‹ Traité de physiologieChapitre 129 sur 141 · AGENTS MUSCULAIRES DES MOUVEMENTS RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

AGENTS MUSCULAIRES DES MOUVEMENTS RESPIRATOIRES

ils s'insèrent, l'oblique externe à la face externe et au bord inférieur des sept ou huit dernières côtes, l'oblique interne au bord inférieur des cartilages des quatre dernières côtes, le transverse aux six dernières côtes. Nous devons également rappeler ici une disposition que nous avons déjà signalée, c'est-à-dire la continuité de fibres musculaires qui, aux confins de chaque muscle, existe entre le triangulaire du sternum et le transverse, entre les intercostaux et les obliques. Ajoutons que ce fait anatomique a une iaiportance qui ne saurait être méconnue : comment attribuer des fonctions différentes à des parties d'un système continu disposées dans une môme direction? On est porté à reconnaître ici l'identité d'usage dans tous ces muscles, et à conclure pour ceux dont le mode d'action a été contesté comme pour ceux dont nul ne conteste le rôle. — Le transverse et les obliques sont des muscles expirateurs : il suffit de presser de la main la paroi abdominale pendant le cri, la toux, l'effort, pour sentir manifestement leur contraction. Remarquons d'ailleurs qu'on n'observe très-nettement cette action musculaire que dans l'expiration complexe. Si maintenant, nous rappelant l'usage que nous avons cru devoir attribuer aux intercostaux et au triangulaire du sternum, nous le rapprochons de celui qui appartient incontestablement aux obliques et au transverse, nous voyons que tous ces muscles ne se contractent sensiblement que dans l'expiration complexe; et nous pensons que leur simultanéité d'action, la continuité et l'analogie de direction de leurs fibres, sont des preuves concluantes en faveur de leur identité d'usage. Disons encore que les trois muscles dont il s'agit servent, à l'abdomen, à opposer aux viscères intérieurs une paroi rigide, comme le font à la poitrine les intercostaux et le triangulaire do sternum.

L'action des muscles obliques et transverse, lors de V expiration, consiste surtout à abaisser les côtes. Mais il faut ajouter qu'il y a, à cet égard, quelques différences selon le type respiratoire que l'on observe. Ainsi, chez les individus qui présentent la respiration abdominale, ces muscles refoulent les viscères et tendent les aponévroses de la ligne blanche; tandis que, chez ceux qui offrent le type costo-inférieùr, ils tirent les côtes en bas. Enfin ils agissent à la fois sur les côtes et sur la ligne blanche, pour les ramener à leur premier état, quand une grande inspiration, par exemple, a nécessité en même temps l'écartement de ces os et la distension de la paroi abdominale; ils sont alors véritablement antagonistes du diaphragme.

Chez les animaux qui respirent avec le type abdominal, comme le cheval^ les muscles obliques et transverse, fortement repoussés en dehors par tes viscères déplacés pendant Tinspiration, se contractent et réagissent contre cette distension ; les viscères, et avec eux le diaphragme, repren» neat alors la place qu'ils avaient abandonnée.

6. — Hailer ne doutait pas que le droit aMomincd^ et cette masse musculaire composée des sacro-lombaires, long dorsal, transversaire épineux, que Chaussier désigne par le nom collectif de sacro-ipinal^ ne dussent con-

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courir à l'expiration, et beaucoup de physiologistes ont partagé cette minière de voir. La disposition de ces muscles, le Heu de leur insertion supérieure, permettaient de supposer que leur contraction peut en effet opérer l'abaissement des côtes. Ainsi le droit abdominal s'attache, en haut, aui cartilages des cinquième, sixième^ septième côtes et souvent à l'appendice xiphoTde ; en arrière, le sacro-spinal s'attache à l'angle de toutes les côtes et au bord inférieur des huit dernières. Prenant leur point fixe à leurs attaches inférieures, c'est-à-dire au pubis, au sacrum, à la partie postérienre de la crête iliaque^ aux apophyses des vertèbres, ces muscles agissent, pour la plupart, perpendiculairement aux leviers qu'ils doivent mouvoir, et l'on pouvait induire d'une disposition si favorable au mouvement d'abaissement des côtes, qu'ils étaient des agents de l'expiration. Mais l'expérience n'a point donné raison à ces vues dénuées d'ailleurs de preuves positives. Beau etMaissiat ont mis à nu, sur le chien^ le droit abdominal, ef, l'isolant avec soin, ils ne l'ont jamais vu se contracter pendant les cris poussés par l'animal ; la môme épreuve sur le sacro-spinal leur a donné le même résultat négatif. Ils ont reconnu que ce dernier entrait vivement en action dans les mouvements d'extension du tronc, et que l'usage du droit abdominal était de fléchir le thorax sur le bassin. Quant à Sibson (1), il affirme au contraire avoir aperçu, sur l'âne, la contraction des muscles de la masse sacro-spinale durant l'expiration.

S'il est vrai que le droit abdominal soit un fléchisseur du thorax sur le bassin et le sacro-spinal un extenseur du tronc, et que ces muscles ne prennent aucune part aux mouvements d'expiration, il peut être bon de faire remarquer qu'ils ont aussi une disposition anatomique commune, celle d'être contenus, en avant et en arrière, dans une gaine aponévroti* que : cette disposition, sans doute en rapport avec leurs usages, les distingue des véritables expirateurs abdominaux qui viennent au contraire prendre de nombreux points d'attache sur cette même gatne aponévrotique. Ici l'anatomie, aidant à éclairer la question physiologique, tendrait à confirmer l'opinion de ceux qui refusent au droit abdominal et au sacrospinal tout concours dans l'expiration.

c. — Il faudrait encore, d'après Beau et Maissiat, dépouiller le carré det lombes du rôle de muscle expirateur qu'on lui attribue assez généralement. Ces expérimentateurs disent avoir reconnu que le carré lombaire manque chez un certain nombre d'animaux, et que sa disposition anatomique, chez l'homme, identique avec celle des surcostaux, avec lesquels il ne fait en quelque sorte qu'un même muscle (2) dans toute la longueur du rachis, doit le faire considérer, avec ces derniers, comme servant à la flexion latérale de l'épine. Situé entre la crête iliaque et la dernière côte, enfermé dans une gaine aponévrotique provenant des obliques et du Iransverse, le muscle cat*ré lombaire a une certaine analogie de position avec le droit abdominal. En l'absence de preuves expérimentales, nous pensons qu'on peut

(1) SiESOH, rec/ctté,fp. 521.

(2) B0UI6EBT9 Anatomie^ t. III, pL iU

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