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MOUVEMENTS DES INTESTINS. 1C

Les choses ne se passent point de la même manière chez l'animal vivant. D'abord le mouvement vermiculaire des intestins est bien moins actif, puis il De se propage jamais dans toute leur longueur; au contraire, il a lieu tantôt dans un point, tantôt dans un autre, et conséquemment dans des limites toujours assez restreintes^ Les périodes d'immobilité sont même sou?ent plus longues que les période^ de mouvement. Quant au mouvement lui-même, il se compose de contractions péristùltiques et antipéristaltiqves qui servent, les premières, à faire cheminer les matières vers la partie inférieure du tube digestif, et^ les secondes, à les faire remonter pour bientôt redescendre, entraînées qu'elles sont par de nouvelles contractions péristaltiques. Celles-ci ont en effet une prédominance d'action assez marquée sur les autres pour déterminer la progression de la bouillie alimentaire dans un sens définitif, c*est-à-dire de l'estomac vers le gros intestin. Aussi, à une certaine période de la digestion, surtout chez les herbivores, le tiers supérieur de l'intestin grôle est-il à peu près vide et les matières se trouvent-elles accumulées dans ses deux tiers inférieurs jusqu'à 1 iléon contracté. Une fois poussées de l'iléon dans le caecum, ces mêmes matières ne sauraient plus rentrer dans Tintestin grêle, à cause de la présence d'une valvule dont le mécanisme est tel que^ plus l'iniestin est distendu, plus elle oppose de résistance à une pareille rétrogradation. Du reste, quand il est arrivé dans le gros intestin, le résidu des aliments s'y accumule en grande quantité, car il y trouve diverses causes de ralentissement propres à épargner les incommodités qui résulteraient d'évacuations trop fréquentes. Ce ralentissement est surtout occasionné par la direction des côlons ascendant et transverse, par la formé singulière de l'S iliaque du côloii, par les rides transversales, saillantes en dedans, qui séparent les unes des autres les cellules du gros intestin, et par la présence d'une vaste ampoule rectale dans laquelle peuvent se masser des matières qui ont eu le temps de céder de plus en plus aux absorbants une partie des liquides qui les imprégnaient, et de prendre de la consistance pour former les pelotes stercorales.

On admet généralement qu'à l'état normal les mouvements des intestins sont surtout sollicités par le contact des matières alimentaires avec la muqueuse intestinale, qu'ils sont aussi excités par la présence de la bile : à l'appui de cette manière de voir, on rappelle que, dans les cas d'anus contre nature, le bout inférieur de l'intestin ne se vide que de loin en loin du produit de la sécrétion muqueuse, ou bien encore que les aliments imparfaitement chymifiés activent les contractions et la sécrétion intestinales au point d'amener la diarrhée. La plupart de» expérimentateurs assument aussi que Fapplication immédiate d'un irritant chimique ou mécanique sur l'intestin détermine une contraction qui se manifeste, tantôt par une dépression locale, tantôt par un resserrement circulaire quelquefois assez prononcé pour que Tintestin semble avoir été étranglé par un fil.

Schiff (i), en s'appuyant sur ses propres recherches, a crudeToir n| point partager Topinion qu*à l'état normal le mouvement des inlestl puisse avoir pour cause l'excitation de leur muqueuse par les aliment oUf en d'autres termes, qu'il s'agisse ici, comme on l'admet, de mou ments réflexes de muscles de la vie. organique, succédant à l'irrilati des fibres sensitives du grand sympathique. \ t Très-souvent, dit-il d bord, il m'est arrivé de vider le contenu de la vésicule biliaire dans duodénum et cet intestin n'a été nullement excité par ce contact; il resté aussi immobile qu'auparavant. »Puis, Schiff insiste sur cette ex rience, qu'après avoir coupé l'intestin en travers, et avoir attendu que contraction consécutive à la blessure eût cessé, il a pu irriter avec u sonde la membrane muqueuse intestinale» sans jamais produire auc mouvement. A cela, je pourrais répondre que la nature spéciale de leicj talion ou de la sensation doit être prise en sérieuse considération d "étude des effetê réflexes, et qu'une sonde promenée sur la muqueuse inte tinale ne saurait y éveiller la môme impression que des aliments dont composition chimique est si différente. Le sperme, en irritant les nei

' sensitifs de la muqueuse de l'urèthre, occasionne la contraction saccad et convulsive.des muscles du périnée, tandis que ni le passage d'une sond ni les injections irritantes ne produisent le même effet ; — il arrivesouve que tout le corps entre en convulsion» quand on chatouille les flancs ou pointe des pieds, et pourtant on n'observe ordinairement rien de scmblau quand ces mômes parties sont ou enflammées ou blessées; — la titillatii du conduit auditif externe» à l'aide des barbes d'une plume, suffit souve pour faire tousser, mais si ce conduit devient le siège d'une vive inflaiom tion ou de douleurs violentes, alors la toux sympathique n'a plus lieu, H Ces exemples devront suffire pour démontrer combien il importe» en ef| de conclure ici avec réserve et de tenir compte delà spécialité de reici tion ou de la sensation» en présence des phénomènes dont il s'agit.

C'est un fait» bien souvent constaté par nous, que l'intestin rempli dn ments peut se contracter énergiquement par la stimulation des nerfs q l'animent, tandis que, s'il est vide, les effets sont négatifs. — Pour Sohi| cela ne prouverait rien contre son opinion. Ce n'est pas, d'après lui^ 1 trée du chyme et l'excitation indmédiatc de la muqueuse intestinale font contracter l'intestin; ou bien, s'il en était ainsi, ce dernier de^n réagir aussitôt, au lieu de rester immobile pendant longtemps quoiq

. rempli : c'est un état des intestins consécutif à l'introduction du cbya c'est-à-dire leur turgescence sanguine» entraînant l'excitabilité plus gran des nerfs mésentériques» qui est cause des contractions intestinales.

Si les mouvements des intestins deviennent, en général, bien plus en( giques après la mort qu'ils ne l'étaient durant la vie, c'est» sui^^nt Fc tana, qu'il y a rupture d'équilibre entre les fibres musculaires de l'inte^ et le sang, rupture qui est la conséquence nécessaire de la cessation de

(i) Communication écrite.

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