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XXX INTRODUCTION

Dans le nombre des organes qui participent à une même fonction, il existe une différence générale entre les végétaux et les animaux. Chez les premiers, il y a une multiplicité extrême de racines, de feuilles, de fleurs ; chez les seconds, il y a tendance à l'unité, un seul canal digestif, deux poumons ou branchies, deux testicules ou ovaires, etc.

Quant à la disposition générale des organes, elle offre cette différence remarquable, que, dans l'immense majorité des animaux, tous les organes importants sont situés à l'intérieur du corps, à moins que, comme les appareils des sens, ils n'aient, par leur destination même, leur placfe marquée à la surface de l'animal; tandis que, dans les végétaux, ils sont toujours placés à l'extérieur et qu'aucun organe spécial ne se rencontre à l'intérieur. Aussi a-t-on dit que les animaux étaient des plantes retournées en dedans, et les plantes des animaux retournés en dehors.

Une différence plus importante résulte de l'existence, dans les animaux, à'organes centraux pour la circulation et pour l'innervation, qui, nous l'avons vu, n'ont rien d'analogue dans les végétaux. Mais cette distinction n'est pas absolue, car ce n'est pas dans tout le règne animal que ces organes se montrent, et généralement ils manquent dans les animaux tout à fait inférieurs qui tendent à se rapprocher du règne végétal. — La présence d'organes centraux constitue essentiellement l'individualité ; leur absence permet de considérer les êtres comme un groupe d'êtres distincts. Ainsi, tandis qu'un vertébré ne peut être divisé sans cesser d'exister, un assez grand nombre d'invertébrés peuvent être partagés en plusieurs parties qui continuent à vivre. Or, ce qui est une exception dans le règne animal et ne se rencontre que dans ses degrés inférieurs, est la règle dans les végétaux : chez eux, chaque partie prise isolément représente tous les organes de l'individu souche, et peut vivre isolément en formant un individu nouveau. Ainsi, quand on met en terre une oranche encore adhérente à la plante à laquelle elle appartient, elle peut prendre racine, et vivre alors d'une vie propre qui permet de la détacher bientôt du tronc dont elle provient : c'est le moyen que l'on emploie pour multiplier les plantes par marcotte» De jeunes branches dont les yeux et l'écorce sont sains peuvent, étant plantées, se développer et constituer un végétal parfait, ainsi que le démontrent journellement les boutures. Les feuilles elles-mêmes peuvent suffii;e à reproduire certaines plantes. Aussi Dupetit-Thouars a-t-il pu dire « qu'un arbre est un agrégat de l'individu primitif provenu de la graine avec tous les individus provenus de germes non fécondés, et qui se sont développés les uns sur

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