‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 81 sur 92 · LOIS DU DÉVELOPPEMENT. — THÈOIIËS DE LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

LOIS DU DÉVELOPPEMENT. — THÈOIIËS DE LA GÉNÉRATION

orgaties de la chenille; qu'ils déterfninent l*atrophie, la résorption ou le dessèchement de ces derniers, et finissent par les remplacer, lorsquils ont acquis b puissance de suffire eux-mêmes à raccoraplissement de nou* velles fondions.

Une succession de phénomènes analogues se passe chez les embrj^onsde tous les airimanx, et, en particulier, chez Tembryon de l'homme. Cette marche de la nature dans la création des ^tres nouveaux, signalée déjà, pour un petit nombre d'organes, par Isidore Geotiroy Sainl-Hilaire (i), sous le nom de rémuation des Qrganismes^ et par Flourens (2), sous celui de iMùubîemmtnrrfanique^^ été généralisée et présentée par Courty(3), sous le Dom de mbstitutitm organi^vt'y comme une loi de développenient commune à la plupart des appareils el à Torganisation entière de l'état enibryonnaire. La substilulion, ou changement d'organes, a pour but Taccomplisseraent de fonctions nouvelles nécessitées par les Douvelles conditions d^existence que le jeune animal est obligé de traverser pour passer de Fétal dVpof à celui d'embryon, de fœlus, d'animal parfiùt.

Un des exemples les plus remarquables de subslilution organique est celui qui se manifeste le premier dans l'œuf humain, la succession des chorions. Nous avons vu, en efïel, comment la vésicule vitelline, le blastoderme, rallanloïde, forment successivement, chacun à son tour, Tenveloppe la plus extérieure derajut: h mesure que celuî-ci change de condition, les membranes qui l'enveloppaient et qui suffisaient à scs*premier9 besoins s'atrophient peu à peu, sont résorbées^ et disparaissenl, pour faire place à des membranes nouvelles qui procédaient dtj fœtus derrière les premières, et qui, lorsque leur organisation est parfaite, viennent suppléer celles-ci dans de nouvelles fonctions. Nous retrouvons des exemples de phénomènes analogues dans la succession des divers appareils — de nutrition (vésicule ombilicale, ehorion, placenta), — de circulation (appareils de la première, de la seconde, de la troisième circulation), — de respiration (allantovde, poumons chez les oiseaux ; branchies, poumons chez les batraciens, etc.), — de séa'étion (corps de Woîff, reins), etc. Enfin n'en est-il pas de même, comme nous le disions à propos de rhislogeaêsc, du développement des tissus? Ceux*ci ne se substituent ils pas peu à peu h cette sorte de gangue organique cellnleuse, d'une simplicité et d'une uniformité parfaites, qui constitue pnmilivement toutes les parties de rcmbryon?

Telle est la solution r|ue les travaux embryologiqnes nous permettent de donner actuellement à ce problème, si étrangement résolu, des changements subis par Tembryon dans le cours de son développement.

IL — Une autre idée a été le point de départ de principes généraux différents, et même opposés entre eux, suivant qu'on s'est ellorcé de la résoudre en «n sens ou en un autre : c'est celle de la direction que suivent,

(0 ÎSIBOHE CEOfFRor Saint-Hilaike, Traité fie térnii}fogw. Pan*. 1832, t. I, p, Î72*

(2) FluPheks, Mémoir^i ffanatomie et de physiuhfjie comparées, PatIs. 1844, p. 3S«

(3) CoBiin, Mémoire tur les mttstitutiona or^anù^ut** Purii, 1847, — Voy. Gazette médicale de Parù^ 1847.

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dans leur marche, les créations organogéniques, Qiicïs organes se loppeotlos premiers dans Tembryon? Ces organes se développent-Us primitivement dans le lien qu'ils occuperont plus lard? Enfin le développement général de Fembryon a-t-il lieu du centre à la circonférence, ou de la circonférence au centre? Ces deux dernières faces du problème onl doimé lieu à deux solutions différentes. Suivant quelques anatomisles, le développement sérail centrifuge ou divergent; suivant quelques autres, il serait centripète ou convergent* L'observation complète des tiùis peai seule nous conduire à la vraie solution.

Il est inutile «le réfuter aujourd'hui Tidée d'un développement centrifiife* Nous ne rappellerons donc pas l'opinion de Galien (*), à peu près renoiivelée par Fabrice d'Acquapendcnte, d'après qui le point de départ de toutes les formations organiques serait le systêrae osseux, et notammeol le racbis ou ïa carène de fan i ma! ; ni celle de Harvey et de Hallen adoift' lanl, d'après Arislote, que le cœur est Toriginc do développement de lo» les autres organes; ni celle de Malpighi, présentant le système nerveoi comme le précurseur et le • générateur de toutes les autres parties, de L'exposition lidète et suffisamment détaillée que nous avons donnée précédemment du développement de Tembryon suffirait pour faire juger t valeur de celte première bypotbèse, si les partisans de ropinion opposée ne s'étaient pas chargés drjà de ïa réfuter de tous points.

L'hypothèse du (iéveiapppmenf centripète est soutenue par Serres (1), qoi la proclame comme un principe absolu, dominant toutes les autres loi&do développement embryonnaire, et se rattachant, par les plus étroits lïcm, au système de répigeuèse, à la vraie théorie de la génération* D'après cet anatomîslej le système du développement centripète découlerait, comme conséquence, d'une série de principes auxquels il donne le nom de ioà, el qui seraient la généralisation de toutes les séries de faits organogémque»^

Tels sont les principes de fractionnement des organismes etd'oi^oeûiltOiioo d*homœozf/gie de ces mêmes organismes, mots qui expriment tout m~-'^ ment que la création des divers appareils se fait par parcelles, dan> points du champ germinateur, et que ces parcelles doivent se rencontrer, se réunir, s'associer, pour former rensemble de ces mêmes appareils. Teb sont aussi les principes de »gmé(ne ou de dualité des organisâmes^ etdf amjttgQigon ou retour de ce dualisme à rnnité, principes qui dérivent dc^ deux précédents et n*en sont que des formes appropriées» pour ainsi din\ au déveioppenient des vertébrés.

Les lois de fur mat ion des organes impaint^ des ouvejiurûs^ des cavith^ de> canatu'^ ne sont elles-mêmes que les expressions particulières de quelques faits rentrant dans l'ensemble de ces principes généraui.

Comme une dépendance de la loi de formation centripète» Serres (7 présente encore le principe iVéqinlilimtion des organismes^ en vertu duqud

(') GàLiEM aviiH même d'abord limité au foie le point de départ de toatef 1m kOÊâU^m organiques.

(1) SeRRKS, ouvr, cit., p. tit.

(2) Seires^ otiL'r. ct(,, v* 224.

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l*excès primitif de développement du feuillet séreux sérail balancé par Thypertrophie du feuillet vasculairej qui le serait à son tour par celle tiu feuillet muqueux et de ses dépendances: ce principe s'appliquerait aux diverses parties d'un même appareil et d'un même organe, catnme aux trois feuillets du blastoderme.

Faut-il combattre un à un tous ces principes, et prouver que, s'ils ne sont pas précisément faux, ils manquent au moins du earaclère de généralité qu*on leur attribue? Le souvenir de tous les faits organogé niques, de Fordre dans lequel ils se manifestent, enfin du but pbjsiologique des difrentes formations subordonnées aux diverses fonctions qui doivent s'accomplir dans le fœtus, suivant la mutabilité de ses conditions d'existence, suffit sans doute pour démontrer le peu de fondement de la plupart d'entre eux.

Pour relever seulement quelques-unes des erreurs sur lesquelles on a cberché à les établir, nous ferons observer qu'on n'a jamais vu la dualité des prétendus sacs germinateurs, pas plus que celle de la corde dorsale, du cœur, de l'intestin, etc.

Dire que les organismes naissent par fractionnement, ce n*est pas non plus exprimer en réalité leur vrai mode de formation : tantôt, en effet, les diverses parties d'un même appareil naissent ici ou là, les unes précédant les autres, pour se réunir plus tard ; tantôt elles semblent naître partout à la fois, sans qu'on puisse distinguer aucune antériorité de formation. Cette antériorité déformation, lorsqu'elle existe, ne suit d'ailleurs aucune règle fixe : elle porte ou sur les parties centrales, ou sur les parties périphériques. Enfin, comme nous l'avons exprimé déjà en plusieurs endroits, notamment à roccasion de l'appareil nerveux et de l'appareil vasculaire, chaque partie d'un môme système naît dans le point même où elle doit se développer et atteindre son complément organique, et elle se trouve tout en rapport avec les autres parties, sans présenter aucun phénomène de divergence ou de convergence vers quelqu'une de ces dernières.

Poser la loi de symétrie, c'est exprimer seulement un fait, dont la constatation dépend de la nature môme des êtres sur lesquels porte Tobservalion. Tous les vertébrés étant symétriques par rapport à un plan médian, leur développement ne peut avoir d'autre but, à cet égard, que d'arriver à la réalisation de cette forme symétrique.

Enfin la loi d'équilibration ne peut invoquer aucune preuve en sa faveur : il s'en faut bien qu on observe la succession de prédominance dans les formations des feuillets séreux, vasculaire, muqueux, ainsi que Serres rexprimc. On ne peut reconnaître davantage une prépondércnce anatomique dans telle partie d'un appareil, ayant pour but de balancer la prépondérance de telle autre partie. On obsen^e seulement une succession d'appareils ou d'organes en rapport avec la succession des fonctions qui doivent s^accomplir dans les diverses phases de l'évolution embryonnaire.

Les lois de formation des organes impairs, des cavités, des ouvertures, des canaux, n'offrent pas un caractère plus absolu.

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On en peut dire autant de celle de Vantériorité de tel ou tel $yêtème organique : par exemple, de l'antériorité du système nerveux, admise par les uns, ou de celle du système vasculaire, admise par les autres. Si certaines parties d'un système se développent avant celles d'un autre système, il eo est aussi qui se développent après, et les premières formées ne paraissent avoir aucune influence organogénique sur la formation des autres parties, soit du môme appareil, soit d'appareils différents.

Nous devons donc refuser à ces principes, exprimant seulement on nombre plus ou moins grand de faits particuliers, la dénomination de lois^ qui tendrait à leur faire attribuer une extension, sinon absolue, da moios très-générale.

S'il est une loi générale de formation, relativement à la succession de développement des diverses parties, s'il est une conclusion de laquelle oq ne puisse méconnaître la justesse, c'est que Vunité de plan préside toujom et partout à la grande diversité des phénomènes organogéniques.

Tous les appareils, tous les tissus, tous les organes, se forment du blastoderme ou des sucs qui le pénètrent, dans le point même où ils doivent servir à l'accomplissement des fonctions transitoires de l'embryon, ou des fonctions permanentes de l'animal parfait Aucune de ces parties ne semble provenir d'une autre, elles paraissent, pour ainsi dire, indépendantes; mais elles tendent en réalité vers un but commun, et l'on ne tarde pas à les voir se raccorder entre elles, suivant les fins d'une sorte de prévisioD ordonnatrice aussi admirable que mystérieuse.

Théories de la génération.

Si le positivisme de nos connaissances actuelles sur la formation du fœtus nous a permis d'apprécier, en peu de mots, la valeur des idées qu'on a émises comme principes généraux du développement organique, il nous permettra de juger plus facilement encore les théories de la génération. Aussi, après l'exposition que nous avons faite des éléments de la reproduction dans les deux sexes, du résultat de leur union intime, de la formation du nouvel être et de son développement, il nous restera peu de choses à dire sur ces nombreux systèmes que l'ignorance enfanta, à toutes les époques scientifiques, touchant l'essence même de la reproduction.

Toujours attrayante, la question de la génération fut tranchée en des sens différents, suivant que telle ou telle découverte vint à élucider quelqu'un de ses divers actes. Mais tant d'hypothèses qui furent faites, loin de servir la science, n'eurent pour résultat que d'embarrasser sa marche et de reculer le terme où la vérité pourrait être enfin reconnue. H serait oiseux de les rapporter toutes, ou même seulement les principales; car, à la fin du XYiii* siècle, leur nombre ne s'élevait pas à moins de trois cents. Nous nous contenterons de démontrer qu'elles se rattachent toutes, pour le fond, à deux systèmes essentiels, et de dire comment on pourrait croire raisonnablement à l'un ou à l'autre.

Quant à la théorie que l'époque actuelle permet seule d'admettre, nous

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n'aurons pas besoin d'en donner la démonstration. Cette démonstration se trouve à toutes les pages de l'histoire que nous avons écrite; elle ressort, comme une conséquence immédiate, de tous les faits embryologiques précédemment exposés. Si l'on se rappelle les principaux traits de l'esquisse, tracée plus haut, de la reproduction chez les différents animaux, des divers modes par lesquels leurs espèces se perpétuent, de la formation de Tœuf et du sperme chez les êtres supérieurs et notamment dans l'espèce humaine, de la nature de ces deux éléments^ de l'époque et du lieu de leur rencontre, de la manière dont ils s'unissent, des premiers changements qui se manifestent dans l'œuf fécondé, et du développement des divers systèmes organiques, on aura sous les yeux toutes les preuves de la seule opinion qu'il soit possible d'avoir aujourd'hui sur la génération.

La question qui a toujours dominé l'élude du développement de l'embryon^ et par suite la théorie de la génération, est celle de savoir si les organes des animaux préexistent à leur développement, ou s'ils se forment de toutes pièces et naissent de la matière organisable amorphe; si la production d'êtres nouveaux n'est qu'un accroissement de leurs germes euxmêmes qui grandissent et se développent, ou si elle est une sorte de création indéflniment et continuellement renouvelée. De là les hypothèses opposées de la préexistence et de l'épigenèse^ auxquelles on peut rattacher toutes les autres.

I. — Le système de la préexistence et de Vévolutim des germes a revêtu plusieurs formes : il s'est modifié et, pour ainsi dire , localisé suivant la manière de voir des physiologistes qui l'ont adopté. Ou le fœtus préexiste en matière et en forme, et la fécondation le détermine seulement à se développer: de là l'hypothèse de la préformation ou préexistence proprement dite, dans laquelle le germe est supposé être la miniature même de l'individu futur, et produire ce dernier en s'agrandissant dans tous les sens. Ou bien il n'existe qu'en matière, et le travail de la fécondation et du développement sert à lui faire acquérir la forme; c'est une simple métamorphose. Ajoutons que la plupart de ceux qui ont admi» la préexistence ont dû la limiter à l'un des êtres procréateurs : car, si le germe n'était pas déjà tout formé dans le mâle ou dans la femelle, sa formation devrait résulter de la fusion des éléments reproducteurs de Tun et de l'autre; elle serait une conséquence de la fécondation, une création nouvelle postérieure à raccomplissement de cet acte, en un mot, le contraire d'une préexistence. Les partisans des préexistences ont donc généralement supposé que le germe était tout formé dans un seul sexe, et que l'élément générateur de l'autre sexe était tout simplement une sorte de nourriture, nécessaire pour en favoriser le développement. Les uns {ovistes) ont placé dans l'œuf le véritable germe ou animal préformé; les antres {spermatistes)V oui admis dans le sperme. Enfin, la préexistence a été considérée comme datant de la création m^me de l'espèce (syngenèse à laquelle se rapporte le système de remboiternenl), ou comme antérieure seulement à la fécondation (épige-

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nèse, mot que nous verrons plus Irird avoir iinp signiflcAlnm tiîtis t^t«*fiilii# et qui a été détourné de son sens primitif).

La pré formai ion y ou préexistence proprement dite^ suppose que U formition du nouvel être est antérieure à tout acle reproducteor. Cette farpothèse est inadmissible; car, loin de trouver diins Tœuf ou dans le sperme un individu préformé, nous avons vu le jeune embryon naître de la combinaison de ces deux éléments , chacune de ses parties se former peu à peu, et successivement, aux dépens de la matière organisable amorphe résul* tant de cette combinaison ou de l'absorption des liquides environoanU. Nous aurons d'ailleurs h revenir bientôt sur ce fait avec plus de précisioo, en disant quelques mots des systèmes particuliei*s des ovistes el desspermatistes.

Néanmoins l'erreur précédente fut si enracinée, que Fabrice d'Acqoipendente, Malpighi, Haller, eux-mêmes» tout eo décrivant Fapparition d« divers appareils embryonnaires dans l'œuf de la poule, n'eu adoiirent pis moins la préexistence du poulet : aussi furent-ils obligés de supposer leiDbr^on assez petit, ténu et transparent pour échapper complètement à Tubservation. Si Ton en découvre les divers organes peu à peu, cela Uenl, disent-ils, à ce qu'à mesure quits grossissent, ces organes deviennent plus consistants, plus opaques. Mais tous ces organes existent depuis longieni{», l'individu entier est préformé; seulement W est inOniment petit, et, pour ainsi dire^ enveloppé : le développement embryologique n*est au fondqoe Tagrandissement, le déploiement, le déplissement du fœtus préexistant et de ses enveloppes; il est, en un mot, non une création, mais une simple évolution.

Pendant que ce système jouissait de la plus grande faveur, les remarquables expériences de Trembïey vinrent démontrer Fexistence, dam lofganisme , d'une nouvelle et admirable faculté : celle de reproduire, de régénérer une partie de lui-même. Tous les faits organogéniques que nou* connaissons aujourd'hui fussent-ils ignorés, comment faire accorder l'idée des préexistences avec l'observation des régénérations? Si Ton refuse à m animal la puissance d'en créer un autre, et si Ion suppose que celuinri n* saurait exister sans avoir été pré formé, créé d'avance et dés rorigine roème de Tespèce, comment concevoir que, privé de (luelqu'un de ses orgaoei, il puisse le reproduire, comme nous Tavons déjà vUjCl le reproduire, ûoqseulement une première fois, mais à plusieurs reprises, et, dans certAioes espèces, d'une manière presque indéfinie?

Il fallait de toute nécessité abandonner la préexistence ou nier la régénération; aussi n*a4-on pas hésité à nier cette dernière, en taut que génération ou création nouvelle. Au lieu de voir, dans ce phénomène, la preuve d'une force de reproduction partielle^ intermédiaire, pour ainsi dire, 1 b faculté de nutrition ou d'assimilation, et à la puissance de reproductif ^olale ou de génération d'un individu. Glu Bonnet et Haller (t) ont étéjti»*

(!) Haller, Ehniienki phtjsioio^itt, t VUI, p. 171,

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quh le ronsitî^rer, à son tour, romme un développement, nne évolution de pitrties qui devaient être elles-mêmes préexistantes. Ainsi, ils ont supposé Texistence de germes disséminésà rinfioi dans ïe corps: si les organes subsistants viennent à être détruits, les germes latents acquièrent plus de nourriture, croissent et les remplacent. Mais où placera-t-on ces germes? quel nombre en admeltra-t-on? De combien d'espèces faudra-(-il en supposer? Si l'on coupe la main d'une salamandre, elle se reproduit, il y a donc un germe de main; si Ton coupe son avant-bras, tout son membre supérieur, ils se reproduisent aussi, il y a donc un germe d'avant-bras, un germe de bras, un germe de membre supérieur. Si l'on coupe le membre déjà reproduit, il se reproduit une seconde fois, il en est de même une troisième, une quatrième et même un nombre indéfini de fois; faudra-t-il donc supposer deux germes, trois germes, un nombre indéfini de germes pour la même partie? On comprend ï\ peine que le système des préexistences aitpu tenir contre de pareils faits; et pourlant ceux-là même qui les observaient, sans en excepter Spallanzani, en étaient les premiers défenseurs.

Le système des méiamorpkoses^ la seconde forme générale sous laquelle a été présentée Tidée des préexistences, soutenu dans l'antiquité par Heraclite (1), et dans les temps modernes par Cl. Perrault (2), a été surtout développé par Butfon.

Suivant ce dernierj dont nous avons eu déjà occasion de faire connaître l'hypottièse en parlant des générations spontanées, il existe une matière particulière de laquelle tous les êtres vivants tirent leur nourriture (molécules organiques). Dès que l'organisme est arrivé à maturité par la nutrition, il se sépare de tous les organes et de toutes les parties de cliaque organe (moules intérieurs) des molécules organiques qui leur ressemblent et qui en sont des modèles en petit. Si ces molécules arrivent dans une partie d'où elles ne puissent plus sortir, elles prennent la forme d*entozoaires; de même que, si elles se trouvent bors du corps, dans des circonstances favorables, sous l'inlluencc de !a putréfaction, etc., elles produisent des infusoires (génération spontanée). Chez les animaux dépourvus de sexes, ces mêmes molécules produisent de nouveaux individus dans toutes parties du corps indistinctement; mais, cbez ceux qui ont des sexes, elles se rendent dans l'ovaire et le testicule : pendant raccouplemenl,les molécules du m;lle et de la femelle se mêlent ensemble, puis elles s'unissent d'après les lois de la même aftinilé qui régnent entre les organes d'où elles proviennent.

Needham (3), Ch. Bonnet {h) (bien qu'à un autre point de vue le premier fût épigénésiste, et le second, partisan de Tovisme et de l'emboîtement)»

(1) HàRAGLiTE, dans fiuRDACH^ Ph^sioioffWt t. U, p. 295^ irad. de Jourdan.

(2) Cl* Perrault, Exmi de phyngite. Amsterdam, 1727; L îll, p. àM,

(3) NkeuhaHj Observai tons nouvelk^ ^ur h généra t ion ^ h composition et la décomposition des xubatftm^s nnimalex et végéiaies. Observai ians adressées à Folkes, {rrésîdeat de la Société royale de Londres. Paris, 1 748.

{H) BoimKT» Conmîétations mr les corps organisés, §§ 4, ^2, 63, 90.

DE LA GÊKÊ&ATlOff

admettaJent ausM ces idées de panspermie, de mouvements des tnoléculei indeslmctîbles^ et de mélamorphose. Les hypothèses de TrcTimom (I), Wrisberg (2), Oken (3), Walther (£i), uUietil semblables par le rond, quoique diffé renies par la fonrie.

On n'a jamais pu donner une démoustralion satisfaisiinte d*un synèiM qui n*est, comme on le voil^ qu'une supposition sans fondement. D'aitlcan, ce système iui-nième n'est pas la solution du [jrubléme : supposer lo germes répandus [lartuut et ne formant ou ne déformant les corp^quepir leur association, leur disjonction, Uur Iraiisformation, ou leur pas^ge I travers les organismes formés, ce n'e»t pas plus résoudre la qoettion qiife d'admettre les germes de chaque espèce créés d'avancet et contenus tons ensemble dans le premier Individu de Tespéce. La force de transfomuilioQ, de passage, de nionvement, de jonction, d'association de ces moléciiki est aussi difficile à comprendre que celle d'évolution; et Tune et l'autre ot sont pas pluî^ simples à admettre que la force de reproduction, de généfv tion, de création, en un niot*

Le propre de la nutrition est d'assimiler la matière inorganîqtic et d*CB faire de la niattère organisée, de créer celle-ci de celle-là : or, la reproduction des parlies, la génération d'individus nouveanx, ne sont que' dcai modes du même phénomène. On ne peut ni les en séparer» ni les expliquer autrement, lis dépendent d'une puissance de création identique, continue^ persistant avec les formes et les conditions organiques.

Mais, avons-nous dit, ceux qui admettent la préeitistence, soit ptr préformation, soit par métamorphose, les premiers surtout, ont été coodaili invinciblement à localiser, en quelque sorte, l'ette préexistence» pour î» êtres supérieurs, c'est-à-dire à en placer, l'objet dans l'un ou dan« l'aiilrr sexe. De là deux formes nouvelles d'un système unique dans le principe: Tovisme et ie spermalisme, issus l'un et l'autre du hasard des découvertes auxquelles devait les rattacher une contingence inévitable (5).

Dans le nombre des ovhfesy il faut compter principalemeiit .Sv^^mmcrdara, Malpjglii, Vailisnieri, Haïler, Spallanzani et Ch. Bonnet» attachés à ce système purement hypothétique, malgré les admirables travaux d'otxienition qui auraient dil tes conduire tous h des conclusions bien différenl^f. Halïer (6) ne pouvait pas trouver de meilleures raisons à l'appui de mi opinion que d'admettre que l'œuf entier est une partie du corps de la nièrt, et que, les animaux formant une chaîne non interrompue depuis le polype jusqu'à rhomme, si le polype se développe directement de la substance d'un seul autre polype, il ne peut en être différemment pour rhomme; c'est-à-dire que ce dernier doit se développer directement et uniquement sur sa mère. Ne pouvant concilier avec cette première supposition lei

(1) Trevirawus, Biùiogie^ t. Il, p. 403.

(2) Whiseerc^ Obêêrv* de animai, tri/l**., p. 90, h) OiKR, Dif^ Zeugttng^ P- 92.

'41 Waltbeh* Phynoioffiff dei Menfchen, p. 6M.

) H ALLER, Ekmenta phjsiuhgia'^ t VUI, p. 9;i. ) Hallsa, ouvr^ dt,, t VUi, p. 175.

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