloide, de couleur tn^s-léj^^èremenl ambrée, est épais, et il forme» d«iasl€ [liquide éjaculé, des grumeaux d*autanl plus volumineux que le sujet se U^Te pins rarement au coït,

2"— Un autre liquide est sécrété par les vésicules séminales. Haller (l)iiiil soupçonné que non-seulement ces sacs membraneux servent de résenw uu sperme, mais encore qu'ils sécrètent une humeur spéciale analu-î ' celle de la prostate, des glandes de Cowper et des follicules de Vun Les données de l'anatomie comparée et les recherches modernes oot • firme et étendu cette manière de voir. Ainsi, chez plusieurs animaux vésicules séminales sont tout h lait indépendantes des canaux déférenb s*onvrenl séparément dans l'uréthre; chez Tliomme, d*après les obsenations de E. IL Weber (2), on trouve bien des spermatozoïdes dans ces vésicules, lorsque les canaux déférents en sont remplis, mais toujours en quantité moindre que tlans ceux-ci.

30 — Le î^uc de la prostate a été considéré par certains auteurs coruine ayant une aussi gramle importance, chez Thomme, que rhtimcur même du testicule. Mais, comme Galien(3) l'avait fait observer, quoique ccite humeur soit toujours sécrétée chez les castrais, elle ne suffit pourtant pas pour leur conserver la puissance fécondante. L'anatomie comparée nous a appris, plu? lard, que heauconp d'espèces se reproduisent, quoique les mâles u'ali pas de proslale. La sécrétion de celle glande est néanmoins très-acti^ chez rhomme en particulier, au moment du coït; et Haller {h) a pu dirc^ non sans quelque raison, que le volume de la prostate devenait plus considérable chez les individus lascifs.

/r — Enlin, il faut ajouter aux liquides précédents l'humeur fournie les glandes de Cowper et par les innombrables follicules muqiieux s'ouvrent dans toute la longueur de rurèthre.

Tels sont donc les liquides élémentaires du mélange desquels rési liqueiu^ complexe de l'éjaculation, liqueur soumise k Texamen des raistes, et dans laquelle j'ai signalé une propriété èmukive des plus noncées (*).

(1) Ualleh, Elementu phjnûhgia^^ t, VU, p. 540.

(2J E. U. WebeRj Mémoire sur un veitige d'utérus chez les mates des mammifèrm, i itructtitf; de la piaHatr ei sur A» t) laudes delà muqueuse utérine (Archivée ttan>aimKW$ rnfr et de ptiyuolafjie, Puris, 184*}, p> 381),

(3) Halio, ffc uiiiitaie pardum^ liti. XIV, cap* U* De semintj lib, II, cap. n.

(Ù) Uallkh, KU'menUt physiolûguff U VU, p. ij41,

{*) LoNGET, Action du fluide fét7ûnal sur test corjis gras neîdrt$ {Cùmptm rtnéméefà deM sciences de Paris ^ décembre 1854).

Si l'on méte avec le fliiUk séminal une matière grasse prétbblemeiit reoonmid nnilrr 1

Maiis ce que l'analyse chimique n'a pu faire encore, Tanalyse anatomique l*a accompli avec le secours du microscope : elle a distingué, d'une manière tranchée, les liquides qui proviennent de tous les organes sécréteurs accèssoires, du liquide exclusivement fccondarUqui vient du testicule.

Les premiers renferment un grand nombre de globules muqueux, des plaques épithéliales entières ou divisées, à noyaux très-distincts, et souvent fort abondantes, surtout dans les cas dlrritation cbroniqiie de !a prostate et de l'uréthre. Ces liquides ne constituent pas Félément fécondant; ils en sont, ponraiubi dire, le dissolvant elle véhicule. Non-seulement ils varient beaucoup, dans les diverses espèces animales pour la quantité et pour le nombre ou la nature des orf^anes qui les sécrètent, mais encore ils sont remplacés, chez quelques animaux, par d'autres liquides qui ont ordinali'eojont une destination différente. Ainsi Prévost et Duoias (1) ont Fait observer que, chez la grenouille commune, les canaux efTérenls des testicules allant s*ouvrir dans les uretères, l'urine sert ici à diluer la semeuce et remplace les liumeurs fournies, chez les maujmiféres, parles divers appareils connus sous les notns de prostate, glandes deCowper, elc*

Quant au sperme proprement dit, il renferme une partie (îuidc, quelques globules analogues aux globules muqueux» des granules élémentaires quelquefois trèS'brtllants, cl, par-dessus tout, une innombrable quantité de corpuscules mouvants, tlliformes, qui constituent presque entièrement Thumeur produite par le testicule, et lui donnent, par leur abondance, sa ténacité et sa consistance visqueuse. Ces corpuseules mouvants sont Télémentcaractérisliqoc du sperme, et paraissent être l'élément réel de la fécondation. Ils existent rhez tous les animaux; on les trouve toujours incorporés à l'œuf fécondé; leur absence rend la fécondation impossible. C'est indiquer assez leur importance, et justiOerlesoin que nous allons apporter dansTétude de leur forme, de leurs propriétés, de leur développement et de leur nature.

Des spermatozoïdes.

Louis Hamm, jeune étudiant allemand, vit le premier, en août 1677,

rituile d*olive, par exemple), et ai on les agite ensemble, le mélange se transforme ausailôt en un liquide scmlilatile à du Liil; il se f-iit une hniiltltm. Celle-ci est lellenwist rarfaitc, que jusqu'au moment même de la piJtréf:icUon, avec «ne tmifiérature d© 4" l** ^ 20 rlejcrés centigraiies, le liquide blanchâtre crémeux ne change pas du ton! d*appareiice, et qu'il u'y a, ivir le repos, aucune séparjtion entre la matière grasse cl le lluide séminal. — Ce fluide no par«U pas devoir *a propritHft émulsive à l'atcati (smide) qu'il renferme ; eu effet, neiitralis«-t-on ce dernier par raciile acétique, ou même vîenl-on ^acidifier ïa liqueur, Témulsion se produit, dans Tun et l'autre cas, comme auparavant; seulement elle est moins persistante, — Si, après avoir précipité, à raidft de l'alcool, la matière coagulabïit du lloidc séminal, on la redissoul enstiile datis une petite quantité d'eiu à + ^^* degrés centigrades, U solnibn offre encore le pouvoir émulsif que j'îii dt^couvert dans ce (luide à TéUt normal. — Etilm, il résulte île mes essais comparatifs sur diverses espèces d'albumines mélangée* avec de riiuik% du saindoux, du beurre ou du suif, que les émulsions ainsi ohlenues n'ont rien de comparable, sotii le rapport de la perfection et de la durée, ;ivcc celle* qui proviennent do liquida séounal.

Il csl présumable qti'une pareille propriété, danî ce liquide, se rattache à certaines conditions encore inconnues de l'acte générateur.

(1) raÉvoST cl DUMAS, Antu tltsif st:kncei mit., t. 1, p. 278.

782 DE LA GÉNÊRATlOlf.

dans le sperme humain, des filaments qu*il regarda comme des aidmaox vivants, et les montra à Leeuwenhoek. Celui-ci^ habitué aux observations microscopiques, les étudia attentivement chez Thomme et chez plusieurs animaux, puis communiqua cette découverte à la Société royale de Lon« drcs^ au mois de novembre de la même année. La description de Leeuv^enhoek (1) parut, pour la première fois, dans les Tronmctions philotopkiques (déc. 1677; janv. et févr. 1678). N. Hartsœker (2) prétendit avoir vu ces petits animaux dès 167/!i ; mais il ne les décrivit dans le Jovmal éa Bavants (\\x'^n 1678. D'ailleurs, personne ne donna sur eux autant de détails que Leeuwenhoek; et, depuis ses observations jusqu'aux dernières r^ cherches qu'on a entreprises de nos jours à leur sujet, aucune œuvre intéressante n'était venue éclairer d'un nouveau jour l'histoire de ces singulières productions. Si Ton en excepte le mémoire dans lequel Gleichen (3) les compare à des infusoircs, il faut arriver à Prévost et Dumas (ft) pour voir commencer une série de travaux sérieux sur la signification de ces corpuscules et la manière dont ils se développent: nous aurons bientôt à apprécier plusieurs de ces travaux, et à donner notre opinion sur les résultats auxquels ils ont conduit leurs auteurs.

Les spermatozoïdes sont des éléments organiques, en général filiformes, n'ayant ni structure ni organisation apparentes. Doués d'un U)Ouvement propre et se trouvant constamment, à l'époque du rut, dans la semence de tous les animaux, ils se forment directement par le développement de noyaux ou de contenus de cellules, mais ne se reproduisent pas. fis constituent, selon toute probabilité, la partie fécondante du sperme.

Ces éléiiicnt,s de reproduction, connus d'abord sous le nom de jHitits amviaud' ou de petits vers sftermatiqueSy furent siicocssivomcnl désijinés par les dénominations iVannna/culcs s^jermatiquesy de zoospennci?, de fdnments Sf)tr' matiques, de spfrtnatozoaires, A toutes ces dénominations, dont plusieurs ont l'inconvéni(Mit de préjuger la nature même des corpuscules dont il s'agit, nous préférons celle de spermatozoïdes , introduite dans la science par Duvernoy (5).

Les spermatozoïdes de l'honime sont formés, comme ceux d'un grand nombre d'animaux, d'une partie renflée à laquelle on a donné le nom de corps ou de tète, et d'un filament qu'on a désigué généralement sous le nom de qufue. La tête est ovoïde, un peu aplatie. La queue, faisant suite à la grosse extrémité du corps, et assez épaisse à son origine, s'amincit à mesure qu'elle s'en éloigne, et se termine par un liiameut très-délié. Un grossissement de trois à quatre cents fois est nécessaire pour laisser apercevoir les contours délicats de ces corpuscules. Kn effet, leur longueur to

(1) LeKDWEHHOEK, 0/>/»/Yi omnitij t. I.

(2) N. Hartsceker, Pi'f/'vrn ffpf nonrsvhtku/iffr sfn sprciminn Dinptri'Ts^ p 223.

(3) Gleichen, Ahhmnllunyen iiber flie SaumPn-untl Infwiioitsthiprrhen, Nuremberg, etc.,

{h) Prévost ot DrMAS, Ann. ih's .<rirno\^ uni. Paris, IS'i^. l. I.

(5) Di'VKKNOY, Cours |^^ofc^?s^'• au Collrpc de France. P.iris, 1811. 2" fascicule, p. 48 -

Dii'tkmii'i.rr ni'in-i ^ hr/ii\t. nnf., Mrt. ANIMAL, t, I. p. Ô'JS.

laie est seulement de ^ de millimètre^ et le grand diamètre de la tête n'excède pas ifô ^ Foô ^^ millimètre. Ils sont plus grands dans d'autres espèces animales; et bien que, chez la plupart des mammifères, leur forme soit analogue à celle des spermatozoïdes de l'homme, on peut dire néanmoins que, dans les classes, les genres et même les diverses espèces, ils offrent dans leur aspect des différences notables. Ces variations sont assez sensibles pour que plusieurs naturalistes aient rangé tous les spermatozoïdes connus dans les cadres d'une classification analogue aux classifications des espèces animales. Nous exposerons bientôt les raisons qui nous font rejeter à la fois l'opinion de leur animalité, et la possibilité de les classer comme de véritables animaux. Il est bon pourtant de constater la diversité des formes qu'ils nous présentent dans les différentes espèces, quoiqu'au fond on ne doive pas peut-être attacher à cette diversité une grande importance. R. Wagner (1) a signalé, depuis plusieurs années^ les plus remarquables de ces différences chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles^ les poissons et les invertébrés.

Ce qui frappe le plus, quand on observe des spermatozoïdes récemment expulsés du corps, c'est la rapidité et la nature de leurs mouvements, qui leur avaient fait donner par Spallanzani (2) le nom de corpuscules mcnwants, avant que cet observateur se fût prononcé en faveur de leur animalité. Ces mouvements n'ont rien de commun avec ceux qu'on observe parfois sous le microscope dans des particules entraînées par des courants plus ou moins fapi4QS^ ou avec le mouvement moléculaire sur lequel R. Brown a appelé, le premier^ l'attention des micrographes. En effet, on voit les spermatozoïdes se diriger en avant, comme s'ils tendaient vers un point déterminé, revenir en sens contraire, suivre chacun une direction différente, se heurter, se séparer, passer entre les lamelles épithéliales ou les globules muqueux qui les environnent, s'abaisser dans le fluide oh ils nagent, ou s'élever à sa surface, s'agiter, en un mot, comme sous l'influence d'une impulsion volontaire. Henle (3) a essayé de mesurer leur vitesse chez l'homme, et croit s'être assuré qu'en sept à huit minutes ils peuvent parcourir environ 2 centimètres.

Le mouvement des spermatozoïdes paraît être produit par les ondulations de la queue. Il cesse après peu d'instants, sous l'influence d'une température trop élevée ou du dessèchement, et aussi sous l'influence du froid et de la congélation; seulement les animalcules sont susceptibles de reprendre leurs mouvements, si le liquide coagulé est ramené à la température ordinaire. La démonstration de ce dernier fait appartient à Godard (*). Si l'on a soin d'entretenir la fluidité du milieu dans lequel s'agi-

(1) R. Wagner, Histoire de la génération et du développement, Bruxelles, 18 Al, p. 12.

(2) Spallanzani, Opuscule de physique animale et végétale, Pavie, 1787, t. Il, p. 10.

(3) Henle, Anaiomin fjéw}ralc. Paris, 1843, l. Il, p. 533.

(*) u Le 18 janvier 1855, dit cet observateur, j'ai constaté que le refroidissement peut » amener la cessation momentanée des mouvements des spermatozoaires ; pour cela, j'ai fait » l'expérience suivante. J'ai examiné au microscope du sperme récemment éjacuié ; il renfern mait des animalcules doués de mouvement ; j'ai fait congeler ce liquide, puis j'ai examiné

DE LA GÉMÊRATJON.

lent les corpuscules spermaliques et de maintenir sa ietnpéralure aui degré que celle du corps, on peut en prolonger la durée pendaDt un 1 lrés4ong. Ainsi Godard (i) les a vus persislcr plusieuî'S fuis qui heures, une fois soixante et douze heures, une autre fois quulreheures, D'après cet ubscrvaleur, qui a toujours eu le soin de conser dans des vases bien fermés le liquide sur lequel il expérimentait, la duti des mouvemenU des animalcuies serait en rapport avec IVtit de viguc et de santé des hommes qui ont fourni ta semence; et, quand la du de ses mouvements se prolonge, elle indiquerait une aptitude plus granil k féconder* Dans une goutte de sperme épais» extraite du canal déférêii les speruiatozoïdes, accumulés et coni(>rïniés par leur masse même» se meuvent avec lenteur : mais si Ton étend cette goutte, par exemple avec du sérum du sang, leur mouvement devient plus vif et continue plus lo temps, La durée des mouvements paraît varier dans les diverses esp animales (•). Chez les mammifères et chez l'homme, R. Wagner (2) dit avoir observés encore après vingt-quatre heures» — Si, au lieu de faire* recherches sur du sperme fourni par i"éjaculation ou extn'iit des orgi milles^ on va recueillir les spermatozoïdes dans les organes mêmes où i sont normalement introduits^ etoii leur conservation doit ôlrc par con quent mieux assurée, on reconnaît que leur faculté motrice persiste bi^ au delà du terme précédent. Plusieurs observateurs ont acquis cette ccr tude en examinant du sperme trouvée dans le vagin^ et surtout dans l'utérus et dans les trompes de Pallope. Lecuwenhock (3) pensait que lesîfj matozoïdes peuvent se mouvoir dans ces organes durant plus de buil à i jours. Prévost et Dumas {l\) ont vu des spermatozoïdes se mouvant encof dans les trompes de chiennes, sept jours après le coït; Bischotr (5) a serve le même phénomène, dans les trompes de lapines, huit jours apci raccouplement.

L'influence de divers agents se fait sentir d'une manière Irès^mania

\n UI1G goulteleLle provenant du petit glaçon : eUe reofermaii des animak'ules imrriabîlti. l'il » Hut cbaulîer la plaqi^c, ei bienti^t quelques animalcules ont repris leur mobilit» , L'exp 9 répétée plusieurs to\% a toujours donné le même résultat, m {Eludt^^ sur la monorcku cacnjpitirchidiecftezi'hofiimt'. raris, 1857, in-8j p. 34, notel.)

(1) CoMRD» ouvr, cii.j p, 3i(, ROle 1. (*] E< €oDABi> n*a jamais trouvé d'animaîcules doués de mouvement dzins le lt(|uiile4

des caïialicules spcmiatiqucs de Tliomme, roCnie ctiez des sopplicitsel crbcz des îndivâiliiii par acciilcnt ; au contraire, tt en a trouvé presque conMiimmcnl dans le coritetiu de cet i cules chez le» animaux, niéme longtemps après la mort, l'tie Tois seulement, §ur tto sup il a vu des spermatozoïdes en mouvement, dans les canaux déférents et les êpidid|me«, : huit heures après Ïa décaf^î talion. Ayant répété la même rectierclic cttufuuntt'-qtuttrt i ffprès la mort d'un autre indivi^lu décapité^ il a pu apcrcf'Vûir un spermatozoïde doué T vement dans le liq^ntle pris dans le canal déférent, — Ctiex les animaux, les tii<mi^ jtpi'rnudoïoïdcs ptîrsistpnt iréi-long temps dans i cpjtîidviiic et dans tes cniiaux déféra le tnéme observateur a vu des iinîniatcules se mouvoir d^ins le sperme recueilli à la têt# d«r|| didyme, dMt uti taureuu, sfnrdnfe-ikiu: heure^f après ta mort de l'anifiial. (0**fr. cil.» p. note \, et p. Gâ, note 2.)

(2) n. Wacnek, ouvt\ tit,^ p. 25.

(3) LEEUWEtiHOEK» (iftcra omnia, 1722, t. I, p. 150. (H) Prévost et Dumas, Ann* iMv science f «a/,, r« série, t. lil, p, 122. (5) BlSC«QFF^ \n MiiLLCR's AtdtiVy 18/11, p. 1(ï.

ÊLÉMeNTS DE LA nEPROOUCTION DANS LES DEl/X SEXES. 785

sur la facilUé motrice des corpuscules spermatiques. Nous avons dit rjue le

froid ou une température trop élevée anéantissent assez rapidement celte fâcidlé* On savait que ic im^me etTet résulte de laclion des acides. Prévost et Dumas (1) ont vu que tout mouvement cesse dans les sperraatozoide.s soumis à quelques déchcU'ges d'une bouteille de Leydc : au contraire, d'après les mêmes observateurs, les mouvements pei'sistent après le passage d'un courant galvanique continu qui ne donne point de secousse; seulement, dans les portions rapprochées du pôle positif, ces corpuscules deviennent bientôt immobiles, ce qui parait tenir uniquement :\ Taction des acides qui se produisent à ce pôle. Le mucus et la salive ne nuisent pas k leurs mouvements. Il en est de même, d'après Donné (2), du sang(*). du lait, du pus (**), et mé[nc de l'urine, d'après R. Wagner (3). Mais, selon les observations de Prévost (4), et les expériences plus complètes de Wagner (5), l'acide cyanhydriquc les arrête instantanément; la strychnine les fait cesser» après leur avoir imprimé une perturbation en quelque sorte convulsive; les solutions d'opium, de laurier-cerise, et, en général, de tous les narcoliques» les arrêtent rapidement; l'alcool et les acides étendue exercent aussi sur eux une influence nuisible. Enfin, il parait en élrc de même, d'aprfes les intéressantes rechercîicsde Donné (6)^ du mucus vaginal et du mucus utérin, lorsque racidité du premier et Talcalinité du second sont beaucoup plus prononcées que dans Tétat nornial {"**),

Celte apparence de spontanéité dans les mouvements des corpuscules spermatiques, Faction de rélectricité, des narcotiques, des acides, qui, en frappant ces cc^rpusculcs d'immobilité, semble les priver de la vie, tels sont les arguments les plus sérieux présentés par les physiologistes qui soutiennent l'opinion de Tanimalité des spermatozoïdes. Les autres motifs sur lesquels se fonde encore celle opinion^ déjà émise par T.eeuwenhuek, adoptée par Spallanzani et même par des auteurs contemporains, son» d'une bien moindre valeur. Ils consistent seulement en certaines parUcularités de structure ou d'organisation qu'aucune observation attentive n'a

(!) rnttoSTCt Dumas, Àtm. det tciencei naL, 1'* série, l. ï^ p. 288.

(2) l>oi«î«fe, Soiwefff^ cxpéftenccs sur fes animalrutcx xpermatiqu^^s. Kirîs. 1827, — Eï Coûts de mkroxcopie rompiémeiitftirr des études médkafes. J*»rÎ8, ISi'i, p. 287,

(*) K, Godard a con&lRlé que le «ang des règlea a^ï^nicnte U motilHé des .nnimatculrs : cciix*ci fonl les moiivcmedls les plus aésordonnés au milieu «Jps globules sanguins, qa JU liépbcciU cl jcUcnl tliiiïâ loys les sens en se frayant une route ou milieu d eux. {Sole commu^ niqtiée.)

(••) Le pus sécrété par les organes génilaux nialados ne paraît pas avoir une »nJl«ence fâcheuse sur les animalcyles» au dire de Godard, qui a eu l'occasion d'examiner du sperme vpcuh: par des malades alTeclés d'urélhrile aiguë ou cluoniqiie. [Oair. cif,, p. 73, note î.)

(3) R Wagnew, oHir. cit., p. 21*

[à) Prévost, Comptes rendus de fAcad, dus sciences, Paris, 1840, 3t» novembre.

(5) R. WAGKKn, ou*'r. cit,^ p. 23.

(6) DoNWÊ, Cours de mkroscopief p 20 L

(**•) Le liquide kurorrhéique, selon CiODabd, fait cesser asse« rapidement ïe« mouvcm^^nl* tle» spermaloîoTdeiï ; V'^ttu ^rult^, ou iiddïtionnée d'une faible quantité de vinaigre, agit cId roènie« Cet auteur pense que l'on peut expliquer ainsi l'inrécoudité de bien des remuïes, e( eurtoulde celles qui Tout des injections vaginales après les rapprochements sexuels. (So/f ajmmu^ niquéc.)

LOMGET* — l'MYSIOL. iU. — ÔO

Dt LA GÉNÉRATION.

pu justifier encore. D'ailleurs, loin d'accorder aux prétendue aDimal du sperme rimportance que leur assignaient les premiers obiMfnràtetm qui prochimfreul ItHir anirnalilé, el de reconnaître en eux des auioiaui déjà formés auxquels il manque seulement de se développer pour reproduire Tespèce, la plupart des partisans actuels de l'animalité des »permâtozoïdes assimilent ces corpuscules mouvants aux entozoaires, ou bien aux animaux micruscopique» qui fourmillent dans les infusions ou ^nu^ , les matières putréfiées. — Quoi qu'il en soit, voici les priocipaux fai^H invoqués par eux. ^*

San;^ rappeler lopinion d'Ehrenberg, qui a placé les spermatuzoldes parmi les microzoaires suceurs, ni celle de Gzermak (1), qui, en les fiisaiit rentrer dans les infusoircs, les a considérés comme de véritables animatn, et classé les uns dana les vibrionides, les aulres dans les cercaîre*, clCp nous dirons d'abord que G. Vaïentin (2) croit avoir reconnu des d'organisation chez les spermatozoïdes de l ours : uo suçoir antérieur, anus et des vésicules stomacales ou des circonvolutions d'intestin. Gerber assure avoir distingué des organes de génération dans les spermatozoi du cabiai* Schwann {h} prétend qu'il existe, au centre de la tête des matozoidcs de Thommc, une ventouse ou un suçoir analogue à celui *le§ cercaires el des douves. Pouchet (5) ne craint pas d'assurer qu*il ^y Iroaie en avant une 8orte de ventouse stomacale, en arrière une cîrconvolutioii intestinale faisant suite à ce premier organe. M ne met pas en doule tiOD plus que toute la surface des spermatozoïdes ne soit recouverte d'un feuillet épithélial.

Répétons qu'on n'a pu parvenir jusqu'ici à vérifier aucune de ce» assertions, et à découvrir la moindre trace d'organisation dans les spermai zoïdes.

Il est inutile d'ajouter qu'on a voulu encore voir, dans les sperm; zoïdes, des modes de reproduction comparables t ceux des animaux ai quels on les assimilait : les uns disent avoir observé cbez eux la scissipai les autres le bourgeonnement; de là de nouveaux arguments en faveur leur animalilê. On doit expliquer, seulement par l'inexpérience la complète, Terreur dans laquelle de grossières illusions ont pu jeter des obscrvaleurs dont il est inutile de citer les noms. C'est au contraire du mode de production des spermatozoïdes que nous déduirons 1 opioi qu'on doit se former de ia nature de ces corpuscules* Jamais on n'a déc< vert en eux aucun mode de reproduction, ni par scission» ni par gemmi ni par œufs* Voyons donc comment ils se forment dans Torgane niâi nous commencerons ainsi à nous faire une idée du rôle tiu'ils sont appel à remplir dans la fécondation.

(i) CiÊRMAt, liettutgeVir h'h/'€ von ihn Sp^rmtttoittefi, Vienne, 1833.

h) (i. Valeîitîn, Stity* ftdn natHra- cuHos,, t. XiX, p. 237. — Hept^riortum^ 1937» p. I$i*

(3) Germer, À/igmieineAtiatomie,ii. 210.

(4) ScBWANif, Mikro^cQptsche Untt^mchungen . Borlio» 1839.

(5) PotiCBET, Thévrte pontive ffe Covtiiation fpontnnée cl f/'* fa fà^omiatum. Parité ISIl p. 321.

ÉLÉMENTS I>fc: LA BUrRODl CTION OAWS LKS DEOX SEXBS. 787

Origine de» spermatozoïdes, — Les opinions émises sur ce sujet ont été trèsdiverses, car elles étaient suggérées par l*idéeque chacun se faisait tie la nature des corptiscalesspcrniatiques. Des observations précises et nombreuses, ne permettanl plus aujourd'hui le doute sur la manière dont les spermatozoïdes se développent^ nous éviterons les longueurs d*uoe discussiory, devenue inutile, en exposant tout d'abord leur mode de fonnalion. Ensuite il nous sera facili^ déjuger, en quelques mois et avec pleine connaissance de cause, les divergences des auteurs a cet égard, e^t leurs diverses hypothèses snr la Uiiture et la deslination des lilameuts du sperme.

On doit h H. Wagner (1) les premières observations exactes sur la genèse des spermatozoïdes. Ses recherches ont porlé sur les oiseaux, et notamment sur les passereaux. A Papproche du printemps, les testicules de ces animaux se gonflent graduellement et atteignent un volume et un poîdb vingt et trente lois plus cousidérables que ceux qu'ils avaient en hivet\ En examinant, dans ces circtnistances favorables, le contenu des conduits seminifères, chez le grimpereau, Wagncry a reconnu les éléments suivants, dont il a donné le dessin et la description. Dans ces canaux, se trouvent d'abord des globules de grandeur et de forme différentes, k contenu granuleux ou transparent, avec un noyau à leur centre; puis apparaissent de^ vésicules rondes, transparentes, ne retifermanl d^aboi'd qu'un nucléus granulé, analogue aux premiers globules libres, puis deux ou trois, et enIJn à\% ou un plus grand nombre, semblables au précédent. Ces vésicules augmentant de volume, on voit se manifester, dans leur intérieur, nu précipité fin et granuleux qui sinterpose aux noyaux dont nous venons de parler; en même temps que ceux-ci s'évanouissenl, se forme un groupement linéaire que bientôt on reconnaît pour uu (iiisceau de spermatozoïdes. Les vésicules s'allongent, leur contenu granuleux dimimjc peu à i>eu et tînit par disparaître; alors elles sont remplies par* un foisceaude sperraatoawjïdes replié sur lui-même. Bient<M. elles se rompent, et les corpuscules spennaliques passent librement daiis le canal déférent, où IN se dissocient eï i>araissent acquérir un volume plus considérable.

Ces observations étaient exactes, mais incomplètes. H, Wagner avniiaii lui-même, en le?» publiant, qu*il est ditlicile de décider si les globules observée dans le principe sont de nouveaux éléments ou des cellules de Tépi- Ihélium modifiées; s^ils se transforment en ces grandes vésicules qui leur succèdent, ou s'ils suivent une autre marche; si le précipite granuleux de ces vésicules est le résuitat de la décomposition des nwcfci, ou s'il provîenl d'une formation nouvelle ; enfin si les spermatozoïdes naissent de cette substance granulée ou s'ils se développent dans son intérieur,

Lallemand (2) a élucidé plusieurs points de cette obscure question, par ses observations sur les corpuscules spermatiques d'un grand nombi'c

(l) R. WàCNKRj Itiitoo^ ih tfi yénératifm et du dévehppeffumL Bruxelles, 1841, p. 2U,

:2) LALLtii4WU, j4n/i4 tA-'* s^itences nal,^ *i^ série, Iwhgm^ l. XV, ^* 30» 257, 262,

DP: iwi ri(:iNKH\TiaN*

d^anituaux, par ses éludes sur le sperme de rhomme, dans Télal de san ou dans VéUi de maladie, el surtout par ses reehcrchcs sur le développ ment des sperniato/oïdes de la raie.

A répoqoe du irai, qui a lieu au commencement d'avril, les lestictill de la raie deviennent plus Lurgescentis; leur ïiice supérieure est convcï inégale el comme tubei-euleuse; on y voit proéminer des mamelons bU ehâtres et granuleux, formés par des agglomérations dVimpouIes spb liques qui sont elles-mêmes les terminaisons des conduits sécréteur* ( du testicute^ et cUîicun de ces mamelons est composé d'une cenlni^ d'ampoules. Parmi ces ampoules, les unes, beaucoup plus petiles» com pi élément vides H diaphanes dans tous les points, aucun travail iiT" commencé à se manifester dans tour intérieur; d'autres laissent a pcrcevoif une foule de granulations diaphanes qui lapissent la face interne de leur paroi ■ dîuis quelques antres, ces granulations, devenues opaques, comme ccnl à se grouper vers le centre, puis des groupes distincts se formeiil i finissent par s'isoler les uns des autres (fîg. 29, a) ; enfin ces groupes i mémes^ augmentant de volume, remplissent loute Fampoulc* A ce ment, les S|ieiniatuzoides sont dinelnjjptis el priais à passer dans le « spermalique.

Si Ton examine le contenu de ces nmpf>ule^, fi leurs divers états, marque, dans celîes qui cununcnecjit a devenir opaques et dont les gp nulations se groupent, qu'il existe, dans chacun des groupes granulés, i «ipermatoîîoïdcs isolés les uns des antres (fî^', 29, fê), roulés sur eux-méii

i i;.. t I. -^ D'^^e'o, |ii meni iks ^pcrmAlotoides 'le k ixw.

et renfermés dans une vésicule à paroi telleiiicoL délicate, qu'elle §*éf nouit an conjacl de Tair et surloul à celui de l'eau. La fragilité de vésicule est d'autant pîus grande, que les spermatozoïdes soni plus prèsi leur matnrilé, Dans les ampoules plus avancées, les sperraalozoldcs déroulent de plus en plus, puisse réunissent en fascicules nombrcm : les trouve groupés ainsi dans les ampoules qui sont arrivées au degré (

ÉLÉMENTS DE Ik REPRODUCTION DANS LES DEUX SEXES.

développement reproiluil p;ir la W^. 29, a. Paraissant fl'aboid iidliurentsi la face inlerjie de ranipoule et coiiteniis dans une vésicule, k'n fiïamenls spermaiiqueSf devenus libres, se déroulent successivement, et commencent à se réunir en faiicicules, à mesure qu'ils se redressent Ils forment des faisceaux plus nombreux^ plus serrés encore, quand ils sont tout à tait redressés. C'est dans cet état (Qg. 29, e) qu'ils parcourent tout le canal déférent, acquérant seulement des dimensions h peu près doubles et des mouvements de plus en plus prononcés, malgré leur état d'agrégation. Enlin leur dissociation {fïg, 29, d) s'etTectue lorsqu'ils arrivent dans la vésicule séminale, probablement à l'aide du liquide Iburni par ces organes.

Eu même temps que LallenKimi, E. Halimann (1) fil, sur le même sujet, des observations dont les résultats s'accordent avec ceux que nous venons de rapporler* Il reconnut aussi que chacun des spermatozoïdes se développe dans une vésicule, et qu*il y demeure enfermé jusqu'au moment où, rompant cette première enveloppe par reffet de son développemenl, il se rapproche des spermatozoïdes voisins pour former avec eux des faisceaux plus ou moins volumineux, qui bientôt s'engagent dans le canal déférent.

Mais Kôlliker (2), qui a également reconnu que chaque spermatozoïde se développe en elfet dans une vésicule, a contribué, plus qu'aucun autre observateur, h déterminer le vrai mode de formation des corpuscules spermatiques, en décrivant avec détail toutes les phases de ce phénomène, et en !e généralisant par ses nombreuses recherches sur les animaux de toutes les classes.

LY'pithéîium de la surface des canaux speimatiques paraît être la source de cette formation. Ainsi, c liez Vfleiù' ijomalia, Ivtilliker (3) a vu, dans les tubes séminifères, des cellules épithéitales volumineuses, sphériques, ijranulées, renfermant plusieurs vésicules tout a fait semblables à celles dans lesquelles se développent les spermatozoïdes. Lorsque la cellule épithéliale est détachée du point où elle s*était formée, les vésicules précédentes paraissent s'en écliapper et se multiplier; car on les trouve encore quelque temps groupées autour des vestiges racornis de cette soi-te de cellule mère. Quoi qu'il en soit, on rencontre plus tard, h l'extrémité des conduits séminaux, chez les mammifères, comme dans les autres classes, (ies globules il noyaux, libres on contenus dans des vésicules. Il est probable qu'ils sont tous normalement et primitivement contenus dans des vésicules. Si ces dernières ont échappé a la plupart des fd>servatenrs et sont parfois diflîciles à apercevoir sous le microscope, cela tient sans doute h ce qu'elles sont très-fragiles, et à ce que Faction de l'eau suffit pour les faire éclater instantanément* Ces vésicules seraient d'ailleurs sorties elles-mêmes de la cellule épithéliale dans laquelle elles auraient été engendrées. Quant aux globules que Ton observe avant le développement des spermatozoïdes, ils possèdent tous un corpuscule ou noyau : luilïiker dési^çne ces globules eux-

!) E. Kaliauns, tu M(!ller*s Archiv, 1840» p. 407.

(2) KuLLmpJi. Ihe Hîhhintj dei' SiiamenftUieu in Hlnschen^ nls aiigemeinc» Efitwkkehwf/yqesetz, îleucnbiirg» IH46,

(3) KcItLlKKft. tuivi\ Ci/.j p» t(^,

DK LA GÉNÉRATION,

«pertnaloKttîdes du kpin.

iTtémes sous le nom de noyaux, et leur corpuscule intérieur sous celui

nucléole. Il les a trouvés chez tous les mammifères dont il a étudié

sperme» chez le chien* le chat, le lapin, le rat, etc.

Tantôt un seul globule se trouve dans une des vésicules précédentes^

,eD remplit la cavité; laukM plusieurs de ces globules, depuis deux ji

u'à vingt, sont contenus ensemble dans une vésicule dont le volume

alors en rapport avec le nombre des élément*^ qu'elle renferme. G. Val

tin(l) aconslaté cette disposition chez Tours; H. Wagner (3) chez l'homi

cl chez le ïapîn; Coste(2), chez la raie et les céphalopodes* Nous a?<

reproduit ici, d'après Rôlliker, une des gr<m

vésicules qui se trouvent dans les tubes spertni*

tiques du lapin. Cette vésicule (fig. 30, A) renfermi

(Mnq globules à noyau, dont l'un a été représenté

isolément (fig* 30, n). Il est facile de rcconnat

ces grandes vésicules, lorsqu'un étudie les prodi

du testicule à l'époque du rut; les petites» n'él

pent-{^tre qu'un degîé de développement des pî

grandes, sont aloi^s bien moins nombreuses.

unes et les autres, comme nous Favons dit,

détruisent si facilement, quil faut procéder a^

beaucoup de soin quand on veut les étudier.

Plus tard, dans chacun des globules que renferment ces vésicules, oo voit se développer un spermaiozoïde (flg. 30, B, b). Est-ce aux dépens du noyau, ou de la substance môme du globule, que cette formation se réalise? On l'ignore encore* Seulement, dans chacune des vésicules qui renferment des globules, aussi bien dans celles qui en contiennent un seul dans celles qui en enveloppent un plus grand nombre, on voit les spe: tozoïdes, d*abord assez vaguement hmilés, revêtir bientôt une forme pli arrêtée, puis offrir un aspect presque entièrement semblable h celui qu' doivent présenter au terme de leur développemenL A cette époque, corpuscules spermatiqnes sont donc contenues dans la vésicule qui fermait le globule gi*nérateur, ou du moins antérieur à leur formation sorte que les uns s*y trouvent solitaires, les autres en nombre varia flig. 30, B), suivant le nombre des globules que celte vésicule contenait primitivement.

Tout en se formant aux dépens du globule qui le produit, le spemiA* tozoïde reste emprisonné dans la membr'ane qui limite ce globule ou contenu, de manière que chacun de ces filaments se trouve dans véritable vésicule, qui lui est particulière (flg, 30, A), et qui est reafej elle-mt^me dans la vésicule commune (fig. 30, B)*

Dès que le développement des spermatozoïdes est accompli, l'enveloppe de chacun d'eux ne tarde pas à se rompre, et ces corpuscules devieuneot

(i) G. Valeuti», Non» Aetanatur, cHrtos,^ t. XIX, pi*

(2) II. Wagneu, Hùtnhe de h ifénvmtion et du dévehirpetneni. Bmx«ile«» IS4I, $•

(3) CosTE, Hi^tinre tjéni^rnh et fmrdcuhère du dévtlapp€mi*nt des corpâ orgsnitéi» 1847, t. I, (1. ^2^.

ÉLÉMENTS DE LA BEPRODUCTÎON DANS LES'bEÛX SEXES,

libres dans la vésicule qui contenait leurs globules générateurs. Les dispositions qu'ils affecLeol varient alors suivant le oonribre des globules à noyau qui se trouvaient dans chaque vésicule, et, par conséquent, suivant le nonabre des spermatozoïdes qui s'y trouvent actuel leiuent. Quand un seul spermatozoïde est renfermé dans une vésicule» il y alfecte la mémo posi» tion qu*tl avait d'abord dans le globule, c'est-îVdire qu'il y est contourné en spirale (flg. 30, //) et adossé contre sa paroi, sans en changer essentielleiuent la forme. Quand deux ou trois spermatozoïdes occupent une iieule vésicule* ils y sont irrégulièrement placés» toujours contre lu paroi. Lù\%' que enfin un nombre (!onsidérahie de filaments spermaliqucB est renfermé dans une grande vésicule, ils s'arrangent en faisceau, Tim à côté de l'autre, toutes les létes tournées du même c<Vlé, et d'une manière très-réguiière.

Peu de tenips après, toutes les vésicuîcs, grandes et petites, se rompent et disparaissent, chez l'homme et chex les mammifères, sans laisser de traces, sans former, eouime chez d'autres animaux, une es[)ece de rapucbon ou d'enveloppe incomplèlc aux faisceaux de spermatozoïdes, pendant leur acheminement. Par suite, dans te contenu des canaux de Tépididyme, un rencontre k la fois, et des spermalozoïdes libres, et de longs faisceaux de spermatozoïdes, signalés déjà par Leeuwenboek, décrits de nouveau dans ces derniers temps par Dujardin, R Wagner. Gerber, et la plupart des autres observateurs.

Enfhi, généralement, la plupart des laisceaux se rompent dans le canal déférent, leurs éléments se dissocient» et il ne reste plus qu'une masse de spermatozoïdes serrés, entrelacés, confondus les uns dans les antres, et n'ayant que des mouvements peu étendus ou insensibles, k cause de leur nombre trop considérable et de la viscosité du liquide trop peu abondant qui les baigne.

Si Ton éludie ces corpuscules eux-mêmes, indépendamment des vésicules dans lesquelles ils se forment, on observe encore que, bien qu'atteignant déjà, dans les conduits sérainifères, la forme générale qu*ils offriront phis tard, ils subissent néanmoins dans leur structure certaines modifica lions, en parcournnt les conduits excréteurs delà semence, depuis les tubes spermatiques jusqu'à Texlrémité du canal déférent et jusqu'aux vésicules séminales. Dujardin (t) avait signale, sur les spermatozoïdes de Hiomme, rexistenc*^ de nodules irréguliers et de lambeaux adhérents à la base des filaments : il regardait ces nodules, ces lambeaux, comme des parties détiicbées, en même temps que le spermatozoïde, du lieu où ce dernier a pris naisî^anre. Kùlliker (2) a observé les mêmes particularités chez le lajnn et chez quelques autres animaux ; mais il a remarqué que les nodules situés à Tongine de la queue se rencontraient seu-

(1) Di'JAROUi, An», den fciences nai.^ 2" série, Xoologif, t837, t. Vtlï, p* 293.

(2) KoLLlKBR, ouvr, eit,, p. 15. *

DE lA GÉNÊHATION.

lemenl sor le*^ spernoatozoïdes contenus encore dans le icslicult u j a^ b), tandis que ces renflements diminuaient de vuiuruL, ou paraissaient avoir changé de place^ ^r les spermatozoïdes recueillis dans le canal déférent (fîg. 31, r), et disparaissaient complètement sur les corpuscules spermatiqtie^ tout à fait constitués^ arrivés à reitrémilé des Toiessémi* nales (fig. 31 , d). Aussi regarde-t>il ces modificatioikS comme im effet du développement de ces particules animées. D^aîlleurs^ il faut bien se garder de confondre ces renflemeol» avec les apparences de dispositions analogues, produita par Ut coagulation du mucus, sur divers points de la surface des spermatozoïdes» et occasionnant souvent des illaskms dans les observations microscopiques.

Dans ces derniers temps, le mode de développement itei t*riimalcoIes spcrmatiques a été l'objet de recherches isst* dues de la part de Godard (1), Étonné de voir, dans le sperme /jaculé, des spermatozoïdes à queue contournée» ne sacbmi pas d'ailleurs s'il s'agissait d'une variété nouveUe ou d'animalcules anormaux, cet expérimentateur eut Tidée d'eti* miner le contenu des différentes parties de la glande setnîn;de. Sur un supplicié, il reconnut que les animaculesl queue repliée, existant d'une manière exceptionuelle datt le liquide éjaculé, se trouvaient en grand nombre dan» le canal déférent, dans Tépididyme et au niveau du corps d Higlimore; mais que, dans ce dernier point» le plus soa* vcnl des spermatozoïdes faisaient partie de petites cellu k contenu granuleux. E. Godard fut ainsi amené à assi| aux spermatozoïdes de rhomme le mode de développer] qui suit :

Drins le liquide que renferment les canalicuJes sp liques, existent au milieu d'un stroma granuleux (fig. 32, c) des cellules volumineuses sphériques {(f), dont le conl« composé (ïc granules, ne se segmente pas, mais se condf pour former, chez Thomme, une petite cellule {e et chez les animaux plusieurs petites cellules. Celles-ci ] également composées de granules* Les granules qui cm tuent l'ensemble de la petite cellule se rapprochent dansi point quelconque de sa périphérie, pour former tout d'ab un amas de granules qui sera la tête de ranimalcule i puis ensuite d'autres granules se condensent pour formcri

(1) Godard, Étudts ^ur la monorchidie et la cryphfxhiiiit chei ^hùmmi* Paris* 18 p. 57, noie 1 ,

(*) ExPUCATiiiN DE LA fiGUAK 32. — o, Crnnules «pcnnaliquei. — A. Grandi furmée lie g^r^nules E^fiermatiques. — r. GrjtiiJe ceUtilo coritcnaiit une petite ceM d. Omnile cellule conicûant yn^p^lite cellule t^ans bqitellfi un animalcule eil eci voio ÛÊ i maUon, — e, Petite cellule ne conte riant p^ d^animakule. «- f* Petite ceUule liilif 1

liement liet sfKT-

I tiOTtiiDe^ ri*»prêf E. GotUrJ r,.

ÉLÉMENTS DE Là REPRODUCTION DANS LES DEUX SEXES. 793

•|^). Ainsi, Tanimalcule ne se développe pas tout d'une pièce, mais» "lirlmesl formée avant la queue, — Puis, la grande cellule se loaipL, et la petite cellule est mise en liberté. De mènac, quand ranimalcide est développé, la petite cellule se rompt h son tour {i). Le spermatozoïde est entraîné dans le liquide qui remplil les canalicules du testicule; mais alors il n'a pas l'aspect qu'il aura plus lard, la queue est repliée [j) en anneau ou recourbée; bientôt elle se déplie (A') et prend la position qu'elle aura plus lard (/) : alors ranimalcute commence k faire les mouvemenls qui lui sont propres. — En général» les animalcules de Thomme ne se meuvent que lorsqulls sont complètement formés. Ceux des animaux peuvent fiiire des mouvemenls avant d'être tout h lait développés.

Depuis 185ii» Godard a fait île pareilles recherches chez le singe, Tours, le verrai, le chat, le rat, le lapin, le cochon d'Inde, le lièvre^ Tisard, le taureau, le bélier, le hérisson, la taupe, le crapaud, la grenouille, la couleuvre, le lézard, le coq, le canard, Tote, le pigeon, le lucane, la sauterelle, et il a constaté que, chez ces animaux, le développement des sper* matûzoïdes se faisait à peu de chose près comme chez rhomme.

Nature et destination des apermotozoïde». — On voit, d'après ce qui procède, que les spermatozoïdes se forment dans des cellules appartenant au tissu propre du testicule et détachées de la surface interne des canaux spermatiques. Ce sont des produits directs de l'organisme, sinon sécrétés par roi'gane générateur mâle, du moins se séparant de lui, sous une forme animée qui témoigne de leur activité vitale et de leur puissance de développement. Ils ne présentent donc, par ce mode même de formation, aucune analogie avec les infusoires, les entozoaires ou d'autres parasites quelconques. En un mot, Torigine des spermatozoïdes, telle que nous venons de la décrire, ne permet plus d'admettre dans la science la supposition que ces corpuscules sont de véritables animaux.

Cette supposition s'était présentée à Tesprit des premiers observateurs, Leeuwenhoek, qui désignait ces éléments organiques sous le nom de vers, pensait qu'il existe des vers spermatiqucb de Vun et de Tan Ire sexe, qu'ils s'accouplent entre eux, que les femelles mettent bas, qu'ils s'accroissent, changent de peau, et présentent en petit la véritable figure d'un honmie, Hartsœker partageait celte opinion, Ualler (1), frappé de leurs mouvements, considérant que ces mouvemenls, une fois perdus, ne se reproduisent plus, vit lui-même dans les spermalozoïdes des animaux vivants ; mais, en même temps, il regarda les assertions de Leeuwenhoek comme de simples conjectures, et, loin d'admettre avec lui qu'ils sont déjà l'em-

on voil un umas granuleux qui sera la luLe île l'an ini aïeule. -^ g, Veilit cellule thm laquelle ranimalcule est en voie de formation. — ft, Pntile cellule ilans laquelle on aperçoit l'aTiirnalcule |ilus dtjvelopi^é encort?. La queue esl toull(! formée. — ù Petite celluhï rompue; la qyeue de l'auimateule le d^plje:^ et, ù sa concavité, ou voit les granules ï$[)rruiutiqucs mis en liberté. ' — j. Animalcule non couiplétemeii! déplié. — A*. Spermatuïoitle ûmsl la ïèi^ est bieti farmée^ nuis tioui la queue e^l encore repliée. — /. Spermataxuïde ftcirtual. (t) Halle», Ekmenfa lihistQÎoyidtj U VU, p. 52V.

ÙE LK GÉ^ÉBATION.

bryon futur, ou, comme Tont fait des physiologistes plus modernefi, qo'i sont de simples parasites, il se contenta de les considérer, avec^ Paitoni (ij comme des animmw e^isentieha hi semenre*

D'un autre côté, Butfon^ faisant servir la découverte de Leeuwenhoel Fédification de son système, vit (2), dans les sperraatoscoîdes, ceses] d'atomes vivant*? qu*iî avait désignés du nom de ntolkiden orifortiquet, XI »nra qye des molécules identiques se produisent lorsqu*on Hiil infuser substance testiculaire d'un cadavre, et les assimila à celles qui résutlaiej d apri-s lui, de la putréfaction ; j>uis» de môme qu'il expliquait, à Taîde ces dertjières, la formation d animalcules nouveaux par génération &p( lanée, de môme il regarda ces molécules organiques, se détachant noi lement du testicule^ comme ïes éléments de la reproduction dans la géi ration sexuelle. IVbiis Huiler (3)» en critiquant celle tijpothèse, fil remarqi très -judicieusement qu'on ne peut s*attendre à observer, dans la seoiei récente et chaude» les mêmes phénomènes qu'on voit se produire d l'infusion d'un testicule privé de vie, et il en déduisit que cette préteni ressemblance entre les molécules organiques et les vers sperma tiques n'i tout au plus qu'une apparence; qrfainsi Bulfun s'était trompé en faii un tel rtipprochement.

Depuis cette époque, les expériences d'un grand nombre d'obser^-aU*! (parmi lesquels il faut citer surtout Spaîlanzani, tout partisan quil est l'animalité des spernuitozfïïdes, Prévost et Dumas, R, Wagner, Lallemai linltiker, Coste) ont démontré k la fois, d'une part, le peu de fondent de Topinion qui accorde ranimalité aux corpuscules du sperme, et, d'auti part, toute Timportance de leur rôle dans la fécondation. La prec4*dr] opinion ne peut guèic reposer aujourd'hui que sur la singularité de leui mouvemenls- Mais la motilité ne suffit pas pour caractériser uo anî tous les animaux connus non-seulement se meuvent, mais se reprodul et digèrent. Or, on n'a jamais vu les spermatozoïdes se reproduire en eux; on ne les a jamais vus non plus digérer, ni même absorber, quel soin qu'on ait mis à s'en assurer, en teignant de diverses matières col rantes le liquide ambiant, comme Elirenberg avait enseigné à le faire pi découvrir l'organisai ion des infusoires.

Après leur mode d'origine et Tabsence de toute organisation, le pli fort argument contre Tanîmalité des spermatozoïdes se lire de la relati qui existe entre leur présence dans le sperme et laplilude de la sema à la fécondation.

Hebenstreit, Ch* Bonnet, nieichen» n'ont jamais Irotivé de speraiali zoïdes chez le mulet Prévost et Dumas (4), et plus récemment E. Godai les ayant recherchés sur des mulets en chaleur, n'en ont rencontré «uci tlans toute retendue des organes de ïa génération : le liquide» renfer; dans le testicule et le canal déférent, contenait seulement des globute<^ (

(1) pAtTUSi, Difc, nnfid^m, dffflu gi*nt^razinne thituomo* Venise, t722, p. 22,

(2) BiiKFOK, Vùjex pîus haut, p. 657.

(3) Balleh, EÏemmttt phyxioloqiœ^ t. YÏI, p. 528* (a) FftÉvosT et DiTMAS. ànn. dex science* nat,^ U I, p. 183.

paraissaient être des cellules d'épithélium. R. Wagner (1) a répété ces recherches sur les bAtards d'oiseaux, qui sont généralement stériles comme les mulets : chez un grand nombre, il n'a trouvé que des globules ou corpuscules, de volume variable; chez quelques-uns, il a vu des espèces de filaments qu'il a cru pouvoir rapporter à une production imparfaite de spermatozoïdes, ceux-ci offrant d'ailleurs un aspect tout différent de celui que présentent les mêmes éléments chez les espèces naturelles.

Si des mulets, naturellement stériles pendant toute leur vie, nous passons aux animaux capables de se reproduire, nous observerons d'abord que, chez ces derniers, le pouvoir reproducteur n'existe pas à toutes les époques de la ^ie; que même, chez le plus grand nombre, il ne se manifeste qu'à des intervalles déterminés, pendant un laps de temps assez court, et disparaît dans certaines saisons. Or, chez les uns comme chez les autres^ on ne trouve de spermatozoïdes dans la semence, ou dans lés organes qui l'élaborent, qu'à l'époque où existe la puissance fécondante.

Hartsœker (2), Geoffroi (3), Andry (4), avaient remarqué les premiers qu'il n'y en a pas chez l'enfant. Leeuwenhoek n'en avait pas trouvé chez les jeunes agneaux, et, à leur place, il avait signalé de petits corpuscules comme le seul élément solide qu'on pût découvrir dans, leur semence. Le même observateur et Baker (5) n'en avaient pas rencontré davantage chez les hommes épuisés par des excès vénériens. Toutes ces observations ont été confirmées de nos jours. Il est constant que les spermatozoïdes n'apparaissent, dans la semence de l'homme, qu'à l'époque de la puberté.

On a encore reconnu que ces corpuscules n'ont pas toujours la même énergie, la même densité, les mêmes dimensions, depuis le moment où ils commencent à se rencontrer dans le testicule. Ils peuvent être plus ou moins nombreux, très-rares, remplacés par des produits incomplets, par des globules ovoïdes ou sphériques, et même manquer totalement chez certains malades ('). Lallcmand (6) a signalé toutes les variations qu'on leur voit subir en quantité, en forme, ou en dimension, chez les individus affectés de pertes séminales. Enfin il est généralement admis qu'ils disparaissent complètement chez l'homme par les progrès de Tâge. Toutefois Duplay (7), ayant examiné le fluide séminal chez 51 vieillards, y a lronv(^ 37 fois des spermatozoïdes normaux et en assez notable quantité : parmi

(1) Wagner, Histoire de In f/tmérnfion et dn développenipnt^ p. 32.

(2) Hartsœker, Essai de dioptrique. Paris, 1694.

(3) Geoffroi, Qwrsl. med. an hominis primordia vet-mes ? PanB, 1784.

(4) Akdry, iJe/n (jénération des vers dans Iccoi^s de Phomme, Paris. 1741, t. I, p. 187.

(5) Baker, The Microscope made casy, Londres, 1743.

(*) Toutefois E. Godard a constaté que les individus atteints d'ictère et de vérole constitutionnelle éjaculent <lu sperme abondamment pourvu d'animalcules doués de mouvement. Le même observateur a trouvé des animalcules dans les vésicules séminales d'hommes ayant succombé aux affections suivantes : pneumonie, pleurésie, gangrène du poumon, phthisie, (lèvre typhoïde, cancer, néphrite albumineuse, péritonite, abcès urineux. (Ouvr. cii,, p. 64, note 1.)'

*(6) Lallemand, Ann. des sciences nat,, Paris, 1841, 2« série, t. XV, p. 30. — Voyez aussi le Traité des j)ertes séminales involontaires du même auteur. Montpellier^ 1841, t. H. (71 DuPLAT, Hech. sur le sperme des vieillards {Arch. gétiér. de méd. 3« semestre, 1852).

DE LA GÊÎ^ÉRATION.

ces :î7 ï^ujcLs il y avait 8 sexagénaires, 2U sep tua génu ires et 9 œtogéitiir

ieii plus, parmi les 7 sujets dont les spermalozoïdes étaient aussi afc dîmts que chez Ta Julte, le moins âgé avait 73 ans et le plus âgé en a^tiil l

Les animaux dooiestiques ne possèdent des spermatozoïdes qu'à IN que de la puljerlé, e^est-à-dire au commeocement delà période reprodu iive de feur existence, et pendant tout le reste de celte période. Chet animaux sauvages, au contraire, dont la fécondité est intermittente el i renouvelle à des époques k peu prés constantes pour chaque espèce» < trouve seulement à ces époques des corpuscules spermaliqnes dans || •lestJcules : les changements quY'pnnivent chaque fois les produits de Organes aux approches du rut sont tout à fait semliîables à ceux qu'ooobfierve che?, Thomme aux approches de la puberté, et l'on voit, pc^odaol

ute la durée de ce pouvoir fécondant, les spermatozoïdes se fonucri 'extrémité des tubes ou des sacs testiculaires, de la même manière qui se dévetoppenf, en toute saison, chez les animaux domestiques ou .l'espèce humaine.

L'apparition des spermatozoïdes h l'époque de la puberté, leur retoarl[ ri*épof{ue du rut, et leur disparition durant le reste de Tannée, sonti graves difficultés pour ceux qui regardent ces corpuscules comme des ] rasites, Burdach {!), qui s*esl posé en défenseur de cette dernière opiniol est obligé d^admellre que le sperme est le liquide le plus putrescibles réconoaiie, et que, quand il est devenu assez parfait pour être apte il fécondation, il est en môme temps très-décomposable et propre à doiiii naissance ;\ des infusoires(*). D'un autre côté, le même physiologiste s'a puie sur l'observation que les spermatozoïdes se meuvent bien mieux da le sperme dilué que dans le sperme extrait directement des canaux ' culaires, pour conclure que ces filaments deviennent vivants par TeB même de cette sorte d'infusion : or, on sait que ces dîtTérences tienne tout simplement à ce que la masse même des spermatozoïdes et la vîsco du liquide qui les unit ne leur permeltent pas d'exécuter leurs mouf nients avec facilité, tant qu'on ne les a pas isolés par le mélange «Tu humeur plus fluide*

Ignore-t-on d'ailleurs que les parasites se développent surtout chl individus faibles, mal nourris, exposés à rinlempérie des saisons ou' quelque autre cause débilitante? Au contrairci ainsi que le fait obserrer

(1) Burdach, Trfiitê de phtf^tofugie. Farts, 1837, L I.p. 133.

(*) <i le sperme rentermé dans un vase mal f^^rmé, dit Gudaiu» {ouvr, fi7«« p. 73, i et 3). »*aUère raridement, et en ^ûnùral les anî m ni eu le? perdant leurmotiHlé â mesiire i vjbiions s« furmeiit, Ceu\ ci sû tlévdoppenl de la manière suivante. Un temps variable i l cjacylîiLîon» ini aperçoit dans le sperme des corps allongés, quelquefois même ( longs, qui sont llollaiils dans le liipide. lins tard, cet corps, qui rcssembicul à des I et qui ont etiî pris pour il*s animalcules, coiuniencent h tJécrire quelques mouveuMi bienlûl on voit qu'ils se segmentent [>ar places, et alor«, maintenus par leur enveldppe, vanl des fîgzags, ils ressemblent assez à ces serpents de bois articulés qui servent de j entinift. Un peu plus lard, Tenveloppe qui les maintenait se brise, et chaque CVafiiieal \ibrion mi* en liberté circule librement dcins le sprrme en décrivaol allernali*eiiie>it« \ inoiivements de latèralttCt soit des mouvements d'élévation et d'abaissement. — A mem |p sperme s'aliùre, des cristaux se forment: ceux que l'on observe le plus souvent sont des c Ijux de pliospliate de magnésie, ût cblorure de sodium et de carbonate de chauK. »

ÉLÊMtNTS DL LA REPUODUCTION DANS LES UEUl SEXES. 797

Lallenmnd (i)^ les spermatozoïdes ivapparaissenl qu'au momenl où le corps a pris la plus grande partie de son df'^veloppcmcnl; ils se reproduisent avec d'aïUfinl plus de rapidité que rintlividu e.^tpliis robuste, mieux nourri, etc. niiauil le rut est dans sa phis grande énergie, chex les animaux, les corpuscules spermatifjues sont tellement entassés dans les canaux sécréleurs du Icslieule, qu'ils y occupent plus de place que !e liquide ambiant; de sorte que la création des spermatozoïdes est, on peut le dire, le résidtat essentiel de raecroissement d'activité de cette glande. Les organes sonffrent de la présence des entoiîoaires, et leur expulsion est toujours suivie d*une amélioration dans les fonctions, dans l'état général de réconomie; au contraire^ le séjour prf>longc des spermatozoïdes augmente la force physique et Téuergie morale. L'afVaiblissemcnt produit par leur expulsion exagérée devrait suflirc, à défaut d'autres raisons, pour éloigner t'îdéc de tout rapprochement entre eux et les parasites.

Dans l*état sauvage, non-seulement on ne trouve des spermatozoïdes, chez les uîAlcs, que dans les circonstances où Vim rencontre en eux rafdilude h la fécondation, mais encore celte aptitude ne se maiiireste, les sper* matozoïdes ne se développent, qu*au nmment où la femelle entre eu cha- Iciu^et où les œufs arrivent à maturité. Les mêmes causes agissant k la Trus et de la môme manière sur le mftïe et sur la remellc, Tun et l'aulre se trouvent disposés en même temps pour la reproduction. Les ovaires et les testicules deviennent, à la même époque, le siège d'un travail actif qui acquiert peu à peu sa plus grande intensité. U est vrai que Tœuf se forme déjà dans les fœtus remellcs, tandis que le sperme commence à se produire chez les mâles, seulement à l'époque de la puberté; mais le développement que prennent les testicules à cette époque, le volume énorme (pfils acquièrent chez les animaux sauvages au moment du rut. la masse de spermatozoïdes dont ils sont alors gorgés, sont des phêiifunènes tout h fait comparables à h\ tuméfaction des ovaires, h la distension des vésicules de de Graaf, au développement des ovules, à leur maku-atiou, h leur chute, chez les femelles en ehaleur. Lalleoiand (2) a exprimé rFune manière Irèsnctte les principaux termes de ce rapprochement enlre Tovule et le spermatozoïde.

Les testicules sont manifestement les analogues des ovaires : nous les verrous se développer comme ces derniers, au-dessous des reins, î^ la partie interne des corps de \Vc^ltl■; occuper, chez rembryon, la même place qire les ovaires et aft'ecter les rnémes rapports. Les spermatozoïdes se développent dans leurs ciccums comme les ceufs dans la couche ovigène de l'ovaire. Chez certains animaux inférieurs et chez lesanguillee, parmi les vertébrés, il n*y a même aucune différence entre l'organisation des deux appareils dans lesquels se forment, soit les ovules, soit les spermatozoïdes, de sorte que, pour déterminer s'il s*agit d'un ovaire ou d'un Icslieule, il faut en avoir examiné les produits au microscope.

(1) Lallcuaud, Ann. des $d^ncc% «n/., 2' série, L XV, p. (j7.

(2) lu., rec. ci/., p, 74.

D£ LK GktIÈÏÏATlÙK,

Après avoir quitté Tovaire, les œufs s'enveloppent dans To^ldiicte d*!

couche d^albuaiine, et de plus, chez le.»* ovipares, d'une membrane eiXèrieure ou d'une coque; puis leur progressioû est facilitée par lapréseoee

de liquides plus ou moins visqueux, sécrétés parla trompe. Une partie de la sécrétion de ce canal est donc employée à compléter leur dévelfipp<'iiM*fit« Tautre à les isoler et à favoriser leur marche. Il en est de tnâme pour le» spermatozoïdes traversant successivement le corps d'Highmore, répidi- 1 dyine, le canal déférent, la vésicule séminale et Turèthre*

Enfln, chez les sèches, les calmars, les hélix, les cyclops, le« crabes, 1» corpuscules spermatiques, au lieu d'être isolés à leur sortie des canm déférents, sont renfermés dans une sorte de capsule foroiée autour iVet par la coagulation d'une matière visqueuse, et comme som le nom xpfrmaiofJiore ou corps de Needhara, Ne doit-on pas reconnaître, dans i disposition, l'analogue de celle que nous présentent les œufs comi; des sangsues, des moules, et d'une mullitude d'invertébrés?

L*origine des spermatozoïdes, Tépoque à kquollc ils se développent les circonstances duns lesquelles ils reparaissent, les analogies qui les m] prochent des ovules, tout semble démontrer que ces élément» organiqi constituent la partie essentielle du sperme, celle par laquelle le mâle coi court à la reproduction* Mais on a été plus loin : on a cherché h détermina directeincnt» par rexpérience, si c'est kmix qull faut attribuer le pouvoir de féconder Tovule, quelle part ils prennent à cet acte physiologique* jusqu'à quel point la matière même dont ils sont composés intervient dai la formation du germe.

Les efforts de Spallanzimi (1) oui puissamment contribué à détruire le préjugé de Vutira seminalis. Ayant démontré que la liqueur séminale coi linue de féconder des œufs, bleu qu elle soit noyée dans une trés*graD< quantité d'eau, cet observateur eût pu se laisser entraîner à Topiaion pouvoir fécondant de la vapeur sperma tique ; mais les faits décidèrent contraire. Une assez grande quantité de sperme fut placée dans un vi de montre ï dans un autre semblable, fureni déposés des œufs qui, jiar viscosité de leur albumen, s'al tachèrent h la partie concave du vei celui-ci fut disposé sur le premier de manière à laisser un très-faible ini va lie entre les œnh et le sperme (d'une li^^ne dans quelques expérieuces. d'un tiers de iîîjrne dans tes autres), et Tappareil resta plusieurs heure» exposé à une température de 18 à 25 degrés. Une quantité de vapeur considérable humeclii les Leofs; à cbiique expérience, une perte sensible ff constatée dans le poids du sperme qui avait séjourné au-dessous dVux. néanmoins jamais les oeufs soumis à cette seule action ne préseotèreni di phénomènes de développement; Uuidis que ceux d'entre eux qu'on roettai ensuite en contact immédiat avec le sperme éprouvaient bientôt les clfci de la fécondation. Ces expériences furent répétées sur deux espèces de crapauds et sur deux espèces de grenouilles; elles donnèrent toujours h même résultat* •

I ^i) Spallansahi^ Experiertees pour aervù' à thùtoire ek lu généraiion* Paris» i 787,

3jr

La partie du sperme qui s'évapore est donc complètement inféconde, et n'a pas plus d'action que n'en aurait de la vapeur d'eau : au contraire, la semence liquide possède seule le pouvoir fécondant, et elle en jouit à un si haut degré, qu'une très-faible quantité suffit pour déterminer le développement d'un grand nombre d'œufs. Ainsi Spallanzani (1) s'assura qu'une petite goutte d'eau de ^ de ligne, tirée d'un volume d'eau de dix-huit onces, dans laquelle on avait délayé seulement trois grains de semence, était très-propre à la fécondation.

Quel était, dans cette semence étendue d'une si grande quantité d'eau, Télément fécondant? Est-ce à sa partie liquide ou aux spermatozoïdes qu'il faut attribuer la part qu'elle prenait à la reproduction? Spallanzani (2) assure que, dans plusieurs cas, il n'a pu y découvrir aucun corpuscule spermatique. Mais des expériences analogues, répétées par d'autres observateurs avec de meilleurs instruments, et les faits nombreux que nous pouvons vérifier tous les jours, nous autorisent à croire que, dans cette circonstance, il a commis une erreur.

Pi'évost et Dumas (3), qui ont reproduit, d'une manière encore plus probante, les expériences de Spallanzani sur Vaum spermatica, et qui ont démontré non-seulement la nécessité du contact matériel du sperme avec l'œuf, mais encore le mode de pénétration de ce liquide jusqu'à l'enveloppe immédiate de l'ovule, se sont de plus efforcés de prouver que le pouvoir fécondant de la semence appartient seulement aux spermatozoïdes.

Depuis que Spallanzani, par ses fécondations artificielles, nous a appris que le sperme des grenouilles, étendu d'une grande quantité d'eau, ne perd rien de son pouvoir, on préfère se servir, dans les expériences, de cette préparation (à laquelle il donnait le nom d'eau spermatisée), à cause de la facilité qu'elle donne d'isoler les divers éléments spermatiques et de déterminer l'importance de chacun d'eux. Prévost et Dumas, ayant préparé 20 grammes de celte liqueur prolifique, en réservèrent une moitié et soumirent l'antre moitié à six explosions électriques qui suffirent pour y faire cesser tout mouvement dans les spermatozoïdes : on mit alors cette liqueur et celle qu'on avait réservée, chacune en contact avec quinze œufs dans des vases séparés. L'une n'effectua aucune fécondation; l'autre, qui n'avait pas été soumise aux commotions de la bouteille de Leyde, produisit quatorze têtards. On peut objecter, il est vrai, que des étincelles électriques, assez puissantes pour faire cesser les mouvements des spermatozoïdes ont dû modifier la composition chimique du sperme, et lui faire perdre, avec ses qualités intimes, sa propriété fécondante.

Mais la môme objection s'adrcsSe difficilement à l'expérience suivante : lOO grammes de liqueur fécondante ayant été préparés, avec douze testicules et autant de vésicules séminales, Prévost et Dumas les jetèrent sur url filtre composé de cinq filtres emboîtés les uns dans les autres. Dans Tes-

(1) Spallarzami^ ouvr, rit,, p, 170.

(2) Spallawzani, oiwr. cit,, p. 133, 180.

(3) Prétost et Dumas, Ann. des sciences naL, V^ série, t. U, p. 129.

pace il nue heure, on en recueillit 10 gniraracs qui ne conlenaieni aucun

sperraalozoïde. Cette porLicm fui mise en contîict avec quinze œufs, et la

I liqueur restée sur le liltre fut versée sur une musse de })ltisiei]rs cenUines.

Ces derniers furent fécondés comme à rordinairc; les autres étaieat loun

gâtés au bout de quelques jouis. La m^uie expérience avait été faite déjà

par Spallanzani (1) : cet observateur avait même remarqué que le nombre

des Buissances était en raison inverse du nombre de filtres employés, d

I qu'enfin, avec «ix ou sept (îltres, il n*y en avait plus aucune, quoique la

(liqueur exprimée des papiers conservât ses propriétés fécondantes. Peul-

[on dire que, malgré la quantité d'eau em|)loirée, la liqueur séminale d*i

Ipas été dissoute, quelle n'a pu passer à travers le papier, et que c'c$tà

elk\ el non aux spcrmalozoïdeSj qu'il faut attribuer le pouvoir fécondant

1 du liquide resté sur le filtre?

Convaincus de la nécessité des spermatozoïdes^ Prévost et Dumas oui I voulu aller plus loin et chercber h évaluer le nombre des œufs qui! est pQ I sible de féconder avec une quantité connue de ces corpuscules. Ils trouvé que 225 spermatozoïdes ont fécondé seulement 61 œufs sur 38 [L'ensemble des recherclies auxquelles ils se sont livrés, sur le méuie su]< [les a conduîls k celte conséquence, que le nombre des œufs fécondés i toujours inférieur ;\ celui des spermatozoïdes employés.

Les [recherches que de srm côté Costc (2) a faites pour déterminer quel j est, dans la semence, Télémcnt essentiel, établissent que le pouvoir fécon- , dant réside dans les corpuscules mobiles produits par les tcsticul nullement dans les fluides exhalés par les canaux excréteurs de lapi génital. C'est aussi la grenouille comnmnc qu'il a choisie pour sujet d*etpérîence, celte espèce (ïiïiant les conrlilions physiologiques les plus fativrablcs pour la démonstration qu'il se proposait. Les nulles, en ctVvi^ ont suf Jes coLés de la vessie urinaire, à rexlrémité de chaque canal déférent, une sorte de vésicule séminale qui, dans la saison des amours, prend un grafld développement, et sécrèïe un liquide abondant d'une Huiditc et d'une transparence extrêmes. Dans ce liquide, qui conslituc ^ lui seul la partie fluide de la semence, le microscope, durant les quarante ou cînquanle p^^ miùres heures de Taccouplement, ne révMe encore aucune trace de *pcrmatozoïdes. Ce n*est qifi partir du troisième jour que ces corpuscules commencent à s'y mêler. Ici donc, sans qu'il soit nécessaire d*avoîr recours à la hltration, les deux éléments de la semence sont naturellement séparés; la portion fluide esl accunjulée dans la poche qui la sécrète, et la porti(~ solide, exclus! venieut formée de spermatozoïdes, se trouve encore dans i testicule qui la produit, ou dans les canaux déférents qu'elle traverse, peut extraire chacun de ces éléments, pur de tout mélange, des organes ( les renferment, et s'en servir isolément : c*cst ce qu'a fait Coste. A[ .avoir recueilli, dans les vésicules séminales d*mi mftlc accouplé, le fluidj

(i) Spm.i.aw^awi, untt\ cit , p. 310.

ÉLÉMt«rS DE LA ftEPfiUbUCTION DANS iÈS hhVX SKXES. ëUi

qu'elles contenaient, et sV'tre assuie que ce fluide était dépouiTU de corpuscules spermatiqueîî, il en a arrosé des oeufs arrivés à malurité, et|amais il n'a pu réussir k en féconder un seul. Toujours, au contraire, rexpérience lui a donné un résultat positif, lorsqu'il a mis ses onifs au contact de spermatozoïdes pris, soit dans les testicules, soit dans les canaux déférents.

Mais Cosle (1) ne s'est pas borné à démontrer que les corpuscules spermatîques ont seuls le privilège ,de féconder; il a encore recherché dans quelles condilions devaient se trouver ces corpuscules au moment de leur conlact avec les oeufs, pour que ceux-ci fussent mlluencés, et il s'est assuré, par une série d'expériences, qu'en perdant leurs mouvements, les spermatozoïdes perdent leur pouvoir fécondant, que la vertu prolilique de la semence décroit avec la motilité de ces spermatozoïdes, et qu'elle s'éteint complètement à partir du moment où il n'y en a plus un seul de vivant; ce qui, pour la grenouille, arrive vers la vingt-cinquième ou la trentième heure, a une température de 10 à 22 degrés, et vers la soixantième, si ï'on met le fluide séminal» étendu d*eau, dans une glacière. Ce terme est beaucoup plus court chez les poissons osseux : les spermatozoïdes pris au contact de Fcdu, qui est le milieu naturel ou se fait la fécondation, loitj de se conserver vivants pendant trente heures environ, sont frappés d'inerlie vi d'impuissance au bout de quelques minutes.

Ajoutons qu'après la fécondation, sur les Œufs de grenouilles fécondés artificiellement et sur ceux de tous les animaux inférieurs, comme sur les œufs des maninufères, on trouve toujours des spermatozoïdes dans l'albu* mine dont ils sont entourés, et jusqu^i la surface de la membran*^ vitelline elle-même. Ces corpuscules arrivent-ils au contact de rœuf poiu' jouer seulement un rôle accessoire? Yallisnieri(2), qui ignorait leurs rapports avec IVeuf, leur attribuait l'usage de conserver à la semence sa lluidilé, Bischofl*(3), à Icxemple de G. Valentin{/i), émel une opinion analogue, et considère les spermatozoïdes comme étant destinés tout simplement à maintenir, par leur agitation, la composition chimiqut* du sperme. Avant eux, Borv de Saint-Vinceut (5), regardant les spermatozoïdes comme des entozoaires, leur avait assigné la même fonction de contribuer au mélange des éléments chimiques de la semence; mais il supposait, en outre, qu'ils pourraient bien contribuer à la fécondation, en entraînant partout avec eux de la liqueur séminale pîus ou moins adliérente à la surface de leur corps. Faut-ïls*arrôter à combattre de telles hypothèses? L'opinion d'après laquelle on attribue aux spermatozoïdes Tusage d'entretenir la composition chimique du sperme ne repose sur aucun fondement. Quant k celle qui les ferait passer pour des espèces de colporteurs de la semence, nous verrons, en étudiant bientôt le mécanisme de la pénétration du sperme, que ce

t liquide n'a pas besoin de leur secours pour atteindre la surface de t'œuf* (I) CosTE, OMIT. aV., t. n, p. 46.

(2) VALLï&NiERt, hioria tidla genernzione delf uomo.yenm, i721. (3) BiscHOFF, Tf-nUt^ du dévchppe'rnmt de i'hoèume et des mammifères, Pmst i^àZ.p, 3t* ft (à) G. Valemis, f^epettonum, L Vï, p. 251* ^^5) BoBT DE SAmT-VwCEWT, DidioHfi, clasx, (thisî. natun^ mL ZotoPEiMES, Pan», 1830, p. 737.

Lu:^atT — lîivMuL. uu — 51

8d9 n Là GtHftlATIO!!.

Tels sont les caractères des produits fournis par le mâle dans la génération. Tous ces produits sont loia d'avoir la môme importance : les uns sont évidemment accessoires; les autres, élaborés par le testicule, possèdent seuls le pouvoir fécondant. Enfin, parmi ces derniers, les spermatozoïdes paraissent être les véritables éléments de reproduction. Ils sont produits parles testicules, comme les œufs par les ovaires; les uns et les autres se forment de la même manière; ils se complètent réciproquement et sont susceptibles de se développer en commun, de former une combinaisoD organique nouvelle^ et de reproduire le type des individus souches dont ils se sont détachés.

Étudions maintenant les principaux phénomènes qui accompagnent cette union de l'élément mâle à l'élément femelle, et voyons comment s'accomplit l'acte physiologique désigné sous le nom de fécondation.

IL — DS LA rtoONDATIOlff.

Ce que nous avons dit, jusqu'à présent, des éléments de la reproduction dans les deux sexes et de l'union à laquelle ces éléments sont destinés, doit flaire pressentir que la fécandatton n'est pas, comme on l'a professé longtemps, une sorte d'impulsion donnée à la matière inerte, une influence dynamique s'exerçant sur une substance organisée qui n'attendait qne l'application d'une force pour entrer en action.

L'œuf et le sperme ne sont pas seulement organisés, ils sont encore vivants.

En effet, l'œuf ne présente pas seulement, dans l'ovaire, des phénomènes d'évolution remarquables : après avoir quitté le lieu de sa formation, il continue à vivre, et sa vitalité se manifeste par des changements, par des progrès d'organisation. La segmentation vitelline, dont nous parlerons bientôt, peut, par exemple, indépendamment de toute influence extérieure, commencer à s'opérer en lui et donner naissance aux sphères oi^aniques desquelles proviendraient, sur un œuf fécondé, les cellules do blastoderme, première réalisation matérielle de l'embryon futur. De son côté, le sperme, longtemps après qu'il est sorti du corps, atteste encore sa vitalité, par la persistance des mouvements dont ses corpuscules caractéristiques demeurent animés.

Les bourgeons, les spores des animaux inférieurs, sont des parties vivantes qui se séparent de l'individu souche, lorsqu'elles ont en elles ce qui leur suffit pour se développer isolément. L'œuf, le sperme, sont des parties vivantes qui se séparent des deux individus d'un type spécifique, lorsqu'elles ont en elles le pouvoir de se compléter, de se développer en commun, de puiser enfin l'une dans l'autre les éléments nécessaires à la formation ultérieure d'un nouvel être semblable à ce même type.

La fécondation n'est pas non plus un acte instantané. Nous verrons que, sous ce rapport, pas plus que sous celui de l'apparition soudaine de la vie

rÉGONOATION. 80S

dans ane matière inerte^ elle ne diffère des autres phénomènes organiques. La fusion de Tœuf et du sperme s'effectue, lorsque, sous l'influence d'actiens appropriées, ces deux éléments sont mis en contact l'un avec l'autre: le développement qui suit ce contact est simplement un effet de continuation deTactivité vitale qui déjà résidait dans chacun d'eux, avant leur rapprochement.

Ainsi envisagée, la fécondation n'en est pas moins un acte aussi mystérieux qu'important, car le sperme et l'œuf, abandonnés isolément à euxmômes, perdent toute aptitude à vivre, se désorganisent, se décomposent ; au contraire, sont-ils unis, on voit redoubler, dans le composé résultant de leur fusion, l'activité qui animait isolément l'un et l'autre, et ce tout devenir, en peu de temps, un nouvel être qui tient matériellement des deux individus dont il participe.

Dans l'étude de cet acte organique, il convient de signaler les moyens qui, portant le sperme à la rencontre de l'œuf, donnent à ces deux éléments la possibilité de se réunir ; — d'examiner en lui-même le phénomène qui consiste dans la fusion de ces éléments ; — d'indiquer le lieu oîi celle-ci s'opère et le moment où elle s'accomplit

La copulation^ ou l'union des sexes, dépendant, chez le mâle, de la sécrétion du sperme, peut se faire, chez nos animaux domestiques et surtout chez l'homme, dans toutes les saisons, à des intervalles assez rapprochés : du moins n'observe-t-on pas, sous ce rapport, des intermittences forcées^ des périodes limitées, comme nous en avons reconnu dans l'élaboration et dans l'expulsion de l'élément générateur femelle. Si, parmi les animaux sauvages, les mâles ne sont pas continuellement en chaleur, cela tient, comme nous l'avons vu, à ce qu'ils ne se trouvent pas toujours dans les conditions de bien-être, de nourriture, etc., favorables à la sécrétion delà semence. Mais aussi, lorsqu'ils arrivent à cet état, ils peuvent suffire à plusieurs femelles, et, pendant un assez longtemps, sont toujours prêts à leur fournir l'élément reproducteur élaboré dans leurs organes ; tandis que, chez les femelles, le rut passe avec l'expulsion des œufs et ne se reproduit plus après la fécondation opérée.

Chez l'homme, Télaboration du sperme est, pour ainsi dire, continue: il s'en faut bien que l'intervalle qui sépare la maturation d'un œuf de celle d'un autre œuf sépare aussi la formation d'une certaine quantité de sperme de la formation d'une nouvelle quantité de ce liquide. De plus, si toutes les influences voluptueuses^ si l'excitation vénérienne, et surtout le coït, bâtent la maturation des œufs et la rupture des vésicules de de Graaf, les mêmes causes agissent encore avec bien plus d'efficaciié pour accélérer la sécrétion du sperme. L'homme qui reste longtemps près d'une femme dont il est épris éprouve bientôt un gonflement douloureux des testicules, dû à une accélération dar.s la formation de la semence, et commandant impé-

mi

ht ifk iM^^mhiiQS,

rieusetnent le coït. Le rapprochement des sexes ne tarde pas alors à ét| suivi de î'éjacuktioB, c'est-à-dire de rcxpiilsion du liquide reprodticle dont raboDdance se révélait par des signes indubitables. Mais pour réjaciilalioo s'effectue» pour que le coït soit poi^sible, la verge acquit une rigidité qui lui permet de pénétrer dans le vagin et d'en parcourir ton l'élendue: cet état du pénis est désigné sous le nom âéievtion,

Vi'tecttftn^ ou Taugmen talion de volume et de rigidité du lucuibrc vit e4 produite, chez liionime, par ta distension des corps cavenieiL\.

Il faut distinguer l'ércclion naturelle qui résulte de rexcitation au de celle qui est factice et dépend de causes étrangères k l'acte vénerie

Cette det'nière peut se manifester sous Tinflueuce d'actions oiécauiqa ou irritantes très-variables : la plénitude de la vessie, par exemple, mine généralement des érections le raaliu, avant le lever, niéme chei jeunes enfanlSj mais elles cessent dés que l'un ne a été évacuée ; la coi pression, par toute autre cause, des veines qui rapportent le sang des ganes génitaux. Tusagcdes eantharides, elc, peuvent aussi les provoque

Les causes de rércclîon naturelle sont Tappétit véiiéricn et rexcitatifl du système nerveux. Les désirs provoqués par l'imagination, par les te tures, les tableaux ou les souvenirs erotiques, etc., non-seulement cause de violentes érections, mais peuvent aller encore, chez quelques homme jusqu'à déterminer réjaculation. On sait combien, môme auprès d'uiie femme, le secours de Timagi nation est souvent nécessaire, et que, ^n» lui, réreclion et réjaculation ne sont pas toujours possibles.

Cepeudant la cause la plus active et la plus générale de réreciiou est! distension tîes vésicules séminales et des testicules par Tabondauce ( fluide speruiatique. Cette abondance, déterminant d'ailleurs un sentiiue incommode de pression et de douleur sourde^ provoque Térection ir^ promptement, s*iî s'y joint un aiguilion quelconque. Celle-ci, quelle qa soit la nature de Texcitant vénérien, a loujoiu's d'autant moins de for comme le fait observer Italler (1), que les réservoirs et la semence s plus épuisés.

Mais, s*il esl aisé de dr-couvrir les diverses circonstances favorables rércction, il n'est pas aussi facile de comprendre son mécanisme.

On sait bien que cette turgescence est produite par 1 accumulation i sang: on s'est convaincu directement, soit par la section du pénis chvt II animaux, soit par la compression des veines, que la rétention de ce floid dans les corps caverneux est en effet la cause immédiate de l'augmenlatio de volume de la verge. iMais, comment le sang est-il l'elenu dans ( organe? — Dans ces derniers temps, CIk Rouget (2) a cherché à mieux pp ciser la nature spéciale des tissus dits érectîles, et aussi à expliquer le ver table mécanisme de réreclion. Suivant cet observateur (3), tout organ

(1) Hallêb, ouvr. ciY„ L Ml, I, p. îr5:j.

(2) Ch. flocCET, Huchfrches .^ttr fev organts ertcttiei ik la femtne ^t aur fa^i**itttt um^s tnire iubrf-itvurtcn^ ihmi leurs rapports itvcç rovutadon et h mcagtê'Uaihn. Iii-8, Pan*, IH5

(3) II*., Thést^intitig, Parw, 1855.

Ff:C0f<l»AT10N.

éreetiie n'étant, en réalité, qu'un organe musculaire dans lequel le sang apporté par les artères peut être temporairement retenu dans les capillaires ou dans les veines transformées en sinus caverneux, en plexus rétiformes, il n'y a pas lieu de chercher la cause iitiniédiate de rérection ailleurs que dans la contraction des faisceaux musculaires, qui sont l'élément premier ou la base de Inule partie érectilc.

On a d abord émis sur ce point un certain nombre d'hypothèses» et c'est récemment que Ton a songé à recourir à rexpérience*

On doit rejeter toutes les théories qui attribuent aux muscles volontaires (buibo et ischio-caverneux), le rôle principal dans ce phénomène (Krause). En effet, d'une part, ces muscïcs peuvent se contracter votontairement sans qu'il y ait érection, et, d'autre part, leur action peut è\ve complètement annihilée par le cunire sans que pour cela l'érectmn soit empêchée. Ces deux objections nous démontrent que ce sont les Obrcs lisses qu'il faut l'aire intervenir dans Texplication de ce phénomène, — G. Valentin (i) assigne aux lnd>écules musculaires des corps caverneux Tusage d'écarter, en se contractant, les parois des aréoles pour permeltre à ces cavités de recevoir une plus grande quantité de sang dans leur inléfîeur. En regardant le corps caverneux tout entier comme un tube fibreux traversé intérieurement par des cordes musculaires tendues d'une paroi à Tautre, il semble évident que relfet de la contraction de ces cordes musculaires ne peut élre que de rapprocher, et non d'écarter Tune de Vautre, les parois du tube. Aussi Kolliker(*2), qui admet également la dilatalion des aréoles du*corps caverneux, couune cause première de Térection, attribue-t-il cette dilatation^ non pas à la contraction des trabécules, mais i\ leur paralysie momentanée, à la cessation momentanée de Tétat tonique dans lequel ils se trouvent toujours à l'état de vie. Comparant le pliènomènede l'érection à celui de I arrêt du cœur dans la diastole par Texcitalîon du nerf vague, cet observateur admet inexistence de mrfs trarrêt partant de la moelle, et dont rexcitalion a pour effet de suspendre Tiniluence motrice exercée sur les trahécules par des nerfs émanés des ganglions du grand sympathique. Mais cette théorie, qui ne s'appuie pas sur Texpérimentatiou , a trouvé de nombreux contradicteur^, et en particulier Ch. Rouget. Suivant ce dernier physiologiste, l'opinion de Koliiker est en contradiction formelle avec l'observation de faits pathologiques qui prouvent que, dans certaines altérations de la moelle lombaire, accompagnées de la paralysie des organes pelviens, vessie, rectum, elc, Térection, bien loin d'être plus fréquente ou mi^me permanente (comme le voudrait rigoureusement la théorie de Kolliker), est, nu contraire, un des premiers actes abolis. I>'aillcurs, quand les trahécules musculaires sont réellement contractées, sous riulluenre de l'électricité par exemple, la diminution remar-

(1) \X!.Efmiï, Vpher ûfft Vf^'touf der Blutgefâssfi ijn Pmis tfrs Mefis'chett untl ^nigtfr Sâw ffethierfi ; ^\V£LhZ}i's Afchiv^ 1838, p. 182. f^hrh, (1er Phyn. Hd. 11^ p. 27.

qiiiible *hï volume de la yer^e s anrump^ijînr (\\ine rigidilé laule stpéelai bien différente de Tétat de repos et de llacciditô (Rouget),

Il faut nécessairement, dil Gh, Fioiipfet, rherrher rexplication de dans la structure dt-s organes érectiles et lians la contraction des i .. „iix musculaires qui en font essentiellement partie intégrante. Or, eoinmirnt agit la contraction des trabécuîes musculaires du pénis? H se pa&«»e Ui vaat le môme observateur, ce qu'on voit dans tous les m(tsrle§ • ^ niques : la contraction débute par un point, généralanaenl |jar une des extrémités de Torjjcane, et ^e transmet ou tend h se transmettre de j n proche. Dans le cas particulier des organes de la copulation, la en n commencerait dès avant le bulbe et li racine des corps caverneux, ou tout au moins à leur niveau, Ce serait a !a région des vésicules séminales, dont la distension est la cause pn»mière de réreclion naturelle, que débuterait l'espèce de spasme qui, se développant dans Tapparell muscuiiira uro-génital, se Iransmeltraît de proche en proche aux faisceaux de la ra* cinc du corps caverneux et do bulbe, et tendrait à se propager <Lins lo»|# rétendue de la verge; mais Tobstacle apporté au cours du sang dans veines du plexus de Santorini par les premières contractions musculai a eu pour elTel immédiat, suivant Gh. Rouget, « la dilatation des aréoles corps caverneux par le sang, et ta tension du liquide lutte énorgiquemi contre la tonicité musculaire jusqu*au moment où réjaculation étant compile, le spasme s'éteint peu à peu dans les parties mêmes où il a buté; puis, la circulation redevenant libre, Ut contraction musculaire rem» porle enfin sur la tension un sang, chasse en partie ce liquide, et ramène gradueileraent la verge à ses dimensions naturelles n*

Des recherches récentes semblent démontrer que, si des contractioi musculaires, dont refTct est d'entraver la circulation veineuse, interviei nent dans le phénomène de Torection, elles n'y jouent point le rôlf* pri; cipal et ne doivent être considérées que comme auxiliaires. Le pr^mii phénomène observé, celui par lequel débute Térection et sans lequel e! ne se manileslerail pas, est la dilatation des ariérioles et des veînuj soos l'influence des nerfs vaso-moteurs. Déj:i Gae!ither(l) avait étudié l eflets de la section du nerf honteux, mais il n'avait point songé k voir que produirait son excitation* Eckhard (2), le premier, étudia sérieusetnetil la question à ce point de vue. Ce physiologiste décrit des nerfs érecteur» {netiH erigentes) provenant du plexus sciatique et se rendant avec les vaisseaux sanguins sur les côtés de la vessie et de la prostate jusqu'à la portion membraneuse et bulbeuse <le i'urèthreuù Ton cesse de lesstr niveau de leur trajet on remarque un certain nonjbre de cellules > naires sur la continuité des filets nerveux.

Si, après section préalable, on excite te bout périphérique de ces soit d'un seul côté, soit des deux à la fois, on voit rêrection se produ;

(1) CuOTKCii, Vnterxw:hnnifm ttrtd Erfiûirungm im G^Me ftêr Anttt, Phyi. und Thkr^ armetkftnfie. Bannover, 1837*

(2) Eck:s4ii», Vntet'xarhunifcn ùbcr dwKrecîhn tiritPmis heim Hunde, {Reîtr. tur ^ und Phtfi,^ \{\ B4. Giessen^ 1803, p. 125.)

PfiOOmiàTIOH. 807

priadpalement dans le corps spongieux de l'urèthre* Cette érection n'est pas due à la rétention du sang par compression veineuse» comme le prouve l'expérience suivante : si, avant Texpérience^ on incise le corps caverneux de Turèthre préalablement mis à nu, l'incision donne issue à un sang veineux foncé qui s'écoule en gouttes rares ; si, maintenant, on excite les nerfs, on voit presque immédiatement Técoulement sanguin devenir trèsabondant et très- fort, le sang prendre une couleur rouge vermeille; après que Texcitation a cessé, Técoulement sanguin redevient ce qu^il était d'abord. Cette expérience, qui réussit très-bien chez des chiens curarUés et dont la respiration est entretenue artificiellement, peut se renouveler avec les mêmes phases jusqu'à dix et douze fois de suite, tant que les nerfs ne sont pas épuisés.

Enfin, la ligature des veines eiférentes ne donne pas lieu à des phénomènes semblables, c'est-à-dire à l'érection et à l'écoulement d'un sang rutilant. C'est bien un afflux sanguin plus considérable qui est la véritable cause du phénomène, comme Eckhard Ta démontré en comparant les quantités de sang qui s'écoulent par la veine honteuse interne (après l'abouchement de tous les vaisseaux péniens) avant et pendant l'excitation des nerfs érecteurs. Il trouva cette quantité huit fois plus grande pendant l'excitation qu'auparavant, et môme il s'écoula^ par la veine dorsale seule, quinze fois plus de sang dans le premier cas que dans le second. Loven (1) poussa plus loin la démonstration : ayant soigneusement enlevé, couche par couche, la surface du corps caverneux en un point, jusqu'à ce qu'il eût mis à jour un petit jet artériel^ il vit manifestement ce jet augmenter lorsqu'il excitait les nerfs érecteurs. Il en conclut que ces nerfs érecteurs sont bien des nerfs d'arrêt, et que l'érection est due à une dilatation des plus petites artères des corps caverneux, produite par la mise en activité de ces nerfs. L'érection peut être portée à un degré plus élevé par des contractions musculaires qui limitent Técoulement du sang. Ainsi, la ligature des veines dorsales du pénis augmente notablement le gonflement de cet oi^ane^ produit par l'excitation des nerfs érecteurs. D'après Loven, le nerf honteux est l'antagoniste des nerfs érecteurs: après sa section^ le diamètre des artères augmente, mais sans qu'il y ait érection, tandis que par son excitation on fait diminuer l'hémorrhagie, et l'on voit les bords de la section se rétracter.

Cette nouvelle théorie de l'érection a été adoptée par un certain nombre de physiologistes, et aucun expérimentateur n'a depuis apporté des faits qui puissent lui être opposés.

Rappelons, en terminant^ qu'on a fait jouer un rôle, dans le phénomène de l'érection, aux artères hélicines décrites parJ. Mûller(2) et par Valentin (3).

J. Mûller avait décrit, sous ce nom, des ramifications artérielles contour-

(4) LoYÈN, Veber die Erweiierung von Arierien in Folge van Nervenerregung . (Berichted. Kdn, SOchs. Ges. d. Wùs., niath.-phys. CL, 1866, p. 85.)

(2) Mî!ller*s Archiv, 4835, t. II, p. 208.

(3) Valentin, /// MUller's Archiv, 1838, p. 182.

du

SOH tm LA GÊ^ÊRàrlo^.

nées eo forme de vrille; il admit d'abord qu*elles s'ouvraient daos k<i sinus caverneux, tandis que plus Lird il les considéra comme (te simples varicosîlés terminées en cul-de-sac. Henle et Valentin regardent les artères hélicines comme des productions accideiitclles, résnltaot de ce que les trabéculcs coupées en travers se roulent en spirale, ou de ce que certaii» vaisseaux se retirent daos rinlérieur des trabécules tendues.

Kobelt (t) admet d('s dîveriicuiums artériels dans le corps caverneux du pénis, daos le bulbe et mèoie dans le gland : mais, lout eu leur dooni le nom de riiverticuiuras, il parait, adoptant la première opinion J. Millier, les considérer comme ouverts à leur extrémité, et chargé dil-il,dc favoriser récoulement du sang dans les espaces veineux au mi lieu desquels ils sont lîbremeiU suspendus. Kôlliker croit aussi à rexistenca dos artères bel ici nés.

Cb. Ilougetj ayant repris cette question^ a constaté que les artères di organes érecliles présentent une disposition spéciale dont on est frappé ait premier examen : d'abord, comme l'a indiqué J. MûlkT, les troncs artériels dans le bulbe et à la racine des corps caverneux ne se divisent pas, l'ordinaire, en rameaux dichotomiques, mais sont garnis dans tout le pourtour de bouquets de vaisseaux se détachant au nombre de trots à d'un court pédicule commun. Ces vaisseaux ne se terminent pas en courts diverticnlums, ils traversent librement les larges sinus de la pari centrale des corps caverneux et des bulbes, et pénôtreat, après des di' sions et des anastomoses multiples, dans les trabécnles musculaires, aC' mulées surtout a la périphérie; ils les parcourent et s'ouvrent enfin à lei surface par un orifice en forme de fente évasée ; mais, depuis leur origii jusqu'à leur terminaison dans les trabéculcs musculaires, les branches bouquets artériels se tordent, s'enroulent en spirales à tours brusques pressés, s'enchevêtrent les unes dans les autres, et se mêlant, s'anostoni sant, forment de véritables pelotons vasculaires qui, bien différents des si pies llexiiosilés qu*eirace une certaine distension, persistent pendant l'é tion la plus complète et présentent une analogie frappante avec les résea^ admirables- Il n'est guère possible, comme le fait observer Ch. Hougi de méconnaître le rapport qui lie cette disposition avec la fonction s| ciale d'un organe où le sang, dans un moment donné, doit s'accumul comme dans un réservoir.

Quel que soit le mécanisme de l'érection, Fétat de rigidité du pénis ( néces<;aire à son introduction dans le conduit vulvaire et à racconipUss 1 lient du roit.

En m&me Icmps qu^elîe prend plus de volume et de dureté, laver acquiert, surtout en avant, une sensibilité beaucoup plus vive, dont laug menlalion est indispensable pour déterminer rexcrélion de la liqueur^ séminale. Cette sensibilité se développe par les frottements réitérés Torgane mAle avec l'organe femelle* Lorsqu'elle a acquis, à la surfa i\p la verge et surtout du friand, un degré suffisant, elle provoque, par

'Jj KtïliELT, »mrr. r*//.

FÉCONI^ATJON

effet il acUûu réflexe de la aïoello, la coiitracLioix spasint-niique des vésicules séminales» des muscles du pùtïnée, de ecux de Turèthre, et détermine ainsi Véjaatltfiion de la semence (*).

L'exaltalioii de la sensibilité est à la fois cause et ellei de 1 éjaeulatiou. Si la tiliïlation due au frottement du gland et la sensation de plaisir qui en résulte doiveut atteindre leur plus liant fïe;jré puur pouvoir délerminer réjaculation, à son tour le passage du sperme dans Turèthre augmente encore la volupté qui semblait avoir atteint se^ dernières limites, et détermine un état général de spasme qui abolit momentanément toute autre sensation.

Gonmie tous les mouvements réflexes» réjaculation est un acte involontaire. Plusieurs organes concourent à sa production d'une manière puis* santé, et combinent leurs elî'orts synergiques pour les diriger vers le même but Après que le tissu spongieux de l'urèlhre et du gland s'est fortement gonflé, le sphincter de Fanus se ferme exactement, les vésicules séminales se contractent, tout le pl«uiclxer périnétd, et nolamment le releveur de l'anuSf en se contractant aussi, font remonter ces organes avec la prostate» el en expriment le conlenu; le sperme, en vertu de la direction des canaux éjacnlateurs, est versé dans l'nrèthre d'arrière en avant» an lieu d'ûtre porté vers la vessie, et de là il est entraîné avec les sucs de la prostate, des glandes de Gowper, des follicules uréthraux, et même dardé à une certaine distance, non-seulement pur les actions muscuLiires dont nous venons de parler» mais encore par celles des muscles bulbo* caverneux dont les contractions alternatives achèvent de vider le bulbe de t'urèthrc.

On ne peut guère préciser la quantité de sperme éjaculée, ni la fticilité que peut avoir cette liqueur à se former de nouveau et à provoquer la répétition du coïl. L'une el l'autre varient beaucoup chez les dil^érent^ sujels et selon les divers états de bien-être ou de fatigue, de santé ou de maladie, dans lesquels ils se trouvent. On ne saurait donc exprimer à cet égard aucun principe absolu. Il en est 4le même pour la force avec laquelle le sperme est éjacnlé : la faiblesse des contractions musculaires, un obstacle dans le canal de Turèthre, peuvent empocher la liqueur séminale d'être projetée dans les organes génitaux femelles; maïs on sait que celte circonstance ne nuit pas h la fécondation, ou du moins n'entraîne pas son impossibilité,

(*) Le» hommes et le» animaux qui mettrenl do mort violetile, selon t. Cooarû (owtv*. eiï-, p. I2il, note 2),éjâculc!nt de la semence abundammeiit fournie de spermatozoïdes. Ctieiles àtii^ maux qu'r] a sacriHés ou qiill a vu iiliaUre, l'émission du sperme éUit très at}ondante, el avait tieu une, i\tu% ou trois minote&nprèâ que l'ammat avait été saigné, abattu ou étranglé. Pendant (ont \c temps de récaïihtnthi de la semence, la queue de t'animai s'ngitait comme (kms Je coït ordiiiajre. Cti*a leliérissoti, cet otiservjlcur a vu que l'éjacutatioii était produite par des contractions du bulbivcaverinîyx, U a conaUlé de plus qutî, chez les hommes qui meurent mpideuionl, h la fiuitti d uti accident par c\e<iqde, Û suHit d^^ loucher un (leu Je(;;land« uite ou detix hrure^afirès la fnort» pour voir le sperme arriver au méat. Oi\ ce speroïc contient des aniiii^iilcuk'S dout*s de mouvf^mefiu t^lusteurs lois (iop/^hd a ubteau oîni}) de la semence, sur des individus morls de maladie, quinze îi diH-lmit heures et mL>me {rente-ï^iK heures aupnravaut. Dans ce dernier cas, Jes pAfois de l'orètlirc ^lanl acculées, îl t^taii oblij^ë, (lour obtenir du Quide séminal, de presser d'arrii'Tc en avant ta face inférieure de la verge.

810 DE LA GfiHÊftATION.

Le coït excite dans tont le corps une irradiation sensitive indéfinissable, une agitation extrême; le pouls s'accélère, la respiration est laborieuse, etc.; la plupart des phénomènes qui caractérisent les efforts violents se manifestent. Après réjaculation, lorsque le calme se rétablit, la verge diminue de volume et reste un peu douloureuse, Térection disparaît bientôt complètement; enfin un sentiment de faiblesse, qui rend l^omme languissant, succède à cet état de spasme et se prolonge pendant un intervalle de temps variable.

La femme participe à cette agitation, à ces sensations voluptueuses, à cette fatigue. Mais il existe, sous ce rapport, quelques diCTérences entre les deux sexes.

£n général, le sentiment voluptueux est plus prompt chez l'homme que chez la femme. Quant à la vivacité de cette sensation, s'il est vrai que, chei quelques femmes, elle soit moindre qu'elle ne Test chez tous les hommes, on doit pourtant reconnaître qu'à cet égard beaucoup d'entre elles semblent ne le céder en rien à ces derniers.

11 en est de même de la fatigue qui accompagne la copulation. Elle parait être plus grande chez l'homme que chez la femme; aussi celle-ci sopporte-t-elle plus facilement la répétition du coït. On conçoit, en effet, que la turgescence ou l'espèce d'érection du vagin, les contractions par lesquelles ce canal embrasse la verge, l'excrétion du mucus qui s'échappe de ses follicules pour faciliter le coït, puissent entraîner moins d'épuisement que les actes correspondants chez l'homme, tels que l'érection de la verge, les contractions violentes de réjaculation, la perte surtout d'une humeur aussi importante que le sperme.

Existe-t-il, chez la femme, une véritable érection accompagnant le coït? Ch. Rouget (1), poursuivant ses intéressantes recherches sur les formations érectiies, remarqua, dans les branches terminales des artères utéro-ovariennes, une disposition en tout semblable à celle qu il avait observée dans les artères hclicines des corps caverneux de l'homme. Puis bientôt il reconnut que Tutérus et l'ovaire possèdent chacun un véritable corps spongieux. Ces organes sont-ils le siège de phénomènes analogues à ceux de l'érection, ainsi que le fait supposer cette notion de leur texture intime? Chez la femme, dit Ch. Rouget, dans l'état normal et en dehors de l'état de gestation, l'utérus et les ovaires sont, après la mort, affaissés dans la cavité pelvienne, et lors môme qu'on les débarrasse de la masse intestinale qui pesait sur eux, si la vessie et le rectum ne lui prêtent un appui, l'utérus obéit à tous les mouvements qu'on lui imprime, et, lorsqu'on cesse de le soutenir, retombe et s'infléchit. Dans ces conditions, si, après avoir placé le bassin dans un bain chaud, on pousse par les veines ovariques une injection qui remplisse complètement les corps spongieux de l'ovaire et de l'utérus, on verra de la manière la plus évidente qu'au moment où Tinjection le distend, le corps de l'utérus, se redressant dans l'axe du col ets'é-

(1) Rouget, ouvr, vit.

levant en quelque sorte dans la cavité pelvienne, exécute un mouvement tout à fait analogue à celui de la portion pendante de la verge se redressant dans Taxe de ta portion fixée au pubis et s'élevant vers l'abdomen ; l'utérus, comme la verge, persiste dans cette position tant que l'injection gonfle les corps érectiles. Ce changement de position s'accompagne aussi d'un changement de volume et de forme très-notable : l'utérus devient plus convexe en avant et en arrière surtout; ses bords, précédemment amincis^ s'arrondissent et se développent de telle façon que l'organe, après l'injection, présente un volume de moitié au moins plus considérable qu'à l'état de vacuité ; en même temps les parois de la cavité utérine s'écartent, comme Gûnther et Kobell l'ont montré pour les parois de l'urèthre. Du côté de l'ovaire, des phénomènes analogues, quoique moins prononcés^ sont tout aussi incontestables : tandis que la trompe ne subit aucun changement de forme ni de volume et n'exécute par elle-même aucun mouvement^ on voit l'ovaire se soulever par la tension du plexus veineux, pendant que le corps spongieux, qui le supporte comme une espèce de réceptacle, se gonfle et semble naître de toutes pièces, comme les bulbes du vestibule au moment de l'érection. Quant au vagin, il ne parait présenter aucune portion que l'on puisse considérer comme érectile, si ce n'est le plexus de larges veines qui longent ses bords latéraux, et le plexus^ quelquefois annulaire , qui entoure la première portion seulement de ce conduit.

Sans doute, ajoute Ch. Rouget, souvent l'excitation sexuelle, chez la femme, est bornée aux formations érectiles des bulbes et du clitoris, mais elle doit, lorsqu'elle est complète, lorsque Téréthisme vénérien arrive à son summum d'intensité, franchir ces limites, et envahir les organes essentiels de la fonction génitale dans lesquels se développe la sensation voluptueuse spéciale qui annonce l'accomplissement de l'acte sexuel, que les organes de la copulation ont seulement préparé.

Si, en effet, l'orgasme vénérien, chez la femme, a pour siège les organes génitaux internes, on comprendrait le rôle que doivent jouer toutes leurs riches formations érectiles, qui surpassent de beaucoup, par leur développement, celles des organes de la copulation (*).

(*) Nous croyons flevoir compléter le précédent chapitre en donnant ici le résumé des intéressantes observations de E. Godard relativement aux causes qu'il assigne le plus ordinairement à Vimpumnnce et à In ftU\rilité chez l'homme.

L'impuissance et la stérilité^ dit cet observateur, se rencontrent bien plus souvent qu'on ne le suppose généralement. Ces deux infirmités, souvent indépendantes Pune de Tautre, sont parfaitement distinctes. La première consiste dans l'impossibilité d'exercer le coït, elle est rarement absolue ; la seconde dépend tantôt de ce que le sperme n'est ni sécrété ni éjaculé ; d'autres fois elle résulte de l'état anormal de ce liquide, qui est privé de spermatosoaires. Puis, le même observateur rappelle d'abord dans quelles affections congénitales ou acquises du testicule il a rencontré l'impuissance et la stérilité, soit simultanément^ soit isolément. H ne dit rien des castrats, n'ayant jamais observé d'hommes ayant subi une pareille mutilation.

Quant ata hommes dont l'appareil génital n'est représenté des deux côtés que par les canaux déférents, ils entrent difficilement en érection, tnais n'éjaculent jamais, Ches eux, l'impuissance est presque absolue, et la stérilité est complète.

Les individus dont les deux testicules ne se sont pas développés se rapprochent beaucoup des précédents, pour l'extérieur, les goûts et l'aptitude à la reproduction. Sans doute ils ont des ér(M:iions, mais ils éjaculent au plus une à deux gouttes d'une semence inféconde ; car ches eux.

li. • — ÇTiiion de l^ceqf el du iperme.

La liqaeur séminale, portée par le coi! dans la profondeur des organes génitaux de la femme, doit bientôt î^^unir à rél<?ment femelle de la reproduciiOD. Lorsque celte union esl accomplie, le grand acte de la fécondalioo Çfefil réalisé. Nous devrons chercher, phis lard» à déterminer quels moyens la nature emploie, après la copulation, pour porter Tœuf et le sperme an*

> comme Ta reconnu E. tiOtlnnU les teslicules sont h peine eu volyme d'une DoiseUe^ el les léftculea lémmales ont tout au plus le d in m être d'une plume de pigeoa.

Les hommes dont les deux testicules se sont atrophiés, soit spontanément, soit & b suite d*iH coup ou de roichile hlennorrhagi^iuet se trouvent dans Jes même* conditions. Ceux don! lai deux glandes séminales sont le sicj;;e de l'èpumchemeiit plastique ijui constitue le te»tieiilie t^rphli* litiqnc suiit presque Lomplétement impumanis el absolument itcrilen. Ceux au conirûfe qvi Ml Beulenient de petits noyaux plusriqoes au niveau du corpa d'Highmore, qui ett te lieu oà ilf tt d^! posent tout d'il bord ^ sont puissants et fêcondEj Sk'mû que i>odard l'a vérifié |klusieurt fuît |j>r r examen du spernie éjaculê.

L'ailectboti tuberculeuse double des testicules amène quelquefois rimpubsance, et toiiyotirt U Btùrtlitô; bien plus, ceux qui sont atteints de cette affection éjaculeot au pluê une ou tfeit gouttes d'un liquide pri^é de spermatozoaires.

Ceux qui n'ont qu'un seul teatictile tuberculeux sont puissants, mais inféconds ; leur i esl privé de spcrmatoïuaires, ainsi que <^odard s'en est assuré par l'examen du sperme i et aussi par Tcxauien du liquiile contenu dans les vésicules séminales et les canaux De pluSf ceux qu'il a observés et qui étaient mariés n'avaient pas eu d'eitfants depuift qaHi avaient un tchticnle tuberculeux.

Ce fait, dit Oodard^ peut sembler extraordinaire, car l'un des testicules est abwihnagal ^in ; mais ce qui paraîtra pltjs étonnant encore, c'est que j'ai constaté plusieurs fbû qat, chez eux« la stérilité avait précédé d'un à deux ans le développement apparent des lubereidff tesiiculaires,

Coumie ou le voit, l'examen du sperme peut servir au dia^noâtic difTérentiol du testicule tUr berculeux et de l'orcbilc c bronique occupant dans les deux cas un ^rul texficu/e : dans la prsmtére de ces alTections, le Jtqnide éjacuié est privé de spermatoBoaires ; dans la secande^ il m renferme une quantité vaiiable*

Les liomnies dont les deux testicules sont arrêtés dans l'abdomen jouissent de toutes les bculte» viriles ; il- i^ntrcnt en érection^ ïU exercent le l'oït, ils éiaculent une certaine quantité ée semence, mais ce liquide manque de propriétés fécondantes. Dans ce cas^ les testiculaa na sécrètent pas de sperniatozoaires.

L'iiomme qui a un testicule &ain descendu dans le scrotum (celui du côté opposé, arrêté dtts son évolution, étant $ain ou makdeï est puissant, et il éjacule du sperme largemeat f9iinn# fpermatoKoaires. El en est de même de Tbomme qui a un testicule sain, et dont Taulre préiCnt» un noyau plasiiqur- épididymaire.

Au cufitraiie, Tindividu qui esl atteint de double orcbile est puissant, mais U ne peut le* couder ; seulement» tantôt cette atfection di^p^iraîL sponlaciément, ei celui qui en est atleint reprend ses facuîiés viriles ; d'autres fois il reste stérile après la disiparition des tuii*euts épididjmaires. Dans ce dernier cas, la stérilité résulte^ soit de l*obhtéraiion du cauâl dèrereut qui t persisté, sidt de 1 arrêt de la sécrétion spermatiquo dyns le testicule p.ir suite de l'inflammation du parenchyme glandulaire^ ainsi que Godard l'a établi par Texamen du sperme éjacuié et par des observations d'anatoinie patnologique.

Les personnes atteintes d'orchite untlatéralCf la glande du c()lé opposé étant saiiiay aootpiibsanies et fécondes.

Le vancocLHe, les kystes spermatiques épididym«)tres ou intra-lesticulaîres, les kfstcs lé* reux de la tèie de l'épididyme, n*eïupi'clie ui la sét-rétion ni 1 excrétion du liquide i Jlenest deméine desGuu|;esUun&ou des apoplexies spcrmatiquesépididy maires ou

En rémm^^ dans tontes les conditions d'impuissance et de stérilité aignulée? par E. Godafd (Etudes aur ht monùrrhidu^ et lu cryptùrehiflte, p. 143, note 1), ritjfiinut.f d«'|^«ndail ( de c^ que la sécrétion n'avait pas lieu, tantôt de ce que Técoulement du liquide fécosidaiit i empêché {a}.

(t) Vnnt Ir* raiifti*« «!(• tti^i-ifîti*» tkr% (« fvmmr, ranmiu^t I'ouvi-jib»» d»' F.

tri ft.

FKC0NDATIO^,

devant l'un de l'autre; à recoiinailre dans quel Jieu et a quel niomeut la rencanlrc de ces éléments germinateurs peut s*opércr. Prouvons d'abord que celte rencontre elle-même constitue le pli 6no mené de îa conception.

La difficulté de constater la présence du sperme sur l'œuf, d'expliquer les moyens de transport de ce liquide dans retendue des voies génitales internes de la femme et des femelles des mammifères^ a lait longtemps attribuer la conception à une influence purement dynamique. Encore de nos jours» Burdach {!) s'est posé comme le dernier et le plus aident défenseur de celte opinion. Mais il est aussi difficile d'exprimer la nature réelle d'une telle influence que d'en préciser les limites. Sans doulc, nous ne pouvons pas plus pénétrer Tessence de la conception que le mystère de lu vie elle-même ; toutefois nous pouvons exprimer que, dans cet acte, se réalise tm fait organique semblable à ceux dont nous avons saisi déjà la manifestation dans les fonctions animales de l'individu.

Les expériences ont démontré que ni ies phénomènes nerveux qui accompagnent la copulation, ni l'acte même du coït, ne sont indispensables h la fécondation. Une seule cirronstanee importe à l'accomplissement de cette fonction*: îa rencontre de l'o^ufet du sperme doués encore de toute leur .vitalité. Les fécondations arliflci elles, exécutées avec tant de soins par les observateurs du siècle dernier, et renouvelées de nos jom^s avec un égal succès chez ies batraciens, les poissons et beaucoup d'animaux inférieurs, prouvent bieneneifet que les actes concomitants, dontrensemble constitue le coït, sont loin d'être des conditions essentielles dans Tacte de la généeation. SpalbnMni(2) et Hossî (3) nous ont laissé des observations de fécondations artiticielles, même chez le chien. Haighlon (ii), en liant Tune des trompes, chez des lapines, rendait la fécondation impossible de ce côté, bien que raccouplemenl eût été accompnfrné de loulcs les circonstances normales, et que les œufs du côté opposé eussent été fécondés, Enfln, dans Fespècc ImmainCj Tabsence de tout sentiment voluptueux, surtout chez la femme, est loin d'être contraire à la fécondation. Les exemples de viol suivi de grossesse ne sont pas rares; dans plusieurs cas, la catalepsie, rivresse, le sommeil, le narcotisme, n'ont pas empêché la conception d'avoir lieu* De la part de Thomme lui-ojôme la fécondation peut se faire, non-seulement sans la moindre sensation voluptueuse, mais encore à la suite d'un coït douloureux, sans intromission parfinlc du pénis dans le vagin, et, par conséquent, sans celte harmonie intime, dynamique et ma* térielle que Ton a regardée longtemps comme la condition essentielle d'une copulation féconde.

Ainsi donc^ le contîict matériel de Tœuf et du sperme est la seule condition qui soit vraiment nécessaire, indispensable, pour assurer la conception. La fusion intime de ces deux éléments (organisés et vivants est seule capable de produire le composé dans lequel se continuera la vitalité de

(l) BDRtJACU, Traité dâ phffsiotogk. Parî», i838, t. 11. (2.1 SpALLAW/AWi, Expier, pour tervir à lliùft, tic (a gém^rati'} f3] Ross!^ Opust^olt f!crtli tli Mitano, U V, p> Uô. ' (^) ir\i.riTON, /Vii/ov. Tranfnct.j 1797, [4. L p. 159,

Paris, 1787, p, Î225.

S1& DE LA GÉNÉBATION.

Tun et de l'autre, c'est-à-dire de former le germiB dont le développement donnera naissance à un individu nouveau.

En étudiant les divers éléments du sperme, nous avons démontré que U vapeur de ce liquide est impuissante à féconder Tovule; que sa partie la plus fluide, celle qui passe à travers les filtres, n'a pas davantage le pouvoir d'exciter le développement de Téiément femelle; en un mot, que la liqueur séminale ne possède la propriété de féconder les œufs que si elle renferme des spermatozoïdes. Par conséquent, les spermatozoïdes sont seuls doués de la faculté de compléter les ovules^ le contact matériel de ces corpuscules avec les œufs est toujours nécessaire à la formation du germe, et la fusion de ces deux éléments semble être la condition indispensable du développement du nouvel animal.

On peut déterminer, du moins chez quelques espèces annimales, le mécanisme par lequel les spermatozoïdes pénètrent à travers l'enveloppe albumineuse de l'œuf, jusqu'à la surface de la membrane vitelline. Prévost et Dumas (1) ont découvert ce mode de pénétration, en teignant de matières colorantes le sperme dont ils arrosaient ensuite des œufs de grenouille. D'après leurs observations, la matière albumineuse qui entoure l'oeuf est très-hygrométrique : après quelques heures de séjour dans Teau, elle augmente considérablement de volume en se laissant gonfler par la pénétration de ce liquide dans son épaisseur. Or, si l'on attend que ce gonflement soit complet, on a beau mettre les œufs en contact avec le sperme et les agiter dans cette liqueur, jamais on n'opère de fécondation : cela tient à ce que le sperme ne peut plus pénétrer à travers l'enveloppe albumineuse, qui est déjà saturée d'eau et a acquis, par cette saturation, le plus grand volume qu'elle puisse atteindre. Au contraire, si l'on met les a»ufs dans l'eau spermatisée au moment où ils viennent d'être pondus , ces œufs s'imbibent du liquide dans lequel ils sont plongés, le sperme pénètre par endosmose à travers l'albumine qui les entoure; de nombreux courants dirigés de dehors en dedans s'établissent avec rapidité à mesure que l'albumine se gonfle, et ces courants entraînent avec eux les spermatozoïdes jusqu'à la surface de la membrane vitelline, et même probablement à travers celle-ci jusque dans l'intérieur de l'œuf.

Ce phénomène remarquable, qui se produit chez les batraciens, ne peut-il pas s'accomplir de la môme manière chez les mammifères, et, en général, chez tous les animaux à fécondation interne?

Si nous prenions ici l'analogie pour guide, elle nous conduirait à l'erreur, du moins en ce qui concerne les niamuiifères. Lorsque l'on examine des œufs de lapin, recueillis dans les trr^nipes et sur lesquels s'observent les premiers phénomènes embryogéniques , on trouve bien , il est vrai, des spermatozoïdes sur la membrane vitelline môme (*); mais l'expérience démontre que leur rapport eslantérieur t\ la formation de Talbumen. Lorsque celui-ci entoure Tovule, les spernialozoïdes >ont impuissants à le

(l; Prévost et Di mas, Ami, ffrs sricners ttat,^ T»' sitic, l. Il, p i'i9. (*) Voy. planche I, fig. !\, 5, G, 7, 8, \K

rtooMiàtioii. et s

pénétrer, et par conséquent à arriver jusqu'à l'enveloppe du germe. Les observations de Goste (1) ne laissent aucun doute à ce sujet. Sur une lapine^ éloignée du mâle, qu'il a laissée s'accoupler cinquante heures environ après la rupture des vésicules de de Graaf, et qu'il a sacrifiée douze heures après l'accouplement, les ovules, arrivés à Textrémité supérieure des trompes, y étaient entourés d'une multitude de corpuscules spermatiques, s'agitant avec vivacité; mais l'épaisse zone d'albumen dont ils étaient pourvus n'en avait laissé pénétrer aucun. Les couches superficielles en étaient aussi complètement dégarnies que les couches profondes; la membrane vitelline, à plus forte raison, n'en offrait-elle pas de trace. Sur une autre lapine, également livrée au mâle après l'acuité du rut, et tuée seize heures après l'accouplement, Goste a également constaté que l'albumen, qui ne formait encore ici qu'une couche très-mince, n'avait laissé passer aucun des nombreux spermatozoïdes avec lesquels ces œufs étaient en contact depuis cinq ou six heures. La membrane vitelline, comme dans l'observation précédente, n'en offrait pas le plus léger vestige, et, dans les deux cas,levitellus avait déjà subi un commencement de décomposition. Nous invoquerons plus tard ces faits pour déterminer quel est le lieu où la fécondation s'accomplit Pour le moment, il nous importe seulement d'établir que l'élément mâle^ que l'on voit au contact de la membrane vitelline, n'a pu y pénétrer par endosmose ou par une sorte de faculté térébrante, comme cela a lieu pour les grenouilles, mais a dû s'y déposer avant la formation de la couche albumineuse; ce qui, du reste, à de rares exceptions près, arrive pour tous lesanimaux à fécondation tant interne qu'externe.

Le contact matériel des spermatozoïdes avec l'ovule, la nécessité de ce contact pour opérer la fécondation, ne peuvent donc faire l'objet d'aucun doute. Mais quelle est la nature de cette union? Quelle part prennent les spermatozoïdes dans la formation du germe, ou du nouvel être qui en proviendra? On ne peut faire à ce sujet que des hypothèses : toutefois, parmi ces hypothèses, il en est quelques-unes dont l'observation peut démontrer positivement la fausseté ; il en est d'autres, au contraire, qui paraissent plus ou moins vraisemblables.

La plus ancienne opinion que les observateurs se soient formée sur le rôle des spermatozoïdes, est que, pendant la fécondation, ils pénètrent immédiatement dans Tœuf et s'y développent en une miniature de l'embryon. Émise par Leeuwenhoek, cette manière de voir eut bientôt de nombreux partisans; elle fut successivement soutenue par Hartsœker, Boerhaave, Keil, Chr. Wolf, Lieutaud, etc. Andry alla môme jusqu'à la présenter sous une forme tout à fait ridicule.

De nos jours Prévost et Dumas (2) l'ont, pour ainsi dire, restaurée, en se bornant à admettre que le spermatozoïde est appelé à former, non pas tout l'animal futur, mais seulement son système nerveux. Lallemand (3) s'est

(1) Goste, Histoire générale et particulière du développement des corps organisés. Pari», 1859, t. n, p. 79.

(2) Prévost et Dumas, ànn. des sciences nat., V^ série, t. il*

(3) Lallemand, Ann. flc<i sciences nat., 2« série, t. XV, p. 284.

âl6

D£ Là GÉ5£RATIO^.

aussi raogéà peu près à celle opinion: lancli^querétéineiit feiiieUe« noIaiiH menl le vilellns, serait deslîné a con<^lituer la parlîe organique, difcslivct, inlérieure du nouvel individu, i'élémeut mâle formerait le fond desonsplèine nerveux et des organes de sa vie extérieure. Mais Taiulofîe éloigoée de forme, qui existe entre te spermazotolde et les premiers (ÎDéameoH des centres nerveux, ne suffit pas pour juslifier une pareille sopposiliOQ : en outre, ^i l'on éludie aUcnlivenient le développement deriBuf^ depuis le moment où if subit ïe contact des spermatozoïdes, jusqu'à celui oii se minifestenl les rudiments du cerveau et de la moelle, on peut se comrajmnf ftisémcol que lus uns ne proviennenl pas directement des autres, L'obser* vatjon microscopirjuu attentive sufiii pour trancher la question*

D'un autre ccMé, Bory de Saint-Vincent a considéré, avons-nous dit pias haut, les s^permaloKoïdcs comme de simples colporteurs du sperme, servant a met Ire en contact avec Fovuie la liqueur séminale dont toute la so^ face de leurs corps se trouve engluée. Mais le mode même de pénétration endosmolique du sperme, que nous avons mentionné, suffit pour renversée celte hypothèse. En effet, un liquide pur aurait pénétré, par endosmose, à travers Talbumen el la zone transparente, plus facilement encore que de» particules solides, quelque ténues que soient ces dernières.

Le m<^nie naturaliste a supposé encore, ainsi que nous Tavons di^àni, d*aprcs une hypolLése émise d'abord par Valïisnieri, et reproduite loirt réceninient par Valentin et par Bischolf, que les spermatozoïdes ont |joor fonction de maintenir, parla rapidité de leurs mouvements, la ci sition chimique du sperme. Certainement, si une hypothèse paraît iIlul^l de fondement, c'est celle-ci : car les mouvements des spermatozoïdes, Misant dès que le s[»erme [>cnèlre h travers les couches ai hu mineuses qd enveloppent l'œuf, il s'ensuiYrailquc leur rôle serait forcément inlcrronipû au moment où il deviendrait le plus nécessaire.

J. G. Mayer (1) a fait une autre supposition sur le même sujet. D'apië^ lui, les spermatozoïdes seraient nécessaires pour conduire, par leurs mouvements de progressionjla liqueur séminale^ de la matrice dans toute la longueur des trompes et jusqu'aux ovaires ; et nous verrons bientôt qu^en cifel le nnmvcnient de*s spernjatoïoùles peut contribuer à faire rencontrer dans les trompes les éléments générateurs mâle et femelle. Mais telle n*est pas, au fond, la destination de ces corpuscules mouvants; n 'existent-ils pas aussi chez les batraciens, les poissons et tous les autres animaux i fécondation extérieure, chez lesquels le sperme est souvent mis en contact avec les ovules dune manière directe el immédiate ?

Nous devons donc rejeter toutes ces hypothèses sur le but final (les spcrmatozcïdes, et nous en tenir à ce que nous avons déjà dit en décrivant les divers éléments du sperme : les spermatozoïdes représentent 1 élément générateur niûlc destiné à pénétrer rélérnent générateur femelle (cicatricule clicz les oiseaux, vitellus chez les mammifères), à se mélanger lui. pour que de cette pénétration, de celte fusion intime* résulte unei

binai&oii organique nouvelle, constituant le germe qui se tléveloppera en indiTidu nouveau*

Mais par quelle voie les corpuscules spermatiques s'inlroduisent-ils dans l'œuf pour opérer leur mélange avec le vitellus ou avec les malénaux de lacicatrieulel?

Renouvelant, du moins en partie, Topinion des anciens sur le njle des spermatozoïdes, Prévosl et Dumas (1) leur en avaient encore emprunté une autre : trompes par une apparence que produit, à la l'ace înlerne de la membrane vitclline de Tceuf des oiseaux et des grenouilles, la présence de la vésicule gernjînativc, avant la fécondation, ils admirent que cette membrnnc était percée d'une ouverture circulaire, et que celte ouverture, ménaf^ée d^avancc pour le passage du corpuscule sperujatique, se refermait ensuite derrière îui, dès que celui-ci était entré dans l'œuf pour en opérer la fécondation. Un examen plus attentif ne tarda pas à révéler !a cause de cette méprise ; et îa croyance î^ rexislencc d'un pertuis transitoire (dans ces espèces), pour l'introduction de l'élément uialc dan» Wmif, fut bientôt abandonnée.

Cependant cette opinion devait se reproduire quinze ans plus tard, à la suite des recherches de Harry (2) sur le développement des mammifères. Ce physiologiste dit, en efl'et, avoir remarqué, sur la membrane viteîlîne d'unceuf de tapie, une petite lissure dans laquelle s'était engagé un speruKitozoïde. Ce serait là, selon lui, la voie ménagée pour le plissage de rélémcnt mâle, voie transitoire qui se produirait à l'heure detadéhiscence, pour s'oblitérer des que le mélange serait accompli, Barry avoue ne Tavoir aperçu qu'une seule fois; étions les observateurs qui, après lui, ont cherché à découvrir ce prétendu micropyle ont échoué dans leurs tentatives.

Bisehoff (:i) et Coste (/i), malgré les nombreuses recherches qu'ils ont faîtes dans cette intention, n'ont jamais découvert, sur la membrane vitel* lîne dn lapin, rien qui ressemblât de près ou de loin à la fente *ïécrite et figurée par Barry. Coste (:'>) a néanmoins cons|;ité la présence de spermatozoïdes dans la cavité de la membrane viteîline, vingt heures après la déhiseence, c'est-a-dirc (juand rœuf, dépouillé des cellules granuleuses dont il était auparavant enveloppé, permet de distinguer elaircment ce qui se passe dans son sein. t;e fait, qu'il avait depuis longtemps signalé avec une certaine hésitation {§), revu depuis, a lixé défioitivemeut sou opinion sur le sort de Télémenl tburui par le mâle dans Taclc de ta génération ; sçlon cet observateur, cet élément pénètre dans Toeuf sous forme de spermatozoïde, et se trouve au contact même du germe, sous Tenveloppe commune oîi leurallîauec doit s*aeconiplir.

(t) t^riKVOhT el 1)1 WAS» Aatt. des Kctencps nnt.^ lâ2A, 1**^ série, t* ÏI, p. ï 04,

(2) Baury, Phihs, hansaçt,, 1840, p* 532, 536,

(3) BiscHorr, mwr^ dL

(4) Coste. Hîsf. ffén. ft pnrt, dn dévehpp* de^ cor/>* orgfininés* Paris, 18^7, l> I, j). 85, cl l. IJ, i>. tÙ5.

(5) Coste, OUI*', vit, ?ans, 1859, l. Il, p. J03*

(S; Id., ouïr, ciL, explication de la planche 11 (lapiti), Jlg. 12.

LOpfiiET. — rmsiiiu. liJ. — 52

êi$ HE ta r.ÊHÊBATTO?ï.

Si Ton s'en rapporlail aux observations de Keber (1), f*n ^frsfl lenlédf croire à Texistence^ chez les mammifères, du micropylè indiqué par Birrr; car, dans un travail récent sur rintrod action des npeimÊàmtMméMm^Vmdt il décrit longuement et fisrure même un canal assex COQSÛléfmble, métm^ sur un point de t.i membrane viieliine^ pour le pa^saf^ dai» eelte nmi* brane^ des corpuscules spermatiques. Mais, lor^qu*OD examine Itt cboie» de près^ on acquiert bientôt la certitude que Keber a pris, pcrar le micropjle d'tm ovule de lapin, la boucbe d'une de ces véâieule^ bjdxltqu^ que l'on trouve souvent adhérentes, soit aux franges du paTilloa« soéi loi trompes elles-mêmes.

Keber (2) a été plus heureux en ce qui concerne VUnio et VAm^thmiê. Id^ malgré les assertions contraires de Leuckart et de Bischoff, Iceuf oTarieneH pour\'u d un petit <^nal qui met, pendant un certain temps^ rintérieur lai communication avec Textérieur, Keber aurait même vu on spemutloukk engagé dans ce canal, l'aurait ^oivi dans la cavité de la membrane rîteUine, aurait eniin assisté à son incorporaticm au vitellus et aux môdtûrjitioitt ultérieures qu'il subit.

Ce qui, chez les mammifères et les oiseaux, s'est jusqu à présent déroba à l'observation, se montre avec clarté chez les poissons osseux, Coftê(l), a découvert, sur FiBuf de ces poissons, au fond d*un ombilic visible i^ h loupe simple, un trou microscopique nettement dessiné, muni en dedMi d'une petite soupape, et traversant la membrane vitelline. Ce micropfle n'affecte pas une position indilTérente, il est toujours situé en un lieu û'éitttion; et ce qui semblerait indiquer quil a bien réellement pour usage de donner accès à la semence, c'est que les matériaux du germe imi les éléments femelles^ avec lesquels cette semence doit se combiner, vieniteol s^assembler derrière lui. La l'onction acroraplie, le pertuîs s nblilère peo I peu, et en quelques jouis la membrane vitelline recouvre son intégrilé. Cependant, dans les espèces à inculiation prolongée, telles que le^ sao* mons. il n*est pas rare de le trouver encore un et même ifeux mois apiél la ponte, surtout des iBufs qui n'ont pas été imprégnés*

Quoi qu*il en soit, Topinion à laquelle se rallient aujourd'hui les phyiio* logistes, est que la fécondation résulte de la fusion intime de rélécneitl générateur mâle avec réiément générateur femelle. Cela étant, le produit doit nécessairement participer à la fois de Van et de laulre, et ritidiviiîn nouveau doit ressembler à ses deux parents.

M*iis, sous ce rapport, il existe des faits bien dignes d'attention, et, i» même temps, ijes particularités si diverses, qu'on n*a pas encore pu for* muler les lois physiologiques qui les régissent.

Ainsi, tandis que eertiiins caractères de constitution, d'intelJigcaa*. d'éducation, de conformation organique, elc*, se transmettent par la cène

(1) Keber, De i^permatozoorum inir^itu in owJa, Kc&nîgsberg, 1853, p. 88 i%\ KSBER, ouvr, ciL, p. 12.

pOêTE^ otwr. cit. Pnm, 1859, t. IL. p* t06.

PÊrONDATION.

ration, il en est un gniod ooinbre d'autres qui» tout en se présentant chez les parents dans les mêmes conditions que les premiers, ne se reproduisent pas néanmoins ehez leurs enfants. Qui ne sait combien sont constantes quelques particularit(^s de race dans nos animaux domestiques? Les mutilations m^me se sont transmises quelquefois par voie d'hérédité ; lelle est fa brièveté de la queue, chez les chiens dont les parents avaient la queue en partie coupée. Chez ces animaux, la transmissibilité de l'éducation» et même du mode particulier d'aptitude que l'éducation a développé déjà, n'est pas moins reïnarc|uahlc. Chez l'homme lui-même, non-seulement la constitution physique, mais encore les disp*)sitlons intellectuelles, et quelquefois jusqu'à certaines difTorraités ou monstruosités, ont été transmises des parents aux enfants. D'un autre eèté, les hommes monorchides fout des gareons pourvus de deux testicules ; certains peuples détruisent le prépuce depuis des milliers d'années, et cela n'empêche pas cet organe d'exister toujours chez leurs descendants; des parents simples d'esprit donnent souvent naissance à des houmies supérieurs en intelligence, et souvent aussi des intelligences d*élite n'ont légué à leurs enfants d'autre héritage qu'un esprit borné.

Le génie et la beauté parfaite ne sont pas plus héréditaires que la dégradation physique et morale. Entre ces extrêmes, qui sont toujours rares relativement au nombre total des individus d^une înénie espèce, on voit toujours osciller la représentation de respèce elle-mOme qui tend à maintenir son type et à le ramener à se^ proportions moyennes, en même temps qu'elle cherche h le réaliser complètement. Néanmoins on ne saurait en conclura que les caractères de Tespèce se transmettent seuls des parenlâ aux enfants; la transmissibilité s'applique également aux caractères de variété, de race, d'individu ou de famille. Quand la transmission n'est pas directe, elle se fait d*une manière latente et médiate : la structure organique des parents, sansatteindre le même degré de manifestation que chez eux, n'en existe pas moins chez les enfants, prête à se développer chez ces derniers, ou à se transmettre d'abord pour ne se développer que dans les seconds descendants. S'il n y a pas héritage des caractères paternels, il y a donc au moins aptitude à eu hériter, di^position a les reproduire, et toujours Iransniission de cette aptitude à de nouveaux descendants, chez lesquels ces mêmes caractères se manifestent tôt ou tard. Ainsi nous voyons aiaintcj» fois des qualités organiques et viudes rester à l'état latent dans une ou plusieurs générations, et se manifester de nouveau dans les générations subséquentes. Girou de Buzareingues (l) a observé, par exemple, que des animaux blancs, tlonl les parents étaient mouchetés, fout souvent des petits aïonchetcs. Fréquemment, dans Tespèce humaine, les enfants ont plus de ressemblance physirpie et morale avec leurs aïeux qu'avec leurs parents.

L*observation des extrêmes, la remarque de rabsence de manifrsfniinnv

(I) BnzAREiWGUES, {> ift ijthh'i'ftlt'jtt. Paris, t82H, p, 118. — Voy, aussi Ann, firi sciences iwt., 1-' série, L V, p. 21 : L VïU, p. 108; L X, p. 145, 314, t, XUI, p. \UA- W, p. 131;

âquelqii^H

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M0 Dfc: i\ i^isîMTioy,

faéréclilaircs dans un ccplain nombre de cas, ont pu faire croire ât philosophes que la ressemblance des enfants avec leurs parents moins de rhérédité que de l'éducation, de rimitation et d'autres circoB-" «tances extérieures anaiognes. Mais, en réalité» l'hcrédité seule a plus d*em* pire sur la constilulion et le caractère que n'en ont toutes les influence venues du dehors. En eirii. iVoublions pas que souvent rhérédilé transmet seulement la prédisposition h une ou plusieurs qualités qui nVipparai>sent ss-mèmcs que dans la gé>néralion suivante; et qu'en général, eu égard

la constitution, aux caractères organiques et intellectuels, et mt*me soos le rapport des maladies, les parents donnent moins à leurs eiifanb ce qu'eux-mêmes sont que la disposition à devenir ce qu'eux-ïm^mes %ovA devenus.

Il ne suffit pas d'exprimer ainsi le fait de rhéréditc, il faudrait encore poser des principes qui permissent de déterminer à quels produite tels parents devront donner naissance. Mais, pour cela, il laudraif connaître lescirconstances qui déterminent les caractères de la progéniture, savoir quelles qualités sont propagées du père ou de la rnérc il l'enfant, et quelle influeuce Tun ou lautre parent peut avoir sur le sexe de celui-ci ; pénétrer enfin U cause même de la sexualité, et dire en vertu de quelle disposition primitive du germe, l'embryon commenee à revêtir hienltVt les caractères qui rattacheront plus tard l'individu nouveau .'i l'un on à l'autre sexe. Or. wnc grande obscurité lègne encore sur toutes ces questions ; pour la plu{>art d'entre elles, les expériences font dcFaut. Kst-il même certain que de* expériences puissent en déterminer la solution T C'est ce qu'on ne saurait décider.

La constitution des parents, Fétat physique dans lequel ils se trouvcîi leur âge» la dill'érence entre l*Age de Tun et IVige de fantre» sont, «m doute, autant de rircunstances dont Taction sur le produit doit se faire sci tir; raaisrinducncc qu'elles exercent est encore mal appréciée.

Dans respcce humaine, les enranls iirnneul» en général, des qualités dà* père et de ceiles de la mère; il en est de même des l^Uards cliez les animaux* Cependant, dans certaines espèces, le produit ressemble physiquement davantage ati père, dans d'autres à la mine; d'un autre côté, certains instincts paraissent traîismis plus fncîlemcnU dans quelques espèces, par le père, dans d'iiutres par la mère. Les croisements de race de nos anîmanx domestiques et d'un grand nombre d*oiseauxsont des sujets fécondîfc d'observalious en ce genre.

Relaiivement à la dilTérencc des caractères organiques que présentent des individus de sexe diflertnt produit par les mêmes parents, on peut dire que, chez certains animaux, par exemple chez la plupart des oiseaux, le* sexes pareils inïhicnt Ton sur Tautre : le jeune niàle ressemble davantage au père, et îa Jeune femelle à la mère. Mais il est plus commun encore de voir les parents agir sur le sexe opposé au leoi', dans les produits de leur union : tjirou de Buzareingues (1) a conQriné ce principe par ses ob>err;i-

(1) CiKon HE BiZAttEïNcuxSj De ia génération, Paris, i828^p, tlîl. 123.

lions sur les mulets, les chiens, les laureaux, les agiaeaux et les chats; on en voit aussi rie nombreux exemples dans l'espèce humaine. Enlin on a souvent remarqué que les petits ressemblent à leurs aïeux de inùme sexe : ainsi un jeune mâle, dont le père ressemblait k sa mèi'Cj a lui-môme de la ressemblance avec le père de son père.

Quanta rappréciaiion des circonstances qui déterminent le sexe luimême, elle est des plus difficiles. On ne peut admettre aujourd'hui, avec Ackermann (1), Geoirroy Saint-Hilairc (2) et quelques autres observateurs, que cette détermination soit le résultai d'actions physiques ou organiques postérieures a la conception. Custe (:î)» interprétant savamment les belles observations de Schirack et d'Hubersnr les abeilles, a démontré que le sexe réside déjà dans Foeuf fécondé, avant l apparition d'aucun phénomène embryogénique, et que, par conséquent, aucune circonstance ultérieure ne saurait in Huer sur la nature du sexe ou transformer l'un des sexes en lautre. La prétendue influence du testicule droit ou du testicule gauche, de l'ovaire droit ou de l ovaire gauche, sur la production des garçons ou des filles, est encore moina admissible. M faudrait dcmc faire dépendre le sexe de Tenfant de l'inlluence prépondéranlc que le père ou la mère exerce sur sa formation» plutôt que de toute autre cause. Mais encore les résultais des recherches auxquelles on s'est livré sur les signes de cette prépondérance, et la relation qui existe entre eux et la nature des rejetons» sont-ils si contradictoires, que la plus grande incertitude n'a pas cessé de régner sur la solution de cet intéressant problème (4). On sait seulement d'une manière positive que, sur Tensemble des naissances dans l*cspèce humaine, le nombre des femelles et celui des JuAles ne se compensent pas tout h fait : le rapport des naissances masculines aux naissances féminines est à peu près celui de iùk à 105,

S'il est vrai que les circonstances extérieures soient sans influence sur les résultats de la fécondation, sur la conslitution du germe et le sexe de renfant, il n en est probablement pas de même eu égard à la vertu reproductive considérée en elle-même. Sous ce rapport, comme sous plusieurs aulresj 1 espèce humaine tient par des liens visibles aux autres espèces animales, (f Ainsi» dit Villermé (5), le nombre des conceptions est plus consitlérabïe en hiver et an printemps, qu't'u mars (jui <^stun temps de jeûne» et en juillet où la chaleur semble diminuer la fécondité* n

Knfm, il est une question physiologique pleine d'intérêt sur laquelle tous les ûbservaleurs ne sont pas également fixés : je veux parler de

(1) AcuzKitkHn^ltifanti^i ttttfiroffjjrn fmioriayp^ 53.

(2) GtorFftoY SAiKT-HiL^mE, Pfnfùs, nn/tt, : Dfs morutruosiién hummut^. Pîirii, 1825, l. Il, r. 359,

(3} CosTE, UiHniiC Qénèt^het itartf^ultère du développement ffes rorps orafiniséi. Paris, i8â7, p. ai.

(4) Voy, ItuaDACH, Phjiiio/ofjie, U II, [). 273,

(5) ViLLLKnÉ, />-/« âisitibutiMi p'ir mat^t tiei mn^epUonn H ifei Tfnmawxt chezrhommt {Ariti, des minces uaf., i^'' série, l. WIV, p. iSO),

822 DE Là GÊIlfiBATIOR.

Cinfiutnee que peuvent avoir les auteurs iune première fètonéatiom mtr letpro» duiU des fécondations ultériewres dus à d'autres pères.

Les faits nécessaires pour élucider cette question sont assolement diCciles à recueillir dans Tespèce humaine ; mais la physiologie comparée peut offrir un vaste champ d'observation.

L'étude du croisement dans les races, chez les mammifères, parait établir que le mâle, qui a eu une fois avec une femelle un a»t féetmdamt, imprime un cachet plus ou moins reconnaissable sur les produits des fécondations ultérieures de la même femelle, dus à d'autres miles.

Un des faits les plus remarquables que l'on puisse citer, est celai que rapporte lord Morton (1). Une jument arabe fut fécondée par un couagga, espèce d'âne sauvage d'Afrique marqué à la façon du zèbre. Après onze mois et quatre jours, elle donna naissance à un hybride tenant fortement du couagga. La même jument, fécondée les années suivantes par on cheval arabe, donna, ci fro?> reprises, des produits dont les formes étaient celles de la race chevaline arabe^ mais dont le pelage, rappelait, par des zébrures très-marquées, le couagga, père du premier poulain.

Il est établi, universellement, aux yeux des éleveurs de bétaiU de chiens de combats^ de chevaux de race, etc., que, quand une femelle a été imprégnée une fois par un mâle d'une autre race qu'elle-même, et a porté on hybride, elle est par ce seul fait détruite, altérée, au moins pour on temps, si ce n'est pour toujours. Ainsi, notamment dans le Poitou, où Ton fait souvent couvrir les juments par des baudets, l'observation a appris que les produits nés ultérieurement de ces mêmes juments, fécondées par des chevaux, conservent toujours, dans leurs formes, une infériorité marquée.

En terminant, nous rapporterons un exemple qui a trait à Tespèce humaine, et que l'on doit au professeur Simpson, d'Edimbourg (2) : '. Une » jeune femme née de parents blancs avait, du côté de sa mère, un frère ï) mulâtre né avant le mariage de celte dernière : or, la jeune femme por- » tait elle-même des marques incontestables de sang noir. »

Des faits de cette nature paraissent être couramment acceptés dans le^ colonies.

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