EFFETS PRODUITS PAR LA SUSPENSION DE LA RESPIRATION, L'INSUFFISAKCE
ou LA VICIATION DE L'AIR.
Xous avons vu que la fonction respiratoire se retrouve chez tous les êtres anls, aquatiques ou aériens, et surtout qu'elle représente une des conions fondamentales de leur existence. Déjà aussi nous avons étudié ction qu'exerce sur l'organisme animal chacun des principes gazeux ntenus dans l'air, et même l'influence de plusieurs autres gaz (protoxyde izote, hydrogène, etc.) qui sont étrangers à la composition de ce vaste lieu respirable (voy. plus haut^ p. 561 et suiv.) : il est résulté de lie étude qte Vair^ libre comme il l'est dans l'atmosphère ou bien mo-
*) Depuis Lavoisiee, oa est convenu d'appeler combustion toute combinaison lente ou i<le de l'oxygène et d'un aulre corps.
\) VcaociL, Comptes rendus des séances de i* Académie des sciences de Paris, 1851,
IXXIH, p. 604.
'2 RoBix et Verdeil, Traité de chim, anat. et physioL Paris, 1853, t. II, p. 462.
**; D'après les recherches de Cloetta, le prétendu aride pneumique a été reconnu être de nurine {Journ, fur praktische Chemie^ t. LXVI, p. 211, année 1855).
difié et dissous dans Teau^ est set// propre à Tentretien normal et cnntimi de la respiration des animaux^ et que s'il peut être suppléé par Tan de ^ principes, Voxygène pur, ce n'est que dans les limites de durée que comporte ordinairement une expérience de laboratoire. Enfin^ nous avons dit (p. 615 et 626) quel est le volume d'air nécessaire pour les besoins de h respiration humaine^ quel est aussi le genre* d'altération qui rend irrfspirable l'air qu'ont déjà respiré les animauxoul'homme;etnous avons in^iM»^ sur cette admirable harmonie de la Nature qui vent que la respiration diurne des plantes représente, en sens inverse, celle des animaux, et qa>l!' en compense les effets dans l'atmosphère.
n nous reste à faire connaître les phénomènesy différents suivant l'espèff animale, qui résultent, soit de la suspension delà re^irolion, soit éeVtmttffisance ou de la vieiation de Pair.
A. — Le maintien de la vie est dans une dépendance d'autant plus immédiate de l'exercice de la respiration que l'organisme des animain est plus parfait, que leur température propre est plus élevée et que h< mmbustions de nutrition sont plus actives. Les différences d'Age, dans unr espèce donnée, doivent anssi être prises en considération.
Chez un mammifère adulte (chien, par exemple) s'oppos«-t-on h Tarcf? de Tair dans les poumons en obturant la trachée préalablement divisée « travers, on voit l'animal, qui était demeuré assez calme pendant trente ou quarante secondes, se débattre vivement, exercer de violents effort^ pow respirer, ouvrir la bouche, dilater largement les narines, et, dans nneniuf tentative d'inspiration, agiter avec une anxiété extrême les flancs ot le thorax. En même temps les membranes muqueuses des lèvres, de la booche, de la langue, de la trachée, etc., deviennent livides, le sang qn'oa obtient d'une artère ouverte offre une teinte noirâtre; et, si roncontiom de s'opposer à la respiration, l'animal tombe dans un état comateux, pu*> meurt au bout de trois à quatre minutes. Mais, avant que la mort arri\c, et pendant que les mouvements de la respiration s'effectuent encore, rer,*ion libre l'ouverture de la trachée, ou bien, l'animal étant sans mouvemect (mort apparente), insufûe-t^on assez tôt de l'air atmosphérique dans ^în(^ rieur de ce conduit, la couleur du sang, de noirâtre igu'elle était, devieDrutilante, et bientôt les fonctions vitales se rétablissent complétameot Dans le cas contraire, c'est-à-dire quand l'expérience a été continuée jo^ qu'à la mort, on trouve, à l'autopsie, que la plupart des organes soDtfror gés d'un sang beaucoup plus foncé que de coutume; c'est ce qui alieii surtout pour les poumons et pour le foie. Les membranes muqueuses et >« tégument externe offrent une teinte violacée due à l'engorgement de leu^ capillaires. Le système de la veine porte, le système veiaeux général, h cavités droites du cœur, l'artère pulmonaire, sont distendus par un saiu noir et fluide (*).
(*) Touterois, quand la mort par asphyxie a été très^rapide, il est auei ordinaire de troon' les ca\ités droites du cœur presque vides : c'est surtout dans les cas d*aspbyxie leote que ^^ cavités sont distendues par du sang noir.