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LOIS D0 OÊVELOPPBIIIEIT. ^ THÉORIES DE LA GÉNÉRATION

naissance à un autre genre de texture organique, il en est aussi nn grand nombre dont on constate la disparition à un certain âge de la vie embryonnaire^ sans pouvoir saisir aucune relation de métamorphose dans le passage de rétat primitif de cellules à Tétat consécutif de membranes, de fibres, de tubes, de vaisseaux. Tout semble démontrer, au contraire, que plusieurs tittUi naiêsent directement de la substance intercellulaire ^ et prennent seulement la place des cellules, à mesure que celles-ci disparaissent. Le cystoblastème, ou, pour employer une expression qui ne préjuge rien, le fluide amorphe organisable, qui, dans le principe avait donné naissance à des cellules, peut produire, à un âge plus avancé, des formes organiques différentes d'où résultent de nouveaux tissus. Ces derniers sont destinés à durer pendant toute la vie du nouvel être et à remplacer les organes cellulaires transitoires de Tembryon. Ils paraissent provenir des cellules préexistantes; mais, en réalité, ils ont seulement pris leur place, en vertu d'une loi de développement que nous allons bientôt signaler.

Cette opinion est justifiée par l'observation des parties qui se forment évidemment sans intervention de cellules. Ainsi quelques membranes minces, transparentes, hyalines, sans organisation appréciable, semblent se développer de toutes pièces par une condensation du blastëme, dans lequel on voit apparaître de fins granules et quelques fibres déliées, sans aucune trace de cellules.

Mandl (1) apporte môme, à cet égard, les plus grandes restrictions à la théorie cellulaire de Schwann. Il admet, par exemple, que la cellule proprement dite se rencontre rarement, et que la prétendue cellule est le plus souvent un corpuscule solide. Il pense que certains tissus proviennent de la métamorphose, soit des cellules, soit des corpuscules, mais que plusieurs autres se développent directement du liquide plastique : telles seraient notamment un grand nombre de fibres qui, d'après lui, résulteraient tout simplement de la scission longitudinale plus ou moins multipliée des lamelles du blastème condensé en plaques membraniformes.

Enfin plusieurs micrographes supposent que toutes les cellules ou tissus de transition se liquéfient et sont complètement résorbés au moment où les tissus définitifs se développent pour \e& remplacer.

IêkAm du développemoil, — Hiéoriat de bi gteéralîoii.

Lois du développement.

L'intérêt excité de tout temps par les faits embryologiques a poussé les nombreux observateurs qui les ont étudiés à chercher les lois de leur manifestation. Ces lois ont été tour à tour en rapport avec les idées qu'on a pu se former, à diverses époques, de la nature intime des phénomènes reproducteurs. Aussi ne sont-elles guère, pour la plupart, que des vestiges de systèmes dénués aujourd'hui du caractère de généralité qui fait seul la force d'une loi, et bons à marquer seulement la marche de la science.

(1) Maiiol, Manuel et anafomie générale, ^hxvs^^^ti'i. — Anal, microscopique.

gSO ni: l.% t;ÈNÊHATiUN. i

En conséquence, on ne doit pas s'attendre à trouver ici une longue exposition de ces principes. Ceux qu'on a cru devoir admettre encore de no^ jouis, et ruttacher à une théorie de la génération, seront seuls robjcide notre examen et de notre appréciation-

1, — D'après !es détails dans lesquels nous sommes entré sur lafonnslion de Tembryon humain et de ses divers systèmes organiques, on a pu s'apercevoir que cet emhryon parcourt, en se développant, une série de modifications^ depuis Vélid de iiirriibrarie blastodermique jusqu'à celui d'antotti parfait* L'étude de ces modifications a vivement frappé resprit de tousle^ aoalomisles qui les ont successivement découvertes, et la connaissance inh parfaite des principaux degrés d'organisation par lesquels passe rerabrroo. avant d'atteindre la réalisation du type qu'il doit reproduire» a donné liei à un des plus singuliers sysLèraes,

Ainsi, on a prétendu que le fœtus humain passe par des états truM» loires rappelant la conslitulion délinitive des ditïérents t^lres qui lui sont inférieurs dans la série animale; c'est-à-dire qu'il représente d'abord on zoopbyte, puis un mollusque, un ver, un poisson, un reptile- , etc. Sw* res, qui soutient encore celle opinion, dit, par exemple, que les moiiaile*, parmi les animaux inférieurs, sont représentées en embryogénie par U vésicule de Pmkinje, que lesgônes, les volvoces, trouvent leur représentation dans rélat embryunuaire primitif, etc. Ce n*est pas seuleinexil d'après la considération de l'ensemble des formes organiques, niais enco« d'après celle des divers appareils, que les anatomisles de cette école oui cru reconnaître une identilé entre l*organisalion fœtale de rbomme an diverses époques du développement, et l'organisation adulte des ammiDi qui lui sont inférieurs.

Celte manière de voir se résume par les expressions suivantes àè Serres (1) : « L'organogénie humaine est une anatoraie comparée transtoirc, comme h son tour ranatomie comparée est Tétat fixe et permaneoi de Torganogénie de l'homme, »

Pour peu qu'on approfondisse l'étude de remb[7ologie, et que ToQ compare avec rigueur les faits bien observés d'embryogénie humaine arec le» notions exactes de l'embryogénie des animaux, on arrive bientôt à se am* vaincre que cette liypotbèsea, tout au plus^ l'apparence de la vérité. Elk est seulement Texpression de phénomènes observés sous un faux jour, oc d'une manière incomplète. Outre que ropinion de Baer, si puisse Ui

matière, est tout à fait contraire à une pareille doctrine, les u .nm

embryologiques les plus récentes témoignent hautement de sa fausMté. Plusieurs anatomisles, tels que J. Millier (2), Milne Edwards (5), Go8li(l),

(t) SMM^i&^Prédsd'amtomîe tratisrendnnif ttf,p/iquëe à ht physiologie, Pam, i84S,^#

(2) J. MifLLER, Mafiuet de physioloyîe. Paris, 1H45, t. Il, p. 705,

(3) HlLHK EdwaRIjs, Considérations xur qur/t^ufs /tnnctjH'x rcfatt/A à la vi&Mwifie^i^'^* »*^ reUr tk^ animmtj-^ ek. {Ann, dv» xcinives «/?/,, U* série, /oo/of^tf*, l. I, p. S(}.

(4) Usrr, Hhi. fjéHtr.et [Hutit, du dèvehpiK'mait ^ Pûris^ 1S47 it>tieotirB

^^^ LOIS DU DÉVELOPPEMtNT. — THÉOfilEâ DE Là GÊNÊHATIOM*

W Courty (1), en discutant la manière dont on doit considérer les analogies que les embryons offrent les uns avec les autres dans les différentes classes, ont donné Tinterprétation réelle des faits qui servirent de fondement à cette erreur.

Il est d'abord évident que rhomme, à quelque époque de son développement embryonnaire qu*on veuille le prendre, ne ressemble jamais à un radiaire, à un nionusque, ni à un articulé. Dès qu'une trace saisissable d'un

■ type d'organisation animale se manifeste sur le blastoderme, cette trace otfre tout d'abord un aspect différent et caractéristique pour tous les individus de chacun des quatre grands embranchements du règne animal* On sait que, pour les vertébrés, elle consiste dans l'apparition de la ligne primitive. Aussitôt que^ sur un œuf dont le développement a atteint ia période de la membrane blastoderraique, on voit se dessiner cette ligne, on peut être assuré qu'un vertébré naîtra de cet œuf, etc.; c*est là certaine-

tment le cas de l'œuf humain* Bien plus, l'homme ne ressemble jamais ni à un poisson, ni à un reptile, nia un oiseau. Assurément les premiers linéaments embryonnaires, les dispositions organiques des systèmes nerveux, vasculaire, digestif, sont fort analogues, sinon semblables, chez tous les embryons de poissons, de reptiles, d'oiseaux, de mammifères, et de l'homme hu-méme. Faut-il en conclure que le poisson, le reptile, l'oiseau, le mammifère adultes soient analogues h Thomme dans ses divers âges embryonnaires? Non, sans doute. Il n'y a pas ici autre chose qu'une identité apparente enlre des embryons qui ne sont pas encore organiquement caractérisés ; de môme que, à une époque moins avancée, il y avait identité appareate entre les œnfs de tous les animaux. L'organisation du poisson» du reptile, de Toiseau, du mammifère et de l'homme est, à une époque reculée de la vie embryonnaire, Fexpression la plus simple du type commun h. tous. Mais bientôt chacune de ces classes se caractérise par l'apparition des traits organiques qui lui sont particuliers, et poursuit, dans telle ou telle direction, les progrès de son développement. Dans chacune de ces classes, se manifestent plus lard, entre des embryons primilivement identiques, de nouvelles différences qui témoignent d'ime direction divergente» Enfm, lorsque chaque espèce a atteint le dernier degré de son évolution, elle ne présente plus aucune forme organique identique avec celles môme de son état embryonnaire, et par conséquent à plus forte raison analogue à quelqu'une des formes tranîîitoires du fœtus humain.

Ainsi rassimilation que l'on a faite des états embryonnaires de Fétre humain avec les formes organiques des autresanimaux adultes est insoutenable. La seule assimilation fondée est celle de ces états embryonnaires avec les mêmes états embryonnaires d'un certain nombre d*animaux* De m^me que les œufs de tous les animaux se ressemblent à Torigne du développement de tout animal» de même les embryons de tous les vertébrés

(1) CooiTT, Lsttt^ mr queiqtêés poinis de physiologie générale (Journ, de ia Soc, de méd^ l>rat, de Montpeiiier, 1847).

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se ressemblent plus tard parle fait de l'existence commune de la ligne primitive^ et de certaines dispositions générales des divers systèmes orpniques, telle que celles des arcs aortiques, pour le système vasculaire. Puis les embryons des mammifères, se distinguant de tous les autres embryons de vertébrés par des caractères trancbés, se ressemblent tousentre eux par des traits organogéniques communs. Chez ces embryons de mammifères eux-mêmes, surviennent d'autres caractères organiques qui, dès une période reculée de l'état embryonnaire, annoncent des divergences entre les différents genres. Plus tard, de nouveaux caractères témoignent de nouvelles divergences entre les diverses espèces. Enfin celles-ci se singularisent à leur tour^ s'individualisent de plus en plus, et présentent finalement toutes les particularités propres à l'espèce, à la variété, à la rac« qui doit être reproduite.

Il n'y a donc pas de ressemblance entre les formes transitoires de l'embryon humain et les formes permanentes des autres embryons. Mais il yt similitude, à des périodes successives du développement, entre les organisations embryonnaires des divers embranchements, classes, ordres, genres du règne animal, similitude qui va toujours s'affaiblissant, semo^ celant pour ainsi dire, à mesure que ces formes organiques divergent vers la réalisation définitive du type qu'elles doivent reconstituer.

L'hypothèse que nous venons de combattre, celle qui présenterait l'organogénie humaine comme une anatomie comparée transitoire, conduirait insensiblement à une nouvelle hypothèse, qui ne serait elle-même que la restauration d'une idée introduite depuis longtemps dans la science ; nous voulons parler du système des transformations on métamorphoses. Si le germe de Têtre humain passait successivement par les états d'infusoire, de mollusque, d'articulé, de poisson, de reptile, etc., avant d'atteindre Torçanisation de l'homme, il en faudrait conclure rigoureusement qu'il s'est transformé peu à peu, qu'il a subi une série de métamorphoses pour s'élever du degré le plus inférieur au rang le plus élevé. Or, l'hypothèse des transformations est fausse de tous points : elle est inadmissible aussi bien pour Tensemble de la série animale que pour des groupes limités d'animaux, pour le développement de l'être humain comme pour le développement des insectes, pour la totalité du fœtus comme pour chacun de se» systèmes organiques en particulier. ,

On sait que les transitions remarquables de l'état de lar\'e ou de chenille à celui de chrysalide, et de l'état de chrysalide à celui de papillon ou d'insecte parfait, donnèrent lieu à la première idée des métamorphoses dans le règne animal. Mais ces transitions sont-elles vraiment des métamorphoses? Depuis les admirables travaux de Swammerdam, on peut assurer le contraire. Swammerdam, en effet, bien qu'il en déduisît la conclusion erronée de la préexistence des germes et de leur éternel emboîtement. démontra, le premier, à l'aide de ses ingénieux procédés de dissection, que la chenille ne se transforme réellement pas en papillon. D fit voir que

organes du papillon se développent peu à peu sous l'enveloppe et les

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