AGENTS MUSCULAIRES DES MOUYEMENTS RESPIRATOIRES
metlait la contraction des scalènes que dans les inspirations forcées, et qui, voulant apprécier le degré de la dyspnée par l'intensité de la contraction musculaire, proposait d'appeler cette contraction pouls respiratoire^ Beau et Maissiat affirment n'avoir pu constater l'action des scalènes dans aucun cas de respiration laborieuse, et l'avoir, au contraire, observée seulement chez des individus dont la respiration était parfaitement tranquille; c'est d'ailleurs chez les sujets qui présentent le type costo- Mjpérienr qu'il faut encore faire ces recherches. De plus, ces auteurs font observer, avec raison, que c'est bien plutôt à la contraction du muscle .^terno-clido-mastoïdien que conviendrait, si elle pouvait être adoptée, l'expression de pouls respiratoire, ce muscle n'entrant en action que dans les cas de dyspnée.
On sait que, chez le chien, le scalène est très-développé, qu'il descend s'insérer au troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième côtes, el, par une aponévrose mince, jusqu'à la huitième et parfois la neuvième. On retrouve cette disposition, quoique un peu moins prononcée, chez le cochon, le mouton, le bœuf, etc. Beau et Maissiat n'ont vu se contracter les scalènes, chez le chien et le lapin, que dans les inspirations violentes; ces muscles étaient nécessairement inaclifs dans les respirations ordinaires, ros animaux présentant le type costo inférieur. — Sibson (1), qui a étudié le scalène chez le marsouin, le représente comme un muscle très-déyeioppé qui se porte de la base du crâne sur la première côte dans presque loute sa longueur, et qui complète, avec les muscles slemo-thyroïdien et 5»lerno-hyoïdien, l'espèce d'entonnoir où vient se loger le lobe cervical du poumon. Sa contraction, en élevant la côte, favorise l'ampliation du thorax. Enfin il existerait assez souvent, suivant le môme observateur, un faisc<»au musculaire qui, né de l'apophyse transverse de la septième cervicale, viendrait s'insérer par une expansion membraneuse à tout le pourtour de la première côte : Sibson a donné à ce muscle accessoire le nom de scalène pleural.
c. — Le muscle trapèze^ par sa situation, appartient à la fois au cou et au dos, et son action respiratoire diffère selon qu'on l'envisage dans l'une ou l'autre de ces deux régions. — Au cou, ses attaches se font à l'occipital, au ligament cervical postérieur et à l'apophyse épineuse de la septième cervicale; ses fibres musculaires forment un faisceau qui descend en avant s'insérer au bord postérieur de l'acromion et au tiers externe du bord postérieur de la clavicule. En se contractant, ce faisceau musculaire élève l'<'»paule et la clavicule; c'est lui qui, dans les dyspnées violentes, concourt à faire élever les épaules pour aider à l'ampliation de la poitrine : il est donc »in muscle inspirateur. Dans sa portion dorsale, le trapèze est expirateur : ^'i l'on observe l'action de ses fibres pendant la toux ou l'étemument, c'est-à-dire dans Vexpiration complexe, on constate parfaitement, chez les individus amaigris, la contraction de la portion musculaire qui, des apo-
(1) SiBSOir, ree. cité, p. 5S4.
physes épineuses des Tertèbres dorsales, va s'attacher à Tépiae de Vomoplate.
Nous voyons ici un nouvel exemple de ce double emploi d'un même muscle à des usages opposés, comme nous l'avons déjà remarqué à l'occasion du grand pectoral : de même que ce dernier, le trapèze est à la foi^ inspirateur et expirateur; mais c'est par des portions distinctes qu'il exerce l'un ou l'autre dejces rôles, et l'observation apprend que ce n'est que dans l'inspiration laborieuse et l'expiration complexe qu'il entre en action.
d. — On peut rattacher à l'étude du trapèze celle du muscle aplati, allongé, qui, du sommet des apophyses transverses des quatre premières vertèbres cervicales, descend s'insérer à l'angle supérieur de l'omoplate et à la partie supérieure de son bord interne, et qu'on appelle angulaîrt de Vomoplate. Gomme le trapèze, il peut quelquefois être vu et touché chez les individus amaigris, et sa contraction s'observe dans les cas de dyspnée: il contribue, en môme temps que le trapèze, à l'élévation de l'épaule; à ce titre, il est un muscle impirateur.
e. — Il nous faut mentionner encore, parmi les muscles respirateurs du cou, les muscles sus-hyoïdiens (comme génio-hyoldien , mylo-hyoîdien, ventre antérieur du digastrique), qui abaissent la mâchoire inférieure dans les grandes inspirations, dans le bâillement, etc.; puis aussi les muscles scapulO'hyoîdien, stemo- thyroïdien et stemo'hyoïdien ^ qui concertent leurs contractions avec celles des muscles précédents, de manière à faire concorder la fixation de l'os hyoïde et l'abaissement du larynx avec l'abaissement de la mftchoire inférieure. C'est ce qui a lieu dans le bâillement, dans les inspirations difSciles, où en même temps on voit se soulever le thorax et les épaules. Pendant Tagonie , les mouvements alternatifs de va*et-vient ou d'élévation et d'abaissement du larynx nous ont surtout paru des plus manifestes.
S* — Les muscles qui, à la région de rabdomen, concourent aux mouvements de la respiration, nous offrent, dans leur disposition générale* quelque analogie avec plusieurs de ceux que nous venons d'étudier : la ' plupart s'insèrent, comme ceux du cou, à l'une des extrémités du diamètre vertical de la poitrine, mais ils en diffèrent en ce que c'est à la partie inférieure du thorax qu'ils ont leurs attaches mobiles; Cette seule considération autorise déjà à supposer que les muscles respirateurs de l'abdomen ont une action opposée à celle de certains muscles du cou, et que cette action est par conséquent liée aux besoins de l'expiration. Les quelques détails que nous allons donner à cet égard en fourniront une démonstration suffisante.
a. — Parmi ces muscles, trois surtout, sinon exclusivement, sont recoonus par tous les physiologistes comme des muscles essentiellement expiratenrs; ce sont : Voblique externe^ Voblique interne et le /lYmsverse. Us s'attachent en bas à la crête iliaque et aux apophyses de la colonne lombaire; en baut