EFFETS DE LA SUSPENSION DE LA RESPIRATION
Chez les oiseaux, tous les précédents effets se produisent aussi par suite ? la suspension de la respiration ou de l'hématose, et môme ils apparais- Dt d'une manière plus rapide.
Quant à Thomme^ lorsque la respiration est brusquement interrompue, »mme dans les cas de submersion, de strangulation, d'enfouissement dans terre, etc., un sentiment d'angoisse inexprimable se manifeste presque issitôt, c'est-à-dire après trente ou quarante secondes; an bout d'une inute ou d'une minute et demie^ la face est déjà bleuâtre, les fonctions rébrales sont obtuses; enfin l'affaissement complet, avec cessation de la >piration et de la circulation, ne tarde pas à arriver. Si, au contraire, le tient a pu encore introduire dans ses poumons une petite quantité d'air^ si l'asphyxie est un peu moins rapide, il y a un sentiment de constrictton nible vers le larynx et le sternum, des b&illements, des pandiculations, s efforts inutiles de respiration^ avec éblouissements, bourdonnements )reilles, vertiges bientôt suivis de perte complète de connaissance. La ;e et les lèvres sont tuméfiées et livides, les yeux humides et saillants, les Djonctives injectées ; les veines jugulaires sont distendues par le sang elles renferment; le nez, les oreilles, les mains elles pieds ont une nte violacée; toute la peau présente des marbrures et des sugillations; mouvements du cœur, inégaux, intermittents, s'affaiblissent de plus plus ; enfin les mouvements respiratoires, de plus en plus rares, cesit bientôt tout à fait, et presque aussitôt survient la cessation des (tements du cœur. L'individu est alors dans une immobilité complète, son état ne paraît différer de la mort que par la conservation de la chair animale et par l'absence de toute roideur.
1 est tout à fait exceptionnel que l'homme et le mammifère adulte (non ngeur), qui ont séjourné plus de quatre à six minutes sous l'eau^ puisil être rappelés h la vie. Les rares exemples de personnes ayant pu, sans >urir, rester submergées pendant un temps bien plus long, ont été expli- ^s par quelques auteurs à l'aide d'une syncope prolongée qui aurait iservé ces individus de l'asphyxie. Les pins forts plongeurs de l'espèce naine ne peuvent guère demeurer plus de troin minutes sans respirer, ►ncore n'y arrivent-ils que par l'éducation et l'habitude, en s'exerçant, es les inspirations les plus profondes, à prolonger le plus possible les li rations correspondantes.
►es oiseaux plongeurs, et la poule d'eau en particulier, d'après Williams v^ards (1), ne pourraient non plus rester submergés au delà de trois lutcs sans perdre le sentiment et le mouvement. W. Scoresby (2) assure les cétacés demeurent plongés de cinq à six minutes et même parfois ^ d*un quart d'heure, quand ils cherchent leur nourriture au sein des K ou qu'ils sont occupés à manger. Lorsqu'une baleine, dit ce savant
w. Edwakm, Influence def agents physiques sur la vie, p. 167. ) W. ScoftBSBT, Tagebuch einer Heise aufden Wallfisehflang, verbunden mit VntersU' f/en und Entdeckungen an der OstkûHe von Grônland, p. 19ft, etc. Hambourf^ 1825. 1., An Account ofthe Arctie Hegtons^ ete., 1820, t. I, p. A65, Aes, et t. 11^ p. 247.
Toyageur, a été frappée par le harpon, elle plonge et reste sous Teau pendant environ trente minutes^ terme moyen. J. Hunter (i), Breschct (2) et Stannius (3) ont décrit, dans le système artériel des cétacés, une disposition qu'on a supposée ôlre en rapport avec cette faculté particulière : ii s'agit de plexus artériels situés dans la cavité iboracique^ sur les côtés du rachis, et dont l'ensemble représenterait une espèce de réservoir artériei apte à fournir du sang nutritif à l'aorte, pendant que Tanimal reste dan> l'eau. A la base du crâne existent d'autres plexus analogues, dont l*usa::t serait de fournir aux artères de l'encéphale un sang propre à viviGer ct* organe^ malgré la suspension de la respiration. D'après de Baér (6; e: Buro\^' (5), le système veineux des mammifères plongeurs se distingue par son énorme capacité, et il existe de vastes plexus, notamment dans la cavité abdominale, où l'on voit le tronc de la veine cave inférieure se dilater en une sorte de sac. II a encore paru que cette parlicularité, aussi bien qut les grandes dimensions des poumons, pourraient être mises au nombr des dispositions anatomiques qui permettent aux cétacés de demeurt-: aussi longtemps sous l'eau. Mais évidemment ce ne sont encore là que cir simples hypothèses.
L'expérimentation a appris que, datis le vide de la machine pneumatique, la vie des animaux à respiration puissante (oiseaux et mammifères) ce<^ après quarante secondes ou une minute. Au contraire, ceux qui ne respirent que faiblement, comme font les animaux inférieurs, supportent bieit plus longtemps toute privation d'air atmosphérique. Lçs salamandres et les grenouilles vivent d'une heure à trois heures dans le vide O (Spallanzani. W. Edwards). Les Poissons (cyprins dorés) ne périssent qu'au bout <!♦ 1 heure t\Q minutes dans de ieau bouillie et entièrement privée d'i.r (Alex. de Humboldt et Provençal). Parmi les animaux invertébrés, il t*i> est qui résistent mieux et d'autres moins bien que les reptiles à Va$phyxii par privation d'air : ces différences tiennent sans doute à l'exactitude plu^ ou moins grande avec laquelle ils peuvent clore leurs stigmates et conx'iver ainsi l'air dans leurs trachées. Après avoir été vingt-quatre heures dai.<^ le vide, des guêpes ou des abeilles, qui semblent mortes, revivent aj bout de quelques minutes, quand on vient à les mettre dans l'air librt. Des JHaps et des Tenebrio ont vécu huit jours sous une cloche où l'air éla::
(i) J. Humer, Structure et économie des baleines {GEuvres complètes de J. Hmrrui, tn-l franc, de Kichelot, l. IV, p. 466).
(2) Breschet, Hist. anat. et physioL d'un organe vasculaire découvert dans lei r-:^-^ Paris, 1836, in-4, avec fi^.
(3) SiEBOLD et STAHinus^ Manuel d'anat. comp.^ trad. franc, par Sprîng et LaoonLûre, L K. p. 481. Paris, 1850.
(4) Baer, Mém. présenté à VAcad. des se. deSt-Pétershourg^ t. II, année 1835.
(5) MÛLLER's Archiv, 1838, p. 253.
{*) Évidemment tout commerce avec l'atmosphère n'était pas complètement interdit dans c^ cas où l'on a vu des crapauds, scellés dans du'plâtre gâché sur eux-mêmes, vivre pendant p^jsieurs moîf . Bien que la respiration pulmonaire fût sans doute devenue impossible, la respr»* lion cutanée ne l'était point : d'ailleurs W. Edwards a reconnu qu'en pareil cas le plâtre hbpasser l'air à travers ses pores, et il a constaté que l'asphyxie avait lieu dans un leisF»* ( • court, si les boites ou moules de plâtre étaient enfoncés sous l'eau au lieu d'être tenus dans 1 1 r