LOIS DO DÉVELOPPEMENT. -* THÉORIES DE LA GÉNÉRATION
ressemblances du fils avec le père, non-seulement dans la génération ordinaire, mais dans la production des hybrides et des mulets, le même physiologiste était forcé de soutenir cette hypothèse par une autre. Il admettait donc, avec Bonnet (1), que le sperme est une nourriture, et qu'à ce titre il n'est pas sans importance; car sa nature peut introduire des modi« flcations considérables dans le développement du petit être qui est censé préexister dans Tovaire.
Noos savons aujourd'hui si, comme le croyaient Swammerdam (2) et Spallanzani (3), la tache noirâtre de l'œuf de grenouille non fécondé est Téritablement l'embryon. Comment donc Malpighi (Ix), Croone (5) et tant d'autres, tout en esquissant les premiers linéaments du poulet, pouvaientils méconnaître l'époque de ces formations, et admettre, contre le témoignage de leurs sens, la préexistence dans l'œuf de ce petit ôtre à la création duquel ils assistaient?
Pour les spermatùtes, parmi lesquels nous devons signaler Mohrenheim (6), Darwin (7), et généralement tous ceux qui s'occupèrent, avant notre époque, desspermatozoîdes^ tels que LeeuwenhoekjHartsœker, L. Hamm, Boerhaave, Keil, Cheyne, Ch. WolfF, Lieutaud, Gautier, Andry, les mêmes objections se présentaient, notamment celle de la ressemblance du fruit avec sa mère.
Là ne se bornaient pas les hypothèses issues de la préexistence. Quel que soit le lieu d'où l'on fasse provenir l'individu nouveau^ de l'œuf ou de la semence^ ou de tous les deux à la fois, si l'on admet sa préformation^ il faut bien supposer aussi qu'il était contenu non-seulement dans les parents, mais dans les parents des parents, et l'on arrive ainsi de toute nécessité au système de l'emboîtement. En effet, si les germes de tous les êtres sont créés simultanément, c'est-à-dire par «yn^wése (expression opposée à celle d'épigenèse), on ne peut faire à leur sujet que deux hypothèses se rapportant elles-mêmes directement à celles des métamorphoses et de l'évolution. La syngenèse suppose-t-elle le mouvement des germes^ leur entrée et leur sortie des corps, en un mot la métempsychose matérielle, s'il est permis d'accoupler ces deux mots, elle conduit à la métamùrphoêe^ à la dissémination des germeSy à la panspermie (Buffon). Sinon^ elle entraîne l'hypothèse de l'inclusion des germes les uns dans les autres, depuis le premier homme créé jusqu'aux derniers de ceux qui doivent disparaître de la terre; en un mot, le système de Vemboîlement {involutio^ par opposition à etHn lutio).
S'il est inutile de combattre la panspermie et les idées déjà citées de Buffon sur la dissémination des germes^ les moules intérieurs, la génération des infusoires et celle des autres animaux, il l'est presque autant de
(1) BôNifET, Considér. sur les élres organ, , §§ 66, 34.
(2) SWAHiBiiDAH, Prodrom, gêner, ^p, 21. — Hist. gêner, insect,, p. d6.
i3) Sfàllahzami, Expér. pour servir à rhist. de la génération. ^) Malmghi^ Dissert, epist. de format, pulli in ovo. London^ 1678, p. 2.
(5) Croomb^ dans Birch, t. III, p. 36.
(6) MoHREMHEilf, Dissert, sistens novam conceptionis historiam^ p. 12.
(7) DAAWHf, Zoonomie, t. II, p. 276.
97^ DE LA GÊNÊRÀT10T4.
bourgeon détermine la végétatioo de cclui-cî? Faut-il, toujours etbc Wo poursuivre ranalogic et voir dans l*ovaire le point où la végétation s^arrtlc, une sorte de bourgeon terminal dont le développement a été susp<*ndti, H qui n'attend que rinfluence de la fécondation pour recommencer à croltft de nouveau» lorsque le sperme y aura remis la nutrition en vigueur?
Mais, au lieu d'être des produits incomplets, les éléments reprodiitt4îtin paraissent être au contraire des formations d*un ordre plot élevé; au lieu d'être le terme de la végétation des individus sur lesquels ils se dévelijp» pent, ilîï sont plutôt le point de départ d*une végétation nouvelle» pin* active, capables non-seulement de vivre, mais de s'individualiser et de reproduire à eux seuls un nouveau tout, organisé et vivant. C'cM bifû moins des différences que des analogies qu'il faut voir entre le bonrgeoii et la fleur. Si le bourgeon sutiît à la monogénie, il n*ea est pas de méfM de la reproduction des animaux qui ont des sexes; chez ces derniers, le bourgeon pourrait reproduire Tindividu, comme il arrive chez les végétaux, mais non pas l'espèce, La fécondation a pour but la formation tftffie sorte de bourgeon commun, qui participe des qualités du mii\e et deb femelle; car le mâle et la remelîe, par les élémenLs qu'ils fouraisseot^ prennent une part égale à sa constitution.
La génération est donc une continuation, un excès de la nutrition, mais en xm sens déterminé, c'est-à-dire dirigé en vue de raccroîssenQetit de l'espèce et non plus de Tindividu.
La puissance qu'ont les animaux de se compléter, en reproduisant hf organes qu'ils ont perdus, marque rintermédiaire entre la facu^^' vn-
server leur vie et celle de se reproduire eu totalité. La vie, entrai toi
l'individu par la nutrition, semble se continuer dans l'espèce par un dérhré ou un mode particulier de la nutrition elle-même. En un mol, la répits duction est à l*espèce ce que la iiuLrilion est à Tindividu il).
Taudis que cet excès de nutrition en un sens déterminé, dont le but Cat la rénovation de l'individu, peut s'opérer sur la plus grande partie deb surface du corps chez les êtres inférieurs» il se localise dans quelque point déterminé chez les animaux d'un rang plus élevé et d'une organisation moins imparfaite. EnOn, chez les êtres supérieurs, les éléments proptt» à assurer la continuation de la vie de l'espèce, de concert avec rindépcft* dauce du germe, ne sont pas seulement localisés, ils sont encore portéi par deux individus distincte» sont doués préalablement de propriétéi dif« férentes, et demandent à être joints pour se compléter. Le but principal di cette division du travail reproducteur, dans la génération par le concouD des sexes, parait ôtre, comme le fait remarquer J. Mûller (2), d'élever le produit au-dessus des limites de l'individUj pour le faire ai-river à cell» du genre et de l'espèce,
(1) UiLEMANi», Ahh, dcsscienres nni.^ 2^ scm, i, XV, p, 307.
(2) J. MQlleii, Manuel de physioL, t. U^ p. 638, tmd. d« Jourdân.
ACCODCflEWENT.
OE l'accouchement (•),
La viabilité, ou l'aptitude à vivre de la Yie indépendante, n'est acquise par le fœtus humain qu'au septième mois révolu de la gestation. Quelques faits, néanmoins, semblent prouver que, né même avant celte époque, l'enfant peut croître et se développer; mais ces cas sont tellement rares, qu'en les supposant tous bien constatés, oo ne pourrait rien en conclure en présence des cas si nombreux dans lesquels la terminaison de la grossesse avant le deux cent dixième jour a été ijccompagiiée on suivie plus ou moins promptement de la mort du produit. Avant cette dernière époque^ rcxpulsion de l'enfant est un fait pathologique, dont le médecin doit étudier avec le plus grand soin les causes et les fâcheux elfets, mais que le physiologiste ne saurait confondre avec l'acte spontané par lequel le fœtus, suffisamment développé, est séparé de l'organisme materneU Cette confusion, on peut l'éviter en définissant f accouchement « l'expulsion d'un enfant vkéie h travers les parties naturelles de la génération »; laissant ainsi à la pathologie puerpérale le soin de s'occuper de ravortamcnt, ou de l'expulsion du fœtus avant le septième mois.
C'est ordinairement à la fin du neuvième mois de la grossesse que s'opère rcxpulsion du fœtus viable. Toutefois il n'est pas rare de voir Tenfant naître beaucoup plus tôt; celui-ci semble également pouvoir prolonger son séjour dans îa matrice au delà du trois centième jour. Ces variations dans le ternie de la grossesse ont fait donnera raccouchement des dénominations dïiréreoles : on le nommeaccoucliemenla îenm^ iégiime ou tempestif^ quand il s'opère huit jours avant ou huit jours après le neuvième mois révolu; il s'appelle prématuré ou précoce ^ quand il arrive dans le huitième ou lé commencement du neuvième; enfin, il est dit tardif ou retardé^ lorsqu'il ne s'accomplit qu'à neuf mois et demi, dix mois ou plus.
Si des faits très-nombreux ne perraclteot pas de contester les accouchements prématurés, ceux à Taide desquels on cherche à établir la possibilité des naissances tardives sont beaucoup plus rares, et surtout beaucoup moins à l'abri de toute objection. Il en est pourtant quelques-uns qui paraissent présenter» en faveur de ces naissances, les éléments propres à commander la conviction. An premier rang, il faut placer celui qui a été communiqué par Besorraaux (**). La naissance ne se serait opérée que
(*) ?lm loin, h propos des âges, nous trafterons det pïuiiculantés les plus împortintes reta* tires k rcDfanl immédiate m en l après ïa partuhtton.
(**) DESoRMEAirx, Dirt, de m&i^^ ou Béjieri. yènér. des sciencef méd*^ 1836, t. XrV, p. â37.
Une dame, mère de trois enfaQls, ét^il restée dans un état de démence, à la siiile d'une fièvre grave ; un mc-decin pensa qu'une nouvelle grossesse rétablirait peut titre ses facuHés intellectuelles. Le mari consenlit à noter exactemenl le j^iur de cltaque union sexuelle, ce qui n*eut lieu que tnus les trois moh^ pour ne pas s'e?tpi>ser à détruirG uue grossesse commençante, nés qu*iL y eut îles signes de grossesse, il s at»sUnt de laute cohabitatton. Or, cette dame^ soigneusement veiUée par des femmes à cause de sa maladie, n'accoucha qu'à neuf moii et demi.
Dl: Là GÉ.%ÉRATION,
du 300* au 305* jour, cinq fois sur 11^ cas, d après Merrimaii (f ). Telpetntl) cite un accoiichemenl au 31 Q" jour, et Riecke (5) dit en avoir observé cm au bout fîe onze mois, etc. (*}, Du rfsle, dans Véiati actuel de la science, il est impossible d'expliquer ces anomalies, et la cause des naissances Lirdives est encore à trouver.
Quant aux aceouchennents prématurés, fréquemment aussi leur cnrjv nous échappe. Certaines femmes, par exemple, ont le triste privilège daicoucher avant terme, et le transmettent même à leurs filles, sans que, yÇ^ez aucune (relies, rien ne puisse expliquer cette singularité. Toutefoi5 "ise plicDomène s'observe ordinairement lorsque la mère n'a pas acqnis toute sa force génératrice : ainsi les femmes mariées trop jeunes accofh client assez, souvent prématurément dans leur première grossesse, laodi» qu'elles arrivent a terme dans leurs grossesses subséqucnles.
/>* taccouehement à tmme*
On a longtemps et vivement débattu la question de savoir si le tetos e^
le [promoteur des contractions utérines, ou si l'on doit chercher dans la modiiieations successives que la grossesse imprime à l'utérus la C4iuse déterminante du travail.
Les conditions particulières que présente cet organe à la fin du oeavième mois peuvent servir à expliquer les conlractions dont il devient alors le siège. Contrairement, en elfet, à Topinion adoptée encore par beaucoup d^accoucbeurSjStoïz a démontré que c'est seuleraent dans îa dernière quinzaine que s'opère la dilatation de Forificc interne du col utérii. Alors seulement la partie supérieure du col commence k s'évaser» et, cet évasement gagnant bientôt jnsqu^à rorifice externe, toute la loagueur do col utérin ne forme plus avec le corps qu'une seule et même cavité. Dés lors le segment inférieur de l'œuf vient peu k peu occuper toute la ct\\\é du col, de manière à le mettre en contact presque immédiat avec les fibres les pins rapprochées de Torilice externe. Or, c*est dans ce contad qu'il faut placer la cause déterminante du travail. L'espèce de sphincter que représentent les fibres circulaires du col peut être considéré, dan rexcrétion qui va s'accomplir^ comme jouant le même rôle que les sphtoe* ters du rectum nu de la vessie : de même, en eïTet, que Tarrivée dcsfèce$i la partie inférieure de Tintestin irrite celui-ci, sollicite la contracUoD ikt parois reclales, fait naître, en un mot, le besoin de la défécation, de mèm le contact inaccoutumé de Tœuf avec les fibres du col produit sur éllcf
(1) MsfiEiMAN, MetL'Chir* Trmisact, Londres, t. XllI.
(2) Velpead, Traité de fart des acf^ouehenienîn^ i. M, p. 5,
(3) RtECKE, Bntrâtjr zur Gf^hurtsftfiife^ p, 78,
(*) La possibiUlé des naissances tardives, chez quelques animaux supérieurs, a éténiftivi de doute pnr le» observaUoni quo Tessieh a soumises^ eolSl?, àrAcadémie des icieocè 4t Van%. — En Yoiri les résultais : sur 171 vaches, ià ont donné leur veau du 241* joor as ÎÉtr: 3, te 270* ; 50, du 270« au 2a0«; 6a, du 280' ou 290^ h, le 368« : ce qui dooM OM dllrence de 67 jours dnns les naissances entre les deux extrêmes. — Sur 200 juincfilsi« 3 oolpeitfiiiâ le 311* jour; une, le 314'; une, le 325»; une, le 326»; 2, le 330'; 47, eu S4IH «uSSr; % du 350** au 360"; 21 , du aso*" au 377% et une au 394' : il existe doae une àHÊèr^mt h 8 jours cnire les deux extrêmes.
ACCOUCHEMËl^T. 977
une excitation qui détermine bientôt la contraction des parois dn réservoir utérin.
Dans ces derniers temps, on a cherché à établir que la cause déterminante du travail se trouvait dans lovaire; que Taccouchement normal correspondatL toujours à la dixième époque mcostruelle^ et que, par une action réflexe, la congestion ovarienne provoquait d'abord une simple irritation, puis enfin de véritables contractions dans les parois utérines. On ne peut admettre celte hypothèse : en supposant démontré que l*ovaire offre encore pendant la grossesse les modifications menstruelles de Tétat de vacuité j il n'en resterait pas moins à expliquer pourquoi c'est à la dixième, et non à la huitième ou à la onzième époque, que Tinfluence de l'action réflexe» partie de l'ovaire^ est assez énergique pour solliciter dans Tutérus les contractions de l'accouchement.
11 suffit d'avoir porté une seule fois la main dans la matrice pour être convaincu que la contraction des parois utérines a la plus grande part dans rexpulsion du fœtus. On ne saurait admettre aujourd'hui que^ semblable au poulet qui brise sa coquille à coups de bec, Tenfant déchire l'enveloppe
» membraneuse qui l'environne, et, par ses efforts répétést dilate peu à peu les ouvertures et le canal qui doivent lui livrer passage. Les faits assez nombreux dans lesquels des enfants ont été expulsés plusieurs heures après le décès de la mère ne prouvent nullement qu'ils aient eux-mêmes travaillé à leur sortie; on ne cite aucun exemple d'enfant né vivant dans de semblables conditions. Leur expulsion, facilitée d'ailleurs par le défaut de résistance des parois molies du bassin, s'explique sudisamment par un reste de contractilité que conservent, après la mort» les appareils de la vie organique.
Les contractions utérines seules suffiraient, a la rigueur, pour compléter l'accoucbementj conmie Tont prouvé les parturilions sponlanêes chez les femmes dont les muscles abdominaux étaient paralysés; mais dans Timraense majorité des cas, elles sont très-efficacement secondées par la contraction simultanée des muscles qui limilent Tenceinle abdominale. Dans les derniers moments du travail surtout, la matrice semble appeler h son aide l'action de ces muscles; et voloutaircuient d'abord, puis instinctivement, et, pour ainsi dire, malgré elle, la femme joint aux efforts de l'utérus la contraction des muscles soumis à Tempire de la volonté. Cette action des muscles de la vie animale hûte singulièrement la terminaison du travail; mais, comme on vient de Je voir, elle n'est pas indispensable. 11 ne faut pas surtout croire, avec Hallcr, que le resserrement de Tutérus ne sert alors qu'à soutenir le tronc do fœtus, à le tenir droit comme une tige inflexible, pendant que le diaphragme contracté pèse avec force sur le fond de la matrice, et devient, avec les autres muscles abdominaux, Tunique agent de Texpulsion. On sait aujourd'hui que, dtins Veffhri, raction du diaphragme a surtout pour but de fixer d'une manière solide ta base de la poitrine, de manière à fournir un point d'appui aux muscles qui y prennent leur insertion supérieure» et que la précédente coopération dans Tac* couche ment ne saurait être attribuée à cet agent musculairCa
LO:(GET. *- l'HYSiOL. ui. — 62
978 DE Là GfilftlÂTlO!!.
La co&tractioû utérine, ches la femme, s'accompagne presque Unqoors
d'une douleur plus ou moins vive, et ce fait est si général, que, confondant la cause avec TefTet, on se sert indifféremment des mots dtmlevr on em^tmt' tUm pour désigner le même phénomène. Cette douleur, triste {Hrivilége de l'espèce humaine, n'existerait pas^ dit-on, chez les animam, oo do moins ne s'observe qu'à un faible degré ches nos espèces domestiques : on prétend qu'il en est ainsi chez les femmes qui vivent à l'état sauvage.
Quoi qu'il en soit, l'intensité de la douleur étant, en général, proportionnelle à la violence des contractions, il est évident que l'une et l'antre augmenteront en raison des difficultés de la parturition. OT; sous ce rapport^ la femme est assez mal partagée. Le bassin, en effet, n'offre, chez la plupart des mammifères^ qu'un canal à peu près droit, ou du moins dont les courbures sacrée et coccygienne s'effacent Ikcilement ; tandis que U longueur et la courbure invariable du sacrum donnent^ à l'entrée et i h sortie du pelvis humain, une direction très-différente, et force le foetus i décrire une courbe très-prononcée . Enfin, le volume de la tête, beaucoup plus considérable dans l'espèce humaine, ajoute encore aux difficultés qui résultent de la disposition du canal lui-même.
La contraction utérine, comme toute contraction musculaire, $'épQis^ raît par un trop long exercice : aussi se prolonge-t-elle rarement an deli d'une à deux minutes; le plus souvent même elle cesse après vingt à trente secondes, pour se reproduire après un repos qui varie depuis quelques minutes jusqu'à un quart d'heure. L'action de l'utérus est donc intermittente, et, sous ce rapport, elle est soumise à la loi qui régît toute contraction musculaire.
C'est par ces alternatives d'activité et de repos que l'utérus parvient à expulser le produit de la conception. Les efforts auxquels il se livre, et auiquels bientôt viennent se joindre ceux des muscles abdominaux, ne cessent qu'après l'expulsion complète du fœtus et de ses annexes, et constituent, dans leur ensemble, le travail de l'enfantement.
Quelle que soit la durée de ce travail, les auteurs, pour mettre de l'ordre dans la série des phénomènes qu'il présente, l'ont divisé en plusieurs périodes. Nous admettrons une première période, durant laquelle la nature semble préparer les voies, et qu'on a nommée /)mW(? de préparation ou * dilatation; une seconde, pendant laquelle tous les efforts utérins ont pour but de chasser à rextérieur le fœtus et ses annexes : on la désigne sous le nom de période d! expulsion.
Première période. — Le travail de raccouchement ne commence p» d'une manière brusque ; et, longtemps avant le moment que les praticiens considèrent comme le début du travail, la matrice essayait ses forces ef se préparait peu à peu à l'œuvre qu'elle doit accomplir.
Pendant les derniers jours, quelquefois même les dernières semaines de la grossesse, ont lieu les premières manifestations du travail. Les contractions qui s'exécutent alors passent le plus souvent inaperçues poorb
AGGOUGHniEHT. 979
femme; mais on peut facilement reconnaître leur existence en constatant la dureté plus grande du globe utérin. Ces contractions sont d'abord séparées par plusieurs heures d'intervalle^ puis se rapprochent peu à peu, et commencent alors à devenir légèrement douloureuses. Elles sont le résultat, d'après Cazeaux^ des modifications éprouvées par la partie supérieure du col daos la dernière quinzaine. Alors, en effets l'anneau interne, ramolli^ se laisse dilater^ et se confond avec la moitié supérieure du col dans la cavité du corps : dès lors, le segment inférieur de l'œuf s'engage dans cette portion évasée, et vient se mettre en contact avec les points voisins de l'orifice externe ; de ce contact résulte une stimulation de plus en plus vive^ qui, en réagissant sur le corps, doit en déterminer les contractions.
Pendant que le col se ramollit et s'efface^ le vagin, les parties génitales externes et le périnée acquièrent une plus grande extensibilité ; la sécrétion muqueuse vaginale qui lubrifie toutes ces parties est notablement augmentée; il s'écoule quelquefois, dans les derniers jours, un mucus albumineux produit dans le col, et dont l'abondance est telle que, malgré sa consistance, on a pu le prendre pour du liquide amniotique.
Les ligaments articulaires du bassin subissent eux-mêmes un ramollissement assez marqué pour donner aux os pelviens une grande mobilité, et permettre parfois, entre les surfaces articulaires, un écartement appréciable. Cet écartement ne se produit que par exception chez la femme, mais il est habituel chez certains mammifères dont le bassin est absolument trop étroit pour livrer passage au fœtus.
On voit donc que, longtemps avant le terme de la gestation, les organes subissent certaines préparations qui peuvent bien être en partie considérées comme les dernières modifications de la grossesse, mais dont quelques-unes sont les premiers effets de la cause efficiente du travail.
Enfin, le terme de la gestation est arrivé. Ces contractions faibles et éloignées, qui signalaient les dernières semaines, deviennent tout à coup plus fortes, plus rapprochées^ et leur durée, leur intensité et leur fréquence augmentent à mesure que le travail est plus près de se terminer. Les douleurs qu'elles produisent suivent toutes leurs variantes^ et présentent aux divers moments du travail des différences qu'on a voulu exprimer par les dénominations de mouches, de douleurs préparantes, cherchant ainsi à caractériser, tantôt le but de la contraction, tantôt la nature de la douleur produite.
Pendant cette partie du travail, le visage se colore^ la chaleur augmente, la langue se dessèche ; souvent il y a des nausées, des vomissements. La femme, n'ayant pas conscience du travail qui s'opère^ pleure, se désespère, devient très-irritable. Si, au moment du retour de la douleur, elle parlait, elle laisse sa phrase inachevée ; si elle se promenait, elle s'arrête tout à coup pour chercher un appui.
Chez les femelles d'animaux, les contractions utérines sont caractérisées par un air d'abattement et de tristesse, par le regard dirigé vers le ventre, un état de malaise anxiaux qui les porte à changer de place à chaque instant Presque toutes, elles s'éloignent des autres animaux et même de
980 DE LA GÊNfi&ATIOlf.
rhomme, pour chercher le repos et se mettre à Tabri de toute attaque.
Pendant la durée de ces phénomènes, si Ton examine les organes génitaux internes, on peut constater que peu à peu le col se dilate; qu'à traven son orifice entr'ouvert s'engage une porHoh plus ou moins considérable de la poche amniotique, qu'il s'écoule par le vagin des mucosités plus abondantes et mélangées parfois d'une certaine quantité de sang.
La dilatation du col est le premier effet de la contraction, et il suffit, pour en comprendre le mécanisme, de se rappeler que les parois de la matrice sont appliquées sur un corps ovoïde, que les fibres longitudinales sont les plus nombreuses; qu'enfin les fibres circulaires du col peuvent seules opposer une résistance assez forte, mais qui s'affaiblit de plus en plus i me* sure qu'elles s'éloignent du centre, en cédant à l'action des fibres longitudinales : si ces dernières entrent en contraction, il est évident que, ne pouvant rétrécir la cavité utérine qui se trouve remplie^ toute leur actioB doit être employée à tirailler chacun des points du cercle de l'orifice aoxquels elles viennent aboutir et à les éloigner du centre.
Cette dilatation est, du reste, plus lente chez les primipares que chef les multipares, et ses progrès sont beaucoup plus rapides à la fin que dans la première moitié du travail.
Pendant que le col se dilate, les membranes s'engagent dans son ouverture en formant du côté du vagin une tumeur plus ou moins saillante et dont la forme et les dimensions, en longueur et en largeur, varient beancoup. Tantôt collée et aplatie sur la partie de l'enfant qui se présente, elle en est parfois séparée par une très-grande quantité de liquide, et fonne dans le vagin une large vessie qui, tendue pendant la contraction, devient flasque et plissée pendant l'intervalle des douleurs.
Seconde période. — Dès lors tout est préparé pour l'expulsion du fœtus, et les contractions utérines n'ont qu'un but : c'est de débarrasser l'organisme maternel du corps qui tend à lui devenir de plus en plus étranger. Le segment inférieur de l'œuf, fortement tendu pendant la contraction, finit par s'amincir, s'érailler, puis enOn se rompre. Cette rupture est immédiatement suivie de l'écoulement du liquide amniotique, écoulement dont la quantité varie suivant le volume primitif de la saillie formée par la poche des eaux, et suivant aussi la forme, le volume de la partie de Tenfaut qui se présente. Dans les cas les plus ordinaires, le sommet de la tête venant s'engager dans l'orifice, bouche celui-ci assez hermétiquement pour retenir dans l'utérus la plus grande quantité des eaux; mais, lorsqn'ane autre partie de l'enfant tend à s'engager la première, son volume, son irrégularité, ne s'accommodent plus aussi bien aux dimensions et à la forme da cercle utérin, et le liquide trouve une issue facile par laquelle il s'échappe presque en totalité.
En supposant le fœtus placé dans la position la plus favorable, et heureasèment la plus ordinaire, le sommet de la tète vient, immédiatement après a rupture des membranes, s'engager dans l'orifice, et bientôt s'avance en e franchissant, poussé par les contractions énergiques de Tutérus aidé de
ACCOnCHEMENT. Ml
celles des muscles abdominaux. La tête, dont le diamètre occipito-frontal, et quelquefois même le soiis-occipito-bregmatique, est placé dans la direction d'un des diamètres obliques du bassin, descend profondéraent dans le vagin, dont les rides transversales s'effacent. La hauteur à laquelle la tête franchit le col est loin d'ôtre toujours la même, et le segment inférieur de la matrice étant souvent poussé par elle jusque sur le plancher du bassin, la tête ne le traverse qu'au moment de s'engager au détroit inférieur. Quoi quil en soit, les douleurs deviennent de plus en plus violenles; chacune d'elles est annoncée par un frémissement général, et s'accompagne d'efforts énergiques de la mère : on les appelle alors douleurs expuitnœs, pour caractériser à la fois les efforts dont elles s'accompagnent et le but que la nature se propose. La tôte, placée obliquement, exécute un mouvement de p rotation par lequel rextrémité occipilaie est portée derrière la symphyse du pubis, puis uu nouvel effort expulseur la force à se dégager dans le vide ' de larcade sous-pubienne. La tête, à chaque douleur, presse alors forte-
■ ment sur le plancher du bassin : la compression que subit la partie inférieure du rectum détermine des envies illusoires d*aller k la selle, et si
ITintestin renferme des matières fécales, les efforts auxquels se livre la femme en provoquent l'expulsion. Après une résistance plus ou moins grande» le périnée cède enfin, se laisse distendre, amincir et proémine fortement en avant; la vulve s'entr'ouvre peu à peu, les petites lèvres s'effacent; la peau des environs est tiraillée pour aider à Tampliation de la vulve. C'est la tête qui, énergiquement poussée par les contractions que lui transmet la tige rachidienne, tend à franchir les dernières résistances du canal pelvien, et qui est la cause de l'énorme distension que subissent toutes ces parties. On la voit, en effet, exécutant un mouvement de réflexion autour du point sous-occipital placé au-dessous de la symphyse pubienne, se montrer d'abord à travers la vulve eut r'ou verte, puis cédant, après la contraction, à la résistance périnéale^ remonler dans l'excavation. Qnand, enfin, ces efforts répétés ont vaincu la résistance des parties, celles-ci restent large-
■ ment écartées, les bosses pariétales apparaissent au niveau des tubérosités de rischion, jusqu'à ce qu'enfin une douleur atroce, qui arrache des cris à la femme, complète le mouvement d'extension, en faisant successivement apparaUre, au devant de la commissure antérieure du périnée, le bregma, la fontanelle antérieure, ïe front et toute la face. Dans cette dernière partie du travail, on a désigné les douleurs sous le nom de conquas&antes, mot assez barbare, mais qu'on a conservé probablement parce qu'il caractérise assez bien leur violence*
Aussitôt qu'elle est dégagée, la tôle obéit à son propre poids, el retombe au devant de Tauus, après avoir exécuté un léger mouvement de rotation. La matrice, épuisée par ces dernières contractions, semble se reposer quelques instants; mais bientôt après elle se réveille, et les épaules, placées d'abord transversaîenieut au délroit inférieur, tournent de manière à se placer à peu près dans la direction coccy-pubieune, puis se dégagent Tune après l'autre. Après leur dégagement, le reste du tronc est facilement expulsé, en décrivant souvent sur son axe uu mouvement de spirale.
983 DE LA GÊlrtlàTUm.
Après l'expulsion du fœtus, la personne chargée de donner k la femme les soins convenables coupe le cordon ombilical et applique une ligature sur son extrémité ombilicale. Chez les mammifères supérieurs, le cordon se rompt quelquefois par la chute du petit, lorsque la femelle accouche debout; si, au contraire, elle est couchée, la rupture se fait quand la femelle se lève, ce qui a lieu presque immédiatement après le part Le plus souvent néanmoins la mère mâche et déchire elle-même le cordon. Llièmorrhagie, à laquelle s'oppose la ligature appliquée dans l'espèce humaine, est ainsi prévenue^ chez les animaux, soit par Tespèce de trituiation que la mastication fait subir aux vaisseaux^ soit, dans le cas de rupture spontanée, par Tespèce de torsion que subissent les artères à la suite des plaies par arrachement. On sait d'ailleurs que la grande plasticité du sang des animaux facilite singulièrement Tarrèt des hémorrhagies.
Le fœtus est quelquefois, au moment de son expulsion, entouré de ses membranes. Ce fait, très-rare chez la femme dans les accouchements à terme, se présente plus souvent chez quelques animaux. La femelle, eo général^ déchire et mange ces enveloppes; parfois pourtant, soit manque d'instinct, soit par quelque obstacle mécanique, elle laisse périr ses petits dans leurs membranes intactes (*)•
L'expulsion du placenta et de ses annexes suit de près la sortie du fœtus. Le plus souvent, dans l'espèce humaine, au bout de dix minutes, un quart d'heure, une heure au plus, cet organe, détaché par la rétraction graduelle des parois de l'utérus désempli, tombe par son propre poids et vient s'offrir à Torifice supérieur de la matrice : de légères contractions utérines sufiisent pour le pousser dans l'excavation, d'où le chassent bientôt les contractions des parois vaginales aidées de quelques efforts volontaires des muscles abdominaux.
Dans les animaux, la délivrance offre diverses particularités intéressantes. Chez la jument, c'est par des houppes vasculaires multipliées, mais trèsfines, qui vont du placenta s'insérer dans des enfoncements correspondants de l'utérus, que le premier adhère au second, et ces adhérences se rompent assez facilement. Dans les ruminants (la brebis, la vache, la chèvre, etc.), l'union des nombreux placentas se faisant avec l'utérus au moyen de cotylédons engaînés dans ceux de ce viscère, les adhérences sont solides et résistantes; aussi l'expulsion de l'arrière-faix est le plus souvent longtemps à s*opérer: il est assez commun de le voir retenu pendant quatre, six et môme huit jours. Chez les femelles multipares, chaque délivre suit la sortie du petit auquel il appartient : cela doit être ainsi, puisque les contractions de l'utérus qui expulsent ceux qui étaient placés audessus poussent nécessairement le placenta et les membranes du petit placé en avant; mais les délivres appartenant aux derniers-nés, n'étant pas chassés par d'autres fœtus, peuvent à la rigueur séjourner plus longtemps dans la cavité utérine.
famdlftt des herbivores elles-mômes ont une fnnde propensioo k manger leur ar* inisitdt après son expulsion.
àiUITElfENT. 983
La séparation du placenta est toujours accompagnée» ches la femme, d'un écoulement de sang plus ou moins abondant, et qui, parfois» estasses considérable pour constituer une perte dangereuse. Cet accident est excessive^ ment rare chez les animaux, et ne s'observe guère qu'après l'extraction violente du placenta ou après Tavortement ; d'ailleurs très-modérée, même dans ces cas^ Tbémorrbagie se suspend le plus ordinairement d'elle-même, a Je ne connais pas, dit Rainard (1), d'exemple de mort à la suite d'une pareille bémorrbagie. n
L'accouchement peut, chez la femme, être rendu difScile et même Impossible par des obstacles mécaniques qui, dépendant d'un rétrécissement ou de l'obstruction des voies pelviennes, et parfois du volume excessif ou de la position défavorable du fœtus, s'opposent à la sortie de ce dernier. Des difficultés semblables peuvent aussi se présenter, quoique plus rarement, dans le part des animaux, et exigent, comme chez la femme, l'intervention intelligente de l'homme de Tart Mais, n'ayant pour but d'envisager le part qu'au point de vue physiologique, nous renvoyons le lecteur aux traités spéciaux pour tout ce qui se rattache à la parturition laborieuse.
DE l'allaitxxknt.
Le jeune enfant, dont la nutrition (intra*utérine) offrait une solidarité si grande avec celle de sa mère, continue, pendant un certain temps, à emprunter les éléments de son alimentation à cette dernière. Le /otï, c'està-dire le produit de la sécrétion mammaire, est la base essentielle, sinon exclusive, du mouvement nutritif si énergique qui s'opère dans les premiers mois delà vie. Cette sécrétion, qui avait déjà commencé pendant la grossesse (*), prend un grand accroissement durant les premiers jours qui suivent la naissance, pour se prolonger jusqu'à l'époque où les oignes de la mastication de l'enfant auront à peu près acquis le développement nécessaire à la digestion des aliments ordinaires : elle ne cesse le plus souvent que dans le courant de la seconde année.
Le lait est un liquide d'un blanc opalin, plus ou moins opaque ; sa saveur est douce, sucrée et fort agréable. Il réunit, dans sa composition, quatre ordres de substances : !• des matières azotées, dissoutes {caséine et albumine) ; 2* des principes gras, tenus en suspension ; 3® une matière sucrée particulière ; 4" enfin, une quantité variable de sels inorganiques. Les rapports de ces divers éléments étant très-variables dans les différents laits, il en résulte que les caractère étirés de la densité sont très-fugaces : la pesanteur spécifique du lait varie, en effet, non-seulement chez les divers animaux, mais encore chez ceux de la même espèce, suivant une foule de conditions qui dépendent de l'alimentation, de l'état de santé, etc. Toutefois,
(1) Rainabd, Traité complet de la parturition des principales femelles domestiques^ t. H. (*) Quoique la sécrétion du lait soit propre à la femme grosse, eUe a été vue quelquefois sur de jeunes vierges et même chei l'homme.
mh l>£ l'A GÉNÉRATION*
la densité du lait de femme est généralement plus considérable que ctlït de Feau : A, Becquerel et Vcmois (1) donnent pour cette densité le nombre 1,032.
Si Ton soumet le lait à l'examen microscopique, sa consUtution devieiil immédiatement manifeste ; on reconnaît qu'il est formé d*un liquide incolore et parfailemeut transparent, dans lequel nagent des corpuscules «phf* rîques plus ou moins identiques entre eux, Leeuwenhoek (2), qui, le premier, signala leur existence, ne les considéra pas tous comme étant de ta même nature; les corpuscules de beurre étaient, d'après lui, ceux-li seulement qui venaient, par le repos, nager à la surface du liquide, Ibspail (3} admet deux espèces de globules dans le lait : les uns, butyreut. d'une pesanteur spécifique plus faible que celle du liquide ; les autrp^^ '^* nature albumineuse, plus denses que ce dernier. Mais Donné (U) a déni que le lait ne renferme que des globules butyreux : la seule dilTérence qm ces derniers présentent tient à des variations assez notables dans lifir Tolume respectif Nous ne ferons que mentionner, en passant, la ringylièfe erreur de Turpin (5), qui, confondant les globules laiteux avec les spônte dû Petudiîimu glaueum que Ton trouve dans le lait altéré, admet qm\m corpuscules spéciaux du lait sont susceptibles de germination et de croii* sance comme un végétal cellulaire.
Aujourd'hui, grâce aux recherches des micrographes, et en particulier i celles de Donné, la nature des globules laiteux est parfaitement délertniuée. Ils apparaissent au microscope comme des particules sphériques à bord» nettement tranchés, transparents et réfractant fortement la lumière; ik diffèrent entre eux par leur volumCi qui varie, d*après Donné, depoii 0«»»,13**** jusqu'à 0«'"M120, et même au delà pour les plus gros* Suifant Henle (6), ces derniers sont jaunâtres et leurs bords obscurs par réfraction; par réflexion ceux-ci oiïrent un éclat nacré. On peut» d'après hi expériences de Donné (7), séparer, par voie de filtration, les plus groi|^ bules laiteux des plus petits, qui demeurent pendant longtemps suapeadoi dans la partie séreuse du lait*
Une question intéressante se présente relativement à la nature des glo* bules du lait : il s'agit de savoir s'ils représentent simplement des particule» grasses émulsionnées dans un liquide, ou bien s'ils sont formés de detu éléments distincts, d'une substance butyreuse et d'une enveloppe spéciale*
Des expériences nombreuses tendent à démontrer que cette demièrt opinion est la seule vraie. En effet, si les globules gras flottants dans k lait étaient complètement libres, on arriverait facilement, en agitant ce liquide avec une forte proportion d'éther, à les dissoudre et à séparer do
(1) A. BEcutîKiiKL el VeRHOIS, Du iait chez ia ft^mnie dan* Niai de fanU rt dt Paris, 1S53.
(2) Leeuwekhoex, Opéra omnia, Leyde, 1722, L M, p, 12.
(3) ïih^Pkn.^ Chimie organ.^ p, 316.
(4) DoiTTiÉ, Cours de microtci>pie. Paris, 1844.
(5) TcRPWf, Comptes rendus detAcad, des tctemes de Parù^ déeembra t8S7»
(6) Heitle, Anatomie ffénérak, l. H, p, ô21, Irad, d« iQurdao*
(7) Doiftfé, OMIT, ci(.
ALLAITEMBirr. 985
sérum tous les principes gras qu'il contient : or, cela n'a point lieu, et, par cette réaction, le lait conserve à peu près son opacité. Au contraire, si préalablement on ajoute au lait une certaine proportion d'acide acétique, celui-ci, jouissant de la propriété de dissoudre les enveloppes formées de matière azotée neutre, tous les globules gras se dissolvent dans l'éther avec la plus grande facilité. L'acide acétique est encore uu réactif précieux, quand on l'emploie dans l'examen microscopique du lait; car, à peine en fait-on arriver quelques traces dans une gouttelette de ce dernier liquide^ que l'on voit les globules laiteux, jusque-là parfaitement isolés, se réunir les uns aux autres, et ne plus former que des gouttes de matière grasse amorphes et d'un volume très-variable.
Il est vrai que, dans l'opération du barattage, on voit aussi les globules du lait perdre leur forme, et des masses de substance grasse plus ou moins volumineuses s'agglomérer. Mais ce phénomène, bien qu'on ne s'en rende pas parfaitement compte, ne détruit en rien la valeur des arguments donnés en faveur de l'existence de Tenveloppe des globules laiteux, enveloppe que l'on croit être de nature caséeuse, et que rien n'autorise, d'après Gh. Robin, à considérer comme une membrane analogue à celle des cellules adipeuses proprement dites.
Si, comme l'indique Dumas (1), on mélange du lait avec une solution saturée de sulfate de soude, et que l'on jette le tout sur un filtre, les globules butyreux sont retenus à la surface de ce dernier. Les lavages étant longtemps continués avec la même dissolution, les globules ne perdent jamais une certaine proportion de matière caséeuse : cette expérience vient encore à l'appui de l'opinion énoncée plus haut.
Les globules tenus en suspension dans le lait causent son opacité, qui est d'autant plus grande, sous une môme épaisseur, que le nombre des globules butyreux est plus considérable : c'est en se basant sur cette observation et sur la proportionnalité existant entre les principes gras et les substances solides du lait, que Donné (2) a institué un appareil destiné à mesurer approximativement la richesse plus ou moins grande de ce liquide en principes nutritifs.
Le lait, abandonné au repos, présente un phénomène qui frappe tout d'abord l'attention. Il se partage, après un temps plus ou moins long, en deux couches distinctes : l'une, supérieure, que Ton nomme cr^e; l'autre, inférieure, qui est le lait écrémé.
La crème est essentiellement formée par les globules butyreux et par la dissolution de caséum et des principes solubles du lait interposés entre ces globules. La séparation de cette couche s'opère avec une rapidité qui varie non-seulement avec la nature du lait, mais encore avec les circonstances extérieures. D'après l'opinion d'Anderson, confirmée par Deyeux et Parmentier (3), c'est à la température de + 8» à + 10* que l'élimination
Dumas, Traité de chimie, 1846, t. vm, p. 627. DoRNt, Cours fie microscopie^ 1844, p. 387. (3) Detiux et Parmentier, Traité sur le lait (Journal de physique, U XXXVII, p. 361 et 415).
986 DE Là GtatlATIOIl.
de la crème se fait le plus facilement. Ce phénomène s'accomplit néanmoins à une température supérieure ou inférieure aux précédentes : le contact de l'air semble le favoriser, et le repos est indispensable à son accomplissement.
Il est facile de se rendre compte de la production de la crème d'apiis sa nature même. On voit, en effet, qu'elle tient seulement à la diflérence de densité qui existe entre les globules laiteux et le liquide qui leur sert de véhicule. La pesanteur spécifique des premiers étant plus faible que celle du second, les globules se transportent à la surface, et s'y réunissent en grand nombre, emprisonnant dans les vides qui les séparent le liquide qui les baigne. Toutefois la différence de densité n'est pas assez grande pour que le lait, privé de sa couche crémeuse, ne retienne pas encore m grand nombre de globules butyreux.
Turpin (1), d'après sa théorie erronée sur la nature des globules du liit, avait expliqué la formation de la crème par la tendance instinctive de sporules à rechercher Toxygène de Tair indispensable à leur existence.
La réaction chimique du lait sur les papiers colorés est un sujet sur lequel les auteurs ont donné plusieurs opinions très-différentes ; les nu considérant ce liquide comme acide, les autres comme alcalin. Les expériences précises de Donné (2) prouvent que, pendant la lactation, le lait des animaux domestiques, et celui de la femme en particulier, présentent au tournesol une réaction alcaline au moment de son extraction. Cependant d'Arcet et Petit, Quévenne et plusieurs autres observateurs, citent des cas où le lait de vache aurait offert une réaction acide au moment môme où il venait d'être tiré. Péligot parle aussi de l'acidité du lait d'ânesse, dans les mêmes circonstances. L'alcalinité intense du lait de femme n'a jamais été révoquée en doute.
Très-peu de temps après son extraction. Je lait, exposé au contact de Tair, présente une réaction acide : ce phénomène est dû à la fermentation lactique qui s'opère en lui avec la plus grande facilité. L'acidité du laitTi sans cesse en croissant, jusqu'à ce qu'on le voie se coaguler; cette coagulation dépend de la réaction de l'acide lactique, qui se forme, sur la caséine tenue en dissolution dans la partie séreuse. La présence de l'air est iDdi>pensablc h la production du ferment qui détermine la formation de l'acide lactique; aussi pout-on conserver du lait pendant un temps fort long, saib qu'il s'altère, si l'on a la précaution de le soumettre tous les jours à 1 ebullition (Dumas) (3).
Le premier degré d'altération du lait, en présence de Tair, est donc le développement de l'acide lactique. Mais aussitôt que, sous Tinfluence de cet agent, le caséum est devenu insoluble, cette première fermentation cesse de s'opérer. Pour qu'elle continue, il faut, au moyen d'un sel alcalin, neutraliser l'acide lactique au fur et à mesure qu'il se produit
1) TORPIN, mém. nif, I Doifift, Cours' de microscopie y 1844, p. 351. ) Dumas, ouvr. cit,, p. 629.
ALLAimusirr. 987
Si on laisse, après la coagulation du caséum, les altérations consécutives du lait s'accomplir, on observe un dégagement de gaz, et la fermentation change dé nature, elle devient alcoolique. C'est sur cette propriété singulière qu'est fondée la préparation de liqueurs spiritueuses au moyen du lait, chez certains peuples : les Tartares se servent à cet effet du lait de leurs juments (1). La production de l'alcool par la fermentation secondaire du lait a été étudiée par Deyeux et Parmentier (2), et, plus récemment, par Hess (3).
La manière dont le lait se comporte en présence des réactifs résulte des propriétés spéciales aux divers ordres de substances qui entrent dans sa composition. Nous ne pourrions nous appesantir sur ce sujet sans faire l'histoire de chacune d'elles. Bornons-nous à faire remarquer que, le caséum ne se solidifiant pas par la chaleur, le lait peut être soumis à Tébullition pendant un temps fort long sans se coaguler. On voit seulement la surface se couvrir de pellicules formées en partie de caséine et de matière
Le lait est coagulé par tous les acides minéraux ou organiques; ce phénomène est dû à la solidification du caséum sous l'influence de ces acides. Souvent, lorsque le lait est porté à une température voisine de Tébullition, la plus petite quantité d'acide qu'on y ajoute sufSt pour produire la séparation du caséum, qui, dans ces circonstances, entraîne avec lui la presque totalité de la matière grasse : la partie liquide restante constitue le petitlait. Une foule d'autres substances telles que l'alcool, le tannin, des infusions végétales, jouissent de la propriété de déterminer la coagulation du caséum. Un des principes les plus remarquables, sous ce rapport, est enfermé dans le liquide sécrété par la muqueuse stomacale des jeunes veaux, etc.; c'est ce qu'on nomme la présure. La portion active de cette matière constitue une sorte de ferment qui a été désigné sous le nom de chymosine ou de pepsine.
Les différents principes immédiats qu'on trouve dans le lait de la femme(*), de même que ceux qu'on isole du lait sécrété par les femelles de divers animaux, ont leur origine dans les aliments que ces êtres introduisent dans leur tube digestif. On comprend tout l'intérêt qui s'attache à trouver quel rapport existe entre l'alimentation et la lactation, tant sous le rapport de la quantité des différents principes que sous celui de la proportion absolue de lait sécrété dans un temps donné. Cette question a surtout préoccupé les chimistes.
Les matières salines abondantes qui se rencontrent dans le lait, et qui sont d'une nécessité absolue pour concourir à la formation de la charpente
(1) VkLLAS^ Mémoires du Muséum d'hisU nat.^ t. XVU, p. 231.
(2) DiTiux et PARMumiB, mém. cit.
(3) Hsss, Joum. depharm,, octobre 1837, p. 498.
(*) D'après DoTÉRi {Annales de V Institut agronomique^ Juin 1852), le lait ds (innine est composé de la manière suivante :
Beurre, 38; caséine, 3,4; albumine, 13; sucre^ 70; sels^ 1,8; eau, 878,8.
i)£ LA GÊNf;R\TlON.
solide du jeime animal^ aussi bieii qu'à la constitutioD de ses Uqitidfs^ sont évidemment empninlées aux aliments que prend la mère. Aucune dificiiUé ne se présente non plus au sujet du caséura, c'est-à-dire deU matière azotée dissoute du lait : celle-ci procède des substances quaternaires qui entrent pour une part abondante dans FaHmentation^ et qui ne diffèrent pas sensiblement, par leur eomposition chimique, de la sub> stance caséeuse elle-même.
Quant au principe sucré du lait [kctine ou lactose), on est autorisé, fw les expériences de Dumas» à en chercher l'origine dans les principes féenlenls ou sucrés que renfeniie, en plus ou moins grande abondance, b nourriture de la plupart des 'animaux. Cette manière de voir est âpputéc sur l'analyse du lait de quelques omnivores, des chiennes, par exemjkle, dont le lait, suivant quelles sont soumises à un régime exclusivenient aa^ mal, mixte ou végétal, contient ou cesse à peu près de contenir du sucre, ou bien en renferme des proportions de plus en plus fortes (*).
Les recherches de Boussingaull (1) sur Tengraissement des animaux pei^ dant la lactation mettent en évidence un fait de la plus haute importance: c'est qiïe les principes gras contenus dans les aliments des ânini^in w servent pas seulement, par les modifications qu'ils subissent dans les «ppareils d'assimilation, h la formation du beurre renfermé dans le lait^maif qu'ils font encore éprouvera divers principes neutres non azotés qui le accompagnent un changement tel, que ceux-ci se transforment en sabstanfii butyreuse.
Quant à la quantité de lait sécrétée dans un temps donné, elle estima considérablement inlîueucée par l'abondance et la qualité de là nourriture Péligot (2) a démontré, dans un travail important au point de vue économique, quelle était la nature des aliments les plus convenables pour tog" menter la sécrétion lactée che;c les animaux domestiques. D*après Bot^ singault (3), lorsque des quantités équivalentes de matières nutritives soot administrées aux animaux dans le même temps, la quantité et la qualité du lait restent sensiblement les mêmes, bien que la nature des substaoeei subisse d'importantes modifications.
Avant que Texamen chimique eût ainsi précisé la question qui nous occupe, on savait que les aliments ont sur la production et sur la natnr« dQ lait une influence notable. On avait remarqué que certaines substances introduites dans l'estomac ont la propriété de communiquer une ûdeur, une saveur ou des caractères spéciaux quelconques au lait : c'est ainî^t qoe diverses plantes de la famille des crucifères ou des alliacées donneotaQ lait une odeur particulière ; que la garance lui cède sa matière colorante,etc. On savait aussi que, lorsque des femmes sont soumises à un traitemnt
(*) Toutefois, ccg expérienees ne sont pas complètement démonstratives^ vu la dtlIkiiUé ^ roo éprouve à meUre en évidence les dernières traces de /adosf* contenues dans le Ijit.
(1) BoDSSJNûAULT et LzhLL^ÀmK de chimie t*t de physique^ X, LXXJ^ p, 55,.
(2) PÊLiGcrr^ Ânn, de chim, et de phjs., L LIXII, p. 451.
(3) Bou&StKGAIJiT, mém.ciU
AIXAlTEIIfiNT. 989
mercuriel pendant rallaitement, le produit de la sécrétion mammaire prend des propriétés antisyphilitiques ? il est toutefois digne d'observation que, jusqu'à présent, on n'ait pu trouver dans le lait la moindre trace de mercure (1).
Quelque temps avant la parturition et dans les premiers jours de la lactation, le fluide sécrété par la mamelle offre un aspect particulier. C'est alors un liquide jaunâtre, se séparant facilement en deux portions, Tune séreuse, inférieure; l'autre grasse et visqueuse, qui surnage la précédente. Celle-ci est d'un jaune foncé à sa surface. Ce premier produit de sécrétion est ce qu'on nomme le colostrum.
Au point de vue chimique, le colostrum se distingue facilement du lait parla présence de l'albumine qu'il tient en dissolution, et qui lui donne la propriété de se coaguler par l'ébullition. Quelques auteurs nient l'existence de la lactose dans le colostrum : cette assertion paraît inexacte, ou du moins ne saurait être généralisée, puisque, dans beaucoup de cas, le colostrum abandonné au contact de l'air devient acide, ce qui ne peut guère être expliqué que par la fermentation spéciale de la lactose qu'il contient.
Donné (2), qui a fait une étude très-attentive du colostrum, y a découvert des corpuscules parfaitement caractéristiques et n'ayant aucun analogue dans les liquides de l'économie : ces corpuscules, qui n'offrent pas la moindre ressemblance avec les globules du lait, paraissent se composer d'une multitude de grains liés entre eux ou renfermés dans une substance demi-solide et transparente. On trouve toujours, dans le colostrum, quelques granules très-petits qui semblent résulter de la désagrégation des globules précédents, et qui souvent sont trois ou quatre fois plus petits, sans présenter d'ailleurs une forme sphérique ni môme régulière. Dans les plus gros' corpuscules, il existe très-souvent, dans l'intérieur de la masse granuleuse, un globule butyreux qui parait y être emprisonné (Donné). La manière dont les corpuscules du colostrum se comportent en présence de l'éther fait croire à Donné qu'ils sont essentiellement composés de principes gras et d'une matière muqueuse particulière.
Suivant Guelerbock, après l'addition de l'éther, on remarque quelquefois la disparition des granules de substance grasse, et il reste une membrane pellucide. Ce fait est plus que douteux, car Henle (3) et les autres micrographes qui se sont occupés du môme sujet nient l'existence d'une enveloppe membraneuse.
Ce qui nous paraît plus intéressant au point de vue physiologique, c'est la détermination précise de l'époque de la lactation à laquelle ces éléments disparaissent normalement. Donné (^) s'est occupé de cette question et l'a résolue : dans la majorité des cas, on cesse de trouver des globules de co*
(1) DOMAS, ouvr, du
(2) Donné, ouvr, cit.
(3) HcNLE, Anni, génèr,^ t. II, p. 525, IraJ. de Jourdan. (à) DONNÉ^ onvr, cit.
990 MB àsn.
lostnim dans le lait vers le huitième jour après la partorition. La plvpiit des aateurs sont d'accord pour ce terme; c'est l'opinion de Henle« Simoa et Nasse. Suivant d'Chitrepont(i), il n'en existe plus après le troisième jour. Cette assertion ne semble pas exacte, car Donné (2) en a trouvé chef des femmes, bien portantes, jusqu'au vingtième jour. Ce dernier observateur a également constaté l'existence des corpuscules du colostrum, à des époques déjà éloignées de Taccouchement, chez les femmes qui avaient vu leurs règles se rétablir pendant l'allaitement ou qui se trouvaient dans différents états pathologiques ; aussi est-il porté à considérer la présence de ces éléments dans le lait, hors des limites ordinaires de huit jours, comme un indice de la mauvaise qualité de ce dernier relativement à l'alimentation de Tenfant. Mais il ne semble pas que le rôle du colostnim, dans la nutrition du jeune être, ait été jusqu'à présent étudié 'avec asseï de soin pour qu'il soit permis d'émettre sur ce sujet une opûiion bien positive.
nSS AfiBS.
Dans l'impossibilité où se trouve Tesprit humain de comprendre l'éternité, il la suppose, tout indivisible qu'elle est, partagée en trois temps (le passé j le présent j Vavenir), dont l'un envahit sans cesse l'autre et augmente aux dépens du troisième. De même, la vie humaine se divise en trois périodes (}à jeunesse, la maturité, la vieillesse), el la jeunesse rattache la vie au passé pour l'amener continuellement et progressivement, à travers la maturité qui est la période d'état (le présent), jusqu'à la vieillesse qui représente Tavenir.
Mais le temps marche toujours et rien n'arrête ni ne ralentit sa course, dont la rapidité, confondant les secondes et les années, ne marque même pas les siècles au cadran de l'éternité. La vie aussi, dans la continuité de sa marche, ne reconnaît pas les limites, les divisions que l'on peut y établir, et c'est seulement d'après les actes qui se sont manifestés, les phéno^ mènes qui se sont offerts pendant son cours, qu'il est permis de juger de ses progrès. Toujours, en effet, des caractères analogues traduisent aux regards de l'observateur la période de la vie que l'individu parcourt, Tâge de son existence, sa jeunesse, sa maturité ou sa vieillesse : mais ces périodes ne se signalent que par les transformations qui se sont opérées, et non par celles qui se font, comme on compte les heures seulement quand elles sont déjà écoulées.
C'est, par conséquent, au milieu de chaque âge qu'il faut chercher les caractères qui lui sont propres; avant et après, ils se confondent avec les caractères de Tàge qui précède ou de celui qui va suivre.
Dans la vie intra-utérine se trouvent, pour ainsi dire déjà indiqués, les
(i) D'OctREPONT, în BCSCH'S Zcifschriff, etc., t. X, p. 1. (2) Donné, ouvr. cit.
DBS AOMb Mi
trois temps de la vie humaine, — Le germe ne se forme que par le concours de forces qui lui sont étrangères, comme l'enfimt ne Tît qu'à Taide des moyens d'existence qae ses parents lui préparent et lui transmettent. «•L'embryon, une fois formé, crott en puisant par lui-môme, dans le sol utérin où il est implanté, les éléments indispensables à son existence, il absorbe ce qui lui est nécessaire, excrète ce qui lui serait inutile ou nuisible ; comme Thomme mûr vit par lui-môme, cherchant dans la terre sur laquelle il est placé les matériaux qui lui sont utiles, les aliments qu'il s'identifie. — ^L'époque de la naissance arrive : le fœtus, ayant atteint le terme de son développement intra-utérin^ quitte le sein maternel où il n'y a plus place pour lui, il naît à la vie ; et le vieillard, au terme de sa carrière, abandonne ce monde où sa tÀche est terminée, et rentre dans l'éternité où la mort l'introduit
Le Aiit même de la vie implique la nécessité de la mort. Le r61e que chaque être doit remplir dans l'œuvre continue de la création, marque les limites de chaque âge et nécessite pour chactm d'eux des fonctions particulières ou prédominantes. L'enfonce, qui continue l'espèce en unissant le passé au présent, ne doit tendre qu'à son développement propre; toutes ses forces doivent être utilisées à constituer l'individu, à former l'homme avec l'enflant. La maturité, qui doit reproduire Tespèce, a pour fin principale la génération, l'homme créant l'enfant; puis, quand cette tâche est accomplie, survient la vieillesse, qui prépare l'homme à la mort.
Ainsi, se développer, s'accroître, est l'attribut de l'enfance; se conserver pour se reproduire, celui de la maturité; se consumer lentement, enfin se détruire, est le propre de la vieillesse f ).
Chaque fonction suppose un organe destiné à l'accomplir : à chaque âge, il y aura un organe ou une série d^organes prédominants. Cette conséquence, qu'on peut établir à priori^ résulte de l'observation des modifications ou des transformations organiques propres à chaque âge. Pendant l'enfance, tout ce qui doit nourrir l'individu, servir à son développement, possède une suractivité Titale incontestable; pendant la maturité, les organes génitaux, qui n'existaient d'abord pour ainsi dire qu'en germes, se développent et atteignent leur-summum d'accroissement et d'énergie ; dans la vieillesse, la plupart des organes sécréteurs prédominent, sinon d'une manière absolue, au moins relative, par la diminution d'énergie des fbnctions absorbantes. La vie, abstractivement considérée, la force vitale emploie successivement les instruments que le corps met à sa disposition, pour former l'individu et pour continuer l'espèce ; puis, quand ces instruments, altérés par un exercice prolongé, ne peuvent plus servir, la vie elle-même les fait disparaître. La vie use le corps, et c'est ainsi que la mort
O Comme le fait obwrver Burdach {PhytioL, Irad. franÇ., t. Y, p. 336), on peut retarder Ift limite extrême de la ^, protonger TexisteHee dans eeruinea eepèees ^réfétales, en retardant les phénomènes propres à chaque âge : ainsi V Agave amencana^ gui, dans les pajrs chauds, fructifie à huit ans, après quoi il meurt, vit cinquante à cent ans dans nos serres, parce qu'il n'y fleurit qu'après ce long terme.
992 DES AGIS
survient non passivement, comme une borne à la vie, mais né activement, commR k résultat de la vie elle-même.
De là vient que l'homme meurt» mais que Tespèce humaine ne meurt une génération disparail^ mais une antre lui succède; les corps s*useiitt vie persiste et se continue dans réternité.
11 faut^ pour qu'une fonction s'exécute, qu'elle réponde' à un et le désir de satisfaire ce besoin inspire des idées qui s*y rappt Ainsi, à chaque âge, des besoins nouveaux se manifestent et des idées nouvelles surgissent dans notre esprit.
Si l'on pouvait lire les pensées d'un enfant, nul doute qu'on ne les Ikhk vât surtout relatives aux fonctions de nutrition. Chez l^adulte, on constamment, et dans toutes les espèces animales, se manifester une si on des facultés vers le but essentiel qui s'offre à lui, la reproduction Fespëce. — Les vieillards jouissent d'une faculté de généralisation plus grande : près de rentrer dans Tinfini, leur esprit en conçoit mieux l'idée; pour eux, plus de désirs nouveaux à combattre, plus de passions auxquelles on doit résister et dont il faut subir la loi. A eux les joies ou les trisiesia» du souvenir : le présent les touche peu, l'avenir ne leur est pas oiiveri,mais le passé luit encore dans leur esprit, et, de même que leurs yeux deveom presbytes ne sont plus propres qu'à voir les objets éloignés, de même esprit presbyte aussi leur rappelle le temps passé.
Les ail'ections se modifient également suivant les âges, et vîennoit em prouver que, pour le cœur, comme pour Tesprit et le corps, la loi dei âges est absolue et inévitable.
L'enfant ne sait pas encore aimer, il s'attache au sein qui le nourrit, à U maiji qui le guide ; mais cet attachement, qui n'est pas de t'aCTection, qui n'est que Fexpression d'une tendance primordiale, naturelle, n'est mêate pas de la reconnaissance, c'est le résultat du besoin d'un appui, d'un gttid( c^est un hommage que sa faiblesse rend à la force qui le protège* A Tenfant ne s'attache- l-iï qu'à ceux qui sont plus âgés ou plus forts que même ; envers les autres êtres il est inditl'érent, parfois même cruet maltraite, par exemple, les animaux dont it n'a pas à craindre les attaqi il rit de ta douleur d'autrui, quoiqu'il connaisse bien lui-même la doulei aussi a-t-on dit de cet âge qu'il est sans pitié.
La virilité développe le besoin d'aimer : à Thommeil faut une compagnct un amour pour son amour. Il n'est pas encore apte à remplir la nouveilt fonction qui lui est assignée que déjà un sentiment jusqu'alors înconou développe en lui; il ne sait pas encore comment il aime, mais il aîme, et besoin est tellement expansif, qu'il ne se Oxe pas sur une seule persoi sur un seul objet, il se répand en flots de tendresse sur la nature entière s'égare souvent dans le vague de rinfini.En se circonscrivant plus tarddi le cercle de la famille, ce sentiment reste toujours le même; c'est eni le besoin d'aimer qui inspire aux époux la tendresse réciproque qu'ils l'un pour l'autre, la tendresse collective qu'ils ont pour leurs enfants.
Les progrès de l'Age ne refroidissent pas moins le cœur qu'ils n'affiii^
DES AGES
blisseiU le t'orps. En générai, le vieillard ne sait plus tiimen II s'attache <ivec bienveillance aux tHresjeiioes qui Fentourent, naais ordinairement avec le dé^ir de dominer ou avec Tespaîr d'en recevoir des services. Il veut être respecté^ adulé» servi, il ne cherche plus à être aimé. Semblable à Tenfant, il rapporte tout à lui-même; à lui il faut également un appui, mais que cet appui lui vienne de la tendresse afFectueusc de ses enfants, de la soumission respectueuse de ses serviteurs ou de l'obéissance aveugle des animaux qu*il élève, peu lui importe le plus souvent ; insensible, il ne voit que le résoUat, et se soucie peu de remonter jusqu'à la cause* Cependant, lorsque les sentiments de TaU'ection sont anciens chez lui, quand les personnes qu'il aimait ont vieilli avec lui, et que Tamour est resté chez lui une habitude, il peut continuer à aimer: comme on voit son esprit, oublieux des faits récents, conserver le souvenir du passé, de môme son cœur peut battre encore d'un amour rétrospectif*
Les trois âges de l'homme attestent leur cours par des manifestations
particulières, physiques, intellectuelles ou affectives. Seulement» comme le genre humain comprend, sinon plusieurs espèces, du moins une foule d'individualités distinctes , les caractères propres à chaque âge ne se manifestent pas h la m<ïnie époque chez tous les hommes. La race, les influences climatériques, les lempéramenls, les conditions hygiéniques ont une influence incontestable, soit pour hâter, soit pour retarder la marche de la vie. Mais, s'il eai vrai que le but de la vie soit le même chei tous les individus, s'il est vrai que la tin, vers laquelle chaque âge doit tendre, soit la môme pour tous, il doit y avoir un rapport constant entre la durée totale de rexistence et la dorée partielle de chaque âge, entre la vie et ses diverses périodes, et c'est en effet ce qu*on observe. Ainsi, dans la menâtruation, se trouve un indice certain de radolescencCj et elle survient plus tôt dans certains pays, sous certaines conditions, que dans d'autres; mais elle dure d'autant moins longtemps qu'elle apparaît plus tôt, et, aux îles Philippines, par exemple, les femmes, nubiles dès TiVgc de dix ans, sont flétries dès TAgc de dix-huit ans (!), Il doit donc Ôtre convenable, pour fixer la limite de chaque âge, d'avoir égard aux différences de races, de pays, d'habitudes, d*éduealion, etc. C'est en grande partie pour avoir négligé ces considérations que les auteurs ont établi des délimitations si variées. Cependant, afin de poser des termes fixes» on a eu recours à certains artifices plus ou moins ingénieux, et qui, partant des principes que nous venons d'exposer, n'arrivent à des résultats significatifs qu'en torturant les chiffres sur lesquels on opère.
1^ Il est un fait constant, c'est que la durée de la vie embryonnaire est la même dans tous les climats et pour toutes les races de l'espèce humaine (2). Butte (3) et Kastner (4) ont les premiers posé en principe qu'il
(1) ZiMMERMiiNH, Tasi:hertbnch dm- Heàrn^ t. XJV, p. 229,
(2) HtmiiûLDT, ïlfiKf in fitr .Equinoctiat^egemieu ^ t. Il, p, 199,
(3) BtJTTE, Die liiotomip dex MenscHen, oder die Wissenschaft der NattirentheiiungeH des Lsbrm^ p. ^24.
{h) Kasthkm, ArchivfUr dit yê^ammte Naturlehfe^ L XI* p. 118.
ui. — 63
LOXbtT. — FHÎSmL.
994 DES AGES
foUait en faire le commim diviseur des âges. Burdach (i), considérant chaque âge comme Télévation à une plus haute puissance de celui qui précède, prenant aussi la vie embryonnaire comme point de départ, arrire aux conclusions suivantes : La vie embryonnaire renferme 60 semaines, c'est-à-dire 10 fois le type quadriseptimanaire, cet élément général dans l'organisme du temps. Le second âge doit représenter le même type à une puissance supérieure; et, en effet, Tenfance, limitée par la deuxième dentition, s*étend jusqu'à /iOO semaines, ou le nombre 10 au carré multiplié par le type quadriseptimanaire : 10^ x /i = /i00. Ce second nombre devient l'unité des autres âges de la vie^ et le troisième âge renferme le même terme multiplié par 2, ou SxlO^x /i«800 semaines; il conduit ainsi jusqu'à la fin de la vingt-troisième année, qui est caractérisée par l'achèvement de l'accroissement et l'acquisition de la maturité sexuelle. D'après la même progression, le quatrième âge serait composé de 1200 semaines, ou 3 X 10^ X l\j et s'étendrait par conséquent jusqu'à la quarante-septième année, où seraient placées les bornes de l'activité créatrice. La vieillesse, à son tour, durerait 1600 semaines, 4 X 10^ x 4, et placerait les limites de la vie vers la trentième semaine de la soixante et dix-septième cornée (*).^ Eu résumé, la proportion de la vie embryonnaire est à l'enfance comme 1 : 10, à la jeunesse comme 1 ; 20, à l'âge moyen comme 1 : 30, au grand âge comme 1 : ^0. De celte manière, la proportion arithmétique des âges a un caractère véritablement organique, et s'accorde aussi bien avec Texpérience qu'avec l'idée (2).
2** Butte (3) se fondait sur un principe abstrait de la divisibilité de lavio en trois, d'après son essence, et il établissait que la vie contient les neuf mois de la vie embryonnaire, qui se multiplient en autant de degrés qu'en donne le nombre 3^ = 9, et que chaque degré était formé aussi de 3- = 9 années. En d'autres termes, la vie seiait composée de 9 degrés de 9 année>: deux degrés pour le premier âge, de la naissance à 18 ans; cinq pour la
(1) Bdrdach, Traité de physiologie^ l. V, p. 522, trad. de Jourdan, (*) Suivant Aristote (a) et Buffon (6), la durée totale de la vie peut se mesurer par celi? du temps de l'accroissement. « Une seule chose manque à Ruffon, dit Floureks (c), c'est d'avoir connu le signe certain qui marque le terme de l'accroissement.,. Je trouve ce signe dans U réunion des os à leurs épiphyses. « Or, il s'agit de savoir combien de fois la durée de l'accroissement se trouve comprise dans la durée de la vie. Buffon assure que chaque animal vit à Pfu près six ou sept fois autant de temps qu'il en met à croître ; le rapport réel serait 5 mIm Flourens : o L'homme, ajoute cet observateur, est 20 ans à croître, et il vit cinq fois 20 ans. c'csià-dire 100 ans; le chameau est 8 ans à croître, et il vit cinq fois 8 ans, c*est-à-<lire âù an5. le cheval est 5 ans à croître, et il vit cinq fois 5 ans, c'est-à-dire 25 ans, et ainsi desautrw. • Du reste, tous les pliénomènes de la vie tiennent les uns aux autres par une chaîne de rapport* suivis, comme le fait encore observer Flourens : la durée de la vie est donnée par la durée d« Taccroissement ; la durée de Taccroissement est donnée par la durée de la gestation; la dun* de la gestation, par la grandeur de la Uille, etc. Plus Tanimal est grand, plus la gestatioo ^ prolonge : la gestation du lapin est de 30 jours; celle de l'homme est de 9 mois ; celle de Tckphant est d'environ 20 mois, etc.
(a) Ari-^tcite, Hiit. dru animaux, liv. VI, cimp. xxix.
(/*j BiJKFo>. Œuvres de liuffon^ t. II, p. 74, édit. aunotèp par FLoimens.
(r) Fi.oiKK.Nr>, Ik Ut lijfujéviU: humaine^ etc. Paris, 1856, 3* édit., p. 85.
(2) Burdach, oavr. cit., t. V, p» 52iî.
(3) Butte, outr, ceY.,p. 21.
DIS àCBft. M5
maturité; de 18 à 63 ans; enfin encore deux degrés pour la Tieillesse, de 63 à 81 ans.
Z"" L'enfance, étant prise comme unité avec sa durée de sept années, a servi à diviser la vie en dix périodes (Solon); en douze (Livrée sacrés des Étrusques), ou en quinze {Daignan). Hippocrate, Stésias (1), admettaient aussi la périodicité septennale. Mais ces périodes sont arbitrairement établies et ne répondent pas à des phénomènes particuliers qui se manifesteraient dans l'économie humaine.
ii^ Enfin on a voulu attribuer une égale durée à tous les âges de la vie, et diviser l'existence, non plus d'après un terme fixe émanant de la vie embryonnaire ou de l'enfance, mais d'après des nombres convenus, en maintenant la durée de chaque âge, et en variant le nombre des périodes de la vie. Daignan compte 15 âges de sept ans; Linné en énumèrel2; Mende(2) en admet 6; Varronen propose 5 de quinze années; Philites (5), li de dixhuit années; Pythagore, U de vingt; Schmidt {U)y 3 de vingt-cinq; et Virey (5), 3 de trente ans. Virey partait de ce principe, que, dans tout ce qui est fini, on doit distinguer un commencement, un milieu et une fin.
Dans la division de la vie, ayant égard à son double but individuel et générique, nous admettrons les trois âges que nous avons indiqués : la jeunesse, la maturité et la vieillesse. Mais les changements qui caractérisent chacun d'eux, ne s'opérant pas brusquement avec une précision mathématique, il y aura nécessité de subdiviser chaque âge en deux, et par conséquent de reconnaître : 1° l'enfance et la jeunesse; — 2* l'adolescence et la maturité; — ^ la vieillesse et la décrépitude.
De renfimce.
Naissance. — Quand le fœtus a acquis dans le sein de sa mère le développement fixé par les lois de la nature, il naît. Le passage de la vie intra-utérine à la vie extra-utérine, ce moment auquel on fait remonter la vie proprement dite, s'accompagne de changements profonds et multiples dans l'organisme. Toutefois, quelque rapides que soient ces changements, on s'est appliqué à retrouver là encore le caractère de la marche uniforme, régulière, progressive que la nature imprime à toutes ses œuvres ; et, dans le but de prouver que la vie fœtale et la vie extra-utérine ne devaient pas différer d'abord par leur essence, d une manière très-profonde, on a cité des exemples dans lesquels la durée de Tune aurait été augmentée ou diminuée aux dépens de la durée de Tautre, soit naturellement, soit artificiellement. D'après Merriman (6), sur soixante-trois naissances, trois ont eu lieu dans
(1) Censorini /îVr de die nntnli, p. 65.
(2) MendE; Handhmh der gerichtiichen Medivtn, t. 11, p. 221.
(3) Philites, Enqfclop. WÔrterbnch der medidnischen Wissenschaften, t. \\, p, 32. (4; Schmidt, Organisations-Métamorphose des Menschen^ p. 79.
(ô) Virey, Histoire naturelle du yenre humain, 1. 1, p. 98. [(y) Merriman, Bulletin des sciences mêd,, t. XVI, p. 154.
DES AG£S
i cem
]a treote-septièineseiiiame; Fodéré(l) parle tl'iHic femme qui accc toujours au septième mois d*un eûfaot viable, et les accoucheurs de jours n*hésitent pas à provoquer raccouchement prématuré quand des < constances particulières l'exigent. La naissance ne se serait opérée quel trois cent au trois cent cinquième jour, cinq fois sur cent quatone d'après MeiTiman(2); Velpeau(3) cite un accouchement au trois dixième jour, cL Rîeckefii) en a observé un au bout de onze moiiî. Schmidt parle d'une femme qui fut prise de douleurs d'accouchemei] Fépoque légitime; elle mourut deux ans après, portant dans KalidoiDeilt enfant qui» extrait par ropération césarienne^ vOeut et respira pendant i heures ! Dans ces cas, dit-on, le développement continuerditàs*opérer< le corps de la mère, et les enfants seraient, au moment de la naissao plus fortSj pins pesants, avec un système musculaire plus développé, fontanelles plus peîites, les sutures ossifiées; le placenta et le cordon oiobilical seraient tlétris (5), etc* BufFon(6) affirme avoir pu prolonger la vie embryonnaire en maintenant loin du contact de Tair, dans des liquider chauds, des chiens expulsés de la matrice à l'époque ordinaire. Roose(7) dit avoir reproduit la même expérience sur des chats nouveau-nés.
Quoi quil en soit, ce rjui caractérise essentiellement la naissance, c\ l'établissement de la respiration : le premier cri annonce la Fie, comme | dernier soupir la mort. Dès que Tair a pénétré dans les voies respiratoir toutes les fonctions s'établissent suivant un nouveau type; et, en méfl temps que la respiration, la circulation, la calo ri fi cation, la digestion, 11 nervation, etc, s'exécutent plus ou moins exactement comme pendant toat le cours de la vie. Dès lors, par conséquent, tout Torganisme doit se ressentir de la profonde modification qui vient de s'opérer en lui,
A peine la tête de l'enfant est-elle en contact avec Tair, que, suivant Friedheim(8), des mouvements convulsifs se manifestent dans les angk des lèvres et aux ailes du nez; puis îa bouche s'ouvre par rabaissement la mâchoire inférieure, la cage pectorale se dilate, Tépiglolle se redr la glotte, auparavant presque complètement fermée, devient béante d'ui manière permanente (9) ; la trachée-artère se développe , se déptisi^ comme le prouvent la disparition des rides de sa paroi postérieure et l'éti de tension de ses libres musculaires transversales.
Par rampliation qu'acquiert la c^ivité thoracique, le vide se fait dans! poumon, dont la circonférence ne se sépare pas de la plèvre pariétales Tair se précipite dans cet orj^'ane pour n'en plus sortir complélement prfl dani le reste de la vie. Les poumons prennent alors un accroissement
(1) FoDÉBÉ, Dict. des menées méd,^ U XVm, p. 326.
(2) MuiRlMAlf, Tram. méd,-c/nr, de Londtes, U XUI.
(3) YelpeàUj Trmtéd^ t arides ûvcouchementt, t. (|, p. 5, (à) RiECKE, Beiirflge zur fit'ùurhhûlff^Hc,, p. 78.
(5) Mende, HnmibucU der gerirhiikhm \Mktn, t. If, p* 304,
(6) Bu FF ON, lîi^t. nat. de r ho m nie. \1) RoasE, PhysioL (juter'&uc'h.j p» 66. (8) FBitûH£Jit, Disseri. de prima rHp.^ p. 9*
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volume : leur hauteur augmente d'un centimètre et leur largeur de quatre (1); il s*y fait, selon Bernl(2), une augmentation cubique d'un pouce et demi; leur poids augmente, et, selon Osiander (3), il est p^rté de onze gros trois quarts à vingt et un gros et demi. On comprend que cette augmentation de poids ne dépend pas seulement du volume d'air inspiré; mai? elle est surtout produite par l'atllux du sang en quantité plus considérable le calcul prouve, en eiFet, que le sang y contribue pour /|19-"''"%HB et Tair pour OP^'",il (/»). Avant la naissance, les poumons présentent le même aspect que lorsqu'une inflammation empêche la pénétration de Tair dans leur tissu; ils sont denses, résistants^ d'un rouge brun, hépatisés; !a respiration une fois établie» ils deviennent plus légers spécifiquement, plus élastiques, crépitants el d'un rouge vermeil. Mais tous ces phénomènes ne se montrent pas simultanément dans toute l'étendue des poumons : Meckel (5) a observé, sur un enfant de six semaines et sur un autre de quatre, des parties de poumon qui n*avaient pas encore respiré^ et, d'après Portai (6), le poumon droit, dont la bronche est plus ample et plus courte^ respirerait le premier.
Quelle est la cause de la première inspiration? Celle-ci est-elle due h une influence mécanique, à la pression atmosphérique? Non évidemment, car lair ne peut pas par lui-môme pénétrer dans la cavité thoracique d'un enfant mort- né; car, insiiillé, il ne dilate môme pas les vésicules pulmonaires. On ne comprend pas davantage comment on a pu avancer et croire que rétaldissement de la respiration résulte de la stimulation produite sur la moelle allongée par le sang artérialisé, puisque, dans cette opinion, la cause de l'établissement déllnitif de la respiration serait reflet de la première inspiration, laquelle n'aurait toujours pas de cause appréciable. La première inspiration, coiîirnc le premier battement du cœur, doit reconnaître pour cause une loi primitive de la nature, une force inconnue qui domine tous les phénomènes de la vie : nous n'expliquerons pas autrement le premier eilbrt de succion que fait Tenfant sur le sein de sa mère, ni le premier mouvement volontaire qu'il exécutera. Mieux vaut s'abstenir irexplications que d*en donner qui soient fondées sur des erreurs ou recueillies dans les ténèbres.
Quoi qu'il en soit, la respiration, une fois établie, continue à s'effectuer d'une manière permanente et régulière. Plus fréquente pendant l'enfance que pendant les autres âges, elle s'accompagne de phénomènes semblables.
Par suite de Fexpulsion du fœtus et de la section du cordon ombilical, de la dilatation du poumon par l'air et de Tafllux plus considérable du
(!) Okiiz, Der LHchnam de.^ Mtffischen, ctc,,p* 80. (2) Berpît, iffmfibîfch fier getichi/irhen AtznpikuTtde, p. 266. {'S) OsiAJMïKa, Handb, da^ Entftindungikumt^ t, ! * p. 656. (4; BcftiJACH, Qutr. cit., t. IV, p. 300.
(5) Meckel, Mmim-l d'nnat.^ t. lU, p. 532,
(6) PoRTAt, Mém, de tÀeoiL #/<?• ^îent*es^ 1765.
9M on AGOL
lang ren cet organe^ la circalâtion se troofe modifiée lirofoodémeiii. Le cœar est repoussé de droite à gauche et de haut en bas, par reffei de ii plus grande distension du poumon droit et de l'abaissement du dia* pbragme ; le tron ovale se ferme pen à peu, parce que la Talvnle dXosladii est tirée de haut en bas par l'abaissement du diaphragme, et qu'elle ne peul plus diriger vers cet orifice le sang de la veine ca?e inférieure, dont la quantité a d'ailleurs diminué de tout celui qui venait de la veine ombilicale, parce qu'aussi la valvule du trou ovale, plus grande que ce trou hû-méme, est refoulée par le sang qui aflQuedans l'oreillette pulmonaire. Le ventricule droit, d'abord plus petit que le gauche, devient plus grand que lui« suivant Meckel (1) : la capacité du ventricule aortique est à celle du ventricule pulmonaire comme 1 : 0,75 avant la respiration, comme i : 0,93 après la première respiration, et comme 1 : 1,66 au bout de sept mois. Le canal artériel se rétrécit rapidement, et^ dès le troisième jour, se trouve oblitéré par un caillot qui se transforme ultérieurement en un cordon fibreux : cette oblitération, qui marche de l'aorte vers l'artère pulmonaire, est due à l'angle que le canal artériel forme avec l'aorte par l'effet de rabaissement du cœur et l'élévation de la crosse aortique, et à l'élongatioo qui résulte de ce déplacement. Les artères ombilicales, devenues inutiles, se transforment en cordons fibreux ; l'aorte descendante ne reçoit plus de sang par le conduit artériel, et la veine ombilicale s'oblitère peu à pen dès le second jour après la naissance. D'un autre côté, les artères pulmonaires se développent, prennent un plus large calibre, le sang étant continuellement attiré vers les poumons par les mouvements de la respiration. Une fois ces phénomènes accomplis, la circulation prend le type qu'elle doit conserver pendant le reste de la vie (*).
A. Première enfance. — Après que l'enfant, par le fait de la naissance, a acquis une vie indépendante, il lui faut, pour la conserver et renlretonir, des moyens antres que ceux qu'il possédait dans l'utérus. Déjà nous avons vu s'établir la respiration et se transformer la circulation : dans la première enfance, la nutrition va présenter aussi de notables changements.
Habitué qu'il était, dans le sein maternel, à recevoir sa nourriture ou les éléments de son développement tout élaborés par des organes qui n'étaient pas en lui, le jeune enfant a besoin d'une nourriture très-facilement assimilable pour que son estomac puisse la digérer. Le lait que sécrètent les glandes mammaires est incontestablement celle qui lui convient le mieux: il y trouve l'eau nécessaire àétanchorsa soif, qui, chez lui, est confondue avec la faim, et les matériaux solides appropriés à ses facultés di£:e>tives ; il y trouve cette température fixe de 37° qui est aussi celle de son corps; il y trouve enfin ces éléments du sang que jusqu'alors il avait reçus tout faits. Aussi est-il dans la nature de l'enfant de prendre le sein et d'y cher-
(1) Meckel, ouvr. cit., t. II, p. 285,trad. de Jourdan.
(*) On sait que le pouls est plus fréquent dans Tenfance qu'aux autres âges de la rie: pendant l« premier mois, le pouls donne par minute 130 à 140 pulsations ; pendant le troisièae. 120 à 125 ; au aeuvième, 115.
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cher sa nourriture. C'est, pour lui, une nécessité primordiale qui ne résulte pas seulement du besoin de la faim, car Tenfant tette tous les corps que ses lèvres peuvent atteindre; il tette^ lorsque la moitié de son corps se trouve encore dans les voies génitales (1); il tette, même dans l'utérus, le doigt qui pénètre par hasard dans sa bouche (2), dominé qu'il est par une impulsion instinctive à laquelle la volonté n'a primitivement aucune part. Du reste, Taliment, introduit dans les voies digestives, n'est pas toujours le même pendant la durée de Tallaitement : c'est d'abord un liquide jaunAtre, colostrum, qui, dit-on, aurait la propriété d'exciter les contractions, les mouvements vermiculaires de l'intestin {*) ; puis, du troisième au quatrième jour^ suivant les uns^ au huitième jour seulement, selon les autres, ce même liquide a complètement disparu pour faire place au véritable lait qui en diffère essentiellement par ses propriétés physiques et chimiques. La salive parait manquer pendant les deux premiers mois, et, longtemps encore après ce temps^ elle reste peu abondante, les glandes qui la sécrètent étant peu développées.
L'estomac devient plus horizontal après la première inspiration (3); après l'introduction des aliments^ il acquiert une plus grande capacité. L'intestin grêle devient un organe puissant d'absorption, le gros intestin augmente en dimensions, et le rectum expulse trois ou quatre fois par jour les matières qu'il contient. Le foie diminue de volume relatif, il prend une couleur moins foncée, et sécrète une grande quantité de bile ; la vésicule biliaire, qui était d'abord cylindrique, prend la forme conique qu'elle doit conserver (4). Les reins sont proportionnellement très-volumineux; leur poids est à celui du corps comme 1 : 120, tandis que, chez l'adulte^ ce poids sera comme 1 : 240. La vessie descend davantage dans le bassin et l'ouraque s'oblitère. L'urine est excrétée dix à douze fois par jour; d'abord claire, incolore et inodore, elle ne renferme pas d'urée, mais elle contient de l'acide benzoîque (5).
La chaleur du nouveau-né, ou sa faculté calorifique, est moins élevée, plus faible que pendant les autres ftges : suivant J. Davy (6) et W. F. Edwards (7), elle n'est que de 27«à 28'* Réaumur. De là résulte sans doute que la mortalité est, jusqu'à la fin du troisième mois, beaucoup plus considérable en hiver qu'en été (8). Et pourtant, chez nous, môme durant les saisons rigoureuses, on porte l'enfant à l'église pour le faire baptiser, à la mairie pour le faire inscrire sur les registres de l'état civil ; dans plusieurs
(1) OsiAlfDER, ouvr, City 1. 1, p. 679.
(2) Hatn, dans Burdach, ouvr. cit,^ t. IV, p. &32.
(*) Les caractères physiques et chimiques du colostt*um ont été exposés plus bftut, à propoi de rallaitement.
(3) Bernt, ouvr. cit., p. 275.
(4) Idem, ihid., p. 274.
(5) John, Chemische Tnbellen des Thierrexchs^ p. 15.
(6) J. Dawy, VhysioL and Anat, Researches, London, 1839.
(7) W. F. Edwards, De l* influence des agents physiques sur la vie, p. 235.
(8) ViLLERMÉ et Edwards, Anna/es d* hygiène et de médecine légale^ t. II, p. 291.
DES AGES
pays, au Canada (1), en Laponie (2), comme autrefois en Angleterre (S)i
on le plonge dans Feau froide ou dans la neige. Ed exposaDt ainsi renhiit naissant aox chances multiples de mort, il semble qu'on veuille, cod les anciens Spartiates, ne conserver à la vie que ceux qui sont a^sel: fij reux pour résister à de pareilles épreuves* Il faut noter néanmoins qo^l transpiration cutanée est, en général, très-peu abondante chez le tout jeunt enfant, ce qui empùche celui-ci de subir retïct d'une des causes les ptits directes de refroidissement.
Les mouvements que. la respiration et la circulation communiquent à Fencépbale doivent contribuer à exciter cet organe^ qui présente un volume proportionnel plus considérable que celui qu'il aura plus tard : son poids est à celui du corps comme i : 8, tandis qu'il sera, chez Tadulte^j comme 1 : hO* C'est qu'en effet, dans la première enfance surtout, certaine fonctions encéphaliques ont déjà une grande activité. Une foule d'impre» sions vont atteindre l'enfant pour la première fois ; à la naissance, le coo tact de Tair lui fait souffrir le froid; les mains qui le touchent, les cor qui l'enveloppent, les excréments qui le salissent, le bruit qu'il entend, etc^, lui causent des sensations qui sont d'abord de la douleur; privé des liquide qui le nourrissaient dans Tutérus, il éprouve le sentiment de la faim, i c'est encore une douleur; obligé de rejeter les matières excrémentiiielle que sécrète sa muqueuse intestinale, f exonération est encore pour lui sensation pénible. Mais, peu à peu, il s'habitue à distinguer ses impr sionSj et commence à éprouver du plaisir aux unes, qu'il recherche par de mouvements automatiques, à ressentir des autres une peine qu'il e^cprin par ses cris. Puis, la volonté se manifeste chez lui par des mouvement] par des actes qu'il exécute; les sons ne frappent plus pénible ' fl
oreilles» et les chants dont sa mère le berce calment ses souffrance- , ses pleurs.
Vers le cinquième mois, son larynx produit un son qui n'est pîu^ simple cri, et vers le huitième, sa voix, augmentant sans cesse, lui permet d'imiter divers sons qu'il a entendus. Les sens de Todorat et du palper soot plus tardifs que les autres dans leur développement; cependant Osiander(4) assure que !es tout jeunes enfants aveugles-nés perçoivent Todeur du lail qu'on leur présente. Un enfant de cinq semaines ne prenait volootiers quf le sein de sa nourrjcc^, dont la transpiration exhalait une mauvaise odeufi] il saisissait avec difliculté celui de tout autre personne, et se mettait à crie dès que la nourrice s'approchait de lui.
Bientôt les facultés intellectuelles el ntorales de l'enfant se développes aussi; sa mémoire se manifeste; ses aïfections, ses répulsions, peuvent ètr constatées par ses rires ou par ses pleurs : c'est ainsi qu'il arrive & la Un i neuvième mois.
(1) ZtmiERiiANN. Tmchenèuch der Reifen^ L UI, p. 155,
(2) Hùt. liai, génér, et partû,^ t. Il, p. 450.
(3) ViRET» Rist, ttat. du genre f mm,, t. I» p. 101. \à) OsïANDER, oiwr. cff., l. I, p. 68&.
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B. Seconde mfance, — Dans cette période, qui s élend jusqu'à ia huitième année, h respiration se continue d'une manière régniière, moins rapide, mais plus prolbnde, et la toux devient facile sous l'influence des causes qui peuvent la produire. La circnlation se maintient comme elle était, en diminuant un peo de fréquence; ta cavité thoracique augmente, et pourtant le cœur devient relativement plus petit, !e Ihymus commence à décrottre sensiblement. Lacatoriflcation atteint son terme normal. La digestion présente en mt^nie tera[>s les phénomènes les plus variés et les plus remarquables. Les aliments liquides, le lait maternel, ne suffisent plus à la nourriture de Tenfant; aussi lu mastication lui devient-elle possible, ses mâchoires s'étant consolidées et armées de dents,
A la naissance, les dents n'étaient qu'à l'état de germe; elles commencent h faire saillie au dehors vers l'âge de di.t mois environ. On cite quelques exemples d'enfants venus au monde avec des dents, mais ce sont là des cxceplions. En général» pendant la première enfance, les dents n'atteignent pas au rebord alvéolaire; leur éruption se fait à cause de leur développement en hauteur et de Tusure qui résulte de leur frottement, de la pression qu*elles exercent sur le bord gingival. Cette éruption a lieu d'après un mode constant el régulier: elle commence, en général, par la mâchoire inférieure, où la dent incisive médiane apparaît lout d'abord; puis la dent correspondante se montre à la mâchoire supérieure; ensuite viennent les incisives externes^ ïa première molaire, la canine, et enfin, vers la fin de la seconde année, la deuxième petite molaire. Ces premières dents ne sont que temporaires : au-dessous d'elles, en même temps qu*cUes, mais plus lentement, se développaient les dents qui doivent être définitives, et dont le développement est cause de la chute des premières.
La dentition s'accompagne presque toujours d'une suractivité vitale extrême des gencives, des glandes salivaires et de la bouche. Les artères qui se rendent à ces parties prennent un accroissement notable; souvent même une inflammation réelle de toute la cavité huccale est produite par le travail de la dentition, et il n*est pas rare que des maladies graves en soient aussi le résultat. Toujours, d'ailleurs, une salivation, sinon morbide, du moins exagérée, accompagne ta sortie des dents, et une liypersécrétion analogue du mucus gastro-intestinal peut amener la diarrhée.
L'estomac devient plus actif, mais aussi il conserve plus longtemps les
aliments dans sa cavité, en extrait les parties assimilables avec une certaine lenteur, qui diminue la fréquence du besoin de manger. La bile devient plus épaisse et coule avec plus d*abondance ; les matières évacuées par le rectum sont plus jaunes et plus consistantes, en même temps que les évacuations deviennent plus rares. Les reins présentent des lol*ules moins séparés; Turine prend de la couleur, de l'odeur, et contient de l'urée.
Le centre nerveux cérébro-spinal, quoique son volume relatif diminue, acquiert à peu près le terme de sun accroissement, et nous avons déjà fait
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reuiarquer^ arec Soemmerring, Ackermaim, les frères Wenzel, etc. que c*eftt dès l'âge de quatre ou cinq aus que s'établit la proportion préteDdoe pubère du volume du cervelet à celui du cerveau proprement dit Ce» cîreûnslance<» sont en rapport avec les facultés nouvelles qui apparaissent
D'abord héj»itante et difficile, la marchf^ n'était guère qu'une série de chute» occasionnées a la fois par la faiblesse des membres^ le peu d'énergie des contractions musculaires, le défaut de coordination des mouvements, une mauvaise appréciation des distances et des obstacles, et enfin par la peur. Presque toujours, 'c'est vers la fin de la première année que l'enfont commence à se tenir debout, et vers la fin de la deuxième qu'il sait marcher.
Ce qiic la marche est aux membres inférieurs^ la parole l'est au larvni. Les sons que l'enfant pouvait produire, il commence à les articuler; à l'imitation de sa mère, il remue ses lèvres, et le premier mot qu'il prononce, à peu près le même dans toutes les langues, est formé de la lettre m et de la voyelle a. On a avancé que le premier mot sortait quelquefois sous l'influence des affections ou d'une manière involontaire (1). Il suffit, pour le produire, que h; son primitif ci soit interrompu dans son émission parla rencontre volontaire ou fortuite des deux lèvres, qui, en se rapprochant ou s'éloignant, articulent ce son qui retentit comme un baiser au cœur d'une mère. Kt pourtant ce premier mot commence à isoler, d'une nouvelle façon, l'enfant de celle qui lui a donné le jour. C'est à la vue des progrès de son enfant que la femme manifeste, dans tout son éclat, la pureté, la générosité de son amour : l'enfant, attaché au sein maternel, est presque une parliiî du corps do la mère; sa première dent rompt cet attachement, et la nièn; est satisfaite. Elle aimait à tenir dans ses bras cet enfant qu'elle a nourri ; il ai)|)r('n(I h inarrher, sns pnMniers pas l'éloignent crcllc, et elle>e réjouit (l(î srs progrès; die l(i met, par la parole, en rapport avec le monde (îxléricur qui doit le lui enlever un jour^ et pourtant elle est heureuse quand il connnenecî à balbutier. C'est que, par instinct, elle a compris que. de près connue de loin, dans le présent comme dans Tavenir, cet eufanl, c'est toujours elhî s(î niaiiiresLanl sous une nouvelle forme dans respacc, se continuant prnir un autre temps dans l'étcrnilé; c'est qu'il est dau> sa destinée de produire pour la société, et elle se réjouit de son œuvre. Sa réc()îu|)ense est dans son cœur, dans la reconnaissance de l'enfant qui a appris ;^ la connaître et à l'aimer.
De la Jeanette.
Vers sept ou huit ans, les organes transitoires disparaissent; le thvmas pour \\^\vv pas remplacé (*), les dents de lait pour faire place aux dents
(1) C.nouMANN, Kntwickrluny des kiudlivhen Aitrrs., etc. Elberield, 1817.
(*) Kkaisk (Mi'i.i.EU's Ari'hir^ 1S37) dit avoir trouv.' le thymus, chez des sujets àe vinfii tronio aiis,in(>ine plus «Irvoloppéquo chez les enfants. C'est seulement dans des cas exceptionnel^ et trrs-iar«»s que l'on reiuonlre cet organe à un âge aussi avancé: on sail d'aiUeun quf le ris du voau, analogue au thymus, disparaît chez le bœuf.
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. définitives. Toutes les forces tendent encore à constituer l'individu, mais elles se manifestent par des progrès plus lents et plus durables : les fonctions digestives s'exécutent avec une énergie remarquable, qui est en rapport avec la nécessité de fournir à la rapidité de l'accroissement, et qui est favorisée par Taugmentation de la force musculaire de Testomac et du canal digestif, par la sécrétion plus abondante de la salive et de la bile. La respiration s'opère plus complètement; la circulation prend à peu près son type normal, et le pouls ne donne plus que 80 à 90 battements par minute. L'accroissement du corps en hauteur, qui avait été de 60 centimètres environ pendant les sept premières années, n'est plus que de 5 centimètres par an pour les garçons et de U centimètres pour les filles. Le poids, au con^^ traire^ augmente davantage : son accroissement est d'environ 16 kilogrammes pour Tenfance ; pendant la jeunesse, l'augmentation annuelle du poids est, terme moyen, de 2^*,250 chez les garçons, et de 2^^,750 chez les filles, depuis huit ans jusqu'à douze; de 5^",500 chez les garçons, et de 3^", 750 chez les filles, depuis douze ans jusqu'à dix-sept (1). ' L'ossification, sans se compléter encore, continue à manifester ses progrès par la densité, la solidité, l'accroissement en longueur et en épaisseur que les os acquièrent, et surtout par la diminution des cartilages épiphysaires. Les sutures disparaissent, les os se soudent avec les épiphyses. Les os des mâchoires ont pris une étendue et une forme que rendait nécessaire la nouvelle dentition, qui comprend des dents plus larges et plus nombreuses, huit grosses molaires s'étant formées qui n'existaient pas d'abord. Ainsi que pour l'accroissement, dès cet âge les sexes diffèrent par les habitudes extérieures, par les manifestations du sentiment et de la pensée. Soit par l'effet de l'éducation, soit par quelque autre cause, le système musculaire du jeune garçon se développe plus que celui de la jeune fille; son teint devient plus brun, sa peau moins douce; ses jeux sont plus bruyants et plus dangereux, ils semblent comme un dérivatif nécessaire à la suractivité vitale, au besoin de motilité dont il est doué; en mémetemp^ son esprit se dirige vers les brillants tableaux de la guerre : plein de son individualité, il songe déjà à la gloire sans penser aux moyens de l'acquérir. Chez la jeune fille, toutes les pensées se concentrent dans les moyens de briller et de plaire par les grâces de la beauté, par l'éclat de la toilette, par le charme des talents de société; tous ces sentiments se dirigent vers l'amour, et sont conduits par la tendresse vers les êtres faibles et soufl'rants. Il faut bien remarquer d'ailleurs que la jeunesse, dont le commencement est le môme au sortir de l'enfance, pour les deux sexes à l'âge de sept ans, n'a pas les mômes limites terminales pour le garçon et pour la fille : le premier n'entre dans l'adolescence qu'à seize ans; la seconde y entre, dans nos climats, dès quatorze ans, et môme, dans les grandes villes, un peu plus tôt
(1) ViLLERMÉ; Annales tf hygiène publique et de médecine légale^ t. II, p. 351. — QuETELKT, i^ur f homme et le détjehppement de ses facultés. Pari», 4835, t. II. — BURDACB, ouvr, cif,, t. iV, p. 505.
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DES ÂGiS*
ne V adolescence.
L'individu a acquis presque tout sou développement particulier dans âges procédeuts; destumais il va tendre à développer Tespèce, à se conti nuer dans le temps par la reproduction.
Comme pour marquer le terme de 1 accroissement individuel, au coi raencement de cet à^'c» au début de la puberté, il se fait souvent (î*ui manière brusque une élongation très-prononcée du corps, un dévelopj ment saccadé qui atteint les limites extrêmes de la taille : les os aequù rcnt de la solidité, les épiphyses continuent à se souder; la dernière n laire apparaît, tandis que les autres dents commencent à s'user.
Mais les principaux pliénomènes qui caraetérisenl cet âge s'observent ilo côté des organes génilaux : dans Tuu et Tautre sexe, le travail qui s'opère vers ces parties est auucmcé par une sécrétion abondante des foUiculei sébacés, par Fapparilion de poils et par une turgescence générale. Cha rhomme, les testicules deviennent plus gros et commencent à sécrélfr du sperme; les vésicules séminales, la prostate, la verge, parlicipenlà rei accroissement, et acquièrent rapidement ie volume qu^eUes doivent conserver. Chex la femme, les ovaires deviennent plus volumineux et preonaul leur forme bossolée; îa matrice s'élargit, surtout vers son foml, et la tnenslruation s'établit. Comme phénomènes sympathiques chez Thomme, le menton se couvre de barbe, la voix prend son timbre viril pendant que le larynx se développe rapidement; ebez la lemme, les seins s'arrondtssetit et le mamelon devient saillant sur l'auréole qui a pris une teinte rosée.
Chez rhomme, les transformations sont tout extérieures; elles sont pliu internes chez la femme, dont le corps conserve davant;ige la finesse el U blancheur de la peau, la rnndcur tles formes, cette apparence moelleuse due à rinfiltration du tissu cellulaire par la graisse, qui caractérisent l'en* fance.
Pour l'homme comme pour h femme, des idées nouvelles naisseût i mesure que des organes nouveaux se développent, que des fonctions nouvelles s'établissent. Les songes précèdent presque toujours la réalité, et les rêves voluptueux sont fréquents longtemps avant qu*un rapprm^hemeul sexuel se soit opéré. Chez le premier, le besoin d'aimer se manifeste psr une ardeur expansive qui rend le cœur meilleur; chez la seconde, par tine tristesse concentrée qui souvent lui fait verser de douces larmes. A Taiï» les provocations passionnées, les démonstrations extérieures, les amours ardentes; à t*autre, la langueur et la décence du maintien, le calme du visage, Fimpassibilité apparente, voiles épais que revêt sa pudeur jusqu*«ii moment où le bonheur viendra les soulever. Aussi l'homme met plus de généralité dans son amour que la femme; il aime d*abord sans savoir qui il aime, il aime les femmes avant d'en aimer une, La jeune lîlle, au contrairet se crée un être idéal qu'elle orne de tous les charmes que son imaginadoo peut inventer ; c'est celui sur qui elle concentre tout son amour, eelui qu*elle cherche le jour autour d'elle, qu'elle voit la nuit dans ses révcs dr bonheur, douce illusion qui souvent fait place à une triste réalité. Aassi,
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pour elle, ]ii solitude est un besoin, eile veut être seule avec ses pensées; tandis que pour le jeune homme, la société des femmes est pleine d'attraits, il les désire, il les recherctie, les poursuit et les enveloppe de ses regards; il les embrasse à travers respace, il aspire leurs parfums, il frissonne au moindre contact. Tous ses sens, dirigés vers Tamour, lui procurent de nombreuses jouissances, qu*il ne cherche ni à diminuer ni à dissimuler. Pour lui, il comprend que l'amonr est un but; pour la femme, c*est un naoyen d'être mère, et la jeune mère existe déjà dans le cœur de la jeune fdle : à ses yeux, Funiou sexuelle est moins peut-être la satisfaction d'un désir que l'origine d'une espérance, car la femme aime, longtemps avant qu'il existe, Teofant quelle doit porter dans son sein, et que l'homme aimera seulement plus tard quand il Taura reçu dans sa famille.
Mais réducation» sans doute, moditie profondément ta manifestation des sculimcnts sexuels : chez les peuples sauvages, dans presque toutes les espèces animales, la femelle éprouve les mêmes besoins que le mâle, et souvent témoigne les mêaies désirs.
Be l'âge liiâr.
A travers tontes les transformations que Thomme a subies, il est arrivé à cette période de sa vie oii le progrès n'existe plus pour lui, ni au physique ni au moral : son corps a acquis tout son développement, son intelligence jouit de toutes ses facultés dans leur plus grande perfection, ses sens sont devenus des instruments de la plus parfaile précision. L'homme est bien alors l'œuvre accomplie du Créateur,
Mais il ne se mai u tient dans cet étal qu'au moyen d'une lutte continuelle entre les tendances au progrès, à un progrès impossible dont la source est la vie, et les causes de destruction dont le monde matériel l'entoure, et qui doivent l'entraîner dans la mort. Cette lutte est accusée journellement par les modifications que Téconomie continue à supporter ; sans cesse de nouveaux matériaux arrivent pour Passirailation, mais le corps ne peut plus augmenter en hauteur, mais les muscles ne peuvent plus acquérir de fibres nouvelles, mats les viscères ne peuvent plus prendre un développemeut plus grand, les organes des sens et de rintelligence ne peuvent plus accroître leur volume; aussi les organes sécrétcur-s exercentils leur action avec une énergie su disante pour enlever tous les éléments organiques qui seraient en excès, ou bien ceux-ci sont transformes en une substance, à peu près inutile» et vont former un dépôt de graisse dans les replis de répiploon d'nii ils ne seront plus tirés. C'est dans IMgc viril qu*en réalité la vieestréquilibre instable entre les fonctions de nutrition et d'excrétion, entre les causes d'acquisition et celles de déperdition; équilibre bien instable, car à chaque instant il varie, à chaque instant il est troublé, et en deçà ou au delà, si l'une des forces remportait sur Fautre d'une manière excessive, l'état de santé ferait place à la maladie*
Arrivé à ce degré de perfection, rhomnie, dont le développement corporel est borné par les limites priniortiialcs de sa nature, comprenil le be-
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soin de se perpétuer dans l'espace et dans le temps par la génératioa : aussi est-ce à cet âge que ses facultés génitales possèdent toute leur éuetgie. La nature, qui, dans Texercice de toutes les fonctions, a introduit des jouissances particulières, a voulu que, pour la conserration de l'espèce, le plaisir précédât la faculté; ces élans amoureux de l'autre âge, actuellement moins ardents mais plus* profonds, moins vagues mais plus concentrés, se transforment dans l'âge mûr en aspiration vers la reproduction, qui n'est plus satisfaite par les seuls plaisirs des sens, par l'acte matérieU mais par son résultat
C'est une nouvelle forme d'accroissement de l'homme : ainsi que noos avons vu, dans les espèces inférieures, l'individu primitif augmenter sans cesse en formant des individus nouveaux non indépendants de lui-même, ainsi l'homme s'accroît en formant un être nouveau qui, après s'être détaché de sa propre substance, le continuera indéfiniment dans le temps. Mais, à cette œuvre, il faut le concours de deux organismes : il faut que deux êtres, arrivés à leur parfait développement, se rapprochent et s'unissent ; et, dans l'âge viril, l'homme se choisit une compagne de sa vie, qui devient comme une partie de lui-même. A cet âge, Thommc, dont la vie dans la société est, comme dans la vie réelle, une lutte continue; Thomme, qui puise dans la conscience de sa force l'indifférence pour les secours étrangers, ne ressent plus ces vagues expansions de générosité, ces sentiments irréfléchis d'amour pour tout ce qui n'est pas lui ; ces attributs d'un autre âge sont remplacés par une sorte d'égoïsme, et ce sentiment nouveau, comme tous ceux qui ont leur source dans la nature, est noble et saint, quand il n'est pas détourné de la voie qui lui a été primitivement tracée.
L'homme fait est égoïste, mais son égoïsme se répand sur la femme qui partage son sort, sur les enfants qui lui doivent le jour et auxquels il veut donner une existence fortunée; mais cet égoïsme, c'est l'amour de la famille, le plus pur, le plus sacré de tous les amours, car il survit à tous, car il traverse les siècles, car il est impérissable; et c'est en aimant son enfant que l'homme comprend le mieux Tamour que ses parents lui ont porté et qu'il les chérit davanta^^e. C'est alors que l'homme tourne tous ses regards toutes ses pensées^ tous ses désirs vers les moyens d'assurer par lui-même, par ses succès, le bonheur de ceux qui lui sont chers; c'est alors que, dans la sociélé où il vit, il lutte, il combat contre tous ceux qui lui font obstacle, (ju'il devient égoïste. Mais quel sentiment est préférable à un sentiment qui unit par l'amour le passé fi l'avenir, et tous deux au présent? Quel ordre nouveau, (luelle organisation sociale nouvelle, quelle vaine philanthropie, quelle fausse fraternité pourraient remplacer jamais ce sentiment iiuié de la famille qui ne saurait avoir de terme, car sa source est proTidentielle?
]>e la vîmUetie.
Dans les dernières années de lâge niùr, les facultés procréatrices on; commencé il ilmoWvc *. eu t^éuéiul, vers soixante-cinq ans, elles n'existent
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guère, et si parfois elles se manifestent, elles sont assez ai&iblies, assez diminuées pour n'être plus que la preuve des forces perdues. A cet âge la vieillesse commence.
Les différences qui existaient entre les deux sexes^ à Tépoque où ils se complétaient par leur union, tendent à disparaître. Chez l'homme^ les tissus deviennent plus mous, les formes moins accusées, les poils tombent en partie ou perdent de leur dureté. Chez la femme, les tissus deviennent plus denses; la graisse, diminuant, accusent davantage les formes, les mamelles se flétrissent, des poils naissent aux lèvres et au menton. Dans Tun, la sécrétion du sperme diminue; dans Tautre, la menstruation, depuis quelque temps irrégulière^ cesse tout à fait. Chez tons les deux^ les cheveux tombent ou blanchissent ; la peau jaunit, se sèche et se ride ; les dents se déchaussent et se séparent des gencives. La digestion devient plus lente et plus difficile, la défécation plus pénible et plus irrégulière, la salive est moins abondante; la bile^ plus épaisse, est moins abondamment sécrétée. La respiration devient plus fréquente et moins parfaite; les poumons, moins élastiques et moins flexibles^ sont emphysémateux et s'imprègnent de dépôts charbonneux. La circulation est moins rapide et les battements du pouls sont moins nombreux ; les vaisseaux capillaires se dilatent et deviennent visibles sous la peau ; les veines plus grosses, plus saillantes, sont variqueuses, et les artères, moins élastiques, ont des parois plus résistantes, plus cassantes et souvent ossifiées (*).
Les organes des sens perdent de leur sensibilité : la peau, moins douce, touche moins bien ; la vue ne s'exerce plus qu'à de grandes distances et sur des objets volumineux; Touïe devient dure et ne saisit plus toutes les nuances des sons; le goût et Todorat paraissent moins notablement atteints par les progrès de Tftge. Le cerveau diminue de volume et de densité; les cordons nerveux s'atrophient et paraissent plus secs. Les muscles tendent à devenir fibreux, les tissus fibreux et cartilagineux à s'ossifier; les os, à se transformer en substance terreuse par la diminution absolue des tissus organiques qui les constituent, et l'augmentation relative du phosphate calcaire : aussi deviennent-ils plus minces et plus fragiles.
Les facultés intellectuelles et les aifcctions morales offrent des altérations analogues à celles que l'on observe dans l'ordre physique. Si les organes des sens servent rinlolligcnce, il est évident que la faculté d'acquérir par leur intermédiaire les notions du mond(î extérieur est très-notablement diminuée : aussi le vieillard vit-il surtout de ses souvenirs ; il saisit mal ce qui se passe autour de lui ; souvent il n'admet qu'avec répugnance les faits récents, les inventions nouvelles, il n'apprend qu'avec difficulté et retient rarement les événements dont il vient d'être témoin. Au contraire les connaissances antérieurement acquises, celles qu'il possède depuis sa jeunesse, il les conserve davantage, il les concentre en quelque sorte. De \h vient s<ms doute que, dans tous les temps et chez tous les peuples, on
(*) Leuret et MiTmÉ ont trouvé le pouls plus fréquent chez les sujets âgés que sur les individus plus jeunes ; mais ces observations, recueillies à la Sal|)ètriôre, sont tellement contraires aux résultats que Ton peut obtenir journellement, qu^elles portent sans aucun doute en elles une cause d'erreur.