INTRODUCTION. IX
Si Hippocrate n'a pu renoncer complètement aux opinions de ses prédécesseursy il faut reconnaître que du moins il s'est abstenu de les développer. Sans doute il admet aussi les quatre humeurs représentant les quatre éléments, il attribue aussi une suprême influence à la chaleur, mais le plus souvent il s'occupe bien moins des causes que des effets. Pour lui, dans le microcosme humain, la nature n'est pas un principe particulier, n'est pas une force, elle est l'organisme en fonction.
Platon (1) peut être considéré comme le précurseur des animistes. Pour lui, la vie est sous la dépendance de deux âmes, Tune raisonnable, placée dans le cerveau, l'autre irraisonnable, placée dans les viscères de l'abdomen. Le corps n'est que le théâtre sur lequel se manifeste l'âme, qui seule sent, agit et pense. C'est elle qui crée, modifie, façonne le corps dans un but déterminé, pour la fin vers laquelle elle tend. — Ces idées sont encore celles'd'Aristote, qui les a développées et leur a donné une puissance qui a duré pendant des siècles. Seulement il admet des facultés spéciales qui dirigent Tes fonctions de chaque organe ; il décompose les deux âmes en une foule de facultés qui ne sont, pour ainsi dire, que des parties du principe qu'il désigne sous le nom de ^v)(ri.
En opposition absolue avec ces doctrines, la secte des anciens matéria-^ listeSy dont Épicure est le représentant, ne reconnaît dans tous les êtres qu'un assemblage accidentel d'atomes, dont les dispositions particulières expliquent les diverses fonctions, et qui rendent compte aussi de l'exercice de toutes les facultés. Tandis que, pour Aristote, les organes étaient ce qu'ils étaient à raison de leurs fonctions, pour les matérialistes, les fonctions résultaient de la composition des organes.
Zenon et tous les stoïciens adoptèrent une opinion moyenne entre les deux précédentes, en admettant un principe de vie distinct de la matière, mais inhérent à elle.
Ainsi se succédaient les systèmes, différents ou semblables, opposés ou analogues, sans qu'aucun fait, aucune vérité constatée pût déterminer à faire un choix entre eux. — Enfin Galien parut, et, le premier, il établit la physiologie sur l'observation et l'expérimentation.
Suivant lui, l'âme exécute ses fonctions au moyen d'un pneuma qui s'engendre dans les ventricules du cerveau. La sensibilité se transmet au moyen de certains nerfs, la motilité est entretenue par d'autres.
(1) fthtQ, io rmi.y cap. mu