INTRODUCTION. XXXV
avec de Toxygène, de Thydrogène, du carbone et de Tazote, les animaux ne sauraient comme elles former des principes immédiats ou corps composés, tels que Falbumine, la fibrine et la caséine, ou bien l'amidon, les sucres, etc. Faire de la matière organique en fixant et en combinant, de manières diverses, certains principes médiats ou éléments minéraux, est un privilège qui n'appartient qu'aux plantes et qui résulte d'une activité organique qui leur est particulière. La plante produit les principes albuminoïdes , gras et sucrés de l'alimentation; l'animal métamorphose les uns et les autres, les utilise à sa manière, puis, après les avoir utilisés, les détruit, les décompose et les restitue, sous d'autres formes, par la respiration et les excrétions, au règne minéral.
En résumé, la matière inorganique entrée dans la vie subit une série de modifications qui tendent à l'élever sans cesse davantage, à la vitaliser de plus en plus, jusqu'au moment où, ses transformations et sa destination une fois réalisées, elle retourne à l'atmosphère et au sol pour recommencer un nouveau cycle de vie.
n ne nous est pas plus donné de concevoir que la matière ait été formée du néant que de comprendre qu'elle y doive retourner. Nous la voyons changer seulement de forme, de manière d'être, acquérir des qualités nouvelles, et par cela même nous sommes portés à la considérer comme éternelle. Au contraire, la vie, que nous avons vue apparaître sur notre globe à une époque où les corps bruts existaient depuis longtemps, ne présente à nos yeux qu'une durée passagère quand nous la considérons dans un être déterminé. Les corps vivants, végétaux ou animaux, n'ont qu'un temps : ils naissent, vivent et m'eurent ; trois termes plus ou moins distants qui n'ont qu'une durée imperceptible dans rétemité. Mais les corps vivants eux-mêmes sont formés par de la matière inorganique qui persiste après la cessation de la vie. C'est donc par la mort que s'effectue le retour à l'état inorganique des corps qui étaient doués de la vie : en effet, des continents sont en partie formés de débris d'animaux disparus, et des mines inépuisables de charbon sont le résidu de végétaux qui ont vécu. — Ainsi un cercle non interrompu existe par l'échange continuel qui s'opère entre la nature vivante et la nature morte ; sans cesse la matière, dans ses innombrables transforma- Uons, passe d'un état à l'autre, et toujours elle persiste. Mais, en même temps que nos sens peuvent constater l'existence indéfinie de la matière, notre esprit, à moins de perturbation dans les conditions extérieures que rien ne nous autorise à prévoir, se refuse à admettre l'anéantisse-