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MOUVEMENTS DES CÔTES ET DU STERNUM

elles prennent un point d'appui, centre de leurs mouvements; et, en avant, elles sont la plupart en rapport médiat avec le sternum. Leur degré de mo^ hilité respective constitue un fait qui a été interprété de manières différentes et nïôme des plus opposées. Ualler (1), on le sait, niait la mobilité de la première côte; dans ses expériences sur les animaux et ses observations sur l'homme, il avait, disail-il^ toujours reconnu Timmobilité de cette côte même au milieu des plus fortes inspirations. Celte opinion paraissait ac-* ceptée dans la science, quand Magendie (2), se fondant sur la disposition anatomique de Tarticulation costo-vertébrale , prétendit que la première rôle était la plus mobile de toules; il rappela, dans ce but, qu'elle offre une seule facette articulaire à sa tête, qu'elle no s'articule qu'avec une seule vertèbre, qu'elle n'a point de ligament interosseux costo-vertébral, etc. Après lui, Bouvier (3) soutint la môme manière de voir. On peut se rendre compte de ces dissidences qu'on est d'ailleurs surpris de rencoutrer quand il s'agit de faits matériels faciles à constater. Nous ac« ceptons l'observation de Haller comme exacte : n'ayant examiné que des animaux ou des hommes, chez lesquels le type costo-supérieur n'existe pas, il a dû rencontrer l'immobilité de la première côte, immobilité qui constitue en effet un caractère de ce mode de respiration. Haller n'a eu que le tort de généraliser son observation; et, quant à regarder la première côte comme la plus mobile de toutes, on ne peut guère nier qu'il n eu soit ainsi quand on examine la respiration chez les sujets qui respirent avec le type costo-supérieur, et spécialement chez la femme. L'opinion de Magendie ne doit donc avoir qu'un sens restreint, et la mobilité de la première côte variera suivant le type respiratoire et suivant les sujets. Les tnemes variations s'observent pour les côtes moyennes et inférieures. Il faut faire une exception à l'égard des deux dernières, appelées aussi côtes flottantes : celles-ci jouissent d'une mobilité extrême, qui est due à ce qu'elles n'ont aucun moyen solide d'union avec les apophyses transverses des vertèbres, à ce que leur extrémité antérieure est libre^ et qu'elles manquent, L'omme la première, de ligament interosseux costo-vertébral.

La plupart des côtes sont prolongées en avant par un cartilage, de même forme, qui les continue jusqu'au sternum avec lequel elles s'unissent. L'ne membrane synoviale existe ordinairement dans le point de réunion :1e la partie cartilagineuse avec la partie osseuse de la côte. Parmi les articulations sterno- costales, la première présente souvent une soudure véritable du sternum et de la première côte, dont le cartilage, court, épais^ [)resque toujours ossifio, ajoute dans ce cas à l'inflexibilité de cet arc osseux : de telles conditions sont en harmonie avec le type costo-supérieur iaiis lequel le sternum et la première côte sont mus simultanément. Les ( artilages des côtes moyennes et inférieures sont longs, élastiques, et de plus mobiles dans leurs articulations chondro-sternales: c'est pourquoi, lorsque les mouvements respiratoires se passent au niveau des côtes in*

(i) Haller, Elementa physioloyia:^ t. III, p* 23.

[2j Magendie, Précis élémentaire de physiologie ^U 11, &* édit., p. 315,

v3; BonviKE, AecA. ^anat. et dephysiol,, tbèie inaugurale. Paria, 1823.

férieures, la partie inférieure du sternum se déplace si peu proportioanelleinent.

Rappelons aussi que la clavicule, en raison de ses rapports avec la première c6te et de son articulation profondément enclavée dans le sternum, forme en quelque sorte, avec ces deux os, un même système, et les suit dans leurs différents mouvements.

Les côtes sont des arcs longs et flexibles. Leur flexibilité n'est bien prononcée qu'entre leur angle et le sternum. La direction des côtes est oblique de haut en bas et d'arrière en avant; mais^ dans tout leur trajet de la colonne vertébrale au sternum^ elles ne conservent point une position pa* rallèle : elles s'écartent bientôt les unes des autres et laissent entre elles des intervalles inégaux. En effet, il est facile de le constater, les espaces intercostaux sont d'autant plus larges qu'on les considère plus près du sternum. Beau et Maissiat ont appelé l'attention sur cette disposition, et, en môme temps, ils ont reconnu que, chez les femmes surtout et chez 1rs individus qui respirent avec le type costo-supérieur, les espaces intercov taux supérieurs sont proportionnellement bien plus grands que ceux de» côtes inférieures. Ils ont fait encore remarquer que, chez les individus à type costo-inférieur, l'intervalle qui sépare la sixième de la septième céte est notablement plus large que les autres, surtout à la partie antérieure; qu'enfin, la partie thoracique, comprise entre la sixième et la onzième côte, offre, au niveau de sa portion cartilagineuse, une saillie que le doigt reconnaît facilement, s'il est promené dans l'espace qui sépare la septième côte de la sixième.

Si maintenant nous voulons connaître le jeu des côtes dans les deus mouvements alternatifs dont se compose l'acte respiratoire, nous constaterons d'abord qu'à chaque inspiration il y a augmentation des intervalles intercostaux. Ce changement dans le rapport des côtes entre elles est d'autant plus prononcé, qu'on l'examine plus près de leur extrémité antérieure ou intercartilagineuse, et l'on comprend qu'il faille, pour en bien con^ta• ter l'évidence, le rechercher dans la partie supérieure ou inférieure du thorax, suivant le mode de respiration des sujets. C'est pour avoir négligé cette précaution que les auteurs ont émis des opinions si peu concordantes sur ce point d'observation directe. Borelli(l) soutint que l'espace intercostal diminuait pendant l'inspiration : cette manière de voir, présentée pour appuyer une théorie non moins contestable et démentie par l'observation, fut néanmoins adoptée en partie par H<i1Ier, qui, lui aussi, avait besoin de croire à la diminution de l'espace intercostal ou au rapprochement des côtes pendant l'inspiration, attendu qu'il regardait comme inspiraieurt le^ muscles intercostaux. Toutefois Hallcr apportait une restriction formelle en faveur de la portion intercartilagineuse des côtes moyennes.

F. Sibson (2), examinant cette question avec soin^ porta son attention

(i) BoMBLU, De tnoiu animalium^ t. 11^ p. 99. Lahaje, i7ft3« {2) F. S1B8ON, ioc. cit.

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sur la portion du rachis qui supporte les côtes et forme une courbure à concavité antérieure. La divisant en trois parties, dont la supérieure regarde en bas et en avant, la moyenne en avant et l'inférieure en avant et en haut, il fit trois groupes des côtes correspondante chacune de ces parties : le groupe supérieur, ou thoracique^ est formé des cinq premières côtes; le groupe moyen, ou intermédiaire^ comprend les sixième, septième et huitième côtes; les quatre dernières côtes constituent le groupe inférieur ou diaphradmatiqtte. Sibson reconnut l'élargissement de tous les espaces intercartilagineux, à l'exception du premier qui, au contraire, lui parut diminué. Quant aux espaces intercostaux, il trouva que, examinés en avant, les trois premiers sont un peu diminués, mais que tous les autres s'élargissent, surtout ceux du groupe inférieur. Sibson nota aussi l'élargissement de tous les espaces intercostaux, près de la colonne vertébrale, pendant l'inspiration. Déjà, avant lui, Ant. Marcacci(l), dant ses vivisections, avait établi que l'espace intercostal s'agrandit dans l'inspiration, mais à un degré moins appréciable que l'espace intercartilagineux.

Ainsi l'élargissement de l'espace intercostal, variable selon le type respiratoire, et d'autant plus grand qu'on se rapproche davantage du sternum^ coïncide avec le mouvement d'inspiration : c'est un fait qui ne saurait être contesté. Indiquons maintenant comment se fait cet élargissement.

Durant V inspiration^ les côtes sont lé siège d'un double mouvement, l'un d'élévation et l'autre de rotation qui ont lieu simultanément. Toutes les eûtes à la fois se portent en haut, et ce soulèvement est visible surtout quand la poitrine est mise en mouvement par une inspiration profonde.

Haller s'était évidemment trompé en avançant que les côtes s'élèvent successivement les unes après les autres : en admettant la fixité de la première, il la faisait servir de point d'appui à la seconde pour s'élever ; celleci en servait à la troisième, et ainsi de suite. L'observation ne confirme aucunement cette assertion, que nous verrons plus loin être liée & l'idée que ce physiologiste se faisait du rôle des muscles intercostaux, idée tout aussi contestable.

11 n'est pas non plus exact de dire, avec Sabatier (2) que, dans l'inspiralion, les côtes supérieures se dirigent en haut, les moyennes en dehors, les inférieures en bas : cet auteur, en invoquant, pour soutenir son opinion, la direction des surfaces articulaires vertébrales, s'appuyait sur une disposition anatomique qui n'existe pas. Le mouvement d'élévation des côtes est général ; il faut seulement excepter de celte règle les côtes floliantes qui, chez l'homme, pendant les grandes respirations abdominales, )e portent en bas et en dehors. Dans ces cas, on peut aussi voir, chez le L'beval, les côtes inférieures se diriger du côté du bassin.

(1) A5T. MARCAca, Su/ mecanismo dei moti del petto (MitcelL med, chir. farmaeeut,y

fua, 18ft3).

(2) SAEAnKM, Mém, sur les mouvements des côtes, etc. {Mém. de VAcad, des sc.^ 1778,

742 DE LA BSSPlRATÎOir.

En montant, les côtes se redressent sur la colonne vertébrale, et, dVbliques en bas qu'elles étaient, deviennent plus ou moins horisotitale»; m&i$, en même temps, elles exécutent un certain mouvement, qu*on appelle généralement mouvement de mtatim. Dans ce mouvement, l'arc osseux semble tourner autour d'un axe qui serait représenté par une ligne passant par ses deux extrémités ; la face externe de la côte s'incline en haut, Tinterne en bas, son bord supérieur en dedans^ l'inférieur en dehors. Ajoutons qoe^ dans ce double mouvement d'élévation et de rotation^ les ligameni' articulaires des côtes sont nécessairement distendus, et que les cartila^^ stemo-costaux éprouvent une légère torsion proportionnelle à leur loi. gueur et à leur flexibilité.

Le itemum^ lié à la plupart des côtes par les cartilages stemo'-costaui. peut en suivce les mouvements et s'élever avec elles dans l'inspiration. S il est immobile dans le type respiratoire abdominal, il se meut dans sa moitié inférieure dans le type costo-infé rieur; et, dans le type costo-supérieur. on le voit s'élever avec les premières côtes. Mais^ en général, quelqugrands que soient les mouvements du sternum, ils ont sensiblement moiii^ d'étendue que ceux des côtes. Gerdy (1), qui n'avait pas tenu compte di^ différents types respiratoires, reconnaissait que le sternum exécute th^.^ espèces de mouvements : l'un d'ascension^ que tout le monde admet, et que. dans le cas où la respiration se fait avec activité, cet observateur évahu . près d'un pouce, mesuré h l'une ou à l'autre extrémité de cet os; i'aiii de projection, en vertu duquel le sternum est porté ert avant. Si, dan-^ It mouvement de projection, cet os est poussé en avant plus à son extréni.t inférieure qu'à son extrémité Supérieure, il doit éprouver en même temp* selon Gerdy, un troisième mouvement qui est celui de bascule. Ce demi est contestable, et Hallef, tout en rccohnaissant la projection en avant «i sternum, admettait que dans ce mouvement la partie supérieure du sltfnum s'avance bien moins que l'inférieure, qui, plus mobile, décrit unsorte d'arc de cercle autour de la première. Mais ôe tt'est point là le raf-uvement de bascule, tel que le comprenait Gerdy.

Des mouvements combinés des côtes et du sternum, résulte l'ampliali*'' delà poltritie, du moins dans ses diamètres antéro-poslérîeur et transvtrsal. Cette augmentation de la capacité thoracique, d'ailleurs vaHable'coni::. le Volume d'air introduit et l'effort respiratoire qui y préside, est le ca:a tère fondamental de l'inspiration f").

Dans le mouvement d'élévation, l'extrémité antérieure de chaque K: s'éloigne de la colonne vertébrale. Ce redressement de la côte dans sa ccu: bure augmente nécessairement le diamètre antéro-postérîeur de la cavî; thoracique. Le Sternum est porté d'autant en haut et en avant. L'allon: • ment de la côte est aussi ftiVorisé par le léger mouvement qui se passe ac

(1) Obsdt, Anh* géra de m<kf.) U VU, p. 515, antlée 1835.

(*) Quelques physiolofpistes se sont appliqués à mesurer et à expliquer cette dilâtili«a. - (îonsullex, à cô sUjel, ce Que hou^ aVdns dit pfécêdemment (p. 6lè et siiiv.)- — ^«.^« '"^ Gbrot, ioc. cit., HouRHANN et Dechahkre, dans Arch. gén. de méd., nov. 1835.

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point d'union du cartilage arec cet os, et le coude qu'ils forment l'un avec Tautre tend à disparaître plus ou moins complètement. Chez les oiseaux, ce point de jonction est une véritable articulation entre les côtes stcrnales et les côtes vertébrales qui présentent là un angle prononcé. Cet angle augmente d'ouverture lors de l'élévation de la côte : c'est là un exemple tranché d'une disposition qui n'est que faiblement accusée chez l'homme.

Les côtes Variant en longueur, le redressement de la courbure de la côte sera nécessairement d'autant plus grand que celle-ci sera plus longue ; par conséquent, on peut avancer, d'une manière générale, sans tenir compte des types respiratoires, que l'agrandissement d'avant en arrière de la cavité thoracique est surtout considérable au niveau des septième, huitième et neuvième côtes.

Nous l'avons dit plus haut, les côtes, en môme temps qu'elles s'élèvent, éprouvent un mouvement de rotation, en vertu duquel elles s'écartent de la ligne médiane de la poitrine : c'est ce mouvement, négligé ou inaperçu par Haller, qui détermine l'agrandissement du thorax dans son diamètre transversal ; et, dahs Tampliation du thorax, il a une plus grande part que le mouvement d'élévation. Il est surtout marqué à la partie antérieure des côtes, et, en effet, tout à l'heure nous avons remarqué l'élargissement prononcé des espaces intercartilagineux dans l'inspiration*

Nous ne nous arrêterons pas à discuter la doctrine de Bemouilli et Hamberger, basée sur le théorème des tiges parallèles et inûexibles se relevant sur la tige qui leur sert de point d'appui. Elle n'est pas applicable dans l'espèce. Nous nous contenterons de faire observer que ces auteurs n'ont pas tenu compte du mouvement de rotation des côtes qui accompagne leur mouvement ascensionnel; que, de plus, les côtes non-seulement ne sont pas parallèles dans toute l'étendue de leur trajet, mais encore qu'elles s'écartent inégalement dans les différents points de ce trajet; double condition qui est inconciliable avec le théorème posé par ces anciens physiologistes.

Dans Vexpiration, les côtes et le sternum retournent à leur position primitive : ils décrivent, en sens inverse, les mouvements que nous venons d'indiquer. Ainsi le thorax éprouve une sorte de resserrement, une réduc*tion de ses diamètres transversal, antéro-postérieur et vertical, proportionnelle ù l'intensité de l'expiration. Il est bon de signaler déjà que, dans Tétai le plus ordinaire, ce temps de la respiration s'accomplit par la seule élasticité des parties et la cessation du mouvement qui leur avait été communiqué par l'Inspiration. Mais nous constaterons bientôt que l'expiration peut aussi porter plus loin son mouvement de retrait ; qu'en effet la cavité thoracique peut se resserrer davantage dans certaines circonstances où l'expiration, s'achevant à l'aide de puissances musculaires, devient plus énergique pour des besoins particuliers' de l'organisme.

VI. — Les mouvements que nous venons d'étudier, dans les pièces mobiles du thorax, ont pour ayenls un certain nombre de muscks diversement dis-

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posés au cou et au tronc. Ces muscles, nous le Terrons tout à Theore, sont loin de prêter à Tacte respiratoire un égal concours : les uns ont ud rùlê essentiel^ les autres n'ont qu'un rôle secondaire, et plusieurs n'entrent ec contraction que dans des occasions exceptionnelles. On s'accorde assez généralement à les classer en deux groupes^ réunissant d'un côté tous c^qi qui agissent dans le mouvement d'inspiration, et de l'autre, tous ceux qo! servent à l'expiration : de là, la division des muscles de la respiratior. en inspirateurs et en expirateurs. En étudiant Faction de ces puissance musculaires, il nous faudra néanmoins signaler les divergences de quelques auteurs sur ce point, car tous ne s'en sont pas tenus rigoureusemeQi à la précédente division. C'est ainsi qu'un même muscle (le grand pectoral, par exemple) est réputé agir par une portion de ses fibres da£> l'inspiration, et par l'autre dans l'expiration ; que d'autres fois on a refuv' à quelques muscles évidemment respirateurs toute espèce de coqcou> actif, etc. Ce n'est qu'après avoir exposé les données que la science possède sur ces divergences que nous devrons en apprécier la valeur, et formuler, autant que possible, une opinion sur le rôle véritable qu'il faut assigner à chacun des différents muscles dans les mouvements de la respiration.

Au moment de passer en revue les agents musculaires des mouvements wpirataireSj rappelons qu'ils appartiennent : — 1"* les uns, à la région da thorax ; — 2® les autres, à la région du cou ; — 3* plusieurs autres, i la région de l'abdomen.

Déjà, en traitant du mécanisme des orifices et des conduits aériens, nous avons eu occasion de signaler les agents musculaires des mouvements respiratoires qui ont lieu, soit dans les narines, la bouche et le voile do palais, soit dans le larynx, la trachée -artère et les bronches. Nous n'avoD> pas à y revenir.

1®-— Parmi les muscles qui, à la région du thorax, concourent aux mouvements de la respiration, les intercostaux vont- d'abord arrêter notit attention.

a. — Dans l'étude de Vaction des muscles intercostaux^ on peut assurémeo( commencer par éliminer l'opinion de certains physiologistes qui ont soutenu que les intercostaux internes et externes ne se contractent ni dans l'inspiration, ni dans l'expiration, et que leur usage se borne à fermer, à compléter la cavité thoracique, à remplir seulement l'office d'une parc>i immobile. Il suffit, pour réfuter une pareille manière de voir, de rappeler que, dans l'économie, partout où l'on constate la présence de fibres musculaires, il y a contraction, et, par conséquent, mouvement. Nul doute que, du concours de ces muscles, de leur disposition^ de leur structure fortifiéf de fibres aponévrotiques, la paroi thoracique ne tire une partie de sa solidité, de son élasticité et de sa souplesse; mais l'observation directe y démontre aussi l'existence de véritables contractions musculaires en rapport avec certains mouvements de la respiration. — C'est sur les effets de ce^ mouvements que les auteurs se sont singulièrement divisés. Beau etHaissiat.

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sn rapprochant les principales opinions émises avant eux, ont dressé un tableau curieux des contradictions et des incertitudes qui régnent sur ce point dans la science (*). Ces deux expérimentateurs ont certainement "épandu sur la question une lumière nouvelle. Mais, après eux, d'autres )bservateurs, tels que Debrou (1), Marcacci (2), Sibson (3) et Hutchinson (i^), )Dt cherché à la résoudre, et chacun est arrivé à des conclusions différentes. M ces auteurs n'ont pas, dans notre opinion, ébranlé les résultats des travaux de Beau et Maissiat, nous pensons qu'il faut néanmoins tenir compte le leurs recherches et regarder celles-ci comme des éléments acquis pour a solution de ce difficile problème.

Les muscles intercostaux, qui, comme on le sait, sont distingués en 'nttmei et en externes^ remplissent à eux deux l'espace intercostal. Les ntercostaux externes commencent en arriére, prés de la colonne verte* 3rale; ils ont leurs fibres obliquement dirigées de haut en bas et d'arrière m avant, et s'arrêtent à l'union de la côte avec le cartilage. Les intercostaux internes, au contraire, commencent au sternum, ont une direction )pposée à celle des externes, et finissent en arrière à l'angle des côtes. Il en ésulte que, dans leur partie moyenne seulement, les deux muscles sont idossés l'un à l'autre. Du reste, chaque muscle intercostal est limité à 'espace qui le renferme et né communique avec aucun autre muscle : seuement, à l'ouverture antérieure de l'intervalle des deux côtes flottantes, on •oit manifestementles fibres de l'intercostal externe se continuer avec celles le l'oblique externe de l'abdomen, et l'intercostal interne confondre les liennes avec celles de l'oblique interne; de manière que ces quatre muscles )frrent, là, deux plans musculaires coupés par les deux dernières côtes lans une partie de leur trajet Ces notions anatomiques, que nous rappe^ ons sommairement, pourront nous aider à mieux comprendre l'action des ntercostaux.

Après avoir reconnu d'une manière positive la contraction des muscles ntercostaux, déterminer avec précision à quel temps de la respiration 'ette contraction s'opère, telle est la marche à suivre pour vérifier ce qu'il r a de vrai ou d'inexact dans les opinions si diverses et si opposées des physiologistes.

Si l'on met à nu, sur un chien, les deux muscles intercostaux, et si on

(*) Voici ce tableau : « 1' Les muscleB iatercottaux, externes et iaternes, sont les uns et es autres inspirateurs (Borelli, Sénac, Boerhaave, Winslow, Haller, Guvier, etc.) ; 2* les nuscles iutercostaux, internes et externes, sont les uns et les autres expirateurs (Vésale, >iemerbroeck, Sabatier) ; 3^ les intercostaux externes sont expirateurs, et les internes inspialfmrs (Galien, BarthoUn) ; à^ les intercostaux externes sont inspirateurs^ et les internes expi- -fiteurs (Spigel^ Veslinf , Hamberger) : b'* les intercostaux, externes et internes,- sont à la fois fispirateurs et expirateurs (Mayow, Magendie, Bouvier, Burdach, etc.); 6* les deux intercostaux agissent de concert^ mais leurs fonctions varient suivant les différents points de la Mîtrine : ils sont inspirateurs dans un endroit, et expirateurs d'ans un autre (Berhens, etc.); 7" enfin, les deux genres d'intercostaux n'exécutent aucun mouvement d'inspiration ou d'expirai ion, ils font seulement l'office d'une paroi immobile (Van Helmont, Arantius, Neucransius).»

(1) Debmuu, Note sur l'action de9 muscles intercostaux (Gaz* m^</.,t. XI^p. 344).

(2) MAftCAca, loc, cit*

(3) SiMOii, loc, cit,^ p. 535.

'h) InToDD'ft Cyclopœdia ofAnatomy and Physiohgy, vol. IV, art.THOBAX.

7&6 bft LA ftSSPIAATlOfl.

les examine dans l'inâpiration et rexpiration, on constate que, dansTinspiration, ils s'allongent et se durcissent, tatidis que, dans l'expiration simple, ils se raccourcissent et se ramollissent. On feconnatt encore qiie, dans l'inspiration, les deux intercostaux sont comme refoulés et deviennent convexes en dehors^ qu^ils sont plans dans l'expiration simple (1). — Or, on ne saurait trouver là les véritables caractères de la contraction musculaire; celle-ci n'a lieu qu'autant que le tnuscle qtii en est le siège présente réu« nies ces deux conditions essentielles, le durcissement et le raccourcis«^ ment. On peut donc dire que, dans V inspiration oU l'expiration iimple, le5 muscles intercostaux ne se contractent pas. Là dureté qu'ils offrent, pendant l'inspiration, loiti de s'accompagner de raccourcissement, coïncidi avec un allongement de leurs fibres et n'est due qu'à la tension produile par l'écartement des côtes propre à l'inspiration. D'ailleurs, dans ce mouvement d'ampliation du thorax, le poumoh vient s'appliquer à la paroi tho* racique, et communiquer, en quelque sorte, alik intercostaux, son impulsion excentrique, et les tendre entre leurs deux points d'attache.

Mais poursuivons ^expérience, et nous verrons, avec les deux auteurs qui l'ont instituée, que, dans Vexpiraîion complexe (phénomène quelescri* développent aisément chez les chiens), les muscles intercostaux interne* et externes se durcissent et se raccourcissent à la fois; ils se contractent donc véritablement. En même temps, ils font un relief notable au-de^su^ du niveau des côtes, et celles-ci sont rapprochées. -*- Par conséqticnl le> intercostaux internes et externes sont des muscles expiraieurê^ dont l'aclion ne s'exerce que dans Vexpiration complexe, c'est-à-dire quand le resserrement de la poitrine doit s'opérer avec une force qui dépasse les be$oinf ordinaires de Texpiration.

Nous devons rappeler ici que, dans ses expériences su^ des chiens, Haller. ayant constaté le durcissement des intercostaux pendant l'inspiration, en avait fait des inspirateurs; mais ce durcissement, pendant l'elTort inspiratoire, n'est pas, comme on vient de le voir, le produit de la contraction musculaire, et la conséquence que Haller en a tirée ne saurait être admise. — Duchenne, de Boulogne (2), se fondant sur des expériences et sur l'nbervation de faits pathologiques, croît avoir confirmé les vues de Haller et assure que les muscles intercostaux internes et externes sont tous inspirateurs. En électrisant les muscles intercostaux internes dans le point ou ils he sont pas recouverts par les externes, il a vu la côte inférieure ^^ porter vers la supérieure qui reste immobile. Le même effet s'est produit avec une plus grande énergie à l'aide de l'électrisation simultanée des dem muscles. Pourquoi la côte supérieure est-elle retenue dans une position fixe à l'exclusion de l'inférieure? Le fait n'est pas expliqué; cependant ii existe, et la conclusion que l'on doit en déduire est entièrement opposéeà celle qu'en a tirée l'auteur. En eiïet, nous savons que si les deux côtes tjui

(1) Beau et Maissiat, Arch. gén. de méd.^ h* série^ 18&3, 1. 1, p. 270.

(2) DucHENME (de Boulogne), Gaz, hebd, de méd. et de chir., 2' lérie, t. Ul^ W^, p. 642 et 659.

AGENTS linSCGLAIRBS DC8 MOtJVËMBMTS RESPIRATOIRES. Ihl

circonscrivent un espace intercostal s'élèvent simultanément, cet espace est agrandi; nous concevons qu'il en doit étt*e ainsi lorsque la côte supérieure seule s'élève et s'éloigne de l'inréHeure immobile. Mais, lorsque le mouvement d'élévation est eitclusivement transmis à cette dernière, ne se rapproche-t-elle pas de la supérieure et l'espace n'est-it pas diminué ? L'auteur a le soin de nous faire part d'une expérience qui lui est propre et montré que cette diminution est réelle; ôai*, dit-il (p. 363), si sUr une cage thoracique fraîche on tire en Haut sur le bord supérieur d^me côte, dans la direction des muscles intercostaux internes ou externes, il est facile (le faire chevaucher cette côte sur celle (}ui est au*dessus. Nous pouvons donc afBrmer que dans Texpérienee en questioh, les muscles excités ont diminué l'espace intercostal, ont agi comme des muscles expirateurs. — Dnchenne admet, Comme tous les physiologistes, que les espaces Itilercostaux s'agrandissent pendant l'élévation simultanée des côtes J 11 adtnet, dr plus, que lors de cet écartement, les extrémités d'insertion des tnuscles intercostaux s'éloignent, que les muscles sont allongés : on s'attend à le voir conclure qiie ces muscles^ en se cot)tractant, auront |)our effet de ramener les côtes les unes vers les autres. Mais au contraii'e, ils n'en agiraient que mieux et plus sûrement pour agrandir l'espace intercostal, c'est*à-dire pour s'allonger eux-mêmes de plus en plus. La preuve, dit-il, c'est que tous les muscles doivent être allongés pour que leut* contraction agisse plus énergiquement; tar, lorsque les muscles extenseurs des doigts sont paralysés^ les fléchisseurs raccourcis par la flexion du poignet, qui résulte de cette paralysie, n'ont plus la force de serrer efflcacement un objet placé dans la main. Ce fait^ d'ans ce qu*il A d'essentiel, est connu depuis longtemps : on sait qu'on peut vaincre facilement la flexion des doigts d'un homme robuste, en lui fléchissant préalablement le poignet, et sans que les extenseurs soient paralysés. Mais, dans ce cas, les points d'attache des fléchisseurs sont rapprochés l'un de l'autre, et l'on ronr^oit aisément que lorsque ce rapprochement atteint un certain degré, Voiïei de raccourcissement dô à la contraction soit bientôt porté à sa limite extrême. Pour les muscleâ tntercostauit, l^allongement est de môme favorable à un effet de contraction intense, mais cet effet, dans le cas posf! par l'auteur, ne peut être qu'une diminution de l'espace intercostal, un mouvement d'expiration, tl n'y a aucun doute à cet égard. Ajoutons encore que si les muscles se contractent sous l'influence du galvanisme, cela ne prouve en rien qu'à l'état physiologique ils se contractent pendant la respiration calme.

Il faut donc d'autres preuves. Le même auteur a cru les trouver dans dos faits pathologiques^ chez des sujets atteints d'atrophie musculaire progressive. Une fois l'atrophie avait envahi tous les muscles respirateurs, à l'exception des intercostaux, et les mouvements inspiraloires persistaient; -seulement la respiration devenait de plus en plus difûcile pendant la marche. On peut objecter que, dans ce cas^ l'atrophie n'était pas complète, puisqu'elle n'avait pas envahi la totalité des scalèncs. Dans les autres cas, l'action du diaphragme persistait; et ici les muscles inspirateurs auxi-

liaires n'étaient pas en cause, puisque le type normal de la respiration chez ces sujets masculins est le costo-înférieur. Nous verrons plus loin que le diaphragme suffit alors à rélévation des côtés. Le seul fait important, c'est que Duchenne, en explorant les espaces intercostaux au moment de l'inspiration, dit avoir senti le gonflement des muscles : mais nous avons déjà dit comment, avec Beau et Maissiat^ il fallait interpréter ce phénomène, les vivisections leur ayant démontré que ce gonflement n*est pas dû à une contraction musculaire, comme l'avait pensé Haller.

En résumé, si, dans le travail de Duchenne, nous faisons abstraction de toute la partie théorique qui ne soutient pas la discussion, nous voyons, d'une part, que les expériences de l'auteur confirment l'idée que les ninsdes intercostaux, sont expirateurs, et, d'autre part, que ses observations pathologiques ne sont pas assez démonstratives pour nous faire admettre le contraire.

On peut encore rappeler, à ce propos, que, quand sur le cadavre on fait exécuter aux côtes des mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiration, on voit, dans cette respiration simulée, les intercostaux se tendre et s'élargir pendant Tinspiration, se plisser et se relâcher pendant Texpiration. Cette expérience, utile pour cûnoattre en général l'action d'un muscle, nous apprend que c'est dans l'expiration, lors du rapprochement des côtes, que les intercostaux ont leurs points d'attache rapprochés, ce qui indique nécessairement le moment de leur contraction.

Chez les oiseaux, l'inspiration s'opère en grande partie par Télasticité des côtes qui se redressent après avoir été fortement rapprochées daD> l'expiration. Or, les agents de ce rapprochement sont encore ici les muscles intercostaux, dont l'intervention, comme puissance expiratrice, devient des plus manifestes.

De l'exposé qui précède, il nous parait donc rationnel de conclure, avec Beau et Maissiat, que les muscles intercostaux internes et externes sont de> muscles exclusivement expirateurSy dont l'action, chez les mammifères n'est rigoureusement mise en jeu que dans ce qu'on appelle Yexpiratm complexe.

Cette opinion, analogue à celle de Vésale, Diemerbroeck et Sabalier, n'est pourtant partagée par aucun des autres physiologistes que nousavon^ précédemment cités (*). Ce serait donc le moment de discuter des manière> de voir si diverses et parfois si opposées ; mais l'examen détaillé de ces nombreuses dissidences ne devant ni offrir un grand intérêt, ni éclairer beaucoup la question dont il s'agit, nous croyons mieux faire en nous bornant à en indiquer les points principaux et à signaler quelques objections faites à l'opinion que nous venons d'adopter.

Jusqu'ici, nous avons traité la question des intercostaux en n'établissant aucune différence entre les internes et les externes, c'est-à-dire en les regardant comme des muscles ayant une action commune et simultanée. Cette

(*) Voyez le tableau ci-dessus, en note, p. 745.

AGENTS MUSCULAIRES DES MOUVEMENTS RESPIRATOIRES. 7/i9

manière d'envisager raction des intercostaux est aussi, il Tant le dire, celle de la plupart des auteurs, soit qu'ils en fassent des inspirateurs ou des expirateurs, soit qu*ils leur reconnaissent ces deux rôles à la fois. Mais certains physiologistes accordent à chaque série de ces muscles un rôle diifé* rent : ils regardent, par exemple, les externes comme inspirateurs et les internes comme expiraleurs. De ce nombre est Hamberger (1), qui, chacun le sait, eut à ce sujet, avec Haller, un long et vif débat qui, [malheureusement, servit moins la science que les passions des deux illustres adversaires. En faisant valoir contre Haller la différence et Topposition entre la direction ()c5 fibres musculaires des deux intercostaux pour leur assigner à chacun un rôle différent ou opposé, Hamberger émettait un argument qu'on a souvent répété après lui, et qu'on peut, selon nous, victorieusement réfuter.

En effet, qu'on se rappelle, comme nous l'avons déjà fait observer, Tanalogie de direction, ou mieux encore la continuité de fibres qui existe, rl'une part; entre les intercostaux internes et les obliques internes de l'abdomen, de l'autre, entre les obliques externes et les intercostaux externes, et l'on n'hésitera pas à conclure de la même manière pour les muscles du thorax que pour ceux de l'abdomen. Or^ la direction des obliques diffère dans chacun d'eux comme dans les deux sortes d'intercostaux ; ie plus, elle est la même dans les obliques internes que dans les intercoslaux internes, dans les obliques externes que dans les intercostaux externes ; et cependant personne n'admet que le rôle des obliques internes soit l'opposé de celui des obliques externes. Ne doit-il donc pas en être de m^'me entre les deux intercostaux? De plus, on s'accorde à regarder les ibliques internes et externes de l'abdomen comme des muscles expirateurs; il nous semble donc logique de reconnaître aux muscles intercostaux internes et externes la môme action^ et il faut, en définitive^ les rei^arder comme agissant simultanément. — En un mot, les intercostaux au thorax, les obliques à l'abdomen, remplissent le môme rôle et agissent dans l'expiration.

Hamberger, àTappui de sa démonstration^ avait fait construire une ma* :hinc dans laquelle des leviers mobiles, s'articulant sur des pièces fixes, simulaient les côtes se mouvant sur la colonne vertébrale et le sternum. Entre ces leviers s'étendaient des fils figurant les fibres musculaires des intercostaux. Cette machine, mise en jeu, pouvait servir, au dire de Hamberger, à reconnaître que les intercostaux internes étaient expiraieurs et les externes inspirateurs, Hutchinson aussi, dans ces derniers temps, a inventé un moyen analogue afin de démontrer que l'élargissement de l'espace intercostal coïncide avec la contraction du muscle qui le remplit. \fais, évidemment, de pareilles machines ne sont que des imitations trèsimparfaites de ce qu'elles prétendent reproduire, et Ton ne saurait en tirer la moindre conclusion positive pour le but qu'on se propose. La plupart des figures théoriques n'apportent pas non plus de démonstration plus ri-

(1) Rambirg£B^ Physiologia. lenn i75i.

750 DB iA IMPIftATIOll.

gourcuse, comme nous l'avons vu précédemment pour le théorème de Hamberger, à roccasion des mouvemcnU des côtes.

L'opinion de Hamberger fut reprise, il y a quelques années, par Ânl. Marcacni (1), qui la soutint en s'appuyant de recherches faites sur les animaux. L'expérimentateur italien range aussi les intercostaux internes parmi les muscles cxpirateurs, et les externes parmi les inspirateurs; voici quelles preuves il allègue. » Si, dit-il^ procédant de dedans en dehors, à rintérieur du thorax, on enlevait entre les côtes un intercostal interne, on parvenait à distinguer avec une clarté suffisante que le muscle intercostal externe se fronce, se raccourcit et se durcit dans l'inspiration, et perd ces caractères dans l'expiration. » Dans une autre expérience, d'une exécution plus facile que la précédente, Marcacci, ayant enlevé une grande partie de l'intercostal externe, assure avoir vu manifestement, pendant l'expiration, sur l'intercostal interne découvert entre les côte^, les signes de contraction qu'il avait observés sur l'intercostal externe pendant l'inspiration : a Et si, ^oute-t-il, on avait soin de préparer les parties de manière à pouvoir observer simultanément les deux muscles, l'un au-dessus, l'autre au-dessoas de la môme côte, on voyait très-bien la contraction alterne de leurs fibres.' »

Le môme expérimentateur, cherchant, à l'aide du galvanisme, à codflrmer le résultat de ses vivisections, dirigea le courant dans le quatrième espace intercostal sur le muscle intercostal externe (le thorax n'étant pas ouvert sur l'animal à peine mort), et il vit s'opérer rélévatioo de la cinquième côte. Il enleva tout ce muscle du cinquième espace, et appliqua l'agent électrique sur l'intercostal interne : la cinquième cèle s'abaissait chaque fois que s'établissait le courant. Poussant plus loin l'expérience, Marcacci ouvrit largement le cinquième espace intercostal, puis, portant l'action galvanique sur les intercostaux externes du quatrième et du sixième espace, il vit la contraction du quatrième intercostal élever la cinquième côte et la contraction du sixième l'abaisser; et il en était tout a fait de môme pour les muscles intercostaux internes, avec ceci de reIna^ quablci que l'élévation de la cinquième côte s'opérait mieux par le muscle intercostal externe que par l'interne, et réciproquement pour l'abaisse* ment de la sixième.

La conclusion à tirer de ces expériences serait que, dans toute la lon« gueur des côtes, les muscles intercostaux auraient une action différente et opposée : les internes seraient expirateursi et les externes inspirateurs. Noos verrons plus loin que Marcacci établit quelque différence pour l'espace intercartilagineux. Mais bornons*nous à cette objection que, dans ces difle* rents cas, une seule côte a été déplacée et portée vers celle où le muscle s'insérait par son autre extrémité ; qu'il y a donc eu rétrécissement de l'espace intercostal, o'est«à^dire action expiratrice. Nous n'admettons d'élargissement de l'espace qu'è la condition expresse de l'élévation ^i-

T. Marcacci, m^, cité» — Les animaux qui ont servi aux expériences de Marcaca bien, deux chats, quatre lapins et quelques raU.

AGENTS MUSCULAIBBS DBS MOtîVEllENTS RESPIRATOIRES. 751

nultanée des deux côtes qui le limitent. — L'expérience suivante, dans aquelle on a tenu compte des mouvements d'ensemble^ a pour nous une aleur bien autrement grande et réfute celles de Marcacci :

Sur un chien vivant, Beau et Maissiat enlevèrent les muscles grands et )(Uits pectoraux, les dentelés, les scalènes, etc. (qui sont tous des inspi* ateurs), et ne conservèrent que les intercostaux : ils virent néanmoins, laiis cet état, la respiration se continuer tout à fait comme avant la mutiation. Il semblait alors que les intercostaux fussent réellement des inspiatours. Mais, poursuivant Texpéricnce, ils pratiquèrent de chaque côté lu thorax une incision qui, s'étendant de la colonne vertébrale au sterlum, parcourait tout le trajet du sixième espace intercot^tal : la poitrine )C trouvait donc ainsi divisée transversalement en deux parties. Ils obser- •èrent encore quelques inspirations, malgré l'étendue de la plaie et Tafiaisdcment des poumons qui survint immédiatement. Mais ils constatèrent iussi que le mouvement inspiratoire était aussi marqué qu'avant la section, [lans tout le segment inférieur du thorax, môme sur la première côte à partir de l'incision, c'est-à-dire sur la septième, *^ De oette expérience, Beau et Maissiat concluent que le mouvement inspiratoire s'opère en dehors de l'action des muscles intercostaux, » puisque, disent*ils, on voit la septième côte continuer de se porter en haut et en dehors, bien que les (imscles intercostaux qui s'unissent h son bord supérieur soient détruits dans toute leur longueur, » -*- Debrou (1) vérina> sur un lapin, l'exactitude de Texpérience de Beau et Maissiat, mais il en attaqua les conclusions, prétendant que la contraction des intercostaux restés intacts expliquait le mouvement du segment inférieur; à quoi ces auteurs répondirent que le môme mouvement persiste, si(oiM les muscles intercostaux de ce segment sont détruits. Ils ajoutent^ comme condition nécessaire, que le diaphragme ne soit pas lésé et que la section soit pratiquée avec beaucoup de promptitude.

Lorsque nous avons étudié les mouvements des côtes dans l'acte respi* ratoire, nous avons constaté que, dans l'inspiration^ les côtes s'élèvent toutes h la fois et non successivement, comme le voulait Haller^ qui, admettant la fixité de la première côte, la faisait servir de point d'appui pour la contraction des intercostaux. Beau et Maissiat trouvent, avec raison, dans Texpérience qui vient d'ôtre rapportée» un nouvel argument contre Topinion de Haller.

On peut remarquer que, jusqu'à présent^ le débat sur l'action des inter* costaux a consisté à vouloir en faire, d'un côté, des inspirateurs ou des expirateurs, et, de l'autre, à n'accorder ce rôle qu'aux internes ou aux externes exclusivement. Il est encore une autre manière de voir qui, dihons-le d'avance, ne concilie pas les deux premières, mais mérite d'ôtre mentionnée : ceux qui la soutiennent prétendent que les intercostaux varient d'usage selon les différents points de la poitrine, ou même selon

(i) Debiou^ Note sur faction des muscles inhreo$(au9 {Gauiie méd» de Ptuis^ 1843,

p. ZU\

752 DE LA RESPIBATION.

le point du trajet dans lequel s'étend le muscle lui-même. Haroberger il . qui regardait les intercostaux externes conmie inspirateurs^ ne recoonaissait les intercostaux internes comme expiratenrs que dans la portion comprise entre les côtes, faisant de ces mêmes muscles des inspirateurs dans la portion intercartilagineuse. Harcacci (2), partageant toQl à fait Topinion de Uamberger, dit, sur ce dernier point, que rélévabx du cartilage était, dans ses observations, manifestement opérée par j contraction du muscle intercostal interne situé au-dessus du cartil^^ mis en mouvement, car dans cet acte les fibres devenaient plus courte. froncées et dures. A l'appui de son opinion, il apporte l'expérience t^vante : o Si, dit-il, on enlevait ce muscle (l'intercostal interne) d'un espact intercartilagineux, on mettait à découvert les fibres du triangulaire d.. sternum, lesquelles opéraient manifestement, en se contractant, rabais^ment du cartilage auquel allaient se fixer ces inômes fibres. Dans cette occasion, on voyait un même cartilage alternativement élevé par la contraction de la partie antérieure de l'intercostal interne, et abaissé par cdk du faisceau correspondant du triangulaire du sternum. »

Un cas cité par P. Bérard (3) tendrait à faire supposer que les inteitC'^ taux internes sont inspirateurs dans leur partie antérieure ou intercartilagineuse : sur un malade dont le muscle grand pectoral avait subi une dégénérescence atrophique [atrophie progressive)^ chaque fois que l'on portail l'excitateur électrique au niveau du premier espace intercostal, on Toyail monter le second cartilage, et l'extrémité antérieure de la deuxième cMc montait avec lui. A ce fait, que Duchenne revendique comme lui étant propre, et au fait précédent de Marcacci, nous objecterons toujours quil n'y a qu'une côte mise en mouvement, l'inférieure, et que l'efiet produit est une diminution de l'espace intercostal.

Que penser encore de l'opinion singulière de Sibson (&), qui restreint 2ss cinq premiers espaces intercostaux l'action inspiratrice des muscles intercostaux internes à leur partie antérieure, et les regarde comme expira teurs dans toutes les autres parties de la poitrine ? D'un autre côté, ce: auteur avance, à l'égard des intercostaux externes, que ces muscles soQt expirateurs vers leur partie antérieure dans les quatre espaces întercostâin inférieurs, et qu'il en est de môme pour l'intercostal externe du septième espace. Sibson dit aussi que dans le huitième espace, et à sa partie moyeno^i l'intercostal externe est expirateur. Pour ce physiologiste, partout ailleurs les intercostaux externes seraient inspirateurs.

Après ce long exposé, dans lequel nous n'avons dû faire entrer que <:| qui pouvait jeter quelque jour sur la question, nous n'hésiterons pa> ^ dire que l'opinion de Beau et Maissiat est celle qui nous parait report'' sur le plus grand nombre de preuves : les expériences sur lesquelles elle

(1) Haller, De respiratione {Opuscula anatomica^ p. 30 et 92),

(2) MlARCÀCCi, mém, cité^ §§ Id et 15.

(3) P^ Bêràrd, ouvr. cité, t. HI, p. 269. [H) Sibson, Philos. TransacU, 18A6, p. 501.

AGENTS MUSCULAIRES DES IfOOVEMENTS RESPIRATOIRES. 753

s'appuie nous semblent n'avoir rien perdu de leur valeur par les expériences des autres investigateurs.

*. — Les muscles surcostaux sont constitués par de petits faisceaux musculaires qui, dans toute l'étendue de la colonne dorsale, s'insèrent par leur sommet à Tapophyse transverse de chaque vertèbre ; leur base vient s'attacher au bord supérieur de la côte située immédiatement au-dessous et remplit de ses fibres l'espace compris entre l'angle de la côte et son extrémité postérieure, espace qui devient plus grand à mesure qu'on va des côtes supérieures aux côtes inférieures. Souvent un certain nombre de ces muscles prennent leur attache inférieure sur la seconde côte au-dessous de leur insertion supérieure : ces faisceaux, nécessairement plus longs, ont été désignés par les anatomistes sous le nom de longs {longiores)^ et les autres, toujours plus nombreux, ont été appelés courts (breviorcs). La direction des fibres musculaires des surcostaux est assez semblable à celle des fibres'^des intercostaux externes, c'est-à-dire oblique de haut en bas et de dedans en dehors ; seulement l'obliquité dans les surcostaux est évidemment plus grande.

Considérant le mode d'insertion des muscles surcostaux, la plupart des auteurs n'ont pas hésité à les regarder comme élévateurs des côtesy et, par conséquent, comme des muscles inspirateurs; quelques-uns semblent surtout s'être rangés à cette opinion en raison de la grande analogie qu'ils apercevaient entre ces muscles et les intercostaux externes, dont ils faisaient des puissances inspiratrices. Mais Texpôrience parait ne pas confirmer ces vues fondées sur le raisonnement et l'analogie. Déjà Sénac (1) avait depuis longtemps, dépouillé les surcostaux de toute intervention dans l'acte respiratoire; il bornait leur action aux mouvements de flexion du rachis. Beau et Maissiat, dans une expérience déjà citée qui leur servit à démontrer Faction limitée des intercostaux, constatèrent que, l'incision qui divisait tout l'espace intercostal comprit-elle ou non le muscle surcostal correspondant, la côte inférieure n'en était pas moins portée en haut, et que le muscle surcostal lui-môme ne présentait dans le mouvement inspiratoire aucun signe de contraction.

Ces deux expérimentateurs ont aussi fait observer que les muscles surcostaux sont en quelque sorte propres à l'espèce humaine ; car on ne rencontre à leur place, chez les animaux même de grande taille, que quelques fibres qu'on distingue à peine de celles de l'intercostal externe, et qui diffèrent essentiellement de ces faisceaux bien circonscrits qui existent chez l'homme. On ne trouve jamais non plus, chez les animaux, les faisceaux longs, — Ces considérations portent Beau et Maissiat à regarder les surcostaux comme des muscles qui sont en rapport avec une fonction particulière à l'homme, c'est-à-dire la station verticale, et ils leur assignent pour usage de servir aux mouvements de flexion et d'équilibration latérale de répine.

Ne pourrait-on pas ajouter que, si les surcostaux devaient seconder l'ac-

(!) SÉRAC, Mém, de FAcad. des se* de Paris ^ 1724. ,

LORUT. — PITSIOL. 1. — 48

tion inspiratrice, ils ne seraient sans doute pas situés dans un point où les mouvements des côtes sont le plus obscurs et le plus limités, et dans le point le moins favorable à Técartement de ces leviers osseux? Et cette large base d'insertion au bord supérieur de la côte n'est-elle pas plutôt le point d'appui naturel pour la contraction du muscle que ce tendon étroit qui se fixe au sommet de l'apophyse transverse? — Enfin, dire que les surcostaux peuvent être des auxiliaires de l'inspiration, quand celle-ci est profonde^ ce n'est qu'émettre une assertion vraisemblable, mais dénuée de preuves positives.

c. — Les muscles sous-costaux sont de petits faisceaux qui s'étendent d'une côte à l'autre, à la face interne et vers l'angle de ces os. Yanabicb pour le nombre et la longueur, ils ont une direction analogue à celle des intercostaux internes et vont en augmentant de volume de haut en bas. Leur ressemblance avec les intercostaux internes les a fait considérer comme une dépendance de ces muscles^ et leur a fait attribuer les mêmes usages : en général, on s'accorde k les regarder comme expiraitun.

d. — Mieux désigné sous le nom de stemo-costal par Ghaussicr, le muscle triangulaire du sternum s'insère à la face postérieure de cet os, sur sa partie latérale et inférieure, par une aponévrose de laquelle se détachent, comme de la base d'un triangle, des languettes charnues qui vont s'attacher par des fibres aponévrotiques à la surface postérieure et aux bords des cartilages des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes. Les fibres supérieures sont obliques de bas en haut et de dedans en dehors, et presque verticales dans les languettes qui vont aux deuxième et troisième côtes; les inférieures sont horizontales et parallèles aux fibres supérieures du muscle transverse avec lesquelles elles se confondent. Winslow avait déjà signalé cette disposition anatomique.

En se contractant et en prenant leur point d'appui sur le sternum, les languettes musculaires du triangulaire amènent les côtes à la rencontre du sternum, et ce mouvement coïncide manifestement avec l'expiration : ce muscle est essentiellement expirateur, et personne ne croit plus, avec Hamberger(l), qu'il puisse porter le sternum en avant. Riolan et Slénon, qui le regardaient comme inspirateur, n'ont pas fourni la démonstration de leur manière de voir.

Beau et Maissiat pensent que le triangulaire du sternum n'agit que dan!^ Vexpiration complexe et dans l'effort. Ils ont vu, comme Vésale, Willis et Haller, que ce muscle est très-développé chez le chien; aussi ont-ils fait remarquer, pour rendre compte d'une pareille disposition, que cet animal, qui présente au plus haut degré le type de respiration costo-inférîeure, ofl're à la fois un mouvement habituel du sternum et des côtes, ain^ que l'expiration complexe dans l'acte de l'aboiement qui se produit si fréquemment.

Nous avons signalé, plus haut, la continuité de fibres qui existe entre le>

Hallu, EJementa phymlogiœ^ t« III, p. A6.

AGEirrS MUSCULAIRES DES MOUVEMENTS RESPIRATOIRES. 755

muscles intercostaux et les obliques de Tabdomen, ainsi que les conséquences physiologiques qui en découlent : il en est de môme ici entre le triangulaire du sternum et le transverse de Tabdomen^ muscle qui concourt évidemment à Texpiration. Sibson (1) a observé que, chez le marsouin, ces deux muscles se confondent en un seul grand muscle expirateur qui s'in- >ère jusqu'en haut à tout le bord interne de la première côte, et par conséquent étend sa puissance expiratrice sur la partie du poumon qui surmonte le thorax chez cet animal.

e. — On ne possède pas de données positives qui démontrent les véritables usages du petit muscle sous<lavier. Placé sous la clavicule, il s'attache, (i une part, à la partie externe de la face inférieure de cet os^et^ deTautre» à la face supérieure du cartilage de la première côte. Cette situation Ta fait regarder par plusieurs physiologistes comme une sorte d'intercostal costo-claviculaire ; et ceux qui pensent que les intercostaux sont des muscles inspirateurs, ont, par analogie, admis que le sous-clavier était également inspirateur. D'après Beau et Maissiat, il abaisserait l'extrémité externe de la clavicule ainsi que Tépaule, et, quand la clavicule et l'épaule ont été élevées pour les besoins de l'inspiration, le sous-clavier, en les abaissant, agirait comme un véritable muscle expirateur,

f, — Épais et triangulaire, le muscle grand pectoral s'insère, par sa base, à la moitié interne du bord antérieur de la clavicule, à la partie moyenne de la face antérieure du sternum et aux cartilages des six premières côtes; son sommet s'attache, par un tendon aplati, au bord antérieur de la coulisse bicipitale de l'humérus. Il suffit, en quelque sorte, de rappeler cette disposition anatomique pour faire voir que le grand pectoral est essentiellement adducteur du bras; mais il a aussi un rôle indirect dans l'acte de la respiration, et l'observation a appris qu'il agit à la fois dans l'inspi* ration et dans l'expiration.

L'action inspiratrice du grand pectoral n'a lieu que dans les cas de respiration laborieuse, comme dans les accès d'asthme; elle est nulle dans la respiration ordinaire, ce qui peut-être avait porté Winslow à nier tout concours de ce muscle dans l'acte respiratoire. Mais l'action que nous avons en vue ne doit pas être rapportée à toute l'étendue du grand pectoral : on comprend que ses fibres, qui en se contractant peuvent élever les côtes, seront les seules à concourir à l'inspiration. Celles qui, s'insérant aux cartilages de la cinquième et de la sixième côte, constituent environ le quart inférieur du muscle, favorisent en effet par leur direction presque verticale le mouvement d'élévation des arcs costaux, et participent seules au mouvement inspiratoire.

Dans ses trois quarts supérieurs, le grand pectoral est expiratewr. Mais '«OQ action n'est manifeste que dans l'expiration complexe; elle est surtout visible chez les individus affectés d'orthopnée ; on la met facilement en évidence en provoquant l'étemument. Il n'est pas besoin d'ajouter que cet

(1) SiBftOii, mém, cité, p. 527.

effet est rapporté surtout à la cou trac lion des fibres moscalaires qai vont de l'humérus à la clavicule, au sternum et aux cartilages des premières côtes. Toutefois, Beau et Maissiat disent avoir remarqué que, dans l'expiration complexe ou forcée, la contraction n'est plus bornée aux troii quarts supérieurs du grand pectoral, mais qu'elle s'étend à ce muscle toot entier.

g, — Né, en dedans, des troisième, quatrième et cinquième côte>, '.muscle pe/tï pectoral^ mince, aplati et triangulaire, Ta s'attacher en dehor^ et par son sommet à l'apophyse coracoîde. 11 n'agit que dans le cas d: dyspnée, et-son action ne parait avoir lieu que dans Yinspiratimi. Beau ti Maissiat, à l'aide d'observations attentives, n'ont pu constater la contrârtion musculaire que dans les fibres qui s'insèrent sur la quatrième et i: cinquième côte.

h. — C'est moins au raisonnement qu'à l'observation directe qaii faut demander quel est, dans l'acte respiratoire, le rôle du muscle grand dfntd' Parti de la base de l'omoplate, il vient, en s 'épanouissant, s'attacher [c des digitations distinctes aux dix premières côtes.

Sur l'homme, dans le cas de paralysie de ce muscle, on a pu recouDâlir. que la respiration du côté paralysé ne différait pas sensiblement de celle du côté sain; la contraction du grand dentelé semble avoir surtout pour but de maintenir l'omoplate fixe pour servir à la contraction du delloîdt dans le mouvement d'élévation du bras. Toutefois, Haller avait déjà inconnu que, quand l'omoplate est élevé et que la respiration est très-laborieuse, le muscle grand dentelé agit certainement dans l'inspiration. Beao et Maissiat ont senti manifestement se contracter ses digitations iDf^ rieures sur une femme asthmatique, au moment où toutes les puissance^ inspiratrices étaient en jeu, sollicitées par une dyspnée extraordinaire. F est d'ailleurs facile de constater aussi, sur le chien, queje grand dentek inactif dans l'inspiration ordinaire, n'entre en contraction que si l'os provoque chez cet animal un besoin extrême de respirer. D'après Sibson (1!. qui a fait ses observations sur le chien et sur l'âne, les faisceaux antérieur du grand dentelé seraient expirateursy les faisceaux moyens neutres et le^ faisceaux postérieurs inspirateurs.

t. — Les expérimentateurs ne sont pas d'accord sur les usages du tnnschpetit dentelé postérieur et supérieur. Beau et Maissiat, l'ayant mis à décoovert sur un chien, ne l'ont pas vu se contracter dans les mouvements respiratoires : ils n'ont constaté la contraction de ses fibres que lors d' l'extension du col sur le thorax. La conclusion <|u'ils ont tirée de leor expérience et qu'ils ont appliquée à l'homme, c'est que le petit dentdo postérieur et supérieur agit dans les mouvements d'extension du col sur ie thorax^ mais qu'il ne joue aucun rôle dans ceux de la respiration. D im autre côté, Sibson (2) dit l'avoir vu se contracter, pendant l'inspiratioo..

(1) Sibson, rvc. cité^ p. 520.

(2) SiBSOif , rec. cité^ p. 521 .

AGENTS MUSCCLAIBES DES MOUVEMENTS BESPIRATOIRBS. 757

sur le chien et sur Tâne vivants. Pareille opinion n'était soutenue que faiblement par Haller, qui fondait ses doutes sur la disposition anatoœique de ce muscle. On sait que le petit dentelé postérieur et supérieur s'insère au bas du ligament cervical postérieur, et aux apophyses épineuses des trois ou quatre dernières vertèbres cervicales et des deux premières dorsales : ces insertions ont lieu par une aponévrose qui constitue presque la moitié interne du muscle, et donne naissance aux fibres charnues qui^ descendant obliquement en dehors, s'attachent par des dentelures à la partie postérieure des deuxième^ troisième, quatrième et parfois cinquième côtes. Or, ce fait des insertions charnues sur les côtes, en opposition avec les inser- Uons aponévrotiques aux vertèbres, pouvait avec raison faire douter Haller que la contraction du muscle eût pour effet l'élévation des côtes : nous rappellerons d'ailleurs que nous avons aussi fait la môme remarque à l'occasion des muscles surcostaux, dont il faut rapprocher, sans hésitation^ le petit dentelé postérieur et supérieur pour ses analogies d'usage et de disposition anatomique.

A*. — Quant au muscle petit dentelé postérieur et inférieur^ il se fixe aux apophyses épineuses des deux dernières vertèbres dorsales et des trois premières lombaires ; ces insertions se font, comme pour le précédent, par une aponévrose également large et occupant sa moitié interne. A cette aponévrose succèdent les fibres charnues qui montent obliquement en dehors pour venir s'attacher au bord inférieur des quatre dernières côtes. Une semblable disposition conduit à penser que ce muscle, prenant son point d'appui sur le racbis, déprime les côles et favorise le mouvement d'expiration. Cette opinion, qui est aussi celle de Haller, est appuyée de l'assertion de P. Bérard (1), qui dit avoir vu, chez l'homme, le petit dentelé postérieur et inférieur manifestement déprimer les côtes, quand on lui applique l'excitant électrique.

Ce muscle, appelé aussi lombo-dorsal chez les solipèdes, est plus étendu que chez l'homme : il envoie des digitations aux huit dernières paires de côtes. Sibson, qui en a étudié l'action, dit que les faisceaux qui s'attachent à la onzième côte sont expirateurs, ceux des quatre dernières paires de , côtes étant inspirateurs. 11 regarde aussi le petit dentelé inférieur, chez le l^pin, comme servant à l'inspiration.

/. — Remarquable par son étendue et ses nombreux points d'attache aux vertèbres dorsales et lombaires, au sternum, à Tilium, le muscle grand dorsal s'insère aussi aux dernières fausses côtes, et c'est par ces insertions costales qu'il parait nécessairement devoir prêter quelque concours aux mouvements respiratoires. A ne considérer que la direction de Ncs faisceaux, qui montent presque verticalement se confondre avec les autres fibres dans la coulisse bicipitale, on pourrait croire à l'action inspiratrice du grand dorsal, comme déjà Haller l'avait assez formellement exprimé, à la condition que le bras soit fixé. Mais Beau et Haissiat assurent

^1) P. BÉAAID, Cours de phyHologie, t. UI, p. 30A. Paris, 1851.

758 DE LA RESPIBATIOll.

qu'on n'obsenre aucune contraction de ce muscle dans Tinspiration, pa^ même dans les dyspnées les plus laborieuses. Par contre, ils en foot un muscle expirateur, en donnant pour preuve de leur opinion^ que si Tod saisit h pleine main le bord postérieur de l'aisselle qui renferme le gracd dorsal, on sent ce muscle se contracter toutes les fois qu'on fait une expiration complexe ou un effort. Sibson a répété la même observation surur chien dans un cas de dyspnée. Beau et Maissiat expliquent Taction eipiratrice du muscle grand dorsal en faisant observer qu'il forme, à labdmen et au thorax, une paroi rigide qui s'oppose à l'expulsion excenlriqi}? des viscères, et que de plus, par la portion thoraciqne de ses fibres, ii exerce une sorte de compression sur les côtes, qu'il refoule vers Taxe de ia poitrine dont l'inspiration les avait écartées.

2* — Les muscles qui, à la région du cou, prêtent leur concours à l'acU respiratoire, peuvent déjà, par leur situation seule, donner une idée à. leur mode d'action. Par leurs attaches inférieures ils s'insèrent au sommet de la poitrine, qu'ils tendent à élever en prenant leur point fixe si^ leurs attaches supérieures : ces muscles agissent donc dans Vinspirator Nous allons rechercher dans quelle mesure ils aident à ce temps des muivements respiratoires; mais disons que l'action principale de plusieunMi' ces mêmes muscles se rapporte aussi aux mouvements de la tête et i^ épaules.

a, — Le muscle sterno^lido^mastoîdient qui de l'apophyse mastoîde du temporal descend, en dedans, s'insérer par une double attache au sternum et à la partie interne de la clavicule, ne se contracte que dans Yhispinuc^ laborieuse, et sa contraction est manifeste, notamment chez les individc^ qui présentent le type costo-supérieur : les femmes amaigries surtout ^ prêtent bien à ce mode d'observation. Il est inutile d'ajouter que, quas^J ce muscle entre en action dans l'inspiration forcée* il se contracte de chaque côté simultanément.

Plus loin, en nous occupant de l'influence capitale que le système nerveux exerce sur les phénomènes mécaniques de la respiration, nous reviendrons sur le concours que les deux muscles sterno-clido-mastoîdieb> peuvent prêter à cette fonction.

b. — Il est facile de s'assurer que les muscles scalènes se contraclei toutes les fois que, lors de l'inspiration, les deux premières côtes s'élèvenL et, en effet, si l'on s'adresse à un individu dont le cou est amaigri, on âr rive très-bien à sentir du doigt leur contraction. Cette expérience dérnootrque les scalènes sont inspirateurs. On peut d'ailleurs» à cet égard, rappela' que ces muscles, au nombre de deux de chaque côté, et divisés en aût^ rieur et postérieur, s'attachent aux apophyses transverses des six deroièro vertèbres cervicales, et qu'ils descendent en avant s'insérer à la face sup^ rieure des deux premières côtes. — A l'inverse de Magendie(i), quin'âd-

(1) MàGEMdis^ ouvr, cité, U II, p. 323.

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